Du sang et du métal II

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Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Mer 14 Sep 2016 - 19:28

La jeune fille se justifia en expliquant qu'elle ne pouvait voyager de jour, et qu'elle craignait donc de ralentir les Barbares. De plus, elle voulait suivre les conseils du colosse, mais à priori avait oublié celui concernant la distraction permettant de s'enfuir sans être dérangé. Ce dernier privilégiait la libération des autres chevaux présents dans l'écurie : cela provoquait généralement un chaos innommable offrant assez de "discrétion" au Barbare pour pouvoir fuir en toute tranquilité. Aëleen expliqua qu'étant donné qu'il faisait nuit, et que le garçon d'écurie dormait, elle pensait fuir sans se faire voir.

"Au contraire, la nuit, on a tendance à être plus méfiant. Quand au gamin, doit y avoir de sacré gros rats dans cette auberge, vu comment il s'est fait écharper. Aller. Viens."

Il aida l'enfant à monter sur sa propre selle, avant de claquer violemment la croupe du cheval qu'elle avait volé pour le faire fuir. Puis, il revint à l'auberge, où il expliqua qu'Aëleen avait tenté d'attraper le voleur de cheval, sans y parvenir, et que ce dernier avait fini par fuir. Rugort et Baldrisson allèrent ensuite se coucher, pendant qu'Arlax expliquait à la jouvencelle qu'elle parviendrait peut-être à voyager avec eux.

Le lendemain, ils se mirent en route. Aëleen dormait sur la selle du cheval de Rugort, entièrement enveloppée et encapuchonnée. Trois jours plus tard, ils parvinrent à une petite auberge de route, dans laquelle se trouvaient déjà une quinzaine de Barbares. L'un d'entre eux, un ancêtre, un vieillard qui semblait à peine capable de soulever une lance, voyageait dans un chariot, dans lequel il dormait pratiquement tout le temps, emmitoufflé sous un amoncellement de fourrures. Il accepta de faire de la place à Aëleen dedans. Le chariot était conduit par son fils, qui avait exposé le plan aux autres Barbares, et ce dernier était d'une simplicité tout à fait dans les normes de ce peuple :
- Son père voulait mourir au combat
- Il n'avait jamais combattu d'Orques
- Ils se rendraient donc dans les Terres Orques et y mèneraient un raid pour permettre à l'Ancien d'accomplir son souhait.

Les Barbares assemblés, hommes et femmes, étaient tous d'accord pour dire que ce plan était parfait.
Tous les soirs, ils montaient le camp. Généralement l'Ancien, aidé par un chaman qui s'assurait qu'il tiendrait le coup jusqu'au bout du voyage, se joignait à eux. Et là, ils chantaient des chants Barbares, se contaient leurs exploits divers et allaient se coucher. Certaines des Barbares présentes, qui n'avaient pas encore choisi d'époux, s'éloignaient quelquefois pour la nuit en compagnie d'un des hommes présents. En attendant le lever du jour, le chaman, Arlax et de temps à autres, l'Ancien quand il avait un éclair de lucidité, conversaient avec Aëleen pour passer le temps.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Mer 28 Sep 2016 - 17:47

J'ouvris un oeil, puis l'autre, m'étirai... avant de me mettre à tousser, le nez irrité par l'épaisse couverture qui me recouvrait. Risquant un oeil à l'extérieur, je vérifiai qu'il faisait nuit avant de m'extirper de la couverture qui m'avait cachée du soleil durant la journée. Je me redressai dans le chariot, les cheveux en bataille, et m'étirai en baillant, un instant semblable au gros chat qui sommeillait au fond de moi. Je jetai un coup d'oeil autour de moi. Partout, des barbares. Cela plusieurs jours que nous avions rejoins les compagnons de Baldrisson, et ils me semblaient toujours aussi étranges. A commencer par le vieil homme qui me partageait son chariot et ses couvertures, et qui était, d'après ce que j'avais pu comprendre, la cause de cette expédition.

Après que Baldrisson m'ait rattrapé, sur mon cheval, il m'avait expliqué les défauts de mon plan d'évasion : selon lui, la nuit, les gens faisaient plus attention. Je n'avais pas protesté. De toute façon, pour moi, seule la nuit existait. Il avait aussi parlé de rats qui, selon lui, avaient agressé le garçon des écuries, et j'avais dû baisser le regard pour dissimuler mon trouble. Des rats... Il avait ensuite fait fuir mon cheval, que j'avais regardé s'éloigner avec tristesse. J'aurais bien voulu le garder, mais cela n'aurait pas été avec le plan du barbare qui, une fois revenu à l'auberge, avait prétendu que j'étais partie à la poursuite du voleur de cheval... sans succès. Heureusement, nous n'avions pas croisé le garçon que j'avais attaqué.

Nous étions partis le lendemain, alors que je réalisais à peine que je continuais ma route avec eux. Pour voyager la journée, je m'étais emmitouflée dans mon manteau, capuche fermement rabattue et gants sur les mains. Nous avions voyagé ainsi trois jours durant, avant de rejoindre les barbares et leur étrange expédition, qui, si je l'avais bien compris, avait été organisée pour permettre au vieil homme qui me partageait sa couverture de mourir en combattant des orques. Ce ne me semblait pas être la raison la plus valable du monde pour une expédition guerrière... mais les barbares semblaient tous trouver cela très normal, donc je n'avais pas exprimé mes doutes à voix haute.

Sautant du chariot, je rejoignis Baldrisson et Arlax, qui se trouvaient près du feu. Comme c'était le début de la nuit, les autres barbares étaient encore tous présents, et s'apprêtaient sans doute à se mettre à chanter. Je savais pour l'avoir observé que, plus tard, ils partiraient les uns après les autres, et que seuls Baldrisson et Arlax, ainsi qu'un autre barbare, que l'on m'avait présenté comme étant le shaman et qui avait toujours des choses fascinantes à raconter, et peut-être le vieil homme, demeureraient avec moi.

Je m'assis aux côtés de mes amis, tout en démêlant de mes doigts mes longs cheveux. J'avais chassé l'avant-veille, ayant senti des odeurs étrangères à celles des barbares non loin de nous, et je ne me sentais pour le moment pas assoiffée. Je m'inquiétais toutefois pour la suite de l'expédition car nous croisions de moins en moins de voyageurs dans les contrées que nous traversions.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Sam 1 Oct 2016 - 12:30

La troupe de Barbares avait à présent son objectif en vue. Un petit village Orc, vaguement fortifié. A la décharge des Barbares, ils avaient jeté leur dévolu sur le premier qui semblait offrir un semblant de défi décent. En attendant le lever du jour, la plupart d'entre eux se reposaient. Ils n'avaient pas fait de feu cette nuit-là, pour ne pas se faire remarquer. Les rares Barbares qui ne dormaient pas aiguisaient patiemment les armes de la troupe. Baldrisson faisait partie de ceux-là. Il remarqua qu'Aëleen s'était levée à son tour, et la salua d'un hochement de tête :

"Salut. Bien dormi ?"

Il passait une pierre à aiguiser sur le fil de la lame d'un des Barbares. A côté de lui, Rugort ronflait, allongé au sol, lâchant des jurons à voix basse de temps à autre. Le colosse supposait que son ami était en train de rêver.

"Nous attaquerons demain, à l'aube. Je te prierais de rester dans le chariot, avec le shaman, durant ce temps, parce que ce ne sera pas joli à voir, crois-moi."

A côté d'eux, le shaman préparait une mixture dont l’odeur avait de quoi agresser les narines d’une personne peu accoutumée. Il préparait la Feuille du Loup, celle qui permettrait aux guerriers, le lendemain, de se battre sans sentir la peur, la douleur ou la fatigue. Baldrisson acheva d’aiguiser l’arme de son compagnon de route et s’allongea à son tour, laissant le shaman et Aëleen en tête-à-tête. Ce dernier chantonnait quelque chose dans sa barbe. Ce n’était pas une prière, loin de là, juste une ritournelle enfantine, qui lui occupait l'esprit, tandis que ses mains effectuaient une tâche manuelle de façon machinale.
Il leva le visage en direction de la jeune fille :

"Il s'agit d'une feuille, trempée dans une huile fort particulière, qui, une fois placée dans la bouche, permet de devenir... Comme une sorte d'animal. Les sens, les réflexes, tout cela ne sera plus humain, pour eux, mais au-delà. Cela les transforme en... En "Guerrier-Loup", en quelque sorte. Certains, comme Baldrisson, sont capable d'entrer dans une transe semblable, tout en restant... Relativement conscient. Mais avec cela, il sera l'égal des héros de nos sagas."

Il désigna ensuite un petit pot en terre cuite. L'ouvrant, il fit sentir la pommade qu'il conservait dedans à la jeune fille. L'odeur était proche de celle de la mixture qu'il préparait.

"Particulier, hein ? Pourtant, nous devrons nous en mettre sur le visage, et sur les bras. Sinon, nos chers Barbares risquent de nous prendre pour des ennemis..."

La nuit passa. Les Barbares s'éveillèrent avant le lever du soleil. Ils s'échauffèrent rapidement, et reçurent chacun une feuille huilée de la part du shaman. Ils les placèrent dans leurs bouches et les suçotèrent. L'effet fut immédiat : leur respiration devint saccadée, de la sueur commença à couler de leurs fronts, tandis que leurs acuités visuelles, auditives et olfactives se décuplaient sous l'effet de la substance. Enfin, ils mâchèrent les feuilles et les avalèrent. Le vieil homme, qui était assit jusque-là, se releva, tenant entre ses mains son espadon. Les yeux hagards, les Barbares regardèrent en direction du shaman et d'Aëleen, avant de leur adresser un signe de tête... Aussi amical que possible. Ils continuèrent à chercher des proies, et leurs yeux tombèrent sur le village Orc.
Un puissant rugissement sortit de leurs poitrines, et ils chargèrent. Ce fut le seul signal que reçurent les sentinelles quant à l'imminence de l'attaque.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Mar 4 Oct 2016 - 13:20

"Salut. Bien dormi ?"

Baldrisson était en train d'aiguiser une lame, tandis que son ami Rugort dormait à son côté. J'acquiesçai. Je dormais toujours bien, le jour. Sans doute un truc de vampires, car je me souvenais que je ne dormais pas si bien lorsque j'étais humaine. Le barbare enchaîna:

"Nous attaquerons demain, à l'aube. Je te prierais de rester dans le chariot, avec le shaman, durant ce temps, parce que ce ne sera pas joli à voir, crois-moi."

Oh. Je ne savais pas si j'étais soulagée de ne pas participer à l'attaque - parce-que bon, les mêlées, a priori, ce n'était pas mon truc - ou un peu déçue d'être laissée à l'arrière. Je ne savais pas si le sang d'orque était bon, j'en aurais bien goûté... Mais bon, de toute façon, l'attaque se faisait dans la journée, et puis il aurait été fort risqué pour moi de me trouver en présence de barbares blessés. Il allait falloir que je fasse attention la nuit suivant la bataille, de ne pas me laisser dominer par mon envie de boire du sang si des barbares étaient blessés.

Baldrisson, ayant visiblement terminé d'aiguiser son arme, s'allongea avant de s'endormir. Il devait avoir en effet besoin de bien se reposer avant le combat à venir. Je me retournai vers le shaman, qui était en train de préparer une mixture à l'odeur forte, enivrante, tout en chantonnant. Voyant sans doute mon regard interrogatif, il se mit à expliquer:

"Il s'agit d'une feuille, trempée dans une huile fort particulière, qui, une fois placée dans la bouche, permet de devenir... Comme une sorte d'animal. Les sens, les réflexes, tout cela ne sera plus humain, pour eux, mais au-delà. Cela les transforme en... En "Guerrier-Loup", en quelque sorte. Certains, comme Baldrisson, sont capable d'entrer dans une transe semblable, tout en restant... Relativement conscient. Mais avec cela, il sera l'égal des héros de nos sagas."

