Ma bonne sirène

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Ma bonne sirène

Message  Niyos le Lun 23 Oct 2017 - 20:08

Voilà depuis peu que nous avions enfin quitter ces montagnes maudites. Savoir ce vieux temple loin derrière nous, avec ses pièges et ses gnomes psychopathes me rassurait. Bon, nous avions laissé les deux enfants derrière nous aussi, mais ils étaient entre les mains de ce gros lézard volant. Alors je ne m’en faisais pas trop pour leur sort. Il fallait récapituler les points positifs. Nous avions pris de court la guilde. Ils ne pourront plus jamais prendre possession de la pierre et donc, quelque puisse être leur plan concernant cet artefact, c’était fini pour eux. Puis nous avons aidé une guilde d’enfant, avons survécu aux pièges d’un temple perdu. C’était une bonne chose à la fin. Même si j’éprouvais encore des frissons en repensant à toute cette eau qui montait et qui avait de peu manquer de tous nous tuer à causes de ces deux gnomes. Enfin bref, n’y pensons plus.

Ce qui me paraissait incroyable, c’était de voir comment le loup-garou avait repris du poil de la bête. Personnellement, je ne me sentais pas encore remit de toutes ces émotions, alors que lui, sans attendre, Jengolf reprenait les rennes avec déjà un plan dans la tête. Il disait en gros qu’il valait mieux retourner en ville, mais au lieu de prendre la grande route, on passera par le nord, dans la forêt, longeant les montagnes pour contourner le territoire humain. J’ignorais trop ce qu’il avait en tête, mais je suivais. De toute manière, en forêt, nous trouvions tous ceux dont on avait besoin. Du bois pour de nouvelles flèches, des pierres pour polir nos armes. Du gibier pour avoir de quoi manger et nous refaire nos capes perdues avant, pendant que nous passions notre première nuit en pleine nature près d’un feu de camp. J’en profitais aussi pour récupérer divers ingrédients pour mes concoctions. Elles se révélaient très utiles jusqu’ici.

Pendant que nous nous baladions en pleine forêt en direction de Caperol, je sentais que Jengolf n’était pas dans son assiette. D’accord, il était toujours mal luné, faisant la tête presque tout le temps, peu loquace et aimait donner des claques. Mais je sentais que cette fois-ci, c’était différent. On voyait sur son visage que quelque chose le travaillait, et je ne savais pas trop quoi. Sans doute à cause du fait, qu’il était passé à ça de perdre le contrôle et de laisser sa bête intérieur commettre un massacre. Quand il perdait le contrôle sur quoi que ce soit, il explosait, alors quand s’était sur lui-même qu’il perdait, je n’osais imaginer ce que cela faisait pour lui. Je me sentais donc obliger de dire quelque chose, au moins l’aider à se changer les idées sur un incident qui n’eut aucune conséquence.

Niyos - C'est quoi en fait ton plan ? Parcequ'au nord du continent, l'influence de la guilde est moindre.
Jengolf - On se ressource en forêt et on rejoind la capitale par le nord. On évite les entrées principales et comme à Telbara, on détruit le laboratoire et tous ceux qu'il y à avec.
Niyos - Sacré plan ! Mais ce ne sera pas simple. A Estandre, ce sera mieux protégé, un vrai fort. On aura pas autant de chance qu'à Telbara.
Jengolf - On avance.

Je trouvais son plan assez suicidaire, sans doute était-il autant que moi, fatigué par tout cela. Mais j’étais content qu’il m’avait parlé. Cela me rassurait, même s’il semblait encore aller mal. Nous continuions donc de marcher jusqu’à ce que les arbres devinssent rare, où nous dominions le fleuve Tijaronhe. C’était magnifique. De la hauteur où nous étions, on voyait bien la sortie du fleuve de la chaîne de montagnes, qui serpentait juste en dessous de nous pour aller délimiter plus loin la forêt de la Vanille. Les nouvelles instructions étaient de suivre le fleuve, ce que je fis. La sorte de petite falaise sur laquelle nous étions, descendait en pente pour rejoindre une vallée au bord du fleuve. Pratique. Mais pour descendre, j’eus droit à un raccourcis. Alors que nous descendions, j’entendis comme des pierres rouler et comprenant trop tard, je sentais la terre sous mes pieds se dérobaient. Ce fut comme dans un rêve, ou un cauchemar plutôt. Vous sentez que vous perdiez l’équilibre, que vous étiez comme aspirer dans le vide, que vous flottiez, mais pourtant, vous n’arrivez pas à prononcer le moindre son.

La dernière vision que j’ai eue, fut celle du visage de Jengolf horrifié qui s’éloignait. Il avait tendu sa main vers moi pour me rattraper en criant mon nom. Mais à croire qu’un esprit me tirait, je m’éloignais de lui de manière plus rapide au moment où il s’apprêtait à me rattraper. Puis, ce fut un défilé d’images de terre, de ciel et d’eau que je voyais, avant de sentir de façon violente mon entrée dans un liquide froid qui m’enveloppa. Je me sentais lourd, je coulais, le froid de l’eau me rongea les membres. J’avais beau tenter de battre des bras ou des jambes pour remonter, je coulais de plus en plus vers les ténèbres du fleuve. Je n’étais pas du tout tranquille, je paniquais, car je revoyais en image mes souvenirs dans ces tunnels dans la montagne. L’eau du fleuve était devenue celle du temple qui avait manquer de me noyer il y a peu. À croire que le destin avait fini par avoir sa revanche et que ma fin était venue. Jamais je n’aurais cru mourir ainsi. Je ne voulais pas que les ruines soient mon tombeau, je ne voulais pas que ce fleuve le soit aussi. Pourtant, au moment où la lumière du soleil qui se reflétait à la surface disparue… Je perdais tout espoir.

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Re: Ma bonne sirène

Message  Sicaa le Mar 24 Oct 2017 - 21:49

Le long serpent se faufilait dans les profondeurs du fleuve. D’ordinaire nocturnes, ce süent se démarquait de ses pairs puisqu’il continuait sa course alors que le soleil était haut dans le ciel. Il était apparu de nulle part, à l’embouchure d’une rivière qui se jetait dans l’océan de Platunaise. Et depuis, il n’avait cessé de remonter le courant. Ce cours d’Eau l’avait mené jusqu’au Tijaronhe, fleuve qui s’écoulait vers l’Ouest, mais qui donnait naissance à quelques petites rivières mal connues.

Le süent avait donc rejoins le fleuve et continuait inlassablement sa progression. L’eau glissait le long de ses écailles argentées, qui viraient au vert au niveau de sa tête et de ses nageoires. Rapide, il dépassait les poissons et les écrevisses d’un battement puissant de queue. Sa gueule cachait des dents dangereusement acérées. Prudents, les autres animaux aquatiques s’éloignaient sur son passage.

« NIYOOOOS ! »

Le süent s’immobilisa. Il sentit des ondes se propager dans l’eau. Elles provenaient d’une chute de petites pierres. Une roche un peu plus grosse tombait droit vers lui. Au moment où elle traversa l’Eau pour l’atteindre, le serpent disparu !

Il s’était liquéfié. Il était devenu l’Eau.

Loin, là haut, une créature suivait les pierres, roulant, chutant et hurlant. L’onde sonore traversa l’Eau, la faisant vibrer de crainte. La créature tombait droit sur les rochers acérés, en contrebas de la falaise. Sans intervention, elle mourrait sur le coup. L’Eau fut traversée d’un courant glacial. Il lui fallait agir. Une immense bulle apparu quelques mètres au dessus du point d’impact et la créature tomba dedans. Sa chute fut amortie et déviée : elle glissa dans le fleuve.

