Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

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Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Sam 12 Aoû 2017 - 22:42

La fille s’efforce de mettre un pied devant l’autre. Elle se concentre pour ne pas s’affaler au sol. Le dragon l’a déposée bien loin. Il disait ne pas avoir envie d’être repéré. Mais la fille est persuadée qu’il voulait juste la faire marcher jusqu’à épuisement. Ses chaussures sont abîmées. Elle les avait pour traverser la montagne, la grotte avec sa maudite pierre, les plaines d’Azgal et le village de son neveu, Jian. La fille crache au sol. Ses bonnes manières de noble baronne n’ont plus lieu d’être. Dans ses habits déchirés, ses chaussures qui partent en lambeau et derrière ce visage rouge et trempé de sueur, il n’y a vraiment plus lieu de faire illusion.

SCHIZÆ – Maudit dragon ! Tu me le paieras !

Elle concocte sa vengeance en poussant nombre de jurons. Une idée machiavélique lui vient à l’esprit. Le dragon veut détruire la pierre dont la découverte a failli lui coûter la vie. Il pense qu’elle pourrait donner accès à un pouvoir bien trop grand pour les humains. Cela risquerait de déséquilibrer l’ordre du monde. Ce monde où il s’imagine que les dragons sont les rois. Il mériterait qu’elle utilise cette pierre. En plus, elle en a besoin. En effet, elle a promis à Solyana de mettre son fils, désormais orphelin, à la tête du domaine de Triant. Ou de Mortelune, puisqu’à présent le sale porc de Théobald l’a renommé ainsi.

La fille a un rire amer. Elle a au moins réussi à tuer Aliénor, l’épouse de ce bâtard. Ce coquin avait marié sa traitresse de cousine pour voler la terre des De Triant. Maintenant que le baron se retrouve veuf, Schizæ pensait pouvoir l’épouser. C’était la seule solution qu’elle avait trouvée pour récupérer ses terres. Et cette idée ne lui plaisait guère.

Cependant cette histoire de pierre va changer la donne, Schizæ en est certaine. Ce minéral magique lui donnera accès à un pouvoir suffisant pour qu’elle récupère son titre et son domaine et qu’elle le lègue ensuite à Jian.

La fille aperçoit enfin la ville, très loin là bas. Elle se laisse tomber sur les fesses, sans aucune grâce.

SCHIZÆ – Par tous les Dieux ! Que c’est loin ! Je n’en puis plus…

Elle ne peut atteindre les premières maisons avant la tombée de la nuit, alors autant s’arrêter pour dormir un peu. Elle se cherche une cache où elle pourra passer quelques heures tranquilles, sans que personne ne puisse la trouver. Elle se blottit ensuite sur elle-même et pose une couverture sur elle. La même couverture qui se trouve dans le même sac qu’elle traîne depuis qu’elle a quitté les montagnes.

Fichtre, se dit-elle. Il ne fait pas bien chaud. Elle n’a pas l’habitude de dormir dehors. Mais cette nuit, elle n’a pas le choix. Il lui faut reprendre des forces.

En fermant les yeux, elle repense à Jian. Quelle aventure pour le retrouver… Après avoir fait la rencontre d’Arank, le guerrier, elle a fini par effectuer ses recherches sur le village désigné par le dragon. Il lui a fallu des jours et des jours pour retrouver sa piste. Finalement, elle a trouvé un très jeune garçon adopté par une famille de péons sans le sous. Sans dévoiler son identité, Schizæ avait cherché à en savoir plus sur lui. Elle avait ensuite choisi de le laisser aux bons soins de cette famille qui lui semblait stupide mais aimante et bien-traitante. La fille ne pouvait s'encombrer d'un enfant dans sa quête familiale. Elle avait donc laissé Jian derrière elle, prévoyant de revenir ensuite le chercher, une fois que le domaine de Triant serait prêt à lui faire un royal accueil.

Jian ressemble beaucoup à Schizæ. Il n’a pas pris les traits de sa mère, ce qui satisfait grandement la fille. La situation lui paraît risible. Solyana était une belle dame hautaine. Et son fils est un orphelin sale, analphabète et sans éducation aucune. La fille soupire à l’idée de devoir faire de lui un vrai noble.

Elle finit par s’endormir d’un sommeil sans rêve.

La journée à venir s’avère longue et compliquée. Il lui faudra retrouver le domaine de Triant, mais surtout Nïn, l’esclave qu’elle a laissée sur place. Cette dernière lui sert d’espionne et apportera à Schizæ tous les éléments qui lui permettront de reprendre sa place de baronne.

Nïn… son esclave lui a tant manquée. Elle aimerait la revoir au plus vite, se retrouver à nouveau dans ses bras chauds et rassurants.

Pas un instant elle ne se doute que la situation au domaine de Mortelune a radicalement changée et que sa chère Nïn est en cavale avec une belle bande d’énergumènes.

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Message  Qxid-Ul le Dim 13 Aoû 2017 - 18:35

Tout ça pour du fromage... Et encore, Qxid-Ul s'estimait heureux. Il aurait pu avoir droit au pilori dans le village même de Piellefort, mais l'on avait trouvé plus malin – ou plus pervers – de l'envoyer être jugé dans le Royaume d'Estandre. Piellefort, ce grand village quelque part dans la région telbarane des Ganavarelles, voilà où Qxid-Ul avait entreprit de voler un chargement de fromage estanol. Finalement, bien que les deux royaumes fussent en tension, cela ne concernait que les souverains ; pour le peuple, le commerce restait profitable. En quoi les villages en bordure de royaume devaient-ils se sentir concernés par les ressentiments séculaires portés uniquement par les aristocrates, les militaires et les historiens ? Loin des yeux, loin du cœur. Les affaires des capitales ne concernaient pas ces humbles villageois. Et le fromage estanol était réputé aussi dans le Royaume de Telbara où il se vendait cher.

Qxid-Ul n'aurait pas dû agir seul, il n'aurait pas dû agir précipitamment. Il s'était fait avoir bêtement. Ligoté aux mains et aux pieds par de solides cordes, l'Homme-lézard regardait le paysage qui défilait au rythme de la charrette qui le ramenait dans le Royaume d'Estandre, où il avait déjà vécu pendant quatre ans. La vie d'esclave était-elle mieux que celle de bandit ? Ni mieux ni pire, pour Qxid-Ul. Juste ce qu'il méritait, sans doute. Ou ce dont il avait besoin. Songeur, le regard dans le paysage, il imaginait à quoi ressemblerait son futur maître. Serait-il comme Kalamn ? Ou plutôt comme Traso ? Lui réserverait-il un bon traitement, ou le fouetterait-il à longueur de journée ? Quoi qu'il en soit, Qxid-Ul ne serait plus seul. Et ce, jusqu'à ce que la condition d'esclave lui devienne de nouveau insupportable et qu'il réussisse à s'évader. Alors il repasserait d'esclave à bandit.

Les marchands traînèrent le captif dans leur charrette jusqu'à Ventraque. Là-bas, ils dévoilèrent son délit et la peine qu'ils proposaient de lui réserver. Un Humain bedonnant avec une odeur forte de sueur, de viande et d'alcool, affirma être un esclavagiste pouvant le vendre à la capitale. Ben voyons... Comme si Qxid-Ul ne pouvait pas trouver un maître ici, à Ventraque. Non, il fallait qu'il tombe sur un porc d'Humain qui voulait le traîner jusqu'à Estandre...

L'Homme-lézard avait envie de vomir tant l'odeur de l'esclavagiste était infecte. Les Humains sentaient mauvais, certes, mais lui, il était bien pire que la moyenne. Un ombrulant avait une odeur abominable, mais Qxid-Ul la supportait, car il identifiait cette odeur comme une amie. Les Humains n'étaient pas des amis. Enfin, celui-ci ne serait pas son maître, fort heureusement, seulement son vendeur. L'Homme-lézard fut examiné de la tête aux pieds. Le porc humain remarqua la particularité de sa bave et son sourire dévoila une dentition à moitié pourrie mais miraculeusement complète. Qxid-Ul avait indéniablement une haleine putride mais cet Humain lui faisait rude concurrence.

Les marchands ayant amené Qxid-Ul gagnèrent quelques pièces pour leur bon sens patriote, et Qxid-Ul partit le jour même pour Estandre, ligoté dans une autre charrette avec cette fois-ci la compagnie de quatre autres esclaves : une Femme-lézard, un Halfelin, une Xolonne et, suivant la charrette sur le côté, une Centauresse. Tout avaient l'œil triste. Tous, sauf Qxid-Ul. Non pas qu'il était joyeux, mais il avait connu la vie d'esclave pendant si longtemps que ça en était quelque part rassurant, pour lui. Sa seule angoisse était de tomber sur un maître maltraitant, pire que Traso qui était seulement négligeant.

Finalement, entre les plaintes des autres futurs esclaves et l'agacement des esclavagistes, les deux semaines qui séparaient Qxid-Ul d'Estandre furent plus pénibles à la longue que tout le trajet de Piellefort à Ventraque. Le douzième jour, Qxid-Ul en vint même à menacer de mort la Xolonne, tellement il n'en pouvait plus d'entendre les pleurnicheries. L'ambiance était nauséabonde, pour le moins. L'Halfelin reprochait à Qxid-Ul de ne rien faire pour essayer de les libérer, comme s'il avait compris que l'Homme-lézard à la bave verdâtre avait des capacités que les autres n'avaient pas. Utiliser la magie avec les mains ligotées dans le dos était plus difficile, ses incantations seraient entendues, et Qxid-Ul préférait mille fois être esclave que mort. De toute façon, sa bave ne pouvait rien sur de la corde, et il ne se voyait pas se battre seul contre cinq esclavagistes dont trois mercenaires armés jusqu'aux dents, tout ça avec les pieds ligotés, quand bien même il passerait à l'action à un moment où il aurait les bras libres.

Enfin, le voilà exposé sur une place de marché, en pleine capitale, près des grandes portes périphériques. Comble de malchance, il fut placé juste à côté de la Xolonne. Cette dernière ne fut pas tranquille, en voyant les regards acérés que lui lançaient l'Homme-lézard assez régulièrement. Le marchand au physique de porc rappela Qxid-Ul à l'ordre plusieurs fois. Des esclaves qui se battent, ça fait pas présentable. Enfin, sauf si on veut justement les acheter pour leur agressivité, à la manière d'un chien de garde... Quant à la Centauresse, elle était placée à l'autre côté de Qxid-Ul. Qxid-Ul tournait souvent la tête vers elle pour que sa douce odeur équine chassât de ses narines celle du marchand.

Allez, Qxid-Ul, fais le beau, maintenant. Quelqu'un va vouloir t'acheter. Tu as des écailles de belles couleurs. Montre que tu n'as aucune blessure, aucune cicatrice. Montre que tu es en bonne santé, et que tu es mieux dressé que tous ceux à côté de toi. Expose la beauté de tes écailles, la finesse de ton museau, l'étincelle de ton œil, la malice de ton sourire, le port de ta queue, le maintien de tes pieds. Tu es beau, Qxid-Ul. Le plus beau des esclaves exposés par ce marchand puant, le plus beau et le plus docile. Et tu as besoin d'un maître qui t'aimera.