Je fixai la pâte, étonnée. Mes parents avaient été un peu semblables au shaman, ils préparaient des mixtures capables de soigner à partir de plantes... mais jamais je n'avais entendu parler d'une chose pareille - ni de Guerriers-Loups, d'ailleurs. Je me demandais bien ce qu'il avait mis dedans. S'emparant d'un pot en terre, il me fit sentir le contenu... et je dus me retenir de ne pas bondir en arrière, mon odorat développé agressé par l'odeur forte qui en émanait, fort semblable à celle de la mixture qui devait faire entrer les barbares en transe.

"Particulier, hein ? Pourtant, nous devrons nous en mettre sur le visage, et sur les bras. Sinon, nos chers Barbares risquent de nous prendre pour des ennemis..."

Je ne pus m'empêcher de grimacer à cette idée. Ce truc sentait si fort, je n'avais pas vraiment envie de mettre ça sur moi... Mais bon, j'avais encore moins envie de me faire attaquer par les barbares.

Après avoir un moment observé le shaman préparer sa mixture, je lui annonçai que j'allais me promener et serais revenue avant l'aube, avant de m'éloigner. Une fois hors du campement, je tombai à quatre pattes et me couvris d'une fourrure couleur de nuit. Sous ma forme de panthère noire, je m'éloignai, les sens aux aguets, cherchent la piste d'une éventuelle proie.

Ma chasse fut vaine, et je rentrai au campement des barbares le ventre vite. Peu après que je sois rentrée, les barbares commencèrent à s'éveiller. Le soleil n'était pas encore levé, et je retrouvai le shaman, qui m'aida à m'enduire de la pommade. Ensuite, je pus assister à l’absorption de l'étrange mixture qui devait les plonger en transe... Les barbares se mirent à mâcher une feuille enduite de mixture, que le shaman distribuait.

Rapidement, je pus remarquer des changements dans leur attitude. Leur respiration s'accéléra, leurs muscles se tendirent, comme prêts au combat, et de la sueur se mit à perler sur leur peau. Leur regard se fixèrent sur le shaman et moi, et je les trouvai soudain terriblement effrayants, bien qu'ils eurent l'air de nous considérer en amis. Un frisson me parcourut, et je dus lutter pour ne pas montrer les crocs devant la menace qui émanait d'eux.

Ils se détournèrent de nous, et leurs yeux tombèrent sur le village des ennemis qu'ils s'étaient fixés. La rage qui semblait contenue en eux se mit soudain en oeuvre, et ils s'élancèrent dans un élan de puissance, un cri presque animal sortant de leur poitrine, grondant et menaçant. Je regardai le groupe des barbares charger le village avec une fascination certaine.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Mer 5 Oct 2016 - 15:14

Les sentinelles ensommeillées sursautèrent et se tournèrent en direction de la masse de Barbares braillante et hurlante qui les chargeait. Le vieil homme, qui avait passé tout le voyage à dormir, enveloppé dans une couverture, brandissait à présent une lourde lame, tandis que ses yeux fous cherchaient une cible. Ils enfoncèrent littéralement la "porte" du village, se jouant du manque de résistance de la part des sentinelles, et parvinrent à ce qui servait de "place principale". Les Orcs sortirent de leurs demeures, armes en mains. Les Humains, regroupés formaient un cercle de métal et de muscles. Baldrisson faisait mouliner sa hache à deux mains, frappant, tailladant dans le tas. Finalement, le cercle se brisa et ils chargèrent dans la masse de peaux-vertes.

.............................................................

Le combat s'était achevé au bout d'une petite heure. Les Barbares avaient laissé s'échapper les femmes et les enfants qui avaient survécu à l'attaque initiale. Parmi la quinzaine d'Humains ayant participé à l'attaque, sept d'entre eux avaient péri, dont le vieil homme. Epuisés par le combat, les Humains enterrèrent leurs morts, avant d'assembler les Orcs sur un bûcher. Ils allumèrent ce dernier, avant de planter les armes des vaincus autour des tertres de leurs morts. Le shaman éleva les bras, avant de chanter un hymne aux morts, à l'intention des Dieux, leur confiant leurs morts et ceux des Orcs.

Il était pratiquement midi, quand ces cérémonies furent achevées et les Barbares, épuisés, s'endormirent autour du chariot, convenant de boire au souvenir de ceux qui les avaient quitté le soir même. Pendant leur sommeil, le shaman se rendait auprès de ceux qui avaient été blessés et les soulageait au mieux de leur douleur.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Ven 14 Oct 2016 - 9:33

Rapidement, je pus entendre le fracas de la porte de la ville qui se brisait. Je grimaçai, ne pouvant m'empêcher de compatir avec les habitants. Je ne savais pas grand chose sur les orques. Je ne comprenais pas bien pourquoi les barbares les attaquaient comme ça. Est-ce qu'ils étaient tous méchants ? On ne m'avait jamais rien dit là dessus. On ne m'avait jamais rien dit sur bien des choses. Mais je savais qu'il y avait des demi-orques. Donc des humains et des orques pouvaient s'aimer, avoir des enfants ensemble. Alors, ils n'étaient probablement pas mauvais... Ou alors, peut-être que c'était comme pour les vampires. Mais est-ce que les vampires et les humains pouvaient s'aimer ? Je songeai au Patron, et j'espérai soudain que oui... avant de chasser au plus vite cette pensée de mon esprit. Inutile de penser à cela pour le moment. J'étais loin de Telbara, et ignorais totalement quand j'allais y revenir.

Mal à l'aise au sujet des orques que l'on tuait sans que je sache pourquoi, j'allai me coucher sous la couverture. De toute façon, l'aube était proche, et il me fallait me protéger. Alors que je me roulais en boule sous la couverture, je remarquai qu'en moi, la soif était pas mal montée. Il n'allait pas falloir que je tarde trop à chasser. Je finis par m'endormir, tâchant de ne pas trop me concentrer sur les bruits du combat qui me parvenaient et éveillaient en moi des sentiments contradictoires : d'une part, la pitié que j'avais pour ces êtres, dont tout ce que je savais était qu'on les disait monstrueux - ce qui, en un sens, les rapprochait de moi -, et, d'une autre part... l'envie de boire qu'entretenait en moi ces bruits, qui me faisaient imaginer de grandes quantités de sang.

Je m'éveillai à la nuit. Me redressant, l'une des premières choses dont je pris conscience fut l'odeur du sang. Ça... sentait bon. C'était... appétissant. Je dus me calmer un peu avant de sortir de sous ma couverture. Je bondis souplement du chariot.

Visiblement, je n'étais pas la seule à m'éveiller. Les barbares sortaient aussi du sommeil, un peu partout. Ils avaient dû se coucher après leur combat... L'odeur du sang n'était seulement celle des orques, le sang humain avait aussi coulé, et plusieurs membres du camp étaient blessés. Je ne vis pas le vieil homme. Il avait dû mourir, comme il le souhaitait. Tout en passant les doigts dans mes longs cheveux pour les démêler, je m'approchai du shaman, pour lui demander comment s'était passé le combat. Je me concentrai pour ne pas me tourner vers les blessés, dont le sang semblait m'appeler. Il allait rapidement falloir que je trouve à boire.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Mer 19 Oct 2016 - 10:20

Allongé dans la fange, Bremig s'éveilla. La nuit tombait tout juste, et les Orcs allaient se mettre en marche. Bremig se leva lentement. Il s'était copieusement bavé dessus pendant son sommeil. Bremig n'était en effet pas le moins baveux des Demi-Orcs et concurrençait nombre d'Orcs purs sur la profusion de ses sécrétions buccales. Seulement, comme tous ceux de sa race, il n'en faisait même pas cas. Il ne lui vint pas l'idée de s'essuyer et ne ressentit aucune gêne à avoir le menton, la gorge et la poitrine maculés de sa propre bave. L'hygiène était la notion la plus abstraite pour lui. Il savait ce que c'était, puisque plusieurs personnes au cours de sa vie le lui avaient déjà expliqué, et qu'on l'avait régulièrement incité à se laver au temple où il avait été éduqué ; mais il restait imperméable à cette notion.

Il n'y a pas à dire, la fange putride des marais des Terres Orques était d'un confort absolu pour dormir. Depuis plusieurs semaines, Bremig se sentait ici chez lui. Il finirait par rentrer au Royaume de Telbara ou ailleurs, avec regrets, mais maintenant qu'il avait réussi à s'installer quelque part, avec une tribu d'Orcs, il ne comptait pas repartir de si tôt. Son bonheur restait toutefois mitigé : d'un côté, il était vraiment heureux d'avoir trouvé cette tribu voulant bien de lui et de passer plusieurs semaines parmi la race à laquelle il appartenait dans sa tête, mais d'un autre côté, vivre parmi les Orcs lui refaisait prendre conscience de toutes les différences qu'il avait avec eux. Qu'il le veuille ou non, Bremig avait, ancrés en lui, des réflexes de personne civilisée. Non seulement les Orcs étaient la seule race à même de deviner à son physique qu'il n'était qu'un Demi-sang, alors même que Bremig avait pourtant une carrure plus monstrueuse qu'un Orc pur et qu'il puait et bavait autant qu'eux, mais son comportement le mettait quelque peu à l'écart de la tribu. Il était accepté, mais pas intégré. Il n'était qu'un Demi-sang aux mœurs bizarres, aux yeux de ses congénères de sang pur.

La tribu devait rendre visite à un village à quelques kilomètres de là, pour s'allier à eux à l'occasion d'une bataille sanglante contre un clan rival. Tous les Orcs, Bremig y compris, étaient excités à l'idée de s'entre-déchiqueter dans la joie et la bonne humeur. Une bonne partie de la tribu était restée au camp pour ne pas le laisser sans défense. Bremig était entouré de cinq guerriers. Il n'y en aurait pas beaucoup plus dans le village allié, et ce serait une toute petite bataille à l'échelle des Terres Orques. Mais même en se battant à douze contre douze, on pouvait s'amuser. Le plaisir n'attend pas l'étendue des armées.

Grahfkh menait le petit groupe. C'était lui le meilleur combattant, du moins sans compter Bremig qui était sûr d'être capable de le mettre à terre. A mi-parcours, les Orcs entonnèrent en chœur un chant, du genre guerrier forcément. Les paroles n'étaient pas bien lyriques. Et encore, la moitié du chant était composé de différents cris. Cependant, chez les Orcs, tous ces cris avaient des significations. C'était difficile à traduire. Le cri véhiculait une émotion liée ou un aspect particulier du combat. La langue orque était l'une des plus complètes pour décrire un combat, plus encore que celle des Nains et peut-être plus que celle des Minotaures qui était pourtant une référence en la matière. Chez les Minotaures, le combat était un art ; chez les Orcs, c'était un mode de vie, sinon une raison de vivre.

Arrivés au village dans le milieu de la nuit, le groupe déchanta en se rendant compte que quelque chose clochait. L'odeur d'un charnier alerta plusieurs membres, dont Grahfkh. Les six Orcs découvrirent un village rasé, des corps brûlés entassés les uns sur les autres. La désolation.

MRAKTAGH – (en langue orque) Regardez ! Cette masse !

Grahfkh s'approcha en bousculant Mraktagh d'un geste rageux, le faisant presque trébucher. Il ramassa la masse d'arme qui avait été comme cérémonieusement laissée là, sur un tas de boue fraîchement retourné. Ce n'était donc pas des Orcs qui avaient rasé le village, mais des Humains.

