En lice dans une ville de vices

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Icahadeï le Dim 2 Oct 2016 - 9:36

IRILH – Je ne sais pas qui nous a remarqués au marché, mais je serais étonné qu'un maître ménestrel armé d'une arbalète et accompagné d'un Centaure, un arc en bandoulière et un carquois au flanc, et un Homme-lézard dépenaillé passent tous trois inaperçus. Les commères auront tôt fait d'en parler, même pour un instant. Trois gardes nous ont suivis, les originaux sont vite remarqués dans ces conditions.

Irilh fit réaliser une chose à Icahadeï qui donnait un argument de plus à Vritz : le Centaure était armé de son arc, or, qui laissait ici son esclave porter un arc et un carquois plein en ville ? Icahadeï commença donc à remettre en question son propre avis. Entre le fait que l'esclavage des Centaures était officiellement interdit dans la capitale et sa région, et le fait qu'Icahadeï n'avait de toute façon pas l'allure d'un esclave tant qu'il portait son arc et son carquois, Vritz avait sans doute raison finalement.

IRILH – Icahadeï, plus qu'un esclave, vous serez mon serviteur, et par extension, un garde du corps.

Intéressant. Icahadeï n'avait pas eu cette idée. Comme quoi, avoir Irilh avec lui, lui serait très précieux pour sa mission. Irilh pouvait avoir des idées qu'Icahadeï n'aurait pas.
Le ménestrel détailla un peu les rôles que chacun aurait. Il n'aurait pas besoin de s'inventer une profession, il resterait un ménestrel et ne mentirait pas là-dessus. De toute façon, avec sa vielle accrochée en évidence à ses sangles, c'était sans doute plus sage de garder cette part de vérité. Irilh s'inventerait simplement une caractère fainéant, supersticieux, excentrique et hautain. Il se ferait appeler Delune. Quant à Icahadeï, son nom serait toujours Mulet, mais à la différence d'un esclave, il serait rémunéré, bien que chichement. Il serait un serviteur et un garde du corps loyal et dévoué, qui se garderait de réagir à l'insulte que constituait le nom dont il était affublé par Delune. Il se contenterait d'obéir, sans rouspéter, avec un tempérament un peu rustre.

Icahadeï retint bien le rôle qu'il allait devoir tenir. Etant lui-même assez servile naturellement, cet aspect-ci de son rôle serait des plus simples pour lui ; en revanche, pour l'aspect rustre et taciturne, il allait devoir se faire violence, lui qui était tout au contraire toujours très poli et loquace.

ICAHADEI – J'adhère à votre idée. A partir de maintenant et jusqu'à ce que nous ayons quitté ce royaume, je serai Mulet, votre fidèle serviteur et garde du corps.

Vritz ne dit rien, il se tenait sagement à côté d'Irilh et d'Icahadeï. Pour lui, pas de rôle à jouer, il serait toujours un esclave, quoique n'obéissant pas à son vrai maître.

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Irilh le Lun 3 Oct 2016 - 19:40

Je fus encore une fois surpris de voir Icahadeï accepter si promptement, sans ambiguïté, le fait de jouer un rôle aussi ingrat. Cela demandait de lui une humilité étonnante, qui me fit pencher la tête en signe de reconnaissance.

Tout était en ordre, Vritz restait silencieux, je pris la tête de notre trio et commença à marcher lentement. Mon ton se fit hautain, mon port altier, et parlai dans les airs à destination de mes arrières :

IRILH – Bien, trouvons quelque auberge qui accepterait mes services en dépit de mes bagages disons... encombrants. Lézard, toi qui connais sans doute mieux cette cité, saurais-tu m'indiquer l'une d'entre elles ?

VRITZ – Je ne suis là que depuis quelques jours, mais j'ai cru comprendre que la Table à Sept Pieds, ou le Cochon Content, ont des services adéquats pour les Centaures.

Vritz avait terminé sa phrase. Si dans ma voix je devais laisser poindre de l'autorité, sur mon visage il ne se voyait pas autant de sévérité. Je cherchais simplement à rappeler à Vritz qu'il devait être convaincant, et convaincu :

IRILH – Je n'ai pas bien entendu, il me semble manquer quelque chose...


Vritz réfléchie un instant, et regardant par terre, avec un léger sourire de compréhension :

VRITZ -  Pardonnez moi, Maître Delune. Je disais que ces tavernes ont des aménagements adéquats pour vos bagages, Maître.

Je fis un signe d'approbation, et nous laissais guider par quelques discrètes indications de la part de Vritz jusqu'aux dites tavernes.

J'entrais en premier dans la taverne de la Table à Sept Pieds, déjà le fumet du lard me faisait frétiller les narines...


Dernière édition par Irilh le Jeu 27 Oct 2016 - 21:37, édité 1 fois

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Message  Icahadeï le Lun 17 Oct 2016 - 11:44

Irilh hocha la tête, et ainsi les rôles distribués, ils allaient pouvoir se mettre en phase de repérage des lieux. Icahadeï souhaitait tout d'abord trouver Omisse, et visiter le bourg où il était logé avec d'autres esclaves.

IRILH – Bien, trouvons quelque auberge qui accepterait mes services en dépit de mes bagages disons... encombrants. Lézard, toi qui connais sans doute mieux cette cité, saurais-tu m'indiquer l'une d'entre elles ?

Icahadeï se demanda si c'était lui, le « bagage encombrant ». Il observa Irilh et ne vit pas ce que cela pouvait être d'autre. De toute façon, ils jouaient tous deux un rôle désormais. Alors, comme un bagage, Icahadeï ne dit rien. Pourtant, Irilh s'exprimait à voix haute et intelligible, comme s'il voulait que tous les passants proches puissent l'entendre.

VRITZ – Je ne suis là que depuis quelques jours, mais j'ai cru comprendre que la Table à Sept Pieds, ou le Cochon Content, ont des services adéquats pour les Centaures.

Vritz avait donc compris la même chose qu'Icahadeï : le « bagage encombrant », c'était le Centaure, et Irilh voulait l'adresse d'une auberge qui accepterait de le nourrir, voire de le loger. Icahadeï attendit donc qu'Irilh marche en tête jusqu'à l'une de ces deux auberges, mais l'Humain se fit insistant du regard, comme s'il attendait autre chose. Vritz finit par comprendre avant Icahadeï :

VRITZ – Pardonnez moi, Maître Delune. Je disais que ces tavernes ont des aménagements adéquats pour vos bagages, Maître.

Vritz disait-il “tavernes” par abus de langage, comme c'était courant, ou bien s'agissait-il vraiment de tavernes et non d'auberges ? Une question assez peu importante sur le moment : Icahadeï verrait bien sur place. Irilh approuva cette fois, et Vritz le guida avec révérence. Icahadeï emboîta le pas à celui dont il était maintenant, aux yeux de tous, en charge de la protection sans être son esclave. Les sabots du Centaure faisaient sonner ses pas sur le sol dur de ce quartier de la ville, et à l'oreille tout comme au nez, Irilh pouvait avoir la sensation d'être suivi par un vrai cheval.

En quelques minutes, ils arrivèrent devant l'établissement portant le nom de la Table à Sept Pieds. Les semi-naseaux sensibles du Centaure s'écarquillèrent avant même qu'Irilh n'ouvre la porte, flattés par les fumets de nourriture.
Irilh ouvrit donc la porte qui était un peu plus grande que celle des autres bâtiments, quoique pas non plus assez pour éviter au Centaure d'avoir à se pencher un peu, d'autant qu'Icahadeï était assez grand.

C'était le début de service, la salle n'était pas encore comble, plusieurs tables étaient libres, la plupart des clients s'étant agglomérés au comptoir. Au-delà des odeurs de cuisine, Irilh put sentir aussi une odeur de cheval, indiquant qu'en effet, quelques Centaures devaient régulièrement consommer dans l'établissement. C'est alors qu'Icahadeï remarqua qu'une femelle Centaure se tenait justement dans un coin de la salle, seule, à l'écart des clients Humains, buvant une boisson en évitant les regards. Un Halfelin, sûrement un esclave, finissait de nettoyer les tables.

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Message  Irilh le Jeu 27 Oct 2016 - 22:00

Nous entrions dans la Table à Sept Pied, qui relevait plus de l'auberge que du simple débit de boisson. Un escalier menait à l'étage et je pensais que certaines pièces au rez-de-chaussée devaient servir à loger les centaures. Le sol était composé de fins gravillons et une odeur chevaline mêlée à celle du lard parfumait la pièce. La salle principale était éclairée par un agréable feu et de nombreuses lanternes. Dans la cheminée rôtissait un porc. Je remarquais une Centaure dans la pièce, seule à l'écart, accoudée à une table haute.  Il y avait quelques humains ça et là, principalement installés au comptoir. Un Halfelin nettoyait les tables, même celles, en hauteur, conçues pour les Centaures.

J'avançais jusqu'au comptoir et vit le tenancier. Il s'occupait aussi bien de l'hébergement que du service de boisson. Une partie du comptoir servait de table d'écriture, avec un registre épais posé dessus. C'était un homme rond, avec des pommettes bien rouges. Je lui demandai :

IRILH – Bonsoir Aubergiste, je me nomme Irilh, ménestrel en vadrouille et j'aimerais vous louer mes services pour ce soir...


L'AUBERGISTE – Hé bien, un ménestrel ! Ce serait dommage de refuser pas vrai ?! Bon déjà montrez moi ce que vous savez faire, avant que l'arrivée du gros de ma clientèle, on discutera après de votre salaire. Mettez vous... là tiens ! Près de la cheminée.


J'y allai et déposai mes affaires, mon arbalète, mon épée et mon sac contre le manteau de la cheminée. J'ôtais aussi mes vêtements les plus chauds. A ce moment l'aubergiste fit remarquer en raillant que je n'allais peut-être pas rester là longtemps, pas la peine de monter un camp. Une flopée de rire suivit parmi ses clients. Je dû sourire également, de mon amabilité dépendait notre place pour la nuit.
Je sortis la vièle de mon étui. C'était un instrument simple, sans ornement mais d'une grande qualité.
Je l'accordais, grattais fébrilement les cordes. Je sentis l'impatience de mon audience, le silence se fis dans la salle.

Ma main gauche se posa sur les cordes. Ma main droite pris l'archet. Je n'entendis plus que le crépitement du feu derrière moi. Je ne sentis plus que l'odeur du porc grillé, un fumet chevalin.
Mon esprit se vida.

Je lançai une gerbe d'étincelles, vives, fugaces, éclatantes. Je plongeais ensuite la salle dans des flammes enveloppantes, chaleureuses et agréables comme du velours. Les doigts de ma main dansaient en rythme et de mon archet jaillissait une douce mélopée.
En musique, comme à l'arbalète, j'étais véritablement moi. Je partageais avec mon rôle de maître foudroyant la même méticulosité et la même rigueur. Cependant, si l'exécution était d'une grande précision, la mélodie était mouvante et réconfortante, comme les flammes du foyer derrière moi.

Mes doigts se décollèrent, mes muscles se détendirent. Et je regardais mon audience.

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Message  Icahadeï le Ven 28 Oct 2016 - 11:15

L'endroit était bien une auberge : un escalier montait vers ce qui devait être des chambres. Cet escalier restait accessible pour un Centaure, mais en observant la salle, Icahadeï imagina qu'il devait y avoir des recoins au rez-de-chaussée réservés pour sa race. Il laissa Irilh se présenter à l'aubergiste, pendant qu'il resta en retrait avec Vritz. Ce dernier tendait le museau, ne cessant de renifler l'air ambiant. Icahadeï nota que l'Homme-lézard ne regarda jamais personne dans les yeux, hormis l'Halfelin.

A la faveur de la maigre fréquentation à cette heure, Icahadeï entendit très bien l'échange entre Irilh et l'aubergiste. Irilh se proposa de louer « ses services », et Icahadeï comprit, ayant vécu en ville suffisamment longtemps. Puisque le gros du service n'avait pas encore commencé, l'aubergiste fit passer au ménestrel une audition. Irilh alla donc se placer du côté de la cheminée, où rotissait un porc qui flattait les semi-naseaux du Centaure. Il se défit de certaines affaires, faisant rire l'aubergiste qui lui rappela d'un ton railleur que ce n'était pas la peine de « monter un camp » alors qu'il n'était pas sûr de rester là longtemps. Les clients Humains rirent de bon cœur. La Centauresse esquissa nerveusement un sourire, baissant la tête en espérant que cela ne se voie pas. L'Halfelin et Vritz firent comme s'ils n'avaient rien entendu. Icahadeï s'efforça de garder son sérieux. Son personnage était rustre, et ne riait pas quand on raillait Maître Delune.

Irilh se mit à jouer de la vielle. Ses notes prirent très vite de l'ampleur dans l'établissement, produisant un silence admiratif. Icahadeï se laissa envoûter par la musique jusqu'à que l'une de ses oreilles pivote vers la porte de l'auberge, ouverte par des clients arrivant. Icahadeï tourna la tête. Il fut surpris, sans grande raison de l'être, de voir deux Centaures entrer, un mâle et une femelle, tous deux de robe souris. La femelle avait des javelines attachées dans le dos et portait des protège-canons en cuir épais. Le mâle, lui ne portait rien d'autres que des sangles, et ne semblait pas être un voyageur.

Tous deux parurent surpris par l'ambiance. Il faut dire que, d'ordinaire, personne ne se taisait pour écouter un barde dans une auberge. Les clients continuaient de parler en profitant simplement d'une musique de fond. A cet instant, tout le monde se taisait sûrement parce que l'auberge était encore vide aux trois-quarts et que le ménestrel était en audition. Passé leur étonnement, les deux Centaures marchèrent jusqu'à une table, leurs sabots résonnant assez fort, empêchant Icahadeï d'apprécier pleinement la musique d'Irilh.