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Lun 14 Aoû 2017 - 18:46

Le lendemain, la fille parvient enfin à la ville. Les premiers regards humains qui se posent sur elle sont imprégnés de dégoût. Aussi peu douée d’empathie qu’elle soit, Schizæ n’a pas de difficulté à le remarquer : sa présentation est celle d’une mendiante. Impossible pour elle de revenir chez elle vêtue de la sorte. Sa première action dans sa ville natale s’avère donc peu scrupuleuse. Elle s’avance jusqu’aux quartiers bourgeois et observe le va-et-vient des passants. Surtout ceux des passantes. Malheureusement, aucune jeune fille bien éduquée ne se déplace seule. Accompagnées de servantes ou au moins d’un esclave, elles avancent avec grâce et distinction sans jamais s’abaisser à regarder la fille toute crottée qui les fixe avec insistance. Au bout d’un long moment, la fille finit par quitter son poste d’observation et suit une donzelle aux parures chatoyantes. Cette dernière est accompagnée par un minotaure lourdement armé et à la carrure impressionnante, même pour quelqu’un de son espèce. La fille attend que le duo atteigne une ruelle totalement vide pour murmurer d’une voix froide une incantation. C’est alors que la respiration de la belle noble ralenti. Une brume s’échappe d’entre ses lèvres devenues violettes. Elle tremble dans ses élégantes parures d’été, s’arrête de marcher et tente de se réchauffer en se frictionnant les bras. Son massif garde du corps s’arrête sans comprendre la réaction de sa maîtresse. Il ignore la conduite à tenir. Cachée un peu plus loin, Schizæ se lèche les lèvres et murmure une nouvelle suite de mots incompréhensibles. C’est alors qu’une main en partie putréfiée sort de terre et agrippe le pied du minotaure. Il dégaine sa hache et tranche la main d’un geste rapide. Cependant, quand il relève la tête, il se voit cerné par des zombies et deux pestiférés. L’odeur immonde qui emplit l’air aurait fait chaviré l’esprit de la belle noble si cette dernière n’était pas déjà tombée au sol, inanimée par le froid. Le minotaure fait alors virevolter sa hache en tout sens, cherchant à tuer les morts qui s’avancent vers lui. Il ne remarque pas qu’un spectre s’est emparé de sa maîtresse et l’emporte avec lui. Il se bat avec acharnement et n’a pas de difficulté à faire tomber la tête de quelques zombies. Les pestiférés lui donnent plus de fils à retordre. Le combat dure depuis quelques minutes déjà, mais le minotaure sent que ses adversaires ont le dessus. Quand l’un des pestiférés se jette sur lui pour lui assener un coup mortel, l’esclave tente de protéger sa tête de ses deux bras. Il attend la mort avec effroi. Mais… rien ne vient. Quand il relâche les bras et regarde autour de lui, il découvre une ruelle vide. Les morts ont disparus. Et sa maîtresse également. Affolé, il se précipite en avant en hurlant. Si les morts l’ont épargné, ce ne sera pas le cas des Estanols ! Il sera recherché, torturé et mis à mort. Le minotaure panique, galope et… tombe sur sa maîtresse. La jeune fille est allongée au sol, en jupons, délestée de sa bourse, de sa robe et des parures qui ornaient sa coiffure.

Satisfaite de son méfait, Schizæ court, les bras chargés de ses trophées, jusqu’à un pont. Elle descend se cacher en dessous. Dans l’odeur d’urine et au milieu des rats morts, elle enfile ses nouveaux vêtements et se recoiffe tant bien que mal avec les barrettes et rubans colorés. Un grand sourire aux lèvres, elle noue également "sa" ceinture à laquelle elle accroche "sa" bourse qui tinte joyeusement. La voilà désormais riche et bien vêtue.

Quand elle remonte à nouveau dans les rues passantes, elle presse le pas afin de mettre la plus grande distance possible entre le lieu de son crime et elle-même.

En filant entre les ruelles, elle se rend rapidement compte que quelque chose cloche. Les enfants des rues la regardent d’un œil alerte, près à la détrousser dès qu’il n’y aura plus de passants autour d’elle. Les adultes la regardent indignés. Aucune demoiselle de bonne famille ne se baladerait seule dehors.

En arrivant en ville, elle se doutait bien qu’il lui faudrait de la compagnie. Et pas n’importe laquelle. Car cette fois-ci, ni un zombi, ni un spectre ne pourra lui venir en aide. Elle se dirige donc d’un pas sûr vers le marché aux esclaves. Voilà la seconde étape de son plan qui, pour le moment, s’est déroulé à la perfection. Cependant les choses vont à présent se compliquer. La fille ignore si elle réussira à acheter quelqu’un, humain ou non. Le contenu de sa bourse lui semble suffisant, ce n’est pas cela qui l’inquiète. Le problème vient surtout du fait qu’elle n’est qu’une jeune fille richement habillée et solitaire.

Mais il est trop tard pour faire marche arrière car la voilà déjà devant l’étal des marchands criards. Elle n’a jamais vu une si grande foule. La fille serre les dents. Advienne que pourra.

Devant elle s’étale une rangée de non-humains, pour la plupart. Elle aurait voulu prendre une humaine qui aurait pu lui servir de dame de compagnie, capable de la coiffer, l’habiller et tenir des discussions entre filles, un minimum intéressantes. Malheureusement ce n’est pas ce qui semble se vendre le plus, par ici. Sous ses yeux (ou plutôt, "bien au dessus de ses yeux") se trouve une belle centauresse au regard triste. Schizæ se dit qu’une esclave qui puisse à la fois tenir lieu de monture, tenir une discussion et s'occuper d'elle, serait deux fois plus rentable. Cependant elle n’a pas le temps de prononcer un seul mot que la centauresse se voit déjà achetée. Elle grimace. Il va falloir qu’elle s’impose un peu plus.

Quand le marchand vante une minotaure qui se trouve non-loin, Schizæ lève le bras très haut. Malheureusement, « très haut » ne suffit pas à dépasser l’épaule d’un énorme homme qui dit d’une voix gutturale :

HOMME – Quinze !

Il renchérit en pièce d’or. Schizæ vérifie le contenu de sa bourse avant de crier :

SCHIZÆ – Seize !

Le marchand ne la regarde même pas, il tend son bras vers un autre homme, bien plus grand et plus bruyant qu’elle.

MARCHAND – Seize ici ! Seize pièces d’or ! Qui dit mieux ?

Schizæ lève la main très haut, mais le marchand continue :

MARCHAND – Dix-sept pour le jeune homme ! Quoi ? Dix-huit pièces d’or pour Monseigneur ! Qui dit mieux ? Qui dit mieux ? Non ? Alors félicitation Monsieur ! Cette magnifiiiiiique minotaure est désormais à votre service. Vous ne serez pas déçu, croyez moi !

Schizæ soupire. Le marchand se met à faire l’éloge de son « meilleur pour la fin », puisqu’il s’agit d’un formiiiiiiiiidable Homme-Lézard. Il lui fait penser à Artanis, sauf qu’il n’a aucune marque, aucune cicatrice. Ses écailles ont une jolie couleur, la même que celle du ruban qui orne désormais ses cheveux. Celles de Serpad n’avaient pas tout à fait la même teinte. Allez, cette fois-ci, c’est la bonne, se dit-elle en hurlant et en sautillant sur place en montant les chiffres.

A sa grande joie, le marchand la repère enfin et la fait participer aux enchères. Ce qui n’est pas du goût du client à sa droite, un grand barbu qui tente de la faire disparaître derrière lui en la poussant. Il lui marche même sur le pied en criant :

BARBU – QUIIIIINZE PIECES D’OR POUR L’HOMME-LEZARD !

Et d’un geste, il la pousse brutalement derrière lui. Il se resserre contre son voisin de droite, empêchant la fille d’apercevoir le marchand. Cette dernière crie d'une voix aiguë, mais couverte par le brouhaha :

SCHIZÆ – Dégage, espèce de merdaille ! Hé ! Oyez !

Mais l’homme la pousse au loin, au milieu de la foule qui l’entraine. Elle vomit toute une série de juron mais rien n’y fait, les enchères continuent sans elle et le barbu finit par acquérir l’Homme-Lézard. Il s’en va en riant à gorge déployée. La fille, quand à elle, murmure avec hargne :

SCHIZÆ – Tudieu ! Vous allez m’odir, toi et ta sale trogne… On ne conchie pas une de Triant de la sorte.

Sans jeter un regard sur les esclaves restants, la plupart fort mal en point, la fille se met à suivre l’homme à la barbe. Discrètement, elle avance à sa suite entre les rues. Elle bouillonne de rage. Le barbu, lui, sourit en avançant. Il n’adresse pas un mot à sa marchandise, restée enchaînée. L'Homme-Lézard doit être destiné à quelqu'un d'autre, probablement à un homme supérieur au barbu.

Quand la rue se fait moins peuplée, Schizæ court, rattrape le duo Humain-Séladien, le dépasse et se plante devant eux, poings sur les hanches. L’homme s’arrête et la regarde, d’abord étonné, puis narquois.

BARBU – Ma demoiselle. Puis-je t'aider ?

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Qxid-Ul le Mar 15 Aoû 2017 - 11:13

L'attention globale des clients se porta tout d'abord sur la Centauresse. Le porc d'apparence humaine en charge de la vendre lança des enchères qui ne grimpèrent pas très haut, et Qxid-Ul vit deux explications à cela : d'une part, la femelle esclave avait l'air trop triste et trop peu vigoureuse, et donnait l'impression de risquer de mourir de déprime sitôt acquise. D'autre part, ils étaient à Estandre même. Qxid-Ul avait vécu quatre ans dans ce royaume et, en matière d'esclavagisme, il possédait ses quelques différences avec le Royaume de Tacomnal. Ici, la rareté d'un esclave était signe de richesse. D'ordinaire, les Centaures se vendaient beaucoup plus cher que les autres races, en tout cas dans le Royaume de Tacomnal, car ils avaient l'unique capacité de servir de montures parlantes et de bêtes de somme tout en gardant les bras libres pour d'autres actions. Ils coûtaient malgré tout deux fois moins cher qu'un vrai cheval, car ils restaient de vulgaires esclaves « sans âme » et non de nobles animaux, mais ils restaient des esclaves prisés. Avoir une monture capable de comprendre tous les ordres, ça devrait même valoir plus cher qu'un cheval ; à défaut, ça restait la race d'esclaves la plus chère. Mais ici même, à Estandre la capitale de l'autre royaume, les mœurs étaient différentes. Symbole de prestige et de richesse pour son propriétaire, un esclave valait proportionnellement plus cher quand il était plus rare à trouver ; or, des Centaures, le Royaume d'Estandre en avait tout le tour du bras. Ils restaient une race à part, normalement plus chère que les autres, mais le fait à savoir était que dans la région de la capitale, leur esclavage était prohibé puisque le Roi voulait s'en faire des alliés dans la guerre contre le Royaume de Tacomnal. Vendre un esclave Centaure dans la capitale était déjà extrêmement risqué pour le marchand, qui risquait une sanction s'il se faisait prendre ou dénoncer ; mais pour l'acheteur, c'était également des risques, aussi un Centaure dans la capitale même était-il substantiellement dévalué.

Le marchand ne perdit donc pas de temps dans les enchères : il lui suffit qu'une seule personne fût intéressée par la femelle Centaure, et il la lui fit à bon prix. C'était idiot de sa part puisqu'il aurait pu la vendre quatre fois plus cher dans une autre région, mais il devait avoir ses raisons pour ne pas entreprendre ce voyage et préférer rester dans la capitale.

La Centauresse partie, Qxid-Ul ne put plus se servir de sa douce odeur équine pour couvrir celle infecte du marchand. Il s'efforça de garder une allure fière. Il lui avait été demandé de ne pas montrer sa salive, car le marchand n'était pas confiant sur le fait de pouvoir en faire un argument de vente haussant la valeur de l'Homme-lézard. C'était pourtant le genre de raretés qui justement pouvaient rendre un esclave plus cher à la vente, mais Qxid-Ul était bien dressé et ne bava pas.

La Minotaure fut mise en vente avant lui. Il patienta, voyant qu'un attroupement de nobliaux avait été attiré par l'exposition d'esclaves et se livrait à des enchères. Ces gens ne savaient pas quoi faire de leur argent : la Minotaure se vendit dix-huit pièces d'or, un excellent prix. Le vendeur devait se frotter les mains. Qxid-Ul vit la Minotaure rejoindre son acquéreur la mine basse, alors qu'elle devrait se sentir flattée d'avoir été achetée à ce prix. Dix-huit pièces d'or, on n'était pas loin du prix d'un cheval.

Qxid-Ul fut ensuite mis aux enchères, présenté comme « le meilleur pour la fin ». Eh bien ! Les enchères grimpèrent en flèche, déjà treize pièces d'or par ici, puis quatorze, puis voilà qu'un grand Humain barbu cria le prix de quinze pièces d'or, et ça ne s'arrêta pas là. Qxid-Ul n'eut même pas besoin de montrer les propriétés uniques de sa salive pour être vendu dix-neuf pièces d'or, plus cher que la Minotaure. Un exploit. Comment un Homme-lézard pouvait-il être vendu plus cher qu'une Minotaure ? Peut-être parce que Qxid-Ul était en parfait état de santé, ne présentait aucune marque, aucune cicatrice, qu'il avait l'œil vif, le port droit et non avachi, qu'il n'avait donc pas d'allure triste et molle des deux esclaves vendus avant lui, et qu'il avait déjà été très bien dressé.

C'est le grand Humain barbu qui avait crié la plus haute enchère. Dix-neuf pièces d'or. Sans même avoir eu démonstration des propriétés de la salive de l'Homme-lézard. Sans même qu'il fût annoncé qu'il savait lire et écrire – le marchand lui-même ignorait ce fait. Qxid-Ul n'en revenait pas.
Le marchand encaissa son gain et confia Qxid-Ul au client à grosse barbe, sans lui ôter ses chaînes, à la demande de ce dernier. Flanqué de celui qu'il pensa être son nouveau maître, l'Homme-lézard avança dans la rue, les deux pieds reliés par une chaîne lui permettant juste de faire des pas simples mais interdisant la course, et les deux mains ligotées devant lui. Personne ne lui accorda d'attention, pas même son acquéreur.

