Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Helceok le Sam 3 Fév 2018 - 12:11

Tout comme Helceok s’y attendait, Schizæ refusa catégoriquement de la laisser partir. Bien sûr, elle n’hésita pas à lui préciser qu’elle était son esclave, et ô combien elle serait bien traitée si elle faisait l’effort de bien se tenir. Ces propos déplurent à la centauresse, mais pas autant que la manière dont la fille déprécia la nature, la décrivant comme une chose dangereuse, pénible et ingrate. Si ce n’étaient pas les paroles d’une enfant, Helceok en aurait été offusquée. Or, étant jeune et ignorante, sa façon de penser tendait à être compréhensible. Après tout, trente ans auparavant, la faible petite centauresse qu’elle était aurait pu décrire la forêt de la même manière. Inculte et sans défenses, elle avait craint les prédateurs, s’était démenée vainement à trouver de quoi se nourrir, et avait frôlé la mort par inanition. Mais ça, c’était avant que les Torekwe ne lui apprennent tout ce qu’un centaure était censé savoir. Aujourd’hui, elle était parfaitement capable de se protéger, de chasser, et savait où dénicher des vivres en toute saison. La sylve était devenue son élément. Elle s’y sentait bien, n’y manquait de rien, et n’osait jamais trop s’en éloigner.

L'adolescente arguait en faveur de sa future condition d'esclave, la présentant comme préférable à sa vie de ''sauvage''. Se rendait-elle au moins compte que la centauresse était apte à se nourrir, se coiffer et se soigner par elle-même ? Et quelle idée de vouloir lui faire porter des habits ; c'était un truc d'humain, et son lierre la couvrait déjà bien assez. Dubitative, Helceok fixa longuement Schizæ sans trop savoir quoi rétorquer. La fille reprit finalement la parole pour lui faire une drôle de proposition : la centauresse la servirait pendant un mois, puis elle pourrait partir si elle en avait envie. Voilà de quoi la rendre d'autant plus perplexe qu'elle ne l'était déjà.

Une fois l'étonnement passé, elle prit le temps d'y réfléchir. Helceok était honnête et consciencieuse. Lorsqu'elle s'engageait à faire quelque chose, elle faisait tout son possible pour honorer sa parole. Accepter cette offre n'était donc pas une décision à prendre à la légère. A première vue, celle-ci apparaissait comme le compromis rêvé puisque, comme prévu, elle pourrait retrouver sa liberté sans user de violence. Elle n'aurait donc pas à souffrir, ou à blesser qui que ce soit pour parvenir à ses fins. En revanche, cette histoire de monture l'ennuyait. Sans qu'elle ne sache exactement pourquoi, l'idée même d'avoir à porter un humain sur son dos l'agaçait au plus haut point. En plus, elle devrait lui obéir. Certes, elle ne les aimait pas beaucoup, mais ce qui la gênait le plus là-dedans, c'était d'y être contrainte. Transporter quelqu'un ainsi lui paraîtrait nettement moins bizarre dans la mesure où ce serait elle qui l'aurait décidé.

Néanmoins, elle devait se rendre à l'évidence : de ce qu'elle connaissait des humains, elle était vraiment bien tombée. Schizæ paraissait être une personne calme et bienveillante, en plus de n'être qu'une enfant. Bien sûr, cela ne justifiait en rien le fait de vouloir la réduire à l'esclavage. Mais à choisir, elle préférait largement avoir cette petite sur son dos plutôt qu'une autre, possiblement plus détestable. Et puis, elle avait le mérite de proposer une alternative pacifique dès le début, au lieu d'essayer de la soumettre par la force. Alors certes, servir de monture ne serait pas agréable, mais ce n'était qu'un mauvais moment à passer, et il aurait pu être pire dans d'autres circonstances.

- … Très bien… J'accepte. Je te sers pendant un mois. Mais après, je pars. Contrairement à ce que tu penses… J'aime la forêt, et j'y vis bien.

Helceok apparaissait calme, désormais. Elle n'était pas du genre à se plaindre, mais les liens qui la retenaient étaient tout sauf plaisants. Maintenant qu'elle et Schizæ avaient trouvé un arrangement, peut-être pourrait-elle l'en défaire ? En tous cas, ça ne coûtait rien de demander ce service à l'humaine pendant qu'elle était d'humeur généreuse.

- … Et… du coup, est-ce qu'on pourrait… me détacher ? Ça me fait mal. Et non… je ne vais attaquer personne. Sauf si on m’attaque… ça va de soi.

Tant pis si elle refusait. La centauresse espérait au moins qu'elle prévoyait de l'emmener hors de cet endroit sale et lugubre. Elle avait besoin d'air, et son estomac criait famine.

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Message  Schizae le Sam 10 Fév 2018 - 17:58

La centauresse comprend la situation et accepte la proposition qui lui a été faite. La fille est contente de l’avoir convaincue. Son esclave n’est pas bête, elle se rend compte des possibilités qui s’ouvrent à elle et n’hésite pas à sauter sur l’occasion de changer de vie. Elle n’a jamais dû oser rêver de porter de beaux habits humains et de rencontrer d’importantes personnes. Il faut dire qu’élevée dans son milieu, elle n’aurait pu imaginer un jour vivre autre chose que la crasse ignorance.

Pour se donner une contenance, Helceok affirme qu’elle retournera ensuite vivre dans la forêt parce qu’elle s’y sent bien. Schizæ hoche la tête, compréhensive. Mieux vaut faire semblant de la croire plutôt que de la vexer. Elle finira rapidement par avouer qu’elle a changé d’avis.

La fille accède ensuite à la demande de la centauresse et la détache en coupant ses liens avec le petit couteau.

HELCEOK – Et non… je ne vais attaquer personne. Sauf si on m’attaque… ça va de soi.

Comment lui faire comprendre que cela ne va pas de soi ? La fille hésite un instant avant de parler, cherchant les bons mots.

SCHIZÆ – Tu peux sortir de l’étable, mais ne t’en éloigne pas trop. Si les gardes te suspectent de vouloir fuir, ils te tueront sans sommation. Saches qu’ici, les nobles sont supérieurs aux autres hommes qui sont supérieurs aux non-humains. Les esclaves sont tout en bas de la hiérarchie. S’ils se montrent agressifs envers leurs supérieurs, ils risquent d’être condamnés à mort. Tu dois donc obéir et ne pas répondre si un homme te fait ou te dit quelque-chose. Personne n’a le droit de te faire du mal, mais si cela devait quand même arriver, ne fais rien qui te mettrait en danger. Préviens-moi immédiatement et l’auteur de ces mauvais agissements sera punis comme il se doit.

La fille se tait un instant. Maintenant que cette partie a été éclaircie, il va falloir penser à la suite. Elle explique donc à ses deux esclaves ce qu’il va se passer et la façon dont ils vont devoir se tenir.

SCHIZÆ – Je me marie demain. Je vais demander à ce qu’on vous fasse porter quelque chose de convenable pour la cérémonie. Qxid’Ul, tu seras à mes côtés durant le voyage jusqu'au domaine de Mortelune, et toi Hèliok, tu marcheras à l’arrière de la calèche. Tu n’es pas encore prête pour me porter, surtout pas lors d'un si grand jour.

Elle reprend son souffle. Des voix l’appellent de l’autre côté des planches de bois. On la cherche. Elle termine rapidement :

SCHIZÆ – Pour le moment, votre rôle est simple : montrez-vous dignes de ma personne. Mais je veux que vous restiez en alerte. J’ai surpris des conversations et je pense que Bénoïc Maison-Rouge prépare une attaque contre nous. C’est un noble puissant. Il désirait mettre la main sur le domaine de Mortelune, mais nous l’avons pris de cours avec ce mariage. Cependant, les nouvelles sont inquiétantes : il serait en train de réunir ses armées, ainsi que des golémanciens… Alors quoi qu’il arrive, restez sur vos gardes, surtout le jour du mariage où tout le monde sera occupé et distrait. S’il se passe la moindre chose anormale, protégez votre maîtresse. C’est compris ?

Elle accélère le rythme de son discours au fur et à mesure qu’elle parle. Elle devrait déjà être dans la salle d’essayage plutôt que dans cette étable sale, à parler avec ses esclaves. L’idée d’y retourner pour enfiler des tas de parures l’agace. Quand elle était petite, elle n’aspirait qu’à cela. Mais à présent, elle préférerait être bien loin de toutes ces simagrées. Un instant elle se demande si Helceok n’a pas raison, à vouloir vivre loin de toute cette agitation et ces faux-semblants… mais elle chasse rapidement cette idée de sa tête : elle n’est pas une sauvage, elle !

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Message  Qxid-Ul le Mer 14 Fév 2018 - 10:11

Qxid-Ul ne fut pas le seul surpris par la proposition de Schizæ : la Centauresse elle-même dut prendre un instant de réflexion avant de donner sa réponse. Elle ne se rendait même pas compte des vulnérabilités de Schizæ. Soit elle acceptait cette proposition incroyable, soit elle resterait esclave toute sa vie de toute façon. Alors qu'y avait-il à réfléchir là-dedans ? D'autres esclaves récalcitrants auraient juste rêvé d'avoir reçu une telle proposition, mais l'esclavage s'était imposé à eux sans qu'ils n'eussent leur mot à dire, et c'était bien là l'ordre des choses. Helceok avait là une faveur de Schizæ, dont elle pouvait profiter pour faire une bêtise à l'issue du mois “d'essai”, et elle prenait le loisir de réfléchir. Qxid-Ul ne savait plus dire si le plus incroyable était la proposition en elle-même de Schizæ ou bien la réaction d'Helceok.

Il ne fit aucun commentaire, Helceok était face à sa conscience et surtout face à sa maîtresse, et Qxid-Ul n'avait pas à commenter à voix haute les propos de cette dernière sans y avoir été invité, surtout quand ça ne le concernait pas. Au final, qu'Helceok reste esclave ou pas, qu'elle accepte la proposition ou pas, cela lui était bien égal.

Helceok accepta la proposition. Evidemment ! Qu'aurait-elle espéré en refusant ? Elle demanda à être détachée, ce que Schizæ accepta. La femme-jument ne paraissait plus trop nerveuse, et quand elle prétendait n'avoir l'intention d'attaquer personne dans l'immédiat, elle était crédible. Il y avait toujours le risque de se tromper, mais l'on pouvait au moins comprendre que les liens serrés finissaient par l'ankyloser. Schizæ coupa les liens avec son couteau, non sans expliquer à Helceok qu'elle n'avait pas à riposter si un Humain lui faisait du mal. Là encore, c'était bien normal, mais c'était simplement la théorie. Dans la pratique, Qxid-Ul faisait mine de ne pas riposter si un Humain lui faisait du mal, mais il faisait ensuite en sorte que cela ne se reproduise pas trop souvent...

SCHIZÆ – Je me marie demain. Je vais demander à ce qu'on vous fasse porter quelque chose de convenable pour la cérémonie. Qxid'Ul, tu seras à mes côtés durant le voyage jusqu'au domaine de Mortelune, et toi Hèliok, tu marcheras à l'arrière de la calèche. Tu n'es pas encore prête pour me porter, surtout pas lors d'un si grand jour.

Voilà qui était sage : Schizæ refusait de monter un Centaure non dressé avec le risque du ridicule le jour de son mariage. L'on entendit des voix appeler Schizæ, mais cette dernière finit d'expliquer la situation complète, avec empressement, pour faire le plus vite possible :

SCHIZÆ – Pour le moment, votre rôle est simple : montrez-vous dignes de ma personne. Mais je veux que vous restiez en alerte. J'ai surpris des conversations et je pense que Bénoïc Maison-Rouge prépare une attaque contre nous. C'est un noble puissant. Il désirait mettre la main sur le domaine de Mortelune, mais nous l'avons pris de cours avec ce mariage. Cependant, les nouvelles sont inquiétantes : il serait en train de réunir ses armées, ainsi que des golemanciens… Alors quoi qu'il arrive, restez sur vos gardes, surtout le jour du mariage où tout le monde sera occupé et distrait. S'il se passe la moindre chose anormale, protégez votre maîtresse. C'est compris ?

Des golemanciens ?! Qxid-Ul croyait que c'était l'apanage du Royaume de Tacomnal. Ce ne devait être que leur spécialité en fin de compte, sûrement que certains Estanols croyaient en l'efficacité et au rendement des golems.
Ainsi donc, il pourrait y avoir des troubles le jour du mariage de Schizæ, et Qxid-Ul serait employé à la défendre. L'Homme-lézard hocha la tête.

QXID-UL – A vos ordres, Madame.

Schizæ était sur le point de partir et de laisser Qxid-Ul seul dans l'étable avec Helceok. Ne voulant pas rester inactif et ne sachant pas ce que l'on attendait de lui dans l'immédiat ici, au Domaine de Lindth, il demanda :

QXID-UL – A quoi devons-nous vaquer aujourd'hui ?

