Là où (presque) tout s'achète

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Là où (presque) tout s'achète

Message  Fleur le Dim 22 Mai 2016 - 16:02

Accroupie contre le mur, j’écoute la conversation que Madame tient avec un client. C’est quelqu’un qui n’était encore jamais venu. J’entends les talons de la maquerelle tinter contre le bord de son tabouret. La paroi du mur a été conçue exactement pour l’usage que j’en fais : me permettre d’être invisible à leurs yeux sans perdre une miette de leur conversation.

Madame commence son évaluation avant même que le client ne puisse s’en rendre compte. D’abord, même si je ne peux pas le voir, je sais qu’elle commence par observer l’individu sous toutes ses coutures, mais discrètement. La démarche, les affublements, le ton, le regard, les mimiques, toute cette conversation non-verbale lui permet d’obtenir tout un tas de renseignements. En fonction de cette première évaluation, elle va mener la conversation et, là, c’est à moi de deviner si elle s'adresse à moi ou pas.

Dans le second cas elle l’interroge de façon à lui faire dire exactement ce qu’elle veut qu’il dise. Il lui suffit d’un petit air dégoûté en parlant de telles catégories de filles, ou d’une petite blague à propos d’un comportement amoureux pas très conventionnel pour que son client lui décrive une des filles qu’elle a en réserve. Madame n’a aucune difficulté à manipuler les hommes, elle devine leurs complexes ou leurs perversions très rapidement, si bien qu’il lui suffit d’un regard sous-entendu ou d’un message subliminal pour que l’homme préfère aller dans son sens, sans pour autant se sentir gêné. C’est un sacré travail et je l’admire pour cela. Elle se montre d’une finesse et d’une psychologie que seules les maquerelles possèdent.

D’autres fois, elle interroge l’homme de façon très ouverte, lui laissant exprimer toutes ses lubies. Ses choix se basent sur tout un tas de données, comme la richesse des vêtements de la personne, ses manières plus ou moins bourgeoise ou son autorité qui laissent à penser qu’il s’agit de personne influente. Elle a surement d’autres critères que j’ignore. Dans ce cas, elle se montre bavarde, cherchant à connaître les goûts de l’homme, sans jamais dévoiler l’ombre d’un jugement. Elle va jusqu’à laisser sous-entendre l’étendu de ses services, qu’il s’agisse de choses malsaines ou interdites. Par exemple, il m’ait arrivé de prendre l’apparence de créatures non-humaines, voir de mâles, mais comme c’est interdit par la loi, Madame joue avec les mots pour ne pas risquer d’être accusée.  

Ce soir, l’homme qu’elle interroge a une grosse voix. D’après la tournure qu’a pris la conversation, je suppose que ça va être mon tour d’y passer. J’essaie de ne pas rater un seul morceau de l’échange.

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Re: Là où (presque) tout s'achète

Message  Gonco le Dim 22 Mai 2016 - 16:50

Partir à l'aventure pour finir dans une maison de passe, voilà quelque chose qui pouvait facilement arriver à Gonco, et c'était le cas présent. Le jeune homme-sanglier avait réussi à voler un cheval et avait chevauché jusqu'au Royaume de Tacomnal. Il voulait éviter les grandes villes, simplement explorer des paysages qu'il ne voyait pas assez souvent, ou encore traîner de villages en villages, chercher des rumeurs et enquêter sur des histoires mystérieuses. La dernière enquête qu'il avait menée, l'avait confronté à la secte du Cousin Maguièvre. Il ne croyait pas en entendre parler dans le Royaume de Tacomnal, mais il avait bon espoir de découvrir d'autres affaires du même genre. Gonco n'avait pas d'attache, et même dans le Royaume de Telbara, il n'était pas très bien traité.

Le simple fait d'arriver à cheval dans chaque village où il faisait étape, lui conférait comme une prestance contrebalançant en partie sa nature de créature bâtarde. Quand il voyait tous ces esclaves de races non Humaines, il se disait qu'il fallait bien cela pour lui éviter le même sort. Il ne pouvait malheureusement pas faire grand-chose pour ces esclaves, la plupart ayant même accepté leur sort comme si aucune autre vie ne pouvait s'offrir à eux. Pourtant, à chaque auberge, à chaque échoppe, dans chaque place de marché, il se prenait les mêmes réflexions, il se faisait traiter d'animal de manière égale, on lui refusait presque toujours de lui vendre quelque article ou de lui louer quelque chambre. Gonco dormait dans les écuries, à côté de son cheval, et volait les vivres au lieu de les acheter.