Sauf une fille. A un moment, alors qu'il y avait moins de monde dans la rue, elle dépassa Qxid-Ul et son nouveau maître, et se planta devant eux. Elle avait l'âge d'une adolescente, et son odeur avait quelque chose de bizarre. Qxid-Ul, ne faisant pas cas de la discrétion, tendit le museau pour la renifler plus attentivement, intrigué. C'était comme si cette fille de noble – à en juger par sa parure – avait... deux odeurs. Qxid-Ul distingua très bien laquelle était vraiment la sienne, mais pourquoi portait-elle l'odeur de quelqu'un d'autre si fort sur elle ? Qxid-Ul comprit vite la seule explication possible : cette autre odeur imprégnait les vêtements, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose. Les vêtements de noble portés par la fille n'étaient pas les siens. Venait-elle de les voler ? Sa sœur venait-elle de les lui prêter ? Qxid-Ul préféra s'imaginer que cette fille était une voleuse et se faisait passer pour une noble qu'elle n'était pas. Faisant le parallèle avec sa propre vie de brigand, il ne put s'empêcher de sourire, tandis que l'Humain barbu, ne se rendant compte de rien avec son odorat défaillant, demanda à l'adolescente s'il pouvait l'aider.

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Mar 15 Aoû 2017 - 13:41

Puis-je t’aider ? Il ose la tutoyer alors qu’il n’est même pas noble ? A ses défroques, elle suppose qu’il n’est qu’un serviteur ou tout au mieux un petit marchand. Cependant, la fille comprend qu’il ne lui montre pas le respect dû à son rang. Elle le lui accorde, elle n’est pas bien présentable, vacant sans escorte dans les rues de la capitale. Mais cela ne saurait plus tarder, une fois qu’elle aura récupéré son dû.

Avant de commettre une bêtise, la fille respire un bon coup et prend sur elle. Inutile de se battre sans d’abord tenter une approche douce, même si ce terme ne lui correspond en rien.

SCHIZÆ – Oui, mon brave Monsieur. N’aviez pas remarqué que j’étais à vos côtés lorsque vous achetiez ce Séladien ?

La fille lui raconte alors la scène qu’ils viennent tous deux de vivre, quelques minutes plus tôt. Son accent, propre à la capitale Estanole, est le même que celui de son interlocuteur. Elle tente de faire transparaître sa bonne éducation à travers son port royal et son vocabulaire soutenu, utilisant des termes tels que « Séladien » et tous ces mots pompeux si chers à feu sa grande sœur, Solyana. Malheureusement, cela ne suffit pas à intimider l’homme à la barbe, loin de là.

BARBU – Tu m’en vois désolé. Allez, maintenant que j’ai perdu mon temps avec tes jérémiades, déguerpi d’ici. Oust ! Rentre chez ton mari plutôt que de traîner seule dehors.

Il tire son Homme-Lézard par ses chaînes et contourne la fille qui le regarde, scandalisée. Cet homme lui parle d’époux ? Elle se rappelle vite que, vêtue de la sorte, il devine son rang noble. Or les filles d’aristocrates se font marier aux alentours de son âge. Elle a quatorze ans à présent, mais elle en fait bien plus, peut-être du fait de tout ce qu’elle a déjà pu vivre durant sa courte existence. Pendant une seconde, elle se demande s'il n'est pas déjà trop tard pour qu’elle marie le baron de Mortelune. Puis elle secoue la tête en s’admonestant : ce n’est pas le moment de penser à cela.

Le barbu ne lui montre aucun respect. Pourquoi en serait-il autrement ? Schizæ le laisse donc la dépasser en baissant la tête. Quand il passe à côté d’elle, la fille lui attrape la main. L’homme à la barbe fronce les sourcils face à cette poigne inattendue. La peau de la damoiselle lui parait glacée. Et puis… son cœur ne fait qu’un tour dans sa poitrine ! Il a l’impression qu’il ne bat plus tout à fait normalement. Il hoquète. Quelque chose ne va pas. Il comprend alors que s’il ne fait rien, il va mourir !

La fille lève la tête et le regarde avec un sourire inquiétant. L’homme tente de se défaire de sa poigne mais elle s’agrippe à lui. D’un mouvement brusque, il lui envoie son poing dans la figure et la fille tombe au sol. Elle se frotte le visage.

L’homme s’inquiète, il a des vertiges et a besoin de se cramponner à… à ce qu’il trouve. Et c’est sur l’Homme-Lézard qu’il s’appuie donc, seule béquille à sa portée. Il sent qu’il va vomir. Il cherche des yeux une ruelle un peu plus éloignée. Il se précipite dans une impasse entraînant l’esclave enchaîné dans son mouvement. A quatre pattes, il dégobille son déjeuné.

Une fois soulagé, l’homme regarde autour de lui. Personne. Ils sont dans une impasse sombre. Et la fillette est toujours là, le regardant d’un œil noir. Elle l’énerve au plus haut point !

BARBU – Hé, le lézard ! Met lui une bonne raclée, à cette garce !

Avec les dernières forces qui lui restent, il défait les chaînes de son esclave. Il lui fait signe de détruire les jolies dents de la damoiselle, puis s’affale au sol en regardant la scène.

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Qxid-Ul le Mar 15 Aoû 2017 - 15:16

La fille qui avait emprunté/volé des vêtements de noble se plaignit d'avoir été ignorée par le grand homme barbu pendant les enchères sur le « Séladien ». Il était extrêmement rare que Qxid-Ul entende quelqu'un parler de sa race en ce terme. Choisir de les appeler “Séladiens” plutôt que “Hommes-lézards” relevait d'un certain respect pour leur race, encore plus dans un royaume d'esclavagiste où ils étaient appelés plus concisement et plus dédaigneusement “Lézards”.

Le rustre barbu qui avait fait l'acquisition de Qxid-Ul ne releva même pas ce détail. Il écouta un instant les plaintes de l'adolescente puis lui répondit non sans narquoiserie qu'il en était désolé avant de lui demander de déguerpir et de rentrer chez son mari. L'adolescente Humaine était en effet en âge d'être mariée et il était quelque peu étonnant de la voir se promener ainsi seule dans les rues de la capitale. Même les femmes de haut rang ne tenaient jamais le haut du pavé dans la rue sans être flanquée d'au moins une personne pour marquer leur rang social : courtisan, serviteur, esclave, peu importe, mais jamais elles n'allaient seules.

Cette adolescente n'en était donc pas qu'à une seule curiosité. Qxid-Ul la dévisagea avec intérêt, se faisant tirer par les liens par le grand homme barbu. Il dut donc se désintéresser d'elle puisque son acquéreur passa son chemin en le forçant à le suivre. C'est alors que l'adolescente Humaine eut un comportement pour le moins étrange : elle agrippa au passage la main du grand homme barbu, affichant un sourire inquiétant, et refusant de la lâcher pendant un court instant.

Soudain, le grand homme hoqueta, pris d'une sorte de malaise. En réaction de panique, il envoya son gros poing en pleine figure de l'adolescente, l'étalant au sol. Eh bien ! Il devait vraiment se sentir mal pour en venir à frapper une fille de bonne famille ! La scène que vivait Qxid-Ul était surréaliste. Son acquéreur prit appui sur lui un instant pour garder l'équilibre. Qxid-Ul tituba pour ne pas tomber à son tour, et se maintint sans pouvoir user de ses bras et malgré la mobilité entravée de ses jambes. Qxid-Ul renifla l'homme à bout portant. Ce n'était pas un noble mais un serviteur. Qxid-Ul allait devoir attendre pour connaître son véritable maître.

Qxid-Ul fut brusquement tiré encore une fois par l'homme barbu qui finit à quatre pattes dans une ruelle annexe et rendit son dernier repas. Qxid-Ul eut un petit rictus amusé totalement dénué d'empathie. L'adolescente était toujours là, un gros hématome sur la joue, foudroyant l'homme du regard. Ce dernier reprit son souffle après avoir vomi.

Grand homme barbu – Hé, le lézard ! Mets-lui une bonne raclée, à cette garce !

L'homme semblait à bout de force, et se dépêcha de retirer l'entrave aux pieds de l'Homme-lézard et de défaire la corde à ses poignets. Qxid-Ul fit quelques mouvements d'assouplissement pour dégourdir ses articulations, puis fit deux pas vers l'adolescente. Il ne devait pas la tuer, juste lui mettre « une bonne raclée ».

QXID-UL – Ainsi sera fait.

Qxid-Ul sourit en dévoilant sa dentition acérée et laissa couler un peu de salive verdâtre. Il ouvrit la gueule, et soudain sa langue en jaillit, plus longue qu'une lance et suitante d'un étrange mucus rappelant celui d'un Gupile. Qxid-Ul enroula sa langue autour du cou de l'adolescente et la tira très brusquement jusqu'à ses pieds. Il allait lui piétiner le dos répétitivement jusqu'à ce qu'elle ait trop mal pour se remettre debout.

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Message  Schizae le Mar 15 Aoû 2017 - 21:08

Sans qu’elle n’ait le temps de réagir, la fille voit filer la langue de l’Homme-Lézard vers elle. L’organe, étrangement gluant, s’enroule autour de son cou et l’attire brutalement vers le Séladien. Schizæ se sent partir en avant et tombe la tête la première. Elle tente tant bien que mal de se rattraper avec ses mains, mais n’y parvient pas à temps, si bien que l’hématome ornant sa joue se retrouve affublé d’écorchures.

La fille sent son nez couler. L’odeur ne laisse aucun doute sur la nature de ce liquide poisseux : elle saigne du nez. Cet esclave, à l’indéniable qualité d’obéissance, a fait une erreur en posant sa langue sur elle. Elle profite de ce contact pour utiliser le même sort que celui qui met à mal son maître, étalé au sol non loin de là. Le cœur de l’Homme-Lézard cesse alors de battre. La fille n’attend pas qu’il suive l’exemple du barbu pour invoquer de l’aide.

Un spectre apparait derrière le Séladien. Il se matérialise le temps de se jeter sur l'esclave pour le plaquer au sol. Son objectif n’est pas de le blesser, puisque la fille ne souhaite pas abîmer son futur bien. Le spectre cherche uniquement à mettre l’esclave hors de portée de nuire.

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Message  Qxid-Ul le Mer 16 Aoû 2017 - 18:17

Comme presque à chaque fois, Qxid-Ul prit l'adolescente par surprise avec sa langue. Comment aurait-elle pu se douter qu'il avait cette capacité-là ? La puissance que ce sort lui conférait dans sa langue transformée était suffisante pour tirer un Humain musclé, alors une adolescente, ce fut un jeu d'enfant.
Tout du moins jusqu'à ce que Qxid-Ul se sentît victime d'un malaise cardiaque. Cela mit aussitôt fin à son sort, sa langue redevenant normale, libérant l'adolescente et revenant dans sa bouche. Il n'avait pas eu le temps de lui écraser le dos.

Il porta une main à sa poitrine, tentant de reprendre son souffle. Pris d'un vertige, il se laissa tomber sur un genou, posant l'autre main au sol pour garder l'équilibre. Que lui arrivait-il donc ? C'était bien la première fois de sa vie qu'il sentait ce genre de sursaut au cœur. Troublé, Qxid-Ul surveilla tout de même l'adolescente du coin de l'œil. Il n'oubliait pas l'ordre de son acquéreur : infliger une raclée à cette fille Humaine frustrée de ne pas avoir remporté l'enchère. Celle-ci, en plus du gros hématome à la joue causé par le coup de poing du grand homme barbu, saignait maintenant du nez, à cause de la chute provoquée par la langue de Qxid-Ul.

Ce dernier, trop occupé à calmer son corps après ce malaise préoccupant, ne sut distinguer un geste d'incantation de son vis-à-vis, et fut pris au dépourvu quand quelqu'un ou quelque chose se jeta sur lui par derrière, le plaquant au sol. Ca semblait avoir deux mains, deux jambes... mais pas d'odeur. Et le contact était glacial, s'il en est.

Qxid-Ul agita la queue comme il put, essayant de fouetter les jambes de son agresseur ou quoi que ce soit, pourquoi pas frapper les parties génitales si possible. Il tourna la tête, et vit que le bras qui lui plaquait l'épaule n'avait rien de bien vivant. La sensation glaciale du contact fut expliquée à l'évidence : l'agresseur était un spectre. N'ayant pas distingué le geste d'invocation de l'adolescente, Qxid-Ul ne comprit pas tout de suite d'où débarquait ce mort-vivant, là, en pleine ruelle d'Estandre, ni pourquoi il s'en prenait à lui. Le grand homme barbu ne poussa aucun cri, peut-être par souci de virilité, mais il ne devait pas en mener large pour autant de voir un spectre d'aussi près.

