Parti jouer trop loin

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Message  Müss le Jeu 26 Fév 2015 - 23:09

"Partageons ce bivouac. Je crains malheureusement de n'avoir pas assez de nourriture pour tout le monde", dit Stepiled avec gentillesse en regardant Steffin. Le xolon dégageait un sentiment d'apaisement que je ne pouvais qu'apprécier. Sa voix grave et posée résonnait comme si elle venait d'une source profonde. Je me demandais si sa trompe y était pour quelque chose ou si ce timbre de voix était particulier à Stepiled.

Tout à coup Jawbol prit la parole: "Vous vous connaissez, Slimag, je le sais. Je sais maintenant ce qui t'est arrivé il y a deux mois...". J'ignorais de quoi il parlait. Cela n'avait pas de sens, il n'avait pas l'air de connaître le xolon, alors comment pouvait-il savoir que Slimag le connaissait ? Et pourquoi disait-il "maintenant" ? A moins que... ces connaissances lui viennent d'une vision. Après tout, n'avait-il pas, un instant auparavant, eu la même réaction étrange d'absence que la dernière fois dans la grotte ?

Il y eu des échanges de regards entre ces trois là. Des échanges que je ne comprenais pas. L'un semblant reconnaître l'autre, et certains semblaient se rapprocher alors que d'autres s'éloignaient... Je n'étais pas certaine de moi, mais c'était comme si Slimag et Stepiled partageaient un secret commun qui les rapprochait et que Stepiled l'aurait découvert, se rendant compte que ce lien pouvait l'éloigner de son ami...

Et là, tout à coup je vis les étoiles briller dans les yeux de Jawbol. Je n'avais donc pas rêvé l'émotion perçue dans sa voix à l'instant. Le minotaure était sur le point de pleurer.

Et quelle était cette émotion qui m'enserrait la poitrine... ? Pourquoi est ce que je ressentais cette tristesse ? C'était comme si sa souffrance était contagieuse. Stepiled interrogea le minotaure sur sa tristesse, mettant un mot sur le malaise qui s'installait. "Je réalise que Slimag serait bien plus heureux en votre compagnie qu'il ne l'a été en trois ans en la mienne...", répondit Jawbol. Voilà qui expliquait sa peine. Son ton exprimait tout l'attachement qui existait entre lui et son ami.

J'avais l'impression d'assister à une scène qui n'aurait pas dû m'être dévoilée. Comme une voleuse découvrant des secrets trop intimes. Le xolon, plein de tact, répondit : " Vous êtes amis depuis trois ans, n'est-ce pas ? Vous ne seriez pas amis si Slimag n'était pas heureux avec vous. La nuit vous portera conseil. Venez, reposez-vous.", invitant ainsi la troupe à s'arrêter et le minotaure à mettre à plat sa situation.

Je n'avais rien à dire et me contentais de m'asseoir à même le sol, légèrement en retrait par peur d’interférer dans quelque chose qui ne me regardait pas. Steffin avait parlé au minotaure qui dans sa tristesse n'avait pas pu répondre. L'enfant semblait légèrement désorienté face à la situation. Il s'approchait déjà de l'arachnéen, comme pour chercher du réconfort. Je supposais que celui-ci était mieux placé que moi pour le réconforter et lui donner à manger. Je sentais moi même la soif grandir en mon sein. Mais le moment aurait été mal choisi. Pas vraiment le choix... je me contenterais d'attendre d'avoir un peu de temps pour moi afin de l'étancher discrètement. J'évitais de regarder dans la direction de Jawbol, ne sachant pas vraiment quelle attitude avoir. Nous étions encore étrangers l'un pour l'autre : je ne l'avais rencontré que quelques heures plus tôt. Et pourtant ses sentiments résonnaient en moi. Cette impression d'être plus une gêne qu'autre chose dans la vie de ceux qu'on aimait... J'avais beau avoir éprouvé un de ces sentiments de vide et de désespoir quand Tomi m'avait fait comprendre que j'avais été un problème constant dans sa vie, je n'aurais jamais souhaité que quelqu'un d'autre ressente ce genre d'émotion.

Cependant, dans le cas de Jawbol, j'étais convaincue que Stepiled avait raison : Slimag avait été heureux avec le minotaure. L'homme-limace était profondément attaché à lui, cela crevait les yeux. Mais je ne pouvais pas prononcer un mot. Trop mal à l'aise, je me contentais de lancer un regard silencieux vers Jawbol.

Un peu plus tard, je contemplais hypnotisée la respiration lourde de Steffin qui dormait. Je sentais la fatigue m'envahir au fur et à mesure des mouvements de sa poitrine. Au milieu de ce groupe hétéroclite et du potentiel danger qu'il pouvait représenter ou attirer, je m'endormis comme un enfant sans crainte du lendemain.

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Message  Jawbol le Dim 1 Mar 2015 - 18:31

Stepiled eut des mots pleins de tact et de réconfort. En un sens, il avait raison : si Slimag n'avait pas été heureux en compagnie de Jawbol, il ne serait simplement pas resté avec lui et ne serait pas devenu ami avec lui. Cela cependant ne suffisait pas à ôter à Jawbol l'idée que Slimag gâchait une partie de sa vie à rester avec quelqu'un qui ne pouvait passer que le tiers de son temps à ses côtés. Stepiled, lui, était seul, et n'aurait pas besoin de se séparer si régulièrement du Gupile. Il avait déjà assisté à un événement important de la vie de Slimag, auquel Jawbol avait été absent à cause de la vie qu'il menait.

Le groupe se reposa en l'aimable compagnie du Xolon qui partagea une partie de ses vivres. Jawbol eut du mal à s'endormir, ne pouvant cesser de penser à la situation et de peser le pour et le contre. Nul doute que Slimag aussi devait y songer. Finalement, Jawbol s'endormit, mais la nuit fut courte. Il se réveilla avant l'aube, trop agité. Steffin dormait toujours, entre les pattes d'Elazi, lui aussi au pays des songes. Slimag se réveilla cinq minutes après son ami, comme un fait exprès. Il y eut un échange de regards, puis Jawbol demanda à Slimag de s'isoler avec lui pour discuter.

Les deux amis revinrent auprès du reste du groupe au bout de dix minutes, avec une décision prise. Stepiled s'était réveillé entre temps, et se leva. Jawbol lui fit part de sa décision, et leur conversation réveilla lentement Elazi. Müss fut la dernière à être réveillée, sans compter Steffin qu'Elazi prit dans ses bras en essayant de ne pas le réveiller alors que le soleil n'était pas sorti de ses draps nocturnes. Le groupe devait se remettre en marche tant qu'ils avaient le moins de risques d'être suivis et attaqués par les cavaliers sombres.

JAWBOL – Stepiled, merci d'avoir partagé ce bivouac avec nous. Nous nous retrouverons peut-être. Je l'espère.

En disant ce dernier mot, Jawbol eut un regard pour Slimag. Il informa Müss et Elazi :

JAWBOL – Nous... Nous allons poursuivre notre route sans Slimag. Nous allons laisser Stepiled et lui à leurs retrouvailles, et...

L'émotion fit trembler la voix de Jawbol, qui ne sut finir sa phrase. Il se tourna vers son ami, et l'enlaça, faisant fi du mucus pourtant vraiment très collant qu'exsudait continuellement le Gupile par tous les pores de sa peau. Le Minotaure serra les paupières pour vider ses yeux de ses larmes.

JAWBOL – J'espère te revoir prochainement, Slimag. Mon ami. Merci pour tout.

Elazi, depuis le début de la nuit et la rencontre avec Stepiled, n'avait pas dit un mot, à l'instar de Müss, respectant ce moment qui appartenait avant tout à Stepiled, Slimag et Jawbol.
Le Minotaure se décolla finalement du Gupile, gardant d'épaisses traces de mucus sur une partie du corps. Stepiled tendit la trompe, que Jawbol serra. Il savait que les Xolons se serraient la trompe au lieu de la main.

JAWBOL – Prenez soin de lui.

Jawbol eut un petit sourire, il s'agissait plus d'une dernière marque d'affection pour son ami que d'une véritable demande au Xolon. Slimag était capable de prendre soin de lui tout seul, et Jawbol n'avait jamais eu pour habitude de le traiter comme un être inférieur à protéger.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Stepiled le Dim 1 Mar 2015 - 19:00

Le groupe accepta l'invitation de Stepiled, qui partagea une partie de sa nourriture. Il n'y eut pas de grande conversation alors que les sujets n'auraient pourtant pas manqué ; mais l'ambiance n'était pas à la légèreté, Stepiled y fut sensible. Lui-même se demandait s'il aurait la joie de voir le Gupile accepter de rester avec lui, mais il balançait cette pensée égoïste par le poids de l'amitié déjà existante entre Jawbol et lui. C'est dans cette ambiance particulière que le groupe s'endormit peu à peu, mais pour une nuit bien courte.

Stepiled se réveilla avant l'aube. Il entendit des sons de chuchotements à quelques mètres de là. C'étaient Jawbol et Slimag. Enfin, Jawbol uniquement pour les chuchotements, mais il s'adressait au Gupile, qui lui répondait par des gestes des mains ou de la tête. Il savait de quoi ils étaient en train de parler. Jawbol ne pouvait pas prendre de décision seul pour son ami, il avait besoin de connaître l'envie et les pensées de ce dernier. Ainsi, Jawbol traitait vraiment le Gupile comme un vrai ami qu'il consultait, et non comme une créature pour laquelle il prenait toutes les décisions. Stepiled trouva cette relation très saine. Peu de gens traitaient les Gupiles comme les êtres intelligents et doués d'opinions qu'ils étaient effectivement. Cela le conforta sur un point : quelle que soit la décision que lui annoncerait Jawbol, il la respecterait, car il saurait qu'elle aurait été prise en concertation avec Slimag, et non par les seuls états d'âme de Jawbol.

Et justement, Jawbol et Slimag revinrent auprès du reste du groupe. Stepiled était pour l'heure le seul réveillé : Müss, l'Arachnéen et l'enfant dormaient toujours. Stepiled se mit debout pour écouter ce que Jawbol eut à lui dire.
Il se séparait de Slimag maintenant. Il continuerait sa route vers Sujerine pour raccompagner l'enfant chez ses parents, et Slimag resterait en compagnie de Stepiled.
Jawbol tint à préciser que, bien que cette décision eût dû être prise de façon soudaine dans des circonstances imprévisbles, elle avait tout de même été réfléchie. Slimag avait d'abord voulu rester avec Jawbol mais avait été finalement convaincu par les craintes de son ami. Jawbol expliqua qu'il ne voulait pas savoir que Slimag gâchait une partie de sa vie à vouloir rester avec quelqu'un qui menait un train de vie incompatible avec celui d'un Gupile. Jawbol, par ailleurs, était las de devoir trop souvent se séparer de Slimag et de devoir prévoir des rendez-vous pour le retrouver ; et savoir qu'il avait manqué un événement aussi important que celui lors duquel Stepiled avait rencontré Slimag, le rendait sûr qu'il ne supporterait plus cette idée. Jawbol conclut en disant que Stepiled avait rencontré Slimag à un moment important, et qu'ils avaient maintenant tous deux de nouvelles choses à vivre. Slimag avait fini par lui avouer qu'il avait été ému de revoir Stepiled, qu'il serait heureux de voyager avec lui et qu'il ne voulait pas que l'idée de continuer à voyager avec Jawbol soit un motif de tristesse ou de regrets pour ce dernier.

Stepiled comprenait les motivations de Jawbol et de Slimag. Après tout, comment pourraient-ils continuer à voyager ensemble si Jawbol venait à se demander tous les jours s'il ne regrettait pas de retirer Slimag à une autre vie ? Depuis trois ans, c'est Slimag qui se forçait à suivre Jawbol, tandis que Jawbol ne pouvait se consacrer à partager beaucoup de choses à Slimag. L'échange était incomplet entre les deux amis. Jawbol venait d'en prendre conscience brutalement cette nuit. De ses propres mots, il avait la conviction que Stepiled pourrait partager beaucoup plus de choses avec Slimag.

La conversation réveilla Elazi, et quelques instants plus tard, c'est Müss qui fut réveillée pour que le groupe reprenne la route. Jawbol fit un dernier adieu à son ami en le prenant dans ses bras. Stepiled détourna pudiquement le regard, laissant les deux amis se dire adieu. Jawbol vint ensuite se placer devant Stepiled, qui le vit partiellement couvert du mucus collant du Gupile. Stepiled tendit sa trompe machinalement au lieu de tendre la main, mais Jawbol comprit le geste et lui serra la trompe.

JAWBOL – Prenez soin de lui.

Jawbol eut un sourire, et Stepiled le lui rendit.

STEPILED – Je suis certain que c'est plutôt Slimag qui va prendre soin de moi.

L'Arachnéen, qui tenait l'enfant Halfelin, toujours endormi, dans ses bras, hocha légèrement la tête en guise d'au revoir, et s'éloigna avec Jawbol. Slimag regarda lui aussi le groupe partir. Il sourit à Müss, et hocha la tête pour lui dire adieu. Stepiled lui glissa ces mots :

STEPILED – Jawbol va avoir besoin de vous pour être certain que Slimag et lui ont fait le bon choix en se séparant.

Slimag baissa la tête. L'une de ses antennes oculaires se retourna vers Jawbol qui s'en allait sans oser se retourner. Le Gupile regarda son ami s'éloigner, d'un air triste. Il avait vécu de belles choses en trois ans avec son ami, mais c'était une page qui se tournait. Il avait de nouvelles choses à vivre avec celui qui avait protégé le Gupile avec qui il s'était accouplé. Il pouvait se consoler en se disant que voyager avec un Xolon comme Stepiled serait moins problématique et qu'ils auraient plus de choses à partager et à vivre ensemble. Mais se séparer d'un ami n'était pas facile, et de le voir partir triste l'était encore moins. Slimag savait que Jawbol avait raison, mais Stepiled avait raison lui aussi : Jawbol allait avoir besoin de Müss et d'Elazi pour ne pas en douter.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Mar 3 Mar 2015 - 13:50

Je courais dans une prairie sans voir devant moi tellement le brouillard était opaque. Je ne voyais pas mes pieds mais sentais la vase dans laquelle ils s’enfonçaient un peu plus à chaque foulée… Je courais pour fuir des hommes et leurs chiens qui m’avaient prise en chasse. Tout à coup la brume se dissipait et les rayons du soleil levant filtraient à travers elle, atteignant ma peau pour la bruler. Je sentais la douleur contre mon bras qui montait vers mon épaule avant de me réveiller en sursaut.

Non, ce n’était pas la brulure du soleil qui s’était glissé là, mais la main d’Elazi serrant mon épaule pour me réveiller. Ses yeux pâles m’observaient sans arrière pensée et je reposais ma tête au sol en soupirant. Depuis que j’avais été transformée, je dormais beaucoup plus. Le jour entier, et parfois même une partie de la nuit quand j’avais fini mon travail et que je m’étais « abreuvée » dans la forêt d’à côté. Undrille me comparait à un nouveau née en me gourmandant, accusant mon « humeur mélancolique » de me rendre apathique. Elle avait tenté de me faire ingérer de nombreuses plantes médicinales pour me dynamiser, mais je n’avais évidemment rien pu avaler et elle avait fini par accepter de me voir constamment pâle et fatiguée. Sa bonne humeur me manquait, et savoir que je ne la reverrais plus n’était pas pour m’aider.

Steffin était blotti entre les pattes de l’arachnéen et son souffle devenait irrégulier, annonçant son réveil. Il ouvrit des yeux encore gonflés par la fatigue et me regarda en souriant. Je lui rendis son sourire et tendit les doigts vers son visage. Le sommeil lui faisait perdre ses défenses et il se contenta de tourner la tête vers le côté, fermant les yeux, tandis que son visage se retrouvait au creux de ma main. Soient mes mains étaient grandes, soit sa tête était petite, et dans tous les cas, la moitié de son visage se retrouvait recouvert. Il poussa un soupire et se blottit autour de mon bras. Je l’observais, sentant sa chaleur contre moi et l’odeur de son sang qui m’alléchait.

Levant les yeux vers le ciel, j’estimais le temps qu’il nous restait avant que le soleil ne se lève en sentant le regard d’Elazi qui continuait à me transpercer. Quand je voulu le défier, je me rendis compte qu’il ne semblait nullement hostile mais se contentait d’observer la scène que Steffin et moi formions. Je me redressais en retirant mon bras pour m’étirer tandis que l’halfelin gémit en se retournant de l’autre côté.