MRAKTAGH – (en langue orque) Ca ressemble à une arme d'Humain.

Cela ne voulait rien dire. Au cours de leurs pillages, les Orcs s'armaient avec tout ce qu'ils trouvaient. Dans leurs rangs, il était donc tout à fait possible d'en voir se battre avec des armes de manufacture humaine. Etait-ce un indice de quelque chose ?

GRAHFKH – (en langue orque) Regardez le sol, bande de vers décérébrés ! Cherchez par où ces vermines à peau claire sont reparties !

Grahfkh partit d'office sur cette idée. Tous les Orcs obéirent. Même Bremig se mit à la tâche, mais ses talents en pistage ne valaient pas grand-chose. Il y avait des empreintes de pas partout, c'était évident, mais Bremig ne voyait concrètement que des crevasses dans la boue. Ajktrig eut l'intelligence d'analyser le sol à la sortie du village, et ses yeux percèrent l'obscurité nocturne pour apercevoir au loin un petit bivouac avec un feu, qui ne pouvait qu'être celui des envahisseurs. Grahfkh le récompensa d'une claque derrière le crâne qui aurait fait valser un Halfelin.

Bremig et les cinq Orcs pressèrent le pas à l'unisson tout droit sur le bivouac humain. Armes au clair, ils annoncèrent leur présence au dernier moment en poussant des hurlements porcins. Les Humains étaient neuf au total, mais plusieurs dormaient avant d'être réveillés à l'instant par l'annonce des Orcs. Bremig s'engagea dans le combat à mains nues mais il était aussi dangereux que ses congénères armés. Il attrapa le visage d'un guerrier Humain et le fracassa sur son genou, puis le poussa dans la fange.

C'est alors qu'en levant le regard, il vit une jeune Humaine. Parmi les neuf Humains, il y avait cette fille. Une adolescente. Désarmée. Inoffensive. Bremig vit Mraktagh la charger.

BREMIG – (en langue orque) Non !

Bremig courut vers eux. L'Orc était déjà naturellement assez lent, la fange le ralentissait encore un peu. Mraktagh était au contraire un Orc athlétique, et arriva sur l'Humaine, qu'il empoigna au cou, et sourit avec perversion, réfléchissant à ce qu'il allait lui faire. Cela laissa le temps à Bremig d'arriver.

BREMIG – (en langue orque) Relâche-la maintenant !
MRAKTAGH – (en langue orque) Ecarte-toi, le bâtard, va jouer avec quelqu'un d'autre ! Celle-ci est à moi !

Bremig vit rouge. Il avait toujours cogné ceux qui l'avaient traité de bâtard – à juste titre pourtant. Il ne fit pas exception, d'autant qu'à cela s'ajoutait l'urgence de sauver cette adolescente. Bremig décocha un violent coup de poing en pleine mâchoire de Mraktagh, qui lâcha sa prise pour se passer une main sur l'hématome. Il rétorqua un cri porcin avant d'articuler :

MRAKTAGH – (en langue orque) Tu as choisi ton camp, espèce de souillé !
BREMIG – (en langue orque) Ce n'est qu'une enfant sans défense, je t'interdis de t'en prendre à elle !

L'Orc s'élança sur le Demi-Orc, le faisant tomber au sol. Bremig reçut plusieurs coups en plein visage, mais enfonça ses poings dans les flancs de Mraktagh. Sa musculature monstrueuse rendait chacun de ses coups potentiellement mortel. Il brisa quelques côtes à son congénère avant de rouler dans la boue avec lui et de prendre la position du dessus. Il tourna la tête vers l'adolescente Humaine et lui cria :

BREMIG – Mets-toi à l'abri !

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Dim 30 Oct 2016 - 13:19

Les Barbares s'éveillèrent lentement. Ce n'était pas tant le combat qui les avait épuisé, que ce que leur avait fait avalé le shaman avant la bataille. Cette drogue était fort puissante, décuplait durant une certaine durée leurs sens et leurs capacités physiques. Le coût, toutefois, était lourd, et en s'éveillant, ils étaient perclus de courbatures. Alors qu'ils s'étiraient en sortant de leur torpeur, ils furent attaqués par un groupe d'Orcs. Baldrisson prit un coup au visage qui lui fit sauter quelques dents. Le goût métallique du sang coulait dans sa bouche, et il grogna à l'intention de son adversaire, avant de se jeter sur lui. Deux Barbares étaient morts dès le début de l'attaque, mais les autres avaient eu le temps d'empoigner leurs armes. Le shaman, quant à lui, usait des dons que les Dieux lui avaient accordé pour se défendre, et de sa main s'échappait des "lanières" de lumière, qui avaient cinglé l'Orc lui faisant face, le forçant à reculer.

Baldrisson, quant à lui, s'était tourné vers Aëleen, ne serait-ce que pour la protéger, et fut surprit de voir deux Orcs rouler au sol et se battre devant elle. Il interpella Rugort et lui fit un signe de tête. Ce dernier retira son épée du corps de l'Orc qui affrontait le shaman et le suivit. Baldr chargea et percuta les deux Orcs, roulant au sol avec eux, se débattant, frappant au mieux, jusqu'à ce que son camarade le rejoigne dans la mêlée, lâchant son arme près d'Aëleen. Les deux Humains finirent par se relever et Baldrisson attrapa l'un des Orcs au niveau des cuisses. Il le souleva au-dessus de lui et se laissa retomber en arrière. Rugort attrapa la tête de l'Orc à deux mains et l'accompagna dans sa chute. L'Orc percuta violemment le sol, et Rugort replongea dans la bataille qui se déroulait dans le campement, laissant dans son sillage une suite ininterrompue de jurons mêlant le Commun, l'Orc et le Nain.

Le colosse fit craquer les articulations de sa main mutilée, tout en observant l'Orc restant de ses yeux glacés. Il se tourna un instant vers Aëleen :

"Ca va ? Tout va pour le mieux ?"

Arlax émergea de dessous le chariot, sous sa forme de golem :

"Et moi, je sens la bouse ?"

"Je te connais, t'es capable d'échapper à ce genre de merdier."

"Ca fait plaisir..."

"Moi aussi, je t'aime, tête de noix. Maintenant, si tu me le permet, il reste une peau-verte en état de se battre devant moi."

Baldrisson se tourna vers l'Orc restant, achevant de s'étirer. Il se mit en position de lutte et se prépara à se battre de nouveau, les muscles bandés.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Jeu 3 Nov 2016 - 10:47

A peine avais-je rejoint le shaman que des odeurs fortes qui m'étaient inhabituelles m'alertèrent. On approchait de notre camp. A vive allure. Alors que je réalisais que l'odeur étaient celle d'orcs, et avant que j'ai pu réfléchir à ce que cela impliquait, un groupe d'orcs nous attaqua avec force hurlements. L'effet de surprise joua en leur faveur, et des barbares moururent de suite, avant que mon cerveau ne se remette à fonctionner.

Dans un état second, je vis les barbares commencer à se battre, et le shaman faire apparaître de bizarres lumières qu'il utilisait comme armes. L'odeur du sang me frappa de plein fouet, toute fraîche, et ma soif s'en trouva décuplée. Un immense effort de volonté me fut nécessaire pour ne pas abandonner mon contrôle et, instinctivement, je fermai les yeux.

Ce qui n'était pas la meilleure chose à faire au milieu d'une bataille.

Je m'en rendis compte lorsque, en rouvrant les yeux, j'avisai un orc qui fonçait vers moi. Eh mince. J'avais laissé mon sabre dans le chariot, et n'avait sur moi que les poignards cachés dans mes bottes et sous ma cape. Il allait me falloir frapper au corps à corps, et donc laisser l'orc approcher. De toute façon, il était déjà sur moi. Il me saisit par la gorge et me souleva et, dans le même temps, je sortis une de mes lames. Je m’apprêtais à la lui planter dans le cou, lorsque mon adversaire se trouva soudain apostrophé par un autre orc. Interdite, je ne menai pas mon geste à son terme, et vit avec la plus grande surprise le nouvel arrivant frapper du poing mon agresseur.

Je tombai au sol et jetai un regard hébété aux deux orcs, qui se trouvèrent bientôt à rouler au sol. C'était trop étrange. Pourquoi se battaient-ils entre eux ? L'orc qui m'avait secouru me cria, toujours aux prises avec son compagnon :

– Mets-toi à l'abri !

La raison aurait voulu que je l'écoute. Mais ce qui arrivait me semblait tellement étrange que je ne bougeai pas... et pus de ce fait voir surgir Baldrisson, bientôt suivi de Rugor, se jeter sur les orcs et se mettre à les combattre. L'un des deux orcs fut mis hors jeu, et Rugor s'éloigna pour aller combattre d'autres ennemis, tandis que Baldrisson se tournait vers moi.

"Ca va ? Tout va pour le mieux ?"

J'acquiesçai. Je n'avais pas même été égratignée. Une voix me fit sursauter, et je vis Arlax, qui s'extirpait de sous le chariot, aux commandes d'un golem.

"Et moi, je sens la bouse ?"
"Je te connais, t'es capable d'échapper à ce genre de merdier."
"Ca fait plaisir..."
"Moi aussi, je t'aime, tête de noix. Maintenant, si tu me le permet, il reste une peau-verte en état de se battre devant moi."

Leur échange me fit sourire. La relation entre ces deux là était évidemment profonde, et d'autant plus touchante qu'elle s'exprimait par ce genre de chamailleries, durant lesquelles les compères s'échangeaient des piques qui cachaient mal leur attachement mutuel.

J'observai Baldrisson se détourner d'Arlax et moi pour faire face à l'orc restant, qui était celui qui avait frappé son semblable alors que celui-ci me menaçait. Je me demandais quelles raisons il avait eu d'agir ainsi. Avait-il réellement voulu me défendre, comme le laissait penser le fait qu'il m'ait demandé de fuir ? Dans le doute, je me précipitai aux côtés de Baldrisson et, en posant doucement la main sur son bras, lui dis:

- Baldrisson, je ne crois pas que cet orc soit méchant, il m'a défendue contre celui tu as tué.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Jeu 3 Nov 2016 - 18:16

En se battant avec Mraktagh, Bremig ne voyait pas du tout le reste de la bataille. Si l'on ne comptait pas cette Humaine adolescente et inoffensive, le rapport de force était donc de six Orcs contre huit Humains, avec l'avantage de la surprise pour les Orcs – ce qui, sans que Bremig ne l'ait vu, avait permis la mort de deux Humains dès le premier choc, ramenant le rapport de force à l'égalité numérique.

Bremig avait maintenant le dessus sur Mraktagh malgré les capacités athlétiques de ce dernier, qui ne valaient pas la puissance brute du vrai colosse qu'était Bremig. Il ne vit qu'au dernier moment un Humain se ruer sur eux, imité par un second. Et voilà que Bremig roula encore au sol, mais cette fois-ci avec non plus une mais trois personnes.
Puisque les deux Orcs n'alliaient pas leur force, les deux Humains prirent aussitôt l'avantage. Mraktagh fut soulevé avec force du sol par les cuisses, et alors que l'Humain qui bandait les muscles le fait basculer vers l'arrière, l'autre Humain crocheta son cou avec un bras et guida sa chute pour lui fracasser la nuque au sol contre son épaule.

Bremig réussit à se relever à côté et à voir la fin de l'action. Un rapide coup d'œil autour de lui, lui permit de voir que la bataille était serrée, mais les Humains avaient l'avantage d'avoir parmi eux quelqu'un manipulant la magie. En réalité, les Orcs avaient le même avantage, en la personne de Bremig, mais sans le savoir : en effet, Bremig avait déjà eu assez de peine comme ça à trouver une tribu qui acceptait sa présence en son sein, il s'était bien gardé de faire montre de ses capacités magiques.
Il sentait de toute façon qu'il était en train de vivre ses dernières minutes en tant que membre étranger de la tribu de Grahfkh, et qu'il pourrait donc bientôt arrêter de se brider.

