Savez-vous sauver les choux ?

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Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Dim 11 Fév 2018 - 22:40

Des voyous me harcèlent et saccagent mon exploitation depuis des semaines. Pitié, réglez leur compte, ou bien je finirai sur la paille à ce rythme.

– un fermier Xolon du nom de Rehb

Renseignements Pris, l'exploitation de Rehb se trouvait dans les environs du Guet. Partant de la petite auberge de Longe où je logeais, c'était une expédition d'une semaine que j'avais dû prévoir. Enfin, légèrement moins, grâce au cheval que j'avais réussis à me procurer grâce à mes économies récentes. Le temps de rassembler mes affaires et de négocier un report de paiement avec l'halfeline (je voulais éviter de payer des nuits que je passais à l'extérieur), et me revoilà sur les routes.

Fort heureusement, le trajet avait été pour le moins plat. Ennuyeux même. Une seule attaque, au milieu de la route, là où je me trouvais le plus éloigné de la civilisation. Rien de transcendant non plus ceci dit, j'avais pu me contenter de fuir mes assaillants. C'était un autre des avantages d'avoir une monture. C'est ainsi que j'arrivais sur les terres de l'éléph... du Xolon en fin d'après-midi, quelques jours après mon départ. Plein de bonne volonté, celui-ci me proposa de passer la soirée et la nuit avec sa famille : les voyous avaient "promis" de revenir dans deux jours, donc son exploitation était calme pour l'heure.

Un calme tendu. Même moi qui était incapable ou presque de lire les expressions sur un visage non humanoïde, il m'était facile de remarquer les impressionnantes cernes sur la figure de Rehb et de sa famille. J'insistai pour mettre ce qu'il me restait de provisions en commun avec leurs réserves pour préparer le dîner : de toute façon, je n'avais pas besoin de les conserver. La soirée fut agréable dans l'absolu, et une petite remise fut aménagée avec un matelas de fortune pour moi. j'avais connus infiniment mieux, mais après plusieurs jours à dormir à la belle étoile, je n'en demandais pas plus. Mon cheval fut amené dans un enclos qui avait connu des jours meilleurs mais restait encore solide, étrangement épargné par les attaques.

Depuis mon lit de fortune, je ne pouvais manquer d'être réveillé par une silhouette qui s'approcha de la ferme au milieu de la nuit. L'obscurité aurait du m'empêcher de la remarquer, mais bien qu'elle ne rase pas exactement les murs, elle restait dans mon espace. En fermant les yeux, je pouvais même aisément ressentir chacun de ses muscles se contracter tour-à-tour. Les siens, et ceux des quelques rongeurs alentours d'ailleurs, mais je mis ces derniers de côté. Lentement, le plus silencieusement possible, je me levais et me saisis de ma rapière : les voyous n'avaient pas annoncé venir si tôt, mais si on commence à prendre au sérieux les dires de tels pendards, où va-t-on ?

En pleine journée, j'aurais sans doute eu l'air un peu ridicule, à raser les murs dans l'ombre, les yeux fermés, ma lame pointée en avant. Mais dans le cas présent, mes sens invisibles m'aideraient bien plus aisément à intercepter l'inconnu. Sans un mot, caché par les ténèbres, j'attendais que l'intrus soit à ma hauteur. Les remous d'un mouvement non volontaire au niveau de sa poitrine m'indiquèrent d'ailleurs qu'il y avait de fortes chances que ce soit une femme. Je ne pris pas la peine de m'annoncer : au mieux je pourrais prendre la silhouette au dépourvu, au pire elle serait forcée de prendre mon arme pointée droit vers son cœur en compte.


Dernière édition par Félix d'Azgal le Lun 12 Fév 2018 - 19:34, édité 1 fois

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Message  Müss le Lun 12 Fév 2018 - 15:27

Ad vitam aeternam. Vampire j’étais, vampire je resterais. Toutes mes tentatives pour en finir avec cette malédiction avaient abouties à des échecs. Même la pierre de Mejayi ne pouvait m’aider à redevenir celle que j’avais été. Il n’y avait pas de retour en arrière possible.

