La guerre des corbeaux et des loups

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La guerre des corbeaux et des loups

Message  Niyos le Mar 3 Jan 2017 - 16:33

Voilà deux ou trois jours que nous avons quitté les montagnes de Faeronhe et Denoronhe. Nous y avons pris de court la guilde des corbeaux dans un plan où ils voulaient gagner en puissance et aider une bande de gosses avec un gros lézard pour… Le même plan. À la fin, en quittant cette étrange guilde, nous étions tous deux fatigués et affamé. La plupart de notre matériel devaient être nettoyés et remit à neuf et en plus, nous avons perdu nos capes dans cette affaire. Jengolf affichait un air de « Je m’en moque, ce n’est pas important. » Mais je savais qu’il était aussi agacé par cette situation. Pour nous remettre un peu d’aplomb, nous avons fabriqué de nouvelles flèches dans la forêt, polie nos lames avec des pierres, chasser du gibier pour se nourrie et ramasser des plantes et autres ingrédients pour mes potions.

On a pu alors repartir dans un meilleur état, mais nous n’arrivions pas à nous reposer de cette dernière aventure. Je revoyais encore cette eau qui montait et ce gouffre… Mais on était bien sur terre et donc, pour moi, en sécurité. En poursuivant notre chemin à travers la forêt de Largisse, nous trouvions un panneau indicateur qui montrait la route menant à Cap d’Assouvin. Une ville d’Estandre, avec toute la mentalité qui venait avec et quand plus, se trouvait près de l’océan, donc un coin un peu isolé au bout du monde. Mais ce que je voyais, c’était une auberge chaleureuse, avec un bon repas et un lit. Je me tournais vers Jengolf, commençant à le supplier d’y aller comme un enfant, mais après avoir passé ces derniers jours à courir dans tous les sens et éviter les pièges mortels, votre comportement est le dernier de vos soucis.

Le chasseur ne fut pas difficile à convaincre. Lui aussi devait rêver d’un bon lit pour changer un peu et d’un repas chaud. En plus, nous pourrions sans doute vendre les quelques peaux de bête que nous ayons et aussi quelques potions de ma spécialité. Gagner un peu d’argent, même juste des pièces en cuivre étaient toujours bon à prendre. En plus, notre bourse était vide depuis un moment. On aurait de quoi se remettre de nos dernières émotions. Notre duo se mit donc en route vers cette ville, qui était le plus proche et ensuite, nous prendrions la route pour nous rendre vers Estandre. Avec un peu de chance, avec l’argent gagné, nous pourrions gagner deux places dans un chariot de voyage qui nous emmènera. Je ne pouvais imaginer, faire subir à mes pauvres petits pieds un tel calvaire.

Malheureusement, nous ne connaîtrons la douce chaleur d’une auberge avec ses plats et ses lits cette nuit. Le soleil se coucha bien vite et le froid se leva de même. Nous nous écartons alors de la route pour nous enfoncer entre les arbres où Jengolf se mit à allumer un feu. Avec les pierres pour délimiter le foyer et les branches autour de nous, un feu nous vint rapidement grâce aux techniques que m'a enseigné mon mentor. La douce chaleur du feu nous fit un bien fou et les peaux de bête furent les biens venus. Je pris celle d’un cerf comme couverture et donnai celle de l’ours au garou. Mais ce dernier resta accroupi près du feu, le regard plongé dans les flammes, laissant la couverture à côté de lui. Il était moins sensible que les autres humains à la température. Quant à moi, j’étais allongé sur le dos, bien recouvert. Je tenais entre les mains une autre peau dont j’avais commencé à concevoir de nouvelles capes pour nous deux. Je venais juste de débuter.

Niyos – Une fois à Estandre, tu as prévu quoi ?
Jengolf – Comme à Telbara, on détruit le laboratoire des corbeaux et tout leur commerce.
Niyos – Marrant. A Telbara, c’était de la rigolade. Mais à Estandre, ils sont bien mieux implantés, bien plus fort aussi. A nous deux ça risque de mettre plus de temps et ce sera plus dangereux.
Jengolf – Désolé… Dors gamin. Je prends le premier tour de garde.

