Le crépuscule des corbeaux

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Ven 6 Mai 2016 - 18:19

« Nous avons des informations sur eux. » Voilà qui était suffisant pour que je me mette à le dévorer du regard. Oui, uniquement du regard. Bien que, je l’avoue, j’étais affamée. Le moignon qui remplaçait mon bras m’intimait de boire le sang du premier venu afin de lui donner un petit coup de pouce pour la repousse. Mais je n’avais pas le temps pour cela. Ils avaient des informations sur mes proies. Lesquelles, comment, pourquoi ? Je ne devais rater aucun mot, aucune mimique, je devais chercher le moindre truc qui clocherait pour savoir la conduite à tenir avec ces deux mystérieux personnages.

« Nous connaissons pas mal de chose sur leur organisation, sur leur fonctionnement. » Oui ? Plus vite, plus vite ! Que savaient-ils ? Etait-ce moi qui étais trop pressée d’entendre la suite ou bien prenait-il vraiment beaucoup (trop ?) de temps pour me répondre ? Il cherchait ses mots comme s’il avait peur de faire une boulette. Non, je me faisais des idées. Il était tout à fait normal qu’il pèse ses mots dans une telle situation. Le pauvre jeune homme se retrouvait face à une vampire inconnue et livrait des informations qui pouvaient lui coûter la vie. Je devais cesser de voir le mal partout.

« On utilise ça pour savoir où frapper. » Voilà qui me plaisait. Il allait enfin répondre à ma question. De quelle façon ?

« Par exemple, on sait qu’ils se sont implantés que récemment à Telbara. On a donc décidé d’agir ici, tant que la pousse est encore jeune. » Il semblait avoir terminé. C’était tout ? Il ne voulait peut-être pas trop en dire pour le moment. Après tout, j’étais mal placée pour en vouloir plus. Je n’allais pas leur avouer immédiatement que je « transformais » mes cibles en leurs propres proies. Je me contentais donc de hocher la tête avec un regard qui se voulait emprunt de compréhension. Malheureusement, je n’arrivais pas bien à m’empêcher de sourire, ce qui devait me donner un air un peu carnassier. La faute aux canines… Je n’avais pas envie de les effrayer, mais j’étais quand même un peu euphorique à l’idée que nous puissions retourner la situation de cette façon. L’homme-loup cachait bien des choses. Je me demandais s’il était lui aussi contagieux. Si tel était le cas, nous serions deux fois plus efficaces pour peupler la guilde du corbeau du crépuscule de monstruosités comme nous. Je regardais le jeune garçon. J’étais sur le point de lui proposer de le transformer lui aussi pour tripler notre rendement quand certaines notions de la réalité me revinrent en tête. Ce n’était pas très gentil de ma part de penser de cette façon. Le gamin n’avait rien fait de mal et ne méritais pas de mourir si jeune.

C'était à mon tour de donner quelques informations : « J’ai aussi quelques données sur eux. Ils ont établi un de leurs repères dans la maison close qui se trouve à deux rues d’ici. J’ai aussi le nom et l’adresse de nombreux membres. »

Voilà…

Et maintenant ?

« Vous voulez détruire la guilde ? Que faites-vous exactement ? Vous vous attaquez à leur tête ? Travaillez-vous en duo ? Comment avez-vous obtenu ces informations ? » finis-je par leur demander.

En savoir plus sur leurs méthodes me permettrait de voir s’il était possible ou non de nous associer. Mais j'allais peut-être un peu trop loin dans mes questions. J'espérais ne pas trop les brusquer. Je me remis à sourire gentiment (sans montrer les dents) en posant gentiment mes mains sur les genoux et en les regardant gentiment. Je n'allais pas les manger voyons, j'étais une gentille vampire, ils pouvaient me parler sans crainte.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Lun 9 Mai 2016 - 15:08

La bachelette blanchâtre ne faisait que sourire. Et même, elle dévoilait de plus en plus ses canines à mesure que je lui parlais, dans un sourire des plus malsains. Ce que je fatrouillais au sujet des corbeaux devais lui faire plaisir. La aussi, je fus bien partager. D’un côté, je fus bien content de voir la vampire heureuse de ce qu’elle entendait, un bon point pour nous, mais je trouillais aussi en la voyant ainsi. On dirait qu’elle voyait en moi une bonne pitance bien juteuse, mais elle devait se retenir, de peur que le leu ne lui arrache la tête à coup de crocs. Elle se tenait droite, ne détachant son regard enjôleur de moi, les mains poser sur ses genoux. Il était vrai que je pouvais paraître beau parfois. Ou bien, il s’agissait de mon gargamel qui la faisait saliver. En tout cas, je fis une pause dans mes explications. Je ne voulais pas en dire trop, je ne devais pas tout donner d’un coup, car on ne la connaissait pas encore.

Müss - J’ai aussi quelques données sur eux. Ils ont établi un de leurs repères dans la maison close qui se trouve à deux rues d’ici. J’ai aussi le nom et l’adresse de nombreux membres.


Elle nous donna des informations en retour. Il faudra bien entendu les vérifier. Mais cela montrait une image plus flatteuse à ce joli minois. On lui avait apporté quelque chose, elle nous le rendait. Elle était visiblement donnant-donnant et pouvait bien avoir un fonds honnête. Une alliance, même temporaire était donc envisageable entre nous.

Müss - Vous voulez détruire la guilde ? Que faites-vous exactement ? Vous vous attaquez à leur tête ? Travaillez-vous en duo ? Comment avez-vous obtenu ces informations ?

Apparemment, c’était à notre tour de donner des informations. Là, elle en demandait beaucoup en une fois et il faudra bien choisir ses mots pour ne pas dévoiler mon lien direct avec la guilde. Jengolf était lui aussi gêner. Je pouvais le voir du coin de l’œil qu’il venait de poser discrètement sa main sur le flambeau de son épée. Il était de plus en plus méfiant, et moi, j’essayais de détendre l’atmosphère. J’arrivais à amadouer la vampire, mais il ne fallait pas que le garou ne gâche tout. Je me mis à apporter des explications simples mais utiles :

Niyos - Oui, nous sommes deux à les combattre, à notre connaissance. Pour cela, nous traquons plusieurs de leurs membres et clients importants pour les mettre hors-jeu. S’attaquer à leur tête de suite serait suicidaire, car leur chef est très bien protégé et est très puissant. Ont doit détruire ses protections avant de le frapper en plein cœur. On y arrive grâce à des informations obtenu sur eux, mais aussi… J’étais un de leur esclave avant. Je devais les aider dans leurs projets de déments avant de m’y enfuir.


Esclave, mieux que de dire « membre de la famille des tueurs et pourri d’argent », même si je n’étais membre que de la branche inférieur de la famille.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Mar 10 Mai 2016 - 14:17

Il me répondit qu’ils combattaient la Guilde à deux. Ils traquaient leurs membres et les mettaient « hors-jeu ». J’ignorais ce que cela signifiait. Il ne voulait pas répondre exactement à ma question. Utilisaient-ils la corruption ? La menace ? Les tuaient-ils ? Les transformaient-ils ? Je n’aurais probablement pas de réponse tant que je restais moi-même évasive. Ou tant que je ne les aurais pas vus à l’œuvre.

Le gamin poursuivi ses explications. Selon lui, il n’était pas possible de s’attaquer à « leur tête ». Ma question supposait qu’ils tuent les chefs, mais la façon dont il répondait me laissait supposer qu’il avait connaissance d’un responsable unique. Et il avait même l’air de savoir de qui il s’agissait. Il avait évoqué le fait qu’une nouvelle branche se soit récemment implantée à Telbara, aussi, s’il y avait vraiment un Gourou de la Guilde des Corbeaux, il ne devait pas se trouver dans le coin mais plutôt dans un des deux royaumes esclavagistes. L’homme-loup et son jeune compagnon devaient être venus ici pour « détruire ses protections avant de le frapper en plein cœur », comme il le disait si bien. Par contre, ses derniers mots firent s’envoler mon sourire : « J’étais un de leurs esclaves avant. Je devais les aider dans leurs projets de déments avant de m’y enfuir. »

Le pauvre. Il avait dû avoir une vie compliquée. Être esclave signifiait n’être qu’un objet aux regards des autres. Mais, pire, être esclave d’une guilde tueuse de monstres… Hein ? Bha ? Pourquoi n’était-il pas d’accord avec leurs principes ? Les gens n’ont pour habitude de penser qu’il faille laisser les créatures malfaisantes vivre parmi eux. Peut-être la Guilde le traitait-elle mal. Ou alors le gamin se serait épris d’un des monstres qui devait passer à l’abattoir. Ce qui expliquerait la relation de mes interlocuteurs. Je jetais un regard à l’homme loup. Son regard profond, noir et mystérieux n’était pas seulement effrayant mais aussi particulièrement attirant. Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu’un jeune et innocent esclave, n’ayant jamais été traité comme une personne, tombe sous le charme de la belle créature qu’on lui aurait ordonné de tuer. Je m'y connaissais en amours interdits (et monstrueux de par leur inter-racialité frôlant la zoophilie), autant dire que je ne pouvais que compatir à leur triste situation. Enfin, ils avaient le courage de continuer leur vengeance ensemble et c’était tout aussi monstrueux que romantique.

Le garçon m’avait expliqué les raisons de sa haine pour la Guilde, ce devait être à mon tour d’évoquer les miennes. Aussi me mis-je à parler de Mirko : « Je comprends les raisons qui vous poussent à combattre cette Guilde. Pour ma part, ils ont tué un ami qui m’était cher. » Le formuler aussi distinctement me donna la nausée. J’étais en train d’énoncer sa mort, comme si c’était un fait accompli, comme si c’était trop tard et comme si j’étais désormais seule au monde. Mirko me manquait. Je ne le reverrais plus jamais. Et "jamais", pour un vampire, c’est incroyablement long. Me rappeler sa perte était douloureux. Je me focalisais donc sur ma vengeance pour ne pas fondre ridiculement en larme devant mes deux interlocuteurs. « Attendez moi ici, je vais vous apporter les informations que j’ai collectées. »

Je me levais de table avec l’intention de me rendre dans ma chambre pour leur apporter la liasse de papiers que Baron Dovamun m’avait trouvés. Avant de m’éloigner, je leur fis une  proposition : « Nous pourrions les heu… « mettre hors-jeu » et… « détruire ses protection » ensemble… enfin, sans vouloir vous… je veux dire… je vous laisse y réfléchir. Vous… heum. Je reviens. Avec les informations. En attendant, réfléchissez à comment… ou à ce que vous voulez… enfin… Je… je reviens ! »

Je disparu de leur champs de vision pour monter les marches de l’escalier quatre à quatre, me traitant de « sombre idiote » sans discontinuer jusqu’à ce que j’atteigne ma chambre.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Mer 11 Mai 2016 - 16:37

La sangsue sur patte se confia donc à nous. Elle nous parla de sa rencontre avec la guilde. En réalité, ils avaient tué une personne très proche d’elle. Un vampire pouvait avoir un ami ? Difficile à imaginer, à moins de bien vouloir servir de francherepue toutes les douze heures au vampire. Il faut être sacrément proche, voir amoureux pour accepter un tel sort. À moins qu’il ne s’agît d’un autre moustique humain et là, ce serait plus logique. Oui, la guilde à tuer un autre vampire qui était son ami, et elle voudrait le venger en les massacrant, presque tous, j’espérais. Elle voudrait bien en épargner quelques uns, du moins les sous-fifres comme moi. Là, elle m’inquiétait. Elle avait plus de mal à parler, comme si les mots lui manquaient.

Müss - Attendez moi ici, je vais vous apporter les informations que j’ai collectées.

Elle se leva donc et partit rejoindre sa chambre. Elle nous adressa un dernier message avant de partir. Ses paroles ne furent pas meilleure, elle balbutiait et hachait d’avantages ses mots. Elle était toute confuse en réalité.

Müss - Nous pourrions les heu… « mettre hors-jeu » et… « détruire ses protection » ensemble… enfin, sans vouloir vous… je veux dire… je vous laisse y réfléchir. Vous… heum. Je reviens. Avec les informations. En attendant, réfléchissez à comment… ou à ce que vous voulez… enfin… Je… je reviens !

Puis elle s’en alla sans doute accomplir cela. Bon sang, elle était perdue. Cela se voyait très bien que les émotions lui retournaient complètement la tête. Vraiment ? Les vampires pouvaient ressentir encore des choses ? Positive même ? On leur a donné le statut de « mort-vivant », donc les émotions devraient leur être étranger non ? Le monde était à l’envers il fallait croire. Faudra s’attendre à présent voir les vaches voler et le feu mouillé. De part chez nous, un vampire ne ressentait que des choses négatives… Enfin bref. Là, elle devint à mes yeux, plus vulnérable. Elle perdait cette aura de domination qui faisait peur. En faite, elle ferait presque humaine. Je lui glissai quelque mot juste avant qu’elle ne disparaisse dans les escaliers.

Niyos – Oui ! Je pourrais peut-être vous aider à les déchiffrer.

Puis elle disparut. Je me retournai vers Jengolf, le sourire aux lèvres. Il avait quitté sa position de statue menaçante pour se décontracter. Il grogna à peine et se servit une chope de vinasse. Le souriant de toutes mes dents, je lui parlai :

Niyos – Alors ? Elle n’est pas si méchante que ça on dirait bien. En plus elle parle d’alliance. Tout se passe bien. Tu peux le dire que c’est grâce à moi.

Jengolf posa violement sa chope sur la table, ce qui manqua de me faire sursauter avant de me grogner dessus :

Jengolf – T’es inconscient gamin. Tu te jettes comme ça devant une prédatrice.
Niyos – On n’allait pas rester comme ça, se fixer dans le blanc des yeux jusqu’au matin. Fallait détendre les choses et tu as remarqué, elle n’est pas aussi dangereuse qu’on peut le croire. Et si je me trompe, tu pourras à ton habitude me frapper à la tête comme à ton habitude.

À ces derniers mots, le loup-garou me claqua derrière la tête sans broncher comme par réflexe. Je lâchai un petit cri de douleur en me frottant le haut du crâne. Il était clair qu’il avait pris plaisir à me maltraiter le garou. D’un côté, c’était agaçant, d’un autre amusant. Enfin bref, j’étais curieux de voir ceux que la vampire allait nous rapporter. Des documents provenant de cette maison close ? Ils devaient avoir tout ce dont avez besoin pour frapper à grand coup. En attendant, je vis mon compagnon de route se resservir à boire ainsi que de commander une pitance. Mais quand je regardais les plats des autres clients, la nourriture m’était identifiable et j’avais un peu envis de gerber. Je détournai la tête pour regarder à nouveau vers là où notre nouvelle amie était partie, m’attendant à la revoir passer par là. Détournant légèrement le regard, je vis Jengolf, toujours avec son visage grave, le regard perdu dans le vide. Pour beaucoup, cela pouvait faire peur, j’en avais peur aussi au début, mais à présent, je connaissais très bien ce regard, je savais très bien ce qu’il voulait dire. Je lui souriais pour le rassurer et lui souffla amicalement :

Niyos – T’inquiètes pas, si ça se trouve, grâce à ça on va la retrouver.

Jengolf esquissa un sourire de coin des lèvres avant de ré adopter son expression sombre.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Jeu 12 Mai 2016 - 10:48

J’entrais dans ma chambre. J’avais étalé les papiers sur le lit, aussi je les fourrais tous dans la boîte que l’aristocrate m’avait dénichée. Une fois remplie, je la serrais contre ma poitrine. Avec cette nouvelle charge, mes pas étaient un peu plus bruyants qu’avant, mais je restais bien plus discrète que n’importe quel humain. Une fois de retour dans la salle à manger, je retrouvais l’homme-loup et le petit alchimiste attablés devant deux assiettes bien garnies. J’observais tristement la nourriture que je ne pourrais plus jamais goûter. A quoi servait d’avoir des sens surdéveloppés si on ne pouvait même pas en profiter ?

Le visage de l’homme-loup était toujours aussi effrayant. Peut-être même plus. Je ne voulais pas savoir à quoi il pensait. Je me tournais donc vers son acolyte et lui tendis la boîte. « Tiens », lui dis-je puisque, lui, je pouvais bien le tutoyer. Je m’adressais ensuite à tous les deux : « Alors, allons nous chasser chacun de notre côté ou nous occuperons nous d’eux ensemble ? »

La réponse de l’alchimiste ne se fit pas attendre : « Ah nous trois, on serait plus fort pour les battre ». Excellant ! Je lui souris chaleureusement en lui disant : « Je suis tout à fait d'accord ! »


Avant de rencontrer Mirko, Jawbol et… Elazi, j’étais un vampire solitaire, dépressif, côtoyant la folie d'un peu trop près. Depuis que je les avais rencontrés, j’avais compris que j’avais besoin des autres. Mais je n’étais pas encore capable d’expliquer pourquoi.

Le jeune homme avait répondu spontanément à ma question, mais son compagnon, lui, n’avait toujours pas bronché. Je ne m’attendais même plus à entendre sa voix quand il se mit à grogner un « … Soit » pas très convaincu. Ni très convainquant. Ce loup avait un sérieux problème. Peu importe. « Parfait. Par quoi est-ce qu'on commence ? », demandais-je.

Je m’assis en face d’eux et le jeune homme se mit à lire les papiers de Baron Dovamun. Il lisait bien plus vite que moi. Ce n’était pas difficile à deviner, vu la vitesse de déplacement de ses pupilles qui allaient de gauche à droite, descendant petit à petit, jusqu’à ce qu’il pose la feuille qu’il tenait entre ses longs doigts à côté de lui et qu’il en choisisse une autre. Pendant qu’il déchiffrait les écritures, j’eu le temps de me poser ces futiles questions à propos de la couleur de ses yeux. Ses cheveux les cachaient en partie. Ils glissaient le long de son front quand il se penchait sur la fin des feuilles. Quel âge pouvait-il avoir ? A peu près le même que le mien… avant que je cesse de vieillir. Il n’était pas particulièrement imposant, contrairement à son compagnon. Il possédait un arc. Et en effet, il avait la musculature d’un archer, fin et sec, sans avoir de muscles saillants et volumineux comme certains gardes maniant des fléaux ou des masses. Il avait l’air intelligent. En tout cas, il savait lire, et cette capacité suffisait à me rendre admirative. J’avais rarement rencontré des gens capables de déchiffrer ces minuscules dessins. Mirko m’avait récemment appris à les apprivoiser, mais l’alphabet restait toujours assez farouche et sauvage à mes yeux. Quand le garçon lisait une page entière, moi, j’en serais encore à déchiffrer la première ligne.

Le temps passait et j’avais soif. Histoire de ne pas y penser, je m’adressais à l’homme-loup qui, contrairement à son voisin, n’était pas occupé. « Je m’appelle Müss. J’ai grandi dans le royaume de Telbara. Pas très loin de la forêt du Calme. Je travaillais dans les champs. Et après que… après, je suis partie de chez le fermier qui m’employait. J’ai travaillé aux cuisines dans une auberge. Mais au bout d’un moment, les gens ont fini par se poser des questions sur moi et je suis encore partie. J’ai rencontré des gens qui m’ont acceptée malgré tout. Mais ils m'ont abandonnée. Et puis il y a eu… ce que je vous disais à l'instant, j'ai eu un ami qui a été tué par la Guilde ». Je me tus un instant. Il ne fallait pas parler de ça maintenant si je ne voulais pas déborder et me répandre en larme devant eux. « Je sais manier le sabre. Enfin, vous avez dû vous en apercevoir tout à l'heure ». Ce n'était peut-être pas très malin de reparler de ça non plus. Je tentais de réparer ma gaffe comme je le pouvais : « D'ailleurs, je suis désolée de vous avoir mis dans cette situation embarrassante la première fois qu'on s'est rencontrés. Et je suis aussi désolée de vous avoir fait croire que j'étais mourante. Mais je pensais que vous faisiez partie de la Guilde. En vérité, je ne peux pas mourir comme ça ».

C’était un peu triste de n’avoir aucune culture générale. Dans le cas contraire, j’aurais pu avoir des sujets de conversations bien plus intéressants que ma propre vie. Et puis, à force de gaspiller inutilement ma salive, mon monologue eu l’inverse de l’effet escompté : j’avais encore plus soif qu’avant. Sans trop espérer de réponse, je lui demandais : « Et vous, c’est quoi votre nom ? » Sa propre monstruosité m’interpelait. A force de vivre hors de mon village, je rencontrais tout un tas de gens différents et je finissais par me dire que je n’étais pas unique en mon genre. Après Mirko, je trouvais une autre personne qui cachait sa véritable nature et qui pouvait être perçu comme quelqu’un d’inapte à vivre dans notre société. Un nuisible à éradiquer. Je me sentais un peu moins seule face à mes propres difficultés sociales.

J'attendais que l'alchimiste en ait fini avec les papiers pour que nous puissions parler d'un plan d'action et enfin agir.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Jeu 12 Mai 2016 - 17:28

La jeune femme revint quelques minutes plus tard vers nous. Elle tenait contre elle une drôle de boîte. Elle devait contenir les informations dont elle nous avait parlé. La vampire reprit sa place devant nous et nous fixa juste quelque seconde avant de me passer son contenant. Je la saisis et en sortie tout un paquet de papier griffonner à l’intérieur. J’avais visiblement du travail qui m’attendait. Avant de commencer, la vampire voulu savoir notre plan d’action, on s’allier ou non. Sans attendre, je lui répondis qu’il était préférable de se battre ensemble, car l’union faisait la force. Isoler, nous serions des cibles plus faciles pour la guilde. La sangsue séduisante approuva avec un grand sourire. Sa joie manifeste la rapprochait d’avantage de l’humain. En fait, l’aspect lugubre et effrayant de notre compagne disparaissait. Au début, nous étions méfiants, c’était logique. A présent, la mauvaise ambiance s’était évaporée et nous nous sentions plus à l’aise. Même si Jengolf se montrait encore sombre vis-à-vis du vampire, il était moins tendu qu’avant. Mais il voulait encore jouer les chiens de garde. Je pris les feuilles de la boîte et les étudiai en les dispersants sur toute la surface de la table.

En fait, les documents de la guilde traitant sur leurs « marchandises » suivaient toujours une même règle : c’était deux textes en un. Cela voulait dire que d’un premier coup d’œil, la personne sachant juste lire au minimum ne verrait que des éléments simples. Peu de détail décrivant exactement de quoi il s’agissait. C’est alors qu’il faut lire le deuxième texte qui lui est caché. Contrairement au premier, il n’utilisait pas l’alphabet de la langue commune, ni même celle d’un autre peuple. En réalité, c’était une langue propre à la guilde, son alphabet à lui qui se compose de symbole plus ou moins dissimuler. Pour le néophyte, ces symboles sont plus des éléments de décoration ou de mise en page, sans se douter de leur véritable signification. En plus, ils sont dissimulés près des mots associés mais jamais de la même manière. Prenons un exemple, dans une première lecture, on lit « Jeune chaton à Telbara, envoyé pour Estanol. » Et bien en interprétant les symboles associés, on peut avoir « Jeune Tigrain de huit ans, fourrure d’or, provenance de Telbara dans un temple, envoyer au port d’Estanol – Elément prélevé : fourrure, griffe, yeux, langue. » Un exemple très simplifié. Par ce moyen, on garantissait une bonne sécurité sur les informations. Quelqu’un qui volerait un de ces documents comme notre amie, et bien, il n’aurait que des données bien maigres sans trop savoir où cela peut la mener, à l’exception que quelqu’un puisse déchiffrer.

Sur ceux que je tenais en main, j’ai pu constater qu’ils n’avaient pas perdu leur temps les bougres. Leur implantation à Telbara n’était que récente, mais déjà, ils avaient tout un effectif, une longue liste de créature découper et beaucoup d’envois. Par contre, ils ne visant pas les autres races ici, ils se penchent plus pour tous ceux qui étaient sauvages, et nocturnes comme mes deux amis. Je cherchais le papier qui parlait d’un vampire, pouvant correspondre au compagnon du vampire. Pendant ce temps, les deux autres comparses discutèrent entre eux. Je n’en perdis pas un mot malgré que je sois concentré sur mon travail. Les entendre parler, je trouvais ça attendrissant :

Müss - Je m’appelle Müss. Elle venait de se présenter. Donner ainsi son nom était un signe de confiance non ? J’ai grandi dans le royaume de Telbara. Pas très loin de la forêt du Calme. Je travaillais dans les champs. Et après que… après, je suis partie de chez le fermier qui m’employait. J’ai travaillé aux cuisines dans une auberge. Mais au bout d’un moment, les gens ont fini par se poser des questions sur moi et je suis encore partie. Là, elle nous parlait rapidement de ses origines, une Telbarane chassez des siens à cause de sa malédiction, devant fuir. En y réfléchissant, son histoire me faisait penser à celle de Jenglolf. Lui aussi à tout perdu et a du fuir à cause de sa nature. J’en fus peiner je devais l’avouer. J’ai rencontré des gens qui m’ont acceptée malgré tout. Mais ils m'ont abandonnée. Et puis il y a eu… ce que je vous disais à l'instant, j'ai eu un ami qui a été tué par la Guilde. Apparemment,  elle avait réussit à se trouver des alliées, mais si je comprenais bien, ils avaient disparue, tout comme son compère vampirique. Elle fit une pause avant de reprendre.  Je sais manier le sabre. Enfin, vous avez dû vous en apercevoir tout à l’heure. Effectivement, l’intérieur de la maison était cauchemardesque. J’avais supposé plus tard que c’était grâce à sa férocité de maîtresse des ténèbres qu’elle les avait mis en état, en réalité, son arme était la source du massacre, cela faisait froid dans le dos. D'ailleurs, je suis désolée de vous avoir mis dans cette situation embarrassante la première fois qu'on s'est rencontrés. Et je suis aussi désolée de vous avoir fait croire que j'étais mourante. Mais je pensais que vous faisiez partie de la Guilde. En vérité, je ne peux pas mourir comme ça.

Ces excuses étaient très touchantes, je voulais bien lui pardonner au vu du contexte et du fait qu’elle était bien mignonne. Si elle n’était pas vampire, je suis sûr que je l’aurais embrassé sans crainte déjà. À ce moment, le souvenir de Dafnia me revint. Cette belle et douce dryade des bois qui fut si douce et gentille avec moi, pendant notre séjour dans la langue du diable. Elle me manquait, nous avions dû partir si rapidement que j’avais peur de ne jamais la revoir. De plus, je n’avais jamais avoué ou fait deviner mes sentiments à cette belle déesse de la forêt. L’histoire était un peu compliquée et je devais travailler. Müss voulut en retour savoir le nom du garou. Marrant, bon courage pour réussir à lui arracher des informations si tôt, moi-même, j’ai dû attendre presque trois mois pour qu’il m’en dise un peu plus sur lui.

Jengolf – Moi aussi j’ai tout perdu. Ma famille… Et mes amis. J’ai dus fuir et me cacher à cause de la folie d’un ancien camarade de l’armé. Je me nomme Jengolf.

Je fus presque estomaqué. Le redoutable soldat déchu lycanthrope se confier aussi facilement ? En réalité, c’était normal. Oui, je m’étais bien dis qu’ils se ressemblaient et donc, cela devait lui faire du bien de rencontrer quelqu’un qui s’approchait de sa condition. Il devait se sentir moins seul, je pouvais le comprendre… Enfin, je crois…. Je trouvais victorieusement une feuille parlant de vampire capturer et tuer. Elle était plus fournie que les autres. Très vite, je déchiffrais l’alphabet secret des corbeaux pour en savoir plus. Après avoir fini d’en faire le tour, je montrais ma trouvaille à la vampire tout en lui expliquant :

Niyos – Moi, c’est Niyos, embarquer dans cette histoire malgré moi. J’ignorais pourquoi je me montrais si dur sur le ton que j’employais. Peut-être la fatigue, il était vrai qu’il se faisait très tard. Voici ce que j’ai trouvé sur un vampire dans Telbara : Vampire mâle, trente ans environs, quartes-vint kilos, cheveux noir, un mètre trente, yeux vitreux, trouvé dans une cavité sous l’armurerie. Eléments prélever : … Le vide laissez veut dire qu’ils n’ont pas encore prélevé sur son corps. Est-ce bien votre ami ? Car je ne trouve aucune autre fiche de vampire dans le tas.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Jeu 12 Mai 2016 - 18:26

« Moi aussi j’ai tout perdu. Ma famille… Et mes amis. J’ai dû fuir et me cacher à cause de la folie d’un ancien camarade de l’armé. Je me nomme Jengolf » me répondit la bête humaine. Je fus surprise d’entendre autant de mots d’affilés sortir de sa bouche. Me rendant compte que je le fixais avec de grands yeux, je détournais le regard, un peu gênée. Il avait dit « aussi », après le « moi ». C’était une comparaison. Il me plaçait dans la même catégorie que lui !

Je sais bien que je me faisais beaucoup trop d’idée sur pas grand-chose. Un simple mot pouvait totalement changer mon positionnement vis-à-vis de quelqu’un, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. La peur d’être seule était trop grande. J’aurais sauté sur n’importe quoi. Comme par exemple, un petit « aussi ».

Je ne comprenais pas ce qu’il entendait par « la folie d’un ancien camarade », mais je n’osais pas l’interroger plus loin. J’avais l’impression d’avoir déjà obtenu bien plus que tout ce que j’avais le droit d’espérer.

« Moi, c’est Niyos, embarqué dans cette histoire malgré moi », dit l’alchimiste. Sa voix était tranchante. Les rôles entre eux semblaient s’inverser, quand l’un se mettait à parler, l’autre devenait revêche. Ils étaient bizarres, ces deux là. Il reprit : « Voici ce que j’ai trouvé sur un vampire dans Telbara : Vampire mâle, trente ans environs, quartes-vint kilos, cheveux noir, un mètre trente, yeux vitreux, trouvé dans une cavité sous l’armurerie. Eléments prélevés : … Le vide laissez veut dire qu’ils n’ont pas encore prélevé sur son corps. Est-ce bien votre ami ? Car je ne trouve aucune autre fiche de vampire dans le tas. »

« Hein ? » C’était sorti tout seul. Je ne comprenais pas ce qu’il était en train de raconter. J’avais épluché ces papiers en long en large et en travers et, même si je n’étais pas une bonne lectrice, je n’avais jamais trouvé une telle information ! Comment pouvait-il… ? Serait-ce un code ? Sept dieux, je n’y avais pas pensé une seule seconde ! Cela expliquerait tous ces signes incompréhensibles autour de certaines phrases. Dire que je m’étais imaginée qu’il s’agissait de gribouillages (oui, je n’avais pas l’habitude d’écrire non plus et, des gribouillages, j’en faisais beaucoup quand je m’y tentais. J’aurais pu y réfléchir par deux fois et deviner que j’étais la seule à faire des ratures partout). Ces informations me rendaient fébrile. Je me levais rapidement pour me placer à côté de lui et loucher sur sa feuille.

Vampire adulte mâle et petits icônes à côté. Voilà tout ce que contenait la feuille qu’il tenait entre les mains.

Je me penchais un peu plus et glissais un doigt sur les signes indistincts qui dansaient devant mes yeux. « C’est ça ? » lui demandais-je en devinant déjà sa réponse. Je relevais les yeux de la feuille pour les planter dans les siens. « Aucune autre fiche de vampire dans le tas… » maugréais-je, réfléchissant à voix haute. Je continuais à le dévisager en réfléchissant. Ce gamin était précieux. Soit il se moquait de moi, soit il connaissait vraiment bien la Guilde. Il connaissait leurs codes. Il pouvait savoir comment les approcher, les infiltrer et les éliminer tous jusqu’au dernier. Je ne me l’étais jamais avoué, mais les attaquer un par un jusqu’à tous les transformer était un plan qui ne pouvait aboutir qu’à ma propre capture. C’était probablement ce que je cherchais inconsciemment. Mais maintenant, j’avais l’impression qu’il était possible de faire quelque chose de constructif. Ces deux personnages n’étaient pas impulsifs et suicidaires comme moi. Travailler avec eux me permettrait d’être plus stable dans mes tactiques pour éradiquer la Guilde. Je n’allais pas plus loin dans ma réflexion. Stable dans ma tête ? Ça ne pouvait pas m’effleurer l’esprit.

Bref, où en étais-je déjà ? Ah, oui, un vampire qui ne correspondait aucunement à mon ami. « Non, non, ce n’est pas lui. Mirko n’a pas vingt ans. Enfin, pas en apparence en tout cas. Il est fin, grand, il a les cheveux blancs et les yeux gris. Ça ne peut pas être lui. Tu as tout lu, tu es sûr qu’il n’y a pas d’autres fiches ? » Mes questions étaient rhétoriques. Il y avait déjà répondu avant que je ne les pose, mais je ne pouvais m’empêcher de vérifier.

Je poussais un long soupir. « Ces feuilles ont été récupérées la nuit qui a suivi sa disparition. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ces données n’aient pas encore été notées sur ces papiers… » C’était évident, mais particulièrement décevant. Niyos me faisait entrevoir de nouvelles possibilités et, durant une seconde, j’avais imaginé que Mirko pourrait être encore en vie. Je me sentais un peu bête. J'oscillais entre espoir et désespoir : tout cela allait un peu trop vite pour moi.

Mais il ne fallait pas s’arrêter là. Il était mort, maintenant, il fallait continuer. Et pour cela, je devais me concentrer sur un unique but afin d’oublier tout le reste. Je pris une autre feuille et, désignant quelques signes du bout de l’index, demandais à l’alchimiste : « Comment tu fais ? » et surtout : « Y a-t-il des informations cachées que je dois connaître ? »

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Dim 15 Mai 2016 - 16:02

Müss en fut des plus surprise. Visiblement, la vampire cité n’était pas son ami disparu. Des plus étranges. Elle vint s’asseoir à côté de moi pour lire les notes d’un bond… Sa présence soudaine à mes côtés me fit froid dans le dos, elle était là, d’un geste, elle pourrait plus facilement me mettre en pièces. Mais aura, je ne savais pas trop comment nommer ça, m’envoûtait. Son côté sauvage, sombre et prédatrice était plus fort. Elle n’avait rien avoir avec une femme classique qu’on peut croiser dans la rue. Elle était singulière, séduisante, puissante et elle était le parfait mélange équilibré de créature surpuissante et d’humaine. Elle donnait l’image d’une femme forte et redoutable, mais aussi d’un être attendrissant et attachant.

Elle consultait les documents comme un pirate examinant une carte au trésor. Je venais de lui apportais des informations qui lui ont donné une toute autre vision sur l’affaire. Elle pointa du doigt les symboles secrets sur un des parchemins et m’interrogea. J’acquiesçais de la tête pour dire oui. Je m’en doutais qu’elle n’ait pas pensé aux signes. Ces petits dessins changeaient tout le sens de cette histoire. Müss refit une vérification des feuilles pour voir s’il n’y avait pas autre chose sur les vampires qui nous auraient échappé. Comme vu et revu, rien d’autre sur un second éventuel successeur de sang.

Müss - Non, non, ce n’est pas lui. Mirko n’a pas vingt ans. Enfin, pas en apparence en tout cas. Il est fin, grand, il a les cheveux blancs et les yeux gris. Ça ne peut pas être lui. Tu as tout lu, tu es sûr qu’il n’y a pas d’autres fiches ? Elle nous donna une description rapide de son compagnon qui, visiblement, ne correspondait pas du tout au bougre que nous avions trouvé. Elle poussa un léger mais long soupir. Ces feuilles ont été récupérées la nuit qui a suivi sa disparition. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ces données n’aient pas encore été notées sur ces papiers…

Cela m’étonnait, en temps normal, ont fait rapidement une fiche, comme un rapport, dés que la cible fut capturée et tuer. Ah moins qu’un imprévu soit survenu entre-temps. Tout était possible tant qu’on ne trouvait pas de corps. En attendant, nous devions faire enquête pour en savoir plus. J’y pensais, le mieux serait de faire échouer le marché de la guilde à Telbara et pour cela, les informations dans la maison close pouvaient servir, mais aussi si nous trouvions leur laboratoire et que nous le détruisions, ce serait un coup critique à la guilde. Excellent.

Müss - Comment tu fais ? Y a-t-il des informations cachées que je dois connaître ?


De quoi parlait-elle ? Elle me montrait les symboles en jouant avec les documents. Ne m’avait-elle pas écouté quand j’avais dis que je fus « esclave » de la guilde ? J’avais donc accès à leurs informations et leurs secrets. Mais bon, pour elle, on avait fait découvrir une nouvelle dimension possible sur le destin de son ami, elle voulait en savoir plus et j’étais le seul à pouvoir apporter plus d’information. Je disais donc ce que je pouvais :

Niyos – Je vous l’ai dis, j’étais un de leur esclave. Pour qu’on puisse faire leur sale besogne, on nous a appris à lire et déchiffrer leur code pour suivre les… Enfin voilà quoi. Sur ce que vous m’avez dis sr Mirko, c’est ça ? Rien ne le concerne. Il faudrait infiltrer leur bastion.


Jengolf – En attendant, le soleil va se lever dans peu de temps. Müss, tu ne pourras plus faire grand chose. Mieux vaut que tu restes ici pendant que nous opérons dehors. