La forêt de l'aube

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La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 11 Déc 2017 - 18:31

- Hmpf ... Ça reste ma limite, alors ... ?

Je passai distraitement un pan d'étoffe sur mon front, laissant une petite auréole de sueur sur l'extrémité de ma manche. La magie venait de mourir au bout de mes doigts, relâchant mollement le cadavre du centaure de l'emprise de la non-mort. Enfin, une partie du cadavre seulement. J'étais capable de relever l'équivalent d'un humain, grosso modo. Je pouvais lui donner une forme plus ou moins à ma guise, Le former à partir de cadavres divers ... mais je ne pouvais pas réanimer "plus" qu'un humain moyen, en quantité. Si j'avais le temps, peut-être que je devrais essayer de trancher le centaure juste derrière les antérieures ... ça ferais une sorte de parodie de faune zombie, sans cornes.

- Ha ... Mais ce n'est pas ça que je veux. Réanimer pour réanimer ne suffit pas.

Ce que je veux, c'est m'améliorer. Faire plus. Relever plus, obtenir plus de puissance. La vie dans cette forêt était impitoyable, j'étais bien placé pour le savoir. J'y survivais depuis des années. je poussais un nouveau soupir, posant le menton sur le sommet du bâton qui ne me quittait pas. Et c'est alors que je l'entendis. Un bruissement. Instantanément, avec une vivacité dictée par les années passées à être chassé par toute sorte de prédateurs divers, je me retournais, en garde. Mes prunelles pourpres rencontrèrent des iris vert forêt. Un cri plus tard, et la jeune femme se mit à courir ... vers son village.

- Et merde !

J'étais trop fatigué pour courir, mais je tentais de l'intercepter en projetant plusieurs larmes et esquilles. je touchais quelques fois, mais elle s'en tirerait avec de simples égratignures. Je serrai les dents. Si j'avais pu la tuer, j'aurais pu m'en servir pour mes expériences, ou au moins faire rejeter la faute sur les clans centaures de la forêt. Avec cet échec, j'allais encore une fois devoir m'enfoncer plus profondément en forêt, là où le danger est omniprésent. Je levai les yeux vers le ciel, mon regard ne pouvant cependant percer au-delà des frondaisons de la forêt. Je ne pouvais pas courir, mais si je devais échapper à des villageois ou, pire, des mercenaires en colère, j'aurais plus de chances de les perdre si je passais par les branches.


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Cela va faire une semaine. Ils sont plus persistants que je ne le pensais : la gamine devait être appréciée, ou appartenir à une famille moins pouilleuse que la moyenne. Ils ont commencés avec des battues, me repoussant toujours plus loin vers le cœur d'Onor. Puis des mercenaires ont commencés à venir. J'avais déjà dû abandonner trois campements que je n'avais pas eu le temps de finir de monter. A présent je changeai de direction : je ne pouvais plus simplement m'enfoncer dans la forêt, aussi me déplaçais-je ... latéralement ? Disons simplement que je tentais de faire en sorte que mes poursuivants se lassent et considèrent que je n'étais tout simplement plus dans le périmètre de menace de leur patelin pourris. Mais ils devaient considérer qu'ils avaient un très gros périmètre.

Hier avait été la première journée sans poursuite. J'avais enfin pu monter un camp digne de ce nom, et même chasser. J'en avais profiter pour relever un assemblage : des os de cerfs et de rongeurs formaient une silhouette grotesque, recouverte par la kératine de milliers d'insectes morts. Les teintes noirâtres des exosquelettes étaient un bon camouflage comparé au blanc jaunâtre des os. Le golem ressemblait vaguement à une sorte de gobelin, en plus trapu, dont les mains étaient composées de ma plus satisfaisante trouvaille : deux énormes araignées s'étaient entre tuées, et j'avais pu utiliser leurs cadavres pour servir d'organes préhensiles particulièrement repoussants et dissuasifs. Créer ce petit bonhomme m'avait prit du temps au vu du nombre de cadavres différents nécessaires, mais ma limitation tenait surtout en volume total.

Je ne pourrais pas faire face à de nombreux ennemis avec ça, mais au moins j'avais une chance de fuir si un groupe de mercenaires décidait de s'attaquer à moi.

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Message  Euryssa le Mer 13 Déc 2017 - 10:43

"Mais... Dames Euryssa, c'est de la folie !"
"Ccce n'est point folie, quand il sss'agit d'aider les plus démunies, et combattre les ténèbres. Sss."
"Je l'entend bien madame. Et je suis d'accord avec vous. Pourtant, cela demeure risquer."
"Pourtant, ccce n'est pas la première fois, que je dois affronter un ssserviteur noir. Votre sssouci pour ma persssonne est touchante, mais je ne sssuis plus une novicce."
"Bien entendu, mais ce n'est pas que cette histoire de nécromancien que je redoute. Vous vous rendez en plein territoire du nord, hostile aux nagas. Je crains que ses habitants soient bien plus dangereux qu'un pratiquant des arts noirs. Laissez donc un prêtre humain s'en occuper, ou un paladin. Nous pouvons faire appelle aussi à l'Ordre du Temple."
"Faire déplacer un prêtre là-bas ssserait folie ausssi. Et ceux du nord sont sssouvent corrompu. Quant à l'Ordre, j'ai peur qu'ils ne se soucient que de l'assspect guerrier de la chossse."
"Acceptez donc une escorte au moins."
"Non ! Sssi j'ivais, je dois être dissscrète. Moins nous serront nombreux, mieux ce sssera. Et puis, Kaluni guide mes pas."
"Je voie que rien ne vous fera changer d'avis. Soit."

Ce fut ainsi que je me rendais dans la forêt d’Onor. Même si le royaume humain qui dominait la région pouvait se montrer hostile à ceux de mon espèce, j’étais avant tout une prêtresse de la lumière, et j’avais choisi cette vocation, non par soucis du confort comme à Telbara, mais pour servir la déesse. Alors, j’irais combattre les forces du mal, n’importe où dans ce monde, que ce soit dans un château couvert d’or, ou bien au fin fond d’une grotte infestée de bêtes sanguinaires. Mais je pouvais me poser la question, est-ce que je faisais cela par réelle dévotion ? Quand j’avais entendu parler de cette histoire de nécromancien, je ne ressentais pas de la tristesse ou de l’inquiétude, mais de la colère. Au lieu de penser de suite aux potentielles victimes de ce sorcier noir, comme je pouvais le faire normalement, je pensais surtout à le combattre. Les nécromanciens avaient causé tant de mal dans ma cité et sur ma famille, que j’avais par moment l’impression que c’était plus une quête personnelle que je menais, plutôt qu’une sainte mission. Et je demandais à Kaluni pardons dans ce cas.

Durant mon voyage, j’évitais de parler, ni même de rencontrer qui que ce soit. Mon sceptre de prêtresse pouvait imposer parfois le respect, ou juste l’interdiction de me faire quoi que ce soit, mais certains ne se gêneraient pas, prêtrise ou pas prêtrise, de me jeter dans une cage et me vendre au plus offrant. Limite, je devais jouer les vagabondes qui se faufilait la nuit pour ne pas se faire voir, et le jour, se trouvait un coin où dormir. J’arrivais même à trouver mon chemin, grâce aux rumeurs qui circulait au sujet d’un sorcier cachait dans la forêt commune aux centaures et humains et donc, grâce à la protection des dieux, j’arrivais à destination sans encombre.

La forêt semblait calme et paisible. Malgré la saison, elle inspirait la vie. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de ressentir une sorte d’aura glaciale maléfique qui me mit mal à l’aise. J’ignorais si cela venait de moi ou non, mais c’était comme si une malédiction planait par ici. Priant la déesse et respirant un bon coup, je m’enfonçais dans cette dangereuse forêt. Bien que les humains pussent ce montré xénophobe par ici, j’espérais que ce ne soit le cas des centaures. Du moins, se montreraient moins hostile à ma présence par ici. Plus je m’enfonçais entre ces arbres, plus j’avais l’impression que cette aura malfaisante devenait plus puissante. Mais sans doute était-ce juste la crainte, mêlée à la colère, qui me créait cette sensation. Mais cela s’accentua quand je trouvais des restes d’animaux dans le coin. Et même… De centaures. J’étais donc sur la bonne voie, il ne restait donc plus qu’à débusquer le nécromancien.

Continuant mes recherches, je crus percevoir des vibrations particulières sur le sol. Quelqu’un était tout proche d’ici. Donc, tel un serpent, je rampais jusqu’à l’origine de ces vibrations, passant entre branches et buissons de manière des plus discrète, jusqu’à ce que je tombe sur un campement. Devant moi, se tenait une personne humanoïde, recouvert d’un long manteau aussi noir que la nuit, me tournant le dos, accompagnée d’une horrible petite créature abominable, ressemblant à un gobelin ayant servit d’expérience à un alchimiste fou. Il ne fallait pas chercher bien loin pour comprendre qui j’avais en face de moi. La colère me donnant une force supplémentaire, je me redressais derrière lui de toute ma longueur, bâton bien en main en sifflant :

"Tu dois être le nécromancccien qui je cherche. Ccc'est toi qui à provoquer tout ccce chaos dans la région, fils de Méphiti !"

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Mer 13 Déc 2017 - 15:27

"Tu dois être le nécromancccien qui je cherche. Ccc'est toi qui à provoquer tout ccce chaos dans la région, fils de Méphiti !"

Avant même la fin de la phrase aux accentuations sifflantes, je m'étais retourné, bâton en main. Ma première réaction fut la surprise, alors que je posais mes yeux sur mon agresseur. Pendant une brève seconde, j'abaissai mon arme, inspectant la créature sans bouger. On aurait un énorme serpent. Mais c'était bien plus : sa silhouette était tronquée pour que le haut de son corps aie l'air plus ... humain, et elle pouvait parler. Elle avait prononcé le nom d'un dieu pour me définir, c'était peut-être une scolastique ? Non, même moi je connaissais les dieux. Enfin, jamais je n'avais utilisé leur nom comme ça. Je me remis en garde à la fin de cette seconde, inquiet mais curieux. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu une vrai conversation, que je n'avais pas prononcé des mots qui ne soient qu'un marmonnement ou des exclamations. Aussi ma voix était-elle rauque lorsque je m'adressais à elle. Rauque, et pleine de rancœur. Surtout que, pour ce qui était du chaos ...

- Fils de Méphiti ? C'est sans doute l'insulte la moins violente et la plus imaginative que j'ai entendu en trente années. Quand au chaos, les humains n'ont pas besoin de moi pour cela. Les centaures les attaquent bien assez et ils répliquent suffisamment pour que je n'ai rien de plus à faire que guetter les champs de bataille. Je ne fais que me cacher, encore et encore. Mais dès qu'ils tombent sur moi, ils me poursuivent, encore et encore.

Mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils fassent appelle à une autre race, c'est un fait. Je savais semer des humains, et même des centaures. Mais dans les deux cas, ils y avaient des erreurs à ne pas faire, et elles étaient très différentes. Qu'est-ce qui risquait de me trahir si je la fuyais ? Y avait-il de faux points faibles dans cette armure naturelle formée par ses écailles ? Les écailles la protégeaient-elle seulement ? Je ne connaissais pas la persistance de son espèce, ni ses capacités de traque. Je relevais la tête, plantant mes prunelles rouge sombre dans les yeux du serpent géant. Dans ce cas, la meilleure option était sans doute ...

- Je vis dans cette forêt depuis des années. J'y ai appris quelque chose : répondre aux menaces avant qu'il ne soit trop tard.

Pour m'accuser de causer le chaos dans la région, le serpent devait être là pour la même raison que les villageois et les mercenaires. Elle n'avait peut-être rien contre ma peau bleutée et mes iris carmins, mais même ainsi, mes pouvoirs suffisaient à m'attirer la haine. Et puisque la fuite était hasardeuse, j'allais utiliser une approche bien moins couarde et bien plus directe. Je restais attentif à ce qu'elle disait, faisait : mais j'avais déjà une main tendue dans sa direction, et l'autre agrippait fermement mon arme. Je ne me laisserait pas faire.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Jeu 14 Déc 2017 - 10:33

Le nécromancien me fit face, et je pus constater qu’il s’agissait d’un drow. La peau bleutée, les yeux rouge sang et les oreilles pointues. Je n’avais rien contre les elfes, sauf quand ils s’adonnaient aux arts noirs. Et c’était visiblement le cas pour celui-ci. Devais-je éprouver de la compassion pour ce genre d’individus tout de même ? L’amour prêchait parmi nous, nous imposait que oui. Mais je ne voulais pas le regarder avec pitié, je ne le pouvais pas. C’était comme si j’étais allergique à ce genre d’individus. Mais loin de vouloir mener une guerre sanglante contre eux, je préférais plus réprimander comme une bonne mère sévère qui montre bien que l’enfant avait fait un bien mauvais choix dans la vie. Surtout en entendant les arguments suivants :

"Fils de Méphiti ? C'est sans doute l'insulte la moins violente et la plus imaginative que j'ai entendu en trente années. Quand au chaos, les humains n'ont pas besoin de moi pour cela. Les centaures les attaquent bien assez et ils répliquent suffisamment pour que je n'ai rien de plus à faire que guetter les champs de bataille. Je ne fais que me cacher, encore et encore. Mais dès qu'ils tombent sur moi, ils me poursuivent, encore et encore."

J’avais une grosse envie de lever les yeux aux ciels. On trouvait toujours de bonnes excuses pour pardonner nos méfaits. Mais c’était surtout par faiblesses qu’on se laissait corrompre par le pouvoir du mal. Ce genre de réponse, je l’avais déjà entendu de nombreuses fois. Comme un enfant, il criait « D’autres le fond alors je le fais » ou dans le même style, « C’était déjà comme ça avant. » Ainsi, on n’avait pas besoin de réfléchir bien plus sur nos actions et se demander ce qui serait plus juste à faire.

"Et tu crois que tous cccela est une bonne raison, pour commettre tes arts noir ? Le monde va sssans doute déjà mal, mais ccce n'est pas une raison pour aggraver la sssituation. Au contraire, il faut arranger tut cccela car sssinon, on franchira le point de non-retour. Et à la fin, nous disssparaitons tousss."