Je me retournais et j’essayais de m’en dormir. Mais pourquoi disait-il désoler ? Déjà, il le disait si rarement, mais là, je ne voyais pas pourquoi. Nous étions un peu surménager en ce moment. Le stress de se faire prendre et de subir quelque chose de bien pire que la mort. Nous étions recherchés par la guilde. L’un pour trahison, l’autre comme gibier pour cobaye. Jamais ils ne nous laisseront en paix. Même si nous le voulions, nous ne pourrions vivre une vie tranquille, loin de ces soucis. Et puis, la volonté du loup-garou pour assouvir sa vengeance et bien trop forte. Jamais il ne voudra abandonner. Son seul désir était de voir ses ennemis mourir et retrouver ceux qu’il avait perdus à cause d’eux. Tout comme moi, il avait tout perdu, même si je considérais que je n’avais rien à la base. Mais quand je viens lui parler de son envi de massacrer les corbeaux du crépuscule, je pouvais voir son regard remplis de flamme. C’était comme si il tuerait tous ceux qui viendraient l’en empêcher. Parfois, il faisait peur comme ça, mais je savais qu’il était tout autre. Pour l’instant, mes yeux se fermèrent et je trouvais très vite le sommeil. Tout mon corps rêvait de dormir pour se remettre de toutes ces douleurs.

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Re: La guerre des corbeaux et des loups

Message  Vaqhi le Jeu 12 Jan 2017 - 3:11

Cela devait maintenant faire plus d’une vingtaine de jours que j’avais quitté Estandre. Ma mission se déroulait pour le mieux. Comme prévu, j’avais rencontré cet humain, membre de la guilde des corbeaux à Estandre. Celui-ci devait récupérer certaine chose, dont il souhaitait garder le secret, au port de Voragil. Je m’étais donc retrouvé à jouer les messagers pour leur compte, chose que je n’appréciai pas vraiment. Normalement, les seules missions que la légion acceptait étaient des contrats d’assassinat, des demandes d’escorte, de protection, pas des livraisons ! Tout ça à cause d’un groupe d’individus ayant attaqué la guilde à Telbara. Étant nouveau dans la légion et ayant plus ou moins d’affinité avec la région Estanol, je n’avais pas effectué beaucoup de missions ailleurs qu’à Estandre et ses alentours. De toute manière, si je devais être informé de quoi que ce soit, J s’en occuperait. Sa capacité à communiquer avec les animaux lui permet de leur demander tout et n’importe quoi, elle n’aurait qu’à demander à un oiseau de me porter un message. Mais si aucune nouvelle ne venait perturber ma journée, c’est que je ne devais pas me faire de souci. J’avais d’autre préoccupation.

Arrivé à Voragil, le plus compliqué fut de retrouver le colis de mon employeur. Celui-ci ne m’avait donné qu’une brève description de son commanditaire. Je devais donc retrouver une femme aux environ de la trentaine, les yeux bleus, une chevelure brune. Voilà tout ce que je possédais pour retrouver cette femme. Toutefois, j’avais pris quelques précautions. D’abord, j’étais arrivé en avance, quelques jours avant la date de livraison, me permettant ainsi de visualiser les environs, de connaître chaque recoin de la ville, chaque cachette, chacune des habitudes des villageois. J’avais donc préparé minutieusement ma rencontre avec le livreur. Vous vous en doutez, je n’avais pas eu simplement l’ordre de récupérer et de remettre un colis à mon employeur, non. Il m’était impératif de faire disparaître toute trace de la transaction. Je devais donc m’assurer de son silence.

Le jour de l’échange, le temps s’était couvert, les nuages venaient perturber la sérénité du village, profitant de l’occasion pour y verser quelques larmes. Un léger crachin obligeant les villageois à revêtir leur capuche, à se précipiter chez eux. Cela ne me faciliterait pas la tâche, aucune chance que je reconnaisse la femme tout en restant discret ou relativement distant. Mais d’un autre côté, peu de femmes restent sous la pluie, ou plus généralement, personne n’aime rester sous la pluie. Le peu de personnes encore dehors étaient occupé à ramasser leur caisse de marchandise sur les quais du port ou bien … mon regard croisa à ce moment celui d’une personne attendant sous la pluie, sans capuche, simplement vêtu d’une vieille bure ressemblant plus à un vieux bout de tissu volé à un épouvantail. Adossé contre la cloison en bois d’un marchand proposant des rénovations et améliorations navales, c’est en tout ce qu’indiquait l’enseigne. Sûr de mon coup, je m’approchais d’elle, espérant que le hasard serait plus de mon côté que ne l’avait été la météo.