Au fond de moi, je pense que je l’avais toujours su. Mais j'avais refusé d’accepter une telle vérité, me raccrochant à de faux-espoirs pour ne pas finir noyée dans les méandres du désespoir. Mais après moult tentatives, je ne pouvais continuer à fuir la réalité : je ne guérirais jamais.

Après avoir longtemps cherché la pierre de Mejayi et affronté d’étonnants dangers en compagnie d’étranges personnes, notre quête avait pris fin, mais pas mon calvaire.

Je marchais depuis maintenant plusieurs nuits sans savoir où j’allais. Je me nourrissais du sang d’animaux, comme j’en avais pris l’habitude depuis maintenant un an. Je n'avais pas bu de sang humain depuis si longtemps ! Tout ça pour quoi ? J’avais retenu mes pulsions pendant une année entière sous couvert que j’entretenais ma part d’humanité. A quoi bon… il n’y aurait plus jamais rien d’humain en moi. Je resterais morte-vivante à vie et n’avais aucune raison d’aller à l’encontre de ma véritable nature. J’étais un vampire, et les vampires buvaient du sang humain.

La soif me tiraillait, m’empêchant d’avoir les idées plus claires. Je n’avais pas envie d’attraper ce lièvre que je sentais à quelques mètres de moi. Je n’avais plus envie de sang d’animaux, de ces nourritures inadéquates et de ces faux-semblants.

Alors, pour la première fois depuis un an, je me décidais à me remettre à la chasse à l’humain.

Dans les ténèbres, je me laissais guider par les odeurs. Il ne me fallu pas longtemps pour tomber sur un petit village. Il faut dire que Telbara ne devait plus être bien loin et le coin grouillait d’humains.

Je me mis à chercher une auberge. C’était l’endroit idéal pour rencontrer dans gens ivres et vulnérables qui se laissaient attirer dans des ruelles sombres, se laissaient approcher et vider de leur sang sans en garder le moindre souvenir le lendemain au réveil. Je finis par trouver le lieu que je convoitais et y entrais, enivrée par toutes ces odeurs d’humains qui ne demandaient qu’à être goûtés. Je fus déçue de trouver l’établissement presque vide. Seul deux tigrains étaient attablés, probablement des voyageurs.

Je me dirigeais directement vers l’aubergiste, un xolon à l’air morne. Je l’interrogeais sur les chambres restantes et il me répondit :

« Presque toutes nos chambres sont vides… depuis que ces voyous saccagent les cultures de mon oncle Rehb, l'insécurité gagne notre village. En plus, on n’a plus grand-chose à vendre et on fait faillite. »

Comme je n’avais visiblement pas l’air d’être au courant, il m’expliqua qu’un groupe de personnes détruisaient les cultures de son oncle, Rehb, le plus grand fermier du village. Ce dernier avait lancé un appel aux secours, mais personne n’était encore venu les sauver. Je sautais sur l’occasion.

« Vous pensez que se sont des humains qui font ça ? »
« C’est possible, je ne les ais jamais vu. Ils attaquent toujours de nuit, ces lâches… »

Je souris. Me lancer dans une chasse à l’homme encouragée par les villageois… qu’aurais-je pu espérer de mieux ? Je lui demandais immédiatement comment me rendre chez ce fameux Rehb, expliquant à l’aubergiste que j’avais l’intention de l’aider. Etonné, le xolon m’expliqua alors la route à prendre et je le quittais immédiatement, heureuse et certaine que j’allais bientôt pouvoir satisfaire mes sanglants besoins, refreinés depuis trop longtemps.