C'en était devenu une routine jusqu'à ce jour où il était arrivé dans ce bourg où il avait identifié un bâtiment comme une maison de passe. Le garçon à tête de sanglier n'avait pas su résister à la tentation d'autant qu'il n'avait pas goûté à la chose depuis déjà trop longtemps pour lui. Et dans cette maison de passe, il avait reçu le même accueil que s'il avait été Humain.

Gonco se gratta nerveusement derrière l'oreille alors qu'il sentait le regard acéré de la matronne l'analyser de la tête aux pieds. Il échappa quelques grouinements à la fois d'impatience et de malaise. La matronne lui posa une série de questions, visant à cibler ses envies, ses goûts, ses fantasmes. L'une de ces questions porta sur son éventuelle préférence raciale. Gonco devina que les femelles Tigraines, Femmes-lézards, Minotaures ou autres qui travaillaient ici, ne devaient pas être mieux traitées que des esclaves. Il mentit une préférence pour les Humaines. La vérité était qu'il n'avait aucune préférence, ni sur l'âge, ni sur le sexe ; en fait, il aimait même varier les plaisirs, et ce jour il n'aurait pas dit non à un mâle Tigrain ou à un Minotaure. Il grommela en devinant que la matronne avait décelé son mensonge. Il se frotta le groin – qu'il avait humide, comme toujours – signe de nervosité et d'excitation en même temps.

Après l'examen complet du client, la matronne sut dans les bras de qui le confier. Elle s'adressa à l'une de ses employées en des termes codés que Gonco ne décrypta pas. Le jeune homme-sanglier de seize ans entra dans la chambre. Il tendit le museau et son groin s'activa à analyser toutes les odeurs présentes.

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Re: Là où (presque) tout s'achète

Message  Fleur le Mer 1 Juin 2016 - 15:48

Jusque là, rien de particulier. Il dit aimer les humaines, rien de plus. Madame émet de petits rires puis elle prononce d’une voix enjouée, au milieu de tout un tas de minauderie :

Madame – Allons y, je vais vous présenter Narcisse.

Comment peut-elle avoir deviné que c’était ce qu’il voulait alors qu’il vient de dire tout l’inverse ? Je ne comprendrais jamais cette femme. Mais si elle le dit, qu'il en soit ainsi. Ce sera Narcisse pour ce soir.

Je me dirige rapidement vers une malle et enfile un large pantalon ainsi qu’une chemise déchirée que je ne prends pas la peine de boutonner. Ces habits sont bien trop larges pour moi… jusqu’à ce que je prenne une apparence qui corresponde parfaitement aux amples vêtements de lin. Je jette un coup d’œil au miroir. Je suis Narcisse, me dis-je en faisant un petit clin d’œil à mon reflet, accompagné d’un sourire ravageur qui dévoile une grande partie de mes crocs.

Ils ne vont pas tarder à entrer. Je m’affale sur le lit sans faire de manière. Les pans de ma chemise s’écartent sur mon torse, dévoilant un pelage tacheté sous lequel mes muscles saillent. Mes yeux de guépard se froncent quand j’entends un coup suivi d’un cri d’enfant. Dans la chambre d’à côté, Lila accueil un « nouveau ». Nos habitués ne se montrent généralement pas violents, les employés de Madame veillent à ce que ceux qui abiment sa « marchandise » ne reviennent pas. Nous travaillons pour elle et, elle, elle s’occupe de nous protéger. Malheureusement, elle ne peut pas prévoir si les nouveaux clients se montreront violents ou pas, et elle n’apprécie pas qu’on interrompt une passe, même si la personne frappe ses filles. Lila est celle qui en souffre le plus. Elle a quinze ans, c’est la plus jeune d’entre nous et c’est sa malédiction. J’ignore pourquoi, mais les personnes violentes ont tendance à demander de très jeunes filles. Donc c’est elle qui essuie les coups. Je pousse un grognement de bête furieuse puis me concentre sur la porte qui vient de s’ouvrir.

Madame entre en minaudant, suivie de… un porc ! J’éclate de rire. Madame me regarde vexée, les mains sur les hanches. Elle me fait une remarque et je lui souris en me radoucissant. Mes oreilles de tigrain typé guépard s’orientent vers le… (je me retiens de rire encore une fois) l’homme-cochon.