Ce dernier finit de toute façon deux minutes plus tard. Deux clients Humains, à une table, applaudirent, imités par la femelle Centaure dans le coin au fond. Les autres clients Humains et les deux Centaures à robe souris se mirent à discuter. Icahadeï voulut se joindre aux applaudissements, mais hésita, ne sachant pas si ce serait bien dans le tempérament de Mulet. Il ne fit donc rien, et Vritz non plus. Malgré la qualité de sa musique, Irilh n'eut donc un auditoire que très peu démonstratif. Icahadeï espéra qu'il ne s'en vexerait pas.

Aubergiste – C'est bon, je vous prends. Ca vous paiera votre chambre et la paillasse pour le Lézard. Le Centaure pourra dormir avec vous, sauf s'il préfère rester à part dans l'écurie, je lui fais ça gratuitement. S'il veut une pièce à part au rez-de-chaussée, il paiera, par contre.

Icahadeï se râcla nerveusement la gorge, et agita la queue. Il attendit qu'Irilh revienne vers lui et vers Vritz pour les convier à une table de son choix, et aussi faire part de son choix quant à l'endroit où dormirait Icahadeï.

L'Halfelin se rendit à leur table pour prendre leurs commandes. Il n'adressa pas un seul regard ni un seul mot à Vritz, et ne cessa de s'incliner devant Irilh et Icahadeï. Irilh parlait pour lui-même et pour l'esclave Homme-lézard, Icahadeï avait le droit d'être traité en personne libre, au même rang que l'Humain.

Le mâle Centaure délaissa un instant sa compagne de table pour se rendre au comptoir. Icahadeï dressa les oreilles en réalisant quelque chose au son de ses sabots. Il n'avait pas trop fait attention pendant qu'Irilh jouait, mais à cet instant, cela le frappa : ce Centaure était ferré des quatre pieds. Icahadeï n'avait jamais été ferré, par chance, mais il savait que certains esclaves n'y échappaient pas. Cependant, aucun Centaure libre n'accepterait de se ferrer les sabots !
A voix basse, Icahadeï fit par de sa stupeur à Vritz et à Irilh :

ICAHADEI – Ce Centaure porte des fers-à-cheval ! Je ne comprends pas... Les Centaures sont ferrés, ici ?
VRITZ – Cela arrive. Ceux de Fort-Hybride ne le sont généralement pas, car la ville est prévue pour eux, il y a suffisamment de sol terreux. Lui, il doit vivre ici-même, à Estandre. Si vous voulez mon avis, il est même un esclave déguisé. Il doit servir de monture ou de bête d'attelage pour tirer des charrettes. La femelle porte des armes mais c'est peut-être trompeur, à moins qu'elle n'ait été engagée pour le surveiller.
ICAHADEI – Le surveiller ?
VRITZ – Elle ne doit pas être au courant qu'il est esclave, mais elle connaît peut-être son maître et pense lui rendre service. Et si elle se rend compte que c'est un esclave, elle se taira de toute façon, car elle aura trop à perdre. Ou alors elle est aussi une monture et ne porte des armes que pour donner le change.

Icahadeï essaya d'assimiler tout cela. Voilà ce dont avait parlé Vritz : les Centaures n'étaient pas traités en esclavage dans la ville même d'Estandre, sauf de façon clandestine. Il leur arrivait même de se laisser ferrer. Pour avoir lui-même été esclave un long moment, Icahadeï n'eut même pas de sentiment de révolte en lui, il accepta cet état de fait en essayant simplement de le comprendre. Vritz était précieux, car il permettrait à Irilh et à Icahadeï de mieux jouer leurs rôles respectifs.
Avec maintenant quatre Centaures dans l'auberge, cela sentait de plus en plus le cheval. Icahadeï n'y faisait pas vraiment attention, c'était l'odeur de sa propre race après tout, Vritz était habitué et savait de toute manière très bien distinguer l'odeur d'un Centaure de celle d'un cheval ; mais Irilh et les autres clients Humains, qui étaient incapables de faire cette distinction, devaient avoir l'impression de manger dans une écurie.

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Message  Irilh le Mar 13 Déc 2016 - 22:39

Mon audition était finie, et si le silence pesait lorsque je jouais, il était encore présent lorsque je finis. Deux Humains applaudirent, l'aubergiste semblait satisfait. C'était tout ce qui comptait, je me forçais à un certain pragmatisme. Deux Centaures s'installaient, sûrement entrés lors de mon audition. Ils n'étaient pas esclaves selon toute vraisemblance, la femme était même armée. Je n'avais pas le temps de les observer, l'aubergiste me lança depuis son comptoir :

Aubergiste – C'est bon, je vous prends. Ca vous paiera votre chambre et la paillasse pour le Lézard. Le Centaure pourra dormir avec vous, sauf s'il préfère rester à part dans l'écurie, je lui fais ça gratuitement. S'il veut une pièce à part au rez-de-chaussée, il paiera, par contre.

S'ensuivit alors quelques hochements de tête, quelques acquiescements, quelques reniflement de porcs... J'avais joué de ma vielle, et je me souvins ô combien la chasse m'appelait. Depuis que j'ai quitté la chaumière dans laquelle je vivais avec mon oncle, je n'avais ni chassé, ni rejoué cet air que je venais de jouer à l'instant. Elle me rappela mes heures passées dehors à traquer de jeunes lapins vifs et agiles, et la sensation grisante de loger un trait d'arbalète entre deux petites côtes. Tout cela me manquait ardemment, même si une seule semaine s'était écoulée depuis ma dernière chasse. Je me rendis compte de ce manque. J'étais tendu, et presque en sueur. On mettrait ça sur le compte de la chaleur de l'âtre, sans savoir qu'en moi brûlait des flammes bien plus dangereuses.

Je rejoignis Vritz et Icahadeï, qui m'attendaient à une table. Ma mine dépitée ne détonerait pas de trop avec l'air affable de Maître Delune, j'accordais toute importance à ne pas leur laisser présager autre chose que le rôle bien défini auquel je devais me tenir. Au rôle auquel je me tenais.

IRILH - Bien ! Après avoir égayé un peu cet endroit, je dormirais à l'étage avec mon Lézard. J'aimerais que vous logiez non loin de ma chambre mon bon Mulet. Cela nous coûtera un peu, mais nous avons à voyager demain...
Je dis la fin de ma phrase plus silencieusement.
... il ne faudrait pas oublier que nous avons à faire.

Vritz hocha la tête. Je me dis avec un certain cynisme qu'il ne pouvait pas faire grand chose d'autre de toute façon.

Le Halfelin qui faisait le service était bien trop révérencieux à mon goût. Il semblait assez niais, et je n'avais guère de mal à me faire dédaigneux. Je commandais de quoi nous restaurer, et profitait que la salle ne soit pas encore pleine pour manger. J'avalais rapidement ce que le Halfelin nous amena, et la salle se remplissait peu à peu. Icahadeï me fit part de sa stupeur en voyant que le Centaure mâle était ferré des quatre pattes. Ce détail ne m'étonnait pas, mais je compris, éclairé par la conversation entre Vritz et Icahadeï, que ce ne devrait pas être trop le cas pour un Centaure "libre".
Je ne pensais pas que donner à Icahadeï le rôle d'un "mercenaire-esclave" serait aussi représentatif d'une situation assez courante à Estandre. Je leur dis, à voix basse et la bouche à moitié remplie :

IRILH -  Au moins, Mulet, ton rôle ne détonne pas trop avec l'hypocrisie qui plane dans les rues d'Estandre...

Je remarquais que l'aubergiste me fit signe de venir m'installer et ajoutait à la hâte :

IRILH - Va la voir !

Je fis un signe de tête accompagné d'un clin d'oeil pervers vers la Centaure attablée seule dans un coin de l'auberge, qui signifiaient simplement que Mulet devait être rustre, mais pas sans couille. Vritz ne put s'empêcher de rire, ce qu'il tenta de dissimuler derrière une quinte de toux.

Pour ma part, je me dirigeai vivement vers l'âtre et commença à jouer de la vielle, songeant aux jours qui suivront, et à la chasse qui m'attendait...

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Message  Icahadeï le Mer 14 Déc 2016 - 21:21

Irilh avait fait son choix pour la nuit : il dormirait dans la même chambre que Vritz, il paierait le prix pour qu'Icahadeï ait son propre espace au rez-de-chaussée. Icahadeï se demanda pourquoi cette peine, alors que l'aubergiste lui avait proposé de le faire dormir avec lui. Ils auraient pu être tous trois dans la même chambre et cela n'aurait pas dérangé Icahadeï. Le Centaure alezan se demanda s'il s'agissait là de générosité désintéressée ou si Irilh avait quelque chose derrière la tête.

Quant à l'Halfelin, Irilh le traita de haut, lui rappelant bien comme il fallait son statut d'esclave. Ce n'était qu'un rôle, de toute façon. Icahadeï pensait en avoir assez vu pour savoir qu'Irilh ne prenait pas de plaisir à rabaisser les esclaves. Enfin, Vritz ne parlait pas. Cela ne l'empêchait pas de s'exprimer, par des hochements de tête ou des balancements de queue. Il se contentait en fait d'approuver ce que disait Irilh. Chacun laissait Maître Delune prendre de la place à table. Et puis, dans cette histoire, Vritz était le seul qui n'avait pas besoin de jouer un rôle.

Ils mangèrent. Vritz eut droit à une bouillasse infâme, et Icahadeï fut terriblement tenté de lui offrir un morceau de pain. Attendant le bon moment pour n'être vu de personne, il céda à sa bonne conscience. Vritz lui ouvrit un regard plein de surprise. Il avait été si enfermé dans son statut d'esclave, qu'il avait appris à se satisfaire des restes et à trouver inconcevable que quelqu'un partageât son pain avec lui. Icahadeï, d'une mimique faciale crispée, le pressa à se ressaisir, à se faire plus discret. Vritz mangea son pain. Une trentaine de secondes plus tard, c'est un morceau de lard qu'il eut en bouche en toute discrétion. De toute façon, les deux Centaures souris étaient eux-mêmes des esclaves, au moins le mâle, la Centauresse dans son coin était difficile à cerner mais ne dirait probablement rien de toute manière, et les clients Humains étaient trop occupés à discuter entre eux. L'aubergiste faisait son service sans scruter la table d'Irilh, n'accordant aucune attention à Vritz, et l'Halfelin était trop niais pour faire une quelconque remarque. Ainsi, petit à petit, Icahadeï se retrouva à donner pratiquement la moitié de son repas à Vritz qui se fit aussi discret que possible. Il ne formula pas de remerciements oraux, mais son regard les communiqua tout aussi bien.

A la fin du repas, quand l'Halfelin débarrassa une partie de la table, l'aubergiste signala à Irilh qu'il était l'heure de se mettre au travail. Irilh adressa trois mots à Icahadeï avant de se mettre en scène :

IRILH – Va la voir !

Il fit un signe de tête en direction de la femelle Centaure seule dans le coin de la salle, avec un clin d'œil. Vritz étouffa un petit rire en se forçant à tousser. Icahadeï fut déstabilisé : lui, aller voir cette inconnue ? Pourquoi Irilh lui demanda-t-il cela ? Il avait parlé trop fort pour qu'Icahadeï lui désobéisse. Le mâle alezan n'avait jamais été particulièrement doué pour aborder les femelles, et il se sentit soudain timide. Mais Irilh ne lui laissait pas le choix : le personnage d'Icahadeï ne devait pas être timide.

Icahadeï se força donc à approcher la “demoiselle”. La femme-jument avait la robe alezane, une chevelure noisette ébouriffée, le regard ferme. Elle n'était même pas avenante. Et Icahadeï ne la trouvait pas particulièrement belle. Elle regarda le mâle qui approchait en s'efforçant de paraître le moins penaud possible.
Le personnage d'Icahadeï était rustre. C'était le maître-mot. Comment être rustre sans être impoli ? Icahadeï n'en savait rien...

ICAHADEI – Que fait une femelle comme vous seule dans un coin ?

Icahadeï se sentit tellement mal... avec en plus la contrainte de ne rien en montrer. Il était juste ridicule. Et la réponse sèche de la femelle ne l'aida pas à se mettre à l'aise :

Femelle Centaure – Rien qui ne soit vraiment vos affaires.

Vlam ! Comment ne pas trébucher après ça ?

ICAHADEI – Je pense que cela intéresse mon...

Son... quoi ? “Maître” ? Cela prêterait à confusion. Icahadeï ne devait pas jouer un esclave.

ICAHADEI – ... Monsieur Delune.
Femelle Centaure – (en langue centaure) Ecoute, je sais que tu es un esclave, mais fais au moins l'effort de ne pas le montrer. Va-t'en.

Mince, elle se méprenait... En même temps, comment pourrait-elle penser autrement ? Seulement, cette femelle ne l'était pas, de toute évidence, et il ne faudrait pas qu'elle aille raconter à de mauvaises oreilles qu'elle avait croisé un esclave dans cette auberge. Puisqu'elle parlait en Centaurique pour s'assurer que les Humains présents ne la comprendraient pas même s'ils l'entendaient, peut-être que lui répondre dans cette même langue aiderait à la convaincre qu'Icahadeï n'était effectivement pas un esclave.
Cela posait toutefois une question : pourquoi se mettait-elle à parler en Centaurique ? Ce n'est pas aux Humains présents qu'il fallait éviter de révéler qu'un Centaure pouvait être esclave ici, mais aux autres Centaures eux-mêmes, non ? Quoiqu'en y réfléchissant, si certains Estanols entendaient parler un Centaure esclave, cela pourrait attirer des ennuis à son maître. En l'occurence dans ce cas : à Irilh. L'interlocutrice d'Icahadeï voulait donc éviter cela. Mais qu'est-ce qui lui garantissait qu'aucun Humain ne comprenait le Centaurique ? Il était même au contraire probable de rencontrer un Humain sachant comprendre le Centaurique, ici, en Estandre, non loin de Fort-Hybride et dans une auberge ouverte aux Centaures. Cela limitait au moins les risques par rapport à la langue commune...