Je suivais le chemin indiqué et finis par arriver à une ferme. Mes pas effleuraient à peine le sol, je ne respirais pas, mon cœur ne battait pas, j’étais aussi silencieuse qu’un cadavre. Je me glissais entre les bâtiments, cherchant l’entrée principale quand je sentis quelque chose d’anormal. A l’affut du moindre bruit, je me mis à humer l’air. L’odeur ne pouvait tromper : il s’agissait d’un humain. Il ne faisait presque pas de bruit en marchant et son souffle était maîtrisé. De plus, il se dirigeait droit vers moi alors qu’il n’aurait pas dû pouvoir me repérer. J’étais un vampire : je ne faisais aucun bruit et aucune odeur ne se dégageait de moi. Ce n’était pas normal qu’il m’eut repérée.

Orientée par le bruit et l’odeur, je finis par l’apercevoir. Il tenait une rapière dégainée et pointée droit devant lui… vers moi. Il s’agissait d’un humain d’une trentaine d’année. Sa posture avait une certaine grâce et laissait deviner un entrainement martial.

Sans qu’il ne pu s’y attendre, je disparu. Littéralement.

Je n’étais pas rassurée. Cette personne n’avait rien à faire là et n’aurait pas dû me repérer. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais l’impression d’être vulnérable. Je l’observais s’approcher, me demandant jusqu’où s’étendaient ses capacités. Il avait réussi à débusquer un vampire de nuit, pouvait-il encore déceler ma présence alors que j’étais invisible et immobile ?

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 12 Fév 2018 - 19:26

Tout mouvement cessa soudainement. Je fronçai les sourcils, m'immobilisant les yeux toujours fermés, me concentrant sur chaque sensation que me rapportait mon don. Ma concentration était au-delà de ce que je pouvais me permettre normalement en combat : mon immobilité était autant un moyen de ne pas oublier la position supposée de l'ennemi, qu'une nécessité pour me permettre de capter le moindre mouvement. Dans cet état de quasi-trance, je pouvais percevoir le jeu subtil d'une respiration, même précautionneusement ralentie. Mais je ne percevais rien. Un courant d'air léger souffla, et l'espace d'un instant je perçu la danse d'une mèche de cheveux. Le petit jeu durait depuis presque une minute entière, mais personne ne retiendrait sa respiration ainsi à moins de connaître mes capacités. Et j'étais certain qu'aucune femme nocturne me connaissant ne serait ici, et encore moins tenterait-elle de cacher sa présence.

- Vous n'avez pas besoin de respirer : qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ?

Inutile de s'épandre plus avant sur mes déductions. La seule autre personne que j'avais connue, capable de cet exploit d'immobilité, était mon maître d'arme, un vampire. Je ne voulais pas sauter aux conclusions, cette femme pouvait être spécialement entraînée, ou avoir prit le réflexe de retenir son souffle sur de longues période en tentant d'être discrète, que sais-je encore ? Toujours est-il qu'elle s'invitait sournoisement chez mon client, et tentait de sceller sa présence de façon éminemment suspecte. Un Marche-brise ne suffirait probablement pas à l'atteindre étant donnée la distance qui nous séparait encore, mais j'étais prêt à lancer le sort pour esquiver un éventuel assaut. Telle était la seconde leçon de Lozir après tout : "le duelliste immobile et un duelliste mort". Lorsque le début du combat sonnerait, si combat il y avait, je ne serais que mouvement. Enfin, il fallait l'avouer, mais si l'intruse était une vampire, je n'aurais qu'une poignée de seconde pour prendre la main et en finir. Rivaliser avec ces morts-vivants était une gageur en soi, et un exercice éreintant que je ne pouvais me permettre pendant plus de quelques passes d'armes, et seulement grâce à ma magie. La réponse à ma question tardant à venir, je tentais une autre approche. Sans baisser mon arme, je modulais ma voix : si il n'y avait plus de menace latente dans mon ton, une fermeté certaine s'y entendait encore. On apprend quelques petits tours utiles à la cours.

- Êtes-vous un des bandits qui sévissent ici ?