Narcisse – Ne vous vexez pas Madame, je vais bien m’occuper de notre hôte.

Je lui fais un sourire narquois mais séducteur et d’un petit hochement d’épaule, elle tourne les talons et me laisse seule avec le… (pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’empêcher de rire ?) le client.

Un autre coup se fait entendre. Je tourne la tête vers la cloison qui nous sépare de Lila et de son client. C’était involontaire. Je reviens à mon client en essayant d’ignorer les sanglots étouffés de la fillette. C’est à Madame de gérer ce problème, elle interviendra si ça dégénère. Du moins, je l’espère.

Je désigne la nourriture que j’ai placée sur la table basse après avoir écouté la conversation qu’il tenait avec Madame. Je ne sais pas s’il voudra manger avant, mais je lui propose quand même d’en prendre un peu. Moi, je ne me gêne pas. C’est sensé être pour les clients, c’est un luxe auquel je ne suis pas sensé avoir droit, mais qu’importe, j’engloutis une confiserie. Je prends également l’un des verres rempli de vin et en boit de longues gorgées avant de le reposer. Quand au client, qu’il se serve s’il en veut.

Narcisse – Assieds-toi, je t’en prie…

Je lui désigne la chaise devant la table basse et le lit en même temps dans un geste large qui laisse libre choix à l’interprétation.

Narcisse – C’est la première fois que je rencontre quelqu’un comme toi et, pourtant, j’en ai rencontré, du monde. Qu’est-ce qui t’es arrivé pour que tu retrouve affublé d’un nez de cochon ? Une malédiction ?

Ce n’est pas très pro. Mais c’est trop intriguant pour que je fasse comme si de rien n'était. Et puis ça va encore, parce que… j’aurais pu faire de ces blagues ! Quand j’y pense, je ne peux m’empêcher de rire. C’est vrai, toutes les parties du corps du cochon, sans parler des métaphores et des expressions… c’est une inépuisable source de plaisanteries. Je suis resté sobre et, même si je frise l'impolitesse, ce n'est pas vraiment méchant. Je teste juste mon nouveau client pour voir à qui j'ai affaire. En plus, ma question est sincère : j’adore quand mes clients me racontent leurs histoires. J’ai l’impression de voyager sans avoir à quitter cette maison bien trop close pour moi.

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Re: Là où (presque) tout s'achète

Message  Gonco le Mer 1 Juin 2016 - 20:23

Félin. Guépard. Tigrain. Mâle.
Les odeurs renseignèrent le jeune homme-sanglier immédiatement sur la nature de la personne qui allait s'occuper de lui avant même qu'il ne la vît. Oh... La matronne avait non seulement vu clair dans son mensonge, mais avait pris les devants pour satisfaire son véritable désir. Quelle femme admirable ! Quel sens du service ! Gonco se trouva d'autant plus excité de savoir qu'il allait passer toute la nuit avec un mâle Tigrain. En plus, le typage guépard n'était pas le plus courant.
Seulement, Gonco était à des lieues de s'imaginer une seconde que son odorat pourtant si sensible était sous l'influence d'une illusion, comme ses autres sens.

Narcisse. Ainsi s'appelait ce Tigrain prêt à le réchauffer pour la nuit. Passé la surprise de voir débarquer un homme-sanglier, Narcisse éclata de rire. Vexant ? Plus vraiment. Gonco était trop blasé. En revanche, il avait eu la sensation qu'il serait traité ici comme un Humain, mais seule la matronne savait rester impassible ici.

Narcisse, entre deux gloussements qu'il semblait incapable de contenir, désigna un plateau de pâtisseries disposées sur un plateau, sur une table basse, l'invitant à se servir, avant de le faire lui-même. Gonco sourit, approcha du plateau, renifla une portion de pâtisserie et, alléché, la porta dans sa bouche. Ses oreilles se dressèrent en même temps que ses papilles furent flattées par la gourmandise. Gonco serait capable de vider tout le plateau en cinq minutes ; mais Narcisse l'invita plutôt à s'asseoir.

Excité mais obéissant, Gonco s'assit à côté du Tigrain typé jaguar, sur le lit.

NARCISSE – C'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme toi et, pourtant, j'en ai rencontré, du monde. Qu'est-ce qui t'es arrivé pour que tu retrouve affublé d'un nez de cochon ? Une malédiction ?