L'Humain qui eut brisé la nuque de Mraktagh retourna frapper d'autres Orcs, tandis que l'autre Humain demanda à l'adolescente si elle allait bien. C'est alors qu'apparut un granl logé dans un petit golem de terre : il rabroua familièrement l'Humain qui lui répondit avec la même familiarité. Sérieusement ?! Cet Humain était l'ami d'un granl ?!

BALDRISSON – Maintenant, si tu me le permet, il reste une peau-verte en état de se battre devant moi.

L'Humain s'étira en faisant face à Bremig. Ce dernier poussa un rugissement à sonorité porcine, se penchant en avant en écartant les bras. Il eut vraiment une allure bestiale à cet instant, lui l'“Orc civilisé”. C'est alors que l'adolescente qu'il avait défendue, intervint :

AELEEN – Baldrisson, je ne crois pas que cet Orc soit méchant, il m'a défendue contre celui tu as tué.

Elle ne savait pas exactement pourquoi Bremig l'avait défendue. Dire que Bremig n'était pas “méchant”, c'était vraiment très relatif. D'autres personnes ayant eu affaire à lui diraient au contraire de lui qu'il était vraiment méchant. La vérité là-dedans, c'est qu'il n'était simplement pas sans cœur. De là à dire que cela faisait de lui quelqu'un de gentil...
Bremig lança à l'Humain pour éclaircir les faits :

BREMIG – Nous sommes là pour venger le village ! Mais cette fille, là, c'est certain qu'elle n'a pas participé au carnage, et je ne tue pas un Humain innocent pour le plaisir. Mais toi, tu ne m'as pas l'air innocent...

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Mer 9 Nov 2016 - 0:24

Baldrisson observait son prochain adversaire avec attention, étudiant ses gestes avec intérêt, dans l'attente de l'attaque. Arlax lui-même le reconnaissait, le colosse aux cheveux cendrés possédait réellement un cerveau. Et il ne l'utilisait jamais aussi bien que durant les combats. Alors qu'il bandait ses muscles, sur le point de charger, Aëleen l'en empêcha, posant sa main sur son bras. Elle expliqua que cet Orc, contrairement à celui qui avait à présent la nuque brisée, avait tenté de la protéger. Il haussa des sourcils. L'Orc sembla prendre cela pour une invitation à se justifier et expliqua qu'ils étaient là pour venger les villageois. Sauf qu'il était manifeste qu'Aëleen n'avait pas participé au carnage, contrairement à Baldr. Ce dernier sourit, fit craquer ses articulations et balança son poing mutilé dans le visage de l'Orc :

"Parfait ! Je n'ai pas besoin d'en savoir plus !"

"Il ne faut pas s'étonner, Aëleen. Chez les Barbares, la diplomatie se mesure à l'armement et à la force. Et n'oublie pas qu'il s'agit de Baldrisson. Depuis que je le connais, il n'a jamais dû acheter de monture."

L'Humain s'approcha et, ironiquement, aida son adversaire à se remettre debout. Ce dernier lui décocha un uppercut en pleine mâchoire, suivi d'un violent coup de pied dans l'abdomen. Baldrisson fit quelques pas en arrière avant de cracher deux dents au sol. Il essuya sa bouche sanglante avec un sourire :

"Parfait. J'avais peur de ne pas avoir de défi à ma hauteur."

Les deux combattants entamèrent un échange d'horions, chacun refusant de reculer, de laisser son adversaire grappiller quelques pas sur sa position. Le colosse, de lui-même, avait décidé de ne pas laisser la rage primale couvant en lui prendre le dessus, afin de profiter du combat au maximum.
Arlax regarda en direction des autres Barbares. Ces derniers avaient massacré leurs agresseurs, au sens littéral du terme, mais au prix d'une nouvelle mort parmi eux. A présent, Rugort agonisait d'injures l'Orc survivant dans la langue de ce dernier. Le peau-verte avait un biceps gravement blessé d'où sourdrait son sang à gros bouillons. Un des Barbares rescapés le tenait en respect avec son lourd marteau de guerre. Les autres Barbares se tournèrent vers le lieu du pugilat :

"Alors, Baldrisson, tu prends ton temps ?"

Ce dernier, interpellé, se retourna pour voir qui lui parlait, et reçut un coup de poing en plein visage de la part de son adversaire. Il tituba, ses cheveux tombant sur son visage, avant de se retourner, souriant largement.

"Bien joué. A mon tour."

Il balança son genou dans l'entrejambe de l'Orc.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Lun 14 Nov 2016 - 9:52

Alors que je fixais Baldrisson, attendant sa réaction, je fus surprise d'entendre l'orc répliquer:

– Nous sommes là pour venger le village ! Mais cette fille, là, c'est certain qu'elle n'a pas participé au carnage, et je ne tue pas un Humain innocent pour le plaisir. Mais toi, tu ne m'as pas l'air innocent...

Bon. J'avais fait ce que j'avais pu pour lui. Mais s'il provoquait lui-même le barbare... Comme je m'y attendais, la réponse de Baldrisson ne tarda pas à fuser :

"Parfait ! Je n'ai pas besoin d'en savoir plus !"

Je jetai à l'orc un coup d'oeil contrarié. Il m'avait défendue, et j'avais voulu faire de même, mais il n'avait pas l'air de vouloir un retour de ma part. Arlax me dit gentiment:

"Il ne faut pas s'étonner, Aëleen. Chez les Barbares, la diplomatie se mesure à l'armement et à la force. Et n'oublie pas qu'il s'agit de Baldrisson. Depuis que je le connais, il n'a jamais dû acheter de monture."

J'acquiesçai, un peu attristée. Je n'avais pas envie de voir mourir quelqu'un qui venait de prendre ma défense. Même si j'étais certaine qu'il ne m'avait pas autant "sauvée" qu'il le pensait, et que j'aurais été parfaitement capable de m'en sortir sans lui. Certes, je n'avais pas participé au carnage. Mais je n'étais pas non plus une humaine innocente. En fait, je n'étais même ni humaine, ni innocente.

Je regardai Baldrisson aider l'orc à se lever... et recevoir de sa part deux attaques fulgurantes, qui lui firent cracher deux dents au sol. Je ne pus retenir un petit cri, et me tendis, prête à aider Baldrisson si le besoin se faisait sentir. L'orc m'avait peut-être aidée, mais Baldrisson était mon ami ! Toutefois, le barbare ne semblait pas avoir besoin d'aide ; il se réjouissait au contraire des qualité de combattant de l'orc, disant être soulagé de trouver un adversaire à sa taille.

Les deux combattants se jetèrent l'un contre l'autre et se mirent à échanger des coups, chacun d'eux refusant de céder du terrain. Un peu angoissée, je surveillai le combat, incapable de voir lequel des deux prenait l'avantage. Tous deux étaient de fantastiques combattants, et leur échange était sans doute le plus impressionnant auquel j'ai assisté.

Une voix me fit sursauter, et je me retournai vers les autres barbares, dont l'un venait d'apostropher Baldrisson, plaisantant sur la durée de son combat. La bataille semblait terminée, le seul orc encore debout présentant une affreuse blessure au bras.

Je me retournai vers Baldrisson à temps pour le voir recevoir un coup de poing dans le visage. Je grimaçai pour lui.

"Bien joué. A mon tour."

Le barbare balança son genoux vers l'entrejambe de l'orc... qui l'esquiva. Je grimaçai derechef, et lançai un regard inquiet vers Arlax. Etait-il sage de rester là et de laisser Baldrisson se battre seul ? Je me doutais que le barbare apprécierait mal d'être aidé... Mais j'avais peur qu'il soit gravement blessé.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Mer 23 Nov 2016 - 19:32

BALDRISSON – Parfait ! Je n'ai pas besoin d'en savoir plus !

L'honnêteté de Bremig lui valut de devoir se défaire de cet Humain comme les autres... et de façon primaire de recevoir un coup de poing en pleine face. Et encore, il manquait deux doigts à ce poing. Bremig, un peu sonné, tituba de quelques pas en arrière, mais l'Humain, au lieu d'enchaîner ses coups, vint l'aider à se redresser. C'était le comportement de quelqu'un qui voulait se battre pour le plaisir de se battre. Soit il sous-estimait Bremig et pensait pouvoir fanfaronner avant de porter le coup de grâce, soit il n'avait simplement pas l'intention de le tuer. Mais pourquoi ne pas le tuer, lui, le Demi-Orc physiquement plus Orc qu'un Orc pur ? Il était absolument inconcevable que qui que ce soit n'étant pas un Orc devine à son physique que Bremig n'était qu'un Demi-sang. Alors quoi ? Ce dénommé Baldrisson était-il reconnaissant à son ennemi d'avoir épargné l'adolescente ? Ou bien avait-il pitié de lui tant il était certain de le vaincre ? Pitié... Bremig avait rejeté la reconnaissance de l'adolescente, il rejeta de même la pitié de l'homme.

Il lui décrocha un uppercut soudain, profitant de la défense ouverte de celui venant de l'aider à se redresser. Le colosse Orc enchaîna aussitôt avec un coup de pied en plein abdomen. Son ennemi recula de quelques pas, le souffle coupé, puis cracha du sang. Bremig roula les mécaniques en grognant tel un porc, animal vers lequel tendait la sonorité de ses cris.
L'Humain essuya sa bouche ensanglantée et esquissa un sourire.

BALDRISSON – Parfait. J'avais peur de ne pas avoir de défi à ma hauteur.

Cela confirmait son plaisir de se battre. Etait-ce encore un combat à mort ? Ou bien était-il déjà en train de s'installer une rivalité respectable entre l'Orc et l'Humain ?

BREMIG – M'as-tu bien observé ?

Ce bref échange verbal laissa place à un échange de coups. Chacun des deux ennemis refusait de laisser l'autre prendre le dessus, et rendait chaque geste à l'autre. L'un frappait, l'autre frappait en retour. Aucun des deux ne cédait. Aucun des deux ne reculait. Il semblait que cela pouvait durer longtemps comme ça, jusqu'à ce que l'un des deux ait l'autre à l'usure, comme si ce duel allait se jouer au plus endurant. L'Humain semblait pourtant plus aguerri aux longs affrontements physiques. Il fallait dire aussi que Bremig se bridait, en n'utilisant aucun de ses pouvoirs magiques. Face à un guerrier pur, il risquait effectivement de perdre à l'usure.

Un répit fut accordé lorsque l'un des derniers Humains survivants lâcha un commentaire au dénommé Baldrisson. Bremig avait, juste avant cela, entendu un autre Humain insulter le dernier Orc en vie avec Bremig, mais pas n'importe comment : en langue orque. Bremig ne s'était pas laissé distraire, contrairement à Baldrisson maintenant. A côté de Baldrisson et de Bremig, trois Humains blessés tenaient en respect Vjamlor, dernier Orc en vie, lui-même bien blessé. Quatre morts chez les Humains, quatre morts chez les Orcs. Mais les premiers avaient l'avantage numérique. Malgré l'effet de surprise, l'attaque des guerriers de Grahfkh n'avait pas été très réussie.

Bremig reprit donc l'avantage comme il put : en profitant de la distraction de Baldrisson. Un nouveau coup de poing en plein visage et il le fit tituber. Baldrisson sourit – il aimait prendre des coups ou quoi ? il prenait plaisir dans la douleur ? – et répondit en cherchant à atteindre les parties génitales du colosse Orc avec son genou. Bremig n'était pas le plus vif des Orcs, bien au contraire, mais il réussit par un bon réflexe à dévier le genou tout en se décalant d'un pas de côté.