Cependant, on n'apprend pas à un nécromancien comment fonctionne un spectre. Ces morts-vivants avaient la capacité de se rendre intangibles mais ils ne pouvaient le faire partiellement : c'était tout ou rien. Si Qxid-Ul voulait se libérer du plaquage, il devait pousser le spectre à se rendre intangible. Il n'aurait alors qu'une seconde ou deux pour se dégager.

Le voyant agiter les quatre membres et même la queue, le spectre essaya de mieux l'immobiliser en lui saisissant les poignets. C'est en réalité exactement ce que Qxid-Ul espérait. L'avant-bras du spectre fut assez tôt à portée de son museau, et l'Homme-lézard vint le mordre farouchement. Le mort-vivant ne ressentait aucune douleur, mais la puissance de la morsure d'un Homme-lézard pouvait s'avérer décisive dans la lutte : Qxid-Ul pouvait lui déchiqueter l'avant-bras, et le spectre serait alors handicapé pour maintenir l'esclave immobilisé.
Après quelques secondes, le spectre décida donc de se “dématérialiser” comme espéré. Qxid-Ul ne perdit pas une seconde pour se mettre debout en bondissant en arrière.

Une main à sa poitrine lui indiqua que son cœur s'était remis à battre correctement. Il réalisa que le spectre n'avait apparemment cherché qu'à le plaquer au sol mais pas à le blesser. C'était décidemment bien curieux, tout ça. Un spectre en pleine ruelle d'Estandre, qui venait essayer de plaquer Qxid-Ul au sol sans le blesser. Et si l'adolescente n'était pas qu'une simple voleuse de vêtements ?

Qxid-Ul eut une hésitation : et s'il n'était pas plus intéressant pour lui d'avoir une nécromancienne pour maîtresse ?

Grand homme barbu – Reviens, le lézard, nous partons !

Preuve que le spectre faisait peur au grand homme barbu. Mais pas à Qxid-Ul.

Ce dernier eut une idée. Il fléchit les jambes, et d'une détente, bondit griffes en avant et gueule ouverte sur le spectre, anticipant que ce dernier se dématérialise encore pour éviter de se faire à son tour plaquer sous l'élan de l'Homme-lézard.
Dans ce cas, s'il avait raison, Qxid-Ul atterrirait en roulade pour se porter au contact de l'adolescente et lui assener un coup de queue derrière les genoux, afin de la mettre à terre.
Et au pire, ce serait le spectre que Qxid-Ul mettrait au sol.

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Message  Schizae le Ven 18 Aoû 2017 - 20:58

L’Homme-Lézard se défend comme s’il prévoyait la réaction du Spectre. Il réagit immédiatement quand ce dernier se dématérialise, comme s’il l’avait prévu. Schizæ admire sa façon de se battre et son absence totale de peur alors qu’il se retrouve soudainement en proie à un mort. Rare sont les personnes qui réagiraient de la sorte…

Son futur esclave se montre à la fois puissant et obéissant. Elle est heureuse de voir qu'elle a fait le bon choix.

Quand l’homme à la barbe rappelle son esclave, la fillette se détend. Voilà quelqu’un de sensé. Elle s’approche donc de lui, prête à lui acheter le Séladien. Elle a de bons arguments pour le convaincre. C’est alors qu’elle sent la queue de l’esclave lui fouetter les jambes. Le choc la projette au sol. Elle roule sur le côté et se retrouve sur le dos, face à son assaillant.

Elle ne s’attendait pas à ce que l’Homme-Lézard lui tienne tête. Elle n’a pas prêté attention au fait qu’il s’était jeté sur son Spectre. Celui-ci s’était dématérialisé et le Séladien l’avait traversé pour rejoindre la fille. La voici étalée au sol, formulant à la hâte une incantation rapide. Une nuée de mouche apparait alors, volant tout autour d’eux et bouchant la vue de l’Homme-Lézard. Elle profite de son inattention pour appeler son dernier espoir d’en finir avec tout cela : un Dracofère. En pleines rues d’Estandre, ce n’est pas bien malin. Mais dans sa précipitation, elle n’a pas réfléchit au fait que son invocation de trois mètres de haut pourrait rameuter quelques soldats.

Un Dracofère apparait et se penche vers le sol. Ainsi plié en deux, il est un peu plus discret, même si cela reste un euphémisme… Sa largeur est celle de la rue, si bien qu'il bloque le passage du Séladien. De l’autre côté, Schizæ en profite pour s'avancer vers le maître de l’esclave. Ses genoux sont éraflés, son nez saigne et sa joue n'est plus que nuances de rouge et de bleu. Elle ne regarde pas si, derrière elle, son invocation se défend ou non contre de potentiels attaques Séladiennes. Elle se place devant l’Humain, deux poings sur les hanches, dans la même position que lorsqu’elle l’a abordé, quelques minutes plus tôt dans la rue. Son Spectre se place derrière elle, menaçant.

SCHIZÆ – Je vous achète cet esclave pour une pièce d’argent.

La fille lui tend ladite pièce et le Spectre la traverse pour se retrouver juste au dessus de l’Humain qui pousse un cri d’effroi.

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Message  Qxid-Ul le Sam 19 Aoû 2017 - 11:38

Comme Qxid-Ul l'eut anticipé, le spectre le laissa passer à travers lui. L'Homme-lézard atterrit donc à côté de l'adolescente, qu'il avait de moins en moins de raisons de tuer. Non seulement son maître – ou le représentant de son maître – lui avait simplement ordonner de lui filer une rouste, mais en plus il se doutait que l'adolescente avait invoqué le spectre, ce qui impliquerait qu'elle soit une mage, et pas n'importe quel type de mage. Peut-être même était-ce sa magie qui avait fait sursauter le cœur de Qxid-Ul dans sa poitrine.

Imaginer une fille Humaine nécromancienne portant les vêtements d'une fille de la noblesse pour passer inaperçue et s'acheter un esclave, voilà qui était séduisant. En attendant d'en savoir plus sur elle, Qxid-Ul était rendu trop curieux par cette personne. Cela expliquait qu'il ne se fût pas enfui avec son acquéreur ainsi que ce dernier le lui avait ordonné, au lieu d'affronter le spectre et de rester au contact de la fille.

Cependant, tant qu'il n'était pas sûr de ce qu'était cette fille, Qxid-Ul ne voulait pas dévoiler son propre jeu. Pour l'instant, il continuait plus ou moins d'obéir à son acquéreur, se sentant capable d'affronter un spectre, d'autant que si les choses tournaient mal, il savait qu'il pourrait compter lui aussi sur des invocations. Dans la mesure du possible, il ne voulait pas dévoiler au grand homme barbu qu'il était un nécromancien. Il ne savait pas encore comment les choses allaient tourner, et il se faisait peut-être des idées sur l'adolescente.

Quoique quand il la vit invoquer une nuée de mouches, ses doutes se dissipèrent : nécromancienne ou pas, c'était une mage. La nuée d'insectes forma un brouillard noir autour de la tête de Qxid-Ul qui eut bien du mal à bien voir autour de lui. Il recula en agitant les bras et la queue, et en sifflant. Les mouches se posaient sur ses bras, sur son museau, même un peu sur ses jambes et sur ses pieds. Elles gênaient non seulement sa vue mais aussi ses mouvements.

L'Homme-lézard eut une idée : il transforma de nouveau sa langue en celle d'un caméléon, et se mit à user des capacités offertes par ce sort pour gober les mouches. Il n'allait pas gober la nuée entière, mais l'extrêmité de sa langue étant maculée d'un mucus extrêmement collant, il n'eut qu'à agiter son organe autour de lui pour récolter des insectes pris au piège, puis à le ramener dans sa gueule pour les ingurgiter. Manger des insectes ne l'écœurait pas du tout, il l'avait même déjà fait. Ce n'étaient pas des animaux “sales”, d'autant que dans les Marais des Séladiens, il avait vécu parmi les moustiques, les libellules et autres insectes volants en tous genres, même si à cette époque il ne connaissait pas encore son sort de langue de caméléon.

L'adolescente était bien une mage, mais était-elle l'invocatrice du spectre ? Là encore la réponse finit par venir d'elle-même, alors qu'un monstre se leva de nulle part en plein milieu de la ruelle. Un dracofère.
Oui, un dracofère, en pleine ruelle de la capitale. Cette adolescente était cinglée. Heureusement que la ruelle n'était pas très fréquentée, mais n'importe qui pouvait se pointer par là et tomber sur le dracofère. Oh, qu'est-ce qu'il se passerait, au pire ? La personne hurlerait à la mort, s'enfuierait, et l'adolescente serait sûrement assez intelligente pour faire disparaître son invocation avant l'arrivée éventuelle d'un garde, si tant est que le témoin ne serait pas passé pour un fou. Qui croirait quelqu'un prétendant avoir vu un dracofère au milieu d'une ruelle d'Estandre ? Encore, au Royaume de Tacomnal, on déplacerait un golem pour vérifier ça. Seulement, à Estandre, les golems, ça courait pas les rues.

Qxid-Ul fut assez contemplatif devant la bête osseuse, qui témoignait de la puissance magique manipulée par cette étonnante adolescente. L'Homme-lézard utilisa sa propre magie pour se rendre invisible. Même si le dracofère manquait de place au milieu de maisons plus hautes que lui, Qxid-Ul ne comptait pas se battre contre lui. Ses sorts étaient efficaces contre les créatures faites de chair, mais contre un monstre uniquement constitué d'os épais et qui ne ressentait pas la douleur, Qxid-Ul jugea plus intelligent de tempérer. Il se plaqua donc contre un mur alors que ses écailles le rendaient pratiquement invisible par magie. Le dracofère ne pouvant le repérer à l'odorat, il fut bien embêté de ne plus avoir de cible.

Ainsi, Qxid-Ul fut plus tranquille pour le contempler. Vraiment une belle bête. Si seulement il arrivait lui aussi à en invoquer ! Ce jour viendrait, il en était sûr. Et l'adolescente, que faisait-elle ? Qxid-Ul la vit pencher sur le grand homme barbu, le spectre juste derrière elle comme si c'était son garde du corps, confirmant bien que c'est elle qui l'avait invoquée tout comme elle venait d'invoquer le dracofère. Le grand humain barbu poussa un cri d'effroi. Qxid-Ul n'avait pas entendu ce que l'adolescente venait de lui dire. Il resta là, immobile, refusant de se battre contre le dracofère, préférant attendre de voir comment les choses allaient tourner.

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Message  Schizae le Sam 19 Aoû 2017 - 13:12

L’homme à la barbe se met à claquer des dents. Schizæ attend qu’il reprenne ses esprits. Elle explique à l’Humain que le Spectre disparaitra quand il lui aura vendu l’esclave. La barbe vole d’avant en arrière quand il hoche la tête avec effroi. Il attrape la pièce d’argent et se met à pleurer. Le Spectre disparait en même temps que le Dracofère. La fille fait un pas de côté, laissant la place à l’homme qui s’enfuit en courant. Avec fierté, elle se retourne vers la ruelle en disant :

SCHIZÆ – Tu es à moi maintenant, je t’ai ache… té ?

La ruelle est vide. Il n’y a personne. Pas la moindre petite écaille. Quoi ?! Tout ça pour rien ? La fille se met en colère. Comment a-t-elle pu laisser filer son esclave ? Il se serait enfuit comme l'Humain ? Il n'avait pourtant pas l'air effrayé quand il a vu le Spectre avec lequel il s'est vaillamment battu. Le Dracofère lui aurait fait bien plus peur et il serait parti la queue entre les jambes. Elle s’avance à grand pas en criant sans trop y croire :

SCHIZÆ – Montre toi, pleutre !

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Message  Qxid-Ul le Sam 19 Aoû 2017 - 14:42

Le grand homme barbu était terrorrisé. Pfffff... Preuve qu'on gagnait à cotoyer les morts-vivants. Un grand gaillard comme lui pouvait impressionner le quidam qui vivait de sa ferme ou de son artisanat, mais il lui suffisait d'être face à des morts-vivants, et le voilà prêt à pleurer. Les nécromanciens étaient-ils vraiment méprisés et chassés pour une question idéologique seulement ? Ou bien craignait-on leur puissance et avait-on peur des morts-vivants plus que de n'importe quoi d'autre qu'un mage pût invoquer ? Ce grand homme barbu, qui avait fait un effort remarquable pour rester virile et fier à la vue du spectre, était en train de craquer sous la menace. Il y eut un échange de main à main entre l'adolescente et lui.