Gonco répondit machinalement, balayant cette question répétitive :

GONCO – Je suis né ainsi.

Et puis, Gonco n'en avait pas que le nez, mais toute la tête, à mi-chemin entre le sanglier et le cochon. Son regard lubrique plongeait sur le torse de Narcisse dévoilé par l'échancrure de sa chemise. Il en approcha son groin, reniflant bruyamment, et émettant quelques grouinements excités et joyeux. Gonco oubliait déjà les bruits un peu inquiétants venant d'une chambre mitoyenne. Ce musc félin de mâle Tigrain le mettait déjà dans tous ses états.

GONCO – Tu sens bon, Narcisse.

L'on ne pouvait pas en dire de Gonco, oh non.
Emballé, Gonco ne perdit pas son temps et déposa une longue lèche de bas au centre de la poitrine de Narcisse, puis une seconde sous son menton. Il le regarda ensuite droit dans les yeux, un sourire large, si joyeux.

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Re: Là où (presque) tout s'achète

Message  Fleur le Lun 6 Juin 2016 - 18:15

Il dévie ma question en répondant simplement :

Gonco – Je suis né ainsi.

Il mange un amuse-gueule puis passe directement au plat principal. Assis sur le lit, il me regarde sans aucune pudeur en poussant d’étranges petits couinements. Il n’a l’air nullement inquiété par les bruits de violence qui se font entendre de l’autre côté du mur. Il n’est là que pour se satisfaire rapidement. Je pousse un soupir. Il n’a nullement besoin d’être apprivoisé comme d’autres trop rares clients. Il parlera peut-être quand il sera vidé, affalé sur l’oreiller. Certains font cela. D’autres encore, même si c’est un peu étrange, discutent en même temps que de s’amuser avec nous.

Bon, tant pis pour la discussion, je n’apprendrais rien de lui, alors autant en finir le plus rapidement possible. Il a l’air d’être aussi de cet avis puisqu’il est déjà en train de me lécher un peu partout.

Gonco – Tu sens bon, Narcisse.

Qu’est ce que je peux répondre à ça ? S’il avait pris la peine de se laver avant de venir, j’aurais pu lui retourner le compliment, mais dans le cas présent, cela passerait probablement pour de la moquerie. En plus je ne connais pas son nom, qu’il s’agisse d’un vrai ou d’un pseudonyme par lequel il voudrait se faire appeler quand il sera à ma merci. Tant pis pour lui, je passe aux actes en laissant les mots de côté.

Il me sourit joyeusement. Dans une autre situation, j’aurais trouvé cela mignon. Mais actuellement, ce sourire me donne plutôt la nausée. Je n’aime pas mon travail. Aucune de nous n’aime cela. Je repense aux mots de Lila, « Tu pourrais être autrement heureuse à l'extérieur, tu pourrais t’en sortir tellement facilement avec… ton don. ». D’ailleurs, je l’entends pousser encore un cri de douleur de sa chambre. J’aimerais la sortir de là. Nous en sortir toutes… Mais pour le moment, je me contente d’attraper l’épaule de mon client et de le repousser violemment sur le lit. Je n’ai pas beaucoup de force, mais l’illusion suffit généralement pour que les victimes se laissent aller, se croyant trop faible pour résister à mes muscles virtuels. Une fois plaqué sur le matelas, je fais un grand sourire à l’homme-cochon et ouvre la gueule pour passer ma langue râpeuse de tigrain sur son visage. Je frotte ma tête contre son cou. L’air qui traverse mon larynx vibre et crée un ronronnement. Je me place au dessus de lui et le maintien contre le matelas tout en lui ouvrant sa chemise pour dévoiler son torse, poilu comme celui d’un sanglier. J’approche mon visage de son torse en me retenant de froncer mon museau. Je fais semblant de ne pas être dégoûté et, au contraire, d’apprécier. Je suis doué pour jouer la comédie et faire ce que je déteste le plus au monde tout en faisant croire aux clients que j'apprécie.

Narcisse est un personnage égoïste légèrement vaniteux. Je regarde l’homme-cochon coincé entre mes jambes. J’ai envie de faire disparaitre le sourire qui anime son regard. Je voudrais le frapper. Au lieu de cela, je me penche un peu plus sur lui, lui attrape la tête entre mes deux pattes, l’attire vers moi. Je suis sensé embrasser ça. Alors je le fais sans hésiter. Je glisse ma langue le long de son museau et fini par la plonger entre ses lèvres. C’est écœurant, mais je pousse un espèce de gémissement qui pourrait être interprété par du plaisir.