Je mettais retenue de préciser que penser comme lui, c’était penser comme un lâche. Bien que ce fût tentant de le lui lancer ça en pleine face, je m’abstenais, gardant cette possible réplique pour plus tard. Le sorcier tenait bien fermement son bêton et le lança un regard des plus sombres.

"Je vis dans cette forêt depuis des années. J'y ai appris quelque chose : répondre aux menaces avant qu'il ne soit trop tard."

Il était indéniable qu’un affrontement allait avoir lieu, un nouveau combat entre la lumière et les ténèbres. L’ennui, c’était qu’un nécromancien était souvent seul, et que les forces qui l’accompagnaient pouvait le lâcher n’importe quand, selon leurs désirs. Alors qu’un prêtre, était accompagner par les dieux dans sa lutte contre le mal. Confiante, je me sentais prête à affronter toutes les éventualités.

"Je vie pour ma foie, depuis des années, et j’ai appris ausssi comment chassser les ténèbres."

L’atmosphère était électrique, une simple petite étincelle pouvait tout faire exploser et nous pousser dans une lutte acharnée. Mes muscles étaient tendus comme ceux d’un gladiateur s’apprêtant à rentrer dans l’arène, mon cœur battait fort à cause de l’énervement. C’était à croire que je pouvais passez du statut de prêtresse à guerrière en un éclair. Mon corps était comme rigide, se transformant en colonne de pierre indestructible et pouvant écraser mon possible adversaire. Mais au lieu de me lancer sur lui, lançant pouvoir divin ou morsure violente, je tentais encore le dialogue, quoi qu’un peu tendu. Après tout, j’étais justement prêtresse, et non paladine ou gardienne du temple.

"Mais rien n’oblige à la violence. Tu peux encore revenir de ce monde de ténèbres en abandonnant ta magie noire. Accepte de faire le bien, et non le mal. Car les récompenses sont plus pécccieuses que celle de Méhiti."



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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Jeu 14 Déc 2017 - 16:00

- Mais rien n’oblige à la violence. Tu peux encore revenir de ce monde de ténèbres en abandonnant ta magie noire. Accepte de faire le bien, et non le mal. Car les récompenses sont plus pécccieuses que celle de Méphiti.

C'est un sourire doux-amer qui remplaça mon expression déterminée. Dans mon esprit, en revanche, c'était l'ébullition. J'avais donc devant moi une femme de foi, qui prétendait savoir comment chasser "le mal". Elle était venue, seule, en se fiant sans doute aux racontars plus qu'aux faits : elle pensait donc pouvoir combattre un nécromancien digne de ce nom, seule. Et je n'étais pas -pas encore- un nécromancien de ce calibre là. Concentrant mon esprit sur un point derrière elle, je fis mine de me détendre. Je ne me battrai pas tant qu'elle n'attaquerait pas : si elle voulait parler, je parlerai. Mais à l'instant où le combat éclaterait, je frapperai et fuirais en même temps. Mais ... je ne pouvais m'empêcher de parler : dire ces choses, même avec ce goût amer et pourrit dans la bouche, avait une vertu ... libératrice.

- Je ne fais ni le bien ni le mal. Je ne rend de compte à personne, car personne ne s'en soucis. Tu sais quoi ? Je crois que je t'envie. Être capable de croire que quelque chose te protège, te défend. Je n'ai que cette magie que tu qualifie de "mauvaise". Je n'ai jamais eu que ça, ça et le mépris, ça et la violence. Sans même le réaliser, je me mis à crier, ma voix déraillant dans un accent de folie : depuis combien de temps confinais-je ces mots, ces blessures ? Même les animaux qui tentent de me dévorer me traitent mieux que tous ces "gens" prétendument "bien" ne l'ont jamais fait ! Même avant que je découvre mes pouvoirs ! Chaque jour où je survis est un miracle que je ne dois à personne ! Si qui que ce soit, si QUOIQUE CE SOIT avait jamais prit la peine de s'inquiéter de mon sort, je ne serais pas là ! JE NE PEUX COMPTER QUE SUR MOI-MÊME !

Je serrai les dents, les poings, retenant une larme de rage, retenant mon sort, retenant mon golem d'os et de chitine. Le bien ? Le mal ? La justice ? Qui s'en souciait ? J'avais été condamné à mort à 15 ans, après avoir passée une vie à me faire maltraiter de toutes les façons possibles ! Livré, seul et sans ressources, à la vie sauvage de cette forêt ! C'était un miracle que je sois encore en vie ! Mais ce miracle, je ne le devais à personne, à RIEN ni PERSONNE. Si quoique ce soit avait jamais veillé sur moi, je n'aurais pas eu d'enfance aussi terrible. Je n'aurais pas eu de pouvoirs aussi haïs. Je n'aurais pas été à moitié drow. Je ne serais pas forcés de me cacher au milieu des bêtes sauvages, à apprendre à relever les morts par moi-même, pour survivre.

Oh oui, je l'enviai : elle avait dû grandir entourée de gens prêts à tout pour elle. protégée par sa famille, protégée par son dieu s'il existait, protégée par ceux qui lui avaient apprit à "chasser le mal", comme elle disait. Mais moi, ma force était la mienne. je l'avais construite, cultivée, développée, renforcée par mes propres moyens. Je ne devais rien à personne, et personne ne me devais rien. Mais les autres ... même après m'avoir piétiné, méprisé, frappé, volé ... même après m'avoir condamné et exilé. Même cela ne leur suffisait pas. Alors que je me débattais pour simplement survivre ici, ils continuaient de me poursuivre, de me chasser, de me persécuter. Ils n'en auraient jamais assez. Ce serpent géant n'en aurait jamais assez. Lentement, et sans m'en rendre vraiment compte, je plaçai mon gobelin entre moi et celle qui se prétendait meilleure que moi.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Sam 16 Déc 2017 - 10:12

"Je ne fais ni le bien ni le mal. Je ne rends de compte à personne, car personne ne s'en soucis. Tu sais quoi ? Je crois que je t'envie. Être capable de croire que quelque chose te protège, te défend. Je n'ai que cette magie que tu qualifie de "mauvaise". Je n'ai jamais eu que ça, ça et le mépris, ça et la violence. Même les animaux qui tentent de me dévorer me traitent mieux que tous ces "gens" prétendument "bien" ne l'ont jamais fait ! Même avant que je découvre mes pouvoirs ! Chaque jour où je survis est un miracle que je ne dois à personne ! Si qui que ce soit, si QUOIQUE CE SOIT avait jamais prit la peine de s'inquiéter de mon sort, je ne serais pas là ! JE NE PEUX COMPTER QUE SUR MOI-MÊME !"

On pouvait lire toute la colère et la tristesse qui habitaient dans le cœur de cet elfe. Bien que j’éprouvais de la haine vis-à-vis des nécromancien, je ne pouvais m’empêcher d’avoir de la pitié pour lui. Il était venu dans un monde hostile aux siens. Les elfes n’étaient pas les seuls à être touché par la xénophobie. Mais dans pareil cas, le sorcier noir ne pouvait voir que sa propre situation et donc, se faire forger par les mésaventures qu’il rencontrait. Qui ne deviendrait pas fou ou dangereux après tout cela ? Il faudrait une volonté de fer pour tenir bon. Durant mes années de service, j’en avais vue des gens ayant sombré dans les ténèbres à cause du mal subit. C’était comme une maladie mortelle qui rongeait et contaminer facilement. Comme tout mal, il existait un remède, et dans ce cas-si, il s’agissait de leur montrait la lumière.

"Tu as raison. Je ne sssuis pas né dans la haine des autres, j'eus une enfancce plutôt heureuse. Mais, ne crois pas que tout fut rosse pour moi. Le bohneur que j'eusss connue fut vite effondrer en un rien de temps. J'ai dus connaître les regards de travers, les préjugés, la ssussspicion de mes sssemblables. Ert que dire de cceux de la surfacccce. Pourtant, je me sssuis accroché et pus continuer à voir la lumière."

Je n’allais pas dire que ma vie à manquer d’être détruite à cause de la nécromancie. Et bien qu’on pourrait répliquer que j’avais quand même connu le bonheur dans ma vie, ce que je ne doutais pas qu’il fasse, nous avions droit à deux expériences différentes, mais dont la conclusion pouvait se ressembler. Une personne brisée par la vie, depuis toujours malmenée. Puis, celui d’une autre personne ayant connu une vie calme et un peu aisée qui avait vu son niveau dégringolé. Dans les deux cas, on pouvait douter, et se laisser aller dans la rancune et le désire de tout détruire ou au contraire tout possédé. Pourtant, quelle que soit l’expérience que nous puissions connaître, vous avions toujours le choix, mais ce genre de chose n’était pas toujours évident, surtout si nous ne bénéficions pas d’aide.

"Je veux donc bien te croire quand tu dis avoir connu le mépris des autres. J’en ai connu beaucoup qui ont vécu une telle expérience, et crois moi, cela me fend el cœur à chaque fois. Alors comme eux, je te tends la main, si tu acceptes mon aide pour connaître une meilleur exissstence. Voie que je ne te rejette pas, ni que je te chassse, mais juste t’offre ce que tu n’as pas eus la chance d’avoir."

Etait-ce risqué d’agir ainsi ? Sans doute que oui. Tendre la main à un nécromancien était un peu comme mettre sa tête dans la gueule d’un crocodile. Mais bon, il ne fallait pas oublier que sous ce manteau de noirceur, se cachait un être vivant qui pouvait encore ressentir quelque chose. Et s’il ne m’avait pas mentit, alors l’elfe qu’il était, se cachant sous la cape, pouvait comprendre et accepter mon offre. Enfin, s’il existait un semblant de bon sens encore en lui. Mais de toute façon, je ne voyais que deux solutions pour lui, soit il acceptait mon aide, et abandonner ses pratiques noirs pour suivre une voie plus tourner vers la lumière, soit nous devrions nous combattre, car il était hors de question que je laisse exister un nécromancien. Il devait soit être purifié, soit être détruit, car sinon il continuera à nuire à tout le monde.

"Je peux te guider vers une voie qui t’apportera beaucoup de bien fait, et un toit où tu seras en sécurité."

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Dim 17 Déc 2017 - 14:47

- Je peux te guider vers une voie qui t’apportera beaucoup de bienfaits, et un toit où tu seras en sécurité.

Je ne pense pas que je pourrais être beaucoup plus surpris que je l'étais actuellement. Il y a encore quelques secondes, je bouillonnais de rage et j'étais prêt à détruire le monde entier pour être enfin en paix. Puis, cette personne, venue pour me chasser et me rendre à la "justice" humaine (ou simplement me tuer ?) avait prononcés des mots qui m'étaient purement étrangers. "tu as raison", "je te tends la main", et bien d'autres. Elle parlait de vie meilleure et de reconnaissance. Oh, comme ils étaient séduisants, ces mots. Comme ils sonnaient juste, et vrai, sur le visage de cette gigantesque serpent qui se vouait au "bien". Comme le vie paisible qu'elle m'offrait semblait luire doucement dans la paume de sa voix, scintiller de tous ses éclats tentateurs. J'irais vivre en ville, et pas dans la rue, en VILLE. Je pourrais apprendre à écrire auprès d'un précepteur, et je n'aurais qu'à suivre la voie de la lumière si je voulais développer mes pouvoirs. Tout serait merveilleux, n'est-ce pas ? Oh oui, comme tout cela était tentant, étincelant, ô combien semblait-elle persuadée de ce qu'elle disait !

Malheureusement, et je le savais, elle se trompait. Rien ne m'attendait dans le monde. Sur le coup de la surprise, même mon assemblage était tombé à la renverse : moi, j'avais baissée ma garde un court instant, l'instant de la réflexion, ce petit moment d'éternité pendant lequel j'avais regardé un avenir idéal briller devant mes yeux. Si réel. Si faux. Je poussais un long soupir qui contrastait terriblement avec la rage que j'avais montrée plus tôt.

- Je ne peux pas. Que ce soient les humains ou les drows, ils me rejettent. Je suis ici en exil depuis mes 15 ans. Je me suis fais ennemi des centaures également. Je n'ai plus ma place dans ce monde, et depuis tout ce temps je ne cherche qu'à m'en isoler. Développer ma puissance, élever mon pouvoir comme autant de remparts. Je ne tue qu'en étant attaqué ou lorsque je risque d'être découvert, ce qui mène invariablement à une horde de torches me pourchassant. Je n'ai plus rien à voir avec les vivants. Et eux ne veulent rien avoir à faire avec moi, sauf si cela implique ma mort. Je suis un demi-sang, et cela seul me rend immonde à leurs yeux. Le sort a voulu que la magie qui m'a été offerte soit celle de la mort, et cela aussi, seul, suffit à attiser leur haine. Quoiqu'il arrive, je resterais mis à l'écart au mieux, chassé au pire.

C'était la vérité, hélas. Elle devait le savoir si elle connaissait ne serait-ce qu'un peu ce monde. Même si j'abandonnais les arts noirs, comme elle les nommait, je resterais un demi-sang. Même si je réussissais à me lancer dans une carrière de prêcheur et de prêtre, je resterais "le prêtre demi-sang qui a un jour manié la nécromancie", celui contre qui les parents mettent leurs enfants en garde. J'avais probablement plus de chances de me faire accepter dans une tribu de centaures en tant qu'étrange apprenti du shaman local, que de retourner paisiblement à la civilisation humaine. Et les centaures me tirent dessus à vue depuis une bonne dizaine d'années. Et même sans cela ...

- Mais ce n'est pas tout. La nécromancie m'apportent certes des problèmes, mais elle est aussi la seule chose, le seul petit paramètre à m'avoir maintenu en vie tout ce temps. Sans elle, je ne serais qu'un cadavre depuis longtemps. Elle a toujours été ma seule alliée : ce serait particulièrement ingrat et cruel de ma part de renier ce pouvoir, pour vivre une vie de façade parmi ceux dont il m'a toujours protégé.