Qxid-Ul comprit qu'il s'agissait simplement de monnaie quand il vit le grand homme barbu ranger son gain dans sa bourse. Le spectre et le dracofère disparurent alors tous deux, et l'homme s'en alla en vitesse.

SCHIZÆ – Tu es à moi maintenant, je t'ai ache... té ?

Se retournant, l'adolescente ne vit pas Qxid-Ul et marqua la surprise. Il fut amusant de regarder un instant sa mine déconfite, frustrée. En même temps, Qxid-Ul n'ignora pas l'information : c'était déjà elle, maintenant, sa nouvelle maîtresse. C'est bien, il avait déjà pu s'illustrer un peu devant elle. Il remarqua qu'elle n'avait même pas encore pris la peine de s'essuyer le sang sur son visage. Et puis, elle avait cet hématome. Un sacré bleu au milieu de sa joue rose.

SCHIZÆ – Montre-toi, pleutre !

Qxid-Ul espérait lui avoir déjà exposé ses talents, il ne voulait pas gâcher tout cela en la fâchant dès la première minute. Ses écailles reprirent toutes leur texture normale. L'Homme-lézard se détacha du mur, s'approchant d'elle.

QXID-UL – Je suis là, Madame.

Il l'appelait “Madame” par formalité, parce qu'elle était désormais sa maîtresse, mais il trouva insolite d'appelait ainsi une jeune adolescente. Enfin, dans la culture humaine, elle était en âge d'être marié, alors en un sens, ce n'était peut-être pas si insolite que ça. Il tendit le museau et la renifla attentivement, essayant de s'impreigner de sa vraie odeur personnelle en ignorant celle qui maculait les vêtements qu'elle portait.

QXID-UL – A qui appartenaient ces vêtements ?

Façon indirecte de commencer à s'intéresser au rang social de sa nouvelle maîtresse. Etait-elle vraiment ce pour quoi elle essayait de se faire passer, et si oui, pourquoi porter les vêtements d'une autre ?

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Schizae le Sam 19 Aoû 2017 - 15:01

Le pleutre n’en était pas vraiment un puisqu'il réapparait dès que sa nouvelle maîtresse l'appelle. Rassurée, Schizæ sent ses épaules, jusque là tendues par l’action, s’abaisser quelque peu. La voilà désormais hors de dangers. Elle sourit en l’entendant prononcer le mot Madame. Voilà longtemps qu’on ne l’avait plus appelée de la sorte.

Elle se concentre alors sur son apparence, qu’elle a quelque peu négligée dans l’altercation. Sa robe n’a heureusement pas été abîmée. Quelques tâches de sang maculent tout de même le col. Elle tentera de faire partir tout ça plus tard. Elle s’essuie le visage avec les mains. Son nez a cessé de saigner, ce qui est déjà une bonne chose. Elle refait sa coiffure quand le Séladien l’interroge sur ses vêtements. Comment se fait-il qu’il sache que ce ne sont pas les siens ?

SCHIZÆ – J’ai perdu les miens il y a fort longtemps. Mais, j’ai besoin d’être bien habillée pour la tâche qui m’attend, alors… j’ai emprunté la robe d’une inconnue.

Elle lui explique rapidement la situation :

SCHIZÆ – Je suis la baronne Schizæ de Triant. Ma famille a été éradiquée par les Estanols. Il faut dire qu’elle prévoyait de s’allier à Tacomnal… Peu importe, je dois récupérer mon titre et mon domaine. J’en ai fait la promesse à ma grande sœur quand je l’ai ramenée à la vie. Elle m’a demandé de mettre son bâtard de fils à la tête du domaine de Triant, désormais renommé Mortelune.

Quand elle prononce ces mots, elle se rend compte que la tâche qui l'attend est impossible… Doit-elle vraiment réaliser sa promesse ou mourir en tentant de le faire ? Certes, elle a été éduquée ainsi. Les de Triants tiennent toujours leurs promesses. Que c'est fatiguant d'être une baronne, se dit-elle. Elle pousse un grand soupir.

SCHIZÆ – Comment as-tu su que ce n’était pas ma robe ? Ça se voit tant que ça que j’ai été déchue ? Et puis… comment tu t’appelles ? D’où viens-tu ?

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Re: Madame la Baronne et ses esclaves, à l'attaque de Mortelune

Message  Qxid-Ul le Dim 20 Aoû 2017 - 9:17

L'adolescente prit le temps de s'observer un peu. Avec le combat, elle n'était plus aussi présentable que pendant les enchères. Du sang avait taché le col de sa robe, sans parler de la poussière et de la terre qui étaient le fait de Qxid-Ul ayant fait tomber l'adolescente par deux fois au sol dans cette ruelle aussi sale que toutes les autres ruelles de la capitale. Et encore, il n'y avait pas trop de déjections dans celle-ci...
Son nez avait cessé de saigner. L'adolescente s'essuya le visage et remit en place sa coiffure. Il allait lui en falloir plus pour avoir de nouveau l'air noble. Notamment, changer de vêtements encore ? Voilà qui était amusant.

SCHIZÆ – J'ai perdu les miens il y a fort longtemps. Mais, j'ai besoin d'être bien habillée pour la tâche qui m'attend, alors... j'ai emprunté la robe d'une inconnue.

« Emprunté », bien sûr... Prenait-elle l'esclave pour un idiot ? On n'« emprunte » pas à un inconnu. L'adolescente confirmait donc être une voleuse. Et elle avait une tâche à accomplir qui nécessitait qu'elle fût habillée comme une noble. Voilà qui était intriguant. Heureusement, elle s'expliqua d'elle-même :

SCHIZÆ – Je suis la baronne Schizæ de Triant. Ma famille a été éradiquée par les Estanols. Il faut dire qu'elle prévoyait de s'allier à Tacomnal...

Qxid-Ul n'avait à ce jour aucune allégeance particulière pour le Royaume de Tacomnal ou d'Estandre, ni même de Telbara. D'aucuns diraient que les Hommes-lézards n'étaient respectés que dans le dernier, mais Qxid-Ul y avait vécu en tant que bandit. Il n'avait pas été esclave, mais il n'avait pas été respecté pour autant. S'il n'avait pas été bandit, il aurait été mendiant. Il ne pouvait vanter les avantages d'une telle vie. Alors, il errait sans aucune attache territoriale. Ses seules attaches étaient des personnes qu'il rencontrait et décidait de servir. Parfois, il ne le « décidait » pas mais cela lui convenait très bien, comme ce jour où il était revenu à l'état d'esclave.
En somme, les guerres des Humains ne le concernaient pas. Que la famille de cette Schizæ fût une baronnie estanole ayant magouillé avec Tacomnal, cela le laissa absolument indifférent.

En tout cas, la première information très importante, c'est que cette adolescente se prétendait bel et bien appartenir à la noblesse. Elle prétendait être baronne ! Mariée à un baron, sans doute. Qxid-Ul voulait bien la croire, même si ça restait très étrange de voir une baronne se rabaisser à voler des vêtements.

SCHIZÆ – Peu importe, je dois récupérer mon titre et mon domaine. J'en ai fait la promesse à ma grande sœur quand je l'ai ramenée à la vie.

Voilà quelque chose qui aurait dû faire tiquer n'importe qui : cette dénommée Schizæ avait « ramené sa sœur à la vie ». En réalité, même Qxid-Ul tiqua un peu mais se rappela aussitôt ce qu'il l'avait vue faire : invoquer un spectre et un dracofère. Schizæ était une nécromancienne et Qxid-Ul était ravi de faire sa connaissance. Il n'eut donc aucune réaction visible quand elle dévoila avoir ramené sa sœur à la vie.

Autre information importante : Schizæ avait perdu son titre et son domaine et désirait les récupérer. Comment les évènements s'étaient-ils déroulés ? Elle n'entra pas dans ces détails, mais Qxid-Ul serait amené à lui poser la question, ne serait-ce que par curiosité.

SCHIZÆ – Elle m'a demandé de mettre son bâtard de fils à la tête du domaine de Triant, désormais renommé Mortelune.

Ni le nom de Triant ni celui de Mortelune ne parlait aux oreilles de Qxid-Ul. Il existait tellement de baronnies différentes, rien que dans un royaume ! Et les noms changeaient tout le temps. C'étaient des choses que Qxid-Ul ne retenaient pas, par manque d'intérêt.

En tout cas, maintenant, il en savait déjà suffisamment sur sa nouvelle maîtresse. Adolescente, baronne déchue, voleuse et nécromancienne, tout ça à la fois. Il n'aurait pas pu tomber sur plus original !

SCHIZÆ – Comment as-tu su que ce n'était pas ma robe ? Ca se voit tant que ça que j'ai été déchue ? Et puis... comment tu t'appelles ? D'où viens-tu ?

Tant de questions d'un coup ! Qxid-Ul fit vite le tri. Les deux premières questions étaient en réalité la même. Une question très humaine au demeurant, puisque les Humains n'utilisaient leur odorat que pour les émissions les plus flagrantes, à tel point qu'ils négligeaient ce sens et considéraient qu'il ne restait plus que la vue et l'ouïe pour percevoir l'essentiel du monde. Un Centaure, un Tigrain, un Xolon, n'aurait pas posé cette question bête.
Quant aux deux dernières questions de Schizæ, elles revenaient à lui demander de se présenter. Ce qu'il fit :

QXID-UL – L'on m'a donné le nom de Qxid-Ul, Madame. C'est ainsi que je m'appelle. Je suis né à Azgalban, mais ma vie a ensuite été partagée entre les trois royaumes. Ravi d'entrer à votre service, Madame de Triant.

Il accompagna ces mots d'une révérence.

QXID-UL – Quant à vos vêtements, cela ne se voit pas, non ; cela se sent. Quoique désormais vos vêtements « empruntés » n'ont déjà plus la propreté d'une personne de votre classe, Madame.

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Message  Schizae le Dim 20 Aoû 2017 - 12:25

La fille bougonne à la réponse de l’Homme-Lézard. Si même lui se rend compte qu’elle n’est pas présentable, alors il est évident qu’elle va devoir trouver de nouveaux habits. Elle abandonne donc son frottage de visage et ses vaines tentatives de recoiffage. Elle se concentre sur la suite des évènements. Elle n’est guère enchantée à l’idée de voler à nouveau une passante. Si deux nobles dames se font déshabiller en pleine rue la même journée, on partira vite à la recherche du criminel. Et porter les vêtements de la victime la poserait immédiatement en tant que coupable. Son premier vol était dangereux, elle ne tient pas à en rajouter. Bien, dans ce cas, il lui reste à retrouver Nïn avant d’aller à la rencontre de Théobald de Mortelune. Son esclave doit avoir glané nombre de renseignements, depuis le temps qu’elle se trouve sur place.

SCHIZÆ – Tant pis pour les habits, nous nous occuperons de ça plus tard. Pour le moment, nous irons aux alentours du domaine de Mortelune. Et évite de m’appeler «Madame de Triant». Tant que je n’aurais retrouvé mon rang, tâchons de nous montrer discrets. Pour l'instant, «Madame» suffira.

La fille explique alors son plan au Séladien :

SCHIZÆ – Mon autre esclave se trouve sur place. C’est un agent infiltré pour mon compte. Quand nous l’aurons trouvée, nous aurons plus d’informations sur Théobald de Mortelune. Je marierais cet usurpateur par tous les moyens possibles.

Schizæ reste impassible, mais son cœur bat à tout rompre. Inutile de jouer la carte de la séduction. Non seulement Théobald est quelqu’un de calculateur et froid qui n’épouserait personne par amour, mais Schizæ est bien consciente qu’elle n’a pas tiré le bon numéro à sa naissance. Solyana avait récupéré toute la beauté, Vallya la force, Shelzæ la douceur. A elle, il n’est rien resté. Elle sait pertinemment qu’elle n’a aucun charme et ne pourra jamais séduire un homme. Il lui reste le mensonge, mais elle n’en voit aucun d’assez crédible, ou la menace. Oui, mettre Théobald sous emprise est la seule solution qui lui semble réalisable. Écrouler l’homme qui lui a tout volé pour qu’il finisse par lui passer la bague au doigt. Pour cela, il va lui falloir être bien plus effrayante que lui. Elle n’a jamais détruit quelqu’un psychologiquement, mais si elle accepte de le faire avec quelqu’un, sans aucune hésitation, ce sera avec lui. Pour cela, l'invisibilité de son nouvel esclave et l'intervention de quelques Spectres pourrait s'avérer fort utile.

Qxid-Ul, puisque c’est son prénom, lui a brièvement expliqué ses origines. La fille ignore où se situe Azgalban. En vérité, elle n’en a que faire. Tout ce qui l’intéresse, c’est qu’il la serve bien. Elle lui pose donc les seules questions qui aient de l’importance :

SCHIZÆ – Qui t'a dressé et comment ? Dis moi tout ce que tu sais faire pour que je sache comment tu pourras me servir au mieux.

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Message  Qxid-Ul le Dim 20 Aoû 2017 - 19:35

Cette prise de conscience sur la vérité au sujet de sa présentabilité en tant que fille de bonne famille, vexa peut-être Schizæ, en tout cas Qxid-Ul la vit faire la moue. L'Homme-lézard était responsable de l'état de ses vêtements, mais il n'avait aucun regret et ne ressentit pas le besoin de s'excuser : il n'avait fait qu'obéir aux ordres du grand homme barbu avant d'être déjà revendu apr ce dernier. S'il avait su à l'avance quel genre de personnes était cette adolescente et qu'elle allait devenir sa nouvelle maîtresse, Qxid-Ul ne l'aurait pas mise à terre par deux fois en s'acharnant, mais ça ne servait à rien de se dire ça, de toute façon.

SCHIZÆ – Tant pis pour les habits, nous nous occuperons de ça plus tard. Pour le moment, nous irons aux alentours du domaine de Mortelune. Et évite de m'appeler “Madame de Triant”. Tant que je n'aurai retrouvé mon rang, tâchons de nous montrer discrets. Pour l'instant, “Madame” suffira.
QXID-UL – Bien, Madame.

confirma Qxid-Ul en s'inclinant. Il faut dire aussi que l'adolescente s'était elle-même présentée comme « Schizæ de Triant » ; certes elle avait ensuite précisé vouloir récupérer son titre, mais elle avait quand même en tête de conserver son nom de famille, et Qxid-Ul pensait donc avoir bien fait en l'utilisant pour lui parler. Schizæ ne semblait pas bien claire dans sa tête puisqu'elle renonçait à être appelée par son nom de famille alors qu'elle-même le précisait pour se présenter. Si elle voulait être la seule à décider de prononcer “de Triant”, soit, cela importait peu à Qxid-Ul.

SCHIZÆ – Mon autre esclave se trouve sur place. C'est un agent infiltré pour mon compte. Quand nous l'aurons trouvée, nous aurons plus d'informations sur Théobald de Mortelune. Je marierai cet usurpateur par tous les moyens possibles.

Les histoires de mariages arrangés passaient souvent au-dessus de la tête de Qxid-Ul. Cependant, puisque Schizæ tenait à lui expliquer la situation, il s'efforça de la comprendre.
Donc : Schizæ avait perdu son rang et son domaine, tombé aux mains d'un certain Théobald de Mortelune. Schizæ n'avait d'autre moyen de redonner son nom à son domaine et d'en redevenir la baronne qu'en plaçant son neveu à sa tête, et le moyen légal de faire cela était de marier d'abord Théobald. Cela restait un peu confus. Qxid-Ul n'avait jamais été l'esclave d'un baron, même déchu. Un aristocrate, oui, mais il n'avait jamais été mêlé à des affaires de mariages et autres arrangements seigneuriaux.

SCHIZÆ – Qui t'a dressé et comment ? Dis-moi tout ce que tu sais faire pour que je sache comment tu pourras me servir au mieux.

Comment Qxid-Ul avait-il été dressé ? Voilà une vaste question. Qxid-Ul ne sut pas vraiment ce que Schizæ attendait comme type de réponses. Il savait cependant qu'il était impoli pour un esclave de signifier à son maître que ses propos n'étaient pas clairs. Il valait mieux prendre le risque de répondre à côté et d'admettre ensuite avoir mal compris la question.

QXID-UL – J'ai été dressé par un apothicaire. Je pense avoir reçu un dressage doux, comparé à d'autres esclaves. Ce n'était pas un adepte du fouet ni de la privation. Il m'a nourri à ma faim et m'a abreuvé à ma soif. Il avait pour projet de m'avoir comme assistant, alors il m'a partagé ses connaissances, il m'a appris à lire et à écrire aussi. Pour ses déplacements, il m'a appris à monter à cheval si bien que je lui ai capturé un Centaure pour avoir ma propre monture.

Cela étant dit, il restait la partie la plus sensible : la magie. Schizæ avait déjà vu que Qxid-Ul était un mage, puisqu'il avait utilisé deux sorts devant elle, mais deux sorts qui ne laissaient en rien deviner sa prédilection pour la manipulation de fluides mortels et l'invocation de morts-vivants. Qxid-Ul savait que ce genre de choses devaient rester secrètes en général, mais de ce qu'il avait déjà pu observer de sa nouvelle maîtresse, il savait aussi que cette fois-ci, il était évident que ce secret n'avait pas à être gardé.

QXID-UL – Enfin, comme vous avez pu le voir, il m'a enseigné la magie. Je ne sais lever ni spectres ni dracofère, Madame, mais ombrulants et pestiférés, oui.

En général, les gens apprenaient cette capacité de Qxid-Ul par une regrettable expérience dont ils ne sortaient souvent pas en vie. C'est bien la première fois que Qxid-Ul dévoilait cela à quelqu'un envers qui il n'avait aucune mauvaise intention.

QXID-UL – Puisque vous voulez savoir comment je peux vous servir, il reste un détail. Cela pourrait ressembler à de la magie, mais ce n'en est guère, je suis né ainsi, Madame : vous trouverez sûrement une utilité à ma salive.

Qxid-Ul entrouvrit la bouche, et se laissa baver volontairement. Puis, son regard accrocha un clou fixé dans un mur à côté d'eux, et il cracha dessus. Une légère fumée apparut alors que le clou fut visiblement rongé par la sécrétion buccale de l'Homme-lézard.

QXID-UL – Laissez-moi déverser ma salive dans la bouche de vos ennemis et je les ferai fondre de l'intérieur.

Fier de sa particularité unique, Qxid-Ul ne put s'empêcher d'afficher un sourire en coin sadique.

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Message  Schizae le Dim 20 Aoû 2017 - 20:03

Plus Qxid-Ul détaille son dressage, plus la fille se met à sourire. Si elle s’y attendait ! Que son apprentissage ait été doux ou non lui passe bien au dessus des oreilles. Mais l’entendre parler d’écriture et de lecture l’enchante. Un esclave savant, en plus d’être original, cela peut toujours servir. Qu’il soit capable non seulement de monter à cheval, mais également de capturer un centaure – ces bêtes se montrent tellement peu dociles – touche presque de l’exploit. Enfin, pour un simple esclave Lézard.

Schizæ hoche la tête d’admiration. Mais Qxid-Ul n’en a pas encore fini. Il garde le meilleur pour la fin. Il connait l’usage de la magie. La fille tend l’oreille. Elle ne se doutait pas que cette langue étrange avait une origine magique. Elle s’y connaît trop peu en matière d’Homme-Lézard pour deviner qu’il s’agit d’un sort et non d’une particularité physique. Par contre sa disparition le lui y avait fait penser. Les paroles de l’esclave confirment ses doutes. En haleine, elle attend qu’il lui précise le type de magie qu’il maîtrise. Sa réaction est mitigée quand elle découvre qu’il maîtrise des sorts relativement similaires aux siens. Dans son immaturité, elle voit en son esclave un nouveau rival. Bien sûr, ses capacités lui seront utiles, mais la fille ne peut s’empêcher de vouloir le dépasser.

Quand il lui montre enfin les propriétés de sa salive, elle sent une vague de jalousie monter en elle.

SCHIZÆ – Bien. Tout ça pourra m’être utile. A présent, ne perdons pas plus de temps, or i allons. En marchant, je veux que tu me décrives plus précisément chacune de tes capacités en termes de… magie.

Il en sait trop, puisque plus qu’elle. La fille décide qu’elle apprendra chacun des sorts qu’il est capables de réaliser. Bon, invoquer un ombrulant ne l’intéresse guère. Quand aux pestiférés, elle sait déjà faire appel à eux. Mais s’il sait lever d’autres créatures plus intéressantes, alors elle fera tout pour apprendre à le surpasser et en invoquer encore plus que lui.

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Message  Qxid-Ul le Mar 22 Aoû 2017 - 20:33

Schizæ écoutait attentivement tout ce qu'il lui raconta de son dressage et de ses capacités. Dès que Qxid-Ul dévoila savoir lire et écrire, il vit Schizæ se mettre à sourire. Encore plus quand il ajouta savoir monter à cheval et être capable de dominer un Centaure. Encore plus même quand il parla de ses capacités magiques. Tout du moins jusqu'à ce qu'il parlât de ses invocations. Bizarrement, alors que Qxid-Ul pensait voir sa maîtresse ravie de découvrir que son esclave était un nécromancien tout comme elle, il vit son sourire s'estomper. Pourquoi ? Il ne put se l'expliquer. Sa maîtresse avait d'abord eu l'air effectivement ravie d'avoir un esclave mage, mais pas un nécromancien, alors justement que ça aurait dû être le détail savoureux, le comble.

De même, quand Qxid-Ul exposa les propriétés uniques de sa salive, Schizæ resta dans une réaction mitigée. Peut-être n'y trouvait-elle simplement pas d'intérêt, auquel cas Qxid-Ul ne s'en vexerait pas : il était habitué à faire usage de sa salive, alors ça lui était bien égal que Schizæ ne fût pas émerveillée. Qxid-Ul se mettait même souvent à baver volontairement devant des ennemis, car voir un Homme-lézard baver de la sorte une sécrétion verte de toute évidence anormale, était quelque peu intimidant pour beaucoup. Ce n'était pas très classe, mais Qxid-Ul ne cherchait pas à être classe de toute façon. Seulement, un Homme-lézard qui bave de l'acide, ça impressionne, en général ; et Qxid-Ul jouait beaucoup là-dessus.

SCHIZÆ – Bien. Tout ça pourra m'être utile.

Ca ne la rendait pourtant pas aussi joyeuse que ça aurait dû. Et sur le sujet de son domaine de prédilection magique, Qxid-Ul se demanda bien pourquoi.

SCHIZÆ – A présent, ne perdons pas plus de temps, or i allons. En marchant, je veux que tu me décrives plus précisément chacune de tes capacités en termes de... magie.

Qxid-Ul se mit à marcher à côté de sa maîtresse. C'était bien la première fois qu'il se mettait à obéir à un adolescent. C'en était un peu gênant. Qxid-Ul essaya de faire abstraction de ce détail qui lui était rappelé par la petite taille de sa maîtresse marchant à côté de lui, et exposa plus en détail ce qu'il savait faire par magie :

QXID-UL – Je peux me servir de ma langue pour saisir ce que je veux à plusieurs mètres, avec suffisamment de force pour tirer une personne adulte à moi ou pour l'étrangler. Je peux aussi faire prendre à mes écailles la texture de tout ce qui m'entoure pour me rendre invisible aux yeux des gens excepté les plus attentifs. Je peux aussi adhérer aux parois pour grimper où je veux et même me déplacer sur un plafond. Je peux aspirer l'énergie vitale d'une personne pour soigner mes blessures. Je peux produire une petite quantité de substance nécrosante et la projeter rapidement sur une cible, ou bien produire une plus grosse quantité de substance acide et la déplacer sur une cible peu mobile mais imposante. Et je sais invoquer, comme je vous l'ai dit, des ombrulants et des pestiférés mais aussi des granls et des hommes-arbres sinistres. Voilà, Madame, je vous ai tout dévoilé.

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Message  Schizae le Ven 25 Aoû 2017 - 20:43

Le dragon emporte l’esclave de Schizæ loin de son nouveau maître. Ils survolent la forêt dans laquelle elle s’était arrêtée et s’approchent de la ville. Ils finissent par se poser dans un bosquet, hors de la vue des Estanols.

DRAGON – Demie-elfe, nous sommes heureux que tu aies survécu. Mais tes péripéties ne sont pas terminées. Il faut détruire la pierre des montagnes. J’ai cherché un moyen de le faire, mais en vain. Malheureusement, je ne peux continuer mes recherches car je dois trouver les autres pierres avant qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains.

Il se tait. A quoi bon s’expliquer devant une demi-elfe ? Il se contente donc de faire simple et bref :

DRAGON – Je dirais à Schizæ de te donner la pierre. Et tu devras ensuite trouver un moyen de la détruire. Tu es la garante de l’équilibre du monde, car tu es quelqu’un de sage.