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Lun 12 Fév 2018 - 22:49

Je vis l’homme s’arrêter à l’instant où je disparu. Il ferma les yeux. Tout son corps était tendu, en alerte. Je ne bougeais pas non plus, cherchant à deviner si oui ou non il était capable de me percevoir.

Le temps semblait être en suspens et j’en profitais pour observer celui qui me faisait face. Ses vêtements étaient propres et son arme était de belle facture. En ajoutant à cela son port altier, j’avais du mal à l’imaginer comme un simple bandit. Tout à coup, ses yeux s’ouvrirent et son regard se posa droit sur moi. Un frisson me parcourut l’échine. Cet homme savait traquer l’intraquable. Il voyait l’invisible et j’avais la désagréable impression qu’il avait l’habitude de se trouver face à des créatures telles que moi. En effet, aucun humain normal ne pouvait deviner la présence d’un vampire qui se cachait et pourtant non seulement celui-là y arrivait, mais il savait exactement ce qu’il cherchait. Les mots qu’il prononça confirmèrent mes doutes :

« Vous n'avez pas besoin de respirer : qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ? »

Il percevait jusqu’à ma respiration et n’était pas surpris qu’une créature n’eut pas besoin de respirer pour vivre. Non, il n’y avait aucun doute, il était habitué des morts-vivants. Et malgré le fait qu’il sache à qui il avait affaire, il ne fuyait pas mais gardait sa lame levée, prêt à se battre. S’agissait-il d’un chasseur de vampire ?

« Êtes-vous un des bandits qui sévissent ici ? »

Sa voix avait beau ne pas être menaçante, il restait sûr de lui, comme certain d’avoir le dessus. Cependant, sa question m’interpella. Il cherchait les fameux bandits dont m’avait parlé le xolon. Mes proies.

Sans baisser ma garde, je cessais d’être invisible à ses yeux et apparu entièrement à la lueur de la lune. J’affrontais son regard, presque défiante, avant de répondre :

« Non. Mais j’ai entendu dire qu’on cherchait de l’aide pour les combattre, d’où la raison de ma présence ici. »

Vu la formulation de sa question, je supposais qu’il ne faisait pas partie des bandits. J’espérais ne pas faire d’erreur en lui disant la vérité.

« Et vous ? Que faites-vous ici ? »

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Jeu 15 Fév 2018 - 2:29

- Non. Mais j’ai entendu dire qu’on cherchait de l’aide pour les combattre, d’où la raison de ma présence ici. Et vous ? Que faites-vous ici ?

La pointe de ma rapière s'abaissa de quelques centimètres à ces mots. Rien de flagrant pour le commun, mais quelqu'un habitué aux combats ne manquerait pas de noter ce léger relâchement dans ma posture. Une façon de montrer que je faisais confiance à mon interlocutrice ... sans trop me mettre ne danger non plus. En y réfléchissant, ce n'était pas vraiment étonnant que d'autres personnes viennent ici pour aider le Xolon. Cependant, alors que certains traits de la jeune femme devant moi se révélaient à la pâle lumière de la lune, il ne me restait plus de doutes. N'ayant pas besoin de respirer, se déplaçant de nuit ... c'était fort probablement une vampire, et je serais plus surpris d'apprendre le contraire à présent.

- La même chose. Je suis arrivé dans la soirée. Je me permis de la détailler un peu. Un éclat dans ses yeux m'arracha un petit tic nerveux. Vous ... avez faim, non ? Vous pouvez vous contenir ?

Mon mentor avait, lorsqu'il me formait, l'autorisation de se nourrir sur les prisonniers de guerre de mon père et mon frère. Au début il s'était refusé à mordre des compatriotes, et au fil des ans j'avais appris à repérer ce subtil changement d'expression sur son visage, lorsque cela commençait à faire longtemps qu'il ne s'était pas nourrit. Malgré tout, il gardait un très grande maîtrise de soi, mais quand je m'étais ouvert à lui sur le sujet, il m'avait conseillé d'être particulièrement sur mes gardes si je croisais un jour un autre vampire dans ce cas : tous ne sont pas capables de réprimer leur soif aussi efficacement que lui l'était. Je m'inquiétais donc pour moi bien sûr, mais aussi pour le fermier ; dans l'absolu, peu m'importait le sort des bandits, mais j'avais une petite idée quand à celui qui leur était réservé si la vampire s'en mêlait.