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Message  Helceok le Dim 18 Fév 2018 - 11:21

Sans aucune défiance, l'adolescente délia les membres endoloris de la centauresse, accédant ainsi à sa requête. L'afflux de sang dans les veines de la concernée entraînèrent l'apparition de fourmillements qu'elle tenta d'apaiser en actionnant doucement ses mains. Elle massa ensuite son épaule gauche, toujours souffrante, avant de triturer nerveusement ses doigts. Ce geste l'aida à se sentir plus à l'aise. Quand la petite humaine s'adressa de nouveau à elle, ce fut dans un premier temps pour l'autoriser à sortir de cet affreux endroit. Cela tombait à pic, puisqu'elle n'attendait plus qu'à partir en quête de nourriture.

Toutefois, Schizæ la renseigna ensuite sur une étrange morale régissant ces lieux. D'après elle, les humains seraient supérieurs aux non-humains, et ces derniers n'auraient pas intérêt à les contredire ou à répliquer, lors même qu'ils les malmenaient. Pour la centauresse, cette règle était idiote, injuste et sans fondements. Si quelqu'un venait à s'en prendre à elle, quel qu'il soit, elle aurait bien du mal à ne pas se révolter. Et puis elle n'allait quand même pas demander à une enfant de la défendre à sa place, c'était tout bonnement ridicule.

La fille poursuivit en dévoilant le programme du lendemain, évoquant à nouveau son mariage. Helceok ignorait ce dont il s'agissait, sinon qu'on parlait là d'un événement important, mais fut ravie d'apprendre que l'adolescente comptait la ménager ce jour-là. En effet, elle ne tenait pas à lui monter dessus tout de suite, lui demandant simplement de marcher derrière une 'calèche'. La centauresse en fut grandement soulagée. « Mon séjour auprès de cette petite humaine ne sera peut-être pas si terrible, finalement. »  Schizæ se tut un bref instant, le temps de reprendre son souffle. Puis, entendant des voix la solliciter à l'extérieur, elle tâcha d'achever son discours au plus vite. Helceok n'eut guère le temps de saisir tous les détails, mais comprit néanmoins l'essentiel : les jours à venir risquaient d'être mouvementés. « Et zut ! » maugréa-t-elle. « J'ai encore pensé trop vite. »

La centauresse hocha lentement la tête pour acquiescer à la question de l'adolescente. Elle n'était pas à même de comprendre ce qui se tramait, et se demandait bien ce que le clan de Schizæ avait pu faire pour que ce 'Bénoïc' en vienne à rassembler toute une armée pour les attaquer. Mais oui, bien sûr qu'elle défendrait la petite humaine, et pas seulement parce qu'elle avait accepté de la servir ! C'était une enfant ; elle ne pouvait pas être tenue pour responsable des méfaits de ses aînés, et devait être protégée quoi qu'il en coûte. Toutefois, Helceok imaginait mal avoir à affronter des soldats avec pour seule arme ses sabots. C'est pourquoi elle demanda :

- … Schizæ, je te protégerai. Mais, face à une pareille menace… il me faudra mes armes.

Qu'on lui rende ses affaires maintenant semblait assez prématuré. S'ils voyaient une centauresse inconnue se promener avec un arc dans le dos, les humains vivant en ces lieux en deviendraient très vite suspicieux. Ainsi, l'assurance de les récupérer le lendemain lui suffirait.

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Message  Schizae le Mar 20 Fév 2018 - 11:17

HELCEOK – … Schizæ, je te protégerai. Mais, face à une pareille menace… il me faudra mes armes.

La fille comprenait la demande de la centauresse. Elle réfléchit un instant avant de hocher la tête de façon solennelle. Elle ne pouvait pas conserver les armes de son esclave sur elle, mais en même temps, elle se refusait à les lui rendre si rapidement.

SCHIZÆ – Demain, Qxid-Ul portera tes armes. S’il estime que tu en as besoin, il te les donnera.

Il y aurait des moments où ils ne seraient pas tout proches, et si Bénoïc attaquait à ces instants, ses esclaves perdraient probablement un temps précieux pour se rejoindre autour d’elle et s’échanger les armes, mais c’était un risque à prendre. Qxid-Ul avait prouvé être digne de confiance en lui rapportant Helceok. La centauresse quant à elle, n’avait pas encore fait ses preuves.

QXID-UL – A vos ordres, Madame. A quoi devons-nous vaquer aujourd'hui ?

SCHIZÆ – Par tans, des femmes vont vous apporter des affublements que vous devrez essayer. Elles vous apporteront de belles étoffes. Bien sûr, il faut que vous soyez élégants, mais faites en sorte qu’elles choisissent les habits les plus commodes pour se battre. On ne sait jamais…

Elle poussa un soupir. Elle devait se hâter car les voix l’appelant se rapprochaient. Elle s’éloigna d’Helceok, attirant le séladien avec elle, un peu à l’écart :

SCHIZÆ – Ensuite, j’aimerais que tu donnes à Hèliok quelques cours de rattrapage sur le fonctionnement de la baronnie Estanole, sa place et… le minimum qu’elle doit savoir. Elle a l’air de ne rien connaître du tout et je n’ai pas envie qu’elle me rende ridicule le jour de mon mariage, ce serait une honte dont les de Triant pourraient ne jamais se relever….

Elle jeta un dernier coup d’œil à la centauresse sauvage avant de s’en aller rejoindre les ennuyantes femmes afin de continuer les préparatifs de ce fatigant mariage.
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Message  Qxid-Ul le Mer 21 Fév 2018 - 17:51

SCHIZÆ – Par tans, des femmes vont vous apporter des affublements que vous devrez essayer. Elles vous apporteront de belles étoffes. Bien sûr, il faut que vous soyez élégants, mais faites en sorte qu'elles choisissent les habits les plus commodes pour se battre. On ne sait jamais...

Qxid-Ul vivait esclave depuis sa naissance, hormis quelques rares périodes à errer sans maître. Jamais personne ne l'avait habillé avec de belles étoffes nobles et élégantes, ce serait donc une première pour lui. Même s'il avait passé le plus clair de son temps tout nu, comme nombre de gens de sa race, il avait quand même assez souvent été habillé, mais généralement de vieilles hardes uniquement portées par les esclaves et les marginaux les plus pauvres ; en tout cas jamais par des vêtements de luxe, ça non, jamais. A vrai dire, il n'en avait pas particulièrement envie, et l'idée de porter de tels habits pour la première fois de sa vie le laissait plutôt indifférent. Les vêtements étaient un code social auquel il se conformait un peu machinalement mais qui ne représentait aucun centre d'intérêt, et il pourrait bien ne jamais plus porter le moindre vêtement jusqu'à la fin de sa vie sans s'en porter plus mal.

Ce qu'il retint bien, en tout cas, c'est que Schizæ voulait qu'il se sente en capacité de se battre dans les habits qu'il porterait. Helceok aussi allait devoir être capable de se battre ; elle venait pour cela de réclamer ses armes, et Schizæ avait répondu après un temps de réflexion que c'est Qxid-Ul qui les porterait. Encore un honneur qu'elle faisait à ce dernier, lui prouvant qu'il avait su obtenir son estime – autant qu'un esclave pouvait obtenir l'estime et la confiance de son maître. Qxid-Ul se sentait valorisé par Schizæ, et c'était là un cercle vertueux, puisque plus il aurait ce sentiment, et plus il ferait de zèle pour la satisfaire, en se soumettant à tous ses désirs.

Alors que les voix continuaient d'appeler Schizæ, cette dernière soupira et s'éloigna de l'écurie mais en attirant l'Homme-lézard avec elle. Ils s'arrêtèrent et Qxid-Ul écouta ce qu'elle voulait lui dire en privé :

SCHIZÆ – Ensuite, j'aimerais que tu donnes à Hèliok quelques cours de rattrapage sur le fonctionnement de la baronnie Estanole, sa place et... le minimum qu'elle doit savoir. Elle a l'air de ne rien connaître du tout et je n'ai pas envie qu'elle me rende ridicule le jour de mon mariage, ce serait une honte dont les de Triant pourraient ne jamais se relever...

Cela rejoignait la tâche qu'elle avait confiée à Qxid-Ul, de s'occuper du débourrage de la femme-jument. Qxid-Ul acquiesca donc en s'inclinant :

QXID-UL – Ce sera un honneur pour moi, Madame, que de vous servir de la sorte.

Il prenait là le risque que Schizæ réalise justement qu'elle lui faisait un peu trop d'honneur pour un esclave, mais tant pis. Laissant Schizæ à sa peine, il retourna auprès d'Helceok et lui parla d'un ton neutre :

QXID-UL – Sortons de l'écurie. Je pense que l'on va nous faire essayer des tenues ailleurs, pas au milieu des autres chevaux.

Il invita la Centauresse à marcher à côté de lui, en direction des portes du castel pour être en évidence aux yeux des servantes qui viendraient les chercher.

QXID-UL – On va certainement te faire porter une housse de parade jusqu'à la croupe, aux couleurs de la famille. Et une robe sur le buste ; tu as une poitrine humaine, et les Humains n'aiment pas que leurs femelles aient la poitrine visible, et celle des femelles Centaures est assez ressemblante visuellement. Ils voudront te la voiler. Il te coifferont, aussi, ta crinière est sauvage en l'état. Il faudra que je t'explique beaucoup de choses.

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Helceok le Sam 24 Fév 2018 - 17:33

Plutôt que de lui rendre ses armes le jour voulu, Schizæ souhaita les confier au reptile, comptant sur lui pour les restituer à sa propriétaire à un moment qu'il jugerait opportun. Ce procédé contraria fortement la centauresse qui, bien qu'elle comprenne la méfiance de la fille, demeurait rancunière envers le séladien. Helceok crut ensuite comprendre qu'on voulait lui faire essayer des vêtements humains, mais avec pour consigne de choisir des habits pratiques pour se battre. Décidément, cette race faisait tout dans le paradoxe. Évidemment que l'envelopper de tissu allait la gêner au combat, en plus d'étouffer son pauvre lierre. En puis, quel en était l'utilité ?

L'adolescente prit ensuite son esclave à part. Nullement intéressée par leurs affaires, la centauresse patienta le temps que leur conversation se termine. Quand finalement elle aperçut la petite humaine s'en aller, Helceok entreprit de partir elle aussi. C'était sans compter le retour de l'homme-lézard qui l'invita à le suivre hors de l'écurie. La centauresse avait tout sauf envie d'errer avec lui à ce moment, et se montra tout d'abord hésitante. Puis, elle finit par s'exécuter, pas très rassurée à l'idée de se retrouver seule et désarmée dans un milieu inconnu.

Helceok fut bien contente de quitter l'horrible prison à chevaux, en espérant ne plus jamais avoir à y retourner. Une fois à l'extérieur, elle se trouva cernée par toutes sortes de constructions humaines. Guidée par le séladien, elle avança tout en observant l'architecture, s'attardant principalement sur les toitures, les corniches, les lucarnes, et autres éléments en hauteur. « C'est incroyablement moche, » finit-elle par conclure.

L'homme-lézard profita du trajet pour jouer son rôle d'instructeur, renseignant Helceok sur la séance d'essayage à venir. Celle-ci poussa un râle d'agacement en l'entendant parler des humains et de leurs exigences. Et puis d'abord, était-elle réellement obligée de suivre ce fichu reptile ? L'écouter rabâcher à quel point elle était ''sauvage'' et ce qu'il fallait faire pour plaire aux bipèdes devenait plus qu'énervant. Cependant, aussi exaspérant pouvait-il paraître, son agresseur de la veille souleva un point intéressant. Après avoir considéré qu'elle devait être montée et conduite comme un cheval parce que son corps y ressemblait, on voulait désormais l'habiller et la coiffer comme une humaine pour la même raison. A entendre le séladien, les humains étaient des êtres capricieux cherchant à la modeler selon leur bon vouloir. On pourrait ainsi croire qu'ils faisaient exprès de méconnaître sa vraie nature.

- … Je suis une centauresse… Pas un être mi-humain, mi-cheval. Vouloir que je me comporte comme ces deux espèces est idiot… puisque je suis tout autre. Et arrête de me dire sauvage.

Voulant dénicher de quoi se sustenter, Helceok scruta les alentours. Elle ne vit rien de très appétissant, mais finit par apercevoir quelques individus, ça et là, l'épier avec insistance. Mal à l'aise, la centauresse s'autorisa à grignoter sa main gauche. Tant pis pour les bons conseils de Talanelda ; sa tutrice n'était pas là pour la surveiller.

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Mer 28 Fév 2018 - 21:09

Le Séladien avait cérémonieusement accepté la demande de sa maîtresse, désormais en proie à une tripotée de servante lui faisant essayer tout un tas de… choses… étranges….

La fille voit passer sur sa tête des diadèmes, des voiles, des perles, des barrettes, des diamants, des fleurs d’hiver toutes plus belles les unes que les autres. Cependant, elle ne prête nullement attention à ces objets étincelants et précieux. Elle ne pense qu’à une seule chose.