Le choc, à la fois physique et thermique, n’aida pas la créature à reprendre ses esprits, pas plus que le courant impétueux qui l’entraîna au fond du fleuve.

L’Eau tourmentée se transforma alors en une dryade à queue de serpent d’Eau. Elle nagea jusqu’au noyé, qui s'avéra être un humain. Les longs bras pâles entourèrent le torse de l’homme pour l'attirer vers le ciel. Une fois à la surface, la dryade posa la tête brune sur son épaule ronde. En quelques battements de queue, ils se retrouvèrent au bord du fleuve. La dryade tira l’homme sur la terre, si bien que le haut de son corps se trouvait hors de l’Eau, tandis que ses jambes étaient encore immergées. Elle ne prit pas le temps d’observer celui qu’elle venait de sauver. Elle posa la tête sur sa poitrine, à l'écoute des mouvements de son Eau Rouge _ appelée communément "sang". Mais rien ne pulsait. Son cœur s’était arrêté et son Eau Rouge n’irriguait plus son corps. Il allait mourir si elle ne faisait rien.

La dryade posa ses deux mains sur le torse immobile de l’homme et se concentra sur l’Eau qui noyait ses poumons. Et elle la fit s’évaporer. Tout en asséchant ses poumons, elle appuya fortement et brutalement sur son sternum. Elle continua ainsi à plusieurs reprises, pour que son Eau Rouge continue à circuler. Elle sentait le liquide se propager dans le corps de l'homme, mais pas aussi vite et aussi bien que si son cœur fonctionnait.

Elle avait asséché les poumons et appuyait, de plus en plus fort, de plus en plus vite. La panique la gagnait. Allait-il mourir entre ses bras ?

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Re: Ma bonne sirène

Message  Niyos le Ven 27 Oct 2017 - 11:26


Quelle injustice… Quelle vie stupide ! J’avais survécu à des assassins, des gnomes, un dragon, des fous, des bêtes sauvages… Et j’allais mourir comme ça, bêtement, à cause d’une glissade et finir noyer pour de bon. Je n’éprouvais la moindre volonté, plus aucune force en moi pour tenter de sortir des abysses et sauver ma vie. Il faisait noir, froid, et je sentais que je coulais, que je me noyais. Ma vie avait défilé devant mes yeux en quelques secondes, revoyant aussi bien le bon que le mauvais. Sakira, la belle dryade dont j’étais tombé amoureux, mais dont nos chemins furent obligés de se séparer. Mon plus grand regret. Je voyais faire ma vie avec elle, connaître la plus grande partie de ma vie à ses côtés, mais tout le monde me disait que c’était impossible, dont Jengolf et Sakira elle-même, qu’elle vivait notre amour en ce moment avant de partir pour ne pas souffrir. Il fallait croire qu’ils avaient raison, car j’étais condamné à une vie de fugitif.

Sercanth j’arrive ! Dès que la dernière bulle d’air aura quitté mon corps, qui deviendrais-je ? J’allais me réincarner en quelqu’un de mieux ou de pire ? Serais-je humain au moins ? Toutes ces questions n’eurent aucune importance, car quand je passerais à trépas, je n’aurais aucun souvenir pour cette vie. Jengolf, je suis désolé mon vieux, tu devras poursuivre ta route seul, j’espère t’avoir vraiment aidé dans ton désir de vengeance. C’est ainsi que mon histoire aurait pu finir, celle d’un jeune homme qui serait passer inaperçu dans ce monde comme tant d’autre. Mais les dieux semblèrent en avoir décidé autrement.

De manière brisque, je ressentais l’air parcourir mes poumons, me poussant à me relever et respirer un bon coup. La lumière aveuglante du soleil manqua de me brûlait les yeux, passant d’un univers sombre à éclairer en un éclair. Me roulant sur le côté, je me mettais à cracher le reste de l’eau encore présent dans mes poumons, manquant de tout rendre. Ma tête me tournait et je me sentais si faible. Tentant de regarder autour de moi, je m’attendais à voir le loup-garou se tenir à côté de moi après m’avoir sauvé, s’assurer que j’allais bien avant de me donner une grosse claque. Ma vision encore trouble, je vis la personne qui m’avait sauvé à travers une brume ne laissant passer qu’une silhouette floue.

"Merci mon gars... Me doutais que je pouvais compter sur toi."

Mais ma vision devint de plus en plus clair. Ce que je prenais pour un loup-garou sauvage imposant, se révélait être une femme. Une femme qui n’avait rien d’humaine, sa peau était translucide, ses yeux faisaient penser au ciel argenté lors d’un orage, des yeux pers. Et ses cheveux, ils flottaient dans l’air comme la cime des arbres lors d’une brise d’été. Mon cœur se mit à bondir en voyant cette créature angélique. Comme si mon corps était frappé par la foudre, je restais paralyser devant une telle apparition. Cela était peut-être une illusion après mettre noyer. Ou bien j’étais mort et en attendant ma nouvelle vie, on me faisait goûter au délice de l’entre deux vies avant de me renvoyer dans un monde infâme. Avec un sourire presque bête, me faisant sans doute passer pour un idiot pour ne pas changer, je voulais savoir qui était ma sauveuse.

"Bon… Bonjour… Qui êtes-vous donc ?"

Il était clair que je n’étais pas un dragueur comme un barde. En général j’étais du genre timide et un peu trop romantique lors de mes rares moments de romances. Mais devant une créature aussi magnifique, je perdais tous mes moyens. Elle avait en plus quelque chose sur le visage qui lui donnait un air innocent, gentille, qui forçait rien que par le premier regard à lui faire confiance. En réalité, elle me faisait penser aux sirènes qu’on narrait dans les légendes… Et à celles que ma famille à mit en morceaux pour leur affaire, des monstres.

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Re: Ma bonne sirène

Message  Sicaa le Ven 27 Oct 2017 - 19:38

Alors qu’elle perdait progressivement espoir de voir l’homme se ranimer, celui-ci se redressa brutalement. Surprise, la dryade eut un mouvement de recul. Elle observa l’humain avec de grands yeux ronds. La bouche grande ouverte, il inspirait l’air à grande goulées. Ses yeux étaient plissés, comme gênés par le soleil. Ses cheveux bruns étaient plaqués sur son crâne et dégoulinaient sur son visage. Les gouttes coulaient dans ses yeux et dans sa bouche.

Il n’était pas particulièrement imposant, mais c’était suffisant pour effrayer la dryade. Sicaä était prête à s’enfuir sur le champ. En effet, elle n’avait pas l’habitude de côtoyer les Hommes. Naüsh était la seule humaine qui avait pu l’approcher, ainsi que son fils Kmuurk qui n'était qu'à moitié humain.

Cependant, elle prit son courage à deux mains et resta aux côtés de celui qu’elle venait de sortir des Eaux. Elle ne pouvait l’abandonner sans être sûre que tout irait bien pour lui. Il avait l’air mal en point. Il avait roulé sur le côté et crachait l’eau qui était restée dans ses poumons. Il leva ensuite son visage vers la dryade. Ses yeux avaient la couleur des wakamés, une algue de mer vert-marron. Peu habituée au visage des Hommes, Sicaä observa les yeux du garçon avec méfiance… et curiosité. Naüsh et Kmuurk avaient les yeux noirs et en amande. Alors que cet humain les avait ronds. Leur couleur était étonnante, belle.