J'espérais simplement ne pas la vexer ou l'inciter à attaquer. Je savais pertinemment que les vampires étaient plus ou moins chassés à vu dans les royaumes humains. Pour ma part, c'était peut-être la "race" (même si les vampires restent des humains au départ) que j'avais le moins de mal à accepter, de par mon expérience passée. J'espérais que celle-ci serait suffisamment semblable à Lozir ... et au pire, j'avais mes leçons d'escrimes, ainsi que mon Lozi, pour m'aider à me sortir d'un éventuel mauvais pas.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Jeu 15 Fév 2018 - 10:44

Ma phrase eut l’effet escompté : la pointe de son arme cessa de pointer mon cœur et s’abaissa légèrement. Le mouvement avait beau être quasi-imperceptible, la posture de l’humain était désormais moins agressive, même s’il restait en alerte.

Je me sentis quelque peu rassurée… jusqu’à ce qu’il affirme être ici pour les même raisons que moi. Un élan de colère monta en moi sans que j’en comprenne immédiatement la raison. La soif me rendait bien trop sensible et il me fallut quelques secondes pour comprendre d’où me venait cette émotion inappropriée : la présence de cet homme compromettait mon festin. Ce trouble fête se plaçait entre mes proies et moi. S’il restait présent quand viendrait le moment de combattre les bandits je ne pourrais me sustenter et devrait me contenter de jouer les humaines-convenables, c'est-à-dire non-cannibales.

Je sentais la faim gronder en moi. L’idée de devoir reporter le moment où je la sustenterais ne faisait que l’accentuer. J’observais l’homme qui avait gardé une position de combat. Son odeur et la chaleur du sang qui coulait derrière sa peau excitait mes sens. Il avait l’air si gouteux… C’eût été si facile de me laisser aller à mes pulsions. Juste une fois. Mes yeux brillaient d’un éclat malveillant, mes lèvres s’étirèrent en un sourire affamé et ma langue y glissa.

« - Vous… avez faim, non ? Vous pouvez vous contenir ?
- Quoi ?! Je… non ! Pas du tout ! Pourquoi vous… qu’est ce que… »

En cet instant, paniquer était la meilleure chose à faire pour signer ma fin. Mon regard se fit fuyant tandis que je me demandais s’il ne s’agissait pas d’un quiproquo. Non seulement il semblait avoir deviné ma nature en un rien de temps, et là il me soupçonnait d’être affamée… Aucun humain ne pouvait enchaîner aussi rapidement de telles conclusions en un regard… à moins qu’il ne s’agisse vraiment d’un tueur de vampire, auquel cas j’étais dans une très mauvaise posture.

Je levais brièvement les yeux. Son regard ne laissa aucune place au doute : il ne s’agissait pas d’un quiproquo. Il avait deviné ma nature et me le faisait savoir.

Je n’avais pas encore touché à mon sabre. Une de mes techniques favorites consistait à trancher l’adversaire à l’instant où je dégainais. Cependant je regrettais de ne pas être plus loin afin d’étudier ses mouvements et sa technique d’approche. La faim et la peur me faisaient perdre mes moyens. Je ne savais ni comment réagir, ni comment comprendre ses paroles. Il m’accusait d’appartenir à une race honnie de l’humanité, traquée et tuée à vue. Il me voyait comme le monstre assoiffé que j’étais et je me sentais prise en flagrant délit, honteuse…

Mes doigts cessèrent de trembler à l’instant où ils se posèrent sur la garde de mon sabre. Ce contact me fit oublier immédiatement toute émotion, je redevenais moi-même, complète. Comme toujours, une fois que mon arme était en contact avec ma peau, je me sentais invincible et ni la peur ni la mort ne pouvaient plus m’atteindre. Lorsque je me remis à parler, ma voix n’avait plus rien à voir avec les balbutiements que j’avais bredouillé quelques secondes plus tôt. Elle était ferme. Mes traits ne laissaient plus aucune place aux émotions. Je ressentais un calme profond. Chaque détail m’apparaissait, depuis la puissance du vent à la direction de la lumière, jusqu’à la position de l’homme, son souffle, les battements de son cœur… rien ne m’échappait.