ICAHADEI – (en langue centaure) Mais je ne suis pas un esclave !

La femelle échappa un rictus, et désigna du menton les deux Centaures souris.

Femelle Centaure – (en langue centaure) Ne te fatigue pas, autant essayer de me faire croire que ces deux-là sont de riches propriétaires ! Allez, retourne auprès de ton maître, “mulet” !

Irilh n'avait pas aidé les choses en prononçant le faux non d'Icahadeï à voix haute. Icahadeï n'insista pas, il était allé voir cette femelle, comme Irilh... enfin, Delune le lui avait demandé, il ne comprenait même pas pourquoi, alors cela ne servait à rien de forcer une discussion qui tournait déjà en rond. Icahadeï retourna à sa table, à côté de Vritz.

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Irilh le Sam 31 Déc 2016 - 14:46

(La femme Centaure parla dans un langage incompréhensible).

J'entendis la Centaure répondre à Icahadeï en langue centaure. Je suivis d'un œil leur courte conversation, tandis que je m'installais et commençais à jouer de la vielle. Mon oreille m'étais bien inutile, et je lisais sur le visage de la femme Centaure quelques traits de dégoût. Icahadeï était-il trop rustre dans ses manières ? Ou jouait-il au bellâtre charmeur, au plus grand damne de la damoiselle ? Je ne pus retenir un sourire. J'avoue ne pas trop savoir moi-même pourquoi je l'avais envoyé la voir... Je pensais lui donner mon accord pour essayer de se détendre un peu. J'étais parti un peu trop optimiste sur ses chances d'y arriver. Espérons que cela renforcera notre couverture.

(La femme Centaure parla encore dans sa langue natale).

Ah ! Elle l'appela « mulet » à la fin de sa tirade. J'aurais peut-être dû m'abstenir de lui proposer d'aller la voir... Lui ai-je imposé d'ailleurs ? Peu importe, cet épisode, certainement gênant, ne devrait pas nous faire défaut par la suite.
Icahadeï retourna à table, Vritz à côté. Esquissait-il un sourire lui aussi ? Je ne pouvais m'en rendre compte. J'espèrais simplement qu'Icahadeï ne prit pas mal le fait que je lui avais demandé d'aller voir cette femelle, et je n'hésiterais pas à m'excuser si nécessaire.

Je jouais quelques airs communs, et fis même une improvisation lorsque l'inspiration me vint. J'essayais, tant bien que mal, de transmettre un peu de bonne humeur et de chaleur à cette auberge, en dépit de mon humeur propre. Je pensais encore à la chasse. Lorsque je finis une ballade inspirée sur l'exploit d'un chasseur qui tua un ours énorme, haut d'une toise au garrot, je hélai le Halfelin. Il portait un lourd plateau chargé de pintes et allait servir une tablée de quatre hommes forts et bruyants. Peut-être étaient-ils des gardes en permission ? À leur aise, je le présumais donc. Je fis de nouveau signe au Halfelin, de retour le plateau vide, et lui demandai un lait de chèvre.

Je buvais tranquillement mon lait de chèvre, et j'en profitais pour regarder la salle, presque comble. Il n'y avait que quatre Centaures dans la pièce, et les quelques vingts autres clients étaient des hommes, humains. Au comptoir, on balançait un tas de ragots. Apparemment le vieux Roger était épris de sa propre fille, la belle Julia. Elle était la plus douce des fleurs d'un village à côté d'Estandre, et à force de se faire courir autour par tous ces loqueteux, on craignait qu'elle ne quitte la région à jamais. Les piliers de comptoir ne manquaient pas de ponctuer cette petite histoire de nombreuses réflexions grivoises, comme toutes ces autres petites histoires qui se racontaient en fin de journée autour d'une bonne pinte et qui s'enchaînaient sans discontinuer. Je remarquais l'aubergiste qui me fit un signe de la main. Je pouvais prendre 5 minutes de pause.
Dans le reste de la pièce, il y avait donc la Centaure seule, qui finissait son repas, et le « couple » de Centaures à robe souris. Il me semblait qu'ils attendaient quelqu'un... Le mâle faisait les allers-retours vers le comptoir pour se servir lui-même, et la femelle jetait un coup d'oeil à chaque fois que la porte de l'auberge s'ouvrait.
Et je remarquais trois hommes, à une table à l'écart. Ils parlaient peu, et bas. Si nous avions été dans une auberge de passage, sur une route reculée, ces hommes auraient pu être des brigands attendant que de riches voyageurs éreintés se retirent dans leur chambrée. Mais ici, à même Estandre, de tels voleurs pouvaient-ils exercer leur métier ? Mon oncle, ancien garde à Estandre, me disait que "les voyous pullulent dans les bas quartiers, aussi invasifs que des rats... ils s'aventurent parfois même dans toute la ville".

Il nous fallait être prudent cette nuit, verrouiller notre chambre et garder un sommeil léger...

Ma pause se terminait, je repris donc ma vielle, et finissais la soirée sur des airs plus doux et calmes.

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Message  Icahadeï le Lun 2 Jan 2017 - 15:48

Vritz n'avait pas bougé de place, et en l'absence de celui que tout le monde dans la salle prenait pour son maître, l'Halfelin n'était pas venu lui prendre une autre commande. Quand Icahadeï posa son regard sur lui, il crut voir un léger sourire sur sa bouche reptilienne sans lèvres. Il eut envie de plaisanter avec le sourire, plus pour sauver les apparences qu'autre chose, mais se rappela le maître-mot du caractère de son personnage : rustre. Alors, pour rester dans le personnage, il prit le ton le plus sec possible, qui sonna en fait comme de la vexation :

ICAHADEI – Efface-moi ce sale sourire.

En bon esclave, Vritz hocha la tête et se crispa pour effacer son sourire. Icahadeï se tapait la honte, devant un esclave en plus, bien que ce détail ne l'affecta pas. Au fond de lui, Icahadeï traitait déjà Vritz comme un non-esclave. Il n'avait donc pas plus honte devant lui à cause du réel statut de l'Homme-lézard.
Pendant qu'Irilh jouait de la vielle, la salle se remplissait bien. Plus d'une vingtaine de couverts furent servis. L'Halfelin travaillait seul dans le service de salle, et donnait de l'énergie à naviguer de table en table pour satisfaire tous les clients, pendant que son maître tenait le comptoir et passait les ordres en cuisine. Irilh demanda même à se rincer la gorge avec une boisson, puis il lui fut accordé une pause de quelques minutes.

ICAHADEI – Qu'est-ce que tu penses de lui ?

Vritz eut l'air surpris, presque autant que lorsqu'Icahadeï avait partagé son repas avec lui. Ne s'était-il pas attendu à ce qu'Icahadeï lui parle ? Icahadeï ayant lui-même été esclaves pendant plusieurs années tout au long de sa vie, il comprit bien vite que la cause de la surprise de Vritz était plus précise encore : Icahadeï s'intéressait à lui et à ce qu'il pensait. Personne n'avait cet égard envers un esclave.

VRITZ – D'Iritz ?
ICAHADEI – Oui.
VRITZ – Je n'ai rien à penser des gens. Je n'ai pas d'opinion à avoir.
ICAHADEI – Je vous en prie, vous savez ce que nous comptons faire à votre sujet. Si l'on vous demande votre opinion, donnez-la.
VRITZ – Je... ne sais pas vraiment quoi dire. J'ai essayé de voler Irilh, et vous l'avez défendu. Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. Vous vous montrez tous deux si zélés. Je ne suis qu'un esclave et un voleur, je ne mérite rien de tout ça.

Icahadeï ne pouvait que comprendre ce que disait l'esclave. Vritz avait eu l'esprit formaté par sa condition d'esclave, quoique pas entièrement puisqu'il lui restait suffisamment de défense mentale pour se livrer au vol en échappant à la surveillance de son maître.

ICAHADEI – Ce n'est pas la peine de continuer à vous en vouloir pour cela. Je pense qu'Irilh comprend autant que moi le besoin que vous avez eu d'essayer de le voler. Et puis, vous nous avez promis que vous ne vous y reprendrez plus jamais. Tout va bien.

Vritz ne répondit rien, n'osa toujours pas regarder Icahadeï dans les yeux en public. Il avait besoin d'assimiler. Icahadeï se souvenait de ses premiers pas en tant que mâle libre, avec Svenjig, après six ans d'esclavage. Bizarrement, cela n'avait pas été facile. Il avait mis du temps à se débarrasser de réflexes d'esclaves, à oser regarder les gens dans les yeux, à donner son opinion, à prendre spontanément la parole, et même à émettre des refus ; et encore aujourd'hui, il lui restait une bonne part de servilité. Il ne pouvait donc que comprendre les pensées de Vritz, pour avoir vécu la même chose.

En attendant qu'Irilh ait fini pour de bon de faire de la musique dans l'auberge, Icahadeï promena son regard sur les différents clients. Certains étaient venus avec leurs esclaves qui n'avaient pas tous le même traitement, et ce n'était pas qu'une question de race : il vit un esclave Homme-lézard être assis à table comme Vritz, mais un autre devoir manger dans une gamelle, à même le sol. Un esclave Tigrain typé puma était même tenu en laisse.

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Message  Irilh le Dim 15 Jan 2017 - 14:53

La soirée se terminait, il était bientôt minuit et quelques clients débarrassaient le plancher. Éméchés, saouls, ivres, je n'aurais pas été étonné qu'au moins l'un d'eux demain se retrouverait dans une ruelle sombre, la bourse vidée par quelque voleur. Je pouvais m'arrêter de jouer, et mis dans ma poche les quelques pièces de cuivre de pourboire que j'avais gagné. Je rangeais ma vielle dans mon étui. Étonné, je trouvais à l'intérieur un morceau de parchemin de la plus courante des qualité. Un message était inscrit dessus, calligraphié à la plume de manière grossière. Je lisais :

Après minuit.
Arrière-cours.
Amener lézard.


Sans que je ne trouvai le temps de réfléchir, l'aubergiste vint vers moi l'air enjoué :

Aubergiste –  Bon, c'était pas trop mal ! Je crois ne jamais avoir vu certains des clients qui étaient là ce soir, vous en avez rameuté de nouveaux c'est bien.

IRILH – Heureux de l'apprendre...  Nos deux chambres sont-elles prêtes ? dis-je confus, un peu mal assuré.

Aubergiste –  Toujours ! avec fierté.

Je devais dès à présent savoir qui me traquait. Qui nous traquait. L'idée d'être une proie m'était insupportable.

IRILH – Avez-vous même la chance d'accueillir pour la nuit de nouveaux clients ?

Aubergiste – Eh bien oui ! La Centaure qui était dans le coin là, elle dort ici cette nuit. Et j'ai quatre ou cinq personnes qui sont, comme vous, de passage. C'est une bien fructueuse soirée !

IRILH – C'est bien vrai ! Au fait, je me suis ravisé. Après réflexion, pourrions-nous avoir une chambre pour trois ?

L'aubergiste réfléchit, s'étira et poussa un long bâillement. Il se racla la gorge et dit :

Aubergiste – Boarf, si vous voulez, la chambre est encore vide. Tenez, la clé.

Je le remerciais et lui souhaitais la bonne nuit tandis qu'il me donnait la clé.
Je finis de ranger ma vielle et alla ensuite à la table de Vritz et Icahadeï. Les expéditeurs du message devaient déjà être dehors. Dans l'arrière-cours ? Une embuscade ? Combien seraient-ils ? Ils voulaient Vritz... pourquoi ? Risquerais-je ma vie simplement pour un esclave ? Ces questions fumaient dans ma tête. Je m'assis à côté d'Icahadeï, en regardant suspicieusement les quelques rares badauds encore dans la pièce. Sous la table je lui tendis le parchemin pour qu'il comprenne autant que moi la situation.

IRILH – On a des ennuis. Allons dans notre chambre.

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Icahadeï le Lun 16 Jan 2017 - 15:48

Au fil de la soirée, la salle se dépeupla. Les clients rentrèrent dans leur chambre ou quittèrent l'établissement pour rentrer chez eux en pleine nuit en bravant le couvre-feu. Quelques uns d'entre eux avaient un peu trop bu d'alcool et chancelaient. C'était le cas d'un client qui resta encore dans la salle commune, comme quelques autres toujours présents quand Irilh termina son petit concert. Icahadeï n'avait rien contre de la musique, mais depuis le temps, il avait commencé à s'ennuyer à table, il devait bien le dire. Il avait alterné entre une position allongée et une position debout, avec le besoin de se dégourdir les jambes. Quand il restait aussi longtemps sur place, en général c'était pour dormir. Vritz étant un esclave, Icahadeï n'avait pas voulu trop discuter avec lui. Il avait donc dû attendre, à table, sans rien faire. Oui, il s'était ennuyé.

Pourtant, le concert d'Irilh n'était pas inutile. Au-delà du plaisir que l'Humain semblait prendre à jouer de la vielle, sa prestation lui payait la chambre et les consommations. Icahadeï fut bien content quand ce fut fini. Il articula une à une ses quatre pattes, cherchant à rester encore un peu éveillé. Vritz somnolait à moitié.
Irilh avait récupéré plusieurs pourboires dont il fit le compte. Il déplia un parchemin et le lut. Un client lui avait laissé un message, semblait-il. Il échangea ensuite quelques mots avec l'aubergiste, puis retourna voir Vritz et Icahadeï. Sous la table, il tendit le parchemin à ce dernier, qui s'en saisit en essayant d'être discret, car Irilh alerta :

IRILH – On a des ennuis. Allons dans notre chambre.

Voilà des mots inquiétants. Icahadeï avait juste envie de pouvoir aller dormir dans l'espace pour Centaures qui lui avait été réservée au rez-de-chaussée, mais il allait d'abord devoir monter les escaliers pour s'enfermer dans la chambre d'Irilh et de Vritz. Il n'avait pas entendu qu'Irilh avait demandé à l'aubergiste qu'il pût finalement dormir dans la même chambre qu'eux.