Il lève la tête et hume l’air. Il va leur falloir se rendre auprès de Schizæ. Cependant, mieux vaut ne pas y aller sous cette forme. Il n’a pas le choix et va devoir se plier à la grande humiliation : celle de ressembler à un vulgaire humain. Malheureusement, cela ne fonctionne pas sur demande. Il crache quelques nuages de fumées avant d’oser faire sa demande à Nïn :

DRAGON – Maintenant, fais moi peur.

Elle sait qu’il ne se transforme en garçon que lorsqu’il a peur. Il espère qu’elle n’osera pas se moquer et obéira sans faire de remarque déplacée.

Un peu plus loin se trouvent Schizæ et Qxid-Ul. La fille tente de contenir sa rage. Ils se sont rendus aux alentours du domaine de Mortelune, non loin des remparts. Dans un coin discret, la fille à demandé à son esclave de monter la garde pendant qu’elle quittait son corps pour faire une «visite spirituelle» de son lieu de naissance. Quand son esprit est entré dans le domaine, la nostalgie l’a envahie. Mais la fille a laissé ses émotions de côté pour se concentrer sur la situation.

Quelque chose ne tournait pas rond, au domaine. Et il ne lui fallu que peu de temps pour qu’elle en comprenne la raison. Tout le monde en parlait : Théobald de Mortelune avait disparu, ainsi que deux de ses esclaves. Et ces esclaves s’avéraient être un demi-drow et une demi-elfe. La fille revint rapidement dans son corps et ordonna à Qxid-Ul qu’ils s’éloignent de là.

Les voilà désormais dans ce petit bois. La fille rumine. Elle a expliqué la situation à son homme-lézard, mais n’a pas encore trouvé de solution.

Elle répète une série de jurons en boucle, comme pour s’apaiser. Mais cela n’a pas d’effet. Non, ce qu’elle aurait besoin de sentir, ce serait un peu de supériorité. Parce que dans ce monde où elle se sent trop fille, trop jeune, trop faible et trop laide, il lui aurait fallu quelqu’un de vulnérable à ses côtés. Un lèche-botte qui vanterait ses mérites, plutôt qu’un Homme-Lézard puissant, capable de tout un tas de choses qu’elle ne maîtrise pas.

SCHIZÆ – Fais apparaître des pestiférés. On va voir qui est le plus fort !

La demande est partie toute seule. La rage a pris le dessus. Elle veut écraser tout le monde et se sentir supérieure, pour une fois dans sa vie. Finis les «tu es trop petite», «tu n’y arriveras pas toute seule», «tu vas te blesser, fais attention» et les «fais pas ci fais pas ça». Or la seule personne présente s’avère être Qxid-Ul, son unique cible potentielle.

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Message  Qxid-Ul le Dim 27 Aoû 2017 - 22:52

A mesure qu'il dressa la liste de son potentiel magique, Qxid-Ul ne retrouva pas le sourire de Schizæ. Il n'arrivait pas à deviner si sa nouvelle maîtresse était satisfaite ou si elle le trouvait insuffisant. A vrai dire, Qxid-Ul se sentirait insulté dans ce dernier cas ; que Schizæ ne trouvât pas d'utilité à sa bave, il s'en moquait bien, mais qu'elle jugeât ses capacités insuffisantes alors qu'il était, de son point de vue, l'esclave le plus impressionnant qu'elle aurait pu espérer acquérir, ça, c'était insultant. Il ne devina pas la vraie explication. Schizæ ne souriait plus mais au moins se garda-t-elle de tout commentaire. Qxid-Ul garda donc pour lui ce qu'il pensait, laissant sa fierté de côté.

Quand ils arrivèrent au domaine de Mortelune, Qxid-Ul se dit que les choses allaient devenir intéressantes puisqu'ils entreraient dans le vif du sujet. Ils s'approchèrent des remparts sans se présenter aux portes. Schizæ avait quelque chose en tête, à moins qu'elle n'eût pas encore réfléchi au discours qu'elle allait tenir aux soldats ni au baron lui-même. Qxid-Ul ne voyait pas bien l'aide qu'il allait pouvoir apporter dans ce cas, à part monter la garde : c'est en effet ce que lui demanda Schizæ. Monter la garde, pendant qu'elle ferait... quoi ? Qxid-Ul ne posa pas la question. Il se mit à son poste et ouvrit tous ses sens. Il leva régulièrement le museau pour capter toutes les odeurs possibles, et promena ses yeux à la ronde.

Quand Schizæ eut fini, elle voulut s'éloigner de là. Elle traîna Qxid-Ul jusque dans un bois, et expliqua la situation à Qxid-Ul. Elle avait réussi à espionner le domaine par magie, et avait découvert que le baron Théobald était porté disparu, ainsi que deux de ses esclaves, plus précisément une Demi-Elfe et un Demi-Drow. Quel genre de sorts Schizæ avait-elle pu lancer pour apprendre tout cela en si peu de temps, sans parler à personne et sans se déplacer ? Qxid-Ul se demanda si elle n'était pas en train de lui raconter n'importe quoi, mais pourquoi ferait-elle ça ? Quel genre de piège pourrait-elle tendre à un Homme-lézard esclave ? Qxid-Ul ne dit mot mais se dit qu'il se tiendrait attentif à tout autre élément suspect chez Schizæ.

En tout cas, la baronne déchue fulminait. La situation ne lui plaisait pas du tout. Pourtant, si le baron en place avait disparu, n'était-ce pas le moment idéal pour tenter une prise de pouvoir ? Qxid-Ul n'y connaissait pas grand-chose et ne savait pas si cela aidait véritablement. Schizæ n'avait aucun conseil à recevoir de sa part sur ce sujet.

SCHIZÆ – Fais apparaître des pestiférés. On va voir qui est le plus fort !

Interloqué, Qxid-Ul observa sa maîtresse en marquant une latence. Cela avait-il vraiment une utilité dans leur quête ? Quel intérêt de faire s'affronter des pestiférés ? Un pestiféré restait un pestiféré, peu importe par qui il était invoqué. Qxid-Ul ne comprenait vraiment pas, mais s'il n'y avait que cela pour faire plaisir à sa maîtresse dans l'instant...

Il tendit un bras et marmonna une incantation. La terre fut dégagée par deux mains cadavériques et un pestiféré finit par s'extraire du sol.

QXID-UL – Voilà pour vous, Madame. Si cela peut vous aider à reprendre votre domaine...

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Message  Nïn le Mer 6 Sep 2017 - 13:48

Sous elle, Nïn voit des arbres se succéder en une vaste marée verte. Elle essaie de ne pas se demander ce que va penser Eol, quand il recouvrera ses esprits. Elle essaie de ne pas imaginer comment il réagira, quand elle rentrera... Le dragon s'approche visiblement des remparts d'une ville, que Nïn voit se profiler. Elle se demande où il l'emmène, quand il pique soudain vers le sol, vers un bosquet arboré, dans lequel il se pose avec sa passagère.

Nïn se laisse glisser du dos écailleux. Ashkore n'est pas très grand, pour un dragon, enfin pour ce qu'elle peut imaginer de la taille d'un dragon, mais il fait quand même bien la taille d'un cheval. Elle se demande quelle taille il attendra, lorsque le garçon en lequel il se transforme sera devenu un homme.

Elle sort de sa réflexion, pour écouter les mots qui sortent de la bouche du reptile :

– Demie-elfe, nous sommes heureux que tu aies survécu. Mais tes péripéties ne sont pas terminées. Il faut détruire la pierre des montagnes. J’ai cherché un moyen de le faire, mais en vain. Malheureusement, je ne peux continuer mes recherches car je dois trouver les autres pierres avant qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains.

Il marque une pause, que Nïn met à profit pour emmagasiner ce qu'il vient de lui dire. Les pierres sont dangereuses, elle l'a déjà compris. Il faut donc détruire celle-ci au plus vite, afin d'éviter à jamais qu'elle tombe entre de mauvaises mains. Mais en même temps, il faut trouver les autres, également pour éviter cela. Il leur faut donc se répartir les tâches. Mais elle ne comprend pas pourquoi il lui en parle, à elle. Elle n'a pas le temps de s'interroger plus avant, car il poursuit :

– Je dirais à Schizæ de te donner la pierre. Et tu devras ensuite trouver un moyen de la détruire. Tu es la garante de l’équilibre du monde, car tu es quelqu’un de sage.

Nïn écarquille les yeux, abasourdie. C'est pour le moment Schizae qui a la pierre, et il veut qu'elle la lui donne, à elle ? Pour qu'elle la détruise ? Elle n'est qu'une esclave, partagée entre deux allégeances, un peu sorcière, un peu once, et certainement quelqu'un de sage comme il le dit. Comment une esclave pourrait-elle être sage ? Elle n'a pas les capacités des maîtres à savoir ce qu'il est bon de faire ou de ne pas faire, elle n'est pas même maîtresse de sa vie. Elle ne comprend pas, mais alors pas du tout, le choix du dragon.

Mais elle doit lui obéir. Déjà, parce-qu'il est un dragon et en plus, parce-qu'il est avec Schizae, sa maîtresse. Il n'est pas de son ressort de s'interroger sur le pourquoi de ses choix, et encore moins de les discuter. Elle acquiesce donc, prête à faire ce qu'il lui demande, essayant de ne pas faire transparaître son incompréhension. S'il se rend compte qu'elle met en question son ordre, même intérieurement, il risque de lui en cuire.

Ashkore prend de nouveau la parole, pour lui ordonner :

– Maintenant, fais moi peur.

De nouveau, l'ordre du dragon pose problème à la demi-elfe. Mais il lui faut obéir. Sauf qu'elle ne sait trop comment faire. Déjà, parce-que c'est une demande inhabituelle, et qu'elle ne sait pas trop comment faire peur à quelqu'un. Ensuite, parce-qu'il lui semble irrespectueux de le faire. Mais elle doit passer au dessus de cela. Elle ne peut toutefois pas s'empêcher de se faire la réflexion qu'il paraît absurde de tenter de faire peur à un dragon.

L'esclave passe ses possibilités en revue. Elle tâche de faire vite, pour ne pas faire attendre Ashkore. Elle se doute bien que l'once, qui peut effrayer les humains, ne lui fera pas peur, à lui. Elle peut aussi faire apparaître du feu, mais les dragons crachent du feu, il ne craindra pas non plus cela. Peut-être l'eau.

Cela fait longtemps que la demi-elfe n'a pas fait appel à sa magie. Il ne fallait pas que l'on sache qu'elle est une sorcière. Elle plonge en elle-même, afin de faire remonter la puissance endormie qu'elle sent s'agiter de temps à autres, lorsqu'elle a peur ou est dans une situation critique. Elle sent sa magie s'éveiller, remonter en elle. C'est comme un tourbillon, qui s'agite avec d'autant plus d'impatience qu'il est longtemps demeuré en veille. Nïn sent le feu la brûler le premier, fuser vers l'extérieur par le biais de sa chair. Elle le repousse, avec une certaine difficulté. Ce n'est pas lui qu'elle veut. L'eau est la seconde à se manifester. Le brasier qui s'éveillait devient vague, prête à la submerger.

L'eau jaillit de ses paumes. Immédiatement, la sorcière se sent emportée. La sensation est tellement puissante, tellement extatique. Nïn se laisse envahir par elle, lâchant la bride à l'eau, qui devient autour d'elle tourbillon de pouvoir incontrôlé. Elle en a oublié le but de cette démonstration. Ashkore n'est plus présent à son esprit. Elle n'est que bonheur de l'eau qui tournoie et l'emporte, l'emporte...


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Message  Schizae le Jeu 7 Sep 2017 - 22:37

Le dragon hoquète. Quand il a demandé à Nïn de lui faire peur, il ne s’attendait pas à cela. Etant un cracheur de feu, l’eau n’a jamais été son élément. Mais là, il ne s’agit pas seulement d’un immense tourbillon d’eau qui le repousse au loin sans qu’il puisse se débattre. C’est aussi quelque chose de nouveau et d’effrayant : une sorcière qui virevolte et tourbillonne au milieu d’une puissante magie. Et dans ce flux, elle sourit sans contrôler la puissance de la magie qui s'échappe d'elle. Ignorante de tout ce qui l’entoure, la voilà perdue dans ses ressentis et sa joie.

Le dragon n’avait pas imaginé cela.

D’ailleurs, il n’est déjà plus un dragon, mais un jeune adolescent étalé au sol, éberlué face à ce dangereux prodige. Nïn est celle qu’il a choisit pour accomplir une tâche de la plus haute importance. Il ignorait que ses pouvoirs, dormants au plus profond d’elle, pouvaient exploser de la sorte et engloutir tout ce qui se trouvait aux alentours.

Inconscients de ce qui se passe non loin d’eux, Schizæ et Qxid’Ul discutent.