Je redresse la tête, les oreilles dressées. Lila continue de gémir, elle aussi, mais cette fois-ci, ses plaintes sont entrecoupées d’appel à l’aide. Mais pourquoi la maquerelle ne fait rien ?!

Je pousse un grognement sourd avant de me reprendre. Je plonge mes yeux dans ceux de mon client, en souriant joyeusement et repousse sa tête en arrière pour enfouir mon museau dans son cou. En même temps, je retire ma chemise pour me retrouver torse nu à mon tour.

Lila s’arrête de crier. Elle doit être épuisée. L’homme doit s’en être allé. Enfin elle est tranquille. Et nous aussi.

Mes crocs glissent sur la peau nue de mon client et ma langue les suit de peu. Je la glisse de son cou vers son torse. C’est à gerber, mais j'ai l'habitude. En vrai professionnel, je me remet à ronronner et gémir en mimant l'impatience et le désir.

Un cri strident déchire alors mes tympans. Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire ? Je lève un œil vers mon client, en continuant de descendre le long de son ventre.

Narcisse – Bientôt, ce sera toi qui va crier…

Je lui fais un clin d’œil pour appuyer mon sous entendu tout en m’attaquant à son pantalon lorsqu'un second cri me déchire une seconde fois les tympans. Quelque chose ne va pas. Je fais un sourire charmeur à mon client en lui parlant d’une voix langoureuse.

Narcisse – Attends moi, je reviens tout de suite. Et je veux que tout ça ait disparu entre temps !

Je lui désigne le reste de ses habits puis me lève et disparaît en un bond. Une fois dans le couloir, je me dirige vers la porte de la chambre de Lila quand Madame m’arrête d’un regard. Son visage la trahit. Il se passe quelque chose de grave. C’est alors qu’Iris sort de la chambre en larme. Madame, déstabilisée, se retourne et j’en profite pour jeter un coup d’œil dans la salle.

Lila se trouve là, étendue sur le lit, nue. Elle est toute petite au milieu du grand lit. Ses yeux sont grands ouverts, tournés vers le plafond. Ses cheveux roux, coupés à la garçonne, sont éparpillés le long du coussin sur lequel repose sa tête d’adolescente.

Elle ne respire plus.

L’un de ses clients a fini par la tuer. Cela ne devait pas arriver. La maquerelle était sensée nous protéger. J’étais juste à côté. J’aurais dû être là quand elle appelait à l’aide… Je fais demi-tour et retourne dans la chambre où j’étais en train de travailler. Je ferme la porte avec violence et me retourne vers mon client.

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Re: Là où (presque) tout s'achète

Message  Gonco le Dim 12 Juin 2016 - 9:46

Gonco se sentit tout émoustillé quand le Tigrain lui rendit ses lèches. Sa langue râpeuse força Gonco à lâcher un petit gémissement en basculant la tête en arrière. Narcisse posa sa tête contre lui, et lui défit sa chemise. L'excitation montait. C'était si... sensuel. Gonco n'entendit même pas le cri venant de la chambre d'à côté... du moins pas consciemment. Ses grandes oreilles le captèrent mais son esprit l'ignora sur le coup. La respiration de Gonco s'accélérait. Narcisse le plaqua sur le matelas et s'assit sur ses hanches. Gonco essaya de reprendre ses esprits, et dévora le Tigrain du regard, ses yeux brûlant d'exitation.

Narcisse lui prit la tête entre ses deux mains et rapprocha son museau du sien. Gonco entendit le Tigrain ronronner. Il lâcha un gémissement porcin quand il sentit la langue râpeuse redevenir active le long de son museau jusqu'à s'infiltrer entre ses lèvres sans rencontrer de résistance. Gonco se laissa aller au baiser, en fermant les yeux.

Mais le baiser fut interrompu par des gémissements, venant toujours de cette même chambre mitoyenne. Cette fois-ci, Gonco les entendit bel et bien. Ses oreilles se dressèrent, en même temps que celles du Tigrain. Tous deux s'interrompirent un moment. Il y avait parfois des appels à l'aide entre les gémissements. La voix était jeune et féminine, celle d'une Humaine de moins de vingt ans. Qu'est-ce que c'était que ça ? Un jeu, ou bien une réelle violence ? Sentant Narcisse reprendre ses sensualités, Gonco se dit que ce devait être le premier cas. Il entendit le Tigrain se mettre torse nu, et ferma les yeux...