La journée de demain.

Un mariage avec un gentil benêt, les complots d’un puissant baron ennemi, un jeune héritier sans éducation, un oncle tutélaire la privant de toute marge de manœuvre… elle ne sait pas encore jouer à ces jeux compliqués. Elle n’a pas eu le temps d’apprendre à survivre aux manigances de la cour. Mais elle est prête à apprendre et à modifier les règles à son avantage. Elle a son dragon, ses esclaves, ses obscurs pouvoirs et son courage… avec tout ça, elle tiendra la promesse faite à Solyana et, bentôt, Jian sera le baron de Mortelune.

Quand les femmes terminent enfin leurs essayages, elles laissent une Schizæ tendue mais sereine. La fatigue devrait l’emporter, cependant l’excitation la tien éveillée. Elle ouvre la fenêtre de sa petite chambre pour observer le jardin. L’herbe est gelée. Elle cherche ses esclaves du regard sans les trouver. Seules les deux femmes qui se sont occupées de leurs essayages sont encore présentes. La fille les entend rentrer dans le domaine en piaillant.

SERVANTE 1 - Oh c'est dommage qu'il n'ait pas accepté de porter les premiers vêtements qu'on lui a fait essayer, ça lui donnait un air tellement humain !
SERVANTE 2 - Un lézard reste un lézard, quel que soit les habits qu'on lui fait porter. Et cette centauresse, qu'est-ce qu'elle est étrange ! Tu as vu toutes les feuilles qui lui poussent dessus ? Je me demande si ce n'est pas une maladie, j'espère que les autres chevaux ne vont pas l'attraper. Parce qu'on la fait dormir dans l'étable, je veux bien, mais ça peut être dangereux : les animaux sauvages peuvent être contagieux.
SERVANTE 1 - Ils n'allaient quand même pas la faire dormir dans le domaine comme l'homme-lézard et les autres esclaves du Baron.
SERVANTE 2 - Ils auraient dû l'attacher dehors.
SERVANTE 1 - Dehors, tu n'y penses pas ! S'il pleut, la belle coiffure qu'on lui a faite sera réduite à néant. J'ai passé des heures à tresser sa queue avec des rubans pendant que toi tu ne faisais que râler à propos de ses feuilles.

La conversation fini par devenir inaudible pour Schizæ. La lune observe la fille bailler à gorge déployée. Puis une ombre noire vient cacher l’astre blanchâtre. Ombre qui se rapproche progressivement. La fille la reconnaît et sourit en grimpant sur les toits rejoindre son dragon.

Aux premières heures du matin, Schizæ regagne enfin sa chambre. Son corps est glacé, mais elle est prête à tout endurer, même les plus froides heures de la nuit, pour gagner quelques secondes auprès de son dragon. Aucun d’eux n’a pas prononcé un seul mot. Ils sont restés là, l’un à côté de l’autre, perdus dans leurs pensées. Le dragon ne l’a pas félicitée. Il ne l’a pas encouragée. Il ne lui a pas non plus demandé de renoncer à cette union. Il s’est contenté d’être là. Et quand les premières lueurs du jour ont commencé à poindre, il est reparti. Toujours sans un mot. Elle se demande souvent ce qu’il peut bien penser, dans ces moments là.

Quelques heures plus tard, le soleil se lève en même temps que toutes les servantes qui se jettent sur Schizæ pour la préparer.

Enfin le grand jour…
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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Qxid-Ul le Lun 5 Mar 2018 - 17:03

Qxid-Ul lisait toujours la même expression de colère sur le visage d'Helceok. Il ne s'attendait pas à autre chose : il savait les Centaures fiers, détestant toute comparaison avec les chevaux, en dépit des évidence. Il pouvait y avoir d'autres raisons à son ressentiment : devoir être toilettée comme une Humaine par exemple, être privée de ses armes tant qu'elle n'aurait pas un besoin critique de s'en servir, ou simplement discuter avec celui qui l'avait capturée. Qxid-Ul ne lui en voulait pas d'être en colère, mais il ne cèderait pas à ses caprices. Helceok était une esclave désormais, et elle allait devoir s'y faire. Au moins pendant un mois.

HELCEOK – ... Je suis une Centauresse... Pas un être mi-Humain, mi-cheval. Vouloir que je me comporte comme ces deux espèces est idiot... puisque je suis tout autre. Et arrête de me dire sauvage.

Hein ?! Qxid-Ul repensa à ce qu'il venait de lui dire. Quand on disait que les Centaures étaient des êtres susceptibles, Helceok en était une démonstration : Qxid-Ul venait simplement de dire que sa crinière était sauvage, et Helceok venait de trouver le moyen d'extraire le mot “sauvage” de cette phrase pour lui donner un tout autre sens, que Qxid-Ul avait certes déjà utilisé précédemment mais pas à cet instant.

QXID-UL – J'ai dit que ta crinière est sauvage. Cela suffit donc à te vexer ?

L'Homme-lézard secoua lentement la tête d'un air à la fois dépité et sarcastique.

QXID-UL – Et sache que la façon dont tu te considères n'a aucune importance. Ici, tous les Humains te verront comme un être mi-Humain, mi-cheval. Tu es une monture parlante et intelligente, voilà tout ce que tu es. Tout le monde se moque ici que tu puisses le nier. C'est à toi d'accepter ce que les Humains pensent de toi. Alors tu te comporteras comme ils te le demanderont. Tu es une jument qui parlera et s'habillera en partie comme une Humaine. Tu n'as pas à le discuter.

Puisque les deux esclaves s'étaient rapprochés des portes du castel, en restant à la vue de tous, les servantes purent rapidement les trouver et s'occuper d'eux. Ils furent séparés l'un de l'autre ; Qxid-Ul fut emmené par deux servantes, dont une femme très âgée et une autre qui devait être sa fille, dans un salon d'habillage. Qxid-Ul n'avait pas vu autant de placards à vêtements et de commodes dans une même pièce. Il y avait aussi une coiffeuse, ce qui donna l'occasion à Qxid-Ul de se voir dans un miroir pour la première fois depuis bien longtemps. Des parfums utilisés quotidiennement dans cette pièce avaient imprégné les meubles de différentes fragrances s'accordant mal entre elle, laissant un résidu capiteux indisposant l'Homme-lézard.

Servante 1 – Bon, déjà, tu vas prendre un bain de pieds, ça t'évitera de crotter le sol.

L'autre servante, la moins âgée, apporta une bassine remplie d'eau et la déposa juste devant Qxid-Ul qui pataugea dedans. La servante s'accroupit, attrapa un pied de l'Homme-lézard et commença à le frictionner, insistant sur chacun de ses trois orteils reptiliens et griffus.

Servante 2 – Pourquoi faut-il qu'aucun de ces animaux ne porte de chaussures, ce serait tellement plus simple...
Servante 1 – Cesse de te plaindre, je te prie. Tu fais la même réflexion à chaque fois. Et puis c'est un Lézard, ce n'est pas pire que de devoir décrotter les sabots d'un Minotaure ou le pelage d'un Tigrain.
Servante 2 – Il y a tout de même une Centaure à faire, aussi... Des fois j'ai l'impression d'être une palefrenière...
Servante 1 – Ne t'ai-je pas dit de cesser tes complaintes ? Et puis Dame Schizæ a bien choisi son esclave. Ce Lézard m'a l'air bien dressé, et il a de belles couleurs. Du rouge et du jaune sur le museau, un vert plus vif sur la gorge... Laisse-moi trouver des vêtements qui s'accorderont avec ses écailles.

Et cela continua sur ce ton durant toute la séance de toilettage. Les deux servantes ne parlaient directement à Qxid-Ul que lorsqu'elles avaient besoin qu'il bouge, comme par exemple pour tremper ses pieds dans la bassine, ou pour tendre les bras aux manches d'un haut. Le reste du temps, elles parlaient de lui comme s'il n'était pas là, ou comme s'il n'était qu'un animal ne comprenant rien à ce qu'elles disaient. Qxid-Ul se laissa faire tout du long sans protester, se laissant manipuler les bras, la queue, les pieds... Il se retint aussi de baver, quand d'ordinaire il laissait parfois s'écouler ses sécrétions buccales caustiques pour se donner un air dangereux et bestial ou simplement par réflexe sans même y penser.

Il protesta une fois, si : il feignit une gêne quand les servantes voulurent l'habiller trop richement. Il sentait que les couches de vêtements étaient trop serrées et seraient impropres à se battre. Sans cette perspective, il aurait pu supporter cette tenue vestimentaire, mais Schizæ tenait à ce qu'il ne soit pas gêné pour se battre. Une autre fois, il protesta de bonne foi, simplement parce que le pantalon n'était pas bien adapté à sa queue et ne laissait plus de souplesse pour ses jambes, ce qui était inconfortable pour marcher. Une bonne partie des vêtements contenus dans ces placards et commodes étaient conçus pour des Humains, or la queue d'un Homme-lézard obligeait à des retouches, plus importante que pour un Tigrain, cette race ayant une queue fine contrairement aux Hommes-lézards.

Le choix fut donc finalement arrêté sur une tenue un peu moins chique que celle que les servantes avaient espéré lui faire porter, mais qui restait digne d'une cérémonie de mariage et surtout qui ne le gênerait pas ou prou s'il avait à se battre. Qxid-Ul fut ensuite conduit dans un long couloir reliant le castel à la dépendance des esclaves, ainsi il n'eut pas à se “salir” les pieds en passant par la cour. Ces Humains...

Qxid-Ul ne revit pas Helceok avant le lendemain. Il se douta que la Centauresse avait été logée dans l'écurie, d'ailleurs aucun Centaure n'avait dormi avec les autres esclaves. En revanche, il y avait de toutes les races. Même une Sirène, un mâle qui se déplaçait peu, et donc la mine grise contrastait avec l'éclat des écailles de son corps de poisson. Qxid-Ul ne l'avait pas encore vu dans le domaine, il devait appartenir à l'un des invités du mariage. Une pure exposition de richesse ; car de façon pratique, ce pauvre mâle Sirène ne devait pas être assigné à beaucoup de tâches. Son corps était humide, ce qui impliquait qu'un autre esclave, sûrement un de ses camarades appartenant au même maître, veillait à son bien-être. Dans la quantité d'esclaves logés ici à l'occasion de la cérémonie de mariage, il n'y avait que deux Humains. Question de prestige. Les familles nobles affichaient des esclaves chers, c'était logique. Qxid-Ul se trouva une paillasse où dormir, entre deux Minotaures, un mâle et une femelle.

Tout le monde fut réveillé peu avant l'aube. Qxid-Ul fut demandé par les servantes : il était temps de lui faire porter sa tenue de cérémonie. Il retourna dans le salon d'habillage, laissa les servantes l'habiller, puis dut patienter dans une antichambre. Une servante lui dit que Dame Schizæ allait être informée qu'il l'attendait ici, et s'en alla.

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Message  Helceok le Dim 11 Mar 2018 - 18:04

- J'ai dit que ta crinière est sauvage. Cela suffit donc à te vexer ?

Helceok cessa un instant de mâchouiller sa main pour regarder l'homme-lézard d'un air vague. Tout ce qu'elle désirait, c'était qu'il arrête d'employer ce mot pour la décrire… Mais apparemment, c'était trop demander. De surcroît, le séladien se permit même de lui refaire la morale, lui rappelant une énième fois à quel point les humains étaient étroits d'esprit. Quand il eut enfin fini son sermon, la centauresse reprit son repérage visuel comme si de rien n’était, mordillant à nouveau ses doigts. Lasse de tout ce verbiage, elle n’osa pas répondre au reptile de peur qu’il n’en rajoute, envisageant même de l’ignorer pendant le reste du mois. Elle s’intéressa plutôt à la flore automnale qu’ils longeaient tout en marchant, desquelles se dégageaient des senteurs familières portées par le vent.

Une fois rendus là où l’homme-lézard voulait les conduire, deux femmes ne tardèrent pas à se présenter à eux. Elles semblaient proches. L’une râla, accusant la centauresse d’être sale car pleine de feuilles et pleine de terre. Puis, sans plus attendre, elles emportèrent le reptile à l’intérieur du manoir. « Bon débarras, » se dit Helceok. Mais désormais seule en territoire ennemi, elle fit beaucoup moins la maline.

Après une vingtaine de minutes à tourner en rond devant l’entrée en attendant le retour du séladien, la centauresse ne put résister à l’envie d’aller se réfugier dans les jardins. Déambulant entre les allées, elle prit soin d’examiner chaque plante passant à sa portée. Quel mélange étrange ; certaines d’entre elles ne poussaient même pas dans les bois alentours. Et évidemment, aucune trace de baies hivernales ou de tubercules comestibles. Peut-être fallait-il s’enfoncer un peu plus dans les jardins pour en trouver ? Mais Helceok ne voulut pas trop s’éloigner des portes du castel, pensant que l’homme-lézard allait en ressortir.