Icahadeï laissa Irilh passer devant, suivi de Vritz. Icahadeï monta les escaliers en dernier, prenant bien garde à ne pas manquer de marche avec ses quatre pieds. Irilh fit entrer l'Homme-lézard et le Centaure dans la chambre. Maintenant isolé des autres clients, Icahadeï déplia le parchemin. Quelques mots étaient écrits.

ICAHADEI – Je ne sais pas lire. Qu'est-ce que ça dit ?

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Message  Irilh le Lun 16 Jan 2017 - 21:07

Nous avions quitté la salle commune, et étions montés dans notre chambre. Je fis part à Icahadeï du fait que nous allions « dormir » ensemble, même si je doutais pouvoir dormir beaucoup cette nuit. La pièce n'était guère grande, et j'aurais aimé avoir plus de places pour faire les cent pas. Je m'asseyais donc dans un fauteuil en osier et tentais tant bien que mal de trouver une position confortable, mais rien ne pouvait me donner du confort à ce moment-là. Icahadeï déplia la lettre et dit :

ICAHADEÏ – Je ne sais pas lire. Qu'est-ce que ça dit ?

IRILH – Après minuit, arrière-cours, amener lézard.

Je laissais passer un certain temps de pause, afin de clore le message, puis je repris :

IRILH – Clairement, Vritz, on vous recherche, je ne vois pas d'autre explication, un peu de colère transparaissait dans ma voix. La raison pour laquelle on vous recherche doit sans doute peu me concerner, néanmoins, j'aimerais savoir quels risques nous courrons, Icahadeï et moi-même.

Vritz était gêné, mais je le voyais réfléchir plus que d'habitude, sortir de l'état d'hébétude dans lequel sont trop souvent les esclaves. Il faisait un effort. Était-ce pour se concentrer ou pour s'empêcher de dévoiler un secret ?

VRITZ – Eh bien... Bon, j'ai eu du mal à vous faire confiance. Ne pas me laisser aux gardes lorsque je vous ai volé, m'emmener au temple pour prier...

Vritz hésitait à parler.

VRITZ  – Cela fait plusieurs jours que je suis parti du domaine des Bald... Enfin, j'ai fui. Ma... ma maîtresse était mourante. Elle souffrait d'une maladie impossible à soigner, mais sa douleur ne semblait jamais vouloir prendre fin... Alors elle m'a supplié... supplié... Et j'en ai fini.

Je vis perler au coin des yeux du reptile une larme. Je n'avais jamais songé cela possible. Je ne m'attendais pas à ce qu'il en dévoile autant. Nous dire simplement qui étaient ces gens aurait été suffisant... Il se reprit :

VRITZ – J'ai ensuite voulu rejoindre Telbara, sans aucune idée de la route à prendre ni de quoi que ce soit. Je traversais une forêt, et sans le savoir, je quittais Estandre pour Tacomnal... Et... c'était flou... Je crois avoir fait la rencontre d'une fée !

Il redoutait sans doute que l'on ne croit pas en son histoire. Et il y avait de quoi.

VRITZ – Elle m'a dit de repartir vers Estandre ! Elle m'a dit qu'en allant là-bas, je serais libéré. Dans ma propre cage j'y trouverais la clé...

Vritz sembla alors sombrer comme dans un songe, un peu perdu. Soit cet Homme-Lézard était complètement fou, soit une grosse pierre a dû le frapper... et le rendre presque fou !
Une fée... Ces créatures n'apparaissaient que dans des contes que l'on me racontait étant enfant. A ce moment, je pris Vritz pour un pauvre être perdu, perdu dans des fariboles. Je n'avais pas l'esprit pour relativiser.

Je regardais alors Icahadeï, l'air médusé.

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Message  Icahadeï le Ven 20 Jan 2017 - 21:21

Irilh informa finalement Icahadeï qu'il avait changé d'avis, et que tous trois dormiraient dans cette même chambre. Passé l'effet de surprise assez bref, Icahadeï se sentit assez heureux de savoir qu'il n'allait pas être isolé de ses deux compagnons. Il ne connaissait Irilh et Vritz que depuis le début de la journée, mais en si peu de temps, ils s'étaient déjà trouvé un objectif commun. Les choses se passaient si vite, parfois. Icahadeï avait l'impression de pouvoir leur faire confiance. Et puis, au-delà de ça, en tant que Centaure, c'était tellement plus valorisant de dormir avec eux que d'être laissé à l'écurie !

Irilh s'affala dans un fauteuil en osier qui semblait assez peu confortable vu comment l'Humain se tortilla pour trouver une bonne position. Le Centaure ne savait de toute manière pas la sensation de s'asseoir dans un fauteuil ; quant à Vritz, il resta debout, près d'un mur contre lequel frottait sa queue.

IRILH – « Après minuit, arrière-cour, amener lézard. »

Vritz ne broncha pas, tellement habitué qu'il était à être désigné comme un animal, autant qu'Icahadeï avait été habitué à être traité de cheval, ce qu'il avait appris à ne plus accepter.

IRILH – Clairement, Vritz, on vous recherche, je ne vois pas d'autre explication. La raison pour laquelle on vous recherche doit sans doute peu me concerner, néanmoins, j'aimerais savoir quels risques nous courrons, Icahadeï et moi-même.

Etrange, Irilh pensait qu'il n'était pas concerné alors que le message lui avait été remis en personne et qu'il se faisait passer pour le maître de Vritz. De l'avis d'Icahadeï, cela ressemblait au message – un peu suspect tout de même – d'une personne ayant envie de faire l'achat de Vritz. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas proposer un rendez-vous en plein jour et en public ? Les Hommes-lézards étaient des esclaves dans cette ville, une telle transaction serait perçu comme un banal échange de marchandise.

Icahadeï tourna tout de même le regard sur Vritz, le laissant répondre. Il le vit hésiter, chercher ses mots... Il avait l'air de savoir quelque chose.

VRITZ – Eh bien... Bon, j'ai eu du mal à vous faire confiance. Ne pas me laisser aux gardes lorsque je vous ai volé, m'emmener au temple pour prier...

Mais maintenant, il devait quand même bien réaliser que les intentions d'Icahadeï et d'Irilh étaient sincères, non ? La dernière discussion entre Icahadeï et lui pendant qu'Irilh jouait sa musique, en avait été une preuve supplémentaire. Icahadeï avait même partagé pratiquement la moitié de son repas avec lui, ce que personne ne ferait avec un esclave.

VRITZ – Cela fait plusieurs jours que je suis parti du domaine des Blad... Enfin, j'ai fui. Ma... Ma maîtresse était mourante. Elle souffrait d'une maladie impossible à soigner, mais sa douleur ne semblait jamais vouloir prendre fin... Alors elle m'a supplié... supplié... Et j'en ai fini.

Cette révélation imposa un silence lourd d'émotion. Oui, Vritz était ému en évoquant cette demande de sa maîtresse. Il avait tué sa maîtresse en suivant la volonté de cette dernière.
Icahadeï baissa la tête, touché.
Mais quel rapport avec le message reçu par Irilh ?

VRITZ – J'ai ensuite voulu rejoindre Telbara, sans aucune idée de la route à prendre ni de quoi que ce soit. Je traversais une forêt, et sans le savoir, je quittais Estandre pour Tacomnal... Et... c'était flou... Je crois avoir fait la rencontre d'une fée !

Icahadeï releva le regard. Vritz avait donc essayé de fuir la ville. Une fée ? Cela n'avait rien d'impossible, mais Icahadeï lui-même n'avait jamais eu la chance de rencontrer de fées, même du temps où il vivait encore en tribu.

VRITZ – Elle m'a dit de repartir vers Estandre ! Elle m'a dit qu'en allant là-bas, je serais libéré. Dans ma propre cage j'y trouverais la clé...

Alors quoi, la venue d'Irilh et d'Icahadeï et leur décision de le libérer, n'étaient qu'une manifestation du destin ? Les dieux avaient déjà décidé de cette rencontre ? Non, les dieux pouvaient favoriser les conditions pour que quelque chose se produise, mais pas manipuler directement l'esprit des gens pour les forcer à faire des rencontres et à prendre des décisions. L'on pouvait prier Elasgol pour qu'un voyage se fasse sans embûche, l'on pouvait prier Kaluni pour qu'aucun mal de nous affecte... Mais comment une fée aurait-elle pu lire que Vritz aurait été destiné à rencontrer deux personnes prêtes à le libérer ? Les dieux avaient peut-être influencé les circonstances pour que Vritz essaie de commettre un larçin sur Irilh sous les yeux d'Icahadeï, en sachant la piété de ce dernier et son empathie. Comment une fée aurait-elle pu sentir cela ? Comment aurait-elle pu se permettre d'assurer Vritz qu'il serait libéré ? Les dieux avaient peut-être placé Icahadeï sur la route de Vritz, mais il y avait toujours un risque que les choses ne se passent pas comme prévu. Personne n'avait un destin tout tracé. Personne n'était spectateur de sa propre vie, hormis ceux qui le décidaient.

ICAHADEI – Vous avez eu de la chance de rencontrer une fée. Ce qui m'étonne encore plus, c'est qu'elle se soit risquée à vous assurer que votre destin était d'être libéré. Les dieux ont sûrement voulu que nous vous rencontrions. Mais ce que vous avez fait en écoutant les paroles de cette fée, c'est un pur acte de foi.

Icahadeï ne voulait pas se permettre de dire à voix haute que la fée avait exagéré en assurant à Vritz qu'il serait libéré. C'était peut-être une messagère des dieux, et Icahadeï était trop pieu pour se permettre de faire injure à cette fonction. Il venait donc de trouver une manière détournée d'exprimer son étonnement.

ICAHADEI – Pourquoi nous raconter cela ? En quoi cela a-t-il un rapport avec le message reçu par Irilh ?

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Irilh le Lun 13 Mar 2017 - 19:56

ICAHADEI – Vous avez eu de la chance de rencontrer une fée. Ce qui m'étonne encore plus, c'est qu'elle se soit risquée à vous assurer que votre destin était d'être libéré. Les dieux ont sûrement voulu que nous vous rencontrions. Mais ce que vous avez fait en écoutant les paroles de cette fée, c'est un pur acte de foi.

Je doutais fortement que Vritz ai pu rencontrer une fée, et même dans ce cas... Elle n'aurait vu qu'un futur possible, une trame qu'aurait pu suivre la vie de Vritz, comme on peut prévoir où le lit d'un fleuve débordera en cas de cru.

ICAHADEI – Pourquoi nous raconter cela ? En quoi cela a-t-il un rapport avec le message reçu par Irilh ?

J'attendis simplement que Vritz réponde, je n'étais guère d'humeur à émettre des jugements. Cependant, je sentais monter la tension, et malgré ma réticence, je devrai sans doute bousculer mon cerveau. Être pris dans une traque n'était pas à mon goût.

VRITZ – A mon avis, sire Barangon a dépêché des hommes d'armes pour venir me chercher. Il ne souhaite pas que s'ébruite cette affaire : on croirait qu'il a laissé sa femme souffrir, jusqu'à ce qu'un esclave s'occupe d'elle, enfin... Ou bien qu'il aurait demandé à cet esclave de faire cette corvée. Dans les deux cas, ingérant ou lâche, le déshonneur tomberait sur son nom...

IRILH – Et avant que tu ne dévoiles la vérité, un esclave dont la version n'aurait d'ailleurs que peu de crédit, Barangon a donc envoyé quelques hommes pour te ramener, ou te tuer.

Si Barangon ne souhaitait pas que cette affaire s'ébruite, s'il avait été prudent, il n'aurait envoyé que deux, peut-être trois hommes d'armes pour cette tâche. J'étais étonné que Barangon accorde autant de crédit à la version des faits d'un esclave, cela me confortait à penser que c'était un homme prudent. La rencontre organisée ce soir témoigne encore de ce souhait de ne pas faire d'esclandre. Cette initiative, prise sur le terrain, dû être prise par une personne de confiance, et loyal à sire Barangon. Je demandais donc à Vritz :

IRILH – Sire Barangon a-t-il un homme de confiance ? Un capitaine ?

VRITZ – Une femme plutôt, nommée Aurore. C'est la capitaine de la garde de Barangon, qui le sert loyalement depuis près de 15 ans.


Une femme ? Surprenant. Rare étaient les femmes à s'élever aussi haut dans un monde d'hommes. Je sentais à nouveau cette étreinte qui me prend lors de mes heures à chasser. Connaître sa proie avant de l'attaquer... Si confrontation devait y avoir. Mon sang s'échauffait lentement, et jouer des cordes de ma vielle n'avait en rien étanché ma soif d'adrénaline.

J'exposais alors mes vagues théories à Icahadeï et Vritz. Je jugeais Barangon comme un homme patient, assez méthodique, et Vritz ajouta aussi qu'il était cruel. Ce dernier acquiesça lorsque je parlai d'Aurore et de sa loyauté, qui devait être indéfectible. J'espérais ne pas avoir affaire à plus de trois personnes armées.

J 'étais encore assis dans ce fauteuil en osier inconfortable, quelques bougies dansaient et vrillaient les ombres d'Icahadeï et de Vritz sur le plafond. Si bas, si petit, je les percevais immenses. Leurs visages étaient étrangement éclairés, et je pouvais presque ressentir l'aversion que pouvaient leur porter certains Estanols. Ils étaient différents, ils pouvaient presque être effrayants...

Je regardais Icahadeï, puis Vritz, et en me levant, je leur proposais ceci :

IRILH – Nous n'avons pas beaucoup de solutions... Personnellement, je n'en vois que trois, et j'aimerais savoir si vous en voyez d'autres. On peut essayer de fuir d'Estandre. Je ne doute pas que ces pourris aient demandés à quelques personnes de garder d'un œil sur les portes de la ville. A cette heure-ci, sans circulation, nous ne passerons pas inaperçu... Autrement, nous pouvons aller à ce rendez-vous, avec deux idées en têtes : négocier avec eux et jauger leur loyauté, ou bien tenter... de les éliminer. Si Aurore est une femme loyale à son maître, peut-être que ce ne sera pas le cas du ou des autres hommes... Mais nous avons à notre disposition très peu de moyens de négocier, si l'on ne souhaite pas jouer de nos vies et ni les leurs. D'où la deuxième idée, qui serait de les vaincre par la force... Une option envisageable...