« Vous êtes perspicace pour un humain. Vous avez deviné…. Et maintenant, quelles sont vos intentions ? Si vous choisissez de jouez les héros prêt à défendre l’humanité contre les créatures du mal, je ne vous laisserais aucune chance. »

Je ne pouvais m’empêcher de sourire. Ce n’était pas seulement dû au plaisir de l’attente que je ressentais avant un combat, mais plutôt à ce sentiment de complétude que je ressentais à chaque fois que mon arme entrait en contact avec ma peau.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 19 Fév 2018 - 22:40

- Si vous choisissez de jouez les héros prêt à défendre l’humanité contre les créatures du mal, je ne vous laisserais aucune chance.

Je clignais des yeux pendant une demi-seconde, le temps qu'il me fallut pour que les pièces du puzzle se mettent en place. Evidemment ! Je m'étais tellement inquiété de savoir comment je pouvais m'assurer de lui faire confiance que je n'avais même pas réalisé à quel point je pouvais, moi, sembler suspect à ses yeux ! Je me fustigeai intérieurement, réalisant à quel point m'éloignait des intrigues de la cour avait pu, malgré tout, émousser mes talents. Me mordillant la lèvre inférieur, je pris à nouveau la parole.

- Loin de moi cette idée. Je me nomme Félix d'Azgal. Je n'ai rien à tenir au compte des vampires que je rencontre du moment qu'ils ne s'en prennent ni à moi ni à d'autres qui ne l'auraient pas mérités. Je marquais un temps d'arrêt. Catégorie dans laquelle ces bandits n'entrent pas. Cependant, je suppose que la famille de Xolons qui dort un peu plus loin a bien méritée sa nuit de repos, n'est-ce pas ? Contenez-vous tant que ce sera nécessaire, nous ferons notre travail demain.

A défaut de lui offrir toute ma confiance, je pouvais au moins faire comme si c'était le cas. Je doutais de me rendormir pendant la nuit, mais si aucun incident ne venait la troubler, ce serait déjà une très bonne chose. De plus, je n'avais jamais vu mon mentor se nourrir et je restai ... curieux, bien que je sache comment un vampire s'y prend en théorie. Si je restais sur mes gardes, je n'avais rien à perdre de toute façon : aussi rapide qu'elle soit, elle ne pourrait pas rattraper mon cheval, et j'étais capable de l'atteindre à une vitesse proprement prodigieuse pour un humain. Et si elle n'était vraiment là que pour apaiser sa soif sur les rebuts de la société, je ne m'en plaindrais pas : j'étais arrivé en Telbara sans le sous et sans possessions, et pourtant je vivais aujourd'hui convenablement. Les bandits de la région méritaient leur sort si le glaive de la justice leur tombait sur le cou.

Même si on ne pouvait pas vraiment parler de glaive actuellement. je portai une rapière et une dague, et la vampire avait pris une posture qui m'était étrangère, se saisissant de la garde d'une sorte d'épée qui me semblait bizarrement forgée à en juger par la forme de son fourreau. J'avais évidemment entendu parler de ces lames qui ne sont tranchantes que d'un côté, mais toujours d'après son fourreau ce sabre-là avait l'air différent : la forme générale de la lame était courbée, la garde avait une forme que je ne reconnaissais pas, et le manche de l'arme n'était pas rond non plus. Peut-être n'était-ce qu'un jeu de lumière dû à la lumière de la lune ? Non, j'en doutais.