Je ne voulais pas de cette fausse rédemption. De cette lumière soit-disant bienveillante qui ne s'inquiétait de moi qu'après m'avoir forcé à tuer pour survivre, au point que je sois aujourd'hui et depuis longtemps, imperméable à la vue d'un cadavre. Certes la possibilité d'une vie paisible avait luit devant mes yeux, comme à portée de main, tentatrice. Mais il ne s'agissait que d'un mirage cruel, une chimère composée d'espoirs qui avaient voulus embrumer ma vue. Ces espoirs seraient dissipés aussitôt que j'entrerais dans une ville, je le savais. J'avais tenté le sort il y a 3 ans. je n'avais dû mon séjour "prolongé" qu'à deux choses : mon apparence avait découragés les petit brigands des villes, et je n'avais jamais participé au moindre acte de violence, ne donnant de fait aucune excuse à la garde pour me forcer à quitter les lieux.

Mais je ne voulais pas la combattre. Elle m'avait parlé d'espoir, pour la première fois. De main tendue. Il était désolant de savoir que saisir cette main tendue ne m'apporterait rien, mais ses mots m'avaient touchés plus profondément que je n'acceptais de me l'avouer. Ils avaient rouvert une vieille plaie purulente, scellée depuis plus de 20 ans, exposés le désir enfouit au fond de mot de côtoyer d'autres personnes. C'était pitoyable de voir comment j'avais été attiré par la civilisation après tout ce que j'en avais subis. Je suppose que c'est mon sang humain qui pleurait ses villes et ses camarades ? Ma voix s'était adoucie pour les mots qui suivaient.

- Je suis désolé, mais je ne peux me permettre de saisir cette main tendue. Aussi tentants que soient vos mots, la réalité les combattra bien plus ardemment que vous ne pourrez les prononcer. Malgré tout, je pense ... que je vous dois des remerciements. Ce qui vient de se passer, c'est plus que je n'aurais pu espérer pour la première conversation que j'ai eu avec un être vivant. Puisqu'elle vous guide, puisse la lumière vous protéger : des vivants comme vous sont trop rares, et ce monde ne vous mérite pas.

Elle n'était qu'une enfant regardant le monde à travers le reflet d'une cuirasse polie. Déformé, brillant, fascinant. Elle ne voyait que les sourires de la foule qui acclamait le porteur de l'armure, et pas les mains des miséreux forcés de trancher des bourses ou de voler sur les étals des marchands distraits. Pourtant, quand un héros entre en ville, cette faune silencieuse et mal nourrie n'est jamais loin : mais elle se cache des reflets et laisse la foule acclamer son sauveur en paix. Moi ? Je n'étais pas un héros, et je ne pouvais pas rejoindre la foule : j'avais levé les yeux de l'armure étincelante pour voir le visage grotesque du sauveur, couvert du sang de ceux qui avaient "menacé" le village.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Lun 18 Déc 2017 - 17:23

Pendant toute son histoire, je l’écoutais patiemment. Il était vraiment différent des autres nécromanciens dont j’avais eu l’habitude de me mesurer. Si je prenais ses paroles pour véridique, il ne s’était pas donné à cette magie par pure recherche de pouvoir et de puissance. À chaque fois on y avait droit, on voulait transgresser la règle de la vie et de la mort pour gagner une puissance quasi-divine et soumettre les autres à ses désirs. Mais là, ça ressemblait plus à un concours de circonstances, et plus je l’écoutais, plus j’éprouvais de la pitié pour lui. Déjà, être un elfe n’était pas facile par ici, alors un sang-mêlé… Ce pauvre homme a dû en voir de toutes les couleurs, de quoi sans nul doute donner envie de pratiquer la magie noire. Mais je serais curieuse de savoir comment une telle magie à pus l’atteindre. Il disait que cela était de naissance, mais j’avais du mal à le croire.

Quand il me disait avoir était sauver par la nécromancie, ce fut comme si j’étais frappé par la foudre. Cette magie détruisait et tuer. Pour sauver la vie à quelqu’un, il fallait… Déjà être mort. Je ne voyais aucune autre explication à cela. S’il était bien une sorte de mort-vivant… Quel espoir pouvais-je lui apporter ? Car selon les enseignements dans les temples, et même les études menaient par l’Ordre du Temple, une personne ayant touché à la magie noire avait une petite chance d’en sortir. Mais une créature, animée par cette même magie, en était complétement corrompue. Et quelle que soit la magie usait pour l’en extirper, cela ne pouvait que la détruire. Quelle malédiction avait donc toucher cet elfe ? Surtout, je me demandais, était-il le fruit d’un rite noir visant à créer une arme des ténèbres, ou bien une coïncidence ? Tout cela était totalement obscur que je m’y perdais.

"Etre un sssang-mêlé n'est pas évident. Tu es venu au monde au mauvais endroit. Mais, j'en ai croisé des sssemblables. Avec d'autres, nous les avons aidés en offrant une vie convenable. Ilsss ont une maison, un travail, une famille, des amis... Tu étais sssans doute plongé depuis bien trop longtemps dans les ténèbres, mais la lumière est là, tu peux la voir et la suivre."

Venir en aide à des demi-elfes ou demi-humains faisait partie de mes tâches les plus apprécié. De pauvres être mal mené par le monde, alors qu’ils n’avaient rien demander. On les avait conçus, et incapable d’assumer cette union, on les traitait pire que des animaux. Il était donc tout naturel pour moi, de venir au secours de ces personnes, leur apportant l’aide et le respect au quel ils ont droit. J’aurais aimé rencontrer le sorcier noir dans d’autres circonstances. Sans doute, aurait-il plus facilement accepter mon aide et aurait déjà sans doute commencer une nouvelle vie, loin de la haine et de la violence d’autrui. Sans pour autant devenir prêtre ou paladin. Juste paysan, artisan, érudit, quelque chose de gratifiant. Mais son cœur semblait si endurcit, dévorer par la noirceur de sa magie, mais aussi par la cruauté de ce monde. Et à ce propos, je devais savoir à qui, j’avais à faire avant de lui proposer une telle vie.

"Mais je comprends que ccela puissse te paraître trop beau. Pourtant je te l’assure, c’est faissable. Mais dis-moi… Quelle est donc ton hissstoire ? Permes moi je t’en prie, de mieux te connaître."

Une chose que j’avais remarquer malgré tout, mes paroles semblèrent l’avoir touché, juste un minimum. Cela pour moi démontrait qu’il subsistait en lui, une part de lumière. Il n’était pas que noirceur, juste une personne horriblement torturer qui s’était perdue et se laisser trainer vers les ténèbres. Cela m’apporta de l’espoir, car j’étais convaincu qu’il pouvait être sauver au final.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Mar 19 Déc 2017 - 1:20

- Mais je comprends que ccela puissse te paraître trop beau. Pourtant je te l’assure, c’est faissable. Mais dis-moi… Quelle est donc ton hissstoire ? Permets moi je t’en prie, de mieux te connaître.

Pendant un bref instant, les pantins de lumière avaient de nouveau dansés devant mes yeux. D'autres demi-sangs ? Mes pensées avaient dérivées avant que je sois forcé de revenir à la réalité lorsqu'elle m'avait posée une question. Non, décidément, ces humains, ces centaures et tous les vivants ne méritaient pas de partager leur monde avec quelqu'un comme elle. Elle avait dit avoir eu son lot de malheurs et de regards de travers, mais ... hm, quoiqu'il en soit elle ne semblait absolument pas vouloir se battre, et son attitude me coupait toute envie à moi aussi. j'ignorais pour combien de temps cette trêve, cette discussion, pourrait durer. Ou même ce qui arriverait une fois que ce serait le cas. Me laisserais-je tenter par sa proposition ? Après tout, partir de cette forêt et vivre auprès de citadins pourrait grandement accélérer mon apprentissage de la lecture. Et me retrouver loin d'ici ne serait que bienvenue. Mais elle exigerait sans doute que je cesse d'utiliser ma magie, et cela ... D'un autre côté, si je refusais définitivement son "aide", attaquerait-elle ? Elle semblait bien trop détendue pour n'avoir aucune ressource à disposition, et je n'aurais pas le cœur à l'attaquer à moins d'y être forcé. Pourrais-je la semer ? Dans tous les cas, j'allais apparemment devoir partir d'ici. En attendant ...

- Mon histoire ? D'aussi loin que je me souvienne, je survivais seul dans la rue. Même les autres mendiants me menaient la vie dure, depuis tout petit j'ai toujours du me débrouiller sans aide, avec leurs menaces au-dessus de la tête. Peu d'entre elles ont été des mots en l'air ... Être en vie ET entier est un petit miracle en soit. J'ai appris à parler, marcher, manger, voler, me cacher, seul. Toujours maltraité, méprisé ... et, parfois ... Ma voix flancha légèrement. Je n'avais aucune obligation d'en parler, mais ... utilisé. A dix ans de légers phénomènes anodins ont commencés à se multiplier autour de moi : une créature morte avait une patte secouée d'un spasme étrange, j'entendais des soupirs ou des pleurs pendant la nuit quand quelqu'un mourait, mais il n'y avait personne à mes côtés. Je gagnais toujours aux osselets, même si je ne jouais qu'avec moi-même.

C'était à partir de ce moment que les choses s'étaient accélérées. Le mépris et la colère avaient fais place à la haine et le désir de meurtre. Pendant ces 5 ans, j'avais même souhaité revenir à l'époque où je n'étais qu'un sac de frappe et un ... jouet ... pour les autres mendiants, et tout au plus un sujet de moquerie et de dédain pour les citadins. Une peste désagréable pour la garde était mieux qu'un nécromancien à l'aube de la puberté, n'est-ce pas ? Enfin, on en était pas arrivé aussi loin en un claquement de doigts non plus. je repris donc mon histoire.

- Je suis plus doué pour utiliser ma tête que mes poings. En fait, je ne sais pas me battre à proprement parler. Quand j'ai réalisé ce que toutes ces petites coïncidences signifiaient, je me sis enfin retrouvé avec quelque chose que je pouvais utiliser pour me défendre. J'ai du le cacher bien sûr, et au début je ne contrôlais rien du tout.  J'ai lancé mon premier sort cinq ans plus tard, je suis assez fier de moi pour ça : la magie en autodidacte est très difficile. Malheureusement ... même si je n'avais fais que défendre ma vie, tu te doutes que ça a été assez mal accueillit. Des fois, je me réveille encore en me demandant comment les choses ont tournées aussi bien pour moi : après tout, je n'ai pas été exécuté. Mais j'ai subis une sentence d'exil : on m'a lâché, sans arme et avec une simple guenille en guise de vêtements, dans la forêt. A la merci des centaures, des bêtes sauvages, et de bien d'autres dangers que je ne peux pas juste laisser me frapper jusqu'à ce qu'ils s’ennuient.  C'est grâce à mes pouvoirs que j'ai pu me défendre et survivre. J'essaie de m'isoler, et chaque sort que je découvre me vient plus naturellement que le précédent, mais ... ils finissent toujours par me trouver. Et moi par fuir.

C'était plutôt bien résumé, je pense. 28 années de vie condensées en quelques phrases. Alors qu'un souffle de vent parvenait à se frayer un passage dans la clairière, je ne pus m'empêcher de souffler, un petit bruit amer qui m'échappa. Une vie si difficile à vivre, mais si facile à raconter. Si rapide à retracer. Zerith le persécuté, Zerith l'éxilé, Zerith le fuyard. Peut-être était-il temps de devenir Zerith le voyageur ? ou Zerith le repenti ? Non, je ne pouvais me résoudre à abandonner la nécromancie : cela fait presque 20 ans que je m'exerce, je ne pourrais pas abandonner ainsi tous mes efforts. Peut-être que, selon sa réaction, je pourrais décider de la suite des événements ?

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Mar 19 Déc 2017 - 14:05

J’écoutais donc son histoire, sans l’interrompre et prenant note de chaque mot. Un récit bien triste, ne laissant place à la moindre lumière d’espoir pour le héros principal. Le tableau qu’il était entrain me peindre pouvait parfaitement expliquer comment il en était arrivé là, mais cela ne pouvait pardonner. Au moins, j’étais d’une part rassurée qu’il ne soit pas une créature née de la magie noire, donc qu’il existait une chance de le faire sortir de ce monde enténébré. Mais je me posais aussi la question suivante, s’il refusait ou avait besoin de réfléchir, ce qui était compréhensible, pouvais-je le laisser en paix ? Il était un nécromancien, une personne jouant avec la mort, et profanant le repos des autres pour des arts dangereux. Comparer à un élémentaliste, un nécromancien tirait sa puissance du néant, et au lieu de créer avec sa magie, il causait bien plus de mal. Donc, en tant que prêtresse de la déesse de la lumière, je ne pouvais pas laisser courir un tel individu, j’aurais des morts sur la conscience.

Quel dommage, j’éprouvais beaucoup de pitié pour lui en l’écoutant parler. Mais j’avais aussi du dégoût pour ce qu’il faisait. Mais pouvais-je le juger ? Car si je devais venir à l’affronter, ce ne sera pas de gaieté de cœur. J’aurais l’impression de détruire une vie qui pouvait être sauvée, un gâchis. Mais si je le laissais poursuivre, ce serait d’autres vies qui se retrouverons gâcher. C’était une très grosse responsabilité qui pesait sur mes épaules, car chacune de ces décisions aurait de lourdes conséquences, et je devais choisir celle qui présenterait le moins de risque. Mais je gardais confiance en Kaluni, pour me guider dans ce choix au combien difficile à prendre.

"Je sssuis désolé pour ce qui t'es arrivé. Sinccérement. Mais je ne peux t'aider à modifier ton passsé. Par contre, je peux t'aider à forger ton futur. Tu n'auras plus besssoin de te cacher, et tu connaîtras un bonheur vrai. Car tu pourras voir la lumière de ce monde. Il t’est acccessible si tu le désires vraiment."

On disait tout le temps, que rien n’était perdu, qu’on avait toujours le choix. Ce qui était vrai. Mais le temps était compté à chaque fois, car à un moment, le choix est retiré, et nous étions obligés d’assumer toutes les conséquences qui allaient avec. J’espérais donc qu’il était encore temps pour lui de changer et de devenir quelqu’un de bien, qui pourra briller, et sans doute, avoir sa revanche sur le monde, non en le tuant, mais en devenant quelqu’un de bien qui montrera à tous qu’il avait réussi, qu’il était remonté des ténèbres malgré tout ce qu’on lui avait fait. Mais le choix justement, lui appartenait. Au moins, à ma connaissance, il ne semblait avoir encore franchi la ligne rouge.