Au bout d’un moment, une des servantes finit par revenir. Celle-ci fut bien surprise de ne pas trouver le deuxième esclave à l’endroit où elles l’avaient laissé. En balayant rapidement la cour du regard, elle la découvrit prélassée sous un arbre un peu plus loin, dégustant de petites fleurs violacées qu’elle cueillait à même le sol. Reconnaissant l’humaine, la centauresse se leva lentement, s’étira, puis trottina jusqu’à elle. La femme la somma ensuite de la suivre, ce qu’elle fit. Helceok n’était pas très motivée pour essayer des vêtements humains, d’autant plus qu'ils risquaient immanquablement d’asphyxier son lierre. Mais elle avait promis à Schizæ de la servir, et c’était ce que Schizæ voulait.

La centauresse fut amenée à l’arrière du bâtiment, dans un endroit plus calme et retiré. La deuxième servante les y attendait, près d’une porte bien moins grandiose que celles dont elles venaient de s'éloigner. A leur approche, elle indiqua un emplacement avec sa main avant de lancer un « mets-toi ici, et ne bouge pas ». Sa consœur se plaignit ensuite d'avance de la longue besogne à effectuer. Sur le moment, Helceok ne comprit pas ce qu’elle entendait par là, et fut confusément surprise de sentir comme des caresses râpeuses sur son flanc droit. La centauresse s’écarta sur sa gauche, gênée, et fixa soucieusement la brosse que la veille femme tenait dans sa main.

- Non, mais ! Je t’avais pourtant dit de ne pas bouger !

- … C’est très bizarre, ce que vous faites.

- Remets-toi en place immédiatement !

- … Je n-

- Ne discute pas, et avance !

La jeune servante empoigna son bras et força dessus jusqu'à ce que Helceok suive le mouvement. Une fois la centauresse en place, les femmes poursuivirent leur tâche, pansant chacune un côté de son corps équin.

- Maintenant, tiens-toi tranquille, et laisse-nous donc travailler ! Dame Schizæ ne tolèrerait pas la présence d'une bête aussi crasseuse à son mariage.

Helceok jugea bon d'obéir en dépit de l'aspect dérangeant de la situation ; cet imprévu bizarre était apparemment une exigence de la petite humaine, et la centauresse n'oubliait pas leur arrangement. Elle les laissa donc faire, espérant tout de même ne pas avoir à resubir ça dans les jours à venir. Toutefois, elle se sentait très mal à l'aise, et tenta à plusieurs reprises d'expliquer aux femmes qu'elle pourrait se laver seule si seulement on l'amenait à un point d'eau… mais hélas, toutes ses tentatives furent vaines, balayées par les réprimandes des servantes. Elle dut alors lutter pour rester immobile et faire fi des propos injurieux lancés à son encontre. Ses efforts ne l'empêchèrent cependant pas de gigoter de temps à autre, lui valant d'autres remontrances de la part des deux humaines.

- Bons dieux… Que cette bête est pénible !

La centauresse passait un très mauvais moment. En voulant lui démêler la crinière, l'une des femmes tira un peu trop vivement sur son pique à cheveux – un bois de cervidé finement taillé -, lui arrachant quelques crins au passage. C'était un cadeau de sa tutrice qu'elle n'enlevait que très rarement, uniquement lorsque sa coiffure se désolidarisait trop. La doyenne lui avait préconisé de s'attacher les cheveux pour dégager sa vue, bien qu'en réalité il s'agisse plutôt d'un stratagème pour l'empêcher de les grignoter. Alors, elle ne put s'interdire d'aller le récupérer en voyant la jeune servante le jeter par terre. Cette dernière la laissa faire, non sans un râle de mécontentement, puis se plaignit ensuite de l'abondance de lierre présent sur sa crinière. C'était sur sa tête que la majeure partie de son invocation prenait racine, et la brosse se prenait donc régulièrement dans les vignes. Que ce soit au niveau de ses cheveux, de sa queue ou autre, la plante donna aux servantes du fil à retordre. Et quand bien même elles avaient tendance à tirer dessus par inadvertance, Helceok se refusait à l'enlever. Après tout, ces deux humaines méritaient au moins ça, elles qui la traitaient comme un animal.

Vint ensuite le fameux essayage qui s'avéra être bien moins long que prévu. En effet, la centauresse n'attendait qu'une chose : que toutes ces inepties se terminent afin de retourner jouer dans les jardins. Aussi, elle tâcha de ne pas rechigner lorsque les servantes déposèrent une couverture sur son pauvre lierre. Elle se reteint également de protester au moment de lui faire enfiler un étroit vêtement à l'allure discutable. Helceok ne comprit pas pourquoi les femmes s'en extasiaient ; elle n'avait sans doute pas le recul nécessaire pour apprécier la prestance de cette robe, n'y voyant que l'inconfort qu'elle lui procurait. Car cet habit était bien trop étriqué et le contact avec son tissu fort déplaisant, en plus de posséder de longues manches recouvrant entièrement ses bras. Quelque chose la dérangeait à propos de ces dernières, bien que la centauresse ne puisse en déterminer la raison exacte. Sans en prendre conscience, Helceok se mit à ronger l'extrémité de l'une d'entre elles avec ses dents, s'attirant la colère des humaines. Leurs reproches ne se firent pas attendre, et la vieille servante lui donna une tape sur le bras avant de la sommer d'arrêter.

- Ah, ça ! C'est bien la peine de lui faire porter de jolies choses !

Le problème fut facilement contourné : on enleva la robe pour la remplacer par une à manches courtes. Ce nouveau vêtement avait l'avantage d'être beaucoup plus ample et moins désagréable au toucher, même si la centauresse s'y sentait toujours comme compressée. Cette tenue-là fut donc retenue.

Pour finir, les servantes passèrent un long moment à coiffer et tresser ses crins, cherchant un rendu à la fois élégant et solide tout en tenant compte de la présence du lierre. Après ça, les humaines la guidèrent jusqu'à l'écurie, sans prévoir que les choses se compliqueraient une fois devant. Car oui, Helceok refusa catégoriquement d'y entrer, demandant à passer la nuit dehors. Pour y remédier, il fallut s'y prendre à plusieurs, et littéralement la pousser à l'intérieur de l'enceinte. La centauresse eut beau clamer que Schizæ l'avait autorisée à sortir, elle termina la soirée au fin fond de l'étable. Ils n'avaient peut-être pas envie de la voir vagabonder dans tout le domaine, compte tenu de la récence de sa capture. Au moins, elle eut la satisfaction de ne pas se retrouver dans une stalle ce coup-ci, car toutes étaient déjà occupées par des chevaux. Depuis ce matin, ces derniers n'avaient pas cessé d'affluer, si bien que des places supplémentaire avaient été aménagées dans l'urgence pour en accueillir quelques de plus. Helceok avait donc la 'chance' de se trouver en retrait des stalles, allongée sur un tas de paille dans un coin un peu plus spacieux. On l'avait enfin nourrie, et un seau d'eau restait à sa disposition.

Mais à la nuit tombée, la centauresse eut bien du mal à trouver le sommeil, enfermée et privée de son environnement naturel. Cette fois-ci, le séladien n'était pas là pour l'ensorceler… d'ailleurs, il n'était même pas dans l'écurie. Où était-il donc passé ? Peu importe. Il ne pouvait pas l'importuner avec ses règles et ses discours réprobateurs, c'était déjà ça de pris. Elle n'avait pas non plus revu la fille. Dommage, elle aurait pu lui demander à être installée à l'extérieur, près d'une arbre, pour dormir.

Dans l'instant, Helceok était seule, entourée de chevaux. Elle jouait avec le bois de cerf taillé qu'elle était parvenue à garder. Les mauvais souvenirs de la journée et sa nouvelle condition la travaillaient. Les humains s'étaient montrés hautains et médisants, voire même un peu brutaux vers la fin ; exactement comme Nihita, sa maîtresse d'arme, les décrivait souvent. Cette dernière, membre des Calkhoren, était le parfait inverse de Talanelda : froide, sévère, taciturne… et bien décidée à anéantir tous ceux qui se dresseraient sur son chemin. Pourtant, elle lui avait accordé le même intérêt et la même patience. Sans ses précieux enseignements, elle n'aurait jamais pu réussir les épreuves et devenir sentinelle… ni être animée, pendant un temps seulement, de cette rage aveugle qui l'avait poussée à tuer sans retenue. Sa tutrice lui disait de vivre et laisser vivre ; Nihita lui disait de vaincre ou périr. Si Helceok éprouvait un respect semblable envers ses deux mentors, il ne faisait aucun doute que la magnanimité de Talanelda l'attirait plus. Tuer n'était jamais appréciable ; c'était ce qui l'avait dégoûtée de son ancien métier. Pourquoi pensait-elle à ça maintenant ? Peut-être parce qu'elle ne serait pas à l'abri d'un combat, demain. Cela faisait un bon moment que la centauresse n'avait pas eu affaire à une attaque d'aussi grande envergure, et ça l'angoissait.

Au bout du compte, elle parvint tout de même à s'endormir.

*****

Helceok fut réveillée le lendemain par un garçon d'écurie. Il lui fallut une poignée de secondes pour reprendre ses esprits et comprendre ce qu'il lui racontait. Apparemment, on allait bientôt la préparer pour le mariage. L'humain partit ensuite, la laissant en paix jusqu'à ce que deux servantes ne viennent la réclamer. La centauresse, qui avait profité de ce court moment de répit pour se rafraîchir le visage avec l'eau à sa portée ainsi que d'invoquer son lierre, se leva pour aller les rejoindre.

Cette fois-ci, point de traitement gênant. On se contenta de l'habiller et d'arranger sa coiffure dont les ''maudites feuilles'' s'étaient mystérieusement déplacées. Quand elles eurent enfin fini, la centauresse coinça le bois de cerf dans la bande de tissu ceinturant sa robe, au niveau de sa hanche gauche ; c'était bien mieux que de le garder en main. Puis, l'une des servantes la conduisit quelque-part.


Dernière édition par Helceok le Lun 12 Mar 2018 - 23:09, édité 2 fois

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Lun 12 Mar 2018 - 13:50

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, voilà que Schizæ est vêtue d’une robe aux couleurs de Mortelune. De longues manches cachent son bras brulé et le tissu remonte jusqu'à son cou, ne dévoilant aucune de ses cicatrices. Le satin est d’un bleu nuit et les ornements sont argentés. Ses bijoux sont également faits d’argent incrustés de pierre d’un bleu profond. De nombreuses perles agrémentent sa coiffure et elle a du mal à garder un port royal. Tout est tellement lourd à porter…

Enfin, les dames la maquillent, toujours dans les tons bleu nuit et argent. Nostalgique, elle regrette de ne porter aucune petite touche dorée ou noire qui rappellerait son appartenance à la famille de Triant. Mais ces choix sont purement politiques. La rébellion Estanole à l’encontre de sa traitre famille a depuis longtemps cessé de faire des vagues. Les années ont permis d’apaiser les tentions et Siegebert de Linth a également joué quelques uns de ses cartes pour que le doute circule concernant ladite trahison des de Triant. Cependant, mieux vaut tout de même éviter d’étaler les couleurs noir et or de sa maison.

Les femmes s’en vont l’une après l’autre. La dernière à quitter la pièce place sur la tête de Schizæ un voile fin mais opaque. Le tissu est doux, on dirait un ciel de nuit parsemé d’étoiles. Ce tissu l’aveugle et la coupe du monde. Il représente le fait qu’une jeune fille ne connaît pas encore la vie et qu’elle découvrira le monde à partir du jour où elle rencontrera son époux.

Une fois prête, le premier réflexe de la fille est de soulever le voile et de chercher Nïn. Il lui faut quelques secondes pour se rappeler que sa première esclave n’est pas ici et ne pourra pas la réconforter. Elle redresse fièrement la tête afin de ne montrer aucune émotion et s’avance d’un pas majestueux dans le jardin. Elle ne peut s’empêcher de soulever le voile à plusieurs reprises pour savoir où aller et aperçoit Qxid’Ul. Elle se dirige immédiatement vers lui en souriant et en lui faisant un grand signe de la main. C’est étrange de le voir dans une telle tenue, on ne dirait plus le même Séladien. Elle pouffe et s’apprête à lui faire quelques remarques sur son étrange allure quand quelqu’un pose une main ferme sur son épaule. Elle se retourne sur un monstre de plus de deux mètres de haut qui la dévisage avec un regard peu amène.

GARDE DU CORPS – Madame, vous devez monter dans le carrosse, nous partons immédiatement.

La fille tente de récupérer son épaule, mais elle ne fait pas le poids contre le colosse et finit par se laisser emporter. Elle fait un dernier signe à son homme-lézard, regrettant de ne pouvoir passer plus de temps auprès de ce visage connu.

Tout en se faisant traîner par le géant, elle aperçoit sa centauresse, Helceok, vêtue d’une magnifique robe. Elle a été pansée avec grand soin, sa coiffure porte quelques ornements, toujours aux couleurs de Mortelune, et sa queue a été tressée avec des rubans argentés qui font ressortir le noir de ses crins et s’assortissent à merveille à sa robe souris. La fille la hèle :

SCHIZÆ – Héliok !
GARDE DU CORPS – Un peu de tenue Ma Dame. Replacez votre voile.