Et en effet la chance était de mon côté ! Je m’étais approché d’elle jusqu’à lui faire face, puis tendis la main droite ouverte vers le ciel et la main gauche, fermé vers le sol. Celle-ci en avait fait de même et en même temps, nous avions lâché nos biens. Le colis était en ma possession, une sorte de fiole contenant un liquide de couleur saphir. Le liquide était plutôt épais et laissait des traces sur la fiole. Je pouvais donc constater que le volume avait diminué entre temps. Mais peu importe, qu’elle ait volé un peu de ce contenu ou non n’allait rien changer à son sort. En échange, je lui avais remis la bourse de 50 pièces d’or que mon employeur m’avait remises, sauf qu’à l’intérieur, de cette bourse, il n’y avait plus une seule pièce, mais tout un tas de clou aplatit. Cette bourse m’était de toute manière destinée, je devais simplement la récupérer une fois la cible éliminée, mais je n’avais aucune envie d’aller la chercher là où elle terminera ses jours. Sans se rendre compte de l’arnaque, la demoiselle se retira et se dirigea vers le quai, sans doute pour remonter sur son bateau. De mon côté, je m’étais éloigné, suivant son chemin sur une route parallèle. Elle s’arrêta pour ouvrir la bourse. Elle venait de se rendre compte de la supercherie, mais trop tard… J’avais étendu mes ombres jusqu’à elle, l’étranglant le plus fort possible. Sous la force et la rapidité d’exécution, elle s’écroula et bascula dans l’eau, dos au ciel. Voilà pourquoi je ne souhaitais pas récupérer l’argent après l’avoir tué.

Une fois la transaction effectuée, je devais retourner à Estandre livrer le colis et recevoir le reste de ma paye. Le ciel s’éclaircissait au fur et à mesure que je me rapprochais du Cap d’Assouvin. Toujours à dos de mon destrier, le trajet jusqu’à la dite ville fut moins long et la première chose que je ferai en arrivant serait de prendre une chambre dans une grande auberge, d’y rester quelques jours, d’y manger et boire jusqu’à plus faim, plus soif. Je pouvais bien prendre mon temps pour une vulgaire mission de livraison. Connaissant la mentalité des gens de la région, je n’aurai qu’à user de mon ancien statut de membre haut-gradé des guerrieros d’Estandre. De toute manière, ce n’est pas comme si le blason gravé sur mon armure ainsi que sur mon arme ne rappelait à personne sa provenance.

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Message  Manybeol le Dim 22 Jan 2017 - 15:12

Le métier de mercenaire réservait parfois de mauvaises surprises. Et en même temps, Manybeol et Zelni se trouvaient un peu bêtes de ne pas avoir flairé le piège. Dans un village des Ganavarelles côté Sud, un Humain leur avait confié la mission de remonter vers le Nord jusqu'à un village en lisière de la Forêt de la Vanille. Là-bas, la mission était de trouver un accès aux sous-sols du temple du village, où une secte avait enlevé plusieurs enfants, dont celui de l'Humain qui enrôlait les deux mercenaires pour cette mission. Zelni s'était étonné qu'une secte enlève des enfants dans le Royaume de Telbara pour les garder captifs dans un petit village du Royaume d'Estandre, mais l'Humain avait sorti toute une histoire dont Manybeol n'avait pas retenu grand-chose. Il avait parlé avec assurance, comme un texte appris par cœur, et avait réussi à se mettre les deux mercenaires dans la poche, non sans un acompte généreux.

Trois semaines de voyage et quelques péripéties plus tard, Manybeol et Zelni étaient arrivés dans ce fameux village. Au début, ils avaient hésité à se montrer tous deux, craignant la réaction des villageois, mais ces derniers n'avaient bizarrement manifesté aucune réaction hostile à leur présence. Les choses devenaient de plus en plus bizarres jusqu'au moment où Manybeol et Zelni étaient entrés dans le temple pour chercher un accès aux sous-sols. Le piège s'était alors refermés sur eux. De secte, il n'y en avait jamais eu ici, seulement un groupement d'esclavagistes qui piégeait des aventuriers non-Humains dans le Royaume de Telbara pour les capturer ici. Manybeol et Zelni avaient été envoyés dans la gueule du loup. Ils avaient refusé d'abandonner leur mission malgré leur intuition, et leur indéfectible loyauté s'était retournée contre eux.

Manybeol avait été mis en cage avec un Xolon, Zelni avec un Tigrain typé lion. Sur une charrette, une troisième cage contenait trois personnes capturées de la même manière. La charrette était partie en direction du Cap d'Assouvin. Un grand marché aux esclaves s'y tenait régulièrement, et ce groupement d'esclavagistes y tenaient toujours une place. Certaines ventes partaient pour la capitale, d'autre pour Voragil, d'autres pour des barons de la région auprès desquels le groupement s'était fait un nom. Tout le long du trajet, les esclavagistes s'étaient assurés de la bonne santé des sept non-Humains capturés. Manybeol et Zelni avaient déjà connu l'esclavage, surtout Manybeol, né esclave et devenu libre par affranchissement à l'âge de vingt-et-un ans. Pour autant, ni l'un ni l'autre n'avait envie de se laisser replonger dans cette condition de vie.

Le plus rebelle pourtant avait été le Tigrain typé lion. A la moindre occasion, il avait cherché des ennuis à leurs ravisseurs. Tout le monde attendait à chaque fois de savoir quel allait être son prochain débordement. Ca devenait presque un jeu, jusqu'au jour où il fut finalement tué. « Invendable », voilà comment il avait été jugé. Cela avait fait taire tous les futurs esclaves, sauf un, un autre Tigrain, typé léopard. A croire que tous les Tigrains avaient l'insoumission dans le sang. Il fut tué à la suite du premier. Là où Manybeol et Zelni virent de la barbarie, leurs ravisseurs, eux, virent simplement un « gâchis ».

Ils n'étaient plus que cinq : Manybeol, Zelni, le Xolon, un Homme-lézard et un autre Minotaure. Ce nombre diminua encore, en Roquellande, quand la caravane des esclavagistes se fit attaquer par un ver géant. Ce fut un carnage. Le ver géant fracassa la charrette, permettant aux esclaves de se libérer... ou d'être dévorés. En effet, il fracassa les cages et trouva l'autre Minotaure à son goût. Les esclavagistes essayèrent de tuer le monstre, mais tous furent tués sauf deux qui prirent la fuite. Manybeol et Zelni réussirent eux aussi à s'enfuir pendant que le ver géant s'en prenait au Xolon et accessoirement au stock de vivres de la caravane. Enfin, l'Homme-lézard, lui, dut sûrement réussir à s'en sortir vivant.

Les esclavagistes avaient eu le réflexe de rendre leurs armes aux esclaves pour qu'ils puissent les aider à combattre le ver géant. Ainsi, Manybeol et Zelni étaient en possession de leurs précieuses armes : une masse d'arme pour le premier, une épée bâtarde et un arc long pour le second. L'épée avait justement été forgée par Manybeol, un cadeau pour son ami qui symbolisait à la fois le sceau de leur amitié, et un hommage à Glame. Ils avaient survécu à l'attaque du ver géant, mais cette épée avait une énorme valeur sentimentale pour tous deux et ils seraient bien tristes de la perdre.

S'ils avaient leurs armes, Manybeol et Zelni se retrouvaient en revanche sans le moindre sou, fatigués et affamés. Ils errèrent jusqu'à une forêt, sans savoir qu'il s'agissait de Lagisse. Le soleil se coucha, Manybeol criait famine et devait compter sur son ami pour chasser. Zelni pouvait soit chasser à l'affût en tendant des pièges à ses proies, soit à l'arc. Seulement, il était lui-même fatigué. La solution était-elle de se rendre dans un village et... quoi faire ? Mendier ? Voler de la nourriture ? Personne n'aurait pitié d'eux.

Soudain, ils virent à travers les arbres un feu de camp. Un brin d'espoir naquit. Un quelconque aventurier ou groupe d'aventuriers accepterait-il de partager des vivres avec eux ? Cela semblait être leur seule chance. Manybeol et Zelni s'approchèrent doucement, ne voulant pas effrayer les personnes qui bivouaquaient.

Il y avait deux personnes. Deux Humains. Immédiatement, Manybeol leva les deux mains en l'air pour se montrer pacifique, et Zelni fit de même.

MANYBEOL – Bonsoir, nous ne vous voulons aucun mal. N'ayez crainte, nous sommes deux voyageurs perdus. Nous n'avons plus d'eau ni de nourriture, ni d'argent. Auriez-vous... de quoi nous sustenter, en échange de nos services ?

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Message  Niyos le Mer 25 Jan 2017 - 14:25

Jengolf


Le loup-garou surveillait notre camp pendant que je dormais. J’avais fini par me laisser aller et être emporté par le sommeil. En réalité, j’avais l’impression de ne pas avoir dormi depuis des jours. Jengolf aussi d’ailleurs, il avait usé de bien plus d’effort physique que moi, sans compter la fois où il avait failli se transformer en bête sauvage. Tout cela devait être épuisant, mais il ne montrait aucun signe de fatigue et cela m’était inquiétant. Mais pour le moment, j’étais trop épuisé pour m’y inquiéter. Le loup-garou surveillait donc notre camp, guettant le moindre signe de danger. Depuis son exil de Tacomnal, il devait faire attention, redoutant le jour où il se ferait prendre et où il y perdrait la vie. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le lycan ne se croyait pas invincible, ni même insaisissable. En réalité, c’était tout le contraire. À chaque fois, il se répétait que chaque jour pourrait être son dernier et qu’il pouvait se faire avoir n’importe quand. Donc, il devait tout le temps redoubler de vigilance et d’effort.

Sa vigilance ne lui fit pas faux bon. Ses sens surdéveloppés l’informèrent qu’une présence approchaient à travers la végétation. Il se retourna pour faire face à la potentiel menace, la main poser sur le pommeau de son épée. Il ne voulait pas utiliser ses griffes pour un éventuel combat. Pas après avoir failli il y a peu de succomber à sa bestialité. Mais il gardait cette possibilité comme dernière carte à jouer, si ses armes ne suffisaient plus. Il ne grognait pas, ne changea pas ses yeux, il attendit simplement que ce qui approchait se montre. C’est alors qu’il vit que ce n’était pas une présence étrangère, mais deux. Un imposant minotaure, pouvant sans doute déplacer des montagnes à main nue accompagné d’un arachnéen.

Un minotaure, cela n’avait rien d’extraordinaire à croiser. C’était une race nomade dont certains devenaient des guerriers et d’autres des mercenaires. Personnellement, en croiser un était presque naturel que de croiser un autre humain. Mais un arachnéen, ça s’était original. Jengolf n’en avait vu qu’une ou deux fois durant sa vie et à chaque fois, dans de mauvaises conditions. Alors que moi, j’en avais déjà vu, en morceaux dans le laboratoire. Jengolf leur faisait face, mais visiblement, l’étrange duo ne manifestait aucune hostilité. Au contraire, ils gardaient leurs mains en l’air pour démontrer leurs bonnes intentions.

Manybeol – Bonsoir, nous ne vous voulons aucun mal. N'ayez crainte, nous sommes deux voyageurs perdus. Nous n'avons plus d'eau ni de nourriture, ni d'argent. Auriez-vous... de quoi nous sustenter, en échange de nos services ?

Comme il fut dit, notre ami loup-garou était de nature méfiante. Mais il ne pouvait s’empêcher de répondre à un appel à l’aide. Et cela nous avait conduits à bien des ennuis, même s’il ne l’avouera pas tout le temps. Il ne les quitta pas du regard, mais voulu bien leur porter secours. S’approchant de nos provisions, il attrapa des restes de viandes et les déposa devant le duo. Il gardait un peu ses distances avant de passer l’eau qui restait dans son outre.

Jengolf – Prenez donc ça.