Je terminais de verbaliser mes idées par cette option que je considérais être la plus grisante... Mais avais-je envie de montrer devant Icahadeï et Vritz mes talents d'acrobate et d'arbalétrier ? Jamais encore je n'avais eu à faire la démonstration de ces compétences, et elles auraient tôt faits d'éveiller quelques soupçons chez mes compagnons (bien que je n'ai encore jamais employé mes talents à quelque pratique illégale).

Je regardais Icahadeï et Vritz, attendant de savoir s'ils avaient autrement mieux à proposer, ce dont je ne doutais pas.

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Icahadeï le Dim 19 Mar 2017 - 19:42

VRITZ – A mon avis, Sire Barangon a dépêché des hommes d'armes pour venir me chercher. Il ne souhaite pas que s'ébruite cette affaire : on croirait qu'il a laissé sa femme souffrir, jusqu'à ce qu'un esclave s'occupe d'elle, enfin... Ou bien qu'il aurait demandé à cet esclave de faire cette corvée. Dans les deux cas, ingérant ou lâche, le déshonneur tomberait sur son nom...
IRILH – Et avant que tu ne dévoiles la vérité, un esclave dont la version n'aurait d'ailleurs que peu de crédit, Barangon a donc envoyé quelques hommes pour te ramener, ou te tuer.

Le contexte devenait plus clair, à un élément près, qu'Irilh venait justement de soulever : pourquoi Sire Barangon de la maison Bald se préoccupait-il autant de la parole d'un esclave ? Vritz serait décridibilisé à l'instant même où il essaierait de tacher l'image de son maître. Sire Barangon n'avait aucun souci à se faire. Icahadeï pouvait comprendre qu'il voulût récupérer son esclave, considérant que c'était son bien, mais cette peur et ce besoin de le faire taire semblaient assez déraisonnés. Peut-être que Sire Barangon était au fond simplement quelqu'un de très précautionneux, et que l'idée que même un esclave puisse répendre de mauvaises paroles à son sujet, lui était inacceptable. Il ne fallait peut-être pas aller chercher plus loin. Dernière hypothèse : Vritz se trompait sur les motivations de son maître, qui voulait simplement mettre la main sur lui pour le punir lui-même. Quoique dans ce cas, il n'était pas obligé de le faire en plein nuit à l'abri des regards indiscrets.

IRILH – Sire Barangon a-t-il un homme de confiance ? Un capitaine ?
VRITZ – Une femme plutôt, nommée Aurore. C'est la capitaine de la garde de Barangon, qui le sert loyalement depuis près de quinze ans.

Un capitaine loyal au service d'un homme précautionneux, ne laissant rien au hasard. Icahadeï sentait bien que libérer Vritz allait être encore plus difficile que prévu ; et ce n'était même pas son premier objectif...
Irilh discuta de la situation : il pensait que Sire Barangon était quelqu'un de patient et de méthodique, ce à quoi Vritz ajouta qu'il était aussi cruel, puis confirma qu'Aurore avait fait preuve d'une indéfectible loyauté envers lui. La situation commençait à faire peur à Icahadeï.

Irilh exposa trois plans d'action. Le premier : fuir Estandre en évitant les heures creuses où l'on ne pourrait que les repérer. Le deuxième : se rendre au rendez-vous et négocier, en misant sur le fait que tous les hommes de main de Sire Barangon n'étaient pas aussi loyaux qu'Aurore. Le troisième : se rendre au rendez-vous et se battre.
En y réfléchissant, Icahadeï n'était à l'aise avec aucune de ces trois idées.

ICAHADEI – Je ne peux pas fuir Estandre comme ça, j'ai pour mission de libérer un esclave... un autre que Vritz, j'entends.

Icahadeï en avait déjà parlé à ses deux compagnons, mais il semblait nécessaire de le rappeler maintenant. Fuir Estandre n'était pas une option car cela signifierait l'échec de cette mission. Or, c'est un ami, son meilleur ami, qui l'avait envoyé là.

ICAHADEI – Et je ne suis pas à l'aise avec l'idée de devoir me battre. Nous serons face à des soldats. Je n'ai que mon arc, et... je ne suis pas entraîné comme un soldat.

Icahadeï, au fil de ses pérégrinations, avait appris à se battre de mieux en mieux. Même s'il avait encore une large marge de progression, il se sous-évaluait encore puisqu'il n'aimait pas le combat. Il manquait de confiance en lui. Néanmoins, il avait objectivement raison sur un point : l'idée d'éliminer des soldats ne devait pas être prise à la légère.

ICAHADEI – Nous avons peut-être un moyen de négocier ?

Icahadeï regarda tour à tour Irilh et Vritz, cherchant du soutien pour ce qui lui semblait le plus raisonnable.

VRITZ – Je ne devrais pas parler comme ça, mais un carreau d'arbalète bien placé dans la gorge d'Aurore suffira à ébranler les quelques hommes de main qui l'auront accompagnée. Icahadeï peut me livrer au point de rendez-vous, Irilh se camouflera à la faveur de la nuit pour trouver un angle de tir.

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Message  Irilh le Jeu 23 Mar 2017 - 11:01

Icahadeï ne souhaitait pas fuir, ni se battre. La seule option que je lui avais laissé était la négociation... cependant, nous n'avions rien pour nous avantager dans ce cas. Icahadeï semblait clairement mal à l'aise à l'idée de devoir combattre des hommes armés. Il n'était pourtant pas plus mal charpenté qu'un autre Centaure, au contraire. J'avais soupçonné un peu plus de fougue chez lui. Peut-être qu'à l'heure du combat, le sanguin de sa race prendra le pas sur le naturel pacifique de son caractère ?

Icahadeï me regarda, puis Vritz, cherchant tout comme moi un moyen d'aborder cette situation. Si Icahadeï n'était pas certain de pouvoir se battre efficacement, peut-être devrions-nous prendre la fuite et...

VRITZ – Je ne devrais pas parler comme ça, mais un carreau d'arbalète bien placé dans la gorge d'Aurore suffira à ébranler les quelques hommes de main qui l'auront accompagnée. Icahadeï peut me livrer au point de rendez-vous, Irilh se camouflera à la faveur de la nuit pour trouver un angle de tir.

Ses paroles réveillèrent en moi le vieux chasseur ensommeillé, terré au fond de ma pensée... Mes yeux s'éclairèrent. Je ne m'attendais pas à ce que Vritz fasse une telle proposition, et il en soupçonnait bien plus de moi que je ne l'avais voulu. Il se doutait que j'étais un tueur habile dans les ombres. Sa sagacité ne devait pas être sous-estimée.

J'approuvais très largement la proposition de Vritz, et pris d'un élan d'excitation, je me levai. Je regardais Icahadeï et contrastant un peu le rôle de barde que je lui avais montré, lui dis :

IRILH – C'est dans mes cordes. Je n'ai pas eu la possibilité de regarder dans les parages, d'étudier le terrain. Je devrai sans doute prendre de la hauteur... Icahadeï, le plan de Vritz vous convient-il ?

Je jetais un coup d’œil à ma vielle et mon arbalète, toutes deux adossées au mur près du fauteuil. Ferai-je bientôt chanter toutes les cordes de ma personnalité ?

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Icahadeï le Dim 26 Mar 2017 - 19:12

Voilà que l'on parlait d'assassiner quelqu'un, maintenant. Evidemment, Icahadeï n'était pas enjoué par cette idée non plus ; mais en faisant le compte, aucune idée ne pouvait lui convenir. Le mieux aurait été qu'il n'y eût pas cette lettre, que le maître de Vritz ne fût pas un homme influent et riche... Icahadeï observa la réaction d'Irilh, et vit son visage s'illuminer. De toute évidence, l'idée de Vritz lui plaisait, à lui. Il n'avait peut-être pas souvent l'occasion de se servir de son arbalète, il faut dire : ce n'est pas le genre d'objets dont les bardes ont véritablement besoin.

Le regard maintenant dans le vide, Icahadeï chercha, ou du moins essaya de chercher rapidement une autre idée. Mais maintenant qu'il se doutait que l'idée émise par Vritz plaisait à Irilh, il ne voyait pas comment il pouvait en quelque seconde élaborer un tout autre plan qui n'impliquerait ni de fuir la capitale, ni de tuer qui que ce soit, ni de se séparer de Vritz.

IRILH – C'est dans mes cordes. Je n'ai pas eu la possibilité de regarder dans les parages, d'étudier le terrain. Je devrai sans doute prendre de la hauteur... Icahadeï, le plan de Vritz vous convient-il ?

Le Centaure parut un peu perdu l'espace d'un instant, alors qu'il cherchait ce qu'il pouvait répondre à Irilh. S'il s'opposait à l'idée de Vritz, il les laisserait tous trois dans l'impasse. Ignorer la lettre n'était pas décent : Sire Barangon savait qu'Irilh détenait Vritz et où il se trouvait. Ils ne pouvaient donc pas faire comme si de rien n'était.

ICAHADEI – Eh bien je... suppose que c'est l'option la moins... risquée.

Icahadeï eut l'impression que chaque mot qu'il prononça dans cette phrase lui arracha un effort pénible. Il allait se rendre complice d'un assassinat. Impensable. Il frotta nerveusement un sabot au sol, en même temps qu'il agita la queue. Il se racla la gorge en se grattant derrière une oreille.

ICAHADEI – Je ne vais pas vous cacher que... j'ai peur des conséquences que ça peut avoir. Nous parlons d'assassiner quelqu'un. Je préfèrerais encore que vous essayiez de me vendre à la place de Vritz, et que je m'échappe ensuite. Je... ne sais pas ce que nous pouvons faire.

Quelle différence cela faisait-il de tuer Aurore par surprise plutôt que de se livrer à un combat contre elle et les hommes de main de la maison Bald ? Est-ce que personne ne parlerait d'assassinat si le combat était frontal ? Etait-ce le mot “assassinat” qui effrayait tant Icahadeï ?

VRITZ – Où se trouve l'esclave que vous désirez libérer ?

Icahadeï eut l'air d'avoir été réveillé par Vritz pendant un mini-sommeil, alors qu'il s'était plongé dans ses pensées.

ICAHADEI – Il... Eh bien... De ce que je sais, il entretient les torchères dans les rues de la capitale, et il est hébergé dans un quartier d'esclaves en faubourg.

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Message  Irilh le Jeu 30 Mar 2017 - 0:15

Si je n'avais pas été aussi euphorique, j'aurais porté plus attention à la détresse dans laquelle serait Icahadeï dans toute cette histoire. Ce Centaure était un serviteur des dieux, et assassiner avec sang froid le capitaine de Barangon d'un trait dans la gorge ne devait guère faire partie de ses principes. Lorsque Icahadeï donna son avis, je compris peu à peu l'importance de la situation à ses yeux.
Il ne risquait pas que d'être blessé dans cette escarmouche à venir, mais risquait aussi d'avoir l'âme lacérée...

ICAHADEI – Eh bien je... suppose que c'est l'option la moins... risquée.

Icahadeï décrochait ces mots avec peine... Je lançais à mon tour un regard douloureux vers mon arbalète. En touchant Aurore, Icahadeï le sera peut-être aussi. Nous étions dans un sacré pétrin, et il nous fallait nous en tirer. Après tout... Aurore devait bien être douée de raison ? Si nous livrions Vritz, il n'y aurait sans doute pas de représailles envers nous. Mais Icahadeï rechignerait encore plus à rendre Vritz qu'à tuer un vil capitaine, qui bien que rusé soit tout de même un être servile...

ICAHADEI – Je ne vais pas vous cacher que... j'ai peur des conséquences que ça peut avoir. Nous parlons d'assassiner quelqu'un. Je préférerais encore que vous essayiez de me vendre à la place de Vritz, et que je m'échappe ensuite. Je... ne sais pas ce que nous pouvons faire.

Icahadeï proposait de s'échanger à la place de Vritz ? C'était bien altruiste de sa part, mais ce serait sans doute aussi terrible, même pire. Je pensais que ce n'était qu'une proposition désespérée, une alternative qui ne pouvait pas tenir. J'avais peut-être raison. Est-ce que Icahadeï devait forcément participer à cela ?

VRITZ – Où se trouve l'esclave que vous désirez libérer ?

Icahadeï semblait confus... Je me sentis mal qu'il soit pris dans cette situation, et mon excitation dû le mettre mal à l'aise.

ICAHADEI – Il... Eh bien... De ce que je sais, il entretient les torchères dans les rues de la capitale, et il est hébergé dans un quartier d'esclaves en faubourg.

Sa mission originelle était de sauver un esclave. Il n'en serait pas capable s'il était impliqué dans la rixe de ce soir. Blessé, pourchassé ou son moral sapé, l'âme alourdie d'un meurtre ? Tout cela en même temps ?

Je prenais l'étui de mon arbalète, et le posais où je le pouvais. J'étais dos à mes compagnons. Je leur parlais, tandis que je vérifiais l'état de mon arme. Elle était propre, toujours entretenue. 12 carreaux dans un large carquois se tenaient droits à côtés.

IRILH – Icahadeï... Tu n'es pas obligé de participer à ça. Vritz peut y aller seul, et essayer de me donner champ libre pour viser Aurore. C'est tout ce qui compte après tout.