Jawbol et Slimag, qui s’étaient éloignés alors que nous étions encore en train de dormir, revenaient vers nous. Stepiled était déjà debout, et je commençais à attacher mon sac contre moi, ignorant ma soif.

« Stepiled, merci d'avoir partagé ce bivouac avec nous. Nous nous retrouverons peut-être. Je l'espère. Nous... Nous allons poursuivre notre route sans Slimag. Nous allons laisser Stepiled et lui à leurs retrouvailles, et... » l’émotion l’empêcha de continuer et le minotaure se contenta d’enlacer son ami. Je ne pu m’empêcher de les fixer du regard, étonnée de leur décision. Je ne savais pas ce qu’avait vu Jawbol dans sa vision et ne pouvait donc comprendre ce qui les avaient mené à cette décision. Tout cela restait flou pour moi. Certes le xolon avait l’air d’être un compagnon exemplaire pour le gupile, mais Jawbol ne pourrait que souffrir de s’éloigner de lui… Cependant ce choix leur appartenait et je ne pouvais que les soutenir dans leur décision. Jawbol avait le cœur fendu, et Stepiled n’avait pas l’air moins malheureux de le quitter. C’était un de ces moments douloureux que la vie leur avait réservé…

Les amis se séparèrent enfin, et après avoir glissé quelques mots au xolon, Stepiled s’éloigna sans se retourner. Je m’approchais à mon tour de Stepiled pour lui faire mes adieux quand celui-ci me dit : « Jawbol va avoir besoin de vous pour être certain que Slimag et lui ont fait le bon choix en se séparant ». Je le regardais étonnée avant de lui répondre sincèrement : « Merci pour ces quelques heures passées avec vous Stepiled. Je vous souhaite bien du bonheur, même si je ne doute pas qu’avec Slimag à vos côté, votre route sera lumineuse… », j’adressais un sourire au gupile en lui lançant un simple « au revoir l’ami » avant de me lancer à la poursuite de Jawbol, leur faisant un dernier signe de la main.

Le minotaure cheminait silencieusement. Elazi et moi l’encadrions sans prononcer un mot. Nous avancions d’un pas rapide et l’arachnéen portait l’enfant halfelin qui n’aurait pas pu suivre la cadence. Sans Slimag, il était certain que nous étions beaucoup plus rapides, et je devinais que nous arriverions bien avant les trois jours de marche prévu. Nous marchâmes un certain temps, mettant chacun nos idées à plat, tous perdus dans nos pensées, quand je fini par briser timidement le silence : « D’où venez-vous Jawbol ? Je ne connais pas bien les minotaures, il était rare d’en voir dans le village où j’habitais… ».  Je savais que sa peine était trop grande pour pouvoir l’en distraire si facilement, mais quand Undrille me trouvait abattue, elle restait simplement à mes cotés pour parler, et même si nos conversations ne pouvaient faire disparaitre ma mélancolie, elles avaient le pouvoir d’apaiser mes idées noirs un instant. De plus, mon intérêt à l’égard du minotaure était réel. Je me demandais ce qu’il avait fait depuis que son frère avait disparu et le style de vie qu’il menait. « Et votre petit frère, comment est-il ? Avez-vous des informations à nous apporter pour que nous nous fassions une idée de lui ? Nous aurions besoin d’en savoir le plus possible pour partir ensuite à sa recherche… ». Nous continuions à marcher rapidement à travers la forêt et le temps passait doucement, heures après heures. Je finis par me tourner vers l’arachnéen, la curiosité l’emportant sur le ressentiment : « Et vous Elazi, pouvez vous… parler de… votre frère… et de votre famille ? Et des arachnéens en général ? A vrai dire, on ne les connait qu’à travers les contes, et ce que l’on dit ne correspond pas forcément à… ce que j’ai remarqué… ». Je ne savais pas vraiment comment m’adresser à lui, mes ressentis à son avis restaient mitigés, je le détestais pour ce qu’il me faisait ressentir. Il appartenait à une race stigmatisée, tout comme les vampires… L’idée que je le jugeais de la même façon que les autres me jugeaient ne pouvait que me mettre mal à l’aise. C’était comme se retrouver face à un miroir, et puisque je ne m’acceptais pas moi-même, je ne pouvais pas l’accepter, lui.

Je surveillais les alentours, cherchant un endroit qui me permettrait de rester protégée de la lumière du soleil, aussi, quand nous passâmes près d’un lieu rocheux, je déviais ma trajectoire pour m’approcher, cherchant s’il y avait moyens de se glisser sous certaines roches. Je dû avancer encore un instant en zigzag pour trouver un emplacement qui pourrait convenir. Je fis de grands gestes vers les autres membres du groupe pour leur proposer de s’installer ici.

Des amas de roches posées les unes sur les autres formaient une cavité assez haute et profonde pour s'abriter, nous mettant à couvert, peu visibles, et surtout suffisamment protégés du soleil.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Mer 4 Mar 2015 - 10:36

STEPILED – Je suis certain que c'est plutôt Slimag qui va prendre soin de moi.

Cette phrase déclencha un sourire à Jawbol. Stepiled était vraiment gentil de dire ça. Le Minotaure tapa amicalement l'épaule du Xolon, puis s'en alla. Il marcha lentement, laissant tout le temps à Müss et à Elazi de le rattraper après avoir dit au revoir à Stepiled. Il refusa de se retourner, car s'il faisait un dernier geste d'adieu à Slimag, s'il revoyait une dernière fois le visage de limace de son ami, ce visage si plein de tendresse, il fondrait en larmes et n'aurait plus la force de s'éloigner. Il ne fallait pas se retourner. Il avait l'impression de ne plus sentir son cœur battre dans sa poitrine. Aurait-il cru que se séparer de Slimag le rendrait triste à ce point ? Une séparation brutale l'aurait anéanti, ça oui. Mais là, Slimag s'était trouvé une autre connaissance, quelqu'un de bien avec qui il aurait plus de choses à partager et serait aussi heureux sinon plus encore. Jawbol avait beau se dire que cette décision était la bonne, il ne pouvait s'empêcher d'être triste.

Au bout d'un moment, Müss le tira de ses pensées, engageant la conversation comme un moyen de l'éviter de sombrer dans sa tristesse :

MUSS – D'où venez-vous Jawbol ? Je ne connais pas bien les Minotaures, il était rare d'en voir dans le village où j'habitais...

Jawbol prit une inspiration avant de répondre, cherchant à défaire le nœud dans sa gorge pour pouvoir parler correctement :

JAWBOL – Je suis originaire des Plaines Borduaires, mais j'ai commencé à vivre à Longe à huit ans. J'ai été confié à un précepteur qui m'a appris aussi à me battre en plus de mon éducation générale, et il m'a aussi appris à vivre avec mes visions. Non pas à les contrôler, car je n'ai aucun contrôle dessus, mais à... les supporter, disons. C'est il y a trois ans, quand ma famille a été tuée, que j'ai rejoint la Guilde des Guerriers, sous les conseils de mon précepteur, après... après avoir rencontré Slimag. C'est Slimag qui avait voulu me suivre. Je me souviens, le jour de notre rencontre, je ne voulais pas qu'il reste avec moi. J'étais sur le point de repartir seul, mais il a insisté, et même là, j'ai d'abord hésité. Comme si je savais que... qu'il ne serait pas le plus heureux avec moi.

Jawbol tua dans l'œuf une larme. Il leva la tête pour respirer un grand coup, mais son souffle était vacillant et saccadé.

JAWBOL – Mais je me suis arrêté. Je l'ai laissé me rattraper, et j'ai marché à son rythme.

Jawbol ne sut réprimer un sanglot.

JAWBOL – Pardon.

Il se couvrit les yeux avec les paumes et laissa d'autres sanglots lui échapper. Déjà que plusieurs camarades de la Guilde des Guerriers se moquaient de lui pour avoir un Gupile comme ami, ils se moqueraient encore plus de lui s'ils le voyaient pleurer maintenant.

JAWBOL – Pardon, je reparle de Slimag alors que... ce n'était pas votre question.

Jawbol essuya ses yeux et souffla encore un coup.

JAWBOL – Il y a six ou sept siècles, il n'y avait pas de Minotaure en Orcande. Nous représentons toujours une minorité dans le Royaume de Telbara, mais nous avons une place dans le Conseil des Huit, et de multiples familles vivent un peu partout sur le continent aujourd'hui.

Jawbol sentait que cela lui faisait du bien de parler, de se changer les idées, et Müss l'encouragea avec une autre question :

MUSS – Et votre petit frère, comment est-il ? Avez-vous des informations à nous apporter pour que nous nous fassions une idée de lui ? Nous aurions besoin d'en savoir le plus possible pour partir ensuite à sa recherche...

Jawbol eut bizarrement un sourire en repensant à Cawleb. Il voulait croire qu'il était toujours en vie. Il se trouvait là, quelque part sur le continent, mais où ? Qu'avait-il pu faire en trois ans ?

JAWBOL – Il s'appelle Cawleb. Il a trois ans de moins que moi. Je n'ai jamais été doué pour décrire les gens physiquement... d'autant que je ne le voyais pas souvent, vu que je vivais en ville alors qu'il vivait avec le reste de la famille. Je ne le voyais que quelques fois par an. Mais il était vaillant. Il aimait jouer, et... Je suis sûr qu'il a tout pour devenir valeureux.

Dans la bouche du Minotaure, “devenir valeureux” signifiait “devenir un très bon combattant”. Les jeux entre Cawleb et Jawbol avaient très souvent été des jeux martiaux. Jawbol sourit avec nostalgie en repensant à son frère et aux moments précieux qu'il avait passés avec lui. Jawbol ne sut quoi ajouter pour le moment, mais il fut touché par l'intérêt de Müss pour son frère, elle qui au départ n'avait même pas voulu s'occuper de Steffin. Il se promit de dire à Müss et à Elazi toute autre chose intéressante qui lui reviendrait à l'esprit sur son frère.

MUSS – Et vous Elazi, pouvez vous... parler de... votre frère... et de votre famille ? Et des Arachnéens en général ? A vrai dire, on ne les connaît qu'à travers les contes, et ce que l'on dit ne correspond pas forcément à... ce que j'ai remarqué...

Elazi eut un sourire en coin. Il posa son regard sur Müss, faisant glisser ses longs cheveux blancs, lisses et soyeux sur ses épaules. Les iris opales de ses yeux non dépourvus de pupilles, lui conféraient un regard perçant, presque intimidant. Mais il avait de beaux yeux. Les traits de son visage étaient très fins, sculptés comme ceux d'un Elfe. Son torse, à faible pilosité, présentait des lignes douces et ses bras étaient fins. En fin de compte, si Elazi avait été un Humain, il aurait été vraiment très beau. Si l'on ignorait son corps d'araignée géante au-dessous de la taille, et le teint légèrement bleuté de sa peau, Elazi dégageait un charme fou. C'était vraiment un très beau mâle Arachnéen.
Il s'était confectionné un fourreau pour le manche de sa masse d'arme, au niveau de la taille, ainsi il n'était pas obligé de la garder en main en permanence, ce qui était bien commode.

ELAZI – Nous ne sommes pas des monstres, pas plus que les Centaures ou les Nagas... ou les Gupiles.

La notion de “monstre” était toute relative, et la comparaison faite par Elazi pouvait desservir son propos aux oreilles de certaines personnes qui représentaient une écrasante majorité notamment aux Royaumes d'Estandre et de Tacomnal, où Centaures et Nagas étaient traités de monstres. Dans le Royaume de Telbara, les mentalités étaient différentes, mais même là, les Gupiles étaient souvent traités de monstres. Pour preuve les railleries subies par Jawbol au sujet de son amitié avec l'un d'eux.

ELAZI – Les gens ne nous aiment pas simplement parce-qu'ils ne nous voient que comme des araignées. Et parce-qu'ils se sentent inférieurs à nous, car ils se sentent comme des insectes, des proies pour nos toiles. Nous nous moquons d'eux, nous vivons notre vie comme nous le voulons, et les Humains ne sont finalement pas nos proies les plus courantes, au contraire. Les Humains finissent dans nos toiles parce-qu'ils viennent nous chercher, voilà tout. Si vous voulez savoir, mon frère, celui qui a survécu, a toujours eu peur des gens des villes, et pas seulement des Humains. Quand nous le retrouverons, il aura peur de vous. Je devrai lui demander de ne pas vous attaquer, et je pense qu'il rentreras dans notre antre sans vous adresser la parole. En fait, c'est bien vous qui nous avez changés en monstres, par votre haine et vos préjugés. Jawbol a montré être quelqu'un de différent. Il est devenu l'ami d'un Gupile, et n'a jamais porté un seul regard malveillant sur moi. Il mérite mon amitié.

Jawbol agita les oreilles à ce qu'il venait d'entendre. Il méritait l'amitié d'Elazi ? L'amitié d'un Arachnéen ? Après un Gupile, un Arachnéen ? Il fallait croire qu'il avait un don pour se créer un entourage atypique. Il n'avait jamais pensé devenir l'ami d'Elazi, mais il n'avait jamais réalisé que son comportement jusque là avait pu avoir si une grande importance pour l'Arachnéen.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Jeu 5 Mar 2015 - 19:09

Adossée contre une paroi rocheuse, enfoncée tout au fond de l’encastrement pierreux, je méditais aux paroles du minotaure. Je voyais encore sa tristesse quand il parlait de Slimag et j’avais envie de l’aider à retrouver son frère Cawleb. Ces sentiments dangereux me semblaient anormaux, et je n’arrivais pas à cerner la part des choses entre le rationnel, à savoir « ne t’expose pas inutilement au danger, reste dans ton coin tu seras tranquille » et l’incohérent besoin d’appartenance qui me disait plutôt : « tu pourrais apporter quelque chose à des gens qui en ont besoin, ta vie aurait alors un sens ».

L’halfelin roulé en boule non loin de mes jambes ne m’aidait pas à garder les idées claires. J’avais toujours été quelqu’un de pragmatique et solitaire. M’attacher à des gens ne m’avait jamais permis d’avancer bien loin : au final les autres avaient du mal à accepter ce qui était différents. Ces « monstres » dont Elazi affirmait ne pas faire partie. Mais il avait beau prétendre qu’être différent ne signifiait nullement être monstrueux, la réaction des gens lorsqu’ils se rendaient compte de nos dissimilitudes n’était jamais positive. Cela leur inspirait du dégoût, de la peur, ou au mieux de la méfiance et cela se finissait souvent par du rejet.

Je n’étais pas tout à fait consciente que la seule personne responsable de ce rejet n’était autre que moi-même qui n’avais jamais été capable d’accepter ce que je qualifiais de "maladie". Et fuir la méfiance des autres sans jamais oser m’y confronter ne m’avait pas permis de savoir si j’aurais effectivement été rejetée ou pas. « c'est bien vous qui nous avez changés en monstres, par votre haine et vos préjugés » avait dit l’arachnéen. Ces propos reflétaient une triste réalité. Je nous voyais comme des monstres et ces certitudes devenaient une réalité à mes yeux.

Cependant Elazi disait également vrai en prononçant ces mots : « Jawbol a montré être quelqu'un de différent. Il est devenu l'ami d'un Gupile, et n'a jamais porté un seul regard malveillant sur moi ». J’essayais de me rappeler sa réaction lorsqu’il avait vu mes ailes. J’étais certaine qu’il s’était tenu prêt à m’empaler si je l’avais approché. Il m’avait cependant fait confiance lorsque je l’avais aidé à traverser le cours d’eau et était resté plus que courtois à mon égard. Je l’observais en me disant que s’il avait en effet choisi de voyager avec un gupile et qu’il avait mérité l’amitié d’un arachnéen, il ne choisirait peut-être pas de me trucider s’il me voyait boire du sang frais et fuir le soleil comme la peste… Je plissais les yeux, gênée par la luminosité qui ne faisait que croître avec le temps.

J’espérais étrangement pouvoir trouver une place dans ce groupe de gens hors-normes, rêvant stupidement d’être acceptée malgré ma nature.

Le soleil fit son apparition et je ne pouvais qu’observer les ombres que sa lumière créait. Aucune liberté ne me serait accordée, et dépitée comme d’habitude, je me mis à ressasser des idées noires avant de m’endormir.

Quand je m’éveillais, l’heure était tardive et ne savait pas encore comment se départager entre chien et loup. Je m’étais recouverte de la tête au pied d’une couverture sombre et me contenais d’attendre qu’il fasse assez sombre pour échapper aux brumes du sommeil.

Quand je me décidais à sortir, les premières étoiles faisaient leur apparition. L’air fraichissait et la soif se fit à nouveau cruellement sentir. Levant les bras vers le ciel pour m’étirer de tout mon long, je saluais la beauté de la nuit tombante en inspirant l’air froid à plein poumon. Steffin jouait seul avec des brindilles et des cailloux, fabriquant une tour sur laquelle il déposait des larves gigotant en tout sens. Je me tournais vers le reste du groupe pour leur exprimer mon besoin de m’éloigner un instant.

Sans attendre de réponse, je me dirigeais vers la droite à la recherche d’une proie potentielle. Ignorant si Elazi acceptait ou non de me faire assez confiance pour que je m’éloigne du groupe, je marchais rapidement. Mes pas devinrent de plus en plus agiles et la marche se transforma rapidement en course.

Mon sabre sortit de son fourreau pour se nicher au creux de ma main, et comme chaque fois que j’étais en contact avec lui, je fis prise d’un violent désir meurtrier. La vitesse et la force supérieure des vampires permettaient de courser facilement des proies et leur agilité déconcertante aidait à les attraper rapidement. En ajoutant à cela mes connaissances de la faune, je n’eu pas de difficulté à repérer un groupe de cariaöz, à m’approcher sans qu’il ne puisse ni me sentir, ni m’entendre pour finalement me jeter sur le plus proche d’entre eux. Les autres s’enfuirent en hurlant, et je les maudits intérieurement d’être aussi bruyants. Impossible de rester discrète avec de tels oiseaux…

Deux secondes plus tard, je me retrouvais assise au sol, des plumes accrochées dans la chevelure et du sang plein les lèvres. Le sang me réchauffait entièrement, c’était un de ces moments où je sentais la vie couler en moi en même temps que le chaud fluide. Mon arme rengainée, je me dépêchais d’absorber le sang avant de frotter ma bouche et de me diriger vers le lieu où j’avais laissé Jawbol, Elazi et Steffin en traînant le cariaöz mort derrière moi.

Lorsqu’ils furent à portée de vue, je ne pu m’empêcher de lâcher l’oiseau pour me précipiter dans leur direction : Steffin venait de disparaître ! En arrivant à l’endroit où il se trouvait un instant plus tôt, je vis… un trou. L’halfelin venait de tomber dans un nid de calips. Je me penchais pour l’attraper et l’attirer vers moi, mais déjà des griffes bleutées faisaient leur apparition, s’agitant dans le vide à la recherche de chair à lacérer. « COURREZ ! » m’écriais-je en attrapant mon sac. Steffin n’avait pas attendu mon ordre, il avait beau avoir de petites jambes, celles-ci l’avaient déjà emmené bien loin et il était hors de portée des insectes. Je me hâtais de le rattraper.

La nuit commençait bien… Vivement qu’on arrive à Sujerine…

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Sam 7 Mar 2015 - 10:29

Müss s'écarta du groupe, et Jawbol la suivit du regard. Elle s'approcha d'un abri naturel de roches, et fit signe de venir. Jawbol et Elazi la rejoignirent. Müss estimait que c'était un bon endroit pour passer la journée. Jawbol avait déjà oublié qu'ils avaient décidé de voyager de nuit pour éviter d'être suivis par les cavaliers sombres. Le plus ironique dans cette histoire, c'est qu'il n'était pas impossible que les cavaliers sombres eux-mêmes préfèrent la nuit pour suivre le groupe en plus grande discrétion. Elazi, cependant, approuva l'idée de Müss. Les Arachnéens n'étaient pas particulièrement nocturnes, bien que nyctalopes. Elazi pouvait donc parfaitement voyager de jour, mais il fallait reconnaître que la nuit avait été courte pour tout le monde. Jawbol lui-même n'avait pas vraiment eu un sommeil réparateur et avait déjà envie de retourner dans le giron d'Elasgol.

Ainsi, le groupe fit halte pour toute la journée. Jawbol n'était pas du tout habitué à ce rythme-là, à ne voyager que de nuit. Il se réveilla plusieurs fois, somnola plus qu'il ne dormit. Müss s'était enfoncé dans le creux de l'abri de pierre et s'était intégralement drapée dans une couverture. Jawbol s'ennuya fermement, d'autant que Müss eut la chance d'avoir le sommeil très long. Elazi et Jawbol s'occupèrent en surveillant Steffin, et Jawbol se surprit même à tenir une conversation sur des sujets anodins avec l'Arachnéen. Finalement, Elazi n'était pas de si désagréable compagnie, au contraire même.

Müss sortit de sa couverture dès que le soleil fut couché, comme si elle n'avait attendu que ça. Elle s'excusa pour s'absenter un moment. Jawbol et Elazi ne se posèrent pas plus de questions, devinant – à tort – qu'elle allait répondre à un besoin naturel à l'abri des regards. Quand dix minutes furent passées toutefois, Jawbol et Elazi la trouvèrent un peu longue. Jawbol se demanda s'il lui était arrivé quelque chose, mais devina qu'Elazi avait de tout autres soupçons. Jawbol se leva pour aller voir si tout allait bien pendant qu'Elazi restait à surveiller Steffin. Jawbol vit enfin Müss revenir, un cariaöz mort à la main. Voilà ce qui expliqué le temps qu'elle avait mis : elle en avait profité pour chasser. Jawbol la raccompagna auprès d'Elazi et de Steffin. Mais soudain, sous leurs yeux, l'enfant Halfelin se trouva comme happé par le sol. Ils se précipitèrent vers lui alors qu'Elazi se pencha au-dessus du trou.

Un nid de calips ! Tout voyageur savait ce qui arrivait lorsque l'on détruisait une galerie de calips... Müss devança Elazi pour tendre la main à Steffin et le sortir de là. Les insectes montraient déjà leurs pattes, et bientôt, ils furent déjà presque une dizaine à émerger. Müss hurla de courir alors que Steffin n'avait pas attendu ce conseil. Nerveusement, Elazi agita les pattes, comme une araignée se sentant agressée. Il recula et fit des mouvements de balancier avec sa masse devant lui au niveau du sol. Jawbol recula, faisant face à la marée d'insectes. Il dégaina ses deux épées, et les enflamma. Il réussit à intimider les insectes avec les flammes, mais certains se firent plus agressifs et téméraires que d'autres, et Jawbol dut les frapper. Elazi envoya plusieurs calips voltiger avec sa masse. Soudain, l'Arachnéen leva le thorax, se cabrant, et cracha par l'abdomen une masse gluante. Quelques calips vinrent s'empêtrer dedans. Pris au piège, ils furent incapables de s'en sortir.

JAWBOL – Rattrape Steffin !

L'Arachnéen partit en triple vitesse et rattrapa facilement l'enfant Halfelin, tandis que Jawbol continuait de reculer devant la marée d'insectes et le trou qui s'élargissait. Ses épées enflammées firent leur effet, faisant reculer des calips quand elles ne les frappaient pas. Le Minotaure décida finalement d'abandonner le combat, et ses jambes de taureau le firent courir vers le reste du groupe. Elazi s'arrêta plusieurs dizaines de mètres plus loin, et chercha à calmer Steffin. Il attendit Müss, puis Jawbol qui les rattrapa en dernier, ayant été le dernier à fuir.

JAWBOL – Steffin n'a rien ?
ELAZI – Juste une grosse frayeur.

Comme à son habitude, l'enfant se réfugia sous le corps d'araignée géante d'Elazi, et serra l'une de ses pattes des deux mains. Jawbol rangea ses deux épées dans son dos en mettant fin au sort de feu.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Lun 9 Mar 2015 - 8:47

L’halfelin était hors de porté des insectes. Il avait immédiatement deviné le danger et avait fui avec une étonnante rapidité. Le pensant en sécurité, je me retournais pour évaluer la situation. Les épées du minotaure étaient léchées par des flammes qui effrayaient la majorité des calips. Les plus téméraires d’entre eux se faisaient déchiqueter par les lames des armes. Elazi quand à lui éjectait une matière visqueuse par son abdomen. Les insectes s’y retrouvaient coincés, ne pouvant l’atteindre alors que la masse qu’il maniait habilement les tuait un à un.

Bourrée d’adrénaline, je ne pouvais m’empêcher d’admirer le duo qu’ils formaient. Jawbol était imposant mais se battait avec grâce, ses mouvements précis ne laissaient aucun doute quand à ses capacités martiales. Elazi quand à lui offrait à voir un étrange contraste entre son effrayant corps arachnide attaquant une proie et sa moitié elfique si mystérieuse et si … J’interrompis mes pensées immédiatement, refusant d’admettre l’évidence : il était magnifique. Dire qu’il me fallait le voir au combat pour m’en rendre compte… Ma répugnance envers sa race m’avait rendu aveugle.

Des insectes venaient à s’approcher de Steffin, comme s’ils l’avaient pris pour cible après qu’il ait détruit leurs nids. Je sortais mes armes de leurs fourreaux et sentit cette habituelle violence fondre en moi à leur contact.

Contrairement à Jawbol, je n’avais eu de précepteur capable de m’apprendre l’art du combat ou la façon de maîtriser ma magie. J’imaginais avoir acquis ces capacités de façon foudroyante le jour où mes lames avaient décapité le vampire. La réalité était que le temps était passé et qu’à force de les utilisé, j’avais petit à petit appris le maniement de mes armes ainsi que la maîtrise de mes nouvelles aptitudes physiques.

Je savais donc me battre et tuer un calips restait chose aisée. Mais si ces insectes n’étaient pas bien coriaces, le problème résidait dans leur nombre. Ils semblaient tous s’être passé le mot pour attaquer l’halfelin et je commençais à être submergée par la foule qu’il formait. J’eu peur. Non pour ma vie, mais pour celle de Steffin qui, paralysé par la peur, devenait une proie facile à tuer. Les calips étaient bien trop nombreux pour que je les empêche tous d’atteindre l’enfant. Je maniais mes sabres avec l’agilité déconcertante propre aux vampires, rapide et précise, mais cela ne suffisait pas. J’avais beau utiliser ma magie pour déformer et allonger mes lames afin d’atteindre un maximum de calips en même temps, il en arrivait toujours d’autre. Bientôt, un grand cercle de cadavre se forma autour de moi, et je vis que certains insectes avaient contourné ce cercle et se préparaient à attaquer Steffin par derrière. Je laissais là mon combat pour me retrouver à ses côtés et lui ouvrir un chemin au milieu du flot d’insecte. Je le saisis par le bras et le poussais vers une zone libre. Il ne lui en fallu pas plus pour s’enfuir à nouveau et disparaître de ma vue. J’ignorais comment nous allions pouvoir le retrouver. Je vis finalement Elazi courir vers l’endroit où il était parti et décidais de le suivre. Nous étions de toute façon incapables d’anéantir cette nuée d’insecte à trois.

Quand je les retrouvais, Steffin se cachait sous le corps de l’arachnéen et semblait n’avoir rien. Je reprenais mon souffle quand Jawbol arriva. « Steffin n'a rien ? » s’enquit-il auprès d’Elazi qui le rassura immédiatement : l’enfant avait juste eu peur. « Et vous, vous n’avez rien ? », demandais-je aux deux autres.

Jawbol rangea ses armes en même temps que moi et nous reprîmes immédiatement la route pour nous éloigner au plus vite de ce lieu. Nous marchâmes toute la nuit. Steffin était porté par l’arachnéen et semblait n’avoir plus rien à dire.

Je me demandais quand nous arriverions quand j’entendis un bruit dans un buisson non loin de là. Un halfelin adulte semblait sur le point de s’enfuir à la vue de notre groupe, mais quand Steffin le vit, il se mit à lui parler. Nous devions être arrivés à Sujerine, mais pourquoi cet halfelin ne dormait-il pas ? Avait-il des raisons de monter la garde près de son village ?

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Message  Jawbol le Lun 9 Mar 2015 - 11:00

MUSS – Et vous, vous n'avez rien ?
ELAZI – Non.

Jawbol secoua la tête et dit “non” également. Plus de peur que de mal finalement avec tous ces calips. Ils auraient quand même pu se faire blesser s'ils n'avaient pas battu en retraite. C'en était humiliant de battre en retraite contre de si petits insectes. L'orgueil du Minotaure en prit un coup. Il se consola en se disant que l'on ne pouvait en rien comparer cette attaque de calpis avec un combat à la loyale. Les calips avaient représenté un danger grouillant et inextinguible. Un guerrier se doit de ne pas être fou, or rester au beau milieu de cette marée d'insectes, surtout sachant que Steffin avait déjà pris la fuite, aurait été un acte fou, pas brave.

Le groupe se remit en marche. Elazi porta Steffin sur ses épaules. L'enfant Halfelin rit de bon cœur en se voyant plus haut que n'importe qui. Il dominait son monde et cela l'amusait. Il pointa le Minotaure du doigt en s'esclaffant. Son rire enfantin était communicatif, et Jawbol sourit lui aussi. Au bout de quelques minutes, Steffin retrouva son calme en restant perché sur les épaules d'Elazi qui le tenait par les chevilles. Puis, il en eut marre et voulut retrouver le sol, alors Elazi le posa, et l'enfant marcha avec le groupe.

Jawbol préférait quand Steffin était silencieux. Tout d'abord, parce-que de façon générale, les agitations d'un enfant avaient tendance à vite faire grincer ses nerfs, même si, en l'occurrence, le rire de Steffin l'avait d'abord amusé. Ensuite, dans la situation actuelle, les bruits de Steffin les rendaient facilement repérables, alors que justement, s'ils se forçaient à dormir le jour et à voyager la nuit, c'était pour éviter d'être suivis voire attaqués par les cavaliers sombres.

De temps en temps, pendant que le groupe marchait, Jawbol – ou Elazi aussi – surveillait l'environnement. Il n'avait pas la sensation d'être suivi mais voulait s'en assurer.
Sujerine ne devait plus être loin, quand un bruit provenant d'un buisson proche fit sursauter tout le monde. Par réflexe, Elazi empoigna sa masse longue et Jawbol ses deux épées, simultanément. Un Halfelin s'apprêtait à s'enfuir, mais s'arrêta quand Steffin lui parla. L'adulte regarda alors chaque membre du groupe individuellement d'un air incrédule. Steffin se tourna vers Elazi, lui attrapa un bras et pointa une direction de son autre main en baragouinant quelque chose. Sans doute disait-il que le village était là et que ses parents l'y attendaient. Jawbol rangea ses armes, imité la seconde d'après par Elazi.

JAWBOL – Pas de crainte, je suis de la Guilde des Guerriers, nous venons ramener cet enfant à ses parents. Vous êtes de sa famille ?

L'homme fit une révérence au groupe.

Halfelin – Enchanté, Messires et Madame. Mais je... je ne comprends pas, vous...

Son regard alterna entre Jawbol et Elazi ; il s'adressait au premier mais sa perplexité se portait sur le second.

Halfelin – ... vous êtes ensemble ?

Il était normal que cet homme eût un doute. Elazi plissa les yeux, se donnant un air encore plus menaçant que celui que le pauvre Halfelin devait déjà lui trouver.

JAWBOL – Oui. Ce mâle s'appelle Elazi, il m'accompagne, et il a même pris soin de l'enfant.

L'Halfelin hésita une seconde. Il observa l'armure de Jawbol comme pour y chercher l'insigne de la Guilde des Guerriers. Là encore, Jawbol ne fut pas surpris. Ce n'était pas pour rien que tout membre de la Guilde des Guerriers se devait d'en porter l'insigne sur lui de façon visible – sauf dans le cadre d'une mission d'infiltration par exemple, bien entendu.

JAWBOL – Il était prévu qu'Elazi attende à l'extérieur du village pour ne... pour... n'effrayer personne malgré lui. Nous ne nous pensions pas déjà arrivés. En fait nous ne pensions pas croiser une sentinelle dans un buisson.

L'homme se frotta les cheveux et se râcla la gorge.

Halfelin – Et bien, c'est que l'un de vos collègues est passé dans la journée pour nous alerter de la présence de deux Arachnéens non loin du village, et que ces « monstres »... pardon, c'est le terme qu'il a utilisé, étaient susceptibles de tuer n'importe qui s'éloignant seul ou même à deux, et que nous pouvions même craindre une attaque norcturne.

Le Minotaure dressa les oreilles sous la surprise.

JAWBOL – Vous dites qu'un Guerrier est passé dans la journée ?
Halfelin – Oui, un Humain. Il portait un pendentif avec l'insigne de la Guilde des Guerriers de Telbara. Il est passé dans le village pour nous alerter puis est reparti. Nous avons décidé de poster des sentinelles autour du village la nuit.
JAWBOL – Il vous a dit son nom ?
Halfelin – Non.

Peut-être qu'un Guerrier avait eu à combattre un Arachnéen dans le coin. Mais si cet Arachnéen n'avait pas été Elazi, était-il concevable que ce soit son frère ? C'était dans des moments comme celui-ci que Jawbol avait envie d'avoir une vision... Il n'en avait malheureusement pas le contrôle, et rien ne lui vint.

ELAZI – Comment ce Guerrier était-il habillé ?
Halfelin – Et bien... Il ne portait pas d'armure. En tout cas, elle n'était pas visible. Il portait une cape noire, assez longue, avec un capuchon. Ses vêtements dessous étaient assez amples, foncés. Il avait quelque chose d'impressionnant je dois bien dire, car même son cheval était d'une robe parfaitement noire.
ELAZI – Ses vêtements avaient-ils des coutures dorées, ou des symboles jaunes ?
Halfelin – Et bien, attendez voir... Oui, il me semble, oui, maintenant que vous le dites.

Le sang de Jawbol se figea. Elazi et lui échangèrent un regard. Ils se comprirent : l'un des cavaliers sombres était passé dans le village. Les cavaliers sombres les devançaient. Halfelin sentit le malaise.

Halfelin – Un problème, Messires ?
ELAZI – Cet Humain, ce n'est pas un membre de la Guilde des Guerriers.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Lun 9 Mar 2015 - 21:22

La conversation s’engagea entre l’halfelin et Jawbol. La petite personne les informa sur le danger que deux arachnéens présentaient, ce qui ne pouvait qu’altérer encore plus la réputation qu’Elazi tirait de sa race. Il affirmait que cette information provenait d’un membre de la Guilde des Guerriers qui serait passé dans le village avant de repartir. Cela ne me choquait pas outre mesure, cependant Jawbol s’intéressa particulièrement à la question, rien d’étonnant étant donné qu’il appartenait lui-même à cette guilde. Les réponses de son interlocuteur ne semblèrent cependant pas aux goûts du minotaures et de l’arachnéens car à la description de ses vêtements, ils semblèrent tout deux comprendre quelques choses, l’arachnéen fut le premier à annoncer son verdict : « Cet Humain, ce n'est pas un membre de la Guilde des Guerriers ».

Je le regardais étonnée. Il avait deviné les habits de l’inconnu avant même que l’halfelin ne les décrive, et Jawbol lui lançait un regard entendu. Ces deux là n’avaient de « connaissance » en commun que les cavaliers ayant attaqué Steffin et leurs deux frères respectifs, l’un les ayant vu directement, et l’autre par le biais d’hallucination visuelle. J’en conclus qu’ils pensaient que celui qui s’était fait passé pour un Guerrier était à leurs yeux un de leurs ennemis. Et après réflexion, j’en déduisis qu’il s’agissait malheureusement également d’un de mes ennemis…

Me tournant vers Elazi, je le questionnais : « Pensez vous que les arachnéens dont il parlait étaient réels et qu’ils puissent avait un rapport avec vous ou votre frère ? » C’est ensuite à Jawbol que je m’adressais : « Le suspecteriez vous d’être l’un des assaillants de Steffin ? Si c’est le cas, il n’y a aucune raison qu’il soit venu à Sujerine si ce n’est pour obtenir des renseignements… Soient ils cherchent Steffin, soit ils préparent quelque chose à propos du village. Dans les deux cas, l’enfant sera en danger ici. Peut-être également tous les villageois… ».

Nous devions cependant trouver les parents de Steffin, ils devaient revoir leur fils et savoir qu’il était encore en vie. Le garçon n’avait pas attendu notre avis, il se dirigeait déjà vers le village, apparemment pressé de retrouver sa famille. Une fois les retrouvailles terminées, nous serions obligés de leur annoncer la mauvaise nouvelle… Je ne pouvais deviner le choix qu’ils feraient pour leur fils et pour eux-mêmes.

L’halfelin nous proposa de le suivre vers le village : « Venez donc, je ne peux que vous faire confiance après ce que Steffin m’a révélé à votre propos. Au nom des villageois, je vous remercie de tout cœur d’avoir ramené un de nos enfants. Ses parents vont vouloir vous remercier eux aussi. Acceptez que je vous guide à eux ». Son visage rond respirait la joie de vivre et les dangers qui le guettaient ne suffisaient pas à restreindre sa chaleureuse hospitalité. Durant le court trajet qui nous séparait du village, il entama la conversation :
- Je me nomme Symo, je travaille avec le père de Steffin et je me réjouis de son retour, nous étions tous terrifié à l’idée de ce qui pouvait lui être arrivé. Je ne vous avais pas rencontré, Sieur Minotaure, mais j’ai entendu parler de vous, vous étiez notre plus grand espoir et voilà que vous apparaissez en ces temps troublés avec le plus beau présent qui aurait pu nous être offert ! Mais je parle, je parle, vous devez être fatigué après cet épuisant voyage… Oh tout le village va vouloir entendre parler de ça ! D’où venez-vous ? Comment se fait-il que vous soyez accompagné d’une demoiselle… et d’un arachnéen ?, demanda-t-il en nous regardant l’un après l’autre Elazi et moi.
- Je viens d’un village humain qui se trouve à quelques jours de marche, j’ai rencontré Jawbol alors qu’il était à la recherche de Steffin, et voilà où ça m’a menée, dis-je en lui souriant poliment.
- Voilà qui est héroïque, vous êtes une intrépide et courageuse dame, votre acte altruiste ne peut que m’impressionner !

Je ris intérieurement à l’entente de ces mots, exacts opposés de ceux qu’Elazi avait utilisés pour me définir. La conversation fut rapidement abrégée car nous entrâmes à Sujerine. Steffin qui marchait devant nous se mit à courir vers l’une des petites maisons  qui ne donnait pas l’impression d’avoir été construite de la main de l’halfelin car elle s’intégrait tellement bien à la nature qu’on l’aurait dit avoir poussée seule. Il entra sans même frapper et disparu.

« Messieurs, Madame, allez vous nous faire l’honneur de rester au village quelque temps ? Nous ne serions que trop heureux de vous savoir ici, et je ne dis pas ça parce que votre présence nous sera sécurisante ! »
. Un couple halfelin apparu dans l’embrasure de la porte. L’halfeline avait les yeux rouges et gonflés, je devinais qu’elle ne dormait pas bien depuis que son fils avait disparu, aussi devait-elle avoir passé la nuit à l’attendre. Son compagnon tenait Steffin dans ses bras et semblait également fatigué. « Guerrier Jawbol, mon époux et moi-même sommes tellement heureux, oh je vous remercie de tout mon cœur ! », s’écria la mère éplorée en serrant le minotaure dans ses bras. Ou en tentant de le serrer dans ses bras, car ils étaient trop petits pour faire la moitié de la circonférence de Jawbol. Son émotion la trahissait et elle se mit à pleurer à chaude larme en continuant à le remercier. Son époux était également trop bouleversé pour pouvoir parler. Je me retins de dire un mot, ne voulant interrompre ce spectacle émouvant et attendis que le couple se remette de ses émotions pour enfin parler. L’halfeline nous proposa de nous héberger au moins pour que nous nous reposions de la longue nuit passée à marcher. Le couple voulait tout savoir à propos des évènements des derniers jours et nous poussa implacablement vers leur maison. La nuit touchait à sa fin et leur maison me semblait être le meilleur abri possible. Le couple nous fit entrer dans la maison et Symo nous suivi comme s’il faisait partie de la famille. Je me dis que ce devait être dans les coutumes des halfelins. Je me demandais si Elazi et Jawbol rentreraient dans une si petite maison. Le couple nous bombardait déjà de question en même temps que de nous combler de boissons et de nourritures à profusion. Je ne mangeais évidemment rien, et tentait de répondre à certaines questions qui m’étaient adressées. A un moment ils se mirent à parler de l’homme qui prétendait être un Guerrier, et nous fûmes obligés de leur annoncer la vérité. Je finis en ces termes : « Il est possible que votre fils ne soit pas encore en sureté, je suis désolée de devoir vous l’annoncer alors que vous venez de le retrouver. Nous ne sommes encore sûr de rien, mais mieux vaudrait rester méfiant… » Un regard en sa direction me fit continuer sans même interroger les deux autres : « Quelque soient les choix que vous ferez, nous serons là pour vous si vous le désirez ». Je ne me dis même pas qu’il était fort présomptueux de ma part de parler au nom des deux autres. Après tout, c’est ce qu’Elazi avait fait avec moi.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Mar 10 Mar 2015 - 20:43

MUSS – Pensez-vous que les Arachnéens dont il parlait étaient réels et qu'ils puissent avait un rapport avec vous ou votre frère ?

Elazi posa son regard troublant dans celui de Müss. Il attendit un moment avant de répondre :

ELAZI – Je pense que s'ils ont parlé de deux Arachnéens en liberté, cela signifie que mon frère n'est pas leur captif.

Jawbol essaya de comprendre le raisonnement d'Elazi. Ce dernier avait sans doute la conviction que les deux Arachnéens dont le cavalier sombre avait parlé, étaient lui et son frère. En un sens, il était logique qu'il pensât cela : pourquoi le cavalier sombre aurait-il précisé “deux” Arachnéens ? Il aurait pu rester vague, “des Arachnéens”, ou plus simple, “un Arachnéen”. Mais il avait parlé de deux Arachnéens. Sans doute Elazi et son frère, oui. Le raisonnement d'Elazi prenait du sens : si son frère était captif, il n'aurait aucune chance d'approcher Sujerine, or si le cavalier sombre avait mis les villageois en garde contre deux Arachnéens, c'est que son frère était susceptible de se montrer, et donc qu'il n'était pas captif.
C'était une supputation qui tenait debout, mais Jawbol ne voulait pas se faire de certitude. Il espérait néanmoins qu'Elazi avait raison, quoiqu'il serait alors peut-être plus compliqué de retrouver son frère. Ce qui rendait Jawbol sceptique, était justement le fait que le frère d'Elazi ne fût jamais revenu à l'antre. Jawbol se disait que si le frère était libre, sa première envie serait sans doute de retourner à l'antre et d'y retrouver Elazi ; or qu'est-ce qui pouvait l'en empêcher, si ce n'étaient les cavaliers sombres ?

Müss partagea ensuite avec Jawbol d'autres interrogations :

MUSS – Le suspecteriez-vous d'être l'un des assaillants de Steffin ? Si c'est le cas, il n'y a aucune raison qu'il soit venu à Sujerine si ce n'est pour obtenir des renseignements. Soit ils cherchent Steffin, soit ils préparent quelque chose à propos du village. Dans les deux cas, l'enfant sera en danger ici. Peut-être également tous les villageois...

Jawbol réfléchit, ne sachant quoi penser. Si les cavaliers sombres voulaient attaquer le village, pourquoi attendre que l'enfant y soit présent ? Pour le tuer avec tout le monde ? En ce cas, cela signifiait qu'ils préféraient attendre le retour de l'enfant plutôt que de le chercher par eux-mêmes. Cela n'avait pas de sens : ils savaient où se trouvait l'enfant, puisqu'Elazi l'a protégé et l'a fait rentrer dans son antre sous les yeux d'un cavalier sombre. Jawbol savait, grâce à sa vision, qu'Elazi n'avait pas tué le cavalier sombre quand il était venu défendre Steffin. Est-ce que quelque chose empêchait les cavaliers sombres d'entrer dans la grotte, d'affronter Elazi et de récupérer – voire de tuer – Steffin ?

JAWBOL – Je ne comprends pas, car ils savaient où se trouvait Steffin. Le cavalier sombre l'a attaqué devant l'antre, et a vu Elazi l'y faire rentrer. Ils voulaient peut-être simplement être sûrs qu'Elazi ne puisse pas ramener Steffin ici sans se faire attaquer à vue.

Jawbol ne savait encore que trop rien sur les cavaliers sombres pour dire si cela pouvait être leur genre de “déléguer” une mise à mort. Cela faisait beaucoup d'incertitude, et Jawbol se sentait un peu fatigué pour y réfléchir. Ce rythme de noctambule ne lui convenait pas.

L'Halfelin les invita à entrer dans le village. Il s'appelait Symo et travaillait avec le père de Steffin. Il savait qu'un Minotaure de la Guilde des Guerriers avait été envoyé à la recherche de Steffin mais n'avait pas osé espérer le voir revenir si tôt « avec le plus beau présent qui aurait pu leur être offert ». Jawbol reconnut le village, puisqu'il s'était entretenu une fois avec les parents de Steffin, mais il laissa Symo les guider jusqu'à la maison de Steffin, car de nuit, il n'était pas sûr qu'il aurait pu la reconnaître seul. Symo demanda à Jawbol comment cela se faisait qu'il était accompagné d'une demoiselle et d'un Arachnéen, mais Müss répondit à sa place.

Jawbol sourit en voyant Steffin courir vers sa maison et se faire accueillir par ses parents, qui le serrèrent dans leurs bras. Il fut touché par leur émotion. La mère vint ensuite serrer Jawbol dans ses bras en lui criant des remerciements de tout son cœur. Le Minotaure sourit et ne bougea pas. La mère se détacha de lui pour retourner auprès de son fils et lui parler. Le père remercia Jawbol d'un simple regard, profond et sincère. Jawbol hocha la tête.

Symo avait demandé aux trois compagnons s'ils feraient l'honneur au village de rester quelques temps. Jawbol se dit que ce ne serait pas un mal. Au moins, ils seraient présents si les craintes de Müss se vérifiaient.
Sujerine n'était pas un village entièrement halfelin, bien que cette race représentât une majorité parmi les habitants. Jawbol avait pu y voir quelques Tigrains, un couple de Minotaures aussi, mais de mémoire, pas d'Humains.

La mère de Steffin revint auprès des trois compagnons pour leur offrir le gîte. Son offre se fit presque ordre, par l'ardeur qu'elle mit à pousser Jawbol et Müss vers sa maison – elle n'osa pas toucher Elazi. Jawbol ne freina pas des sabots. La mère, et très vite le père, les bombardèrent de questions, tout en leur proposant à boire et à manger. Jawbol se sentit presque gêné par l'hospitalité exarcerbée du couple Halfelin.

Le Minotaure dut se courber pour pouvoir prendre place à l'intérieur de la maison des Halfelins, qui toutefois n'était pas aussi petite que l'on aurait pu l'imaginer. Un couple d'Humains s'y sentirait un peu à l'étroit mais pourrait y vivre. Mais pour Elazi et ses deux mètres quarante, c'était une toute autre histoire ! Son corps d'araignée géante prenait beaucoup de place, et le bel Arachnéen devait garder le buste penché vers l'avant pour ne pas se cogner la tête. Elazi ne tarda pas à replier ses huit pattes pour se coucher sur son abdomen et son thorax de chitine, ce qui ne semblait pas naturel chez lui.

Müss prit la liberté d'avertir le couple que Steffin n'était sans doute pas en sûreté pour le moment. Jawbol s'attendit à voir des regards inquiets, mais les Halfelins gardèrent le sourire.

Mère – Vous nous avez ramené Steffin, c'est déjà tout ce qui compte pour aujourd'hui.

Elazi posa son regard sur Müss. Il eut un sourire... énigmatique. Qu'est-ce qui pouvait le faire sourire dans ce que venait de dire Müss ?

JAWBOL – Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité, nous n'avons fait que notre devoir.
Mère – Oh mais vous êtes bien charmant, mais c'est un ordre, vous dormirez ici !

Jawbol sourit à son tour, mais là, tout le monde savait pourquoi. Il ne put que s'incliner devant cet ordre si généreux, il sentait que cela faisait plaisir aux parents de Steffin et ne voulait pas se montrer impoli en refusant avec plus d'insistance.
Steffin parla à ses parents en montrant Elazi du doigt. Sa mère lui répondit d'un ton de légère réprimande en lui baissant le bras. Cela ressemblait à : « on ne montre pas les gens du doigt ». La mère traduisit ensuite à Elazi :

Mère – Steffin dit que vous êtes son copain. Je dois bien dire que je... enfin, sans vouloir vous vexer, je n'ai jamais vu d'Arachnéen d'aussi près, et... vous êtes impressionnant.

Elazi eut un léger sourire, mais pas le même qu'il venait d'avoir vers Müss. Là, c'était un sourire charmant. Presque charmeur. Elazi était vraiment beau, et Jawbol était le seul ici, en tant que Minotaure, à ne pas savoir déceler ce charme fou chez l'Arachnéen. Mais les Halfelins, bien plus proches des Humains dans leur physionomie, purent le noter, et la mère de Steffin n'hésita pas à s'en exclamer à voix haute, sûrement pour se détendre elle-même en “humanisant le monstre” :

Mère – Vous êtes un charmant jeune homme !

Elle dit d'ailleurs “jeune homme”, et non “jeune mâle”, et s'attarder sur son visage humain était en fait un moyen de ne plus voir son corps d'araignée géante.
Elazi baissa la tête, et pour la première fois, Jawbol crut le voir gêné. Serait-ce de l'humilité chez l'Arachnéen ? Ne se rendant pas compte qu'elle risquait juste de propager un peu plus de gêne en voulant être gentille, la mère demanda à Müss son approbation :

Mère – Ne lui trouvez-vous pas un visage des plus charmants ? Il a la grâce d'un Elfe !

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Message  Müss le Jeu 12 Mar 2015 - 20:47

« Vous nous avez ramené Steffin, c'est déjà tout ce qui compte pour aujourd'hui », répondit la mère de Steffin en gardant le sourire. Le couple ne semblait pas effrayé outre mesure, comme si le fait d'avoir retrouvé leur fils était la seule chose qui importait pour le moment. J'appréciais leur façon simple de voir les choses. Pour le moment il était inutile de s'inquiéter. Ils ne pouvaient rien faire, alors ils savouraient simplement le présent.

Leur intérêt pour le groupe que nous formions ne se résumait pas à de la simple politesse. Ils semblaient apprécier Jawbol, pas seulement parce qu'il leur avait rendu leur enfant perdu, mais pour ce qu'il était vraiment. Ils devaient être habitués à rencontrer tout type de personnes, le village étant lui-même hétéroclite puisque lors de notre bref passage, j'avais pu appercevoir des d'individus de plusieurs races différentes. Cependant Elazi les impressionnait visiblement, les halfelins ne semblaient pas habitués à rencontrer des arachnéens. Leurs paroles confirmèrent rapidement mes pensées, cependant la mère ne se montra nullement désagréable, bien au contraire. Elle houspilla son fils quand celui ci le pointa du doigt et s'adressa à lui avec respect. Elle allait même jusqu'à faire l’éloge de sa beauté ! Il ne devait pas avoir l'habitude de ce genre de compliments car il baissa la tête comme s'il était gêné. La situation était cocasse et je souriais à pleines dents face à la tournure inattendue que prenait la situation quand la femme se tourna vers moi pour me demander « Ne lui trouvez-vous pas un visage des plus charmants ? Il a la grâce d'un Elfe ! ». Heureusement que je ne pouvais manger, je me serais surement étranglée sur le coup face à une question aussi directe.

Elazi était actuellement penché en avant, son corps d'araignée étant bien trop grand pour lui permettre de se tenir droit. Il avait donc replié ses pattes et son tronc était à moitié allongé sur le reste de son corps. Ainsi installé, il n'avait rien de bien gracieux. Ne voulant point m'étaler sur le sujet, je me contentais de répondre un « Heuuuuu » évasif en attendant qu'elle change de sujet, mais celle-ci continuait à me fixer en attendant des précisions.

Avec la meilleure volonté du monde, je me tournais donc vers Elazi. Mes yeux noirs se noyèrent dans son regard bleu et si je n'avais été atteinte de vampirisme, mon visage aurait viré au rouge cramoisi. Fort heureusement, cela faisait un petit moment que je n'avais bu de sang, et mon teint resta aussi pâle que d'habitude. Je cachais ma gêne en passant ma main devant mon visage, cherchant à glisser les doigts dans mes cheveux. Je ressentais un sentiment inapproprié de rancœur envers l’arachnéen, lui attribuant à tort la raison de mon désarroi. « Oui, il est vraiment beau. Mais la douceur des traits de son visage n’est rien comparé à sa gentillesse et sa bienveillance », répondis-je alors en offrant à l’arachnéen mon plus charmant et innocent sourire. L’halfeline ne pouvant y distinguer de sous-entendu continua à converser, cherchant visiblement à cacher son malaise face à Elazi.

- Je n’en doute pas une seule seconde ! Un si charmant sourire et des yeux si doux appartiennent forcément à quelqu’un de bon.
- Oh oui, et voyez cette musculature sur son corps fin, elle ne peut servir qu’à se battre contre le Mal, repris-je en me demandant s’il serait encore plus mal à l’aise.
- Ses cheveux sont si clairs et si soyeux, continua-t-elle en riant.
- Et quand il se bat, imaginez les voler autour de ses épaules contractées par l’effort !
- Et bien jeune homme, vous devez faire tourner la tête de nombreuses arachnéennes, n’est-ce pas ?

Son attitude animée laissait penser qu’elle avait mis ses appréhensions de côté. Il ne fallait pas grand-chose d’autre qu’une espiègle conversation entre filles à propos d’un bel homme pour faire tomber toutes les barrières. Je me demandais comment la situation m’avait menée à plaisanter sur la troublante beauté de l’arachnéen avec une parfaite inconnue.

Ce fut le mari qui stoppa nos rires en menant avec tact la conversation sur un autre sujet, nullement troublé par l’enthousiasme débordant de son épouse dont il semblait habitué. Il voulait nous obliger à manger une quantité de nourriture impressionnante, et j’eus les plus grandes difficultés du monde à refuser. J’ignorais si leur besoin maladif de nourrir leurs hôtes venait de leurs coutumes ou s’il s’agissait uniquement d’eux deux.

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Message  Jawbol le Dim 15 Mar 2015 - 10:37

Müss, pour sa part, ne cacha pas mieux son malaise, se laissant aller à un « euuuuuh... » assez éloquent finalement. Elle espérait sans doute vite changer de sujet de conversation, mais la femme Halfeline, ne se rendant toujours pas compte du malaise qu'elle créait aussi bien chez l'Humaine que chez l'Arachnéen – ou alors s'en rendait-elle parfaitement compte mais s'en amusait-elle – attendait bien une réponse. Müss échangea alors un regard avec Elazi. Même pour un Minotaure, de tels iris de perle, à peine distinguables du blanc de l'œil, autout de pupilles pourtant bien noires, avaient quelque chose d'intriguant et d'envoûtant. Pour un Humain – ou un Halfelin – cela devait avoir son charme. Elazi alliait parfaitement le charisme au charme, en somme. Müss se força à une réponse :

MUSS – Oui, il est vraiment beau. Mais la douceur des traits de son visage n'est rien comparé à sa gentillesse et sa bienveillance.

Jawbol sourit intérieurement, se retenant bien de montrer à l'Halfeline qu'il s'agissait d'une antiphrase ironique. Elazi, lui, était suffisamment intelligent pour bien l'entendre. Entre Müss et lui, les relations étaient défiantes.
La mère Halfeline n'y vit que du feu, et enchaîna de plus belle avec de nouveaux compliments. Elazi fut flatté sur son sourire, ses yeux, sa musculature, ses cheveux, sa grâce... Jawbol lui fit une tape amicale dans le dos en le voyant tout noyé dans sa gêne.

Mère – Et bien jeune homme, vous devez faire tourner la tête de nombreuses Arachnéennes, n'est-ce pas ?

Müss gloussait maintenant. Elazi se racla la gorge, et s'apprêtant à répondre, mais c'est à ce moment-là que le père Halfelin mit habilement fin à ce sujet de conversation. Elazi se détendit en lui lançant un regard plein de gratitude.
Maintenant, l'on parla nourriture. L'aimable couple d'Halfelins insista pour que leurs trois hôtes partagent avec eux un repas. Müss se battit contre vents et marées pour refuser sans se montrer impolie. Jawbol et Elazi, eux, finirent par céder non sans avoir d'abord imité Müss.

Il n'y avait pas à dire : c'était bon. Jawbol avait beau ne pas aimer les généralités, ce couple d'Halfelins ne faisaient que confirmer ce que l'on disait sur leur race au sujet de la cuisine. Jawbol se dit que Müss ne savait pas ce qu'elle manquait.

ELAZI – Je vais aider à surveiller les abords du village pendant la nuit, au cas où le village serait attaqué.

L'on en avait presque oublié la menace qui pouvait planer au-dessus de Sujerine, avec cette chaleureuse ambiance.

Mère – Ne restez-vous pas dormir avec nous ?
ELAZI – Si attaque il doit y avoir, je serai plus prompt à réagir si je sommeille dehors que si je suis coincé dans cette habitation trop petite pour moi.
Mère – Je comprends.
SYMO – Je vais avec lui, reprendre mon poste. Je m'en suis assez dérogé.

Jawbol serait bien sorti avec Elazi, mais il appréciait de dormir sous un toit, et surtout, il avait accepté l'invitation de la mère à se faire héberger pour cette nuit, il se voyait donc mal changer d'avis. L'Arachnéen se leva sur ses huit pattes, se contraignant de nouveau à pencher le buste vers l'avant pour ne pas se cogner la tête. Il sourit à Steffin et lui fit un signe d'au revoir, que Steffin répéta.

JAWBOL – Tu viens me réveiller s'il y a quoi que ce soit.

Elazi hocha la tête. Symo passa devant, lui ouvrant la porte, et Elazi quitta la maison à sa suite.

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Message  Müss le Lun 16 Mar 2015 - 15:13

Les invités mangèrent tous une quantité impressionnante de nourriture, et je me contentais de les regarder avec envie. Elazi fut le premier à sortir, accompagné de Symo. Jawbol demanda à son nouvel ami de le réveiller si jamais quelque chose venait à se passer.

« Bien bien, commença l’halfeline, je vais aller préparer les chambres ! ». Nous avions marché toute la nuit et le jour n’allait pas tarder à arriver, je voyais déjà les ombres faire doucement leur apparition. Adossée à la fenêtre, il me fallait me retirer dans un lieu plus protégé, aussi proposais-je mon aide et suivi la mère de Steffin jusqu’aux chambres. Les parents dormaient dans l’une d’entre elle, l’autre appartenait à Steffin. L’halfeline me proposa de séparer la chambre du garçon en deux à l’aide d’un épais rideau que nous accrochâmes au niveau de deux étagères. Steffin finirait sa nuit dans la chambre parentale tandis que Jawbol et moi-même partagerions chambre d’enfant ainsi séparée. Nous installâmes ensuite de quoi se reposer confortablement et continuâmes à parler quelque peu, elle du village, moi du voyage. Lorsque je me mis à bailler, elle rit avant de me laisser, m’assurant que je pourrais prendre un bon bain chaud le lendemain. Cela me rappela le fait que j’avais posé ma tête sur Slimag et que je n’avais pas encore réussi à retirer le fluide visqueux de mes cheveux. Des plumes de cariaöz s’y étaient collées et j’avais encore du sang de calips un peu partout sur mes habits et ma peau, aussi sa référence au bain me mit quelque peu mal à l’aise. Je retirais mes bottes et vérifiais que le soleil ne pouvait entrer dans la petite chambre. Tout semblait parfait, et j’espérais donc passer une nuit calme.

Avant que le sommeil ne m’attrape, je me mis à parler à travers le rideau. « Sujerine a l’air d’être un village agréable. Il paraît qu’il y a des minotaures, des tigrains, et ils accueillent maintenant un arachnéen. Ils sont tous très différents les uns des autres, mais la mère de Steffin dit que leurs différences est une richesse. Là où j'habitais, il n'y avait que des humains. Les gens ont commencé à se méfier de moi et j’ai du partir parce que je n’étais pas comme eux. Vous avez vu les ailes noires, mais ce sont d’autres choses qui les ont effrayé ». Je ne sais pas pourquoi j’avais choisi d’en parler maintenant. Peut être la crainte d’une attaque durant la journée alors que le soleil me retiendrait prisonnière ici sans pouvoir rien faire pour aider qui que ce soit. Jawbol avait partagé sa vie avec Slimag, et maintenant il continuait sa route avec un arachnéen, alors j’espérais qu’il puisse comprendre sans vouloir me faire du mal. Le vampirisme était vu comme un mythe pour la plupart, comme une maladie contagieuse pour d’autres. Et ces derniers désiraient souvent tuer les pestiférés afin de limiter tout risque de transmission, celle-ci menant souvent les malades à la folie. « Je ne grandissais pas, alors les rumeurs se sont propagées à mon sujet. Et puis, je ne supporte pas le soleil. Je… je ne peux survivre au soleil… ». Je m’arrêtais là, me demandant ce qu’il comprenait et ce qu’il pensait.

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Message  Jawbol le Dim 22 Mar 2015 - 9:43

La mère Halfeline signifia d'un ton enjoué qu'elle allait préparer les chambres, et Müss se proposa de l'aider. Les deux femmes laissèrent donc Jawbol dans le salon. Le père débarrassa la table, plongeant la vaisselle dans un grand bac d'eau, puis il sortit de la maison avec Steffin. Jawbol se retrouva ainsi seul un instant dans la pièce commune de la maison. Naturellement, ses pensées allèrent pour Slimag. Il essaya de se rappeler tous les moments importants vécus avec son ami Gupile. Il repensa à sa bienveillance, à sa générosité. Maintenant, Slimag était avec Stepiled, et ils partageraient beaucoup plus de choses tous les deux ensemble que Jawbol n'avait pu en partager avec Slimag.

Pour éviter de se laisser aller à la mélancolie, Jawbol décida d'aller aux chambres après s'être secoué la tête. Cette petite famille halfeline vivait quand même dans une bien chouette maison, ils avaient le luxe d'avoir deux chambres séparées en plus de la pièce commune, ce qui n'était vraiment pas donné à tout le monde ! Jawbol se fia à ses oreilles pour entrer dans la bonne pièce. Il y retrouva Müss et la mère Halfeline. Un rideau opaque avait déjà été dressé entre deux paillasses dont une qui venait d'être disposée pour l'occasion. Aucun doute, ce couple d'Halfelins ne vivait pas dans le besoin, sans être non plus des nantis, loin de là.

Müss avait choisi son lit, aussi Jawbol resta-t-il de l'autre côté du rideau. La mère quitta la chambre une fois que tout fut installé. Le Guerrier Minotaure se défit de son équipement, qu'il laissa jalousement à portée de bras de sa paillasse. Quand il s'allongea, il se dit qu'il n'allait pas passer une nuit dans le tout confort : la paillasse était bien petite pour lui, ses jambes dépassaient en grande partie. C'est ça, quand on est un Minotaure invité à dormir chez des Halfelins ! Jawbol ne voulut pas se plaindre, ce couple d'Halfelins était déjà assez adorable comme ça.

Par réflexe, Jawbol, allongé sur le dos, tendit le bras et tâta ses deux épées. C'était un geste machinal, comme pour se rassurer d'être en mesure d'en dégainer une sans avoir besoin de se lever en cas de danger surprise pendant le sommeil. Il se frotta une corne, puis ses naseaux humides, se frotta le dos sur la paillasse, et soupira. Il pensait encore à Slimag. Müss le tira cependant de ses pensées :

MUSS – Sujerine a l'air d'être un village agréable. Il paraît qu'il y a des Minotaures, des Tigrains, et ils accueillent maintenant un Arachnéen. Ils sont tous très différents les uns des autres, mais la mère de Steffin dit que leurs différences sont une richesse. Là où j'habitais, il n'y avait que des Humains. Les gens ont commencé à se méfier de moi et j'ai dû partir parce que je n'étais pas comme eux. Vous avez vu les ailes noires, mais ce sont d'autres choses qui les ont effrayés.

Jawbol haussa les sourcils. Müss était sur le point de lui faire une révélation, semblait-il. Il agita une oreille et tourna légèrement la tête, bien qu'il ne pût voir que le rideau opaque dressé entre les deux paillasses.

MUSS – Je ne grandissais pas, alors les rumeurs se sont propagées à mon sujet. Et puis, je ne supporte pas le soleil. Je... je ne peux survivre au soleil...

Elle ne supportait pas le soleil ? Elle ne grandissait pas ? Jawbol resta perplexe un instant. Il pensa à un Vampire, mais se trouva d'abord bête, car pour lui, cela avait toujours été des fables. Puis finalement, il se demanda s'il était si bête de penser aux Vampires. Il eut beau retourner les mots de Müss dans tous les sens, il n'y avait que ça qui lui venait à l'esprit.

JAWBOL – Vous essayez de me dire que... vous êtes un Vampire ?

Il évita de parler trop fort. Mieux valait éviter que leurs hôtes entendent. Le père était dehors avec Steffin, mais la mère pouvait toujours entendre leur conversation, autant éviter de lui mettre en tête qu'elle hébergeait un Vampire sous son toit.

JAWBOL – C'est... une plaisanterie ?

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Mar 24 Mar 2015 - 19:02

Quand j’eu fini de parler, son silence se prolongea un moment. Peut-être pas très longtemps, mais assez pour que je me mette à paniquer. Stupide idiote, me dis-je simplement, voilà qu’il est en train de réfléchir à la meilleure façon de te tuer sans alarmer les halfelins. Ou alors peut être cherche-t-il un moyen de s’échapper pour les alerter sans que tu ne t’en aperçoives. Je m’enfonçais plus profondément dans ma couchette, me demandant s’il ne s’était pas juste endormi, trop lasse pour écouter mes sornettes, ou s’il était en train de rire intérieurement en se croyant victime d’une mauvaise blague.

Sa voix se fit tout à coup entendre. Il posa sa question dans un murmure effrayant :

- Vous essayez de me dire que... vous êtes un Vampire ?
- Et bien, le terme est… celui qui me semble être le plus adapté à ma situation…
- C'est... une plaisanterie ?
- Ah si seulement…, ne pus-je m’empêcher de lâcher.

Le plus simple n’était pas forcément de faire marche arrière et nier les faits, de toute façon, il faudrait bien un jour ou l’autre que je sache ce que les gens pensaient de ma… pathologie. Alors tant qu’à faire, autant que ça soi avec lui. Il est gentil, tentais-je de me convaincre. Et après tout je n’ai rien d’autre à perdre que cette vie…

Je cherchais désespérément la réponse la plus appropriée et fini par répondre : « Malheureusement non, ça n’est pas une plaisanterie. Cela fait quelques années déjà que je suis atteinte de ce… problème, depuis le jour où j’ai rencontré… ». Ma voix se brisa quand je tentai de faire référence à celui par qui tout était arrivé. Je me repris immédiatement : « Depuis que j’ai été transformée, je suis obligée de vivre la nuit ». Je me tus un instant, repensant à la façon dont j’avais découvert qu’un vampire ne pouvait survivre plus de trois secondes sous le soleil avant de reprendre. « Je n’ai pas choisi de devenir ce que je suis devenue, Jawbol. Je n’ai rien choisi du tout et j’aurais aimée rester une personne normale plutôt que de devenir un de ces monstres. Mais je vais guérir ! Je vais guérir… même si je n’ai pas encore trouvé le moyen, je sais qu’il existe et que je le découvrirais ».

J’étais prête à tout pour ça. Depuis que j’étais un vampire, ma vie ne tournait plus qu’autour de cette obsession. Enfin… jusqu’à ce que je les rencontre. Cela faisait déjà deux jours que j’avais cessé de tourner en rond, à déprimer et à en vouloir au monde entier d’être devenue ce que j’étais. Deux jours que je n’avais pas choisi mais qui au final, m’avais fait comprendre que l’univers ne tournait pas autour de ça, et que peut être il y avait une possibilité de vivre autre chose. Ou du moins de vivre pour une autre raison. J’étais dans un village halfelin et j’avais aidé un enfant à retrouver ses parents. J’avais rencontré des gens étranges et au final, même si on m’avait quelque peu forcé la main, les choses n’étaient pas si mal.

« Peut être pensez vous que nous n’avons pas le droit de vivre. Je ne pourrais pas vous contredire. Mais je ne veux de mal à personne et je suis prête à vous aider, vous et Elazi. Avant de songer à me dénoncer ou pire, peut-être pourriez-vous… heu… m’utiliser pour vous aider dans votre quête ». Je ne me montrais pas très adroite, Jawbol n’étant certainement pas le genre de personne à utiliser quelqu’un, pas même un ennemi. Je l’imaginais honnête et loyal, supposant qu’il tuait ses ennemis sans jamais utiliser de coups bas.

Je ne pu m’empêcher de lever le bras en direction de mon arme, glissant mes doigts le long du fourreau comme pour me rassurer.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Lun 30 Mar 2015 - 13:42

Ce n'était pas une plaisanterie. Müss le maintint, d'un ton grave qui la rendait convaincante : elle était une Vampire. Elle révéla que cela faisait quelques années qu'elle était atteinte de ce « problème », depuis le jour où elle avait rencontré une certaine personne. Sa voix se brisa. La simple évocation de cette personne envahissait Müss d'une certaine émotion. Jawbol n'en saurait pas plus à son sujet cette nuit. De toute façon, cela lui importait peu de savoir qui avait transmis le vampirisme à Müss quelques années plus tôt.

Müss répéta qu'elle était obligée de vivre la nuit depuis qu'elle avait été transformée. Sa façon de le souligner confirmait à Jawbol le peu qu'il avait pu entendre des Vampires comme tout un chacun : la lumière du soleil lui était instantanément mortelle. Quand Müss, sur le chemin de Sujerine, avait insisté pour s'abriter pour la journée et pour ne voyager que de nuit, Jawbol avait mis cela sur le compte des cavaliers sombres ; il savait maintenant qu'il y avait eu une raison bien plus impérieuse.

MUSS – Je n'ai pas choisi de devenir ce que je suis devenue, Jawbol. Je n'ai rien choisi du tout et j'aurais aimé rester une personne normale plutôt que de devenir un de ces monstres. Mais je vais guérir ! Je vais guérir... même si je n'ai pas encore trouvé le moyen, je sais qu'il existe et que je le découvrirai.

C'est tout ce que Jawbol pouvait lui souhaiter.
Il avait aussi entendu sur les Vampires une autre vérité : ils se nourrissaient de sang, c'était en fait la seule chose qu'ils étaient capables d'ingurgiter. Jawbol ne savait pas s'il devait obligatoirement s'agir de sang d'Humain, ou si n'importe quel sang d'animal pouvait suffire. Il repensa au moment où Müss s'était éloignée pour revenir un peu plus tard avec un lapin mort. S'était-elle nourrie du sang du lapin ? Aurait-elle envie de boire le sang de Jawbol pendant la nuit ? Jawbol frissonna. C'était quand même quelque chose de bien particulier que de se dire qu'on allait faire sommeil dans la même pièce qu'un Vampire.

MUSS – Peut-être pensez-vous que nous n'avons pas le droit de vivre. Je ne pourrais pas vous contredire. Mais je ne veux de mal à personne et je suis prête à vous aider, vous et Elazi. Avant de songer à me dénoncer ou pire, peut-être pourriez-vous... euh... m'utiliser pour vous aider dans votre quête.

Qu'est-ce qu'elle racontait ? Jawbol tourna la tête – il ne vit que le rideau opaque. Pourquoi Müss n'aurait-elle pas le droit de vivre ? Surtout si le sang de n'importe quel animal pouvait lui convenir, alors elle ne représentait pas un danger particulier pour les gens. Le vampirisme était une maladie très particulière, mais finalement, Müss ne contaminerait personne si elle n'en avait pas envie. On pouvait rester à ses côtés sans rien craindre, contrairement à si elle avait été affectée par la lèpre ou la peste.

Müss parlait bizarrement. Ses dernières phrases, déraisonnées, témoignaient sans doute d'une certaine crainte. Si Jawbol n'avait pas à craindre Müss, il ne voulait pas que cette dernière le craigne. Il restait à savoir comment réagirait Elazi, mais pourquoi un Arachnéen aurait-il plus peur d'un Vampire qu'un Minotaure ?

Jawbol se leva de sa couchette, et tira lentement le rideau pour voir Müss et lui parler dans les yeux, toujours à voix basse :

JAWBOL – Le Vampirisme, cela n'affecte pas votre esprit ? Ce n'est pas comme si vous me disiez être un Loup-garou sanguinaire. Et si ce que j'ai entendu sur les Vampires est vrai, ni Elazi ni moi n'avons à craindre d'être contaminés. J'ai juste besoin d'en savoir le plus possible sur ce que cela change, que vous soyez une Vampire. Le soleil vous tue, c'est une chose. Y a-t-il autre chose, d'autres faiblesses, ou au contraire de nouvelles aptitudes que cette maladie vous donne ? Par exemple, je crois que vous devez vous nourrir de sang, n'est-ce pas ? N'importe quel sang ?

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Mar 31 Mar 2015 - 12:16

Le bruit qui se fit entendre de l’autre côté du rideau ne laissait aucun doute sur le fait que le minotaure se levait et s’approchait doucement de l’endroit où je me trouvais. Je glissais mon arme sous le drap et la maintenait serrée contre moi. Il écarta le tissu et me regarda droit dans les yeux. Sans colère. Sans dégoût ni peur. Juste peut-être un peu de surprise.

- Le Vampirisme, cela n'affecte pas votre esprit ? demanda-t-il.
- En lui-même non. Même si ses effets sont plutôt néfastes… Il parait que la plupart des vampires deviennent fou ou se tuent.

C’est ce qu’il m’avait dit… Cela faisait partie des histoires qu’il me racontait afin de me convaincre de le laisser boire mon sang. Il m’avait beaucoup parlé du vampirisme, mais j’ignorais si ces informations étaient fondées, ou si tout ces mots n'étaient qu’une série de doux mensonges.

- Ce n'est pas comme si vous me disiez être un Loup-garou sanguinaire. Et si ce que j'ai entendu sur les Vampires est vrai, ni Elazi ni moi n'avons à craindre d'être contaminés. J'ai juste besoin d'en savoir le plus possible sur ce que cela change, que vous soyez une Vampire. Le soleil vous tue, c'est une chose. Y a-t-il autre chose, d'autres faiblesses, ou au contraire de nouvelles aptitudes que cette maladie vous donne ? Par exemple, je crois que vous devez vous nourrir de sang, n'est-ce pas ?
- Je pensais que cela vous effrayerez. En effet, je n’arrive pas à me nourrir d’autre chose que de sang. C’est la seule source d’énergie que je me suis trouvé pour le moment.
- N'importe quel sang ?
- Oui, n’importe lequel, même si certains semblent être plus revigorants que d’autres.

Inutile de préciser que le sang humain était particulièrement savoureux et que le simple fait d’en parler me mettait l’eau à la bouche. « Il doit être frais, précisais-je. Ça et le soleil, ce sont les deux soucis majeurs. Pour le reste, j’ai physiquement changé, me peau est devenue pâle, mes dents ont poussé, et je mon corps ne subit plus les effets du temps. Quand à ce qui est des nouvelles aptitudes, j’ai l’impression d’être plus forte et plus agile depuis que je suis devenue… ça. Ah et aussi, je n’ai plus mal. Physiquement. Quand je me blesse, je ne ressens plus de douleur et mes plaies guérissent rapidement. »

La situation semblait incongrue, mais c’était la toute première fois que je parlais de ma situation à quelqu’un. Cela me mettait mal à l’aise et je ne pouvais m’empêcher de chercher à deviner ce qu’il pensait, comme si la réponse se trouvait au fond de ses yeux.

« Je ne pouvais pas vous en parler avant. Il y a des gens qui n’acceptent pas cela. Il faut dire que c’est un peu effrayant. Le… le besoin de sang est… parfois envahissant. Mais comme je vous l’ai dit, je me nourris de celui d’animaux, alors cela ne posera pas de problème ».

J’espérais dire la vérité. Mais depuis que j’avais été mordue, j’avais toujours eu la possibilité de boire régulièrement du sang humain grâce aux saignées que le boucher-chirurgien ou moi-même réalisions sur les certaines personnes. Cependant, maintenant que je ne pouvais plus me nourrir de ce sang là, qui sait ce qui se passerait…

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Message  Jawbol le Dim 5 Avr 2015 - 14:02

Müss confirma que le vampirisme n'avait aucun effet direct sur l'esprit. Jawbol avait posé la question car Müss parlait sur un ton de confession, comme si c'était une faute que d'être un Vampire, ou que cela poussait au crime. Jawbol voulait juste être certain que quelqu'un qui se changeait en Vampire gardait la même personnalité qu'il avait avant. Müss n'était pas devenue plus sanguinaire ou méchante juste parce-qu'elle était devenue Vampire. C'est ce que Jawbol voulait savoir. Müss précisa toutefois que la plupart des Vampires devenaient fous ou se tuaient. Certainement un effet corollaire : l'impossibilité de voir le jour, de manger ou de boire comme d'habitude, de continuer à vivre normalement avec ses proches... Tout cela devait rendre fou, oui, et pousser au suicide.

Quant au sang, Müss dit avoir pensé que ce besoin d'en boire effraierait Jawbol. Forcément, c'était un peu incommodant comme idée pour ce dernier, mais il savait que Müss ne chercherait pas à boire son sang contre son gré, sinon elle l'aurait déjà fait. Or n'importe quel sang pouvait faire l'affaire, même si, précisa-t-elle, certains étaient plus revigorants que d'autres. Sans doute le sang humain, si les fables disaient vraies. Pouvait-on d'ailleurs toujours parler de “fables”, maintenant que Jawbol savait qu'il parlait à une Vampire ?

MUSS – Il doit être frais. Ca et le soleil, ce sont les deux soucis majeurs. Pour le reste, j'ai physiquement changé, me peau est devenue pâle, mes dents ont poussé, et je mon corps ne subit plus les effets du temps. Quant à ce qui est des nouvelles aptitudes, j'ai l'impression d'être plus forte et plus agile depuis que je suis devenue... ça. Ah et aussi, je n'ai plus mal. Physiquement. Quand je me blesse, je ne ressens plus de douleur et mes plaies guérissent rapidement.

Jawbol haussa les sourcils avec un petit battement d'oreilles. Le vampirisme était vraiment quelque chose d'extraordinaire au sens strict du terme. Jawbol n'aimerait nullement être un Vampire, quand bien même un Minotaure aurait pu le devenir, mais cette maladie avait quelque chose de fascinant. Bizarrement, Jawbol se sentit assez excité de parler aussi librement à une Vampire. Il se demanda s'il devait trouver cela malsain de sa part.

MUSS – Je ne pouvais pas vous en parler avant. Il y a des gens qui n'acceptent pas cela. Il faut dire que c'est un peu effrayant. Le... Le besoin de sang est... parfois envahissant. Mais comme je vous l'ai dit, je me nourris de celui d'animaux, alors cela ne posera pas de problème.

Jawbol ne se sentait pas effrayé. Il était stupéfait par l'expérience qu'il vivait, de rencontrer et de parler à un Vampire, mais à voir Müss telle qu'il la voyait, il n'était pas effrayé, non.

JAWBOL – Vraiment, vous ne ressentez aucune douleur ? Et vos plaies se referment plus vite ? C'est... et bien... Cela doit être un sacré avantage pour le combat.

Jawbol repensa à un détail important cité par Müss : le sang qu'elle buvait se devait d'être frais. Cela signifiait qu'elle ne pouvait même pas boire le sang s'écoulant d'un animal tué. Toutes les fables allaient en ce sens : Jawbol n'en avait jamais entendu une parler d'un Vampire se nourrissant sur une personne ou un animal mort. Cela ne devait vraiment pas être facile d'attraper un animal vivant pour boire son sang sans le tuer. Une question saugrenue, avec arrière-pensée, traversa Jawbol qui la posa spontanément :

JAWBOL – Et ça fait mal quand vous... mordez pour sucer le sang ? Car si je comprends bien, vous ne devez boire que sur une personne ou un animal vivant, un peu comme une sangsue.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Mer 8 Avr 2015 - 17:30

« Vraiment, vous ne ressentez aucune douleur ? Et vos plaies se referment plus vite ? C'est... et bien... Cela doit être un sacré avantage pour le combat », dit le minotaure avec les yeux pétillants. Sa réaction m’étonnait, mais il continuait déjà : « Et ça fait mal quand vous... mordez pour sucer le sang ? Car si je comprends bien, vous ne devez boire que sur une personne ou un animal vivant, un peu comme une sangsue. »

J’ouvris les yeux, surprise. Il faut dire qu’il est assez inhabituel d’être comparée à une sangsue. Cela dit, venant de la part d’une personne qui appréciait les gens-limaces et les gens-araignées, une personne-sangsue n’était pas si étrange que ça…

Je levais les yeux en tentant de me souvenir des sensations que j’éprouvais il y a des années de cela, quand il me mordait. La douleur a beau être désagréable, elle est la preuve que l’on est en vie, et en cherchant dans mes souvenirs, je me rendais compte que je n’arrivais même pas à me rappeler la sensation que cela pouvait procurer. Mais j’étais certaine que chacune de ses morsures avait été un calvaire. Tout en lui répondant, je glissais l’index sur une de mes canines :

« Mes dents sont plus pointues, donc elles s’enfoncent facilement dans la peau. La douleur dépend de l’endroit où on mord. Ce n’est pas agréable, c’est comme de se faire piquer par de très grosses épines, mais je n’ai pas besoin d’aller trop en profondeur pour atteindre une veine, alors ça reste supportable. Le plus difficile, c’est quand on sent le sang se faire aspirer, je ne sais pas trop comment décrire ça… C’est juste douloureux. Mais l’animal dont j'aspire le sang peut être mort, du moment que son décès est tout récent. Je veux dire, je peux le tuer juste avant de le mordre, ça pourrait éviter qu’il souffre… », précisais-je sans trop savoir si c’était vraiment ce qui l’inquiétait ou non.

Alors que j’en étais encore à réfléchir à la sensation de douleur, je remarquais que le visage de Jawbol était toujours penché au dessus du mien et qu’il me regardait fixement.

« Pourquoi me posez-vous cette question ? », demandais-je suspicieuse.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Lun 20 Avr 2015 - 11:21

La comparaison avec les sangsues fit écarquiller les yeux de Müss, à moins que ce ne fût la question sur le caractère douloureux d'une morsure de Vampire. Jawbol lui-même se sentit finalement gêné d'avoir posé cette question. Il savait pourquoi il l'avait fait et avait maintenant peur que Müss le devine. En fait, puisqu'il s'imaginait que Müss était obligée de capturer un animal sans le tuer afin de se nourrir de sang, il était prêt à lui donner de temps en temps son propre sang, en la laissant par exemple se nourrir sur son avant-bras. C'était très saugrenu et Jawbol en avait conscience ; mais après tout, si ce n'était pas douloureux, y avait-il un quelconque mal à cela ?

Müss décrivit la sensation : douloureux comme si de très grosses épines vous piquaient, mais sans aller en profondeur. De plus, les dents de la Vampire étaient suffisamment pointues pour s'enfoncer aisément dans la peau. Au final, la douleur était supportable. Surtout pour un Minotaure. Cependant, Müss déclara que le plus désagréable n'était pas tant la morsure en elle-même, que l'aspiration du sang. Les mots lui manquèrent pour décrire la sensation de ce moment. En écoutant Müss, Jawbol essaya de se convaincre que c'était une mauvaise idée de lui proposer de la nourrir lui-même. Pensée confortée quand Müss le rectifia sur un point :

MUSS – Mais l'animal dont j'aspire le sang peut être mort, du moment que son décès est tout récent. Je veux dire, je peux le tuer juste avant de le mordre, ça pourrait éviter qu'il souffre...

Voilà une bonne chose à savoir. Si Müss pouvait ainsi se nourrir par exemple du sang d'un animal mort que Jawbol et Elazi pourraient ensuite faire cuire pour en faire aussi leur repas, il n'y avait plus besoin que Jawbol se dévoue. Le Minotaure se sentit stupide maintenant.

MUSS – Pourquoi me posez-vous cette question ?

Le Minotaure plia les oreilles d'un air gêné, et se racla la gorge.

JAWBOL – Non, comme ça. C'est que... ça me rend curieux.

Il se frotta nerveusement le mufle.

JAWBOL – Vous voulez que j'aille en parler à Elazi maintenant ?

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Lun 20 Avr 2015 - 18:18

« Non, comme ça. C'est que... ça me rend curieux » répondit-il évasivement.

Je ne dis rien. A vrai dire cela me paraissait plutôt évident. J’étais persuadée qu’il avait peur que je sois source de souffrance pour les autres. Aussi espérais-je l’avoir rassuré sans me douter une seule seconde de ce qui lui avait réellement traversé l’esprit.

La maison avait beau être fermée, de la lumière filtrait par les fenêtres. Ce qui était plutôt normal. Mis à part les grottes, je n’avais jamais trouvé d’endroit complètement sombre durant la journée. Ce dangereux et désagréable éclairage présentait l’avantage de me permettre de voir le visage du minotaure qui se frottait nerveusement le mufle. Il n’avait pas l’air très à l’aise. Peut être se demandait-il encore ce qu’il fallait faire face à une telle situation.

« Vous voulez que j'aille en parler à Elazi maintenant ? » demanda-t-il sans raison. Je me redressais brusquement, me cognant la tête contre son museau. Sans même m’excuser, oubliant être la seule à ne pas ressentir de douleur, je plaquais mon regard dans le sien.

Je me retrouvais ainsi assise dans le lit, le nez presque en contact avec son museau et les sourcils froncées. « Pourquoi ? » demandais-je avec une pointe d’agressivité. Après un instant je me repris. Il était normal de vouloir en parler avec la seule personne qui voyagerait avec nous par la suite. Cela ne voulait rien dire. Il n’allait pas lui demander s’il valait mieux me dénoncer ou me tuer directement. Il n’allait pas non plus lui en parler pour qu’il me déteste et me jette à la merci des cavaliers. Non, il voulait juste que les deux personnes qui voyageraient avec lui aient le maximum de connaissances sur les uns et les autres afin d’avoir une meilleure chance de réussir. Je le savais. Mais quand même… Je ne pouvais m’empêcher de rester sur mes gardes.

Après tout, si je lui avais avoué la vérité, c’était pour la simple raison que je n’avais pas le choix : nous allions encore voyager ensemble longtemps et il aurait fini par le découvrir seul. De plus, cela supprimait bien des problèmes. Je n’aurais plus à trouver de raisons pour avancer de nuit et chercher des cachettes abritées de jour. Je n’aurais plus à dissimuler mes préférences culinaires. Tout cela devait me convaincre qu’il serait normal d’en parler également à Elazi. Mais je voyais déjà son visage se plisser sous la suspicion. Je l’imaginais tenter de me mettre au soleil pour vérifier mes dires, ou arracher mes membres un par un pour voir si je n’avais vraiment pas mal et s’ils finiraient par repousser.

Elazi n’était surement pas du genre à faire ces expériences, mais je préférais avoir ces images en tête plutôt que d’imaginer le dégoût inonder ses yeux bleus. Toujours cette éternelle peur du rejet…

« Vous avez raison, il faudrait lui en parler. Cependant, peut être pourrions nous le faire à un autre moment ? Nous avons marché longtemps, et je pense qu’une pause lui fera du bien tout autant qu’à nous. Une fois reposés, nous aurons les idées claires et pourrons réfléchir à la suite de nos recherches en ayant toutes les données en main. »

Il faut toujours reporter à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui. Mes explications n’étaient peut être pas très raisonnables, mais allez savoir pourquoi, je n’avais nullement envie qu’Elazi puisse avoir une véritable raison de me haïr.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Mar 28 Avr 2015 - 9:54

La suggestion de Jawbol fit sursauter Müss. Et pas un simple sursaut, non. Elle se redressa des plus brusquement, venant même se cogner le visage contre le museau du Minotaure. Ce dernier eut un léger mouvement de recul. Si les Minotaures bénéficiaient d'une bonne tolérance à la douleur, le museau restait une partie du corps assez sensible, de celles que l'on ne peut muscler. Jawbol se massa le point d'impact pendant deux secondes, puis regarda Müss dans les yeux.
Cette dernière ne s'excusa même pas, trop accaparée par ses pensées. Son nez était à moins d'un centimètre du mufle bovin du Minotaure, elle pouvait sentir le souffle lent et régulier sortir de ses larges naseaux humides, et cette odeur de taureau. En fait, la pièce entière commençait à être envahie par cette odeur rappelant celle du taureau, que dégageaient les Minotaures. Jawbol ne bougea pas la tête. Tant que Müss ne venait pas fourrer ses doigts dans ses naseaux comme l'avait fait Steffin, il n'était pas dérangé d'être littéralement nez à nez avec elle.

« Pourquoi ? » Voilà la question de Müss. Pourquoi informer Elazi de sa nature vampirique ? Cela paraissait évident ; mais ce n'était pas tant la question en elle-même qui stupéfiait Jawbol, que la façon dont elle fut posée. A ce sursaut des plus brusques, s'accordait un ton relativement agressif. Müss devenait presque menaçante – sûrement malgré elle – comme si l'idée qu'Elazi soit au courant la terrifiait et qu'elle en voudrait à Jawbol de l'appliquer.

Cependant, l'expression sur le visage de la Vampire finit par se radoucir. Jawbol agita les oreilles, prêt à énoncer l'évidence, mais il n'en eut pas besoin, Müss parla avant lui.

MUSS – Vous avez raison, il faudrait lui en parler. Cependant, peut-être pourrions nous le faire à un autre moment ? Nous avons marché longtemps, et je pense qu'une pause lui fera du bien tout autant qu'à nous. Une fois reposés, nous aurons les idées claires et pourrons réfléchir à la suite de nos recherches en ayant toutes les données en main.

Une « pause », c'est ce à quoi cette nuit pouvait ressembler pour quelqu'un d'extérieur, pourtant ni Jawbol ni Elazi n'allait pleinement se reposer. Ils avaient la crainte que les cavaliers sombres n'attaquent Sujerine cette nuit. Ce n'était que très hypothétique, mais comme il ne s'agissait que de la première nuit et que les projets de ces cavaliers restaient encore un mystère total, Jawbol n'allait pas dormir sur ses deux oreilles. Elazi s'était même proposé d'être de veille. Apprendre le vampirisme de Müss n'allait donc pas déranger sa « pause ».

Cela ressemblait donc plus à un prétexte. Müss ne faisait pas confiance à Elazi, c'était évident. Elle venait de se confier à Jawbol parce-que ce dernier devait être plus rassurant pour elle. L'on ne pouvait pas la contredire, Elazi n'était pas le personnage le plus rassurant du pays, ce n'est rien de le dire ! Jawbol se sentit flatté d'avoir la confiance de Müss et d'être l'oreille à cette révélation. Autant ne pas le gâcher. Il n'allait pas insister.

JAWBOL – Très bien. Je vois que vous n'avez pas encore envie qu'Elazi apprenne ce que vous venez de me dire. Je ne vais pas le lui dire tout de suite. Mais nous aussi, nous devons gagner sa confiance, cela ne doit pas être à sens unique ; et pour cela, nous devons être honnête avec lui. Je préfèrerai que ce soit vous qui lui annonciez cela, demain matin ; mais si vous ne le faites pas, je le ferai. Je ne veux pas lui cacher quelque chose d'important. Je pense que c'est quelqu'un de bien au fond.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Dim 3 Mai 2015 - 17:39

Une créature au corps d'arachnéen m'observait avec des yeux injectés de sang au milieu d'un visage bovin. Un sourire démoniaque découpait son visage en deux, révélant des dents aiguisées, et son crâne était surmonté d'une dizaines de cornes prêtes à m'embrochées. "Nous devons gagner sa confiance", susurra-t-il en s'approchant de moi, ses pates cliquetant sur le sol avant de se poser sur mon corps immobile. "Si vous ne le faites pas... JE LE FERAI" hurlait l'arachnéen tandis que du sang coulait de sa bouche et de ses yeux jusque sur mes joues. Je ne pouvais ni bouger ni crier, juste l'observer avec horreur. "C'est quelqu'un de bien au fond" sifflait-il en s'accrochant à mon bras droit avant de tirer, de tirer et de l'arracher.

Je me redressais brusquement sur ma couche. Mon bras était toujours là. Trempée de sueur, je le regardais en mobilisant mes doigts un à un. Satanés cauchemars...

Il faisait encore jour et la lumière filtrait à travers la fenêtre. La conversation de la veille tournait en boucle dans ma tête. Jawbol avait de l'estime pour l'arachnéen et désirait ne pas lui cacher d'information importante. Le minotaure avait été très clair : je devais parler à Elazi du vampirisme aujourd'hui sinon il le ferait. Il avait raison. Mais le courage me désertait. J'aurais préféré passer le reste de ma vie dans une arène à combattre à mort un tas d'ennemis jusqu'à en crever plutôt que d'affronter ça.

Je me levais, nouais ma ceinture et y attachais mes armes en restant le plus éloignée de cette maudite lumière qui n'en finissait pas de traverser cette fichue fenêtre. Les gens étaient ils donc tous incapable de fabriquer des maisons étanches au jour et à la nuit ?

J'en étais encore à broyer du noir quand la mère de Steffin passa en courant sous mon nez. Ma mauvaise humeur matinale disparut immédiatement quand je la vis s’affairer devant un tas de légumes et commencer à les éplucher vigoureusement comme si sa vie en dépendait. Il émanait de cette petite femme tout en rondeur un mélange de douceur et de ferme assurance.  Sa détermination m'apaisait, un peu comme quand on se retrouve avec quelqu'un qui tient les rennes et qu'il ne nous reste plus qu'à se laisser guider. Elle releva le nez de son travail et me lança : "Il se fait tard, vous avez dormi presque toute la journée ! s'exclama-t-elle avec un air scandalisé. Venez venez !". L'halfeline fit de grands gestes de la main et quelques secondes plus tard je me retrouvais assise sur un minuscule tabouret, un couteau à la main pour éplucher un tas de pommes de terre. L'odeur des aliments me donnait la nausée mais j'exécutais avec application le travail qu'elle m'avait réservé. Cuisiner pour les autres avait été mon travail pendant quelques années. Quel comble pour un vampire.

Tout à coup une odeur alléchante parvint à mes narines et je me retournais immédiatement pour en trouver la source. Le père de Steffin entrait dans la pièce avec une volaille morte au bout du bras. Et à ma grande joie, du sang frais coulait le long des plumes de l'animal. J'étais sur le point de me proposer pour m'occuper de la viande quand la femme interpella son époux : "Ah non n'amène pas ça ici, tu vas encore mettre des plumes et du sang partout !". Il me suffit d'un coup d'œil vers la fenêtre pour refroidir mes espoirs : la soirée n'en était qu'à son commencement et le soleil brillait encore trop pour que je puisse sortir.

Je continuais donc d'éplucher des légumes un moment en papotant avec l'halfeline, puis les mis à bouillir avec le poulet que son époux avait déjà fini de plumer. Elle ajoutait des ingrédients que je n'avais pas l'habitude d'utiliser et je lui parlais des différentes recettes de mon ancien village. Elle m'expliqua ensuite que nous allions laisser le tout cuire et qu'elle avait encore quelques travaux qui l'attendaient puis disparut.

J'entendais le rire d'enfant dehors et cherchait à deviner lequel appartenait à Steffin. Le soleil avait fini par s'éclipser et je pus enfin m'aventurer à l'extérieur. Rien de spécial n'avait dû se produire durant la journée et le village semblait aussi paisible qu'à notre arrivé. Je remarquais juste quelques personnes disséminés aux extrémités du village qui semblaient monter la garde. La silhouette solitaire d'Elazi était facilement repérable. Je tournais encore un instant en rond dans le village, croisant la route d'un minotaure et d'une tigraine, puis je fini par me diriger vers lui.

La soirée était douce, une brise printanière soulevait les cheveux et gonflait les habits. Quelques pas plus tard, je me retrouvais à sa hauteur.

Son visage était toujours aussi beau et son port aussi noble. Il fixait l'horizon, comme perdu dans ses pensées. Le vent amenait à moi l'odeur de sa peau... et de son sang. Je fut prise du brusque désir de mordre sa nuque.  Grincer des dents et froncer les sourcils. Se concentrer sur le paysage. Ne pas penser à ces pulsions désagréables. Ne pas penser. Parler et oublier.

"Belle nuit", commençais-je simplement. Comment continuer ? Amener le sujet, papoter, naturellement... Je n'avais jamais naturellement parlé avec lui. Et je ne devais pas être la seule. Peu de villageois semblaient prêt à s'approcher de cet elfe au corps d'araignée. Il n'y avait personne aux alentours, nous étions seuls. Je me demandais où pouvait bien se trouver Jawbol. Au final, il aurait été plus facile que ça soit lui qui lui en parle.

Nous étions dans une partie du village qui donnait sur la forêt. A droite se trouvait une maison avec un grand jardin. Si on pouvait appeler "jardin" des herbes folles s'étendant de ci de là. Et à gauche il y avait un potager et quelques chèvres. Il n'y avait pas vraiment de frontière, de muret ou de barrières, ici les gens ne semblaient pas marquer leur propriété de cette façon. Je continuais à analyser le paysage, espérant y trouver une source de conversation convenable, mais l'arachnéen me laissait sans voix.

Je ne savais pas quoi lui dire. La seule chose qui me venait à l'esprit était J'ai envie de vous mordre. Il ne fallait pas réfléchir et se jeter à l'eau. Jawbol l'avait dit : nous devons être honnête avec lui, c'est quelqu'un de bien au fond... Alors allons-y. Je me tournais vers lui et lui offris mon plus beau sourire.