QXID-UL – Voilà pour vous, Madame. Si cela peut vous aider à reprendre votre domaine…

Comment peut-il s’imaginer que faire apparaitre des pestiférés l’aidera à reprendre son domaine ? Schizæ fronce les sourcils sans même y prêter attention. Des mains putrides sortent de terre et hissent un corps tout aussi décomposé. La fille observe le mort-vivant avec appréhension. Et si son esclave était plus fort qu’elle ? S'il se rendait compte qu’elle ne le mérite pas ? Non. Elle ne peut pas échouer !

La fille focalise ses pensées sur l’homme en décomposition. Elle siffle entre ses dents une incantation.

SCHIZÆ – Ha…bea… sssss… cor… pu… sssss…

Voilà ! Désormais, le pestiféré doit lui obéir. Il le devrait. Comme tout mort-vivant à qui elle soumet ce sortilège. Silencieusement, elle lui ordonne de se mettre à genou devant elle pour prouver sa soumission. Mais elle a beau s’y efforcer de toute son énergie, rien n’y fait. Le pestiféré ne lui obéit pas. Il ne fait pas ce qu'elle lui demande. Non, il fait… mais que fait-il ?! Quel comportement incongru pour un mort-vivant soumis à un invocateur ! C'est ridicule ! Schizæ pouffe, puis éclate de rire.

Une fois que le fou-rire est passé, elle se remet à réfléchir. Le pestiféré ne semble plus obéir à personne. Ni à elle, ni à Qxid’Ul. Elle sourit, victorieuse. Cela ne se passe pas comme prévu, mais cela suffit. Elle a délié le mort-vivant à son esclave.

SCHIZÆ – Ha ! Vois comme ta maîtresse te surpasse : tu n’as plus aucune emprise sur ton invocation ! Ne l'oublie jamais : je suis plus puissante que toi et tu n'y pourras jamais rien.

Ayant prouvé sa force à Qxid’Ul, elle se sent capable de s’abaisser à lui demander quelque chose. Quelque chose auquel elle n'a de cesse de penser depuis qui le lui a avoué : l’invocation de Granl. Jamais elle n’aurait osé avouer qu’elle est incapable de réaliser des sortilèges qu’il connait. A moins qu’elle n’ait au préalable démontré sa supériorité.

Elle peut donc désormais demander à son esclave de lui apprendre à invoquer un granl.

Et pour la conquête de son domaine… Ne dit-on pas que la nuit porte conseil ? Elle verra donc cela demain, une fois calmée.

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Message  Qxid-Ul le Sam 9 Sep 2017 - 11:11

Evidemment, la dernière phrase de Qxid-Ul était ironique même si le reptile avait essayé de le masquer. Il ne voulait pas donner l'impression à sa maîtresse qu'il se moquait d'elle, mais il espérait en même temps la faire réagir sur l'inutilité apparente de sa demande. Un échec : Schizæ ne parut pas piquée au vif et ignora la remarque acerbe, se concentrant plutôt sur le pestiféré.

Qxid-Ul avait cru comprendre que Schizæ avait envie d'en invoquer un elle-même pour les faire s'affronter et voir lequel des deux aurait le dessus. Il avait mal compris. Il observa sa jeune maîtresse siffler une incantation en se concentrant sur le pestiféré invoqué par l'Homme-lézard. Qxid-Ul ne lui avait donné aucun ordre, et le mort-vivant fixait l'adolescente Humaine de ses yeux morbide avec comme une sorte de sourire délabré des plus malsains.

Qxid-Ul ignorait tout du sort que Schizæ testait sur le mort-vivant, mais cela déclencha chez ce dernier une réaction étrange : il allongea les os de ses mains pour en faire des lames, et darda frénétiquement la terre avec, d'un air énervé, comme s'il essayait de transpercer des lombrics. Qxid-Ul resta interrogatif mais Schizæ, elle, éclata de rire. Le pestiféré enfin se mit à gratter la terre devenue meuble, comme s'il cherchait à se réenterrer. Un mort-vivant qui creuse sa propre tombe, voilà qui est incongru !

SCHIZÆ – Ha ! Vois comme ta maîtresse te surpasse : tu n’as plus aucune emprise sur ton invocation ! Ne l'oublie jamais : je suis plus puissante que toi et tu n'y pourras jamais rien.

Interloqué par la remarque de Schizæ, Qxid-Ul essaya d'ordonner à son pestiféré d'arrêter de creuser et de se rapprocher de lui ; mais il sentit que sa connexion psychique avec l'invocation était rompue. Le pestiféré n'obéit pas. Qxid-Ul n'avait plus aucun contrôle ; seulement, Schizæ ne semblait pas en avoir non plus. Alors quoi ? Le pestiféré était libre ? Schizæ se rendait-elle compte qu'elle les mettait tous deux en danger ? Tout ça pour prouver qu'elle était la plus puissante ?! C'était lamentablement puéril. Seulement, Qxid-Ul se garda bien de le faire remarquer à sa maîtresse, ce serait impropre d'un esclave. Il décida plutôt de calmer l'adolescente en la flattant pour qu'elle arrête ses bêtises :

QXID-UL – Je n'en ai jamais douté, Madame.

Semblant réaliser quelque chose, le pestiféré s'arrêta de creuser, braquant de nouveau son regard sur Schizæ. Personne n'avait plus le contrôle sur le mort-vivant, et Qxid-Ul sentit bien que les choses allaient mal tourner.

Pestiféré – De la terre je m'éveille, ainsi éliminerai-je les hautains mortels pour qu'ils me rejoignent dans l'abîme insondable.

Qxid-Ul se tendit, et fit appel à sa magie, anticipant le mouvement du pestiféré qui se produisit effectivement : ce dernier se jeta sur Schizæ pour l'attaquer, mais fut stoppé dans son élan par une langue collante qui s'enroula autour de sa cheville, le faisant trébucher au sol et le tirant en arrière. Le pestiféré s'agita et Qxid-Ul cessa sa transformation, lâchant ainsi la cheville du mort-vivant alors que sa langue redevint normale, car il craignait les capacités du pestiféré qui pourraient lui sectionner ou au moins lui blesser gravement cet organe. Le pestiféré se releva et se retourna pour faire face à son invocateur.

Puisque Schizæ avait envie de prouver sa puissance, c'était le moment pour elle de réparer sa bêtise en aidant Qxid-Ul à éliminer ce pestiféré libre de tout contrôle.

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Message  Nïn le Sam 9 Sep 2017 - 19:54

Elle tournoie, dans un mouvement violent, puissant, et concentrique. Sans cible, sans but, autre que de continuer à emporter, à s'emporter. Son univers est liquide, tourbillonnant. Et harmonieux. Pourtant, quelque-chose détonne, vient rendre imparfaite cette totalité, la fendre en deux. Une part semble n'être pas totalement solidarisée avec le reste. Une part qui, sans aller à contre-courant, ne se laisse pas tout-à-fait emporter par lui. Une part qui se perd, de plus en plus, mais n'est pas encore entièrement perdue. Et donc elle prend conscience. Elle sent que cela freine le tourbillon, l'empêche de prendre sa totale liberté. Et cette part, c'est celle qui est la plus elle, même si elle ne parvient pas à se l'expliquer. Elle est pourtant eau. Mais elle est également autre-chose, enveloppe de chair, qui se tient au milieu de l'eau. Et qui ressent des choses légèrement différente. Une peur en plus de l'emportement, une fatigue en plus de l'extase. Ainsi qu'autre-chose. Un blocage. Sous la forme d'une voix.

Une voix douce. Sévère, et rassurante. Protectrice, et grave. Qui lui dit de ne pas lâcher entièrement le contrôle. De ne pas céder à la tentation. De ne pas se laisser annihiler. La voix de sa mère.

Nïn reprend l'espace d'un instant conscience de ce qui sépare son être de l'eau qu'elle contrôle. De l'eau qui la contrôle. Frontière ténue, mais pour le moment, toujours existante. Au delà de l'eau qui tournoie autour de son être au sens stricte, elle aperçoit Ashkore. Un jeune garçon. Qu'elle a effrayé, pour qu'il ait pris cette forme.

Elle sent la panique l'envahir. Elle ne sait plus comment arrêter l'eau autour d'elle. Elle ne sait plus comment cesser de devenir elle, de s'y confondre. Ce qu'elle ne peut pourtant pas faire. Elle n'ose imaginer les dégâts qui seraient occasionnés. Alors elle lutte. Pour reprendre le contrôle. Mais il y a déjà trop d'eau. Elle ne peut plus la contrôler. Elle sent ses forces diminuer. Elle se demande ce qui va se passer quand elle n'aura plus de forces du tout. Si l'eau va la tuer.

Toutefois, l'eau n'est pas le feu. Elle a toujours la possibilité de la lâcher. De se séparer d'elle. C'est de sa force qu'elle se nourrit, et, si elle la lâche, elle sera vite absorbée par la terre. Elle concentre ses efforts sur le fait de couper le lien. De ne plus l'alimenter avec sa magie.

Soudain, elle sent le lien se rompre, son esprit se déconnecter de la puissance tourbillonnante qui lui enjoignait de la rejoindre. Autour d'elle, l'eau retombe brusquement au sol, éclaboussant Nïn, qui était étonnamment demeurée sèche jusqu'alors. La demi-elfe sent ses genoux ployer sous elle. Elle se reçoit brutalement, se fait un peu mal. Mais ce n'est rien à côté du soulagement qui l'a envahie. Elle a eu tellement peur de se perdre. Elle se rend compte qu'elle n'est passé qu'à un cheveu de la catastrophe. Elle ne sait pas vraiment ce que l'eau aurait pu faire... Et elle préfère ne pas l'imaginer. Elle ne comprend pas comment elle a été emportée si vite, et si violemment. Elle soupçonne un lien avec le fait qu'elle ait dû enterrer sa magie depuis longtemps. Cela lui fait peur. Elle ne sait pas se contrôler. Elle pourrait blesser quelqu'un. Sa mère le lui a dit maintes fois, lorsqu'enfant, elle jouait avec le feu...

Le feu... Elle relève la tête, cherche le garçon dragon du regard. Elle sait qu'elle lui a fait peur, mais elle espère qu'elle ne lui a pas fait trop peur... Et s'il disait à Schizae qu'elle était une mauvaise esclave ? Tendue, elle attend la réaction du jeune dragon.

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Message  Schizae le Dim 10 Sep 2017 - 21:43

Le jeune homme-dragon se sent partir en arrière. Le flot d’eau est trop important. Il ne peut rien faire face à cet élément qui l’entraîne, lui qui ne maîtrise que le feu. Balloté par les flots, il se cogne violemment contre un tronc d’arbre qui arrête son tournoiement. Le garçon s’agrippe à une branche. Il ne peut plus voir la magicienne, il ne peut que fermer les yeux et tenter d’aspirer de l’air quand sa bouche émerge de l’eau.

Progressivement, les flots se calment puis toute l’eau tombe brutalement au sol, privée de toute magie.

Le jeune homme-dragon se laisse tomber, à genou. S’il avait su… Il relève la tête et dévisage la demi-elfe avec intensité. Elle a le visage baissé. On dirait qu’elle a peur de la réaction du dragon. Mais ce dernier se contente de hocher gravement la tête. La prise de conscience de ses pouvoirs le plonge dans une grande réflexion. Il se refuse à modifier ses plans. Nïn possède une puissante magie et cela pourra l’aider à accomplir la tâche qu’il lui a confiée.

DRAGON – Allons retrouver Schizæ.

Il fait signe à Nïn de le suivre.

Le duo marche pendant de longues minutes. Ils finissent par arriver là où se trouve la maîtresse de la demi-elfe. Schizæ est là, avec un Homme-Lézard et… un pestiféré.

La fille vient tout juste de prendre conscience que son sortilège ne fonctionne pas de la même façon sur les morts-vivants libres et sur ceux qui ont été invoqués par quelqu’un. Elle pensait qu’elle prendrait le contrôle du pestiféré, ignorant qu’elle ne ferait que le libérer de tout contrôle. Il faut dire qu’elle n’a pas l’habitude de rencontrer des nécromanciens en action. Et c’est la toute première fois qu’elle effectue ce sort sur l’invocation d’un autre.

Le pestiféré fixe l’Homme-Lézard et s’approche de lui. Ses intentions sont visiblement mauvaises. Le jeune homme-dragon s’avance et se met à cracher du feu sur le mort-vivant. Ce dernier évite l’attaque d’un bond agile. Seul son bras droit se retrouve carbonisé, ce qui ne l’arrête nullement. Il lève la tête vers le ciel et pousse un hurlement à glacer le sang avant de se précipiter vers le jeune homme-dragon et la demi-elfe.

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