Et j'enlevai mon bandeau qui masquait mes oreilles un peu trop pointues. Ainsi découvertes, elles ne devaient laisser aucun doute à Icahadeï ou Vritz sur ma véritable nature. J'étais demi-elfe, traqueur né, mes sens devaient tous être aux aguets. Je fis craquer mes os et échauffai mes muscles brièvement, puis me retournai. Mon arbalète était posée à côté, mon carquois plein était bien sanglé. Mon épée courte n'entraverait guère mes mouvements et mes vêtements amples devaient trouver tout leur sens aux yeux de mes compagnons. En face d'eux, il n'y avait clairement plus un barde. Derrière moi, la nuit m'appelait.
Un assassin se tenait devant Icahadeï et Vritz. J'attendais que l'un d'eux me donne son aval. Vritz l'avait déjà fait, mais Icahadeï a peut-être pu le faire changer d'avis.
Le plan me semblait simple : escalader les toits, trouver un angle de tir et viser Aurore sous le couvert des ombres. Il serait peut-être difficile de la distinguer dans le noir, mais j'avais l'habitude de viser un animal sans le distinguer clairement. Vritz devrait simplement l'attirer... Rien que ne me sembla impossible.

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Re: En lice dans une ville de vices

Message  Icahadeï le Dim 2 Avr 2017 - 12:03

Irilh se leva de son fauteuil et tourna le dos à Icahadeï et à Vritz, le temps de poser son arbalète et son carquois et d'inspecter l'arme. A sa façon de faire, Icahadeï devina qu'il était résolu à utiliser l'arbalète ainsi que l'avait suggéré Vritz. Icahadeï ne se sentait pas la force de s'opposer à cette idée partagée par ses deux interlocuteurs. S'il était seul, son avis n'avait aucune valeur. Il se sentit retomber dans ses réflexes d'esclaves, à penser que son avis ne valait rien du tout face à celui d'un Humain. Vritz avait sûrement pensé à l'option la moins risquée, et Irilh avait manifestement envie de la mettre à exécution. Qu'est-ce qu'Icahadeï pouvait y faire désormais ?

IRILH – Icahadeï... Tu n'es pas obligé de participer à ça. Vritz peut y aller seul, et essayer de me donner champ libre pour viser Aurore. C'est tout ce qui compte après tout.

Laisser Vritz y aller seul ?! Icahadeï ne se dit même pas que cela pourrait paraître louche à Aurore. Il se dit simplement que cela pouvait être dangereux pour Vritz. Il voulait le surprotéger, maintenant ; après tout, Vritz avait su se débrouiller seul depuis qu'il avait quitté la maison de son maître, mais Icahadeï n'était quand même pas tranquille. C'était plus fort que lui : Vritz était sous sa responsabilité, maintenant. Il lui avait annoncé qu'il ferait ce qui était en son pouvoir pour le libérer définitivement de sa condition d'esclave et pour l'amener sain et sauf dans le Royaume de Telbara ; ce n'était pas pour le laisser se rendre seul à un point de rendez-vous où il était prévu qu'on lui remette la main dessus.

ICAHADEI – Mais... nous ne pouvons pas laisser Vritz y aller tout seul !
VRITZ – Ne vous en faites pas pour moi. Irilh a raison : vous n'avez nul besoin d'assister à cela. Restez tranquille. Tout ce que j'ai à faire, c'est me rendre dans l'arrière-cour. Irilh agira et ce sera fini. Ca ira vite.

L'Homme-lézard voyait bien la nervosité du Centaure, et certainement qu'il en percevait les phéromones également. Ses mots surent apaiser quelque peu Icahadeï qui se répéta qu'il n'avait de toute manière pas de meilleure solution.

ICAHADEI – Je ne peux pas m'en laver les mains. Si je reste ici et que je laisse Irilh commettre un assassinat, je serai complice pour ne pas avoir cherché à l'en empêcher.
VRITZ – Vous allez déjà vous rendre complice de la libération de deux esclaves. Les dieux comprendront votre volonté.

Vritz était malin : puisqu'il avait été emmené au temple pour se repentir de ses fautes, il avait compris qu'Icahadeï était un mâle pieux, et il joua là-dessus. Cet argument fit mouche, et Icahadeï avait de toute façon besoin d'entendre ce genre de choses, il ne demandait qu'à être convaincu qu'Irilh allait commettre un assassinat pour la bonne cause et que les dieux sauraient se montrer miséricordieux.

Icahadeï posa un regard vide sur Irilh qui leur tournait toujours le dos. Il fut alors choqué par un détail : ses oreilles, qu'Irilh avait dénudées, étaient pointues. Icahadeï fut forcé à la conclusion suivante : depuis le début, il avait pris Irilh pour un Humain, mais il s'était trompé. Cela pouvait expliquer pourquoi il l'avait trouvé si différent des autres Estanols dans son comportement. Il était même plus différent qu'il ne l'avait pensé.

A ce moment-là, Irilh eut fini d'entretenir son arme, et refit face au Centaure et à l'Homme-lézard.

ICAHADEI – Irilh, vous... Vous êtes un Demi-Elfe ?!

Il avait déjà la réponse, évidemment, mais il marqua l'étonnement. Non seulement Irilh n'était pas simplement un Humain, mais manifestement, il n'était pas non plus un simple barde. Icahadeï regarda un instant Vritz, pensant déceler le même étonnement chez lui, et pourtant rien.

ICAHADEI – Tu le savais ?
VRITZ – Oui. A son odeur.

Ca semblait évident, en fait. Pourtant, Icahadeï avait un très bon odorat. Justement, par réflexe, il écarquilla les naseaux et renifla Irilh, sans s'approcher. Son odeur corporelle était bien moins forte, et bien moins désagréable que celle d'un Humain. En fait, Icahadeï l'avait déjà remarqué, mais sans s'attarder sur ce détail.
Et en parlant d'odeur, ça sentait fort le cheval dans la chambre, à présent... Même si, là encore, Vritz savait faire la distinction avec l'odeur d'un vrai cheval ; mais il fallait être un Homme-lézard, un Naga, un Xolon ou soi-même un Centaure pour ça.

Finalement Icahadeï revint au sujet principal. Vritz avait su le réconforter.

ICAHADEI – Eh bien... Irilh, je vous laisse accomplir votre tâche. Que les dieux me pardonnent de ne pas vous retenir. Que Kaluni vous guide et qu'Elasgol vous préserve.

Il acheva ses prières envers Vritz :

ICAHADEI – Fais attention à toi, surtout.
VRITZ – Merci. Ne vous en faites pas.

Vritz regarda Irilh, prêt à y aller.

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Message  Irilh le Jeu 4 Mai 2017 - 22:49

ICAHADEI – Mais... nous ne pouvons pas laisser Vritz y aller tout seul !
VRITZ – Ne vous en faites pas pour moi. Irilh a raison : vous n'avez nul besoin d'assister à cela. Restez tranquille. Tout ce que j'ai à faire, c'est me rendre dans l'arrière-cour. Irilh agira et ce sera fini. Ca ira vite.
ICAHADEI – Je ne peux pas m'en laver les mains. Si je reste ici et que je laisse Irilh commettre un assassinat, je serai complice pour ne pas avoir cherché à l'en empêcher.
VRITZ – Vous allez déjà vous rendre complice de la libération de deux esclaves. Les dieux comprendront votre volonté.

Vritz répondait à Icahadeï bien mieux que je l'aurais fait. Il réussit à apaiser sa nervosité, mais ne le convainquit pas de participer à cette entreprise. C'était un choix qui appartenait à Icahadeï seul. Je préparais mon arbalète tandis qu'ils parlaient, et défis mon bandeau, me retournai. Je vis l'étonnement sur tout le visage d'Icahadeï, mais pas sur celui de Vritz qui avait compris depuis longtemps ma véritable nature, ce que je ne sus que bien plus tard. A ce moment, j'étais moi-même un peu surpris de voir si peu de réaction chez l'Homme-Lézard.

ICAHADEI – Irilh, vous... Vous êtes un Demi-Elfe ?!


Pour toute réponse, j'accompagnais un signe de ma tête d'un sourire entendu et amical. Le fait d'être un demi-sang ne me gênait pas, je croyais même qu'ils étaient plutôt bien tolérés à Estandre, sans doute à tort. Dévoiler ce secret sur mon identité ne me pesait pas, je n'étais pas un sentimentaliste... Mais je me doutais néanmoins que ce symbole, cette révélation même, pouvait signifier beaucoup chez un homme pieux comme Icahadeï, féru de justice et de vérité. J'avais montré ce que j'étais par intérêt, pensant que je m'attirerai un peu les faveurs du Centaure... puis peut-être aussi pas franchise, et un brin d'amicalité, des concepts sur lesquels je n'osais pas m'attarder à ce moment.

ICAHADEI – Eh bien... Irilh, je vous laisse accomplir votre tâche. Que les dieux me pardonnent de ne pas vous retenir. Que Kaluni vous guide et qu'Elasgol vous préserve.

Icahadeï se tourna ensuite vers Vritz, tandis que je le remerciai :

ICAHADEI – Fais attention à toi, surtout.
VRITZ – Merci. Ne vous en faites pas.

Vritz me regarda. Il attendait que commencent les hostilités.

Pendant ces dernières minutes, mon corps était en ébullition. Je reniflai, et prit conscience de l'odeur forte qui s'était répandue dans la chambre, celle d'un centaure nerveux. Je me retournais vers la fenêtre et observai la ville éteinte pendant quelques instants. Je demandai ensuite à Vritz :

IRILH – Lorsque tu seras en bas, dans la cour, dis-moi combien de personnes tu arrives à sentir. Tu conversera sans doute avec Aurore, je serais très étonné qu'elle ne cherche pas d'abord à communiquer avec « nous ». Dans une de tes répliques, le nombre de fois que tu prononceras disons... disons le mot « je », et cela correspondra aux nombres de personnes que tu sens, hormis moi et toi bien sûr. J'avoue que c'est un peu tiré par les cheveux mais c'est peut-être une bonne précaution...

Aurore doit s'attendre à voir un barde hautain qui accompagne un esclave volé, avec un Centaure en guise de garde. S'en prendre à nous directement comporte des risques, et la discrétion prévaut dans sa mission, elle laissera le temps à Vritz de s'exprimer, au moins jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'il est seul. Le petit stratagème que je mettais en place s’avérerait peut-être inutile, mais je le sais parfois efficace : mon oncle, à l'époque où il était garde, avait été mis à mal à cause de cette ruse employée par quelques voyous. Transmettre des informations codées dans un texte pouvait s'avérer très important, en l'occurrence, cela me permettait de mieux comprendre ce qu'il se passe en bas, dans la cour...

VRITZ– Je ferai de mon mieux... et crois avoir bien compris votre idée.

En effet, il avait bien compris. Je pris mon arbalète, et me l'harnachais, puis me dirigeai vers la fenêtre. Je dis à Vritz d'attendre encore une dizaine de minutes avant de descendre dans la cour, et regardai une dernière fois Icahadeï. J'ouvris la fenêtre et commença à grimper le mur de l'auberge pour atteindre son toit.

La rue sous moi semblait vide, et le ciel nocturne était constellé d'étoiles. Un quart de Lune surveillait ma lente ascension, m'éclairant suffisamment pour que je puisse discerner des fentes entre les pierres. La bâtisse était ancienne, je trouvais plus de prises que nécessaires pour grimper. J'assurais néanmoins chacun de mes mouvements pour éviter de tomber, et plus encore pour ne pas alerter qui que ce soit. Je m'aidais parfois du chambranle des fenêtres, et atteignis enfin le toit. La pente du toit était praticable, comme pour la plupart des bâtiments d'Estandre, très peu pentus.  Je montais délicatement, tout en reprenant mon souffle. La cour se trouvait de l'autre côté de l'auberge, et parvenu en haut, je regardais le sommet des bâtiments alentours. Personne n'y était posté, et je décidai de m'aventurer du côté cour. Je descendais avec de nombreuses précautions, accroupi. Se mettre à plat ventre aurait été ridicule, puisque la pente était vraiment faible. Les balcons donnaient rarement sur les rues, et j'espérais qu'il y en eut un où je puisse me poster qui donne sur la cour. Sans bruit, je me penchais pour regarder en bas.
Effectivement, il y avait un balcon juste en-dessous de moi.
Il était occupé.

Deux mètres sous moi, je vis la tête d'un homme, son arbalète posée sur la rambarde du petit balcon. Une mèche blonde dépassait de son capuchon noir. A côté de lui, sur un tabouret, je vis un quignon de pain et une tasse. Derrière lui, les volets était rabattus, j'en déduisis qu'il devait être seul dans sa chambre. Il ne m'avait pas entendu, ou feignait remarquablement de ne pas l'avoir fait. Je regardais les deux autres petits balcons de l'auberge en quête d'un autre homme embusqué, mais je n'en vis aucun, ni à aucune autre fenêtre des bâtiments qui donnaient sur la cour. Celle-ci était presque circulaire, quatre ruelles y conduisaient, et sur le bord du puits  en son centre était posée une petite lanterne. Sa lumière vacillait dans l'air encore calme de la nuit. Mes yeux étaient à présent adaptés à l'obscurité, et j’aperçus deux silhouettes, qui attendaient à la lisière du disque doré que projetait la lanterne.

Je ne pouvais pas abattre le guetteur tout de suite pour diverses raisons : le bruit du tir de mon arbalète résonnerait dans la cour, ainsi que le son du carreau planté dans sa gorge et son arbalète pouvant tomber du haut du balcon jusque dans la cour. D'ici, je pouvais manquer Aurore, si elle n'était pas une des deux silhouettes que je voyais autour du puits. Je décidais donc de me déplacer discrètement le long du toit, et descendis sur le balcon le plus loin de l'arbalétrier. La chambre était inoccupée ou bien ses lumières étaient éteintes. Par chance, l'arbalétrier ne me vit pas descendre, ne m'entendit pas, trop attentif à ce qu'il se passait en bas dans la cour. Je bénissais ma grande agilité, et ma bonne étoile, car j'étais enfin parvenu à un poste de tir convenable, duquel je pouvais garder un œil sur toute la cour et sur le guetteur.

En bas, je distinguai une troisième personne, et j'entendis la porte de l'auberge s'ouvrir. Mon arbalète était armée lorsque Vritz arriva dans la cour...