BREMIG – Si sûr de mourir que tu emploies les coups bas ?

Sans lui laisser le temps de répondre, Bremig se jeta sur lui, comme pour lui passer à côté mais en tendant un bras dans l'alignement des clavicules de son ennemi. Son bras si épais frappa en plein sur la zone visée, ne laissant pas d'autre possibilité à l'Humain que de tomber à la renverse avec une douleur lui barrant le haut du buste.

Que faire ? L'achever maintenant ? Alors que l'adolescente que Bremig venait de défendre regardait le combat ? Alors que Baldrisson cherchait plus à s'amuser maintenant qu'à le tuer ?
Bremig décida de l'épargner. Sans se pencher, il lui plaqua la gorge sous son énorme pied, appuyant juste assez pour l'étrangler à moitié.

BREMIG – Tu te rends, l'Humain ?

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Sam 26 Nov 2016 - 21:19

L'Orc esquiva le coup, avant de demander à l'Humain si il tentait les coups bas par crainte de la défaite. Baldrisson ne comprenait pas. Ce n'était pas un coup bas : dans un pugilat, tout était permit, non ? Son adversaire répliqua en portant un coup à ses clavicules, assez violent pour le mettre au sol. Il n'eut pas le temps de se relever que l'Orc plaquait son pied contre sa gorge, lui demandant s'il se rendait. La question déclencha l'hilarité des Barbares survivants, et celle d'Arlax.

"Tes amis ne tiennent pas beaucoup à toi, on dirait."

Pour une fois, l'on put entendre Rugort ricaner sans émailler son rire d'expressions vulgaires ou d'injures diverses et variées. Les autres riaient aux éclats et Arlax parvint à tomber de son golem. L'Orc appuya un peu plus sur la gorge de Baldrisson, et l'on put entendre une sorte de gémissement monter de sa bouche.

"Soit ils se moquent de toi parce qu'ils s'en fichent que je te tue, soit ils se moquent de moi parce qu'ils ont envie que je te tue. Rends-toi, maintenant, si tu veux me retenir d'aller les tuer un par un."

"Tu penses réellement que tu fais peur à ce vieux Baldr, ou à ses congénères ? Je l'ai vu tuer une monstruosité arachnoïde bien plus grosse que toi, et ses rejetons par-dessus le marché !"

Le gémissement s'était changé en un grondement funèbre. La main mutilée de Baldrisson agrippa le mollet de l'Orc, le serrant si fort que sa peau devint plus pâle qu'à l'ordinaire. De son autre poing, il frappa le côté du genou de son adversaire, le forçant à se dégager de sa gorge. Le Barbare souriait, dévoilant sa dentition quelque peu incomplète, à force de prendre des coups au visage. Ses cheveux maculés de sang, de sueur et de terre lui collait à la tête et ses yeux de couleur glace semblaient vide. Le grondement cessa, tandis qu'il faisait craquer ses articulations en se relevant.
Était-ce une once de pitié ? Ou juste le souhait de faire peur au Peau-Verte ? Quoi qu'il en soit, Rugort ne put s'empêcher de rajouter son grain de sel dans la conversation :

"Et là mon gars, t'es bien dans la merde. Enfin, plus qu'à l'ordinaire, pour un Orc."

Le colosse Humain serra les poings, avant d'envoyer un véritable déluge de coups d'une violence rare sur l'Orc. Il ne faiblissait aucunement, et décochait ses frappes sans véritable précision particulière, touchant au foie, aux épaules, au ventre, à la tête, sans s'arrêter. Ses congénères observaient le spectacle avec un air appréciateur, l'un d'entre eux boxant même dans le vide en hurlant des encouragements au Barbare. Ce dernier était plongée dans une véritable rage froide, celle à laquelle il s'était habitué au fil du temps. Les plantes huileuses que lui fournissait le shaman d'ordinaire ne pouvaient lui faire atteindre un état semblable. Toutefois, celui-ci s'était "déclenché" de lui-même, dans un ultime réflexe de survie afin de permettre à Baldrisson de vivre plus longtemps encore. Ce dernier savait qu'il aurait pu inverser les rôles, se tenir au-dessus de l'Orc et lui proposer le choix entre la vie et la mort. Mais non. Il préférait le noyer sous un pilonnage en règle. Juste pour lui apprendre que les Barbares ne périssaient pas aisément...
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Mar 29 Nov 2016 - 13:33

Je vis l'orc fondre sur Baldrisson, et le projeter au sol, avant de lui plaquer un pied sur la gorge et de lui demandait s'il se rendait. Je manquai de me jeter sur l'orc à mon tour, mais les rires des barbares, autour de moi, me retinrent. Je les regardai, interdite, ne sachant comment réagir. Baldrisson était en posture de faiblesse, ne fallait-il pas l'aider ?

Visiblement, l'adversaire de Baldrisson était aussi interdit que moi, puisqu'il demanda au barbare si ses amis se moquaient de sa mort. Il lui demanda de nouveau de se rendre, le menaçant de tuer les barbares un par un. De nouveau, je manquai d'intervenir, quand Arlax prit la parole :

"Tu penses réellement que tu fais peur à ce vieux Baldr, ou à ses congénères ? Je l'ai vu tuer une monstruosité arachnoïde bien plus grosse que toi, et ses rejetons par-dessus le marché !"

Je fixai Arlax, hésitant toujours sur la conduite à tenir. Je ne doutais pas que Baldrisson ait pu réaliser les exploits évoqués par le granl. Mais là, il était quand même coincé sous la masse de l'orc ! Je jetai un coup d'oeil à Baldrisson... et m'arrêtai sur lui. Un grondement montait de sa poitrine. D'abord murmure, je ne l'avais pas remarqué, mais il enflait à présent, chargé d'une férocité qui me figeait sur place. Je vis le barbare agripper d'une main le mollet de son adversaire, et frapper de son autre poing le genou de celui-ci, de sorte à se dégager. Le barbare se releva en souriant, effrayant par sa masse, son regard, et le mépris total de ses blessures. Fascinée par la puissance émanant de mon compagnon, je n'entendis pas Rugort faire une remarque sur la situation délicate dans laquelle l'orc s'était mis. J'en avais même oublié ma soif.

Baldrisson attaqua, tout de puissance et de sauvagerie. Les coups se mirent à pleuvoir sur son ennemis, et je fus frappée par l'impression que le corps du barbare était traversée d'une force brute dont les coups devenaient le moyen d'expression. Je reconnus l'effet stupéfiant des plates du shaman... et pourtant, Baldrisson n'en avait à ma connaissance pas consommer depuis le combat. Quoi qu'il en soit, l'envie d'intervenir m'étais complètement passée, et je me contentai de regarder le barbare laisser cours à cette sauvage puissance qui s'était emparée de lui.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Sam 3 Déc 2016 - 16:59

Bremig, dans sa position dominante, s'attendait à faire réfléchir les Humains autour de lui, à commancer par celui qu'il plaquait au sol sous son énorme pied nu. Seulement, il fallait croire que lesdits Humains étaient incapables de réfléchir à leur survie. En effet, Bremig récolta des éclats de rire de leur part. De qui ces Humains se fichaient-ils ?! Osaient-ils se payer la tête de Bremig, alors que ce dernier n'avait qu'un geste à faire pour tuer l'un d'entre eux ? Avaient-ils si peu d'estime pour la vie de leur compagnon ? Cherchaient-ils à provoquer Bremig pour que ce dernier tue Baldr ? Ils préféraient sans doute voir ce dernier se faire tuer que se rendre. Bremig pouvait comprendre ça. Seulement, ils avaient juste à ne rien dire, et à laisser leur compagnon s'entêter jusqu'à la mort. Ces éclats de rire étaient la preuve de leur inconscience, sinon de leur stupidité... ou peut-être simplement de leur mépris envers leur compagnon soumis.

BREMIG – Tes amis ne tiennent pas beaucoup à toi, on dirait.

Même le granl se marrait, et se laissa par ailleurs dégringoler de son golem, non sans peine tant son corps tenait à adhérer dessus. Bremig appuya légèrement son pied sur la gorge de l'Humain à terre, pour lui faire comprendre que si les rires ne cessaient pas immédiatement, ce sera la fin pour lui.

BREMIG – Soit ils se moquent de toi parce qu'ils s'en fichent que je te tue, soit ils se moquent de moi parce qu'ils ont envie que je te tue. Rends-toi, maintenant, si tu veux me retenir d'aller les tuer un par un.

La simple idée que les rires soient tournés sur lui plongea Bremig dans une envie définitive de massacrer tous les survivants. Il ne savait pas si Vjamlor survivrait à ses blessures. Probablement, à condition que les Humains le laissent en paix après cet affrontement, ce qui n'avait rien de sûr ; mais au fond, Bremig s'en fichait un peu. Le clan était décimé, son chef éliminé. Bremig se retrouvait seul, une fois de plus. A se demander si, d'épargner cet Humain, il le faisait vraiment pour l'adolescente, ou pour lui-même.

ARLAX – Tu penses réellement que tu fais peur à ce vieux Baldr, ou à ses congénères ? Je l'ai vu tuer une monstruosité arachnoïde bien plus grosse que toi, et ses rejetons par-dessus le marché !

Une monstruosité arachnoïde ? Quoi, un Arachnéen ? Bremig devait trembler parce que Baldr avait tué un Arachnéen une fois dans sa vie ? Mais lui, il soulevait un Arachnéen d'un seul bras, s'il le voulait. Où était l'exploit à en tuer un ? Cette tentative ridicule de l'impressionner le fit éclater de rire, comme une réponse à tous les Humains présents.

Un rire coupé sec quand le dénommé Baldr serra le mollet de Bremig et frappa du poing sur le côté de son genou. Diantre, que cet Humain frappait fort ! Ne voulant pas voir l'articulation de sa jambe adopter un angle inopportun, Bremig se retira. Baldr se releva, ignorant l'épuisement et la douleur, refaisant face à l'Orc qui croyait que c'en était fini. L'Humain fit craquer ses articulations, et parmi les quelques spectateurs, celui qui avait prononcé des injures en langue orque annonça :

RUGORT – Et là mon gars, t'es bien dans la merde. Enfin, plus qu'à l'ordinaire, pour un Orc.

Qu'est-ce que ça voulait dire, ça, « plus dans la merde qu'à l'ordinaire pour un Orc » ? Bremig se jura de lui faire ravaler toutes ces injures, à ce fils de chien. Il lui lança un regard éloquent : « Toi, j'te retiens ! ». Mais il dut rester concentrer sur Baldr.

Ce dernier se jeta sur lui, et fit pleuvoir ses coups. Ce fut désordonné, enflammé, impulsif, mais pourtant efficace. Ce sale Humain semblait plein de ressources. Il se battait avec ses tripes. Il pouvait se vanter d'aimer ça. Il était fait pour ça. Ca se sentait. Il avait avec ça une force physique bien au-dessus de la moyenne pour un Humain, il rivalisait de puissance avec Bremig et bien peu d'Humains pouvaient en dire autant. La différence, c'est que la douleur ne semblait plus retenir ses coups, tandis que Bremig, lui, commençait à faiblir.

Les tables étaient retournées, l'Humain reprenait dangereusement l'avantage sur l'Orc. Bremig ne voulait pas céder de terrain, mais malgré lui il le fit. Il faisait face à meilleur combattant que lui. La force brute était l'une de ses armes, mais pas la seule, tandis que c'était la spécialité de l'Humain qui le pilonnait à cet instant. Si Bremig restait sur ce terrain, il allait perdre. Il était déjà en train de perdre.