Il les laissa manger et boire. En les voyants se nourrir, il se réconforta en se disant que c’étaient bien deux pauvres voyageurs qui se sont retrouver ici par le mauvais sort. Leur laissant le temps de regagner quelques forces, il voulut en savoir plus sur eux. Quoi que de plus normal, on pouvait bien vouloir aider autrui, mais aussi en savoir un peu plus sur ceux que nous venons de sauver. Et puis, nous étions dans un territoire hostile, où l’esclavagisme régnait ici et où la guilde des corbeaux était puissante. Mais il serait étrange que cette dernière se soit permis d’engager un homme araignée, au lieu de le faire tremper dans une marmite pour en faire du poison.

Jengolf – D’où venez-vous voyageurs ? Et comment êtes-vous arriver dans un tel état ?


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Re: La guerre des corbeaux et des loups

Message  Vaqhi le Mer 15 Fév 2017 - 19:21

J’arrivais enfin à la rocailleuse ville du Cap d’assouvin. Un environnement constitué essentiellement de mont et de pic enneigés, de rocher gelés et de pas grand-chose d’autres. Il neigeait abondamment depuis que j’étais rentré dans cet environnement montagnard de plus, le froid durcissait ma carapace d’écaille, rendant mes mouvements beaucoup plus lents et saccadés. Certes je ne craignais pas le froid autant que les humains, mais passé une certaine température, humain ou pas ne faisait aucune différence. Le froid m’avait tellement raidit qu’il m’était maintenant impossible de me vouter, même si habituellement je me tiens droit telle une lance au garde à vous. Que j’avais hâte d’arriver devant le tavernier pour lui demander une chambre !

Les humains me regardaient étrangement, me dévisageant de la tête aux pieds. Je pouvais sentir à la fois leur aversion et leur curiosité à mon sujet. Ce n’est pas tous les jours que l’on croise une peau-verte à dos de destrier et en uniforme royal, c’est certainement ce qu’ils doivent se dire en me voyant débarquer ici. Mais comme je l’avais prédis, l’insigne doré sur mon plastron éclaircissait leur esprit embrumé quant au brouillard tournant autour de cet étrange inconnu à la peau écailleuse. Leur regard s’était changé, le mépris envolé et la curiosité plus intense que jamais. Je les voyais venir de loin, me questionnant sans répit pour me demander mon identité. Ma réputation me suivait quoi qu’il arrive. Dans le même domaine de l’étrangeté, il y a bien longtemps, une rumeur avait certainement été rependue à travers le royaume comme quoi un certain Homme-lézard était rentré dans la célèbre et robuste armée des Guerrieros. Dans mes souvenirs, après cette promotion, le regard des gens se faisait plus noir et plus malsain. Déshonoré de voir un esclave devenir un redoutable combattant pour le royaume. Mais au fur et à mesure que les Guerrieros remportaient les batailles, les villageois prêtaient de moins en moins attention mes origines et ne voyaient que l’emblème royal que je portais à longueur de journée. Et depuis ce temps-là, la seule chose qui permettait de me reconnaître n’était autre que les rumeurs du Nord-Est du continent concernant la puissante armée spécialisée d’Estandre et de son seul combattant non humain.

Mais je n’avais que faire de discuter sous la neige avec ces gens, j’étais trop pressé de rentrer à l’auberge et de m’installer confortablement dans mon lit. Je me contentai donc d’un salue de la main que je courbai vers l’arrière, ce qui signifiait que je n’avais pas le temps de m’arrête. Mes années dans les rangs Estanols m’avaient permis d’apprendre tout un tas de langage Humain. Une race bien étrange et bien complexe je trouve.

Je me dirigeais vers l’écurie du village se trouvant non loin de l’auberge à deux trois pâtés de maisonnette. Surpris de constater que le royaume tenait particulièrement à cette ville, Assouvin possédait une écurie remarquablement bien bâtit avec les blasons de certaines grandes familles des royaumes, certainement ceux qui ont laissé leur monture en ces lieux. L’écurie était composée d’une multitude de box relativement spacieux. J’en comptais une dizaine sur cette façade et il devait probablement en être de même de l’autre côté. J’avais l’impression de voir l’écurie de l’armée, tout aussi ordonné, grandiose et riche. J’attachai mon fier destrier aux poteaux d’attentes près de l’entrée de l’écurie et rentrai à l’intérieur pour demander un box pour mon compagnon d’infortune ainsi qu’un entretien complet. Je déposai une bourse relativement bien rempli qui fit saliver mon interlocuteur puis, je me dirigeai vers l’auberge.

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