Dernière édition par Irilh le Lun 8 Mai 2017 - 22:51, édité 1 fois

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Message  Icahadeï le Lun 8 Mai 2017 - 10:15

Irilh mit au point un stratégème : Vritz lui laisserait le temps de prendre position avec vue dégagée sur la cour, puis sortirait et devrait alors compter à l'odorat le nombre de personnes déplacées pour le rendez-vous, il communiquerait ensuite ce nombre à Irilh de façon codée en employant autant de fois le mot “je” en s'adressant à Aurore. Cela semblait un peu farfelu mais pas complètement idiot pour autant. Icahadeï n'aurait jamais pensé à ça.

C'est non sans stress que ce dernier regarda Irilh s'échapper par la fenêtre et grimper jusque sur le toit. Il échangea un dernier regard avec Vritz, et l'Homme-lézard sortit de la chambre. Icahadeï se retrouva seul avec un sentiment d'impuissance auquel il avait été habitué mais jamais dans de telles circonstances. Il répéta à voix basse une prière pour s'attirer la compréhension des dieux face à sa complicité d'assassinat. Irilh et Vritz ne pouvaient pas décemment être qualifiés d'“amis”, mais Icahadeï s'en était fait des alliés dans sa mission, et si sa relation avec eux n'était pas à proprement parler de l'amitié, cela commençait à y ressembler beaucoup.

***

Vritz descendit lentement les marches de l'escalier. Il prit son temps, en pensant à Irilh qui n'allait peut-être pas pouvoir prendre position en deux secondes. Il vit l'esclave Halfelin dormir sur une paillasse derrière le comptoir. Il n'avait même pas de chambre pour lui. Il n'y avait personne d'autre à cette heure de la nuit dans la salle commune de l'auberge. Vritz ne fit pas de bruit en marchant et fit attention à ce que même sa queue ne heurte pas un tabouret. Après avoir laissé suffisamment de temps à Irilh, il poussa la porte donnant sur l'arrière-cour, et la referma doucement sitôt qu'il fut sorti.

L'air était assez frais, remué par une légère brise faisant courant d'air dans la ruelle. Sa faible intensité était idéale pour la perception olfactive : ni trop forte, auquel cas les personnes mal placées auraient été indétectables, ni nulle, auquel cas les odeurs seraient parvenues plus difficilement au nez de l'Homme-lézard. Vritz s'avança vers la cour d'un air timide. Faisant mine d'observer les alentours, il renifla. Il ne voyait personne, mais son odorat lui indiqua bien qu'on l'attendait. Tout en posant un pied devant l'autre avec appréhension, il compta les odeurs corporelles qui lui parvenaient.

Sans surprise, il n'y avait que des odeurs d'Humains. Aucun esclave n'avait été mis à contribution pour cette opération – ou alors, des esclaves Humains, ça restait possible ici. Vritz ne perçut qu'une seule odeur féminine, et il la reconnut tout de suite : Aurore. Elle était là. Avec trois autres personnes. Vritz devait donc réussir à placer quatre fois le mot “je” dans ses toutes premières phrases, afin de communiquer secrètement le bon nombre à Irilh.

Il réfléchissait déjà à ce qu'il allait dire, quand deux silhouettes se détachèrent d'une ruelle donnant sur la cour. Aurore, et Jabin dit “le Vaporeux”, un imbécile notoire qui savait bien se battre mais n'avait que cette qualité. Vritz avait déjà berné plusieurs fois Jabin le Vaporeux. Aurore aimait bien se flanquer de cet imbécile qui lui servait de faire-valoir. Toutes ces informations, Vritz ne pouvait plus les communiquer à Irilh. En marchant vers Vritz, Aurore balaya les alentours du regard. D'un ton sec, elle ordonna à Jabin :

AURORE – Fais un tour complet pour voir si tu vois quelqu'un d'autre.

Jabin hocha la tête. Vritz avait reconnu son odeur parmi les quatre, comme celle d'Aurore. Il restait deux personnes qu'il ne voyait pas, et qui surveillaient donc la scène depuis d'autres postes. Aurore sortit un poignard de sa ceinture et s'adressa à l'Homme-lézard :

AURORE – Te voilà donc, toi ! Si ça ne tenait qu'à moi, je te dépècerais maintenant et utiliserais tes écailles pour me confectionner une armure d'apparât. Mais j'obéis au Sire Barangon, et il a d'autres projets pour toi... Où sont tes amis ?

Vritz déglutit, la tête basse, et parla suffisamment fort :

VRITZ – Je suis seul, et je n'étais pas gardé comme un ami. Je ne suis qu'un esclave, et votre...
AURORE – Tais-toi !

Aurore, d'un geste vif et précis, vint appuyer la pointe de son poignard sous le museau de Vritz. Ce dernier n'avait eu le temps de dire que trois fois le mot “je” avant de se faire couper la parole... Il fallait vite qu'il réussisse à le dire une quatrième fois. Il espéra qu'Irilh ne se précipiterait pas.

AURORE – Comment oses-tu me reprendre ? Tu crois que je n'ai pas compris votre petit jeu ? Le Centaure n'était pas un esclave. Et j'ai vu comment il te regardait. Comme l'homme te regardait aussi. Comment tu les regardais. Non, l'homme n'allait pas te prendre comme esclave. Tu as discuté avec eux. Que leur as-tu raconté, misérable reptile ?
VRITZ – Rien, je ne leur ai rien dit, croyez-le...

Aurore tourna la tête.

AURORE – Le Vaporeux !

Elle n'eut pas de réponse, alors elle insista d'un ton déjà agacé :

AURORE – Le Vaporeux ! Que fait-il bon sang... Jabin !

Vritz resta silencieux maintenant. Il avait fini de parler...

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Message  Irilh le Mar 9 Mai 2017 - 0:32

Vritz était dans la cour. Et je vis Aurore clairement se détacher dans la lumière, accompagnée d'un homme bien charpenté, certainement son homme à tout faire. Il n'avait pourtant pas l'air très finaud, au contraire d'Aurore, qui semblait avoir la tête bien sur les épaules. Je ne pouvais pas directement lui tirer dessus, le guetteur posté à ma gauche, dans son petit balcon, avait Vritz en joue. Et lui hésiterait peut-être moins qu'Aurore à désobéir aux ordres de Barangon. Au moins, j'allais avoir plus de facilité à me déplacer en dehors de mon propre balcon sans qu'il puisse me repérer.
Aurore marcha vers Vritz, et ordonna avec âpreté à son suivant :

AURORE - Fais un tour complet pour voir si tu vois quelqu'un d'autre.

Et il hocha la tête, silencieux. Il allait dans la rue sur laquelle donnait l'auberge. Je pouvais en profiter pour le supprimer, et Aurore ne pouvait pas tuer Vritz, elle enverrait peut-être même son troisième homme à sa recherche... Mais c'était très risqué. J'allais rater une part du discours entre Aurore et Vritz. Je vérifiais par hasard si derrière moi la porte donnant sur la chambre était fermée à clé. Elle ne l'était pas.
Le troisième homme, en bas, restait dans l'ombre, à surveiller. Je devais rester discret, car il pouvait me voir, et tout tomberait à l'eau...

Le sang m'appelait, la chasse, la traque. Je désirais faire siffler mon arbalète jusque dans les oreilles du second d'Aurore. Mon pouls s’accélérait, mes poumons étaient gonflés. Je pris ma décision, me retournais mais soudainement, j'entendis le son d'une courte lame sortir de son fourreau. Je me rappelais subitement que Vritz était en danger, sans doute plus que je ne l'étais. Cette situation n'était pas similaire à une chasse. Je me calmais. J'abandonnais l'idée de suivre le second d'Aurore.
Elle, un poignard tiré, s'adressa à Vritz. Je sentis dans ses paroles une véritable aigreur, une haine profonde de l'Homme-Lézard. Et elle était nerveuse. Ce qui dut la rendre encore plus menaçante pour Vritz.

AURORE – Te voilà donc, toi ! Si ça ne tenait qu'à moi, je te dépècerais maintenant et utiliserais tes écailles pour me confectionner une armure d'apparât. Mais j'obéis au Sire Barangon, et il a d'autres projets pour toi... Où sont tes amis ?

VRITZ – Je suis seul, et je n'étais pas gardé comme un ami. Je ne suis qu'un esclave, et votre...
AURORE – Tais-toi !

Trois seulement, mais Vritz a été interrompu. Y avait-il plus que les quatre personnes que j'avais vu ? Aurore avait prononcée sa dernière phrase un peu trop fort. Je pourrai utiliser son discours virulent pour couvrir le son de mon arbalète.
Pour le moment, mon objectif était de dispenser Aurore des services de son guetteur avec le plus de discrétion possible. Ensuite seulement, je pourrais viser Aurore en toute sérénité et sécurité pour Vritz.

J'étais bien à mon poste, l'arbalète armée, et attendais le bon moment pour passer  à l'action. Aurore menaça Vritz du bout de son poignard jusque sous son museau.

AURORE – Comment oses-tu me reprendre ? Tu crois que je n'ai pas compris votre petit jeu ? Le Centaure n'était pas un esclave. Et j'ai vu comment il te regardait. Comme l'homme te regardait aussi. Comment tu les regardais. Non, l'homme n'allait pas te prendre comme esclave. Tu as discuté avec eux. Que leur as-tu raconté, misérable reptile ?
VRITZ – Rien, je ne leur ai rien dit, croyez-le...

Un quatrième « je ». Quatre personnes, autant que ce que j'avais pu voir plus tôt. Cela faisait d'ailleurs longtemps que le second d'Aurore était parti. Elle tourna la tête en direction d'une ruelle.
AURORE – Le Vaporeux !

Elle criait presque. Elle n'eut pas de réponse, puis s'adressa, agacée, à une autre ruelle vide :

AURORE – Le Vaporeux ! Que fait-il bon sang... Jabin !

Sur cette dernière invective, mon coup parti. Le guetteur s'était relaxé, il était allé chercher du regard le retour de Jabin, imitant Aurore. Il n'avait plus tenu en joue Vritz.
Un carreau se planta dans sa gorge tendre, son arbalète tomba à ses côtés, dans le balcon. Il s’affala contre la balustrade. Mon arbalète se remettait lentement en tension.
Aurore entendit un bruit sourd mêlé à sa voix criarde et en colère. Elle se tut un moment, essayant de défaire et décortiquer ce que ses sens avaient perçu. Mais l'instant d'après, Le Vaporeux imbécile reparut.

JABIN – Voilà j'arrive, j'arrive... Qu'est-ce que c'est qu'ça... ?

Au coin de l'auberge, Jabin vit des taches de sang éparses. Une goutte retomba. Il leva ses yeux emplis d'effroi et d'étonnement lorsqu'il vit un bras ensanglanté dépasser du balcon au dernier étage de l'auberge.
Il se retourna vers Aurore, qui le regardait,  qui baissait sa garde, qui ne regardait plus Vritz.

Je visais Aurore, lorsque soudainement l'Homme-Lézard fondit sur elle. Des crocs ses plantèrent dans son cou, des mains griffus empoignèrent son bras d'arme et lacérèrent son corps. A force de parler à un animal comme à un humain, on en oublie sa nature bestiale, et cela bien malgré nous. Je ne pouvais pas aider Vritz sans risquer de le toucher, j'espérais donc qu'il réussisse à surpasser la capitaine.

Quant à moi, je visais l'homme resté dans l'ombre. Étrangement, je pensai à Icahadeï. Que pouvait-il faire pendant ce temps ?

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Message  Icahadeï le Mar 9 Mai 2017 - 19:17

Depuis sa chambre, difficile pour Icahadeï de ne pas essayer malgré sa volonté d'imaginer ce qui pouvait se passer plus bas, dans l'arrière-cour. Aurore était là, avec un visage tout droit sorti de son imagination, et demandait à Vritz pourquoi son maître n'était pas venu. Vritz avait du mal à justifier l'absence d'Irilh, ce qui était louche. Aurore comprenait que quelque chose clochait, et faisait un signal à l'un de ses soldats qui abattait Vritz. Irilh se faisait capturer, ou peut-être avait-il le temps de fuir la scène sans être repéré.

Non, il ne fallait surtout pas que ça se passe comme ça.

Icahadeï se frotta le nez – nez qui ressemblait plus à celui d'un cheval qu'à celui d'un Humain. Sa queue s'agitait nerveusement et il devait faire un effort pour ne pas claquer un sabot au sol au risque de déranger les autres pensionnaires de l'auberge. Et si Vritz ne réussissait pas à communiquer le bon nombre de “je” à Irilh ? Si son odorat le trompait ? Après tout, il suffisait d'un vent un peu trop fort pour en arriver là. Icahadeï passa bêtement un bras à travers la fenêtre. Une chance d'ailleurs qu'Irilh eût eu droit à une chambre avec fenêtre, quand on y pensait. Icahadeï passa aussi la tête : non, le vent soufflait très doucement, apparemment. Avec un peu de chance, Vritz allait donc détecter toutes les personnes présentes. Mais Irilh allait-il réussir à trouver une position qui le camoufle tout en lui permettant d'entendre ce que Vritz allait dire ?

Il y avait tant de paramètres hasardeux. Icahadeï se faisait un sang d'encre pour deux personnes qu'il connaissait à peine. Seulement, il s'était fixé pour objectif de libérer Vritz, et Irilh serait pour cela d'une aide précieuse. Il en avait déjà fait la preuve. Il avait par exemple permis à Vritz de continuer à se faire passer pour un esclave sans risquer de se faire mettre le grappin dessus. Il avait aussi été le seul capable de lire la lettre laissée par Aurore.
Il fallait donc que tout se passe au mieux. Pourtant, il s'agissait là d'assassiner une voire plusieurs personnes, et Icahadeï n'avait jamais voulu ça. Il craignait que les dieux lui en veulent. Ca ne l'aidait pas à rester tranquille. Il fallait pourtant rester calme. Se faire un sang d'encre comme il était en train de le faire, n'allait pas amener un meilleur résultat. Cela ne servait à rien. Icahadeï expira un long coup.