"Elazi, je suis un vampire".

Voilà, c'était fait. Si simplement. Quel soulagement ! Mes yeux pétillaient et mon sourire s'agrandissait de plus en plus, dévoilant mes dents blanches et... pointues. Il était vraiment très beau cet arachnéen. Un visage aux traits si fins... qui n'allaient pas tarder à se déformer sous le dégoût de me découvrir telle que j'étais vraiment.

Mes yeux souriants se trouvèrent bientôt inondés et les larmes coulèrent le long de mes joues. Génial... c'était vraiment le meilleur moment pour se mettre à pleurer...

Foutue dépression !

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Mer 6 Mai 2015 - 18:35

La journée passait bien lentement. Il était difficile de s'occuper dans ce village lorsque l'on y était étranger. Tout le monde se connaissait à Sujerine. En début de matinée, Jawbol et Elazi avaient déambulé en discutant entre eux. L'Arachnéen avait de la conversation et c'était une qualité qui aidait Jawbol à l'apprécier : il ne s'ennuyait pas en sa compagnon comme il l'aurait fait avec quelqu'un de taciturne et de mystérieux. Il était intéressant d'entendre Elazi donner ses opinions sur le monde et sur des sujets divers et variés, mais aussi parler de lui, de son histoire, de son passé, de sa famille, de ses projets. Jawbol sentait toutefois qu'Elazi n'aimait pas trop parler de lui, mais au fil de la conversation, Jawbol put en apprendre un peu sur ses parents et sur ses frères. Elazi était quelqu'un de cultivé. Contrairement à l'image que l'on pouvait se faire des Arachnéens, Elazi avait reçu une éducation complète : il connaissait l'histoire, la théologie, l'alphabet, l'algèbre, la géographie, les races, en somme une éducation même plus complète que la moyenne des Humains.
Ce n'était pas un érudit pour autant, il avait des lacunes sur certains domaines, et son savoir n'était pas toujours profond, mais il avait au moins des bases dans tous ces domaines, dont certaines qu'aucun des habitants de Sujerine ne possédaient. Il n'avait donc pas l'érudition d'un Naga mais son éducation avait été bien plus complète que celle d'un villageois standard ou qu'un habitant des bas-quartiers de Telbara. Jawbol se demanda si c'était souvent le cas chez les Arachnéens ou si le cas d'Elazi était celui d'une minorité chez cette race. Il posa directement la question à Elazi, qui estima que lui et ses frères n'avaient pas dû avoir une éducation plus poussée que d'autres Arachnéens.
Elazi fit une réflexion assez juste : ce n'est pas parce-que les Arachnéens ne vivaient pas en ville et ne se mêlaient pas aux autres races qu'ils étaient aussi ignorants que des barbares. Pour preuve, il voulut aussi citer le cas des Sirènes, des Faunes ou des Elfes, autant de races qui avaient une certaine culture du monde, qui pouvaient apprendre la langue commune et se la transmettre à l'écart des Humains, transmettre une éducation complète aux enfants, et cela sans vivre dans les villes et villages des royaumes humains. Les Sirènes savaient lire et écrire, du moins pour beaucoup d'entre elles, et pourtant c'est quelque chose que l'on n'imaginait pas car l'on s'arrêtait à se dire qu'elles n'en avaient pas l'utilité. Elazi conclut qu'il était fier d'avoir eu une éducation complète car cela lui permettait de prouver aux Humains qui venaient le traiter comme un monstre, qu'ils se trompaient. Ils ne voulait pas que les Arachnéens se réduisent à vivre comme des animaux, et imaginait bien que ses congénères pensaient comme lui en général. Il avait peut-être raison, peut-être qu'en effet, les Arachnéens pensaient en général comme lui, que leur race se devait de se transmettre cette éducation riche pour ne surtout pas se réduire à ce que les Humains voient en eux par simple préjugé. Ou alors, Elazi se faisait de fausses idées, et sa famille était un cas minoritaire chez leur race.

A midi, Jawbol mangea à la taverne du village. Il repensa à Müss, à ce qu'il avait appris sur elle. La Vampire n'avait pas pu sortir de la maison à cause du soleil, et ne pourrait révéler sa nature à Elazi qu'après le prochain crépuscule.
L'après-midi, Jawbol s'occupa en s'entraînant. D'abord seul, puis avec Elazi. Le Minotaure, membre de la Guilde des Guerriers, dut reconnaître qu'Elazi se battait très bien. Jawbol était très loin de le dominer en combat, et l'avantage tourna même régulièrement en faveur d'Elazi. Pour dire à quel point le niveau martial entre les deux était serré, Jawbol et Elazi se disputèrent un long combat amical en décidant de comptabiliser un score au meilleur de cinq manches : le résultat final étonna Jawbol, vaincu par trois manches à deux. Et oui, Elazi gagna leur combat amical par une cinquième manche décisive, après avoir marqué la deuxième et la troisième manche mais perdu la première et la quatrième. Cela ne fit que renforcer l'estime du Minotaure, pour qui le combat tenait une place tout à fait primordiale comme chez tous ceux de sa race. L'Arachnéen l'avait battu à la loyale, et le Minotaure gagna beaucoup en respect à son égard... et en amitié. Entre leur longue conversation de la matinée sur tout un tas de sujets différents, et cet entraînement et ce combat amical de l'après-midi, il était évident que Jawbol et Elazi tissaient entre eux un fort lien d'amitié. Ils s'appréciaient beaucoup, se respectaient profondément. Elazi avait ses défauts selon Jawbol, souvent dus à son vécu ou à sa nature, mais Jawbol voyait de plus en plus chez lui un ami. Il n'oublierait jamais Slimag, mais il était immensément heureux d'être maintenant avec Elazi et espérait que leurs chemins ne se sépareraient pas de si tôt.

Le soir, Elazi monta la garde en solitaire pendant que Jawbol joua avec des enfants du village. Il avait toujours ce problème avec les enfants, mais ce soir, il réussit à passer du bon temps en participant à des jeux simples dont certains qu'il connaissait pour y avoir joué lui-même enfant avec son frère. D'ailleurs, parmi les enfants, il y avait une petite Minotaure de neuf ans. Il y avait aussi une Tigraine typée chatte de dix ans. Les autres enfants étaient des Humains. Steffin n'était pas dans le groupe et il n'y avait pas d'autre Halfelin.

La nuit tomba, les enfants retournèrent auprès de leurs parents. Elazi était toujours seul aux abords du village. Les villageois n'étaient venus que deux fois lui parler, et peu longtemps. Jawbol s'assit sur une souche et entreprit de limer les lames de ses deux épées et de son couteau de voyage. En tournant la tête, il pouvait voir Elazi à soixante-dix mètres.
Il vit Müss. A la faveur du ciel assombri par l'absence du soleil couché sous l'horizon, elle était enfin sortie de la maison des parents de Steffin, et marchait vers Elazi. Jawbol sourit, sachant ce que Müss allait dire à l'Arachnéen. Du moins, il espérait qu'elle allait en avoir le courage. Si elle ne le faisait pas maintenant, Jawbol se verrait dans l'obligation morale de le faire à sa place. Il ne voulait pas cacher une telle information à son nouvel ami.

Elazi, lui, ne s'attendait pas vraiment à ce que Müss vienne le voir. Quand elle entama la conversation en parlant de la belle nuit qui s'installait, l'Arachnéen ne répondit qu'en levant les yeux au ciel pour compter les étoiles déjà visibles. Il n'y en avait pas beaucoup, mais d'autres naîtraient au fil des minutes. Oui, c'était une belle nuit.
Puis, soudain, les mots sortirent d'eux-mêmes de la bouche de Müss. Elazi tourna la tête pour plonger son regard dans le sien. Son visage était si beau, si fin, si parfait. Sculpté avec une délicatesse d'Elfe. Ses yeux à l'iris opale perçaient les vêtements et semblaient pouvoir sonder l'âme. L'on se sentait nu lorsqu'il nous regardait dans les yeux, nu comme son torse à la musculature fine et athlétique à la fois, nu comme son corps d'araignée aux courbes précises, aux longues pattes fines, à l'abdomen lisse pouvant sécréter une toile transparente pour l'œil non averti, aussi résistante que collante, que ses pattes pouvaient tisser avec précision pour créer des motifs naturellement parfaits. Car oui, de tout son être, Elazi semblait si parfait. Parfait comme un Elfe. Beau comme un dieu.

Müss s'attendait à une grimace de dégoût, elle obtint à la place un léger sourire. Rien de moqueur pourtant, ni de méchant. Un sourire simple, un sourire qui comprenait pourquoi elle révélait sa nature et qui l'acceptait telle qu'elle était. L'Arachnéen lui passa lentement une main dans les cheveux.

ELAZI – Cela explique des choses. Merci de cette honnêteté. Il faut me faire confiance pour me dire cela, sachant comment les Humains parlent des Vampires.

Elazi croyait que Müss était soulagée de s'être confiée à lui, et pourtant il la vit fondre en larmes. Il la prit dans ses bras et lui acha le visage contre son torse, avec délicatesse. Il la dépassait largement en taille. Il baissa la tête et reposa son menton dans les cheveux de la Vampire.

ELAZI – Il ne faut pas que l'on vous voie pleurer. Ne montrez pas vos faiblesses. Les Humains mauvais s'en serviront pour vous faire mal alors qu'ils en sont incapables avec le fer.

De sa position, Jawbol devina plus qu'il ne le vit vraiment que Müss s'était mise à pleurer. Son sourire s'élargit en voyant Elazi la prendre dans ses bras. Il ne se leva pas, n'alla pas les rejoindre. Autant les laisser tous les deux.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Müss le Jeu 7 Mai 2015 - 14:07

Ses lèvres s’étirèrent lentement en un sourire. Pas moqueur. Ni cruel. Non, au contraire, j’aurais plutôt dis … tendre.

Mais je n’eus pas le temps d’y réfléchir plus longtemps. En fait, je ne pu plus réfléchir du tout. Il se passa quelque chose qui dépassait mon entendement et qui satura immédiatement tout influx nerveux susceptible de traverser mon cerveau.

Je ne voyais rien. Mes yeux étaient encore emplis d’eau. Mais je sentis ses longs doigts glisser dans mes cheveux. Un frisson me parcouru l’échine : un arachnéen avait sa main posé sur ma tête, et s’il n’y avait pas eu ce sourire quelques secondes auparavant, je me serais surement dégagée en dégainant mes armes. Seulement voilà, comme je viens de l’expliquer, je n’étais plus en mesure ni de réfléchir, ni de bouger.

Sa voix était chaude et douce quand il murmura les mots suivants : « Cela explique des choses. Merci de cette honnêteté. Il faut me faire confiance pour me dire cela, sachant comment les Humains parlent des Vampires. »

Mes larmes continuaient à couler sans que je puisse les retenir. Pleurer devant Elazi… : ma position m’était insupportable. Sans cérémonie, je me mis à renifler bruyamment. Il n’avait fait aucune remarque désobligeante. Il aurait pu cependant me traiter de la même façon que je l’avais moi-même traité lorsque je le voyais encore comme un monstre. Mais l’arachnéen se contentait de me remercier. Tout simplement.

Et dans un souffle, je fus au creux de ses bras.

Juste comme ça.

Le temps resta suspendu au bout de mes lèvres. Je n’osais même pas trembler. Mon visage se retrouvait tout contre sa poitrine et je gardais mon souffle coincé au fond de la mienne. Son corps me réchauffait. Cette chaleur représentait une sensation perdue depuis trop longtemps, douce illusion de vie. Pendant un instant plus rien d’autre ne comptait que cette étrange impression de flotter. Il posa son visage dans mes cheveux et je les sentis frémir à chacune de ses expirations. Je fermai les yeux, laissant couler les larmes sur mes joues, profitant de l’agréable tiédeur que m’offrait son torse et ses bras autour de moi.

- Il ne faut pas que l'on vous voie pleurer, murmura-t-il à mon oreille. Ne montrez pas vos faiblesses. Les Humains mauvais s'en serviront pour vous faire mal alors qu'ils en sont incapables avec le fer.
- Je suis désolée, ne pus-je m’empêcher de dire.

Je ne savais pas exactement pour quoi. Peut-être parce que je pleurais encore malgré ce qu’il venait de dire. Ou parce que je l’avais traité comme un monstre. Mais aussi parce que j’étais un vampire. Et puis parce que je faisais quand même un peu partie de ces Humains mauvais dont il parlait. Probablement pour tout ça à la fois.

Je relevai le visage vers lui pour me noyer dans le bleu de ses iris. Comme d’habitude, je fus incapable de soutenir son regard et glissais les yeux le long de ses joues, ses lèvres, et tombait sur son cou.

La réalité me rattrapa brutalement, violente comme un coup de foudre qui ferait tomber les étoiles du ciel. Je voyais battre son sang enfermé derrière ses carotides, et sa peau si pâle me parut devenir transparente, si bien que seule l’image de ses jugulaires s’imprimait au fond de mes rétines. Moi qui ne savais lire, j’avais l’impression de voir écrit en gros caractère : Croque-Moi Vite ! C’était intenable.

J’enfonçai inconsciemment mes ongles dans la chair de ses bras et plaquai mon visage contre son torse, mais sentir les battements de son cœur qui expulsaient son sang dans tout son corps ne fit qu’empirer les choses. J’avais le vertige. Je me redressais, me retrouvant sur la pointe des pieds. Mes mains prirent appui sur son corps d’insecte à la fois dur et rugueux. Mes lèvres glissèrent sur son cou et s’entrouvrirent à la recherche d’une veine.

Et puis je repris mes esprits, retombant pied plat au sol, légèrement sonnée mais résistant farouchement à mon besoin de sang. Je ne voulais pas reproduire ce qui m’était arrivé, mordre une victime, l’affaiblir physiquement et psychologiquement en la vidant progressivement de sa vitalité…

J’essuyai mon visage et posai mon front contre lui, fixant mes jambes entre ses longues pattes articulées qui ne m’effrayaient plus. « Merci Elazi. J’avais tellement peur de la réaction de Jawbol quand il le saurait… et de la votre. Mais au final, ce qu’il dit à votre propos est entièrement vrai », dis-je avant de me blottir encore plus profondément au fond de ses bras. J’abusai un peu, mais après tout, c’est lui qui avait commencé, alors pourquoi ne pas profiter encore un instant de cette enveloppante chaleur qui m’était offerte ?

Les étoiles étaient apparues entre temps et brillaient toutes plus fort les unes que les autres formant un tableau parfait.

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Re: Parti jouer trop loin

Message  Jawbol le Jeu 14 Mai 2015 - 15:55

Elazi vit Müss faillir à soutenir son regard si envoûtant et profond. Il eut un léger sourire en la voyant défiler son regard sur ses joues, ses lèvres puis son cou. Cependant, l'Arachnéen fronça imperceptiblement les sourcils quand il vit que le regard de la Vampire restait bloqué sur son cou. Avec la révélation qui venait de lui être faite, il savait ce que cette fixation soudaine signifiait. Il se tendit un peu, et quand Müss se mit sur la pointe des pieds, quand il la sentit plonger ses ongles dans sa chair, quand il sentit les lèvres de la Vampire attirées par ses veines jugulaires, alors il eut un mouvement de recul.

Cela n'alla pas plus loin. Müss se ressaisit brusquement, retombant les talons au sol et décrochant son regard de son cou. Müss s'essuya le visage puis s'appuya le front contre le torse de l'Arachnéen, le regard perdu vers le sol. L'homme-araignée articula ses deux pattes antérieures, avec lesquelles il caressa les mollets de la jeune femme.
Elle le remercia, confiant avoir eu très peur de la réaction de Jawbol puis de la sienne. Elle conclut qu'au final, ce que disait Jawbol à son propos était entièrement vrai.
Elle se blottit plus fort contre lui. L'Arachnéen se détendit, et tout en continuant à lui caresser les mollets avec les deux premières pattes de son corps d'araignée géante, il serra tendrement son emprise avec ses bras.

ELAZI – Et que dit donc Jawbol à mon propos ?

Le Minotaure en question regardait la scène d'un œil attendri, assez indiscrètement, mais ni la Vampire ni l'Arachnéen ne faisait attention à lui. Depuis le temps que ces deux-là s'échangeaient des regards assez intimes, et après la discussion entre Müss et la mère de Steffin au sujet de la beauté incomparable de l'Arachnéen, Jawbol n'attendait plus qu'enfin ils aient un tel moment de tendresse l'un avec l'autre.
Il était heureux pour eux, tout simplement.

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