... pour les rouvrir un instant plus tard alors qu'un cri aigu perça les murs. Mais qu'est-ce qu'il se passait dans cette chambre ? Gonco commençait à se sentir inquiet. Narcisse dut le sentir car il essaya de le maintenir en état d'excitation :

NARCISSE – Bientôt, ce sera toi qui vas crier...

Il était mignon, mais Gonco avait du mal à rester dans sa bulle d'excitation avec ce qui se passait de l'autre côté du mur. Il sentit les mains de Narcisse se poser sur son pantalon pour le défaire. Il se tortilla en sentant son souffle de saccader de nouveau. Narcisse savait comme le rallumer...

Encore un cri. Il y avait quelque chose de bizarre, pour un jeu. C'était vraiment violent.

NARCISSE – Attends-moi, je reviens tout de suite. Et je veux que tout ça ait disparu entre temps !

Le Tigrain parlait langoureusement. Il faisait tout pour empêcher Gonco de s'inquiéter. D'un bond, il quitta le lit et disparut dans le couloir. Gonco était censé l'attendre là en se mettant tout nu. Seulement, il était un peu trop perturbé par les cris et les appels à l'aide. Narcisse avait quitté la chambre, signe que lui aussi était inquiet. Gonco ne pouvait pas se laisser aller à un ébat charnel pendant que quelqu'un se faisait torturer dans la chambre d'à côté. Il espéra que Narcisse revienne en lui disant qu'il s'agissait bel et bien d'un jeu à côté, et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter.

Gonco resta un moment allongé sur le lit, sans savoir quoi faire. Il se redressa finalement, assis sur le rebord du lit. Son pantalon était toujours en place. Narcisse revint en refermant la porte violemment. Il avait l'air... contrarié. En fait, ce fut difficile à décrire. Narcisse semblait doué pour dissimuler ses émotions. Mais quelque chose n'allait pas, Gonco pouvait en être certain.

GONCO – Que se passe-t-il ? Est-ce que tout va bien à côté ?

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Re: Là où (presque) tout s'achète

Message  Fleur le Lun 11 Juil 2016 - 9:49

Gonco – Que se passe-t-il ? Est-ce que tout va bien à côté ?

Mon client n’a pas retiré son pantalon. Il a l’air un peu inquiet, ou tout du moins interrogatif. Je ferme les yeux, tentant en vain de chasser l’image de Lila allongée dans le lit, les yeux grands ouverts. Je m’approche de l’homme cochon. J’aurais envie de lui dire qu’il est pareil. Qu’ils sont tous les même. Mais lui n’a pas choisi une fillette vulnérable, il m’a préféré, moi, un tigrain bien plus puissant que lui, capable de le mettre en pièce d’un coup de mâchoire. Malgré ça, je lui en veux comme si tout était de sa faute. En cet instant, rien n’a d’importance. Mon travail, Madame, les autres filles, l’homme-cochon, ma vie… tout ça n’a aucun sens. Je ne pense qu’à Lila. Je l’entend répéter, encore et encore « Mais toi, pourquoi est-ce que tu restes ici ? » Et je voudrais l’emporter avec moi.

Je plante mes yeux dans celui de mon client. Ma nature de jaguar prend le dessus. Il est sur mon territoire.

Narcisse – Tu es venu ici en quête de sensation… tu va en avoir.

J’étends le bras sur le côté. Entre mes griffes mortelles, une lance apparaît. D’un geste, je fais mine de la lancer vers lui et, sans effort, lui fait voir l’arme le traverser de part en part. Des autres tigrains, bien plus grands et plus dangereux que moi apparaissent et s’approchent de lui en se léchant les babines. D’un bond, ils sont sur lui, gueule ouverte, près à le dévorer vivant.

Tout ça n’est qu’illusion, mais je veux le faire souffrir, je veux qu’il voit sa mort en face. Je veux voir sur son visage les traits de Lila, ce sentiment de vulnérabilité, de peur, d’abandon. Je me déchaîne. Je lui fais voir l'horreur. Que sa vie défile devant ses yeux et qu’il voit à quel point il est misérable, lui et tous les autres.

Et une fois qu’il aura compris qu’il ne vaut rien, je quitterais définitivement ce lieu infernal. Et j’emporterais avec moi le petit corps de Lila.

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