La vois sèche du garde la fait taire immédiatement. Elle se renfrogne et se pare du masque hautain qu’on attend la voir porter avant de le recouvrir du tissu de nuit. Elle ne pourra pas expliquer à sa centauresse le déroulement de la journée. Avant de monter dans la calèche, elle vérifie qu’on porte à Qxid’Ul les armes de Helceok ainsi que les siennes. Le Séladien restera près d’elle, à l’avant du carrosse, bien en vue de tous. Un petit cocher est à ses côtés. Schizæ jette un dernier regard au cortège. Toutes les maisons alliées aux Linth sont présentes, vêtues de leurs plus beaux atours. Elle reconnait les couleurs de certaines tandis que d’autres lui sont inconnues. Chaque famille étale sa puissance en exposant leurs plus beaux esclaves jusqu’à en devenir ridicule. La fille voit même un sirein couché dans une charrette de luxe, sur lequel un autre esclave verse régulièrement de l’eau. Le pauvre…

Ses esclaves à elle n’ont rien à envier aux autres. Son Séladien se tient juste devant elle et son port rendrait jaloux un duc. Sa centauresse quant à elle garde une mine renfrognée, mais Schizæ la trouve attachante. Elle sourit en la voyant grignoter son poignet et espère qu’elle ne se fera pas punir pour ce genre de choses… malheureusement, son espoir s’envole rapidement puisqu'une femme donne un violent coup d'éventail sur le poignet d'Helceok en la réprimandant. Schizæ grimace mais ne peut pas intervenir car Siegebert apparait à cet instant, monté sur un immense cheval noir. Il porte le mauve et le rose des Linth. Il jette un regard noir à la fille qui a encore une fois relevé son voile pour observer la scène. Schizæ replace alors immédiatement le tissu sur sa tête et s’enfonce dans le carrosse. La voix puissante de son oncle ordonne à la troupe de se mettre en marche. Le mariage aura lieu comme prévu au domaine de Mortelune. Les deux époux changeront de maison pour appartenir à ces terres. Généralement, les hommes ne changent pasde nom et de maison, mais cela peut parfois arriver. Louain l’avait déjà fait auparavant. Quant à Gauthier de la Baume, Siegebert n’a eu aucun mal à manipuler sa famille, tout aussi crédule que leur fils, pour étendre sa propre puissance au détriment de celle d’une autre famille. Les parents de la Baume n’ont pas été difficiles à convaincre puisque Gauthier n’est que leur cinquième fils et échangera son nom contre celui d’une maison plus puissante. Quand à Schizæ, il parait évident qu’il lui faille renier à son nom qui rappelle celui de la trahison. Une fois mariés, Gauthier et elle repartiront donc sur de toutes nouvelles bases.

La cortège commence alors le long voyage les menant au domaine de son enfance. La fille cesse rapidement de compter les heures et s’endort contre la porte du carrosse. Le monde lui est actuellement fermé, elle doit rester cachée derrière ces planches jusqu'à la cérémonie. Pendant ce temps, les riches maisons qui marchent à ses côtés se montrent aux yeux de tous. Elle imagine très bien les paysans et les esclaves se mettre à genoux sur leur passage, oubliant un bref instant leur travail pour se rappeler que les grands de ce monde organisent une grande fête à laquelle ils ne participeront pas.

Plongée dans ses rêves, elle ne se réveille qu’au moment où le carrosse s’arrête. Une dame entre alors discrètement et arrange rapidement ses vêtements, ses ornements et son maquillage avant de disparaitre tout aussi mystérieusement qu’elle était apparue.

Une grande musique s’élève alors et Schizæ entend tout un remue-ménage. Les invités doivent être en train d’entrer dans le temple et prendre place en attendant la cérémonie. Les minutes s’écoulent lentement, jusqu’à ce que quelqu’un vienne ouvrir la porte et lui tende la main. Le voile bien replacé sur sa tête, Schizæ ne voit rien d’autre que les doigts qu’elle attrape. Elle reconnait la bague mauve et rose de son oncle avant de se laisser emporter vers son destin.

Il lui faut la plus grande concentration pour pouvoir marcher en n’ayant qu’une vue limitée sur le sol et ses pieds. Elle se laisse guider par Siegebert dont la poigne ferme l’empêche de faire le moindre faux-pas. C’est avec soulagement qu’elle atteint enfin le bout de la salle.

Commence alors un long sermont. Schizæ ne sait pas du tout où elle se trouve et ne reconnaît pas la voix du vieil homme qui parle. Elle tente de lever discrètement la tête à la recherche de pieds connus, mais le voile ne lui permet pas de voir d’autres chaussures que les siennes. Le temps défile incroyablement lentement. Elle finit par repérer une respiration haletante à côté d’elle et suppose qu’il s’agit de celle de son futur époux. Elle essaie de se concentrer sur les mots prononcés, mais son esprit s’envole rapidement. Ces mots, elle les connait déjà par cœur. « Honneur, loyauté, fidélité, respect, prospérité, fertilité, etc… » Elle les a déjà entendus au mariage de sa sœur et à celui de toutes les filles des familles alliées. Elle attend tranquillement que le temps passe, jusqu’à ce que les phrases fatidiques tombent :

VIEIL HOMME – Siegebert de Linth, acceptez vous d’offrir votre nièce, Schizæ de Triant, fille de Gabrialin de Triant, à la maison de Mortelune et à son futur représentant, Gauthier de la Baume, fils de Charles de la Baume ?
SIEGEBERT – Oui.

Les filles n’ont jamais aucune parole dans ce genre de cérémonie. Elles sont sous la tutelle de leur père ou de son représentant.

VIEIL HOMME – Gauthier de la Baume, fils de Charles de la Baume, acceptez vous d’appartenir à la maison de Mortelune et de vous unir à Schizæ de Triant, fille de Gabrialin de Triant et nièce de Siegebert de Linth ?
GAUTHIER – Oui.

Schizæ sent son cœur battre la chamade.

VIEIL HOMME – Schizæ de Triant, fille de Gabrialin de Triant et nièce de Siegebert de Linth, jurez vous fidélité, loyauté et obéissance à la maison de Mortelune et à votre futur époux, Gauthier de la Baume, fils de Charles de la Baume ?
SCHIZÆ – Je le jure.
VIEIL HOMME – Gauthier de la Baume, fils de Charles de la Baume jurez vous fidélité et loyauté à la maison de Mortelune et à votre future épouse, Schizæ de Triant, fille de Gabrialin de Triant et nièce de Siegebert de Linth ?
GAUTHIER – Je le jure.
VIEIL HOMME – Nous vous déclarons solennellement Dame et Seigneur de Mortelune, unis pour la prospérité de votre maison.

Un tonnerre d’applaudissement retentis dans la salle. Schizæ attend patiemment sous son voile. Quand enfin le silence retombe, le vieil homme reprend la parole et accorde à Gauthier de Mortelune d’ouvrir son épouse à la vie. Phrase rituelle pour dire qu’il peut enfin lui retirer le fichu tissu qui lui barre la vue.

Les longs doigts fins de Gauthier attrapent alors le voile et le soulève. La fille cligne des yeux, éblouie, et voit enfin son époux. Il porte les mêmes couleurs qu’elle et son sourire aux dents trop longues illumine son visage. Il a l’air heureux. Alors elle lui sourit à son tour et attend que la sentence tombe.

VIEIL HOMME – Vous pouvez embrasser la mariée.

Le cœur de la fille s’affole. Elle le sent battre à toute allure derrière sa poitrine. Elle ferme les yeux sans bouger, un sourire crispé reste figé sur son visage. C’est alors qu’elle sent le souffle de Gauthier sur ses lèvres, suivi de ses dents qui cognent les siennes. Elle réfrène ses réflexes et s’empêche de reculer. Et puis… plus rien. Quand elle rouvre les yeux, tout est enfin terminé. La salle est en émoi, tout le monde crie ou pleure, surtout la mère de Gauthier assise au premier rang. D’ailleurs, il se précipite vers sa mère pour la prendre dans ses bras.

Schizæ soupire. Enfin terminé. Elle a enfin récupéré son domaine et son titre. Dame de Mortelune. Elle sourit tristement. Elle ne s’attendait pas à ce que les choses se passent de cette façon. Ses doigts montent jusqu’à ses lèvres et y glissent. Ce baiser n’avait rien de terrible finalement. Il n’y avait pas de raison d’en faire toute une histoire….

Quelques heures plus tard, la fête bat son plein dans la grande salle du domaine de Mortelune, ex-de Triant. Schizæ contemple les murs qui l’ont vue grandir avec nostalgie. Qxid’Ul est à ses côtés, debout juste derrière et bien exhibé à la vue de tous. Sa présence la rassure. A sa droite se trouve Siegebert et Brunehaut qui ne pipent mot. Son oncle observe la foule en fronçant les sourcils. Il fait quelques remarques au garde du corps titanesque qui ne le quitte pas d’une semelle. Il lui demande toutes les demies-heures les rapports des « trois lieutenants ». A chaque fois qu’un homme boit un coup, il fronce les sourcils. La fille remarque qu’aucun membre de la maison de Linth ne boit d’alcool, comme s’ils en avaient reçu la consigne.

A sa gauche, Gauthier, lui, ne se refuse rien. Il boit allègrement et ne cesse de plaisanter avec sa mère, assise à sa gauche avec son époux, tout aussi saoul. Schizæ soupire en pensant à la nuit de noce. Son mari empeste déjà l’alcool. Peut-être s’endormira-t-il avant même de la toucher. Ce ne serait pas si mal….

Helceok n’est pas présente, évidemment. Elle a dû être placée bien en évidence à l’entrée du domaine avec les plus belles montures. Ainsi, tous sont obligés de passer devant elles pour entrer ou sortir du domaine. Siegebert veut qu’elles soient contemplées et admirées comme il se doit.

Au bout d’un moment, Schizæ attrape son verre de vin. Ce n’est que le deuxième, puisqu’elle a but le premier en croisant son bras de façon ridicule avec Gauthier, au grand plaisir des convives, et surtout de sa mère. Mais au moment où elle pose le verre sur ses lèvres, un raclement de gorge la fait tressaillir. Son oncle la regarde avec une lueur de colère au fond des yeux. La fille repose immédiatement le vin sur la table et regarde le plafond l’air de rien.

Les heures passent et Gauthier s’amuse avec sa mère autant que Schizæ s’ennuie, seule face à la table. Les plats ont l’air tous plus délicieux les uns que les autres, mais son ventre est trop serré pour lui permettre de faire ripaille. Elle voudrait en prendre quelques morceaux et rejoindre Helceok pour les lui faire goûter. Elle voudrait aller avec elle dans les jardins pour prendre l’air. Mais la bienséance ne lui permet pas de s’éclipser le jour de son propre mariage.

Des chants se mettent progressivement à monter dans la salle. Il est déjà si tard ? Les voix grasses et ivres montent, de plus en plus haut, envahissant totalement l’espace. Les chants paillards font monter le rouge aux joues de Schizæ. Ils décrivent avec force détails et métaphores vaseuses des ébats en tout genre. La nuit est tombée et ces chants désagréables annoncent le fameux moment… la nuit de noce. Les femmes emportent alors Schizæ dans sa chambre. La fille se débat tant qu’elle peut, puisque la tradition le veut ainsi. Mais elle a beau se tortiller en tout sens, les femmes sont trop nombreuses et l’emportent. Elle jette un regard désespéré à Qxid’Ul, le suppliant muettement de ne pas trop s’éloigner d’elle. Il ne pourra pas venir dans la chambre, mais si au moins il pouvait rester près de la porte…

En quelques secondes, la voilà dans la chambre de feu ses parents. Les souvenirs remontent et les larmes menacent de se déverser, mais Schizæ les retient de toutes ses forces. Bientôt, il ne reste plus que Brunehaut dans la chambre. Elle lui retire ses habits les uns après les autres. Son corps brulé se dévoile petit à petit. La fille regarde les cicatrices parsemant son bras et son cou. Elle se demande ce que dira Gauthier en voyant cela. Sa tante ne prononce aucun mot, mais ses gestes son doux. Une fois sa tâche terminée, elle lui fait enfiler une nuisette fine et transparente. Schizæ se met alors à pleurer.

Brunehaut la serre dans ses bras et commence à lui chanter une berceuse. Une fois la chanson terminée, elle lui murmure en s’en allant :

BRUNEHAUT – Ça ira, ne t’en fait pas, Gauthier est quelqu’un de doux…. Ça ira….

La fille se demande qui Brunehaut veut rassurer. Sa nièce ou elle-même ?