Il n'y avait qu'un seul moyen pour lui de stopper Baldr.

Bremig leva la jambe et écrasa soudain son pied au sol, produisant une puissante onde de choc dans un rayon tout autour de lui, de quoi faire perdre l'équilibre à Baldr dans son élan barbare. Saisissant l'opportunité créée, l'Orc lança sa dernière offensive : il enfonça son poing dans le ventre de l'Humain avec l'intention de lui broyer l'estomac et de le vider de toute sa bile, et enchaîna avec un uppercut.

La bave de l'Orc, qui s'écoulait continuellement de l'espace permanent entre ses lèvres forcé par ces deux énormes canines inférieures, s'épaississait en une écume qui dégoulinait sur son menton.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Ven 9 Déc 2016 - 11:39

Baldrisson frappait à coups redoublés l’Orc qui lui faisait face. Ce dernier était un colosse, comparé à l’Humain, mais cela n’arrêtait pas le Barbare. Il était actuellement dans un rythme de croisière, qui lui permettait d’enchaîner les coups sans interruption. Rugort et les autres Barbares l’encourageaient de vive voix, certains allant jusqu’à mimer des mouvements de boxe dans le vide. Le shaman, quant à lui, s’affairait à traiter les blessures des Barbares qui bougeaient le moins.
L’Orc leva une jambe, non pas pour flanquer un coup de pied à son adversaire, mais pour frapper le sol. La terre trembla et l’Humain fit quelques pas en arrière. Son adversaire lui envoya un violent coup de poing dans le ventre, suivi d’un uppercut.

Le colosse Humain fit quelques pas en arrière. Il avait en bouche un mélange de sang et de bile, ce qui n’était guère agréable en soit. Il déposa une gerbe, en se tenant l’estomac, faisant quelquespas en direction de ses congénères. Il attrapa le manche de la lame de Rugort et dégaina, avant de se tourner vers l’Orc. Il se précipita vers lui, les dents serrées et l’arme levée… Avant de s’abattre au sol, inconscient.

Le shaman abaissa son bras. A son visage, il était épuisé par les efforts qu’il avait fourni durant les combats. Haletant, il s’avança vers Baldrisson, tandis que les Barbares, par crainte, s’écartaient de lui. Il s’assura que le colosse n’allait pas s’éveiller de sitôt, avant de se tourner vers l’Orc. Rugort, quant à lui, s’approcha juste assez pour reprendre son épée et s’écarta aussi vite que possible du mage.
Ce dernier repoussa une mèche de cheveux rendus poisseux par la sueur de son front, avant de prendre la parole :

"C’est impressionnant. Rares sont ceux capables de tenir face à un Guerrier-Loup enragé comme Baldrisson. Toutefois, je dois t’avertir. Tu es seul. Ton unique allié encore en vie est incapable de se battre et a une lame sous la gorge. Il reste au moins trois Barbares en état de te faire subir mille misères. Rends-toi, et ta vie, ainsi que celle de l’autre Orc sera épargnée. Un refus serait… Une idée des plus saugrenues."

Arlax, quant à lui, s’était tourné vers Aëleen :

"Ne t’en fais pas, tout devrait s’arranger. Enfin… Si l’Orc a la tête moins dure que celle de Baldr. Aller, allons voir comment se porte cette tête de hache."

Deux Barbares avaient soulevé le colosse inconscient et l’avaient allongé non-loin du feu, qu’ils entretenaient de nouveau. Les autres déplaçaient les cadavres, dans le but de les inhumer, le lendemain matin. Baldrisson, quant à lui, avait sombré dans un profond sommeil, et ronflait comme une douzaine de Nains sonneurs de cloche.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Lun 26 Déc 2016 - 23:05

Alors que les coups de Baldrisson continuaient de s'abattre sur l'orc, celui-ci eut soudain un comportement étonnant. Il leva un pied, avant d'en frapper le sol... je titubai soudain, déséquilibrée par l'onde qui venait de faire trembler la terre, au moment précis où le pied de l'orc était entré en contact avec le sol. Je fixai de grands yeux écarquillés sur celui-ci. Ce ne pouvait être une coïncidence... Commendait-il à la terre de trembler ? Je frissonnai... et fus tirée de mes pensées par les deux coups que l'orc envoya à Baldrisson, et qui le firent reculer. Je ne pus retenir un cri, et portai les mains à ma bouche en voyant le barbare vomir. Etait-il grièvement blessé ?

Mais Baldrisson réagit de suite, s'emparant de la lame de son ami Rugort, et s'avançant de nouveau vers son adversaire. Je laissai échapper un soupir de soulagement... Avant de crier de nouveau, voyant Baldrisson s'affaisser au sol. Que lui arrivait-il ? J'hésitai entre accourir vers lui ou me jeter sur l'orc pour défendre mon compagnon, quand la voix du shaman me fit sursauter. Je me retournai vers lui, et le vis s'avancer, s'adressant à l'orc :

"C’est impressionnant. Rares sont ceux capables de tenir face à un Guerrier-Loup enragé comme Baldrisson. Toutefois, je dois t’avertir. Tu es seul. Ton unique allié encore en vie est incapable de se battre et a une lame sous la gorge. Il reste au moins trois Barbares en état de te faire subir mille misères. Rends-toi, et ta vie, ainsi que celle de l’autre Orc sera épargnée. Un refus serait… Une idée des plus saugrenues."

Je balayai le camp du regard. En effet, étant donnée la supériorité numérique des barbares, l'orc avait tout intérêt à se rendre... Quoique. Le shaman ne s'était-il pas rendu compte qu'il avait fait trembler la tête ? M'étais-je imaginée cette coïncidence entre son coup de pied visiblement fortuit et le grondement de la terre ? Ou n'était-ce simplement que cela, une coïncidence ?

Arlax me tira de mes pensées, s'adressant à moi :

"Ne t’en fais pas, tout devrait s’arranger. Enfin… Si l’Orc a la tête moins dure que celle de Baldr. Aller, allons voir comment se porte cette tête de hache."

J'acquiesçai, et me précipitai vers mon ami, que ses compagnons étaient en train d'allonger auprès du feu. Etait-il gravement blessé ? Je n'avais pas compris ce qui avait causé sa chute. La fatigue ? Le contrecoup des coups de l'orc ? Je m'approchai de lui... et me figeai de surprise. Baldrisson... ronflait. Je me tournai vers Arlax, interdite :

- Il... il dort ?

J'espérais vraiment que ce n'était que cela... mais ça me paraissait si formidable, après tout ce que le barbare avait encaissé, ainsi que sa chute finale, qui m'avait laissé penser à bien plus grave ! Pouvait-on réellement s'endormir en plein combat ? Quelque-chose en moi me criait que oui, si cela concernait Baldrisson. Le barbare m'avait déjà montré à maintes reprises qu'il était loin d'agir comme n'importe qui. Alors pourquoi pas ?


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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Ven 30 Déc 2016 - 10:47

Cette ultime contre-offensive de Bremig fut tout sauf vaine. Le dénommé Baldr fut déstabilisé, titubant en arrière, et, plié en deux, cracha une gerbe de sang et de bile, comme sur le point de vomir. Un sourire satisfait écarta les lèvres maculées de bave de l'Orc. Le combat touchait sûrement à sa fin. Il suffisait à Bremig d'enchaîner quelques coups sans laisser de répit au Barbare, et il sortirait vainqueur de ce duel. Dans son état, c'était plus facile à dire qu'à faire. Il avait reçu beaucoup de coups de la part du puissant Humain qui ne frappait pas comme une fillette ; mais cela, encore, il savait que les prochaines minutes laisseraient agir son étrange don de régénération, et bientôt il ne sentirait plus rien. En revanche, ce duel avait sérieusement entamé son endurance, et il ne se sentait pas prêt à reprendre le combat avant d'avoir eu un bon répit pour reprendre son souffle.

Son manque de vivacité laissa donc le temps à Baldr de se rapprocher des siens, et de tirer l'épée de celui qui avait insulté Bremig en langue orque et tenu des propos racistes. Baldr revint vers son ennemi, épée en main. Bremig leva les yeux vers l'arme brandie. S'il ne pouvait esquiver, il pouvait essayer de lancer rapidement un sort pour se défendre. Il semblait en tout cas que, soudain, le duel était devenu à mort sans que Bremig n'en fût informé. Baldr semblait jusque là avoir pris plaisir à se battre, et maintenant il voulait le tuer.

La colère de Bremig laissa place à la surprise quand Baldr s'effondra sur place soudainement. Il semblait avoir perdu conscience. Bremig regarda tour à tour les autres Barbares Humains, cherchant à voir si ces derniers étaient eux aussi étonnés ou s'ils trouvaient cela normal. Le shaman, qui avait l'air aussi épuisé que Bremig sinon plus, s'approcha de Baldr tandis que les deux autres reculaient. Ce faisant, celui qui jusque là avait tenu Vjamlor en joue avec son marteau perdit l'effet de menace. De toute façon, Vjamlor était trop blessé. Il avait une petite chance de survivre s'il s'enfuyait maintenant, mais il valait quand même mieux s'occuper de lui, le mettre en joue n'était donc pas vraiment utile. Quoique cela pouvait laisser une fenêtre d'action à Bremig...

Le shaman évalua l'état de Baldr. Il lui donna quelques claques, comme pour le réveiller, en vain. Quand le shaman se releva, l'adolescente que Bremig avait défendue se précipita vers lui, visiblement inquiète. Puis, comprenant ce qu'il se passait, elle tourna la tête vers le granl, stupéfaite :

AELEEN – Il... il dort ?

Il dormait ?! Il n'avait donc pas concrètement perdu connaissance : il s'était endormi en plein effort. Alors là... Bremig lui-même en fut stupéfait, mais il dut écouter les paroles du shaman qui lui furent adressées :

Shaman – C'est impressionnant. Rares sont ceux capables de tenir face à un Guerrier-Loup enragé comme Baldrisson.

Tellement enragé qu'il s'était endormi avec une épée dans la main au moment d'essayer de porter un coup fatal. En tout cas, Bremig entendit quand même le compliment. Il avait obtenu le respect d'au moins un Humain, ici. Une bonne chose s'il devait quitter les Terres Orques maintenant.

Shaman – Toutefois, je dois t'avertir. Tu es seul. Ton unique allié encore en vie est incapable de se battre et a une lame sous la gorge.

Plus maintenant. Et puis, à dire vrai, ça n'avait jamais été une lame, mais un marteau. L'autre Humain, celui qui savait insulter en langue orque, avait bien une épée mais il se l'était fait tirer par Baldr. Vjamlor n'était plus tenu en respect, et le shaman n'en avait apparemment même pas conscience. Amusant.

Shaman – Il reste au moins trois Barbares en état de te faire subir mille misères.

Au moins trois ? Bremig n'en comptait que deux, dont un désarmé. Il ne comptait pas l'adolescente, ni le shaman lui-même qui semblait trop épuisé et plus compétent à lancer des sorts de soin ou défensifs, et Baldr était en train de roupiller. Décidemment, cet Humain ne savait pas menacer.

Shaman – Rends-toi, et ta vie, ainsi que celle de l'autre Orc sera épargnée. Un refus serait... une idée des plus saugrenues.

Bremig ricana, pas inquiété le moins du monde par cette menace.

BREMIG – C'est ta menace qui est saugrenue, pauvre Humain.

Bremig prit une inspiration et tendit le bras vers les deux autres Barbares : le sol s'amollit et commença à engloutir leurs chevilles, puis une partie de leurs mollets. Ils avaient fourni des efforts pendant le combat, avaient reçu des blessures, et n'allaient donc pas se sortir de là très facilement. Par ailleurs, cela les empêchait d'avoir la manœuvre nécessaire pour s'en prendre à Vjamlor si Bremig tentait quelque chose.