Et soudain, à travers la fenêtre, il entendit un cri.

***

Vritz se dépêcha de plaquer la bouche d'Aurore pour étouffer son cri de douleur après l'avoir mordue au cou. La capitaine de Bald se débattit et réussit à repousser l'Homme-lézard, réussissant sans vraiment faire exprès à l'écorcher avec son poignard qu'elle tenait d'une main tandis que son autre main compressa sa plaie débordante de sang. Elle ne saignait pas que du cou : son bras droit était en charpie et tremblait sans lâcher le poignard. Etranglée par la douleur, Aurore n'arrivait plus à parler, et commença même à vaciller.
Vritz cracha le sang qui envahissait sa bouche tout en s'essuyant frénétiquement le museau : c'était de toute évidence la première fois qu'il mordait un Humain de cette façon, et il n'était pas prêt de le refaire tant ça lui donnait un haut-le-cœur. L'estafilade qu'il avait reçue saignait mais sans gravité, et en fait, Vritz ne s'en était même pas encore rendu compte.

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Message  Irilh le Mer 10 Mai 2017 - 0:30

De mon balcon, je visais l'homme qui était resté dans l'ombre. En voyant  Vritz s'élancer sur Aurore, il courut vers eux avec un filet à la main, ne sachant apparemment pas trop quoi faire d'autre. Il n'avait pas reçu d'ordre, il devait faire ce qu'il pouvait pour dégager Vritz d'Aurore. Un carreau partit comme l'éclair et se logea entre deux côtes, perçant probablement un poumon, et peut-être même le cœur. Il ne survivrait pas longtemps. L'arbalète avait cet avantage d'être extrêmement puissante et facile à utiliser dans des espaces plus restreints. Mais la recharge pouvait prendre presque vingt secondes. Je me mis donc rapidement à recharger mon arme.
En voyant son camarade tomber d'un tir d'arbalète, reconnaissant d'expérience son bruit caractéristique, Jabin se cacha rapidement derrière une caisse, hors de mon champs de vision. Pour le moment. Affolé, il ne savait pas quoi faire. Il ne m'avait pas vu, il ne savait pas combien d'autres tireurs embusqués pouvaient lui tirer dessus.

JABIN – On fait quoi bordel ?

Aurore, elle, se débattit et réussit à repousser Vritz. Vacillante, le bras droit douloureux et sanguinolant, tout comme son cou, elle essayait de compresser ses plaies au maximum pour éviter de perdre trop de sang. Elle avait entendu mon arbalète claquée et ne s'était même pas retournée pour constater qu'un cadavre gisait derrière elle dans une mare de sang. J'avais bien dû toucher le cœur.
Aurore, en plein milieu de la cour, faisait une cible facile, mais je n'avais pas fini de recharger. Vritz était en face d'elle. Jabin attendait un ordre, trop abruti pour comprendre qu'aucun autre tireur n'attendait – puisqu'Aurore n'était pas encore morte. Mais elle en revanche, le comprit. Et elle savait qu'il lui restait quelques précieuses secondes pour agir. Elle ordonna à Jabin, la bouche pleine de son propre sang, en essayant d'hurler :

AURORE – Attrapons ce lézard !

Elle ne voulait pas alerter la garde, fidèle aux ordres qu'elle avait dû recevoir. Aurore se jeta sur Vritz, dans un élan désespéré pour l'attraper. Vritz esquiva son assaut maladroit qui suffit néanmoins à le déstabiliser. Jabin courrait sur Vritz et je n'avais pas encore fini de recharger.
Jabin atteint Vritz avant que je ne recharge et le percuta de plein fouet. L'Homme-Lézard tomba à la renverse, et Jabin se jeta sur lui.
Je finis enfin de recharger, mais il ne restait plus que Jabin se battant avec Vritz, et je ne voyais plus Aurore.
Je décidai de changer de balcon, puisque je ne pouvais pas tirer sur Jabin en plein combat avec Vritz. De ma nouvelle position, atteinte avec habileté, je ne voyais pas plus d'Aurore qu'auparavant.

Où était-elle ?

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Message  Icahadeï le Mer 10 Mai 2017 - 20:03

Icahadeï hésita à passer la tête par la fenêtre pour voir l'origine de ce cri. Ca n'avait pas ressemblé à un cri d'Homme-lézard, c'était chose certaine. Ca avait sonné comme un cri féminin, mais Icahadeï ne pouvait pas avoir la certitude que ça n'avait pas été le cri d'Irilh. Que faire ? De toute façon, Icahadeï ne pouvait pas sortir par la fenêtre. Il était un Centaure, alors l'idée de crapahuter sur des toits et des balcons lui était inaccessible, ça n'allait bien qu'aux bipèdes. S'il voulait se rendre dans l'arrière-cour, il devait descendre l'escalier et sortir par la porte de l'auberge. Etait-ce vraiment judicieux ? Si les choses avaient mal tourné, il devait aider Irilh et Vritz, mais sans s'exposer bêtement. Il paniqua un peu, ne sachant que faire. Il passa finalement la tête par la fenêtre, et entendit du mouvement dans l'arrière-cour, et même une voix :

AURORE – Attrapons ce lézard !

Icahadeï se pencha autant qu'il put pour avoir vue sur l'arrière-cour malgré les balcons. Il vit Aurore, une main plaquée contre son cou sanguinolent, et du sang partout sur l'autre bras. Il vit Vritz, bousculé, tombant à la renverse. Il vit Jabin, s'approchant à toute vitesse sur ce dernier. Il vit un Humain allongé par terre, sur une petite flaque de son propre sang. Il ne vit par Irilh, ni l'autre Humain tué sur un autre balcon. Enfin, il remarqua Aurore quitter l'arrière-cour, vacillante, s'appuyant contre les murs pour se tenir debout. Elle poussa une porte sous quelques marches en périmètre de l'arrière-cour, et rentra dans ce qui devait être une cave, vu le niveau inférieur de la porte.

Que faire, bon sang, que faire ?... Et que faisait Irilh ?

***

Jabin était peut-être un gros benêt, mais il savait se battre. Pas Vritz. Le second d'Aurore attrapa un bras de l'Homme-lézard et força légèrement sur les articulations du coude et de l'épaule, appliquant une prise de soumission. Vritz siffla de douleur, ne supportant pas la contorsion qui lui fut imposée. Avec le coude, Jabin lui plaqua le museau au sol. Sa main libre enfin plaqua le poignet de l'Homme-lézard. Vritz fut mis dans l'incapacité de se défendre.

Et Irilh n'avait pas fini d'armer son arbalète...
Quand tout à coup...

ICAHADEI – Hey, toi ! Lâche cet Homme-lézard !

La voix venait des balcons, et Jabin leva instinctivement la tête. Il fronça les sourcils. Après deux secondes de réflexion, il relâcha délicatement sa prise, libérant ainsi un bras de Vritz, puis son museau, puis son autre poignet. Il leva les mains au niveau de la tête, se redressant sur ses jambes, fixant celui qui venait de l'interpeler.

***

Icahadeï visait Jabin fixement, sa flèche solidement encochée. Voulant aider Vritz sans sortir de l'auberge, la seule idée qui lui fut venue à l'esprit, a été d'attraper son arc dans la chambre, une flèche, et de menacer l'Humain.
Seulement, Irilh était là pour tuer, n'est-ce pas ?
Icahadeï ferma les yeux, ne voulant pas voir une personne s'étant rendue, recevoir un tir mortel. Puis, quand il les rouvrit, il eut une idée. La porte par laquelle Aurore était entrée dans un bâtiment en bordure de l'arrière-cour n'était de sa position visible que d'une petite partie, puisqu'elle était située en bas de quelques petites marches accolées au mur. Icahadeï allait devoir être très précis. Ca tombait bien : il était un Centaure, et malgré son passé d'esclave, il n'avait rien perdu de la précision au tir qui faisait la réputation de sa race. Il se concentra un instant, et tira. La flèche alla se loger dans le bois de la porte, tout en haut de cette dernière, à quelques centimètres du linteau.

ICAHADEI – Ir... Maître Delune ! Aurore est entrée par là !

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Message  Irilh le Mar 13 Juin 2017 - 19:03

J'armais mon arbalète.
Jabin prit clairement le dessus sur Vritz, il le mit à terre et effectua de lents mouvements pour refermer son emprise sur lui. Lorsque l'Homme-Lézard fut incapable de bouger et mon arme enfin rechargée, j'entendis sous moi une voix sévère tonner :

ICAHADEI – Hey, toi ! Lâche cet Homme-lézard !

Icahadeï était à une fenêtre sous mon balcon - entre deux autres, celui, à ma droite que je venais de quitter, et à gauche celui dans lequel gisait le guetteur. Je vis Jabin se détendre, lâcher ses prises. Icahadeï le menaçait avec son arc ? Je me penchais pour mieux voir, et en effet, je vis la pointe d'une flèche tendue vers Jabin. Allait-il tuer le second d'Aurore ? Avait-il assisté à la scène et a-t-il vu où elle était parti ? Mes yeux et mon arbalète étaient fixés sur Jabin.

ICAHADEI – Ir... Maître Delune ! Aurore est entrée par là !

Icahadeï m'alerta, et accompagna sa parole d'un tir de flèche. Plantée dans le linteau d'une porte menant à un sous-sol, elle était bien visible grâce à son bel empennage. Il avait plutôt choisi de me prévenir, et à l'instant où il avait changé de cible Jabin voulu courir et fuir, mais je ne pouvais pas le laisser partir si simplement.
Icahadeï ne pouvait pas tuer un homme désarmé, mais le chasseur que j'étais n'avais pas ce genre de scrupule. Ce n'était ni par cruauté ni par sadisme que je tuai Jabin. Cela relevait d'un besoin, d'une nécessité. En vérité, cela dépassait les instincts meurtriers qui m'animaient lors de mes chasses. Cela ne relevait rien du jeu, de l'amusement, du divertissement. Et quelque part, j'en trouvais quelque apaisement, comme lorsque j'avais tué le guetteur...

Jabin tituba. Il était confu. Il avait vu son salut, cette ruelle vide inoffensive qui s'étalait devant lui. Entre sa colonne vertébrale et ses côtes la mort s'y était logée. Il tomba sur le dos, brisant le carreau. Ses yeux se perdirent dans le noir astral, et sans fermer les paupières, l'obscurité l'emporta.

J'espérais que personne ne nous aurait trop entendu, mais le temps était doux, et certaines fenêtres étaient ouvertes... On ne tarderait pas à nous trouver. Je descendis en vitesse le mur de l'auberge, et glissa à Icahadeï :

IRILH – Prépare nos affaires s'il-te-plaît... Icahadeï. Nous devrons changer d'auberge je crois...

Je glissais ce tutoiement, j'avais le sentiment que ce genre d'événement faisait passer les mondanités habituelles au second plan.
Arrivé en bas, Vritz avait déjà pris soin de cacher en vitesse le corps de Jabin. Je lui demandais de fouiller leurs poches et récupérer leurs biens de valeur. Il serait peut-être utile de faire taire quelques personnes...

Je me dirigeais alors vers le sous-sol, ni trop vite, ni trop lentement, prenant le temps de recharger mon arbalète. Aurore n'avait nul part où aller. Elle devait perdre beaucoup de sang, et si je ne la trouvais pas morte, elle ne devrait plus poser beaucoup de problème.

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Message  Icahadeï le Dim 25 Juin 2017 - 9:53

Jabin était toujours en vie... mais il ne le resta pas longtemps. Irilh n'avait ainsi pas abattu un homme qui s'était rendu, mais il l'empêcha de s'enfuir. Jabin aurait dû rester sur place, attendre qu'Irilh vienne à son contact. Icahadeï aurait dû demander à Irilh de ne pas le tuer. Enfin, pourquoi se soucier de Jabin en particulier alors qu'Aurore était probablement blessée à mort et qu'une personne déjà avait été abattue – et même une seconde qu'Icahadeï n'avait pas encore remarquée ? Irilh était là pour tuer, ça avait été le plan. Peut-être qu'Icahadeï avait simplement eu un bref instant le faux espoir qu'au moins une personne puisse être épargnée.

Vritz, lui, ne s'émut pas de la mort de Jabin. Il faut dire aussi qu'il le connaissait déjà et devait lui en vouloir autant qu'aux autres pour le traitement qu'il avait reçu pendant des années. Jabin s'était rendu complice de la traque sur lui, et sa simplicité d'esprit n'était pas une excuse pour l'esclave. Vritz prit donc soin de cacher le corps de Jabin comme il put. Icahadeï espéra que maintenant qu'Aurore était cernée et hors d'état de nuire, tout allait pouvoir rentrer dans l'ordre, et qu'ils allaient pouvoir passer le reste de la nuit comme si de rien n'était. Quelle naïveté...

IRILH – Prépare nos affaires s'il te plaît... Icahadeï. Nous devrons changer d'auberge je crois...

Irilh chuchotait et pourtant il fit presque sursauter Icahadeï qui, dans ses pensées, ne l'avait même pas vu descendre au niveau de son balcon. Il ne l'appela même pas par son alias, comme s'il était sûr que personne n'entendrait cette phrase. Icahadeï hocha la tête, le regard vague. Puis, avec quelques secondes de latence, il se mit à exécution. Irilh avait déjà son “matériel” sur lui, excepté sa vielle. Icahadeï sangla l'instrument de musique sur son flanc, et les dernières affaires sur son autre flanc, de la même manière que l'on chargeait une bête de somme sans l'équiper d'un bât.

Icahadeï quitta la chambre vidée, et descendit l'escalier lentement pour faire claquer ses sabots le moins possible sur le bois. Il sortit par la porte de derrière, donnant sur l'arrière-cour. Il retrouva Irilh et Vritz, et tout en s'approchant de la porte qu'il avait signalée par une flèche, il murmura une prière.

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