"Mais j'esspère que tu comprendras, que si tu persssistes dans cette voie, je ne pourrais rien faire pour toi. Et donc, que je me verrais obliger de t'arrêter. Sssi je t'offre cette opportunité, c'est parcce que je crois en toi pour faire le bon choix. Ssssinon... Ce sera avec regret que j'agirais."

Je voulais jouer franc-jeu avec lui. Aucune perfidie de mon côté, je lui parlais déjà des conséquences dont je connaissais déjà, du moins les premières. J’ignorais où tous cela allait nous mener à la fin, mais il était clair qu’une simple action, même anodine comme la prononciation d’un mot, suffirait à pencher radicalement la balance. J’avais l’habitude de voir le monde ainsi, noir et blanc. Pas de gris ou tout autre nuance, c’était oui ou non. Le bien et le mal. La nuance justement, ressemblait beaucoup pour moi, à une quête, une hésitation à choisir un camp et dont on avait besoin d’être guider pour faire le bon choix. Et j’espérais être cette aide pour le mage noir.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Jeu 21 Déc 2017 - 1:18

Il n'y avait aucun doute dans sa voix. Soit je "m'amendais" et je "retournais à la lumière", soit elle agirait et m'arrêterait. Le fait qu'une personne de foi aie prit le temps d'embrasser la situation sous tous ses angles et avec calme, pour conclure sur ces mots... elle détestait peut-être la nécromancie et les nécromants, mais moi, elle ne me craignait pas. J'avais observé des chasseurs traquer leurs proies, des centaures et des humains se préparer à tuer ... elle ne présentait même pas le moindre signe de cette tension subtile qui animait les muscles du prédateur ou du combattant. Elle était trop détendue : soit elle me sous-estimait énormément, soit elle avait les moyens de ne pas avoir à me craindre de toute façon. Mais dans tous les cas, elle ne voulait pas plus se battre que moi. Si je tentais une frappe en traître pour tester sa puissance, et qu'elle était aussi dangereuse que je le craignais, il n'y aurait pas de retour en arrière possible. Je baissais les yeux sur ma création : j'avais dû faire rapidement et avec les moyens du bord, mais j'avais réussis à obtenir un petit mort-vivant agile, résistant, rapide et discret. J'étais fier de cela, des connaissances que j'avais travaillé dur pour obtenir. Pouvais-je vraiment décider d’effacer 28 ans de vie, dont près de 20 passées en dur labeur, juste pour vivre "en harmonie avec les autres ?".

Je relevais le visage vers le serpent. Ses mots m'avaient fait espérer quelque chose dont je ne pensais même pas vouloir. Mais de fait, le voulais-je vraiment, ou son discours était-il de toute façon étudié pour avoir, sur moi, plus d'impact que les mots eux-même n'en possédaient ? Pouvais-je lui faire confiance ? Devais-je accepter sa proposition ? Pouvait-elle seulement tenir cette promesse ? Avais-je réellement envie de vivre parmi les vivants ? Les questions tourbillonnaient soudain dans mon esprit, car je savais que mes prochains mots, ma prochaine décision, allait changer ma vie, quelle qu'elle soit. Si j'avais pu calmement y réfléchir, sans doute aurais-je pu peser le pour et le contre : rester dans la forêt ou suivre ce serpent étrange vers une hypothétique nouvelle vie ? En vérité, si elle n'était pas aussi certaine de pouvoir me neutraliser, je ne me poserais sans doute même pas la question.

Une chose était certaine cependant : je ne pouvais pas rester en Onor. Même si j'échappais à mon interlocutrice, j'aurais plus que des villageois et des chasseurs de prime à la petite semaine aux trousses. Tout un ordre religieux saurait qu'il y a un nécromancien ici, et ma vie deviendrait un véritable enfer. Quoiqu'elle en dise, si je voulais vivre, je n'avais plus le choix : je devais coopérer. Ou du moins, je devais en donner l'impression. Je ne savais pas encore vraiment quoi penser de cette soit-disant nouvelle vie qu'elle me proposait. Je doutais de pouvoir laisser toutes ces années d'efforts se faire balayer d'un revers de main bien pensant. En revanche, ma curiosité était attisée par la mention d'autres demi-sangs. Ma soif de savoir par la possibilité d'apprendre enfin à lire. J'avais déjà pu me fondre dans la masse pendant quelques semaines il y a des années, peut-être était-ce là l'occasion de recommencer ? Si je faisais mine d'obéir et de m'amender, et que ceux à qui elle voulait me présenter était à moitié aussi bienveillants qu'elle le prétendait, je trouverais sans aucun doute un professeur compétent et enthousiaste. Je doutais de trouver des écrits sur les arts noirs où elle comptait m'emmener, mais savoir lire me suffirait.

Mon esprit tournait à cent à l'heure. J'allais accepter son offre, en apparence du moins. Sur le trajet, je tenterais de séparer l'idéalisme de la vérité sur cette histoire de demi-sangs vivant en bonne intelligence avec les autres races. Si je sentais un coup fourré, je pourrais tenter de fuir d'une façon ou d'une autre. Et sinon, je profiterais de la bonté de ceux vers qui elle m'emmenait pour enfin acquérir un savoir qui m'échappait depuis mon plus jeune âge. Une fois en possession des secrets de l'écriture ... j'aviserais. Je doutais réellement pouvoir me passer de la nécromancie. De façon plus large, je ne voyais pas en quoi elle était si différente des autres magies, si ce n'est que ses utilisateurs étaient haïs. Et j'avais travaillé trop dur pour qu'on prétende juste tout me faire oublier. Et même dans le cas improbable où cela arriverait, il était hors de question que j'abandonne les arts de la magie en soit. Je pris donc une grande inspiration, choisissant soigneusement mes mots.

- Pour moi, la nécromancie n'est pas plus noire que la pyromancie ou la cryomancie. Si ce n'est que les nécromanciens sont haïs là où les élémentalistes et les prêtres sont adulés ou au moins respectés, je n'ai jamais saisis la différence fondamentale qui existe prétendument entre les écoles de magie. Comprenez donc que j'ai du mal à imaginer devoir me séparer de cet unique atout qui a assuré ma survie aussi longtemps. Je marquais un temps de silence, et me mordis la lèvre, nerveux. Cependant ... je veux bien ... essayer. Laisser ... une dernière chance aux vivants. Tu prétends pouvoir me montrer un bonheur vrai. Je vais le regarder, et juger de ce que je vois. De ce que je vis. Pour le moment, je ne peux rien promettre de plus, surtout pas tant que nous ne serons pas en sécurité.

Prétendre être entièrement acquis à sa proposition quelques secondes après l'avoir entendue ? Ce serait bien trop suspect. Mieux valait prétendre changer petit-à-petit. Faire mine d'avancer doucement dans cette lumière qu'elle me vantait tant. Feindre s'y plaire, obtenir ce que j'en attendais ... puis aviser. Comme si mes mots avaient été un signal, je sentis la magie qui imprégnait ma création m'échapper doucement, et le petit gobelin d'os et de chitine s'effondra doucement sur lui-même. Je retins de justesse un soupir de frustration : aussi complètes que soit mes créations, il fallait avouer qu'elle n'étaient pas aussi durables que je l'aurais voulus. J'espérais juste sincèrement que le voyage et le reste ne seraient pas trop longs : j'avais peur de perdre en efficacité.

J'en étais là de mes pensées quand un bruit de sabots étouffé par l'humus me parvint. Je me retournais pour voir une demi-douzaine de centaures, lances arcs bandés et armes au flanc, me mettre en joue. J'avalais difficilement ma salive : je pouvais esquiver la volée de flèches si je gérais correctement mon timing. peut-être pas toutes les flèches, ceci dit : mais si je me déplaçait correctement et que j'utilisais mon bâton correctement, je pouvais m'en sortir. En revanche, les mots du meneur de la troupe me ramenèrent abruptement sur terre : ce qui avait semblé possible dans la bouche du serpent ne redevenait qu'un mirage grotesque sous le tranchant sec de la voix du centaure.

- Les nagas ne sont vraiment pas dignes de confiance. Nous avons respectée ta chasse parce que tu as pu pister celui qui danse avec les morts là où il nous avait échappé. Mais un chasseur est plus qu'un traqueur : et si tu penses que nous allons le laisser partir en vie, tu te trompes.

Doucement, alors que les arcs me suivaient, je m'adossais à un arbre, prêt à bondir. Ma respiration était fébrile, alors que je me concentrais : je n'avais pas le droit à l'erreur. Contrairement à moi ou à elle, les centaures savaient se montrer borner ... de vraies têtes de mules. Je crus entendre la voix de la ... naga ? Mais je n'avais pas l'occasion de m'attarder sur le sens de ses mots. Le meneur baissa le bras d'un mouvement sec sans même prendre la peine de lui répondre, et 6 flèches transpercèrent ... le bois. J'étais passé à travers l'épais tronc grâce à mes dons. Je ne pouvais plus m'échapper cependant : j'étais capable de semer deux ou trois centaures en utilisant intelligemment la forêt, mais six en même temps ? Six traqueurs qui plus est ? Le son sec des flèches s'enfonçant dans le bois était à peine éteint qu'ils réagissaient déjà : j'étais quelque peu désolé pour la naga et la demi-promesse que je lui avais faite, mais j'espérais qu'elle comprendrait que je n'allais pas me laisser tuer sans rien faire. A l'aveugle, je tendis la main.

Un sifflement dans l'air, une sorte de hennissement de douleur, et un ose de la taille d'un bâton atterrit dans ma main, la pointe ensanglantée. Lorsque je pus voir de quoi il retournais, je remarquai que je n'avais touché qu'une patte postérieure. Qu'importe : je prononçai un mot et un petit sigle discret apparu sur le front du centaure blessé : si je me faisais frapper, je ne partirais pas seul. Déjà, j'avais réanimé une version plus brouillonne du pseudo-gobelin, qui titubait un peu avant de se préparer à sauter sur la croupe d'un de mes ennemis.

- Désolé, mais je ne me laisserais pas tuer sans réagir.

Ces mots étaient autant un défi à l'encontre des centaures qu'une excuse auprès de ma "bienfaitrice". Mais je n'avais pas le luxe de me laisser mourir ici. J’espérais simplement qu'elle le comprendrait et que son offre tiendrait toujours après cela. Enfin, de toute façon, cela avait peu d'importance : contre 6 centaures à la fois, je n'avais pas la moindre chance. Si elle ne m'aidait pas, au mieux en emporterais-je un ou deux dans la tombe : je me pris à espérer que son assurance ai vraiment été annonciatrice de puissance.

Pour la première fois de ma vie, une pensée me traversa l'esprit, dérangeante et étrangement réconfortante : j'étais en train de ... compter sur une alliée. Pourvu que je ne me trompe pas.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Jeu 21 Déc 2017 - 11:20

Pouvait-on vraiment faire confiance à un nécromancien ? Certainement pas. Il s’agissait surtout de personne fourbe, ayant embrassé le mal le plus noir. Ils profanaient aussi bien la vie que la mort, n’ont aucun respect pour qui que ce soit sinon pour eux-mêmes. Et encore, j’en avais croisé qui ont sacrifié leur âme pour plus de puissance, se détruisant volontiers pour ne devenir qu’une forme indéfinissable représentant un pseudo-pouvoir. Donc, je me permettais d’avoir quelques réserves concernant son histoire. Même s’il me disait bien vouloir me suivre, je me montrerais sur mes gardes, m’attendant à recevoir un coup de couteau dans le dos à chaque instant. Mais il existait un faible espoir qu’il puisse réellement se tourner vers la lumière, je ne devrais la gâcher. Au moins, il se montrait moins agressif et assoiffé de pouvoir que les autres. Mais cela pouvait bien-être une stratégie de sa part pour m’amadouer.

"Pour moi, la nécromancie n'est pas plus noire que la pyromancie ou la cryomancie. Si ce n'est que les nécromanciens sont haïs là où les élémentalistes et les prêtres sont adulés ou au moins respectés, je n'ai jamais saisi la différence fondamentale qui existe prétendument entre les écoles de magie. Comprenez donc que j'ai du mal à imaginer devoir me séparer de cet unique atout qui a assuré ma survie aussi longtemps. Cependant ... je veux bien ... essayer. Laisser ... une dernière chance aux vivants. Tu prétends pouvoir me montrer un bonheur vrai. Je vais le regarder, et juger de ce que je vois. De ce que je vis. Pour le moment, je ne peux rien promettre de plus, surtout pas tant que nous ne serons pas en sécurité."

D’un côté, je pouvais comprendre son hésitation, après tant d’année à pratiquer la magie noire, l’abandonner sera difficile, donc il n’y aller pas à pas sera sans doute de rigueur. J’espère juste ne pas avoir à le cacher dans une cave pour éviter de créer la panique chez nous. Mais le danger, s’il n’y en avait qu’un, c’était justement qu’à être trop habitué à de telles pratiques, il renoncer à les abandonnés, et donc j’aurais mis un dangereux nécromancien dans les rues de Telbara. Je n’aimerais être responsable de ça. Provoquer sans le vouloir un immense saccage avec de nombreux morts, très peu pour moi. Il faudra donc que je le garde à l’œil et que je joue la surveillante jour et nuit, mais si cela ne pouvait apporter que du bon, tant mieux.

"Me voilà bien heureussse de vous entendre dire cccaà. Le chemin sssera long, mais la récompense à la fin, vaut la peine, je vous le garantie."

Le petit golem tomba en morceau. J’ignorais si cela était signe qu’il avait effectivement accepté et baissa donc ses armes, ou bien était-ce la limite de temps dépassé à faire animer cette abomination qui fut atteinte. Mais comme il ne semblait pas trop s’en soucier, je le voyais comme un bon signe. Voulant faire signe de partir toute souriante, je sentis de nombreuses vibrations sur le sol qui approchaient. C’était rapide et fort. Nous eûmes de la visite. Un groupe de six centaures fit son entré et pointèrent leurs armes sur nous. Enfin, sur le nécromancien. La forêt leur appartenait, et je craignais qu’ils ne soient courroucés de notre intrusion sur leur terre. Si tel était le cas, j’userais de diplomatie pour qu’ils nous laissent partir en paix, sûre qu’ils ne nous reverront plus ici.

"Les nagas ne sont vraiment pas dignes de confiance. Nous avons respecté ta chasse parce que tu as pu pister celui qui danse avec les morts là où il nous avait échappé. Mais un chasseur est plus qu'un traqueur : et si tu penses que nous allons le laisser partir en vie, tu te trompes."

Effectivement, le sorcier avait fait pas mal de dégâts par ici, et il était prévisible que beaucoup d’occupants des lieux, aimeraient avoir vengeance pour cela. Il voulait savoir en quoi la nécromancie différait des autres magies ? Il en avait une preuve. Elle profanait et souillé le corps des défunts. Elle se nourrissait de la mort et de la souffrance pour devenir forte. Elle ne créait rien, elle détruisait et tuer. Ses victimes avaient une famille, des amis. Et ces derniers n’aimeraient sans doute pas voir le corps de leurs proches transformer en vulgaire pantin de chaire. Dans d’autres circonstances, je serais sans doute avec ces centaures à les aider à me débarrasser du nécromancien, mais là, je devrais sans nul doute jouer la gardienne d’un être noir.

"Cccentaures… N’ayez aucune crainte. Le sssorcier noir est sssous contrôle, il ne causera plus le moindre soucci."

Mais cela ne changea rien. Les quadrupèdes ne firent aucun cas de les parles et attaquèrent le demi-elfe noir. Sans doute la peine et la colère primaient sur tous jugements. Mais aussi, les centaures avaient leur propre croyance et donc, une représentante religieuse d’un panthéon qui concernait plus les bipèdes ne devait les intéresser. Sans nul doute que pour eux, je n’étais qu’une naga parmi tant d’autres, et que je pouvais me revendiquer de n’importe quel ordre social, cela ne vaudra rien. L’elfe se cacha entre les arbres et renvoya son petit golem attaqué. Je comprenais que dans l’heure, il se sentait obligé de se défendre et passer par la magie. Mais j’aimerais qu’il en use le moins possible, cela nous aiderait à l’aider à changer.

"Sssi j’étais vous, je me couvrirais les yeux !"

Me redressa de toute ma longueur, je dominais de plusieurs têtes les centaures, trouvant appui sur ma queue qui se déployait. Les chasseurs me regardèrent intriguer ce que je faisais exactement. Dans un cri, je fis projeter en un éclair un puissant flash de lumière blanche qui aveugla les centaures. Ces derniers surprirent, protégèrent trop tard leurs yeux et se mirent à frapper dans le vide, tout en jurant dans leur langue. L’effet voulu avait fonctionner, mais cela m’avait pris pas mal de ma force, alors je me laissais descendre de tout le long de mon corps, me sentant quelque peu faiblir, mais pas épuiser complétement. Nous avions gagné quelques secondes précieuse, autant en profiter.

"Vite ! Partons maintenant !" Criais-je à l’attention du sorcier noir.

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Message  Zerith le Sam 23 Déc 2017 - 14:32

- Vite ! Partons maintenant !

Nom d'un chien ! Des larmes de douleur coulaient de mes yeux, ma vision était trouble, mais j'avais eu la chance d'entendre et de réagir (bien qu'avec un peu de retard) a l'avertissement de la naga. J'étais quelque peu surpris ... ou bien déçu ? ... de voir qu'il ne s'agissait que d'un aveuglement. Je m'étais attendu à plus ... efficace et ... moins spectaculaire. Mais il fallait l'avouer, même si aucun centaure n'était en mesure de nous poursuivre dans l'immédiat, aucun n'était définitivement hors combat. Je décidai néanmoins de ne pas tergiverser, et à travers mes larmes, je repérais une tâche dorée vers laquelle je me mis à courir. Discrètement, je plantai quelques esquilles au sol, espérant que nos poursuivants se blesseraient un peu ou au moins seraient ralentis l'espace d'un instant. Je laissais mon assemblage les retenir également : quelques précieuses secondes pendant lesquelles nous prendrions un peu d'avance. Malheureusement je remarquai rapidement que ma bienfaitrice avait un certain défaut : elle était quelque peu ... lente. Rien qui soit sujet à rougir, elle se déplaçait rapidement ... mais pas assez.

Pour moi, qui avais passé une bonne partie de ma vie à fuir et me cacher, la suite me semblait évidente. Elle était à peine plus lente qu'un humain, mais nos poursuivants étaient ni plus ni moins que des centaures. Même en profitant un maximum des arbres pour les perdre, ils nous rattraperaient rapidement. Le temps que l'éblouissement tombe, que mon assemblage soit réduit en poussière, mes esquilles esquivées ou piétinée, et même si nous prenions de l'avance en attendant, nous n'avions pas le luxe de couvrir nos traces. Il leur faudrait au maximum quelques minutes pour nous rattraper. Mon esprit tournait à 100 à l'heure : ils étaient 6 en tout, avec un blessé léger, peut-être deux si ma création faisait du bon travail. C'était bien plus que nécessaire pour nous faire des misères, et je commençais à douter que la naga puisse leur tenir tête si le besoin s'en faisait sentir. Mais, et surtout en comptant des blessés dans leurs rangs, ils ne tenteraient pas d'attaquer un village entier. Allongeant le pas, je me tournais vers la naga : si mon souvenir était bon ...

- Suivez moi aussi vite que vous le pourrez, je pars vérifier quelque chose en avant. Continuez toujours tout droit.

Je connaissais la forêt, et j'étais en pleine forme. Je commençais à perdre ma bienfaitrice de vue quand je l'aperçu, plus loin : une large clairière bordant une rivière tumultueuse, au bord de laquelle un village un peu bancal s'était installé. Malgré l'apparence plus que rustique du lieu, les habitants, pour avoir réussis à s'installer durablement si loin dans la forêt, restaient parfaitement capables de faire face à un raid de centaures. C'était notre seule chance d'échapper à nos poursuivants : en tout cas c'était celle de la naga. Je n'étais pas du tout enthousiaste à l'idée de ce qui allait devoir suivre, mais nous n'avions guère le choix. Je rebroussais chemin vers elle, piochant une corde grossière dans la maigre besace qui pesait sur mon dos. J'espérais que cela fasse l'affaire. Dès que je fus à portée de voix, je tendis la corde et me mis à parler rapidement.

- Il y a un village plus loin, nous y serons à l'abri des centaures. Mais pas des humains. Attachez-moi et faites de moi votre prisonnier : il faudra monter la garde pendant la nuit si je veux être certain de voir le jour poindre, mais c'est mieux qu'une mort certaine si les centaures nous rattrapent. Dépêchons-nous, ils ne devraient plus tarder.

Si elle était vraiment femme de foi, la naga saurait tenir en respect les humains (bien plus que les centaures). Je n'étais pas vraiment connus dans ce village-ci non plus, donc la haine à mon égard ne serait pas aussi violente qu'ailleurs. Si de plus j'étais attaché et "sous contrôle", il y avait peu de chances qu'on tente de m'assassiner pendant la nuit. Mais je ne dormirais que d'un œil malgré tout. J'aurais largement préféré éviter toute forme de civilisation sur le trajet, mais il fallait se rendre à l'évidence : nous avions besoin d'un abri. Si nous parvenions à atteindre les murs avant que les centaures ne nous interceptent, il serait d'ailleurs peut-être temps de faire les présentations. En attendant, mon ouïe semi-elfique me permettait déjà d'entendre le roulement de tambour de leurs sabots frapper le sol. La clairière n'était pas loin, faire un nœud serait rapide ... mais le timing restait particulièrement serré.

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Message  Euryssa le Mar 26 Déc 2017 - 10:15

L’elfe et moi-même, prenions nos jambes à notre coup, façon de parler, pour fuir les centaures. Dans la précipitation, je ne prenais même pas le temps de réfléchir à ce que je venais de faire. À l’instant, je venais de sauver la vie d’un nécromancien, ceux dont je rêvais voir disparaître de la surface de notre monde depuis des années. Mais si je parvenais le sortir de là sans causer la moindre victime et à le faire tourner vers la lumière, cela vaudrait le coup. Du moins, c’est ce que je me dirais en boucle plus tard pour me rassurer. Constant ma lenteur, j’usais d’une bénédiction pour augmenter ma vitesse. Savoir que la magie des dieux était toujours avec moi, me réconfortait dans ma décision et m’aider à savoir si oui ou non, je faisais fausse route.

Que je fuse perplexe, quand le sorcier noir me conseilla d’aller tout droit pendant qu’il devait vérifier quelque chose. Cela sifflait mauvais pour moi, car que pouvait bien mijoter un sorcier noir ? Allait-il retourner en arrière pour achever les centaures ? Avancer dans l’obscurité n’a jamais semblait si vrai avec un nécromancien. J’espérais me faire une fausse idée, que mon imagination traumatisée me jouait des tours, me poussant vers une forme de paranoïa. Quoi qu’il en soit, nous arrivions à un village, et lui ni moi aimions y passer. Nous avions chacun une bonne raison de nous méfier des humains d’ici, et comme j’avais su les éviter pour arriver jusqu’au sorcier, je pensais en faire de même pour le chemin du retour.

J’avais écarquillé des yeux à l’idée de l’elfe. Que voilà un plan bien étrange. Tout cela me semblait si risqué aussi bien pour nous, que pour les habitants du village. Car même si je me méfiais des habitants de ce royaume, à juste titre, je ne souhaitais nullement leur attirer des ennuis. Ces villageois n’avaient causé aucun tort à ma personne, ils ne méritaient donc pas de subir les conséquences de ma mission. En tout cas, le point positif, était que le sorcier se soumettait ainsi totalement. Il confiait sa vie entre mes mains et il risquait bien plus que moi, ce qui forçait la confiance. Et puis, sans doute qu’avec un peu de diplomatie, nous pourrions éviter un conflit armé.

"Très bien. Mais, laissssez moi donc parler. Je ne veux pas qu'il y est du sssang rependu aujourd'hui. Et je ne veux voir aucune magie nécromancienne à l'œuvre."

Le lui mettant les liens, nous nous approchions du village. Sans tarder, des premiers villageois vinrent à notre rencontre, fourche à la main et jurons dans la bouche. Je passerais sur les insultes lancer avec leur menace, car une nagi accompagné d’un elfe noir, d’un demi-sang, avait de quoi éveiller pas mal les esprits fermés et hostile à tout non-humain. Mais sans doute que mon appartenance au clergé suffira à nous assurer une relative sécurité. J’avais pratiquement droit à un minimum de respect. Il y avait toujours les regards de travers et quelques remarques déplacés, mais tant qu’ils ne me mettaient pas en morceaux, c’était le principal pour moi.

Pour bien marquer le coup, je mettais bien en évidence le sceptre, frappant un coup sur le sol, afin d’attirer l’attention des paysans sur l’attribut religieux et qu’ils sachant donc à qui, ils avaient à faire. Cela semblait avoir eu son petit effet, je le voyais par le regard, ils s’étaient immobilisés un moment en regardant le bâton et se montrèrent moins agressifs dans leurs propos et leurs gestes.

"Je sssuis de la prêtrise, ssservante de la déessse Kaluni."
"Que veux une prêtresse serpent avec un sale drow dans notre village ?"
"Ccette elfe est le prisonnier de la prêtrise. Il doit être conduit au temple dans les plus brefs délais. Je vous en prie, accordez nous, juste une étable ou passer la nuit, avant de reprendre notre route."
"Ça ne va pas ?! On ne va pas laissez une saleté d’elfe noir dormir chez nous. En plus on ne sait pas ce dont il est capable. Si ceux du temple s’intéresse à lui, ca ne présage rien de bon !"
"Il est sssous bonne garde. Il ne peut rien faire, tant que je sssuis là. Et si vous m’aidiez, nous nous souviendrons de votre acte de fois, et soyez sûr, que Ssercanthe vous bénira pour votre prochaine vie."

Les paysans, souvent, se plaignaient de leur condition de vie, surtout ceux du nord. Siffler qu’ils pourraient sans doute connaître mieux dans l’avenir, pouvait les convaincre. Enfin, je ne jugeais pas les âmes, ce n’était pas mon rôle, mais une bonne action n’échapperait pas à l’attention des dieux qui en prendront sans doute note lors du trépas de ces gens quand leur heure sera venue. Finalement, ils acceptèrent et nous installèrent juste à côté des cochons. C’était dans ces moments-là qu’être naga se révélait être un cauchemar. Nous percions mieux les odeurs que les humains grâce à notre langue et je devais dire, qu’ici, c’était l’enfer. Il était difficile pour moi d’avancer, sans éprouver un haut-le-cœur, alors je préférais m’installer là où l’odeur semblait moins forte, c’est-à-dire, juste à l’extérieur.

"Ccce n’est pas un palais ou une bonne auberge, mais on devra s’en contenter. Et puis, ccce n’est que pour une nuit."

Jouant avec la paille, je cherchais à me faire un matelas confortable. Pour éviter toute mauvaise surprise, j’avais laissé les liens à l’elfe, mais j’avais desserré la corde pour qu’il puisse bouger avec aisance. Le mieux était de juste maintenir l’illusion qu’il demeurait mon prisonnier pour rassurer les villageois, sans pour autant entraver mon compagnon du moment. Même si je me sentais un peu rassurer de le savoir ligoter, je préférais l’avoir comme allié qu’ennemi, il était hors de question que je sois responsable de la perte de sa seule chance de se racheter.

"Dite moi… Quel est votre nom ? J’imagine que vous en avais un, car cela me déplait de jussste vous appeler Elfe ou nécromanccien. Je trouve cela inssssultant de toujours nommer les gens par leur nature ou fonction, et non leur nom."

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Message  Zerith le Mar 26 Déc 2017 - 12:07

- Très bien. Mais, laissssez moi donc parler. Je ne veux pas qu'il y est du sssang rependu aujourd'hui. Et je ne veux voir aucune magie nécromancienne à l'œuvre.

- Evidemment, je tiens à ma peau.

A peine entrions-nous dans le village que l'attitude des humains se révéla de nouveau au grand jour. La naga eut plus de mal que je ne le pensais à se faire entendre : les estanols n'en avaient apparemment pas que après les centaures et les demi-sang. j'adaptais ma posture avant même cela. Prostré, silencieux, ramassé sur moi-même, j'étais l'image même du prisonnier résigné qui ne pouvait rien tenter, et avait même renoncé à essayer. Je ne pus tout de même retenir un sourire intérieur en repensant à la recommandation de la prêtresse : ils m'auraient embroché sur place si j'avais fais simplement mine de relever la tête. Vraiment, les humains sont méprisables et ne mérite pas même qu'on leur accorde la moindre attention. Comme prévu cependant, les centaures c'étaient résolus à retourner dans la forêt dès que les humains avaient accepté de nous héberger.

Nous finîmes dans le coin le plus reculé d'une étable branlante, avec des porcs en guise de voisinage. Ma "rédemptrice" semblait gravement indisposée par la situation et le fumet desdits voisins, ce dont je ne pus que m'amuser. Si mon odorat était plus fin que celui des humains, la crasse dans laquelle j'avais grandis m'avais appris à ne pas me plaindre de l'odeur quand on peut profiter d'un peu de chaleur pendant une nuit de froide saison. J'avais adressé un bref remerciement à la naga quand elle avait desserrés mes liens, mais je tenais toujours mes mains rapprochées comme si ce n'était pas le cas . Pour ma part, j'attendrais d'être loin du village pour laisser tomber la mascarade : on est jamais trop prudent.

- Dites moi… Quel est votre nom ? J’imagine que vous en avez un, car cela me déplait de jussste vous appeler Elfe ou nécromanccien. Je trouve cela inssssultant de toujours nommer les gens par leur nature ou fonction, et non leur nom.

- Zerith. La seconde syllabe glissait sur la langue, produisant une sonorité à la frontière du t et du s, et je me demandais un instant si (et comment) elle allait pouvoir le prononcer. Je n'ai aucun souvenir de la façon dont je l'ai obtenu, mais c'est le seul mot avec lequel on m'apostrophait ... sauf pour les insultes j'entends. Je relevais la tête pour embrasser le bâtiment du regard. La prêtrise a des avantages certains : les porcs n'ont pas une odeur des plus douces, mais leur compagnie tiens chaud. J'aurais donné cher pour être autorisé à rentrer dans ce genre de bâtiment pendant ma jeunesse.

J'étouffais un petit rire amer. Pourquoi ne pouvais-je m'empêcher de ressasser mon passé en présence de cette femme ? Je l'ignorais, mais c'était comme une sorte de besoin, presque maladif. C'était sans doute dû au fait qu'elle était le premier vivant à écouter. Mais je ne pouvais me départir de cette impression fugace de pleurnicher sur le passé comme un enfant, et cela me frustrait. J'avais vécu avec ces blessures, je les avais dépassées : il n'y avait aucune raison d'y revenir, de s'y attarder ainsi. Le passé est passé et ne peut pas être changé. Il faut faire avec, tout simplement. Regarder vers l'avenir. L'avenir ... et les secrets de l'écriture. Et à présent que nous étions en relative sécurité, j'avais plusieurs questions qui se bousculaient aux portes de mes lèvres.

- Enfin bon. Je ne connais pas votre nom non plus. Ni celui du lieux où vous comptez m'emmener, ou même où il se trouve. Un sourire doux-amer s’immisça a nouveau sur mon visage presque malgré moi. Et si ce n'est pas indiscret, ça vous arrive souvent d'attacher de jeunes gens quand on vous raconte qu'ils ont été vilains ?

J'avais volontairement prit le parti de l'humour pour camoufler ma curiosité sur le dernier point. Cela lui arrivait-il souvent de décider de "sauver" les gens qu'elle venait pour "juger" ? De pourchasser les "menaces" pointées du bout de la fourche par des psychotiques clos d'esprit ? Quel genre de personnes croisait-elle dans ses voyages, à quoi ressemblait ce lieu vers lequel elle m'emmenait ? Je serais sans doute bien plus attentif à ses réponses qu'elle ne l'imaginerait, car il me semblait vital que j'en sache le plus possible avant de me trouver coincer dans une situation épineuse. Chaque jour de ma vie avait été un miracle, mais un miracle calculé pour se prolonger, en tenant compte des risques que je prenais et en me préparant toujours une porte de sortie à portée de main.

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Message  Euryssa le Mer 27 Déc 2017 - 10:04

"Zerith. Je n'ai aucun souvenir de la façon dont je l'ai obtenu, mais c'est le seul mot avec lequel on m'apostrophait ... sauf pour les insultes j'entends. La prêtrise a des avantages certains : les porcs n'ont pas une odeur des plus douces, mais leur compagnie tiens chaud. J'aurais donné cher pour être autorisé à rentrer dans ce genre de bâtiment pendant ma jeunesse."

Je l’imaginais dormant dans la rue ou en plein milieu sauvage comme là où je l’avais croisé. Si tel était le cas, je pouvais comprendre que dormir dans un endroit comme celui-ci pouvait paraître du luxe. Si mon odorat n’était pas élevé, je pourrais dormir ici sans aucun souci. Mais je n’avais l’habitude de me reposer à côté d’odeurs aussi fortes, mais je m’interdisais de me plaindre. Cherchant à cultiver un état d’esprit d’humilité, je me contentais de ceux que j’avais, me disant que c’était mieux que rien. Et parfois avec du rien, on pouvait très bien en vivre. En tout cas, j’étais ravi d’apprendre l’identité de mon compagnon de voyage, cela devrait faciliter nos échanges futurs.

"Vous sssavez, la vie dans la prêtrise n'est pas toujours luxueuse, ccc'est rare même. On dort sssouvent sur une planche en bois ou un lit en pierre. Les conditions de vie sssont asssez spartiate. Mais je suis ravie de faire votre connaisssance Zerith."

Si un jour, on me disait que je parlerais de manière si pacifique avec un nécromancien, j’aurais ri, disant que c’était une bien piètre blague. Pourtant, c’était le cas en ce moment même, et je ne savais trop quoi en penser. Bien que je demeurasse convaincu au fond de moi, du bien-fondé de cette initiative, une partie me disait qu’il s’agissait d’une terrible erreur dont je ne tarderais pas à le regretter. Nous verrons bien de toute façon, ce que les dieux en auront décidé.

"Enfin bon. Je ne connais pas votre nom non plus. Ni celui du lieux où vous comptez m'emmener, ou même où il se trouve. Et si ce n'est pas indiscret, ça vous arrive souvent d'attacher de jeunes gens quand on vous raconte qu'ils ont été vilains ?"

Je ne savais pas trop ce que je devais penser de ce qu’il venait de dire, mais comme nous étions lancer sur la sympathie, autant continuer. Si nous arrivions à nous faire suffisamment confiance, cela faciliterait son intégration dans le monde et lui garantir une vie meilleure.

"Je ne me sssuis pas présenté, il est vrai, je vous demande de bien vouloir me pardonner. Je me nomme Euryssa. Pour là où nous allons, je compte vous conduire à Telbara. Là-bas, les racces non-humaines sont bien plus resspsecter et peuvent vivre en paix. Vous devriez pouvoir commencccer une nouvelle vie là-bas."

Des demi-sang, il y en avait là-bas. Beaucoup ont pu apprendre un métier et le pratiquer sans trop s’inquiéter. Après, il existait encore une certaine « haine » envers ces pauvres gens, mais elle était moins marquée et plus sévèrement punie. Mais ce qui me travaillait le plus, c’était la partie nécromancienne de Zerith. Déjà, est-ce qu’il allait vraiment abandonner sa magie maléfique ? Si oui, comment convaincre les autres de ses intentions et éviter de le voir se faire brûler vivant une fois le pied poser sur le territoire. Il faudra la jouer fine, sans doute cacher cette partie de sa vie et garder un œil sur lui et ceux qui l’entoureront jusqu’à ce qu’il soit purifié de la magie noire.

"Vous sssavez, ce ne sssera pas facile, je tiens à être honnête. Pas que vous soyez demi-drow, mais à cause de votre magie. Mais pas infaisssable. Mais sssi, vous ne m’avez pas mentit et êtes sincère dans vos paroles, je vous promets de tout faire pour vous aider, quitte à m’oposser aux autres pour leur montrer que vous n’êtes pas une mauvaise perssssonne."

Cela pourrait paraître quelque peu exagérer, et je me surpris à faire une telle promesse, mais au moins, je ne lui accordais pas une confiance aveugle, c’était plus une sorte de contrat qui disait « Soit honnête et je le serais ». Et comme je ne l’avais pas vue faire quoi que ce soit de répréhensible pour le moment, je lui accordais le bénéfice du doute, car se rait malheureux si je gâchais la chance de quelqu’un de se tourner vers la lumière.

"Mais… Comprenez que sssi vous revenez sur votre parole, d’une quelconque façon, je ne pourrais rien faire pour vous."

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Ven 29 Déc 2017 - 12:12

Je l'écoutais en silence, parler de Telbara. J'en savais peu sur le monde extérieur, mais le nom des autres royaumes (en tout cas des autres royaumes "humains"), ça pouvait aller. Nous étions à Estandre, un pays en guerre contre Tacomnal, et la troisième force était Telbara, un pays bien plus éclectique et dont le commerce fleurissait d'autant plus. Je dois avouer que j'étais quelque peu surpris. Je m'attendais à une ville, peut-être un regroupement de villages, mais pas un pays entier ! Mais au moins ne prétendait-elle pas que tout se passerait sans accrocs. Elle en imputait la faute à mes pouvoirs, mais les dieux soient loués j'étais conscient qu'il valait mieux ne pas les utiliser. Si je ne voyais pas en quoi ils étaient fondamentalement différents des autres magies, au moins étais-je parfaitement conscient de la haine qu'ils généraient : et si je voulais "m'intégrer", il allait de soi que je ne pouvais pas me permettre d'être haïs. En revanche, et découlant des premiers faits, si Euryssa disait la vérité quand à l'hospitalité des telbarans, elle n'aurait pas besoin de "s'opposer aux autres" pour me protéger : je savais me faire discret à défaut d'apprécié. Quand à son dernier avertissement ...

- Je me considère assez malin pour, si jamais les choses devaient en venir là, être assez discret ou loin de toute civilisation pour que cela ne cause de tort à personne. Quoiqu'il en soit, je n'ai jamais utilisés mes pouvoirs en ville à moins que ma vie soit immédiatement menacée, et ce n'est arrivé qu'une seule fois. Qui m'a valus de vivre en forêt depuis. Je n'utiliserais pas mes pouvoirs tant que je pourrais me le permettre. Quoiqu'il en soit, si nous voulons changer de royaume, c'est une sacré expédition qui nous attend : rejoignons-nous un groupe, une caravane pour bénéficier de la protection du nombre ? Ou aviez-vous prévu de simplement se déplacer discrètement aux abords des routes ?

Non pas qu'il y ai de voie pavée qui relient Estandre et Telbara, notons bien. Mais si les centaures avaient décidé de nous coller au train, se déplacer en duo pouvait se révéler dangereux. Dans le cas d'un convoi, ce serait l'ambiance qui serait à déplorer, mais si on excluait la possibilité que les estanols nous jette à la merci des bandits ou prédateurs pour servir d'appâts pendant qu'ils sauvaient leurs chariots, cela restait le moyen de voyager le plus sûr. Je m'interrompais un instant dans mes réflexions, reportant mon regard vers la naga : avait-elle fait tout ce chemin seule pour arriver dans la forêt d'Onor ? Si c'était le cas, je devais avouer qu'un respect d'un autre ordre naissait ici et maintenant. Vivre dans une forêt dont j'apprenais à connaître les recoins était une chose, mais voyager vous retire le peu de repères sur lesquels vous pouviez compter.

Quoiqu'il en soit, ces tracas auraient à atteindre le lendemain matin. L'odeur des porcs n'est pas la plus délicate qui soit, mais leur présence maintenait le lieu à une température assez confortable. Pour ma part je préférais éviter de plonger mes mains dans la paille, par peur d'y trouver une petite, mais néanmoins nauséabonde surprise. Je pris donc le soin de m'assurer qu'une portion de sol était propre (autant qu'il était possible), et je m'y assis, m'adossant au mur en prévision d'une nuit de sommeil bien méritée. Cependant, ma posture suscitait juste ce qu'il faut d'inconfort pour que, si ma nuit s'annonçait réparatrice, le moindre bruit ou mouvement suspect me tire du sommeil et me sauve la vie.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Sam 30 Déc 2017 - 9:38

"Il vaudrait mieux ccirculer jusste nous deux. Nous ssserrions bien plus dissscret. Les gens icci tolèrent de voir une nagi prêtresssssse, mais refuseront de la protégée, préférant se dire qu'il vaut mieux qu'elle sse fasse dévorer par une bête sssauvage, que tuer par eux même. Et concernant les autres prêtres, iccci ils sont moins ssouple que cceux à Telbara et nous ne pouvions courir le rissssque qu'ils découvrent qui vous êtes."

À deux, c’était bien plus sûr. Nous attirerons moins l’attention et si justement, on apprenait qu’une prêtresse était en compagnie d’un nécromancien, je ne vous dis pas le scandale que cela aurait été. En plus, on crierait bien haut et fort que le temple investirait beaucoup d’argent dans la protection de ceux en qui, ils avaient voué à la destruction pour protéger les habitants d’Orcande. Et déguiser l’escorte de protection en arrestation ne me plaisait pas. Cela impliquait bien trop de préparation et pousserait à faire une chose que j’avais en horreur, mentir. Donc, le choix était tout fait, nous partirons dès les premières lueurs du jour juste nous deux. Je finissais donc de préparer ma couche.

"Il ssserait temps de nous coucher à présent. Nous avons une longue route devant nous. Bonne nuit Zerith."

Bien que je ne dormais que d’un œil, je pris le loisir de me faire un bilan de la journée. Mes doutes ne m’avaient pas quitté, ce questionnement au sujet si j’avais fait le bon choix se poursuivait. Étais-je naïf à ce point ? Il fallait avouer que la situation était peu banale. Des nécromanciens, j’en avais déjà affronté, mais à chaque fois, ils s’étaient montrés hostiles ce qui avait faciliter leur jugement. Mais là, Zerith était bien différent, il y avait une forme d’innocence en lui. Mais il était possible que je m’égarasse, et que ce sorcier noir soit bien plus fourbe que je le pensais. La ruse, une arme dangereuse dont les serviteurs du mal ne s’en privaient pas. Il serait donc judicieux que je redouble de prudence le concernant. Car quelqu’un plonger dans les ténèbres ne voyait pas facilement la lumière. Mais bon, je n’avais sans doute pas la moindre raison de m’en vouloir. Je prêchais l’amour et la compassion, donc il était bon que je laissasse une dernière chance au sorcier noir, ç lui de la saisir. Mais pour m’aider, je me permis d’exécuter une prière en la marmonnant, juste avant de m’en dormir. J’espérais que la nuit sera au moins calme.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 1 Jan 2018 - 2:40

Le trajet était simple si on y pensait. En sortant d'Onor, on continuait vers le sud jusqu'à traverser la Tijaronhe. De là, plusieurs choix s'offraient à nous :

Soit nous suivions les routes les plus occidentales, passant par Sulvindil et Ventraque, pour ensuite nous glisser entre la vallée des rois et les monts bouchés, jusqu'à atteindre le Phuolocht et port Barbe. C'était le trajet le plus direct, et il avait l'avantage d'être praticable par route pavée pendant toute la première moitié, et était donc plus conseillé pour voyager rapidement. La solution alternative consistait, après la traversée de la Tijaronhe, à partir direction sud-est vers Estandre-même, se glisser entre la forêt de Lagisse et celle de la Vanille, et ce jusqu'à dépasser les Monts Vifs et les Monts Incarnés. De là, nous rejoigne-rions le fleuve Salfe, et en remontant son courant jusqu'à la fourche où il se sépare du Phuolocht, nous pourrions, encore une fois, soit opter pour continuer de remonter le courant et atteindre Port Barbe, soit bifurquer vers la forêt du Calme et, plus loin, Etrau ou Viesson. Dans tous les cas, nous en avions pour plus de deux mois de trajet.
Et il y avait aussi la possibilité de couper tout droit à travers la forêt de la Vanille, par Canaéles, en se glissant ensuite entre les Monts Incarnés et les Monts Bouchés, pour atteindre Veneraigle. Puis plein sud vers la forêt du Calme, etc. Mais le temps de trajet n'en était pas réduit, la seule vrai différence serait que nous ne profiterions que peu des routes (par rapport au premier trajet) et que nous nous priverions de repères plus rapidement (par rapport au second). Même si c'était le trajet le plus direct sur le papier, je doutais que ce soit le plus adéquat.

C'était le savoir que j'avais réussis à réunir durant les quelques jours qu'avait déjà durée notre expédition. Cela venait à la fois de ce que m'avait dit Euryssa, mais aussi de ce que j'avais pus glaner ou écouter subrepticement des conversations des rares caravanes ou voyageurs que nous avions croisés. Par chance, mes vêtements amples parvenaient à cacher ma nature, et le bâton de prêtrise de la naga nous évitait sans doute nombre d'incivilités, quand bien même tous n'avaient pas été des plus courtois. Je grimaçai intérieurement d'ailleurs : je n'avais pas de carte du continent, et si je savais vaguement que la Tijaronhe se trouvait au sud, aucun des noms qui suivaient ne faisaient écho dans ma mémoire géographique. Tout ce que j'avais pu réellement tirer de tout cela, c'est qu'il allait falloir marcher pendant plus de deux mois vers le sud. La naga avait-elle vraiment décidé de faire tout ce chemin juste pour m'appréhender ? Non, elle devait sans doute se trouver dans les parages pour quelque tâches, et avait entendu parler d'un nécromant.

C'était ce à quoi je pensais alors que nous contournions prudemment Vulgarde : J'avais quitté la ville sur un vol (certes mineur) il y a trois ans, et j'ignorais si on me l'avait effectivement imputé ou non, ou même si on m'y recherchais encore dans ce cas. Mais prudence est mère de sûreté. Nous atteindrions la Tijaronhe d'ici un jour ou deux au maximum. J'avais été agréablement surpris de voir la façon dont la naga s'était habituée à la vie en forêt, mais encore une fois si j'y pensais c'était évident qu'elle savait y survivre.

- Nous arriverons au fleuve bientôt. Vous avez un trajet précis en tête ? Non pas que cela change grand-chose, je serais en terrain inconnu de toute façon ... Mais j'aimerais simplement avoir une idée, fut-elle vague, de la façon dont je me dirige vers cette nouvelle vie qui m'a été promise.

J'avais conscience de me plaindre beaucoup, mais peut-être étaient-ce des années de mutisme qui ressortaient ainsi. J'avais remarqué que j'avais aisément le ton acerbe ou acide, et que, même en forçant pour utiliser des phrases au vocabulaire plus riche, l'effet désagréable n'en était que rarement atténuer : au contraire même, cela semblait accentuer une quelconque mauvaise intention que d'aucun prétendait percevoir dans ma voix. Quoiqu'il en soit, je restais particulièrement attentif aux dires de la naga. Même si je n'avais l'intention de la suivre et de ne tenir ma parole que quelques années au plus, ce n'était pas une excuse pour ne pas obtenir le plus d'informations possibles en cours de route.

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Message  Euryssa le Mar 2 Jan 2018 - 11:28

Nous avions finalement pu quitter la forêt d’Onor, ce qui n’était pas pour me déplaire. Cela signifiait qu’une première étape était franchie avant d’arriver enfin à Telbara. Le voyage promettait d’être long et donc, que nous risquions d’un incident à tout temps. Bien que prêtresse, une nagi n’était pas en sécurité sur ces terres pour autant. Nous étions des phénomènes de foire, parfois même traquer pour des raisons bien noires dont je n’oserais pas citer. Il fallait croire qu’on avait raison de vouloir m’empêcher de venir ici. Un prêtre humain aurait sans doute mieux réussi cette mission sans entrave, ou un paladin. Mais je mettais tellement laisser aveugler par mon désir de combattre la nécromancie, que je n’avais fait cas du danger que représentait Estandre pour moi, et me laissa me faire surprendre par un sorcier noir bien particulier.

"Nous arriverons au fleuve bientôt. Vous avez un trajet précis en tête ? Non pas que cela change grand-chose, je serais en terrain inconnu de toute façon ... Mais j'aimerais simplement avoir une idée, fut-elle vague, de la façon dont je me dirige vers cette nouvelle vie qui m'a été promise."

On sentait bien l’agression dans sa voix. Zerith semblait déjà en avoir marre. Une leçon qu’on m’avait apprise il y a longtemps, c’était comme reconnaître une personne honnête d’un menteur. Le menteur jouait un rôle qui tenait la route au début. Convainquant en tout point, on ne pouvait le distinguer de celui qui disait la vérité. Mais plus son jeu durait, plus le menteur avait du mal à maintenir son rôle et finissait par se trahir. Je me disais cela, car en voyant cette sorte d’impatience chez lui, j’avais l’impression que bientôt, il démontrerait qu’il était toujours attaché au mal. Toutefois, je lui répondais avec politesse.

"Il vaudrait mieux éviter les mauvaissses rencontres. On ne passsera pas par les grandes villes. On contournera Essstandre vers Ssulvindil, puis on descendra vers la Vallée des Rois. Puis nous arriverons dans les Ganavarelles, faisant partie de Telbara."

Là-bas, nous devrions être en sécurité. Bien que les Ganavarelles restait un territoire frontalier, il faisait bon vivre et on ne risquait pas de devenir esclave ou tuer pour nos origines. Et puis, c’était bien plus près que la ville même de Telbara. Pendant le voyage, je jugeais bon de déjà préparer Zerith à sa nouvelle vie. Il ne fallait pas qu’il apprenne à vivre comme une personne modeste loin de la nécromancie le jour même où nous arriverons. Comme quoi, je prenais toutes les initiatives possibles pour éviter le maximum de dégâts. Par contre, je ne savais pas trop par quoi commencer. Par l’aider à avoir une idée d’un métier honnête, ou le convaincre de suite se débarrasser des arts noirs. La deuxième idée me semblait être la plus importante, car la plus dangereuse, et une fois débarrasser je me sentirais mieux. Mais comme j’avais senti qu’il s’agissait encore d’un sujet sensible, je préférais attendre encore un peu avant d’aborder ce point. Jusqu’ici, l’elfe semblait ne voir que la magie noire comme mode de vie. Si j’arrivais à le rassurer en le convainquant qu’il pouvait survivre autrement et mieux, il pourrait facilement accepter de se débarrasser de la noirceur de cette magie.

"Dites-moi Zerith… Avez-vous des passssions ? Ou bien, un mode de vie vous tenterait bien, comme un métier."

En savoir un peu plus sur lui, m’aiderait à mieux connaître les motivations de son cœur. Mais encore, je ne serais pas forcément comment les traités. Je pourrais aussi bien vouloir les tempérer que les combattre s’il se montrait, disons trop ambitieux. Il s’agissait d’une personne si particulière, une sorte de nœud très complexe. Pour le défaire, il faudra tenter de réussir à retirer délicatement et avec beaucoup de patience, ce fil emmêler. Au début, on aura un peu de mal de voir clair, mais à la longue, tout devrait revenir droit. Sinon, on coupait net, ce qui reviendrait à une solution radicale, par-là, je voulais dire violente.

"Il existe tellement de métier fasscinant dans cce monde. L’artissanat, les arts, la sssécurité, l’agriculture, la prêtrise même. Et beaucoup d’autre encore… Sssans doute, trouverez-vous votre bonheur. Il y a aussi l’érudition, avec les ssscribes, prêtres, enchanteurs, précurseurs etc."


Dernière édition par Euryssa le Mer 3 Jan 2018 - 12:20, édité 1 fois

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Message  Zerith le Mar 2 Jan 2018 - 13:15

Un mode de vie ? Je clignais doucement des yeux : je m'étais toujours contenté de réussir à vivre jusqu'au lendemain, et entre les bêtes sauvages, les centaures et les humains, la question avait su se montrer particulièrement prenante. Avais-je donc un intérêt qui me porte au-delà de la simple survie ? Il me fallut quelques secondes pour le réaliser, alors qu'il s'agissait d'une raisons importante qui m'avait poussée à suivre la naga. Outre le fait que je voulais éviter de me battre contre l'étrange prêtresse, c'était bien ma soif de savoirs qui m'avait convaincu de mettre mes arts de côté pendant, peut-être, quelques années. Je m'étirai nonchalamment, croisant les bras dans mon dos.

- L'écriture. Ou plutôt, le savoir. J'ai acquis mes pouvoirs par moi-même, en tâtonnant et à force d'échecs, mais les secrets de l'écriture m'ont toujours échappés. Oh, je sais reconnaître la plupart des mots simples qu'on retrouve sur les panneaux des villes, mais réellement lire ? Non, j'ai bien compris que les signes représentent des sons mais ... certains signes peuvent représenter plusieurs sons différents, et certains sons peuvent être tracés de plusieurs façons différentes. Sans aide, il me faudrait des années de comparaisons pour arriver à réellement lire.

Oui, lire. C'est dans les livres que se trouvaient les secrets de pouvoirs plus grands, plus puissants. Mais aussi des savoir plus triviaux et ô combien tout aussi importants. Lire une carte, un livre d'histoire, comprendre le fonctionnement de tel ou tel outil, la méthode de fabrication de tel ou tel objet. Les livres sont peu nombreux, et les contes et gestes ne m'intéressaient que peu, mais les manuels eux ... c'était encore une autre histoire.

- Malgré toutes mes capacités de compréhension et de déduction, mon savoir est limité. Limité à ce que j'entends les autres dire, à ce que je parviens à comprendre par moi-même ... Pour vous donner un exemple, je sais que nous avions le choix entre grossièrement trois trajets, et que nous allons de fait emprunter celui qui passe le plus à l'ouest. Nous aurons une route à suivre jusqu'à la vallée des rois, et si nous maintenons notre cap, nous en rattraperons une nouvelle de l'autre côté de la vallée, qui nous mènera à Port Barbe, probablement une ville importante qui pourrait nous servir de destination. Je soupirai. Mais j'ignore tout de Silvindil, Ventraque, la vallée des rois, les ganavarelles ou même encore Port Barbe, si ce n'est que ce doit être un port justement. J'ignore la forme du continent, où nous nous trouvons à sa surface, le chemin que nous allons y tracer, à quoi ressemblent les villes que nous croiserons ... Je serrai un peu les dents, laissant la tension née de la frustration s'éteindre dans ma voix. Savoir lire, c'est savoir. Je suis doué pour apprendre, mais il me faut une base sur laquelle travailler. Avoir un professeur ne m'a jamais effleuré l'esprit que lorsque j'étais enfant et que j'imaginais encore que quelqu'un me sortirai de la fange où j'étais né : mais au final j'en ai été chassé, donc imaginer un mentor est pour le moins déstabilisant et quelque peu amer. Mais les livres ... ceux-là ne jugent ni ne mentent, ne frappent ni ne freinent. Je me tournais vers elle, ma rappelant la fin de sa phrase. Vous avez parlés de scribes, d'enchanteurs, de prêtres ... et de ... précurseurs ? Que sont-ils ?

Bien entendu je connaissais le sens du mot, ayant un vocabulaire étonnamment riche pour avoir su l'emprunter à gauche et à droite. Un précurseur était "celui qui précède quelqu'un, ou qui vient avant un phénomène, qui l'initie". Cependant, même avec la connaissance du mot, je n'arrivais pas à me figurer quel rôle dans la vie citadine pouvait se retrouver ainsi doté de ce titre. Peut-être des légistes ? Je réfléchis un instant, réalisant ce qui pourtant était une évidence. Contrairement à l'époque où je vivais dans la rue, je devrais, là-bas, participer à la vie citadine. Si mon but était de me repaître de savoirs, je ne pourrais pas rester là-bas sans avoir un "métier". Le concept même de mettre un quelconque talent ou savoir-faire au service d'autrui m'était étranger, et dans l'état actuel des choses je n'avais de toute façon que mon art qui puisse se montrer utile. Or, à moins que ma vie soit menacée, j'avais résolu de ne pas l'utiliser tant que je n'avais pas obtenu ce que je souhaitais. J'allais apprendre à lire, apprendre où se trouver la bibliothèque la plus fournie du continent, m'y rendre, et en retirer la substantifique moelle. Avec un peu de doigté, Euryssa ignorerait même jusqu'à mon intention de retourner à ma vie d'ermitage une fois tout cela accomplit. Je ne comptais pas abandonner la nécromancie, à moins réellement de trouver un foyer, et même dans ce cas je ne pouvais assurer que j'y renoncerais : elle faisait partie de ma vie de façon trop intime pour cela. Mais je pouvais m'en éloigner pendant longtemps si nécessaire, c'était plus ... une amie qu'un besoin, je ne souffrirais pas de ne pas jeter de sorts comme je souffrirais d'arrêter de respirer.

J'écoutais la réponse d'Euryssa tout en continuant de marcher. Nous étions encore en milieu d'après-midi, et la fleuve ne serait en vue que demain. Une nouvelle nuit à la belle étoile s'annonçait. Une nouvelle nuit dans une longue liste de nuits, s'il en est. Peut-être pourrions-nous tenter d'obtenir un chariot ? J'avais un peu d'argent récupéré sur mes malheureux agresseurs au fil des années, et Euryssa n'était pas forcément sans ressource. Un cheval et un attelage raccourciraient substantiellement notre temps de trajet ... mais avait-on seulement la moitié de la somme nécessaire ?

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Mer 3 Jan 2018 - 11:32

Ce sera donc l’érudition alors. La quête du savoir était une noble chose, cherchée à comprendre le monde était important. Mais il ne fallait pas oublier que savoir, c’est pouvoir. Il s’agissait d’une très grande puissance. Une sorte de magie neutre qui pouvait aussi bien créer que détruire. Et permettre un accès à cette puissance pour un nécromancien ne m’enchantait guerre. S’il ne savait ni lire ou écrire, ou juste un peu, cela laissait à suggérer qu’il n’était pas aussi puissant que je l’aurais pensé. Il apprenait bien par lui-même, et en magie il s’agissait de la manière la plus longue pour atteindre son potentiel. Autant dire que je n’étais pas plus rassuré. Par contre, à sa question, je me rendais compte d’une erreur que j’avais faite et dont je me pressais à corriger.

"Je ssuis désolé, ma langue à fourchée. Je voulais dire "Précepteur" et non précurseur. Je sssuis confuse. Le précepteur est celui qui enseigne à autrui un ou plusssieurs domaines, un peu comme un mentor."

Il était vrai que me sentais honteuse pour mon erreur, mais bon, il n’y avait pas mort d’homme comme on le disait. J’enchainais sur la suite de notre conversation.

"Apprendre à lire et à écrire ne ssera pas facccile. C’est un sssavoir qui resste souvent élitiste. Mais vous devriez trouver quelqu’un qui pourra vous aider."

Les raisons pour la quelle peut de gens sachent juste lire furent nombreuses. Comme on la dit, il s’agissait d’une forme de pouvoir et donc, garder un tel savoir pour soit et laisser les autres dans l’ignorance était un bon moyen de garder le contrôle, ce que je ne soutenais pas. Aussi, comme c’est rare, on pouvait faire payer très chère un tel apprentissage, favorisant une classe sociale supérieure. Mais aussi, beaucoup ne voyait pas l’utilité de lire et écrire. Ils diront, cela ne t’aidera pas à travailler la terre et faire ta vie. Pas besoin de lire pour boire un coup à la taverne et taper des gens. Certains se plaisaient dans ce genre de mode de vie. Mais s’handicaper lourdement. Car le savoir oral se perdait facilement et finissait déformer, alors que l’écrit demeurait immortel.

"Dites-moi, que diriez-vous sssi je vous préparais déjà à intégrer votre nouvelle vie ? Je pourrais vous apprendre les ussses et coutumes de la vie sssociale Et voir le monde sous une autre forme ?"

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Message  Zerith le Jeu 11 Jan 2018 - 20:05

- Je ssuis désolée, ma langue à fourchée. Je voulais dire "Précepteur" et non précurseur. Je sssuis confuse. Le précepteur est celui qui enseigne à autrui un ou plusssieurs domaines, un peu comme un mentor. Apprendre à lire et à écrire ne ssera pas facccile. C’est un sssavoir qui resste souvent élitiste. Mais vous devriez trouver quelqu’un qui pourra vous aider.

Oh, un précepteur ! En effet, tout cela avait plus de sens d'un coup. L'espace d'un instant, je tentais de m'imaginer en enseignant, inculquant quelque savoir à qui que ce soit. Je dois bien avouer que ce fut l'un des plus cuisants échecs que je vécu : non, décidément, je ne voyais le savoir que comme une source à laquelle il me fallait m'abreuver. Et je ne tirerai rien de plus de cette source si j'invitai d'autres personnes à partager son eau. De même, je restais assez réfractaire à l'idée de me retrouver élève de qui que ce soit. Mais si je voulais apprendre à lire et écrire, je n'aurai pas le choix. je fis la moue tout de même en entendant parler de "savoir élitiste". Il est vrai que les personnes capables de lire étaient rares mais ... savoir lire n'était guère qu'un moyen, un outil qui menait au savoir, ce n'était pas vraiment un savoir en soit. Enfin, pas un savoir comme je les concevais, à tout le moins.

- Dites-moi, que diriez-vous sssi je vous préparais déjà à intégrer votre nouvelle vie ? Je pourrais vous apprendre les ussses et coutumes de la vie sssociale Et voir le monde sous une autre forme ?

Je ne retins qu'à grand-peine une grimace. Quand bien même je l'aurais souhaité avec toute l'énergie du monde, savoir se fondre dans la foule et savoir vivre en société n'était pas la même chose. Se faire inexistant de façon à pouvoir parcourir les rues d'une ville pendant quelques semaines, ou faire mine de se construire une vie dans une ville ... n'étaient pas du même domaine, loin s'en faut. Sans compter que nous allions au royaume de Telbara : et les cultures estanols et telbaranes étaient sans doute, au moins en partie, différentes l'une de l'autre. Je me souciais fort peu de savoir si je risquais de vexer tel ou tel bourgeois mal engoncé dans ses vêtements d'habitude, mais il allait falloir que je me surveille de façon plus étroite pendant le temsp que durerait mon séjour au sein de la civilisation.
Mais ce n'était qu'à contre-cœur que je reconnaissais la chose. Savoir ce que pouvaient bien penser les telbarans de ce que je disais et faisait, et de la façon que j'avais de le dire et faire n'était pas dans mes priorités. Je cherchais donc à gagner un peu de temps avant de devoir me plier à l'exercice fastidieux qui s'annonçait.

- Je suppose que savoir se faire discret et savoir se comporter en société sont deux choses différentes, en effet ... mais nous devrions nous occuper tout d'abord de trouver un lieu propice à passer la nuit et y faire quelques aménagements. Nous aurons tout le temps du repas pour discuter.

La nuit s'annonçait en effet déjà : et trouver un abri dans la forêt qui ne soit pas déjà occupé par des centaures ou un village était une petite gageure en soit. Demain nous traverserions le fleuve, mais pour aujourd'hui, il nous fallait monter le camp.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Sam 13 Jan 2018 - 9:50

"Je suppose que savoir se faire discret et savoir se comporter en société sont deux choses différentes, en effet ... mais nous devrions nous occuper tout d'abord de trouver un lieu propice à passer la nuit et y faire quelques aménagements. Nous aurons tout le temps du repas pour discuter."

Il était vrai qu’il se faisait tard, et qu’une bonne nuit de sommeil nous ferait le plus grand bien pour réfléchir. J’avais senti aussi que l’idée ne l’enchantait pas plus que ça. Mais après tout, proposer un changement radical de vie pouvait être effrayant pour n’importe qui. La peur de l’inconnu était familière à tout le monde. Et puis aussi, chacun avançait à son niveau. Ce n’était pas parce que j’étais une élève studieuse, que tout le monde l’était. J’en avais vu des novices qui peinaient à apprendre. Mais au final, ils ont réussi dans leurs études, excellents dans leur domaine. Il ne fallait donc pas perdre espoir. Même s’il ne fallait pas oublier qu’il s’agissait là d’un nécromancien, et que même si je lui accordais encore le bénéfice du doute, il semblait avoir toutes les raisons du monde à en vouloir à l’univers.

"Vous avez raissson. Et il me sssemble apercevoir quelque chosse là-bas !"

En effet, dissimuler un petit peu derrière le relief irrégulier de la région, on pouvait apercevoir une sorte de vielle bâtisse. Pas de fumée, aucune lumière, l’endroit semblait désert. À moins que les occupants ne dormissent déjà. Mais peut-être y trouverions-nous de l’aide pour notre aventure. Qu’ils acceptent de prêter une couche pour la nuit, ou indiquer un endroit plus propice si l’endroit était occupé. Mais il valait mieux rester sur ses gardes. Tant que nous ne serions pas arrivés sur les terres de Telbara, l’endroit restera un très grand danger. Si cela se trouve, des sorciers, bandits ou esclavagistes se cachaient dans le coin. Mais arrivant à destination, c’était tout autre.

"Par tous les dieux ! L’endroit fut ravagé…"

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 15 Jan 2018 - 21:38

Je n'aime pas trop les chaumières isolées dans la forêt. C'est simple : les centaures ne construisent pas ce genre de bâtiments, et les humains vivent en société. Une chaumière isolée signifiait quelqu'un vivant en marge de la société, comme moi, mais qui avait suffisamment pu asseoir son autorité sur les alentours pour prendre le temps de bâtir, contrairement à moi. Autrement dit : un danger potentiel. Cependant, la naga elle ne semblait pas inquiétée par cela. Je n'avais toujours pas pu me fixer sur la question d'ailleurs : le manque apparent de prudence d'Euryssa était-il du seulement à la foi qu'elle portait à ses dieux, ou se savait-elle assez puissante pour se sortir de la plupart des situations épineuses ? Sa prestation face aux centaures m'avait semblé décevante de ce point de vue-là , mais elle ne semblait jamais penser à ce qui pourrait mal tourner. Sans quoi nous n'aurions, déjà, probablement même pas eu l'occasion de discuter pour commencer.

Pour ma part, plus nous approchions, moins je me sentais en sécurité : tout d'abord, la masure était certes faite de bois et non de pierres, mais elle était habilement bâtie. Autant dire que l'occupant avait reçu un minimum d'entraînement, de savoir, et n'en était de fait que plus dangereux. Mais surtout ... il n'y avait aucun signe de vie. Pas de lumière, pas de fumée, pas de fumet non plus. Pas de son. Il commençait à se faire tard, mais nous n'étions clairement pas encore au milieu de la nuit. Si ça avait été le cas, j'aurais pu comprendre. Inquiet, je parcourait nerveusement les lieux, les balayant de tous mes sens, laissant la prêtresse prendre les devants. Puis je l'entendis s'exclamer, et me dépêchait de la rejoindre.

En effet, l'endroit était saccagé. Tous les meubles étaient renversés ou brisés, leur contenu répandu au sol. La plupart des tissus, qu'il s'agisse des draps, du matelas, des rideaux ... étaient en lambeaux. Mais ce qui sautait aux yeux, du moins aux miens, était la nourriture qui jonchait le sol. Cela indiquait plusieurs choses : premièrement, le saccage n'était pas du fait d'une bête, sans quoi elle se serait restaurée. De plus, la nourriture semblait encore comestible si l'on omettait le fait qu'elle soit répandue dans toute la maison. Je m'approchai prudemment d'un chaudron renversé devant l'âtre, posant ma main dessus.

- Encore chaud. C'est un miracle que les tisons de la cheminée n'aient pas mis le feu à l'endroit. Nous ne devrions pas rester là, c'est dangereux. Même s'il n'y a pas de sang.

Car malgré tout, il n'y avait aucune goutte de sang.  L'habitant avait été assez chanceux pour être absent lorsque le coupable était passé, ou bien le combat avait été déplacé avant que le sang ne soit versé. Dans tous les cas, je n'étais pas motivé pour croiser l'un ou l'autre des belligérants. j'étais d'ailleurs plus inquiet du fait que nous n'ayons rien entendu qui indique un combat : la mise à sac n'était pas trop ancienne, C'était d'autant plus étrange que ...

- Wryyyyh !!!!

Je me figeai, un goutte de sueur froide glissant le long de mon dos. Je connaissais ce cri pour être un de ceux que tous fuyaient dans la forêt : un Pyxon. Mais ce qui me glaçait les sangs n'était pas seulement la présence d'un tel adversaire potentiel. Non, ce qui était en train d'occuper mon esprit était le fait simple que c'était un cri de douleur que nous venions d'entendre. Un hurlement victorieux retentit alors. Mais ce n'était pas celui d'un loup. Ni même d'un Vrot. Le son appartenait à quelque chose de plus gros, et je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être ...  à moins que ...

- Oh non ... non non non ...

Je me précipitais à l'extérieur, levant brièvement les yeux. Je ravalai le gémissement de terreur qui emplit ma gorge à ce moment là, alors que le puzzle tout entier se mettait en place. Je rentrais à nouveau à une vitesse que d'aucun aurait trouvée impressionnante, claquant la porte derrière moi. Commençant à paniquer, je chercher des yeux de quoi barricader l'entrée. Tout en expliquant la situation à Euryssa, je commençait à traîner des bouts de meubles pour bloquer la porte.

- C'est la pleine lune, et ce hurlement n'appartenait certainement ni à un loup ni à un Vrot. Un loup-garou vit ici. Il a du se faire surprendre par la pleine lune en préparant son repas. Il a saccagée sa demeure avant de partir dans la forêt, c'est pour ça qu'il n'y a pas de sang. J'avalais difficilement ma salive. Quel inconscient oublie la pleine lune ? Je comprend mieux pourquoi la cabane est isolée. Si on a de la chance, il ne reviendra pas avant l'aube ... Sinon, nous avons intérêt à bâtir une barricade solide.

C'était les humains qui avaient le plus à craindre les lycans et vampires, car ils pouvaient les transformer. Euryssa ne risquait donc réellement que des blessures ... ou pire, mais moi ? Je me savais à moitié humain, mais mon héritage elfique me protégerait-il de la malédiction ou pas ? Des spécialistes auraient sans doute la réponse à ma question, mais je n'en étais pas un, et je ne comptais pas le découvrir ainsi. Le lycan devait être déjà particulièrement puissant sous forme humaine pour avoir pu vivre ici. Je ne voulais absolument pas risquer de croiser les crocs de sa forme maudite.

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