BREMIG – Ton champion est en train de dormir, il est à ma merci et tes deux autres copains m'ont l'air assez inoffensifs à cet instant. Tu commences à voir de quoi je suis capable. Je n'ai qu'un geste à faire, et tu n'entendras plus jamais ton champion Baldr pousser le moindre cri de guerre. Alors voilà ce que je te propose : va soigner Vjamlor, l'Orc que tu crois dominer, et laisse-le rentrer chez lui, sinon c'est Baldr qui mourra à cause de ton refus saugrenu.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Mar 10 Jan 2017 - 0:37

Un des Barbares acquiesça à la question d'Aëleen. En effet, Baldrisson dormait profondément, aussi sûrement que si un Ettin lui avait assenné un coup de boule. Le shaman reporta son attention sur l'Orc lui faisant face. Ce dernier, à la proposition de se rendre, déclara que la menace, quelque peu réelle, du shaman était des plus saugrenue. Le Peau-Verte fit un geste en direction des Barbares entourant le sage, et ces derniers protestèrent, ou jura avec véhémence dans le cas de Rugort, tandis qu'ils s'enfonçaient dans le sol. Pensant avoir l'avantage, l'Orc posa ses conditions : le shaman devra soigner l'autre Peau-Verte et le laisser repartir chez lui, ou bien Baldrisson se ferait tuer. Le mage soupira et fit un geste fluide et rapide en direction de son interlocuteur, agissant avec lui comme il avait agit avec Baldrisson, mais avec plus de tact et de douceur. Il avait endormi le Barbare pour éviter que ce dernier ne plonge trop profondément dans la folie furieuse qu'était la rage des Guerriers-Loups, et ne s'en prenne aux autres Barbares.
Les paupières de l'Orc frémirent, tandis que le sort faisait effet. Il broncha, avant de reprendre la parole, d'une voix bien plus calme :

"Aller... Va soigner Vjamlor..."

Il fit un geste et les deux Barbares qu'il avait emprisonné purent retrouver leurs moyens. Ils s'éloignèrent tous deux aussi vite que possible. Le shaman accrut légèrement son "emprise" sur l'Orc, juste assez pour lui ôter toute envie de velléité, avant de s'avancer vers l'Orc qui avait été fait prisonnier. Il posa sa main sur l'épaule du Peau-Verte et se concentra, laissant l'énergie parcourir le corps de son patient, avant de se relever pour prendre soin de Baldrisson. Ce dernier ronflait comme un sonneur de cloche, allongé au sol. Le shaman fit signe à Aëleen de lui apporter quelques effets médicinal, qui se trouvaient non-loin d'elle.

"Les Guerriers-Loups sont nos plus féroces combattants, et ne sont en réalité guère nombreux. Mais ils ont bien des points communs : ils se battent avec une ardeur magnifique, cherchent les adversaires les plus puissants et bien des sagas content leurs exploits... Mais ils sont guidés par la rage. Un jour, ils finissent par se laisser aveugler par cette dernière et se font consumer. Leur destin est par la suite fatal : s'ils ne se font pas abattre par d'autres Guerriers-Loups, on les envoie en quête d'un dernier combat, face à des monstres de légende, afin qu'ils périssent. Agir autrement, c'est voir la Rage Noire les rendre fou au fil du temps, tandis qu'ils errent dans les Montagnes et s'en prennent à quiconque a le malheur de croiser leurs routes. C'est notre rôle, à nous autres shamans, de surveiller l'apparition des premiers signes. Tout en parlant il peignait, avec son propre sang coulant d'une entaille au doigt, des runes sur le corps du Barbare inanimé. Baldrisson, à l'instar des autres Guerriers-Loups, vit sur le fil de l'épée. Vous avez bien failli en faire les frais, si je ne l'avais arrêté. Il est, étonnamment plus simple d'agir sur un esprit enragé, que sur un esprit conscient..."

Il fouilla ensuite sa besace et en tira une petite amulette en argent, sur lequel était gravé un escargot. Il la passa autour du cou du Barbare, avant de psalmodier une étrange prière dans une langue gutturale.
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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Dim 15 Jan 2017 - 16:39

Un barbare acquiesça à ma question. En effet, Baldrisson dormait. Il était vraiment étonnant. La voix de Bremig me tira de ma stupéfaction admirative :

– C'est ta menace qui est saugrenue, pauvre Humain.

Je me retournai vivement vers lui. Son ton n'augurait rien de bon. Sous les pieds des barbares, le sol changea soudainement... et ils se mirent à s'y enfoncer, ce qui m'arracha un petit cri. Déjà, l'orc continuait :

– Ton champion est en train de dormir, il est à ma merci et tes deux autres copains m'ont l'air assez inoffensifs à cet instant. Tu commences à voir de quoi je suis capable. Je n'ai qu'un geste à faire, et tu n'entendras plus jamais ton champion Baldr pousser le moindre cri de guerre. Alors voilà ce que je te propose : va soigner Vjamlor, l'Orc que tu crois dominer, et laisse-le rentrer chez lui, sinon c'est Baldr qui mourra à cause de ton refus saugrenu.

Rapidement, j'analysai la situation. Baldrisson dormait, les barbares étaient rendus innoffensifs par le sol. Il ne restait qu'Arlax, le shaman... et moi-même. Mon poignard, qui avait regagné sa place, se trouva soudain dans ma main, et je m'apprêtai à fondre sur l'orc... quand son attitude sembla soudain se modifier. Quand il reprit la parole, sa voix avait changé, son ton était beaucoup moins vindicatif :

- Aller... Va soigner Vjamlor...

La terre sous les barbares les libéra soudain, sur un geste de l'orc. Il était donc bel et bien magicien, ou quelque-chose qui s'en approchait... Ce qui n'était pas pour me rassurer. Mais il semblait s'être calmé. Le shaman s'approcha de l'orc blessé, posa sa main sur son épaule. Je le regardai faire, fascinée. Puis il s'approcha de Baldrisson, et me demanda de lui apporter ce qui lui était nécessaire pour s'occuper du barbare, ce que je m'empressai de faire. Une fois que je fus à ses côtés, il expliqua, tout en s'occupant de Baldrisson, traçant d'étranges signes sur son corps :

"Les Guerriers-Loups sont nos plus féroces combattants, et ne sont en réalité guère nombreux. Mais ils ont bien des points communs : ils se battent avec une ardeur magnifique, cherchent les adversaires les plus puissants et bien des sagas content leurs exploits... Mais ils sont guidés par la rage. Un jour, ils finissent par se laisser aveugler par cette dernière et se font consumer. Leur destin est par la suite fatal : s'ils ne se font pas abattre par d'autres Guerriers-Loups, on les envoie en quête d'un dernier combat, face à des monstres de légende, afin qu'ils périssent. Agir autrement, c'est voir la Rage Noire les rendre fou au fil du temps, tandis qu'ils errent dans les Montagnes et s'en prennent à quiconque a le malheur de croiser leurs routes. C'est notre rôle, à nous autres shamans, de surveiller l'apparition des premiers signes. Baldrisson, à l'instar des autres Guerriers-Loups, vit sur le fil de l'épée. Vous avez bien failli en faire les frais, si je ne l'avais arrêté. Il est, étonnamment plus simple d'agir sur un esprit enragé, que sur un esprit conscient..."

Je regardai Baldrisson, pensive. Ainsi, c'était pour cela que le barbare était un combattant si impressionnant, et qu'il pouvait réaliser de tels exploits. Mais ce qui faisait sa force le condamnait en même temps à vivre dans l'incertitude, la crainte de "basculer". Ce qui, selon les dires du shaman, arriverait un jour, inéluctablement. Baldrisson devrait alors mourir ou perdre son identité. Dans un sens, sa destinée n'était pas meilleure que la mienne. Lui aussi était condamné, même si cela n'était pas de la même façon que moi. Une autre sorte de malédiction...

Je me demandai soudain si le shaman avait conscience que moi non plus, je n'étais pas normale, pas même humaine. Il avait des capacités que je ne comprenais pas. Pouvait-il détecter ma nature ? Je secouai la tête. Ces interrogations étaient inutiles. S'il savait, il cachait bien son jeu. Et s'il le savait et n'avait rien dit, je n'avais rien à craindre de lui.

Je reportai mon attention sur Baldrisson. C'était le shaman qui l'avait endormi, afin que sa rage ne le dévore pas. Je m'assis aux côtés du barbare. La soif, dans ma gorge, me harcelait. Je voulais boire. Mais savoir contre quoi se battait Baldrisson me donnait quelque-part la force d'y résister.

Je demeurai un moment à ses côtés, puis finis par me lever. Il allait tout de même falloir que je me nourrisse. Ne pas le faire était de l'inconscience. Si je perdais le contrôle ici, entourée des barbares, j'étais morte. Il allait me falloir m'éclipser avant. Mon regard fut attiré par les corps des barbares. Si seulement je pouvais planter mes crocs dans l'un d'eux... Ils étaient encore chauds, ce serait bien plus simple que de devoir trouver un autre humain dans ces terres...

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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Lun 16 Jan 2017 - 15:49

Bremig pensait maintenant avoir repris le contrôle de la situation. Par fierté, il était impensable pour lui de se rendre, devant ces Humains. Après tout, Baldr avait-il accepté de se rendre, lui ? Vjamlor était maintenant hors de danger venant des deux Humains derrière le shaman, et ce dernier semblait le plus sage de tous, il n'oserait donc pas faire de bêtise au risque de voir Baldr se faire tuer dans son sommeil devant ses yeux par sa faute. Le shaman, au lieu de ça, fit un geste un peu étrange vers Bremig qui ne sut pas l'interpréter.

La situation était sur le point de se conclure, de façon finalement paisible après la bataille. Il n'y avait donc pas de raison de continuer à s'énerver. Le shaman était sage et allait soigner Vjamlor. Ce dernier pourrait retourner chez lui, et Bremig, lui... ne savait pas encore ce qu'il ferait. Dormir, déjà, ici ou ailleurs. Il ressentait le contre-coup de cette bataille. Il avait maintenant besoin de se reposer. Il répéta, un peu plus mollement :

BREMIG – Allez, va le soigner, maintenant.

puis il fit lui-même un geste du bras et son sort prit fin prématurément, permettant aux deux Humains de se libérer les jambes. Le shaman prit la bonne décision en allant voir Vjamlor et en utilisant sa magie pour soigner ses plus importantes blessures. Vjamlor survivrait donc et pourrait rentrer chez lui. Le shaman marcha ensuite vers Baldr, que Bremig laissa en paix pour s'approcher de son congénère.

BREMIG – (en langue orque) Tu vas pouvoir rentrer chez toi, Vjamlor.

Vjamlor avait envie de reprendre le combat, maintenant qu'il était soigné. Seulement, la tribu était presque anéantie, Vjamlor en était le dernier guerrier survivant et devait rejoindre les autres pour les protéger. Bremig, lui, sentait qu'il était venu l'heure de les quitter pour de bon. Il quitterait les Terres Orques, et le jour où il y reviendrait, il se trouverait une autre tribu qui voudrait bien de lui, sachant que de toute manière, il ne se sentirait pas complètement intégré, car les Orcs verraient toujours en lui le fils d'une Humaine. Bremig ne voulait donc pas que Vjamlor essaie de tuer les Humains restants, car il avait peut-être le moyen de ne pas repartir seul.

BREMIG – (en langue orque) Hey, tu ne vas pas tuer celui qui vient de soigner tes blessures ! Ne fais pas l'idiot, tu es le dernier guerrier du clan, alors rentre, les autres ont besoin de toi. Moi, il est venu l'heure que je parte.

Rugort, s'il se tenait suffisamment prêt et si ses connaissances de la langue orque ne se limitait pas aux insultes, pouvait donc comprendre ce que Bremig disait à Vjamlor.

Bremig avait été heureux de revenir “chez lui”. En effet, il se sentait plus Orc qu'Humain, il se définissait lui-même comme un Orc, simplement comme un Orc, rejetant d'une certaine façon sa nature bâtarde. Alors, dans son esprit, les Terres Orques, c'était chez lui.

Les deux Orcs se levèrent. Bremig donna une tape sur l'épaule de Vjamlor, qui s'en alla rejoindre le reste de son clan. Bremig le regarda partir, puis se retourna vers le shaman, avant finalement de s'approcher de l'adolescente.

BREMIG – Et toi, qu'est-ce que tu fais là, alors ? Pourquoi avoir assisté à cette bataille ?

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Re: Du sang et du métal II

Message  Aëleen le Jeu 9 Fév 2017 - 14:32

Je jetai un coup d'oeil au shaman, qui ne me regardait pas, puis à Baldrisson, encore endormi. De la part de ces deux là, aucune menace, ils ne se préoccupaient pas de moi. Malheureusement, nous étions loin de n'être que trois. Il y avait les autres barbares... et les deux orcs. Orcs qui, d'ailleurs, étaient en train d'échanger dans leur langue. Je les regardai un moment distraitement, tout en tentant d'élaborer un plan pour me trouver seule avec les corps. Mais avant que j'ai eu le temps de parvenir à quoi que ce soit, l'orc qui m'avait défendue puis avait attaqué Baldrisson s'approcha de moi, et me demanda dans la langue humaine :

– Et toi, qu'est-ce que tu fais là, alors ? Pourquoi avoir assisté à cette bataille ?

Je haussai les épaules, me dandinai sur place. Que lui dire ?

- Eh benh, euh... Je... je voyage avec Baldrisson. J'aime bien être avec Arlax et lui, j'aime bien les barbares, aussi, les autres. Je viens de Telbara.

C'était un peu décousu, mais c'était le mieux que je puisse faire. J'avais vraiment des difficultés à prendre la parole, à parler... et plus encore à parler de moi. J'avais oublié de parler du fait que Baldrisson m'apprenait à monter à cheval... Mais ce n'était pas grave, ce n'était pas très important, en tous cas ça n'aurait sans doute pas intéressé l'orc... mais le reste non plus, quand j'y pensais. Gênée, je détournai le regard, qui tomba de nouveau sur les corps des barbares. Une idée germa dans mon esprit. Un plan. Qu'il fallait que je mette à exécution maintenant, avant que l'aube ne survienne.

Je me tournai vers les barbares, me détournant de mon interlocuteur :

- Vous ne croyez pas qu'il faudrait transporter les corps à l'écart ? Je peux le faire, si vous êtes fatigués... Je ne me suis pas battue.

J'espérai qu'ils n'allaient pas m'envoyer promener -du fait de leurs mœurs, ou devant ma frêle apparence qui pouvait les faire douter de ma capacité à mettre en oeuvre ce que je proposais-, ou vouloir le faire eux-mêmes. Je voyais là ma seule chance de me nourrir tranquillement. Sinon, j'allais devoir soit attendre davantage, ce qui devenait dangereux, soit partir à la recherche d'autre-chose... ce qui risquait de m'amener à être coincée par l'aube. Et n'était pas moins risqué...

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Re: Du sang et du métal II

Message  Bremig le Jeu 9 Fév 2017 - 19:19

AELEEN – Eh ben, euh... Je... Je voyage avec Baldrisson. J'aime bien être avec Arlax et lui, j'aime bien les Barbares, aussi, les autres. Je viens de Telbara.

L'adolescente avait l'air de ne pas trop savoir quoi dire, elle se dandinait en cherchant ses mots. Baldrisson, Bremig voyait très bien qui c'était. Arlax, par contre, il s'imagina que ce devait être l'un des Barbares, il ne pensa pas que ce pût être le nom du granl – déjà qu'il se demandait ce qu'un Humain faisait à traîner avec un granl.
En tout cas, elle avait l'air d'aller bien. Elle ne semblait même pas fatiguée, et c'était d'autant plus étonnant qu'elle était bien la seule. La nuit s'affirmait, et voyager dans les marais putrides était, à la connaissance de Bremig, épuisants pour ces faibles Humains. Alors, pour une adolescente... Et pourtant, elle tenait mieux le coup que n'importe qui d'autre. Même Bremig commençait à se sentir fatigué, Baldrisson s'était effondré comme une masse sous un sommeil de plomb, et les autres Barbares devaient eux aussi avoir besoin de sommeil maintenant.

Bremig eut l'impression, en la voyant détourner le regard, qu'elle n'avait pas envie de lui parler. Elle devait lui reprocher la mort des Barbares pour qui elle avait de l'affection, et l'Orc pouvait bien le comprendre. L'adolescente se détourna de lui carrément pour proposer aux autres Barbares, qui n'étaient plus que trois debout en comptant le shaman et sans compter Baldrisson qui dormait :

AELEEN – Vous ne croyez pas qu'il faudrait transporter les corps à l'écart ? Je peux le faire, si vous êtes fatigués... Je ne me suis pas battue.

Pour une simple adolescente Humaine, elle était sacrément endurcie. Non seulement c'était la moins fatiguée, mais en plus elle se proposait à elle seule de transporter tous les corps à l'écart. Ces imbéciles de Barbares ne pouvaient pas lui proposer de l'aider ? Bremig, lui, en tout cas, vit son intérêt à mettre la main à la pâte, s'il ne voulait pas se faire chasser sur-le-champ. Et puis, après tout, il y avait des cadavres d'Orcs, et Bremig ne voulait pas laisser les Humains les souiller en les déplaçant. Autant le faire lui-même.

BREMIG – Je vais l'aider, puisque le combat est fini. Et je pense que nous allons avoir une petite discussion, autant le faire sans cadavre devant les yeux.

Bremig commença par Grahfkh, qu'il souleva et porta sur l'épaule, montrant là encore une fois la puissance musculaire qu'il pouvait déployer. L'adolescente n'avait peut-être pas envie de lui parler, mais tant pis pour elle, Bremig ne lui demandait pas son avis.

BREMIG – Allez, viens.

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Re: Du sang et du métal II

Message  Baldrisson le Dim 12 Fév 2017 - 22:12

[Thème de la scène : Un combat pour le Walhalla]

Baldrisson se trouvait au sommet d'une montagne enneigée. Le blizzard hurlait à ses oreilles et ses longs cheveux de cendre battaient dans la tempête, tandis que des flocons de neige volaient autour de lui. Il tenait sa lourde hache en main. La neige, au sol, était tassée par les pas. Il plissa les yeux. Il n'était pas seul, et ce n'était pas Arlax qui se trouvait là. L'instinct du combattant le pressa de se préparer à l'affrontement. Une ombre se détacha des rocs. Sa haute taille, les cornes de son casque, sa barbe tressée s'agitant au vent et sa lourde lance étaient reconnaissables entre mille. Le Roi Barbare. Ce dernier laissa tomber au sol les pelisses qui lui couvraient les épaules, soulevant une gerbe de neige à l'impact.

"Baldr Isson, fils de Styrka Bera, tu as défié ton Roi pour la couronne, comme la coutume le permet. Et j'ai relevé ton défi. Nous nous tenons tous deux au sommet du Pic de l'Honneur, et un seul d'entre nous en redescendra, et recevra du Chambellan le titre de Roi."

La voix puissante de son adversaire lui parvenait aux oreilles, malgré les hurlements de la tempête les environnant. Le Roi ne portait pas son armure gravée de rune, seul apanage de la royauté chez les Barbares. Les deux adversaires étaient techniquement à armes égales. Ni le corbeau du Roi, ni Arlax n'avaient eu le droit de les suivre durant leur ascension jusqu'au sommet, durant laquelle leurs muscles et leur agilité avaient été mises à rudes épreuves. Une fois arrivé sur le dernier plateau, ils avaient partagé une gourde d'hydromel, avant de faire, dans leurs coins, une ultime prière.

"Je suis Adoin Vor'dan, Kung des Peuples Barbares. J'ai accepté ton défi et nous voilà à présent sous le regard des Dieux ! Je te souhaite d'être un brave et valeureux adversaire, et n'ai plus qu'une chose à te dire : que le premier de nous deux à rejoindre le Walhalla garde une chope d'hydromel pour le second !"

Baldrisson acquiesça et salua son adversaire. Ce dernier fit de même... Puis ils empoignèrent leurs armes, se jaugeant du regard. Le jeune Barbare sentait le bois du manche de son arme lui picoter les doigts. Il avait le souffle court et son cœur battait d'excitation dans sa poitrine. Finalement, son adversaire fit le premier mouvement. Raclant le sol à l'aide de sa lance, il projeta une gerbe de neige en direction de Baldr, qui leva un bras pour se protéger. Il eut tout juste le temps de parer l'attaque suivante à l'aide de son arme, et roula sur le côté. Se relevant rapidement, il riposta avec un coup rapide. Les armes s'entrechoquèrent, encore et encore. Le Roi profitait de l'allonge de son arme pour frapper tout en conservant une relative distance, tandis que Baldrisson, petit à petit, commençait à apprendre quels étaient les mouvements favoris de son adversaire. Il parvint à se rapprocher assez pour décocher un violent coup de poing à l'estomac de ce dernier, avant d'enchaîner avec un coup de boule asséné en plein visage. Un craquement sonore retentit et du sang coula du nez et de la bouche du Roi. Ce dernier s'écarta d'un bond, avant d'essuyer son visage d'un revers de main.

"Premier sang. Bien joué gamin... Maintenant que nous avons fini de nous échauffer, que dirais-tu que nous passions aux choses sérieuses ?"

"Je n'attends que cela..."

"Bien. Alors... Laisses-toi aller..."

Les yeux du Roi regardèrent dans le vague quelques instants, avant de prendre une lueur d'excitation. Un sourire malsain se dessina sur son visage, reflet de celui de Baldrisson. Les deux hommes éclatèrent de rire, avant de se jeter l'un sur l'autre. Les coups assénés étaient d'une violence rare et des estafilades plus ou moins profondes apparurent sur leurs peaux. La neige, d'un blanc virginal, se rougit rapidement du sang des combattants. Ils échangeaient des coups de poings, de pieds, de têtes, ils frappaient avec leurs, l'un avec l'expérience martiale de toute une vie, l'autre avec la puissance et la force que lui conférait sa jeunesse sur son aîné.
Ils finirent par en venir littéralement aux mains, délaissant leurs armes pour frapper directement à l'aide de leurs poings. Les horions échangés étaient violent et ils ne tenaient debout que par la force de leur volonté et la rage qui courait dans leurs veines.

Le Roi recula de quelques pas, vers l'abîme qui s'ouvrait à eux. Son pied glissa sur la roche gelée et il dérapa. Ne parvenant pas à retrouver son équilibre, il recula et tomba. Baldrisson se précipita et plongea à son tour dans le vide.

"AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH..."

....................................................................................

"AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !"

Baldrisson s'éveilla en poussant un cri mêlant la peur et la rage. On était le matin et le shaman, ainsi que les Barbares survivants, s'étaient assemblés autour du feu pour rompre ensemble le jeûne de la nuit, accompagnés d'un des Orcs et d'Arlax. Ils se retournèrent pour voir un Baldrisson en sueur, essoufflé.
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Baldrisson
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Re: Du sang et du métal II

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