Quelques minutes plus tard, un Gauthier au visage rouge entre dans la chambre. Il rit à gorge déployée et empeste l’alcool. Il s’assoit sur le lit et commence à retirer ses bottes, puis son pantalon. Schizæ n’ose pas regarder. Elle sent la main brulante de son époux l’attirer à lui et elle se laisse allonger à ses côtés, sur le grand lit qui sera désormais le leur.

Gauthier se place sur elle et commence à tirer sur sa robe. Il est trop ivre pour réussir à la déshabiller et se contente de relever le tissu sur son ventre. Schizæ pousse un cri lorsqu’il la découvre, mais Gauthier pose un main ferme sur sa bouche en murmurant chuuuuuut. Les doigts de son mari glissent sur elle et elle sent la panique la gagner. Il rit tout seul. Elle pleure et tente de s’en aller mais il la retient.

GAUTHIER - Ne te débat pas, petite anguille !

Il est bien plus fort qu’elle ne l’imaginait. Il pose ses lèvres sur les siennes, l’embrasse de force, glisse sa langue dans sa bouche. L’odeur d’alcool envahit les sens de la fille qui se met à paniquer. Elle voudrait ne pas être là, elle voudrait qu’il s’arrête. Mais plus elle se débat, plus il la retient et lui fait mal. Il replace sa main sur sa bouche et appuie tellement fort qu'elle n'arrive plus à respirer. Son autre main enserre douloureusement ses poignets. De ses genoux, il lui écarte brutalement les cuisses et l'écrase ensuite de tout son poids. Alors, dans la panique, elle sent sa magie monter sans qu’elle puisse la retenir. La chaleur l’enveloppe, la caresse, et quitte son corps pour gagner celui de son mari. En sentant le froid l’envahir, Gauthier cesse immédiatement de rire. Il se met à trembler et son cœur saute plusieurs battements. Tout va très vite, Schizæ ne maîtrise plus rien, sa magie se déverse de plus en vite et de plus en plus fort sur son mari qui… s’étale de tout son long sur elle.

La fille tremble de tout son corps. Elle se redresse et repousse son mari en pleurant. Son visage est bleu, il ne respire plus. Elle pose un doigt sur son cou… il n’y a aucune pulsation. Gauthier de Mortelune, son époux, vient de mourir par sa faute. Elle pousse un long geignement quand…

VOIX - AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH !

Sa plainte est interrompu par un affreux hurlement.

D’un bond, elle se lève et, dans la précipitation, enfile sa robe de mariage par dessus sa nuisette. Le hurlement est suivi d'un autre, puis encore un autre. Elle entend les bruits d’une bataille dans la grande salle. Elle se précipite à la fenêtre et contemple le paysage nocturne avec effroi. L'éclat de la lune se reflète sur les lames de centaines de cavaliers lancés vers le domaine au triple galop.

Une armée entière galope vers elle. Des hommes, des chevaux et… des monstres de métal, de pierre et d’argile !
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Message  Qxid-Ul le Mar 13 Mar 2018 - 9:21

Au bout d'une petite attente, Schizæ apparut. Il était l'heure de monter à bord des carosses, direction le Domaine de Mortelune où la cérémonie allait se tenir. Les soldats de Lindth ne laissèrent même pas la future mariée parler à son esclave. Ce dernier fut toutefois installé dans le même carrosse qu'elle, mais à l'avant, à côté du cocher. De temps en temps, Qxid-Ul tournait la tête pour observer sa maîtresse, dont il eut l'impression qu'elle était assez mal à l'aise. Elle se prenait des airs qui sonnaient faux. En réalité, elle avait envie de parler avec ses esclaves. Elle avait cherché Helceok du regard jusqu'à ce que la Centauresse fût forcée à marcher à la suite du carosse. Comme Qxid-Ul l'avait prédit, elle avait été coiffée de façon très étrange pour un Centaure, sa queue avait même été tressée, et une partie de ses habits couvraient son pelage équin. Tous les chevaux et véhicules étaient parés d'emblèmes et de couleurs représentant les grandes familles. Qxid-Ul ne s'y intéressa pas, hormis pour identifier au moins l'emblème et les couleurs du Domaine de Mortelune. Les esclaves étaient exposés dans cette parade de gloriole digne des nobles. Qxid-Ul revit le mâle Sirène, allongé sur le banc d'un carrosse ; ce genre de cérémonies devait être particulièrement plus pénible pour lui. Il y aurait bien une fontaine au Domaine de Mortelune où il pourrait tremper.

Il fallut trois jours au cortège pour arriver au Domaine de Mortelune. Un voyage ennuyeux, au fil duquel les esclaves ne se partageaient que les restes des repas donnés aux nobles invités. Qxid-Ul restait dans ces moments-là auprès d'Helceok, aussi bien pour la surveiller que pour répondre aux questions qu'elle pouvait se poser, et l'aider ainsi à faire bonne figure dans cette condition toute nouvelle pour elle. Jamais en revanche il ne lui restitua ses armes, et n'en avait pas la possibilité de toute façon, puisque le tout était rangé parmi des bagages. Ce n'est qu'à l'arrivée au Domaine de Mortelune que l'on confia à Qxid-Ul un arc, un carquois et une lance rudimentaires, appartenant à la dernière esclave de Schizæ, puisque l'ordre avait été donné par la future Baronne de Mortelune.

Les festivités furent tout aussi ennuyeuses que le voyage et parurent durer autant, tant les heures semblaient longues. Qxid-Ul s'affichait auprès de sa maîtresse la plupart du temps, s'inclinant devant chaque invité Humain venu féliciter la mariée. Helceok était mise à l'écart dehors, quoique pas tant à l'écart que cela, puisqu'elle était exhibée comme une statue à l'entrée avec d'autres Centaures tout aussi richement parés qu'elle. Schizæ semblait autant s'ennuyer que lui. Elle se faisait réprimander par son oncle quand elle s'apprêtait à boire de l'alcool ; au demeurant, aucun membre de la famille de Lindth ne but d'alcool, tandis que le nouveau marié et Baron de Mortelune ne se privait pas. Entendant Siegebert prendre régulièrement des nouvelles de « trois lieutenants », Qxid-Ul se douta que quelque chose se tramait, entre ça et les rumeurs d'une possible attaque ce jour. Si les de Lindth restaient ainsi sobres, c'est peut-être justement parce qu'ils prévoyaient d'avoir à se battre.

Rien ne se produisit en tout cas avant la nuit de noces. Des femmes tirèrent Schizæ de force jusque dans une chambre. Schizæ se mit à paniquer et supplia Qxid-Ul du regard. L'esclave suivit les femmes, mais fut stoppé au pied de l'escalier par un garde.

Garde – Où tu vas, toi ? Aucun esclave n'approche des chambres.

Pourtant, Qxid-Ul avait bien senti que Schizæ avait peur et voulait qu'il reste près d'elle. Même s'il ne rentrerait pas dans la chambre, il devait au moins pouvoir rester à proximité.

QXID-UL – Je suis l'esclave de Dame Schizæ de Mortelune, qui a ordonné que je veille devant sa chambre.

Ce coup de bluff fit réfléchir le garde un instant.

Garde – Je n'ai rien entendu de tel. Eloigne-toi, serpent.

Qxid-Ul ne se démonta pas :

QXID-UL – Dois-je comprendre que votre autorité dépasse celle de ma maîtresse, nouvelle Baronne de Mortelune ?

Le garde prit d'abord un air outré, mais se mit bien vite à réfléchir à la situation. Il ne voulait sûrement pas prendre le risque que l'esclave dise vrai et aille rapporter à la Baronne de Mortelune qu'un garde l'avait empêché d'obéir.

Garde – Tu as intérêt de dire la vérité, sale serpent. Passe.

Fier de son coup, Qxid-Ul ne perdit pas de temps à chercher à corriger le garde sur les injures raciales, ça se retournerait aussitôt contre lui, et puis pourquoi ici et maintenant alors qu'il encaissait ça très bien en tant qu'esclave de naissance ?
Il grimpa les escaliers et localisa la chambre de Schizæ aux voix de l'autre côté de la porte. Il alla s'adosser contre un mur et ignora les regards interrogatifs des femmes qui ressortirent de la chambre.
Plus tard, Gauthier fit son apparition. Il empestait l'alcool et sa démarche n'était pas très saine, son visage était rougi et il tenait un sourire niais.

QXID-UL – Toi, écoute-moi : si j'entends ma maîtresse crier de façon anormale, tu es mort.

Après avoir entendu plusieurs fois que Gauthier de la Baume, désormais Baron de Mortelune, était un jeune benêt, donnait à Qxid-Ul le sentiment qu'il pouvait se permettre de dire une chose pareille sans risque de punition. Il était là pourtant un esclave qui menaçait un baron. De toute façon, Gauthier était sans doute trop imbibé pour garder cette menace à l'esprit une fois qu'il serait dans la couche de Schizæ.

Qxid-Ul n'eut pas l'idée de coller la tête contre la porte pour tout entendre. L'idée était gênante en soi, il n'avait pas vraiment envie d'entendre ces choses-là. Il se tint donc suffisamment écarté de la porte pour n'avoir qu'à entendre d'éventuels cris.

Et au bout d'un moment, il y eut bien un cri... mais qui ne provenait pas de la chambre. Un autre cri. Et encore un autre. Ca venait de dessous, dans la salle des fêtes. Plutôt que de descendre voir ce qu'il se passait, Qxid-Ul décida d'entrer dans la chambre, où il trouva sa maîtresse rhabillée avec peu de soin, penchée à la fenêtre. Il vit aussi Gauthier, allongé sur le lit, inerte, le visage bleui. Etait-il mort ? Qxid-Ul le renifla, et n'eut alors aucun doute.

QXID-UL – Madame, comment allez-vous ?

Qxid-Ul se pencha à la fenêtre. Au loin, une bonne centaine de cavaliers galopaient vers le domaine sous l'éclat de la lune. Derrière eux marchaient des golems de différentes sortes. Etait-ce un coup de Siegebert ? Ou étaient-ce là les ennemis attendus ?

QXID-UL – Attendez-là Madame, je vais aller chercher Helceok pour que l'on vous mette à l'abri.

Vu le grabuge au rez-de-chaussée, il fallait prier pour que personne ne vienne monter dans les chambres. Qxid-Ul allait devoir faire au plus vite. Il sortit par la fenêtre et descendit le long du mur à la manière d'un lézard des murailles grâce à sa magie. Au sol, il courut jusqu'à l'entrée du temple où stationnaient les Centaures. Il y trouva Helceok.

QXID-UL – Helceok ! Suis-moi ! Viens protéger Schizæ !

Il courut sur ses pas pour demander à la Centauresse de se positionner sous la fenêtre. Il vint se coller à quatre pattes contre le mur, à mi-hauteur entre la fenêtre et la femme-jument, et tendit une main à Schizæ pour l'aider à descendre sur Helceok.

QXID-UL – Venez vite, Madame !

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Helceok le Sam 17 Mar 2018 - 0:42

Helceok reçut l’ordre de patienter près d'un carrosse qu'elle devina prévu pour Schizæ. A côté d’elle, humains comme non-humains s’affairaient à préparer un cortège coloré, et il y avait foule ; chose qu’elle n’aimait guère. En attendant la suite des événements, la centauresse consacra son temps à observer tout ce petit monde, à la recherche des différentes races d’Orcande éparpillées sur les lieux. La scène ahurissante d’une minotaure grondée par un homme finit par l'interpeller. C’était presque comique à voir, vu qu’au gré de ses envies, cette femelle pourrait lui dévisser la tête sans efforts. En revanche, Helceok ne fut aucunement amusée par le spectacle désolant d'une triste sirène, posée en évidence sur un véhicule fastueux ; la bêtise humaine illustrée en un char. Pour le coup, la centauresse regretta amèrement de ne pas pouvoir étêter le responsable de cette mauvaise blague.

- Héliok !

Reconnaissant l’atypique manière que la fille avait de déformer son nom, la concernée se tourna rapidement. Elle ne ressentait pas d'amitié envers Schizæ, et la connaissait à peine. Pourtant, la centauresse se sentit comme réjouie de la voir, esquissant même un léger début de sourire. C'était bien la seule à la regarder et l'appeler sans aucune once de mépris, ou relent d'oppression. Après une journée entière à côtoyer des personnes exécrables et à supporter les innombrables absurdités des humains, la présence d'un visage amical avait de quoi réconforter. D'ailleurs, elle reconnaissait difficilement l'adolescente dans cette tenue. En quoi était-elle déguisée ? Malheureusement pour elles, cette tentative d'échange fut de très courte durée, puisque le balourd qui emportait la fille vers la calèche la rompit aussitôt. C'était fâcheux à voir, d'ailleurs ; sa maîtresse auto-proclamée ne semblait pas maître de la situation.

La centauresse reprit sa mine désabusée tout en scrutant une dernière fois la foule. Elle ne put se retenir d'extérioriser sa frustration en se mordillant la main, jusqu'à ce qu'une méchante femme ne vienne la frapper et la tancer rudement. Helceok se permit de la maudire intérieurement tout en se massant le poignet.

Quand finalement le grand départ fut lancé, la procession entama son périple de trois jours au cours desquelles la centauresse s'appliqua à suivre sagement le carrosse de Schizæ. Maintenir la cadence monotone du cortège était ennuyant à mourir, et Helceok dut se raccrocher à son imagination et au paysage pour ne pas craquer. Le voyage comprenait heureusement des haltes dédiées aux repas… enfin, surtout pour les humains, apparemment. A chaque fois, Qxid-Ul se joignait à elle, et sa présence austère instaurait une ambiance bizarre. La centauresse avait tout sauf envie de lui parler, l’ignorant même durant tout le premier jour. Mais au bout du deuxième, cependant, elle ressentit le besoin d’éclaircir certaines choses.

- … Où est-ce qu'on va ? demanda-t-elle simplement.

- Au Domaine de Mortelune. Dame Schizæ doit s'y marier pour devenir maîtresse de ce domaine. Des affaires d'Humains…

Helceok mêla ces renseignements aux bribes d’informations glanées aux servantes de la veille. Entre deux complaintes à propos de son lierre, les femmes n’avaient eu de cesse de discuter, parlant laconiquement de mariage, de cérémonie, et autre. Mais la centauresse n’était pas sûre de comprendre de quoi il en retournait. Aussi, elle s’enquit :

- … Qu'est-ce qu'il va arriver à Schizæ ?

- Elle va devenir l'épouse d'un homme Humain du nom de Gauthier. Elle pourra ensuite régner sur le Domaine de Mortelune. Si tu as d'autres questions, tu peux me les poser, je suis là pour que tu saches tout ce que tu as à savoir.

Donc, si elle comprenait bien, la fille se préparait à réaliser une sorte d'alliance à travers un rituel humain ? Soit. Mais n'était-elle pas trop jeune pour superviser un territoire ? D’où Helceok venait, personne n’envisagerait un seul instant de nommer un enfant à la tête d’une tribu. Peut-être était-ce alors à prendre au sens symbolique ? Et puis, qui était donc ce 'Gauthier' ? Quoiqu’au final, tout cela importait peu. Comme le disait si bien le séladien, c’étaient là des affaires d’humains ; autant ne pas chercher à comprendre.

Aux termes de trois journées interminables, le convoi arriva enfin à destination. Helceok en fut soulagée, loin de se douter de la tâche oiseuse et fastidieuse qu’on s'apprêtait à lui assigner : rester plantée comme un piquet à l’entrée du domaine, et ce pendant une éternité. Sa seule consolation fut de ne pas être seule à subir ce calvaire, puisque d’autres centaures stationnaient à ses côtés. Ils étaient tous risibles à attendre ainsi, silencieux et bien alignés, dans leurs accoutrements ridicules. Helceok eut beaucoup de mal à ne pas en rire.

Pendant que les invités assistaient à la cérémonie, la centauresse s’efforçait de survivre au jour le plus long de sa vie. Elle fixait le ciel toutes les quinze secondes, pestant intérieurement des « Aller ! Couche-toi saleté de soleil ! » en espérant que la nuit permettre aux centaures de passer à autre chose. Ceux-ci restèrent docilement fossilisés là où les humains avaient choisi de les poster, pendant que Helceok bouillait d’impatience. Qui plus est, elle avait eu la maladresse de s’attirer les foudres du personnel chargé de les surveiller, tout ça pour avoir pouffé de rire au vu du ridicule de la situation. Désormais, on venait régulièrement la corriger au moindre faux pas, comme lorsqu’on la surprenait à se mordre la main ou à se balancer de gauche à droite ; c’était plus fort qu’elle. La centauresse n’y accorda pas grande importance jusqu'à ce qu'un homme râblé ne menace de la rosser si elle continuait à dévisager les nobles qui croisaient son regard.

Toujours campée devant la bâtisse malgré la nuit tombée, Helceok pressentit qu’elle allait encore y passer un bon moment. « Reviens, Ô Grand Soleil ! Et ne le prend pas mal pour tout à l’heure ! » dicta-t-elle mentalement sur un air solennel. « Aller ! Reviens ! » Les distractions venaient à manquer, et elle regretta que le seul être charitable du domaine ne soit pas là pour l'autoriser à se retirer dans les jardins… D'ailleurs, que pouvait bien faire Schizæ, de son côté ? S’amuser, sans doute, puisque c’était sa fête. La dernière fois qu’elle l’avait vue, c’était il y a plusieurs heures. Elle portait alors un rideau noir sur la tête, selon une coutume étrange, et était accompagnée par un homme qui devait être son père. La centauresse aurait bien voulu la suivre et voir de ses propres yeux comment se déroulait un mariage, mais avait dû se contenter de l’apercevoir à sa sortie du carrosse.

La centauresse continua un moment de soliloquer dans sa tête tout en apostrophant l’astre solaire, ne s'arrêtant qu'après avoir perçu une série de cris en provenance des bâtiments. La mise en garde de l’adolescente contre une potentielle attaque refit alors surface dans son esprit, et elle examina attentivement les alentours sans rien apercevoir de notable. Tout semblait se dérouler à l’intérieur. Helceok tendit ensuite l’oreille pour confirmer ses craintes. Percevant faiblement un bourdonnement lointain, elle se concentra sur ce dernier. Nul doute, il s'agissait là du son de centaines de sabots se rapprochant à une vitesse folle, résonnant dans les profondeurs du calme nocturne ; un assaut était lancé.

Helceok respira un grand coup, puis ne pensa plus qu'à une chose : il fallait retrouver Schizæ, et vite, avant que le domaine ne se retrouve assiégé. Fort heureusement, Qxid-Ul sut agir rapidement, et accourait désormais vers elle tout en l'interpellant. Pour une fois qu'elle était relativement contente de le voir ! Sans même qu'il n'ait eu à s'expliquer, la centauresse galopa en sa direction, se doutant bien de la raison de sa présence. Elle se plaça ensuite sous la fenêtre que le séladien venait de lui indiquer, et l'observa grimper au mur selon une technique étrange. Puis, comprenant ce qu'il voulait faire, Helceok se prépara à réceptionner la fille sur son dos. Elle ne chipoterait pas à ce propos ; les conditions le justifiaient.

Elle attendrait ensuite que tous deux ne s'installent avant de réclamer son arc, rapidement. Son arme lui permettrait d'écarter facilement les éventuels gêneurs cherchant à la ralentir. Ensuite, elle s'élancerait à toute allure, laissant les deux autres la guider. A cause de ces idiots d'humains, elle n'avait pas pu procéder à un repérage des lieux, et n'avait donc aucune carte mentale du domaine et de ses alentours pour se diriger. Ainsi, partant du principe que Schizæ et Qxid-Ul connaissaient ces terres, elle jugea préférable de s'en remettre à eux dans un premier temps.

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Mer 21 Mar 2018 - 17:43

QXID-UL – Madame, comment allez-vous ?

La fille sursaute. Perdue dans la contemplation de cette armée venant lui voler ce qu’elle vient enfin d’obtenir, elle n’a pas entendu entrer son esclave. Il s’approche d’elle et, par réflexe, elle s’agrippe à son avant-bras tandis qu’il observe la scène se déroulant en contrebas. Il lui demande de rester là et s’enfuit par la fenêtre. Elle le regarde s’éloigner en désescaldant le mur de pierre.

Des hurlements se font à nouveau entendre à l’intérieur du domaine. Schizæ se dirige vers la porte et son oreille capte un bruit de pas dans l’escalier. Ils sont en train de monter à l’étage. D’un geste violent, elle referme la porte que le Séladien avait ouverte et s’accroche au haut de l’énorme armoire placée juste à côté. Le meuble tombe et barricade ainsi la porte.

A peine a-t-elle finit qu’elle entend déjà des coups de l’autre côté de la porte. Elle se rend à la fenêtre et commence à grimper. Le rebord est trop abrupt, elle craint de tomber et de se briser la nuque. Heureusement, Qxid’Ul apparait bientôt et la hèle. Sans qu’elle prenne le temps de comprendre ce qui lui arrive, la voilà déjà sur le dos de Helceok, juste devant Qxid’Ul.

Elle tend les mains pour s’agripper à la crinière de la centauresse et tire violemment sur une touffe de crin à gauche en donnant de violents coups de talons aux flanc d'Helceok. Une seconde plus tard, se rendant compte qu’il ne s’agit pas d’une de ses habituelles montures, elle se met à hurler :

SCHIZÆ – A gauche par là, là ! Droit devant ! Plus vite, plus vite ! La porte au fond !

Il y a en effet une vieille porte en bois insérée dans les remparts. Elle permet de sortir par l’arrière du domaine. Lancée au triple galop, elle ne remarque pas l’ombre du dragon qui les survole, faisant de larges cercles au dessus d’eux.

Plus loin, un cri retenti :

VOIX – Là ! Ils tentent de fuir !

Schizæ plisse les yeux, fixant l’horizon nocturne droit devant elle. Elle s’accroche au buste de la centauresse et, par réflexe, lui donne de grands coups de talons en espérant que cela accélérera leur course. Elle ne se retourne pas et ne sait pas si on les poursuit ou non. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’il faut aller plus vite, bien plus vite !
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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Qxid-Ul le Mar 27 Mar 2018 - 19:54

Qxid-Ul prit la main de Schizæ et lui servit d'appui pour l'aider à descendre. La jeune baronne s'installa à califourchon sur sa monture parlante. Qxid-Ul reposa les pieds au sol, détacha l'arc d'Helceok qu'il portait sur lui et monta en croupe. Il remarqua que Schizæ donnait de grands coups de talons à la femelle Centaure et espéra que cette dernière avait bien retenu la leçon de base qu'il lui avait inculquée sur ce point : les coups de talons répétés, cela donnait l'ordre de partir au galop. De toute façon, il ne fallait pas prendre la nouvelle monture esclave pour plus bête qu'elle ne l'était : dans pareille situation, elle n'avait même pas besoin qu'on lui donne l'ordre de partir au galop.

En revanche, elle avait au moins besoin d'être orientée, ce que fit Schizæ vocalement. Qxid-Ul tendit l'arc à Helceok au moment même où cette dernière le réclama. Sans s'attarder sur leur synchronicité forcée par la situation, il cala lui-même le bois dans la paume de sa propriétaire.

QXID-UL – Tiens !

Pour le carquois, c'était plus compliqué. Helceok n'allait pas être à l'aise pour se sangler une ceinture et l'y accrocher, en restant au galop avec deux cavaliers sur le dos. Qxid-Ul garda donc le carquois sur lui : il distribuerait lui-même les flèches à l'archère. Sa main gauche contourna la taille de Schizæ pour se tenir fermement à la crinière de la monture. Sa queue se tendit vers l'avant et ses jambes se crispèrent. Heureusement qu'il était très bon cavalier, car monté en croupe sur une Centaure de cette manière en ne se tenant que d'une main, il était facile de tomber. Et une chute ferait mal. Et surtout, ce n'était pas du tout le moment de tomber. Pour mieux tenir, il tendit légèrement les jambes vers l'avant et plaqua ses orteils sur les flancs de la femme-jument : usant de sa magie, il créa une adhérence, la même qui lui permettait de tenir sur des murs même parfaitement lisses ou sur des plafonds.

Schizæ continuait de talonner les flancs d'Helceok. La panique était palpable. Elle la fit passer par la sortie arrière du domaine. Qxid-Ul n'avait aucune invocation capable de suivre le triple-galop d'un Centaure. Il tourna la tête en arrière, brièvement, et tendit la main juste el temps de balancer un petit projectile vers un éventuel poursuivant. Sphérique, verdâtre, gluant... et acide pour la peau...

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Helceok le Lun 2 Avr 2018 - 21:40

La centauresse fut surprise de sentir des coups brusques sur ses flancs, ainsi qu'une poigne tirer vigoureusement sur ses crins. A cet instant, les règles du reptile lui étaient complètement sorties de la tête, surtout qu'elle avait plus important à penser. Helceok s'élança sans attendre, de tout manière, consciente du fait que le temps était rudement compté. Qxid-Ul lui rendit son arc dans la foulée, l'aidant à s'en saisir. Elle trouva dommage de ne pas avoir son carquois à portée de main, mais comprenait que les conditions ne facilitaient pas sa restitution. Nécessitant tout de même de se tenir prête, elle requerra une flèche en ramenant l'une de ses mains vers l'arrière. Quand enfin elle obtint son projectile, elle ne se concentra plus que sur les directions indiquées par Schizæ, arrivant bientôt vers une vieille porte insérée dans un mur. Des voix criaient après eux, et la petite humaine battait ses pieds contre ses flancs. Helceok était sensible à toute cette tension ambiante, et alors qu'ils se trouvaient enfin dehors, elle accéléra sa course.

Désormais à l'extérieur, la centauresse prit soin d'examiner son environnement tout en filant à vive allure. Le ciel était dégagé cette nuit-là, et quand bien même la lune n'était pas à l'apogée de son éclat, sa lueur suffisait à dévoiler les alentours. Aux premiers abords, la voie semblait libre. Helceok déplorait tout de même l'absence de lumière solaire. Sans les rayons de cet astre, les effets de son lierre ne pouvaient opérer, ramenant sa plante au rang de simple ornement. Toutefois, la centauresse ne s'en plaignit pas trop, se consolant avec l'idée que, de toute façon, son végétal n'était pas prêt de voir le jour, enfoui sous toutes ces couches de tissu. Elle n'oublierait pas de les enlever à la première occasion.

Des sons provenant de sa gauche, derrière elle, l'informèrent d'un danger en approche. Des ce qu'elle pouvait entendre, il semblait s'agir d'un petit groupe de cavaliers fonçant droit vers eux ; rien de surprenant. La centauresse s'attendait à ce genre de contre-temps, puisque qu'une milice pouvait très bien avoir été postée quelque part à l'arrière du domaine. Elle accéléra autant que possible, déviant sur sa droite, mais hélas… Sans sa magie et avec les charges sur son dos, n'importe quel cheval pouvait très bien faire l'effort de la dépasser.

En entendant leurs poursuivants remonter lentement de part et d'autre d'elle, la centauresse zieuta rapidement des deux côtés. Ils ne l'avaient pas encore atteinte, et elle en profita pour bifurquer abruptement sur sa gauche, espérant que la fille et l'autre parasite restent bien agrippés. Contournant leurs assaillants, un court laps de temps lui permit de se tourner pour décocher sa flèche : elle se positionna, banda son arc, vit quatre cavaliers brandissant des genres d'épées, ne sut déterminer – faute de lumière – où se situaient leurs pièces d'armure, puis tira dans le bras armé de l'un d'eux, vers le coude ; par expérience, elle savait cet endroit rarement protégé. Helceok reprit sa galopade de plus belle, sans prendre le risque de se retourner pour voir si l'humain avait été touché. Son ouïe témoigna de sa réussite.

Toujours poursuivie, la centauresse fit de son mieux pour galoper en zigzag, déviant d'un côté à l'autre en fonction des sons qu'elle percevait. Ce n'était vraiment pas le moment de redemander une flèche ; les ennemis étaient bien trop proches pour une quelconque manœuvre. Helceok se concentra donc sur sa course, fonçant vers un bois situé plus loin. Si elle parvenait à l'atteindre, alors elle pourrait espérer semer leurs assaillants. Leurs chevaux n'étaient certainement pas entraînés pour slalomer à pleine vitesse entre les arbres tout en enjambant fougères, racines et ronces. Cependant, l'obscurité qui y régnait n'était à l'avantage de personne. La centauresse devrait faire preuve de beaucoup de prudence, et privilégier les trouées pour y progresser facilement. Quoique, à bien y réfléchir, peut-être que cela pourrait jouer en leur faveur ? Puisque leurs vêtements couleur nuit, pourtant si remarquables de jour, les aideraient probablement à se fondre dans le mélange de ténèbres et de clair de lune. Mais encore fallait-il atteindre la forêt…

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Sam 7 Avr 2018 - 18:36

Loin au dessus d'eux, le dragon vole en large cercle. Il scrute la scène, énigmatique. Progressivement, il descend de plus en plus bas, mais reste encore hors de portée de ceux qu'il nomme "les rampants".

Schizæ et ses esclaves galopent vers la sortie. La fille sent le Séladien s'activer et elle se retourne pour voir ce qu'il trame. Son Homme-Lézard est en train de jeter quelque chose vers leurs assaillants. Se concentrant sur la matière verdâtre, la fille use de sa magie pour la faire léviter… droit sur le visage d’un des cavaliers. Ce dernier se met à hurler. Son visage est déjà en train de fondre et le voilà qui arrête sa monture pour sauter au sol.

Le trio traverse le jardin et le voilà déjà de l’autre côté des murs. Helceok galope à vive allure, cependant avec les charges qu’elle porte, elle ne peut rivaliser avec leurs assaillants. Combien sont-ils ? Schizæ n’arrive pas à les dénombrer, elle ne voit que les quatre cavaliers qui atteignent leur niveau et qui s’approchent dangereusement. Elle entend le galop et les cris des autres, un peu plus loin derrière eux.

Helceok bande son arc et sa flèche fend le vent pour se ficher dans le coude d’un ennemi. Son tir fait mouche. L’homme hurle, mais continue sa course. Une autre flèche vole, mais cette fois-ci ce n’est pas Helceok qui l’a tirée. Elle fonce droit vers le ventre de la centauresse et, sans prendre le temps de réfléchir, Schizæ ouvre de grands yeux et concentre toute son attention sur le projectile pour le dévier vers le bas, ne serait-ce qu’un peu… et la course de la flèche, légèrement modifiée, ne fait que frôler le ventre de la centauresse.

Un bois apparait à l’horizon, éclairé par la lueur blafarde de la lune. Schizæ le connait bien, elle s’y rendait parfois avec ses sœurs pour fabriquer des cabanes dans les arbres ou pour jouer à cache-cache. Jamais il ne lui avait semblé si éloigné. Helceok a beau être rapide, elle n’arrivera pas à l’atteindre avant que les flèches ne la criblent de toute part.

VOIX – Ne les laissez pas s’enfuir !
VOIX – Ne blessez pas les cavaliers ! Abattez la monture !

Une autre flèche vole et frôle encore une fois la centauresse qui se met à zigzaguer, l’évitant de peu. Schizæ serre encore plus fort le buste de sa monture, craignant de tomber tant les virages qu’elle prend sont secs.

C’est elle que leurs assaillants veulent. Et ils sont près à tuer Helceok pour l’avoir vivante. Elle sait ce qu’elle doit faire. Son père n'a pas eu le temps de lui enseigner grand chose, mais l’honneur et la loyauté n’ont pas été omises de son éducation. En tant que descendante de la famille de Triant, elle ne peut se permettre de sacrifier ceux qui la servent pour sauver lâchement sa propre peau. Non, elle doit affronter avec courage sa destinée, quitte à mourir avec honneur s’il le faut. Elle crie en direction des longues oreilles de la centauresse :

SCHIZÆ – C’est moi qu’ils veulent ! Je vais sauter et toi, continue avec Qxid’Ul ! Tout droit vers le bois ! Ils ne devraient pas vous poursuivre si je me rend ! Et moi, ils ne me feront aucun mal, ils me veulent vivante.

Du moins, c'est ce qu'elle espère.

Elle relâche le buste de la centauresse, prête à sauter. Elle peut peut-être s’éviter de grave blessure si elle use de sa magie pour faire léviter ses vêtements et atténuer sa chute.

Concentrée, elle fronce les sourcils et relâche la centauresse pour sauter.
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Message  Qxid-Ul le Dim 15 Avr 2018 - 13:10

La boule d'acide eut une trajectoire assez surnaturelle. Elle aurait dû frapper le cavalier au niveau des hanches ou des jambes, ou blesser sa monture, au lieu de quoi elle le frappa en plein visage. L'homme hurla de douleur et fit arrêter sa monture pour se jeter au sol en essayant de s'essuyer le visage. Qxid-Ul tourna la tête et remarqua que Schizæ venait de faire un geste étrange, qu'il interpréta finalement bien vite en se rappelant que sa maîtresse savait faire usage de télékinésie. Schizæ avait déjà attiré un couteau jusqu'à sa main, lorsqu'elle était à l'écurie avec Helceok, et c'est sûrement elle qui venait d'ajuster la trajectoire du missile acide. En combinant leurs dons, Qxid-Ul et Schizæ représentaient un danger deux fois plus important.

Hors du domaine, la course-poursuite prit une autre tournure. Quatre cavaliers grignotaient la distance avec Helceok, qui n'arrivait pas à être aussi rapide que les chevaux à ses trousses. Le tir de la Centauresse blessa un cavalier au coude mais ne fit que le ralentir sans le mettre hors jeu. Helceok se concentra ensuite sur son galop et sur sa propre trajectoire, essayant de prendre des virages imprévisibles pour perdre ses poursuivants. Qxid-Ul ne lui donna donc pas de flèche puisqu'elle n'en réclama pas, et de toute manière, lui-même fut trop concentré sur son assiette, car les virages brusques de la femme-jument risquaient de le faire tomber, malgré l'adhérence magique de ses orteils sur les flancs de cette dernière. Pour cette même raison, il ne se hasarda pas à envoyer une autre boule caustique, de peur de se déséquilibrer dans le geste.

Pourtant, les poursuivants attaquaient, eux. Plusieurs flèches menaçaient de blesser Helceok ou ses cavaliers – quoique les tirs étaient bas, comme si les archers visaient la croupe ou les pattes de la Centauresse en évitant le risque de blesser l'un des deux cavaliers. Qxid-Ul eut confirmation de l'intention des ennemis :

Voix – Ne les laissez pas s'enfuir !
Voix – Ne blessez pas les cavaliers ! Abattez la monture !

La cible de leurs tirs était donc bien Helceok seulement. Certainement que Qxid-Ul pouvait être admis en dommage collatéral, mais ils ne voulaient surtout pas risquer de blesser Schizæ : c'est elle qu'ils voulaient. Qxid-Ul avait beau avoir été informé de la situation du Domaine de Mortelune et de l'histoire de Schizæ, il n'arrivait pas à deviner clairement qui les poursuivaient et quelles étaient leurs intentions à l'égard de Schizæ. Cette dernière avait demandé à ce que ses deux esclaves soient en mesure de se battre si besoin, elle s'était doutée qu'une attaque aurait lieu, pour autant Qxid-Ul ne savait pas bien pourquoi cette attaque avait effectivement lieu. Ce n'était pas le moment de poser des questions, toujours... Quatre ennemis devaient être neutralisés ou semés, c'est tout ce qu'il y avait à savoir.

SCHIZÆ – C'est moi qu'ils veulent ! Je vais sauter et toi, continue avec Qxid'Ul ! Tout droit vers le bois ! Ils ne devraient pas vous poursuivre si je me rends ! Et moi, ils ne me feront aucun mal, ils me veulent vivante.

Elle voulait se rendre ?! Et que feraient ses deux esclaves ensuite ? Qxid-Ul ne comprenait pas bien la situation, et si jamais Schizæ venait à être capturée, il se retrouverait perdu, avec une esclave à peine dressée.

Schizæ lâcha prise et quitta le dos d'Helceok. Les pensées de Qxid-Ul défilèrent à toute allure, comme si la seconde qui était en train de s'écouler passait au ralenti pour en durer trente. Devait-il sauter lui aussi ou non ?
D'un côté, Schizæ venait de donner l'ordre à ses deux esclaves de s'échapper. Elle voulait se sacrifier pour eux. De plus, si Qxid-Ul sautait pour défendre Schizæ, Helceok serait libre de tracer sa voie jusqu'à la liberté, avec en plus son arc en main – son carquois toujours aux mains de Qxid-Ul n'aurait que peu d'importance pour elle, ce n'est pas ça qui la retiendrait.
D'un autre côté, Qxid-Ul refusait de se retrouver livré à lui-même, avec une maîtresse qui se sacrifiait pour lui. Ce n'est pas de cette manière qu'il protègerait Schizæ. Il devait la défendre, et si Helceok devait partir, alors soit : entre Schizæ et Helceok, Qxid-Ul choisissait sa maîtresse. Il pourrait toujours lui capturer un autre Centaure.

Qxid-Ul prit sa décision ; mais s'il sautait comme ça, il risquait de se faire bien mal. Il tira fort sur la crinière d'Helceok en lui criant :

QXID-UL – Ralentis ! Je vais l'aider !

Il sauta du dos d'Helceok et atterrit jambes fléchies, centre de gravité bas. Il jeta le carquois aux pieds de sa propriétaire et vint se placer à côté de Schizæ. Les cavaliers ralentirent à trois mètres d'eux, arcs braqués sur Schizæ, à l'exception d'un qui fut braqué sur Qxid-Ul.

L'Homme-lézard se mit à quatre pattes, et ses écailles prirent alors la texture de l'environnement, si bien qu'il devint pratiquement invisible. Les quatre soldats ennemis en furent déconcertés. Qxid-Ul agit vite : il tendit un bras vers l'un des trois archers qui visait Schizæ et envoya une petite boule caustique, qui se dirigea à grande vitesse droit vers la tête de la cible. L'archer qui visait Qxid-Ul tira une flèche mais l'Homme-lézard eut le bon réflexe de bondit sur le côté, ce qui trahit un instant son invisibilité, mais cela restait difficile de viser une cible en ne percevant qu'un flou de mouvement.

Qxid-Ul tourna la tête vers un autre archer visant Schizæ, et cette fois, sa langue jaillit de sa bouche pour s'enrouler à la vitesse de l'éclair autour du cou du cavalier. Qxid-Ul tira brusquement et avec une force supérieure, faisant tomber l'homme en armure de sa monture et le projetant en arrière, vers l'endroit où se trouverait Helceok si elle s'était arrêtée.

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