J'attendais patiemment d'avoir confirmation de sa part qu'elle ne ferait pas de mal aux Xolons. Une fois cela fait, je profiterais d'un peu de semi-repos en gardant l'œil ouvert jusqu'aux aurores. Les choses suivraient leur cours quoique je fasse, il me suffisait de me laisser porter par le courant : plier sans jamais rompre, voilà qui était la clé. Quand à la question de son arme ... je doutais que les bandits attaquent aux aurores justement, et j'étais persuadé que j'aurais quelques heures à tuer en compagnie de la vampire pour approfondir le sujet.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Mar 20 Fév 2018 - 12:23

La réponse de l’homme me laissa la bouche bée et l’air complètement stupide. Je le regardais avec de grands yeux étonnés sans être certaine de comprendre tout à fait ses intentions. Il n’avait aucune haine à l’égard des vampires, ni crainte, pas même l’ombre d’une petite appréhension. Plus étonnant encore : il me laissait entendre qu’il acceptait qu’on s’en prenne aux bandits d’une façon peu kalunienne… si je comprenais bien, il ne serait pas choqué que je les boive ! A la fin, il me demandait simplement de laisser la famille d’éléphants tranquille et de me contenir jusqu’à demain.

Demain… il savait donc que les bandits attaqueraient demain ? Je ne pouvais que le supposer. Pour le moment, ce n’était pas ce qui m’interrogeait le plus.

Après un instant, je repris contenance et refermais la bouche. Mes doigts avaient lâché la poignée de mon sabre et je me sentais à nouveau incomplète et mal à l’aise. Quand je me mis à parler, ma voix n'était plus celle de la guerrière sûre d'elle. Mais j’arrivais tout de même à émettre une suite de mots sensée :

« Je laisserais la famille xolon tranquille. »

Les xolons n’étaient pas très bon. En fait, comparé aux humains, rien n’était bon. Alors si quelqu’un devait avoir peur de moi ici, ce n’étaient certainement pas Rehn et ses petits… Je continuais à contempler l’homme face à moi.

« "Ça" ne vous fait pas peur ? Vous… vous connaissez d’autres personnes comme moi, n’est-ce pas ? »

Par "ça", j'entendais ma nature vampirique. Quand à ma supposition, la réponse me paraissait évidente. Tout le prouvait, son attitude physique, chacune de ses paroles… il s’agissait peut-être d’un piège, mais j’étais tout à fait prête à tomber dedans. S’il connaissait des vampires capables de lui enseigner le combat et de comprendre leur race, alors je pourrais les rencontrer, leur parler, découvrir leur mode de vie….

A chaque mot qu’il prononçait, ce Félix d’Azgal se montrait chaque fois plus intéressant. Il savait tant de choses que je devais découvrir. A mes yeux, il avait une perception du monde en totale contradiction avec celle du commun des humains puisqu’il acceptait d’entrée de jeu ce que j’étais. En plus il avait un nom de famille, ce qui signifiait qu’il était noble, n’était-ce pas incroyable ? Et pour ne rien gâcher, il était très beau… enfin, pour un humain.

Oui, la faim me faisait perdre la raison. Ça, je l’avais déjà dit. Toute proie potentielle était toujours magnifique au clair de lune. Ses yeux clairs reflétaient innocemment la pâle lueur des étoiles. Ses longs cheveux blonds encadraient un visage aux traits fins et tranquilles. Certains étaient attachés, mais quelques mèches caressaient son front noble, flottant distraitement dans le vent, glissant sur la peau de son cou… derrière laquelle pulsait un sang chaud et parfumé. Plus que "beau", ce spectacle était alléchant.

Mais je me retiendrais jusqu’à demain. Cet homme, Félix d’Azgal, résorberait mes soifs de connaissance sur ceux de ma race, et aviverait celles de sang, ce qui me rendrait encore plus combative le moment venu.

Et demain, les bandits payeraient le prix de la privation que je m'infligeais cette nuit.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

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