« Merci mon gars… Me doutais que je pouvais compter sur toi », dit l’humain.

Interloquée, Sicaä contempla le garçon sans savoir quoi dire. La dryade avait l’habitude d’être vénérée par les humains. Jamais ils ne l’avaient appelée mon gars. Et jamais ils ne lui avaient parlé avec familiarité. Était-ce ainsi que les Hommes de la Grande Terre s’adressaient aux dryades ?

Tout à coup, l’homme se figea. Brutalement. Sans raison. Ses yeux plongèrent dans ceux de la dryade. Il se mit ensuite à sourire.

Timidement, Sicaä sourit à son tour, puis elle émit un rire léger, amusée par le regard béat du jeune homme. Elle n’imagina pas un seul instant que ce garçon puisse avoir de mauvaises intentions. Dans son esprit, les choses étaient simples : si quelqu’un lui souriait, alors il ne lui voulait pas de mal.

« Bon… Bonjour… Qui êtes-vous donc ? », demanda le jeune homme, passant du tutoiement au vouvoiement.

Sicaä pencha la tête sur le côté, étonnée par la question. Il lui avait demandé qui elle était, et non pas ce qu’elle était. Elle posa un doigt sur sa lèvre inférieure en levant les yeux vers le soleil, cherchant une réponse. Le langage commun manquait de certaines notions subtiles que la langue des dryades pouvait détailler avec simplicité. Comment expliquer qui elle était en langue commune ?

« L’esprit de l’Eau », dit-elle avec hésitation.

Mal à l'aise, ses lèvres dessinèrent un sourire gêné. Était-ce une réponse appropriée pour une question aussi large ? Elle espérait que ce soit le cas.

« Le nom que les Hommes ont donné à cet esprit est Sicaä », dit-elle ensuite en posant une main sur sa poitrine, se désignant elle-même sous le terme de "cet esprit".

Elle observa ensuite le garçon avec intensité. Elle espérait avoir bien répondu et scrutait les traits de son visage à la recherche de son approbation.

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Re: Ma bonne sirène

Message  Niyos le Dim 29 Oct 2017 - 14:49

La magnifique apparition qui se tenait près de moi, semblait chercher ses mots. Savait-elle au moins parler notre langue ? Ou la langue commune rependue sur tout le continent ? Apparemment, oui, car elle parvenait à me répondre avec une voix mélodieuse et si douce... Un peu plus, et je la prenais pour une vraie sirène, ce qu'elle devait-être sans aucun doute, car malgré notre cruauté, ces créatures étaient connues pour leur timidité et leur bonté d'âme.

" L’esprit de l’Eau. "

Mes yeux s'écarquillèrent en grand. La surprise était totale, car je me demandais bien sur le coup, que voulait dire "esprit de l'eau", mais je me souvenais que Sakira se nommait elle-même "esprit de la nature" lorsque nous nous sommes rencontrées pour la première fois. Elle m'avait plus ou moins expliqué le concept de leur race, aussi bien sûr leur mentalité générale que sur leur conception physique, bien que tout cela m'échappait totalement, car les dryades étaient si différentes de nous les humains, que ce serait comme demander à un chat de comprendre comment fonctionnait un être humain. Mais on m'avait dit aussi que les dryades étaient très rares, du moins lors de rencontre avec les miens. Soit par timidité, soit par crainte. Alors, qu'elles étaient les chances que j'en rencontre une en ce moment ?

"Le nom que les Hommes ont donné à cet esprit est Sicaä."

Sicaä avait une curieuse façon de s’exprimer, sans doute lié à sa nature. Même si Sakira parlait un peu comme tout le monde, de manière presque charmeuse, chacune devait avoir son propre caractère lié à son élément. Sortant mes pieds tremper de l’eau, je tenais de m’asseoir. Ma tête me tournait moins, et j’arrivais mieux à bouger. Mais j’avais encore l’impression que mes membres étaient lourds, et qu’un nuage m’enveloppait. Il faudra que je pense à me réchauffer très vite si je ne voulais pas attraper la mort. Me mettant en position assisse, je détaillais le visage s’singulier de cet esprit. On voyait une parfaite hybridation entre l’humain, l’animal et l’eau. Bien que je la trouvais d’un air inoffensif, je demeurais prudent, car la nature attirait bien par la beauté pour mieux vous bouffer.

"Enchanté Sicaä. Je m'appelle Niyos, originaire de Tacomnal, je ne sais pas si tu connais."

Quand on est devant un tel être, on ne savait trop quoi lui dire, comme nos deux mondes étaient si différents. Alors parfois, sans mauvaises raisons, on se mettait à parler à l’autre comme un enfant, car on ne savait agir autrement que par l’idée de réapprendre notre comme quand on était gamin, de manière à ne pas brusquer. Mais j’espérais qu’elle ne prendrait pas mal mon approche. Car j’essayais aussi de ne pas trop me montrer trop méprisant, ce n’était nullement mon intention.  Si c’était bien elle qui m’avait sauvé, voilà qui serait ingrat de ma part de mal me comporter avec elle.

"Es-tu une sirène ou bien une dryade ? J’ai entendu parler de vous et j’en ai vu que très peu et je trouve ces deux espèces si fascinante."


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Re: Ma bonne sirène

Message  Sicaa le Mar 31 Oct 2017 - 0:13

« Enchanté Sicaä. Je m'appelle Niyos, originaire de Tacomnal, je ne sais pas si tu connais. »

La dryade secoua la tête pour faire comprendre à Niyos qu’elle ne connaissait pas Tacomnal. Elle supposait qu’il s’agissait de son village.

« Es-tu une sirène ou bien une dryade ? J’ai entendu parler de vous et j’en ai vu que très peu et je trouve ces deux espèces si fascinantes. »

La dryade ne pu s’empêcher de sourire à la remarque du jeune homme.

« Sicaä est une dryade.»

Elle continuait à fixer les yeux du jeune homme, fascinée par leur forme et leur couleur. Ses cheveux avaient également une couleur qui attirait son regard. Ils étaient plus clairs que tous ceux de la tribu Mwöng. Et encore, elle ne les avait pas vu secs, elle aurait été surprise par leur texture. La peau du garçon l'étonnait par sa couleur. Elle n’était pas dorée, mais avait une teinte hâlée inhabituelle aux yeux de la dryade.

« Niyos aussi est fascinant » , dit-elle en toute sincérité.

Elle remarqua alors que ses lèvres prenaient une teinte violacée et les poils de sa peau se hérissaient. Cela arrivait à Naüsh quand elle avait froid. Cette sensation était inconnue à Sicaä, mais l’humaine lui avait appris que cela pouvait tuer les créatures à sang chaud.

La dryade regarda autour d’elle, se demandant comment faire pour réchauffer l’humain. Faire du feu n’était pas le fort d’une dryade d’Eau. Cependant, elle pouvait chercher des morceaux de bois secs, cela, elle savait faire.

S’aidant de ses bras et de sa queue, elle se hissa sur la rive. Sa queue se transforma alors progressivement en jambes. Sicaä se tourna ensuite vers le jeune homme :

« Il faut faire un feu pour réchauffer Niyos », dit-elle en lui désignant les arbres un peu plus loin.

Alors qu’elle se mettait debout, elle entendit un bruit. Celui d'une course. Elle se baissa immédiatement tout près du jeune homme. Son instinct lui dictait de fuir, ce qu’elle aurait fait sans réfléchir… si Niyos n’était pas assis à côté d’elle, trempé et glacé. Elle fronça le nez en cherchant la source du bruit, prête à défendre le garçon, corps et âme.

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Re: Ma bonne sirène

Message  Niyos le Jeu 2 Nov 2017 - 10:38

Elle avait une façon de s’exprimer bien à elle. La dryade, car elle avait confirmé sa nature, ne parlait d’elle qu’à la troisième personne. Pour beaucoup, cela était signe de snobisme, qu’on possédait un ego des plus démesurait. Et pourtant, on sentait que cela n’était le cas de Sicaä. Elle s’exprimait avec une forme de timidité, et puis l’esprit d’une dryade était largement différent de celle d’un humain. Pas comme les elfes qui sentaient supérieur à tout le monde et parlant de manière hautaine, alors qu’une dryade se sentant si proche de la nature, voyait les choses tout simplement différentes, sans pour autant se montrer juge envers les autres choses. Du moins, c’est ce qu’à essayer de m’expliquer Sikara, et dont j’ai apporté un peu de ma théorie.

"Niyos aussi est fascinant."

Je ne pouvais m’empêcher de rougir à une telle déclaration. Jamais, de ma vie, on m’avait dit une telle chose. Bon, il m’arrivait de souvent m’auto-congratuler, ou me vanter sur telle ou telle qualité, souvent de manière exagérée, et à chaque fois, on me remettait les pieds sur terres avec une remarque acerbes, une plaisanterie, ou une tape sur la tête. Elle ne devait pas voir si souvent des humains pour dire ça. Je ne pouvais dire quoi que ce soit, ou faire tellement je me sentais gêner, et geler. Je restais donc à me recroquevillais, le visage devenant rouge.

" Il faut faire un feu pour réchauffer Niyos."

Oui, contre un petit feu, je ne serais pas contre. Mais quelque chose approchait, et prit en alerte la dryade d’eau. À travers les buissons, une grosse masse sortit de la végétation en courant, et je reconnus presque immédiatement mon compagnon d’aventure. D’un bon, il arriva devant nous, et se mit à dévisager la dryade, ne s’attendant sans doute nullement à croiser une telle créature dans les environs. On entendait bien son souffle roc, produit par l’adrénaline et sans doute un e point de peur. Il avait fait le tour pour me retrouver ? Il était en partie mouillé, il a dû sauter aussi pour me chercher aussi. J’ai dû faire un petit coucou de la main pour que son intention se reporte ainsi sur moi, et qu’il évite d’effrayer notre nouvelle amie avec ses yeux effrayants.

"Tout va bien Jengolf. C'est une amie, elle m'a sauver."

Il se mit à nouveau à regarder Sicaä avant de s’approcher de moi. Naïvement, j’avais cru qu’il allait m’enlacer, pleurer, ou bien me poser un tas de question pour s’assurer que j’allais bien. Mais au lieu de cela, il m’attrapa au niveau des épaules et se mit à me secouer, haussant la voix comme un père trop stricte avec un gosse, ce que je n’étais plus depuis des années.

"Non mais Niyos tu ne pouvais pas faire attention ! Tu as bien failli y passer ! Tu crois que je peux passer mon temps à te rattraper comme ça à chaque fois ?"

C’était tout lui, le sociable et compatissant Jengolf. Il fallait s’y attendre. Toujours brisque, mal luné. Encore, il se montrait plus doux envers d’autres, surtout les non humains, ce qui avait la capacité de m’énerver. Il me plaisait à croire que dans le temps, il pouvait se montrer plus sympa, mais difficile à croire, je ne le voyais pratiquement jamais sourire, et encore il le faisait de manière sadique quand il voulait en découdre avec quelqu’un. Se rendant sans doute compte de mon état, il recula d’un pas en me regardant de la tête aux pieds.

"Tu es gelé, je vais aller chercher de quoi faire du feu. Vous ! Surveillez le je vous en prie."

Puis il disparue dans la végétation, me laissant à nouveau seul avec Sicaä. Soufflant de manière exaspérer, je me mis à m’assoir par terre, me recroquevillant pour lutter contre les frissons. Jetant un petit regard amusé à la dyade, je me doutais que ce spectacle l’avait quelque peu surprise. Toute personne qui ne s’y attendait pas, pouvait être choquer. Ce serait mon cas, même en connaissant le gars. J’avais survécu à une chute pour me noyer, j’avais survécu à une noyade, pour me faire incendier par un loup-garou. Quelle vie pourrie. Parfois je me disais que ce serait mieux de rester dans la guilde, même si elle avait pas mal commis d’atrocité sur le continent.

"C’est Jengolf. N’ayez pas peur, il est un peu rustre, mais il n’est pas bien méchant."

Facile à dire, quand on savait que c’était homme qui avait toujours vécu dans la violence et le sang. Mais c’était un détail que je ne voulais pas trop énumérer devant un si fragile créature. En attendant ce feu qui se faisait désirer, j’en profiter pour en apprendre un peu plus sur la dryade.

"Vous vivez ici ? Ce fleuve est votre maison Sicaä ?"


Dernière édition par Niyos le Mer 8 Nov 2017 - 10:26, édité 1 fois

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Re: Ma bonne sirène

Message  Sicaa le Jeu 2 Nov 2017 - 19:47

Une furieuse créature déboula d’entre les buissons pour se retrouver face à la dryade et son jeune protégé. Immobile, les yeux fixant ce nouveau venu, la bouche légèrement ouverte, prête à attaquer, la dryade ressemblait à un Süent face à sa proie. Elle s’apprêta à se jeter sur lui en faisant éclater la plus grande des tempêtes hydriques quand Niyos parla :

« Tout va bien Jengolf, c’est une amie, elle m’a sauvé. »

La dryade arrêta immédiatement son mouvement. Elle jeta un regard étonné au jeune humain. Ils se connaissaient ? La créature se mit à bouger et accapara à nouveau toute l’attention de Sicaä. C’était un humain, mais plus grand, plus musclé et plus âgé que Niyos. Ses cheveux et ses yeux étaient aussi noirs que ceux des Mwöng. Ce ne fut donc pas cela qui étonna la dryade, mais son étrange comportement : il attrapa Niyos, le secoua et le sermonna violemment. Ensuite, il dit :

« Tu es gelé, je vais aller chercher de quoi faire du feu. Vous ! Surveillez-le je vous en prie. »

La dryade n’eut pas le temps de répondre qu’il avait déjà disparu. Elle se tourna vers Niyos à la recherche de réponses. Ce dernier s’était recroquevillé sur lui-même, tremblant de froid. Il observait Sicaä avec un air amusé, ce qui ne fit qu’accentuer la curiosité de la dryade. Il lui expliqua que son ami se nommait Jengolf et n’était pas méchant. Sicaä hocha la tête, dubitative. Il n’était peut-être pas méchant, mais il faisait peur.

« Vous vivez ici ? Ce fleuve est votre maison Sicaä ? »

A cette question, le regard de la dryade se voila, comme si un nuage pluvieux passait devant ses yeux. Perdu dans ses souvenirs, elle répondit nostalgiquement au jeune homme :

« Sicaä et Kmuurk étaient amis. Ils vivaient de l’autre côté de l’Océan de Platunaise. Ils l'ont traversé et sont allés à Voragil. Ils étaient heureux là-bas, mais Kmuurk est mort. Alors Sicaä est partie. Depuis, elle nage, encore et encore, sans savoir vers où, sans jamais s'arrêter… sauf lorsque Niyos tombe du ciel jusqu'à elle. »

Son ton monocorde se transformait au fur et à mesure de ses explications pour devenir rieur. Quand elle évoqua la chute du jeune homme, elle le regardait avec des yeux brillants, presque railleurs.

Voyant que le jeune homme grelottait, il lui vint une idée. La dryade posa les mains sur le sol et usa de la magie de l’Eau. Elle créa un petit geyser inoffensif. L’Eau brulante se refroidissait en coulant et en se mêlant à la rivière.  

Sicaä sourit au garçon et posa sa main sur son épaule pour l’attirer à elle. Elle le fit entrer dans l’Eau bien chaude et, quand elle l'y rejoignit, ses jambes se transformèrent en une longue queue de Süent.

Cela réchaufferait le garçon, le temps que son ami Jengolf revienne et fasse un feu. Et elle pourrait en profiter pour contempler ses yeux, qu'elle trouvait si étranges et si beaux à la fois.

« Niyos peut-il parler de lui à Sicaä ? » demanda-t-elle au jeune homme, de la même façon qu'un enfant aurait imploré un cadeau.

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Re: Ma bonne sirène

Message  Niyos le Sam 4 Nov 2017 - 11:52

Pendant que mon corps tremblait à cause des caresses du froid, j’écoutais l’histoire de la dryade. Tout mon être tentait de rester concentrer à son récit, mais mon esprit était surtout préoccupé par le risque d’une mort proche. J’avais l’impression que tout mon corps se transformait en glace, je pouvais imaginer ma chair devenir bleu, puis blanc petit à petit, avant de recouvrir ma tête en signe de trépas. Pour chasser ces idées morbides et peu encourageantes, je redoublais encore d’effort pour suivre le récit de Sicaä.

« Sicaä et Kmuurk étaient amis. Ils vivaient de l’autre côté de l’Océan de Platunaise. Ils l'ont traversé et sont allés à Voragil. Ils étaient heureux là-bas, mais Kmuurk est mort. Alors Sicaä est partie. Depuis, elle nage, encore et encore, sans savoir vers où, sans jamais s'arrêter… sauf lorsque Niyos tombe du ciel jusqu'à elle. »

Voici une histoire bien triste. Si je n’étais pas aussi trempé, on verrait sans doute une larme coulait le long de mon œil. C’était si affligeant de savoir que le compagnon avec qui on partageait un bout d’aventure disparaît ainsi, nous laissant seul. Pauvre Sicaä, je n’osais imaginer ce qu’elle pouvait ressentir, elle qui semblait si gentille et innocente, c’était si triste. Personnellement, je ne savais pas trop comment je réagirais si Jengolf disparaissait. Bon, je savais qu’un jour ou l’autre, nos chemins se sépareront quand il aura accompli sa vengeance, j’en étais conscient. Pourtant, en imaginant la scène de diverses manières, j’avais un petit pincement au cœur, car malgré nos nombreux désaccords, je m’étais attaché à lui. Je le voyais comme un grand frère moralisateur et sans doute surprotecteur.

Je tentais de faire un sourire réconfortant, mais ce fut impossible, le froid me tenait fermement entre ses griffes acérées. Même une mine triste m’était impossible. Alors, sous mes yeux tremblants, je vis l’esprit de l’eau faire sortir de terre une sorte de geyser et fis couler son eau dans le fleuve. Là, elle me traîna jusqu’à la source et à mon grand soulagement, je sentais enfin la chaleur me parcourir à nouveau. Lâchant un soupir de soulagement, je sentais petit à petit mes membres crispaient, se détendre. Mon corps se réchauffait, même si je restais mouillé, mais j’avais la très bonne sensation d’avoir encore échappé à la mort, une fois de plus en seulement une heure. Si ça ce n’était pas être chanceux…

« Niyos peut-il parler de lui à Sicaä ? »

Prenant juste quelques secondes pour profiter de la chaleur de cette eau, je me mis à réfléchir à sa question. Raconter mon histoire… Je n’aimais pas trop, car elle était bien sombre et souvent, on pouvait me voir d’un mauvais œil la vie que je menais. Je n’étais pas un saint, je ne l’avais jamais prétendu, mais quand je racontais ce que je faisais, on me voyait parfois comme un monstre, un meurtrier. Je ne l’étais pas, mais je pouvais comprendre la confusion. Mais le jeune chasseur que j’étais ne voulait pas effrayer Sicaä. Le mieux serait sans doute faire comme elle, éviter certains détails. Après, je pourrais toujours minimiser mon implication. Prenant mon inspiration, je me lançais dans mon petit récit.

« Eh bien, c’est un peu compliqué. Je suis originaire de la ville de Tacomnal, si tu connais. Une grande ville humaine. Là-bas, j’étais le serviteur d’une puissante famille de marchands et de chasseur. Ils aimaient capturer des créatures pour les revendre. Un jour, avec d’autres personnes, on devait capturer quelqu’un. Moi, je servais de médecin pour le groupe. Mais j’ai découvert les vraies intentions de la famille et me suis enfuis. C’est là que j’ai rencontré Jengolf, il en voulait aussi à ces gens et on s’est allié pour les contrer. Tout cela nous a amener ici, nous revenions d’une mission qui consistait à empêcher une personne mauvaise de gagner des pouvoirs et faire le mal. Ensuite, et bien on s’est rencontrer. Voilà. »

C’était ça qui était difficile avec ce genre d’histoire, on ne savait pas trop quoi dire pour le résumé, sans que cela ne devienne trop confus. Mais je ne pouvais pas dire que ma famille était chargée de découper en morceaux tous ceux qui n’étaient pas humains pour en faire des potions. Que même les dryades se trouvaient sur leur liste de chasse. Oh et que bien entendu, j’étais parfaitement conscient de ces atrocités, car je participais à la conception des breuvages. On n’était pas stupide à la Basse Sphère. Mais pour ma défense, j’étais endoctriné par les corbeaux, alors je ne voyais pas vraiment le mal qui était fait à cette époque. Pour changer de sujet, je revenais sur les dires de la dryade.

« Ton ami Kmuurk, comment est-il mort ? Si tu ne veux pas y répondre, je comprendrais… »


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Message  Sicaa le Sam 4 Nov 2017 - 15:12

Niyos était entré tout habillé dans l’Eau. Maintenant qu’il avait cessé de trembler et semblait s’être réchauffé, la dryade prit le temps de l’observer plus en détail. Il vêtu d’animaux morts. De leur peau, pour être plus précis. Sa veste, ses gantelets et ses bottes étaient en effet un mélange de rongeurs et de carnivores. Son pantalon et sa chemise, par contre, étaient faits à partir de plantes. Ses habits étaient sombres, noirs, verts et bruns. Ce style vestimentaire n’avait rien à voir avec celui des Mwöngs ou celui des pêcheurs de Voragil. Quand à Kmuurk, il ne possédait jamais qu’un pagne de couleur indéfinie.

Sicaä écouta le récit du jeune homme avec attention. Elle apprit ainsi que Tacomnal était une grande ville humaine et pas un simple village. Niyos était un serviteur. Sicaä savait que la plupart des humains se considéraient inégaux les uns les autres. Si l’argent et le pouvoir ne lui étaient pas familiers, elle connaissait leur existence, de façon tout à fait théorique. Ainsi, un serviteur servait quelqu’un d’autre. Cela avait beau être absurde, les humains fonctionnaient ainsi.

Dans la famille qu’il servait, le jeune homme capturait des créatures pour les revendre. La dryade supposait que ses habits fait de peaux d’animaux faisait partie de ses trophées. Elle fut soulagée qu’il se soit enfui et qu’il ne serve plus une telle cause. Tuer pour se nourrir ou pour se protéger était un fait naturel. Cependant capturer et revendre des créatures lui était intolérable.

Au fur et à mesure du récit que lui contait le jeune homme, la dryade hochait la tête gravement.

Il finit par lui demander :

« Ton ami Kmuurk, comment est-il mort ? Si tu ne veux pas y répondre, je comprendrais… »

La dryade sourit tristement.

« Kmuurk avait terminé son temps dans ce monde, c’est pour ça que Sercanth l’a rappelé à lui. Il a vécu plus de trois cent années humaines. C’est suffisant, pour un demi-Orc. »

Elle reprit la parole après un long silence :

« Sicaä aurait dû disparaître quand Kmuurk est mort, mais il le lui a interdit. Il lui a demandé de quitter la Grande Eau Salée. C’est pour ça que Sicaä est ici maintenant. »

Le demi-Orc avait également demandé à la dryade de trouver quelqu’un sur qui veiller, comme elle l’avait fait toute sa vie, d’abord pour Naüsh, puis pour Kmuurk. Ce dernier savait qu’elle n’avait d’autre raison d’exister, aussi cette demande était la seule qui pouvait lui permettre de ne pas disparaître.

La dryade continuait sa contemplation de l’humain, observant chaque trait de son visage comme pour les graver dans sa mémoire. Les gens de la Grande Terre étaient différents des Mwöng. Ils représentaient un nouvel inconnu pour elle et sa curiosité naturelle n’en était qu’exacerbée.

« Maintenant que Niyos et Jengolf ont empêché cette mauvaise personne d’avoir des pouvoirs et faire le mal, que vont-ils faire ? Où vont-ils ? »

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Message  Niyos le Lun 6 Nov 2017 - 10:54

L’histoire de Sicaä était vraiment trop triste. Visiblement, elle avait besoin d’être avec quelqu’un pour exister. Était-ce vital pour elle ou juste un besoin secondaire ? Sans doute les deux. Après tout, on a toujours besoin de se sentir entourer, ou être avec quelqu’un pour bien se sentir. Moi-même, j’avais un peu horreur d’être seul. Au départ, c’était parce que je manquais pas mal de confiance en moi, mais très vite, je me suis habitué à avoir quelqu’un près de moi. Sicaä devait vivre un peu la même chose, elle jouait le rôle de protectrice, qui ne vivait que pour veiller sur la sécurité de son protégé. Cela me rappelait d’une vielle légende mentionnant une sirène bienfaitrice et porte-bonheur qui venait en aide aux marins prit dans une tempête, mais il pouvait s’agir de n’importe qu’elles sirènes ou dryades des eaux.

« Maintenant que Niyos et Jengolf ont empêché cette mauvaise personne d’avoir des pouvoirs et faire le mal, que vont-ils faire ? Où vont-ils ? »

Voici une très bonne question. D’ordinaire, c’était Jengolf qui établissait les plans et il m’en parlait souvent au dernier moment. Moi, je n’étais que l’encyclopédie vivante des corbeaux, lui donnant des détails sur leur organisation. Il était plus âgé et expérimenter que moi, c’était normal qu’il prenait la tête de notre croisade. Pour le moment, je n’avais aucune idée de ce qu’il mijotait. Sans doute pensait-il que maintenant que ces derniers étaient privés de leur fameuse pierre, ils seraient plus vulnérables et donc, il pourrait encore les affaiblir en détruisant leur laboratoire à Estandre. Ce serait suicidaire comme projet, mais il devait avoir autre chose derrière la tête. Tiens, justement quand on parlait du loup.

Jengolf revenait les bras chargés de branche sec qu’il déposa juste à côté et dont il commença à allumer un feu, sans nous dire le moindre mot, décochant juste un regard rapide. J’ignorais si je pouvais parler de nos projets à la dryade, pas que je ne lui faisais pas confiance, au contraire, mais j’ignorais comme le vieux loup allait le prendre. Il était déjà de bien plus mauvaise humeur que d’habitude et je ne voulais pas aggraver son cas. Dans le doute, je préférais changer de sujet. Quand un loup risquait de mordre, il valait mieux arrêter et le laisser se calmer. Bon, j’en avais un peu marre qu’il soit toujours ainsi, mais il fallait faire avec.

« Est-ce que Sicaä sait où elle veut aller pour trouver quelqu'un sur qui veiller ? »

La réponse me semblait quelque peu évidente, sans doute allait-elle au gré des courant, espérant que le destin ou les dieux la guideront vers la prochaine personne qui aura le plaisir d’être protégé par un esprit de l’eau. C’est alors que j’eus le sentiment que cette personne pouvait être moi. Elle venait de me sauver, comme un signe de ce fichu destin, mais ce serait impossible, je voulais dire, nitre mission était bien trop périlleuse pour un être aussi innocent. Nos ennemis étaient nombreux et puissants, je m’en voudrais de faire courir un tel risque à celle qui à bien voulu me sauver. Mais sans doute me fis-je des idées.

« Après, je suppose que comme nous, tu suis le courant ou le vent. On est tous des voyageur qui attendent de voir ce que la vie nous réserve. »


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Message  Sicaa le Lun 6 Nov 2017 - 19:00

Jengolf arriva au moment où Sicaä posait sa question. Il leur jeta un simple coup d’œil avant de se mettre à l’œuvre, ses branches de bois secs lui servant à allumer un feu. Niyos, quand à lui, ne répondit pas à la dryade mais lui posa une autre question. Elle ne comprit pas la raison de ce changement brutal de conversation.

« Est-ce que Sicaä sait où elle veut aller pour trouver quelqu'un sur qui veiller ? »

Face à une question aussi intime, les joues de la dryade prirent une couleur rosée. Elle baissa ses yeux argentés et se mordilla la lèvre, prise au dépourvu. Comment Niyos avait-il deviné qu'elle cherchait à veiller sur quelqu'un ? Peut-être parce qu’elle l’avait sauvé. Ou alors… il arrivait à sentir ces choses là. Heureusement pour elle, il continua à parler, ce qui lui laissa le temps de se reprendre.

« Après, je suppose que comme nous, tu suis le courant ou le vent. On est tous des voyageurs qui attendent de voir ce que la vie nous réserve. »

En parlant de la sorte, Niyos répondait indirectement à la question de Sicaä : ils allaient où le vent les menaient.

La réponse qu’elle offrit au jeune homme était hésitante :

« Sicaä ne sait pas… Kmuurk lui a dit de trouver quelqu’un sur qui veiller, mais elle ne sait pas comment faire… »

En effet, depuis qu’elle nageait, c’était la première fois qu’elle pouvait aider quelqu’un. Les noyades étaient rares par ici, contrairement aux bords de mer où les nombreux pêcheurs faisaient régulièrement face à des tempêtes.

La dryade jeta un coup d’œil à Jengolf qui était concentré sur sa tâche. Il y avait quelque chose de bestial dans cet homme. Elle ignorait ce qui lui faisait penser cela, peut-être son regard de bête, sa position d’animal à l’affut, ou son odeur. Mais il était là pour aider Niyos, le protéger et veiller sur lui. C'est du moins l'impression qu'il donnait à Sicaä. Voilà pourquoi il ne lui vint pas à l'esprit l'idée que le jeune homme puisse avoir besoin d'elle : il avait déjà Jengolf.

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Message  Niyos le Mer 8 Nov 2017 - 11:03

Pauvre créature, elle était complétement perdue. On aurait dit une enfant livrée à elle-même, fraichement lâcher dans un monde impitoyable. J’avais pitié pour elle, même si elle semblait capable de se défendre. Je priais intérieurement qu’elle trouve quelqu’un qui lui donnerait un but, une raison d’exister. Chaque être vivant avait besoin de quelqu’un pour avancer dans la vie. C’était mon cas aussi, raison de plus pour laquelle j’ai énormément souffert quand Sikara m’a quitté. Des petits crépitements se firent entendre dans mon dos. Me retournant, je vis que Jengolf venait d’allumer un feu sur les branches mortes et de petites flammes prenaient rapidement ce monticule de branchage. Il vint m’attraper par les épaules et me tira vers ce foyer pour me réchauffer.

« Tiens, installe toi là et passe-moi tes froques, faut les sécher. »

Porter des vêtements mouillés était plus désagréable que d’attraper la mort. Enfin, surtout, après que l’eau chauffée de la dryade m’est soulagé. Je laissais donc mon compagnon me prendre ma cape et mes vêtements de dessus pour aller les tendre sur des branches non loin du feu pour sécher. En deux minutes, je me retrouvais juste vêtu d’un caleçon en coton. Je ne pouvais m’empêcher de rougir être vêtue, ou plutôt dévêtu ainsi, devant Sicaä. Bien qu’elle fût un esprit de la nature, et que la pudeur n’était pas vraisemblablement une de leur valeur. En tout cas, je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir gêner.

Mais finalement, ce fut Jengolf qui poursuivit la conversation avec Sicaä. Il fallait dire, il avait plus l’habitude de parler avec toutes créatures non-humaine, qu’avec les humains eux-mêmes. J’ignorais si cela était dû à ses années à vivre presque à l’état sauvage avant que je n’arrive. Ou bien était-ce une haine farouche envers les êtres humains, si ce n’étaient les deux. Mais si tel était le cas, il savait prendre du recul et accorder le bénéfice du doute, sinon, jamais il ne m’aurait pris sous son aile, même si j’ai un peu forcé la main, et sans doute, ne chercherait pas à retrouver sa douce moitié. Assis, ressemblant presque à un vieux sage de la forêt, il discuta avec bienveillance à Sicaä.

« Tu devrais réussir à trouver quelqu’un. Ce monde est rempli de corruption, poussant beaucoup à menacer la vie d’innocents. Mais tu devras justement faire attention, car les gens sont généralement mauvais, et ne paraissent pas ceux qu’ils sont. »

Cela était bien entendu peu rassurant, mais il était clair, qu’il désirait juste prévenir la dryade des dangers qui rodaient par ici. De plus, nous étions sur une terre, où la xénophobie était à son paroxysme. Les humains crachaient sur les autres races, mais les autres races ne portaient pas plus les humains dans leurs cœurs, et parfois même entre eux. Enfin bref, tout le monde se détestait et se le cacher sous des masques d’hypocrisie. À Tacomnal, ce n’était pas mieux, voir pire je dirais. La supériorité extrême de l’humain sur le reste du monde, mais avec des classes sociales qui écrasaient les plus pauvres et faibles. Un vrai bazar où on pouvait trouver tous les stratagèmes pour pousser à la haine et la violence. Chacun cherchait à se montrer supérieur à l’autre pour une raison ou une autre. Tout cela ne me fit regretter d’avoir quitté ce monde.

« Ton ami à donner ce conseil pour ton bien, j’imagine que c’est ce qui est le mieux pour toi. Alors, je ne peux pas en faire autant, ne te connaissant pas assez. »

Il n’était pas très âgé, mais il aimait jouer un peu les sages à toujours donner des conseils selon son expérience à vivre à la dure. Parfois c’était judicieux, mais des fois, il faisait trop « Monsieur je sais tout », ce qui m’énervait parfois. Je ne pouvais pas faire quoi que ce soit, sans qu’il vienne donner un commentaire ou faire une remarque. Je n’étais plus un enfant, pas besoin qu’on me tienne la main tous les jours. Bon, si je disais quelque chose, cela m’aiderait à me détendre et montrer que je savais donner des bonnes idées aussi. Je me mis donc à dire la première chose qui me venait à l’esprit.

« Tu ferais mieux Sicaä d'aller plus vers le sud. Les habitants par là-bas sont moins violent et plus tolérant, tu devrais avoir plus de chances par-là bas je pense. »

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Message  Sicaa le Sam 11 Nov 2017 - 23:33

Jengolf demanda à Niyos de lui donner ses vêtements afin qu’il les fasse sécher tout près du feu. Le garçon se retrouva donc vêtu d’un simple bas laissant voir son torse et ses jambes. La dryade ne se gêna pas pour observer son corps. Ensuite elle s’intéressa à ce que Jengolf faisait. Ce dernier se mit à lui parler.

« Tu devrais réussir à trouver quelqu’un. Ce monde est rempli de corruption, poussant beaucoup à menacer la vie d’innocents. Mais tu devras justement faire attention, car les gens sont généralement mauvais, et ne paraissent pas ceux qu’ils sont. »

La dryade hocha la tête, écoutant les propos de l’humain avec attention. Elle était déjà du genre méfiant. Il lui était arrivé de sauver des pêcheurs de la noyade mais, à chaque fois, elle les laissait à un endroit où d’autres humains les trouveraient. Aussi elle ne se montrait que peu aux autres. Quand à Niyos, elle n’avait pu l’abandonner seul en proie à un potentiel prédateur, c’est pourquoi elle se trouvait à présent à parler avec lui et son ami.

Les conseils de Jengolf la confortaient donc dans sa position d’observatrice craintive.

« Tu ferais mieux Sicaä d'aller plus vers le sud. Les habitants par là-bas sont moins violent et plus tolérant, tu devrais avoir plus de chances par-là bas je pense. »

Le Sud… La dryade hocha encore une fois la tête. Le Sud… elle irait donc par là bas. Elle lance un sourire à Niyos.

« Alors Sicaä ira vers le Sud. »

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Message  Niyos le Lun 13 Nov 2017 - 10:20

La dryade semblait bien vouloir suivre l’idée de se rendre plus au sud, tant mieux. Je préférais la savoir dans un endroit plus sûr pour les non-humains, plutôt que dans des terres hostiles à ces derniers. Après, jamais de ma vie, je n’ai entendu dire ou vue la guilde massacrer des dryades pour leurs potions, mais parfois, on nommait certains de leurs produits comme « Baiser de l’esprit des bois » ou bien « Essence de la fée de feu » et je ne voudrais pas savoir pourquoi. On disait que c’était à cause des effets produits, mais j’avais quelques doutes. Mon pauvre petit corps chétif échappait finalement à la mort. Mon corps se réchauffa rapidement, même si l’air ambiante demeurait glacé à cause de la saison. L’hiver approchait, j’aurais mieux fait de tomber à l’eau pendant les saisons chaudes, mais non, avec la chance que j’avais, il fallait que ce soit autrement.

Jengolf était resté assis justement à côté de moi, et son regard fut plongé dans le crépitement des flammes. Il faisait cela de plus en plus. En pleine méditation, une forme d’admiration devant cet élément, alors que j’avais toujours cru que les loups avaient peur du feu. Comment savoir ce qu’il avait dans la tête, tellement il gardait tout ce qu’il avait en lui, sans laisser rien transparaître si ce n’était pas un haussement de ton et des dents pointues. Détournant mon regard de mon compagnon, j’examinais plus attentivement notre nouvelle amie. Tel que je l’avais remarqué, elle était une excellente hybridation entre l’humain et la vie aquatique. Elle pourrait même être une parfaite représentation symbolique de l’océan, sous forme divinisé. De plus, ses formes charmantes et sa peau qui semblait si délicate évoquaient une forme de douceur tant au niveau physique que personnalité. Sans oublier ses lèvres qui brillaient d’une couleur bleutée, donnant l’envie d’embrasser une sirène. Cette créature était vraiment magnifique.

« J’ai entendu parler de nombreuses sources, ainsi que de fontaine magnifique à Telbara. Tu pourrais sans doute y faire ton chez toi. »

Je disais cela plus sur le ton de la conversation, car je ne vais plus trop quoi dire à Sicaä. J’avouais être intimidé devant une telle créature de la nature, mais aussi, que ce silence devenait pesant pour moi. Bon, j’ignorais la géographie exacte du royaume du sud, je n’y suis allé que rarement et n’y suis pas rester bien longtemps. La dernière fois, c’était pour faire exploser un bâtiment. Alors, connaître les cours d’eau et tout cela, je n’y faisais pas trop attention. Le feu commençait déjà à faiblir, et le chasseur ne se fit pas prier pour le raviver en rajoutant quelques branchages. Il était vrai que la chaleur dégager apportait un grand réconfort, que les flammes qui dansaient avaient un pouvoir hypnotique, et que le craquement du bois se consumant faisait presque l’effet d’une berceuse. D’un coup, je sentais une fatigue me prendre et ne pus retenir un bâillement.

« Mais dis-moi, n’as-tu pas des frères et sœurs avec qui être ? Ce ne serait pas mieux d’être avec eux, que courir à la poursuite d’un mortel ? »

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Re: Ma bonne sirène

Message  Sicaa le Lun 13 Nov 2017 - 20:04

Niyos évoqua les sources et les fontaines de Telbara. Le garçon supposait qu’elle pourrait s’y installer. Sicaä se concentra sur le nom de ce lieu afin de s’en souvenir par la suite. Telbara. Probablement une ville.

Les deux humains s’occupaient du feu, Jengolf fixait les flammes, méditatif, et Niyos lançait par moment des regards intrigués vers la dryade. Cette dernière y répondait en lui souriant. Elle était heureuse de se trouver là. Elle avait perdu l’habitude de parler à des humains, et elle appréciait de pouvoir à nouveau le faire.

« Mais dis-moi, n’as-tu pas des frères et sœurs avec qui être ? Ce ne serait pas mieux d’être avec eux, que courir à la poursuite d’un mortel ? »

La question du jeune homme étonna la dryade. Elle sourit et dit :

« Sicaä ne court pas à la poursuite d’un mortel. Elle a rencontré d’autres enfants de la Nature et aime jouer avec eux. Peut-être restera-t-elle avec d’autres dryades. Peut-être continuera-t-elle avec des mortels », dit-elle en reprenant les termes du garçon.

Kmuurk lui avait demandé de quitter la Grande Eau Salée. Les rencontres qu’elle ferait en traversant les cours d'eau orienteraient sa vie. Et elle accompagnerait celui, ceux, celle ou celles qui le désireraient ou en éprouveraient le besoin, qu’ils soient dryades, animaux, humains ou autres créatures.

Niyos était désormais au chaud et en sécurité avec Jengolf. La dryade était donc rassurée.

« Que vont faire Jengolf et Niyos maintenant ? »

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Re: Ma bonne sirène

Message  Niyos le Mer 15 Nov 2017 - 11:22

Son histoire restait tout aussi incertaine que la nôtre. Comme mentionnait avant, elle allait où le vent la portait. Quoi que pour moi, c’était Jengolf qui faisait office de vent et me poussait à aller à tel ou tel endroit. En revenant sur Sicaä, je me disais qu’elle devait avoir cruellement besoin de compagnie, sans doute pour cela qu’elle était prête à accepter la présence de n’importe qui, quelle que soit sa race. Un humain… Même si certains travers persistaient chez moi, je ne pensais pas que ce soit la meilleure compagnie qui soit. Un animal serait se montrer plus social et loyal, je pense. Mais bon, la dryade semblait partante pour prendre ce que les dieux lui mettront sur sa route et je pense que c’était en effet mieux ainsi. Inutile de se casser la tête, autant laisser les divins, le destin, la chance ou le hasard décidait, cela éviterait sans doute pas mal de décision.

"Que vont faire Jengolf et Niyos maintenant ?"
"Nous allons vers l'Ouest, en direction de Tacomnal." S'empressa de répondre le loup-garou, sortant d'un coup de sa "méditation." Ce qui me surprit sur le coup. "On devra traverser tout ce royaume pour rejoindre notre destination car on doit quelqu'un là-bas."

J’ignorais si le chasseur avait réfléchi à tout cela pendant qu’il plongeait son regard dans les flammes, ou bien si l’idée lui était venue comme ça, subitement. Et d’ailleurs, qui était cette personne qu’il voulait trouver ? Nous n’avions presque plus aucun ami là-bas, en réalité plus aucun. Ce royaume nous était des plus hostiles, car c’était là-bas que se tenait le siège social des corbeaux, leur antre. Était-ce son idée justement ? Je ne l’imaginais pas suffisamment fou et désespérer pour aller s’attaquer à eux de suite, sans avoir attaqué les infrastructures à Estandre pour les affaiblir. Confronter le Maître Corbeau serait la chose la plus stupide qui soit en tout cas, il devait être mieux protégé que le roi lui-même. Mais bon, comment savoir ce qu’il avait dans la tête, la plupart du temps, c’était au dernier moment où il me dévoilait son plan.

"En tout cas Sicaä, je te souhaite bonne chance pour tes recherches. J'espère que tu trouveras cette personne. Et je ne te remercierais jamais assez de m'avoir sauver la vie, tu es désormais "Ma bonne sirène". J'espère que nous nous recroiserons."

Sur ces mots, Jengolf alla chercher mes vêtements, me disant qu’ils étaient secs enfin et que je pouvais me revêtir. Ce fut avec une très grande joie, que je remis ces peaux bien chaudes sur le dos, rassurer que le froid de l’hiver ne m’aura pas cette année. En quelques secondes, j’avais meilleure allure avec mes vêtements. En plus, ils étaient bien chauds, m’évitant de sentir pendant un moment la morsure du froid, pendant le temps que cela m’aurait pris pour les réchauffer. Bien heureux, je me sentais à nouveau d’attaque pour poursuivre le plan de Jengolf, quelle que soit son idée. Même s’il cultivait pas mal le mystère autour de lui, j’avais confiance. Mais j’étais tout de même un peu attristé de déjà me séparer de la dryade des eaux. Elle était si belle, et j’aurais espéré continuer de discuter encore un peu. Peut-être même voyager un peu ensemble, mais ce serait sans doute impossible.

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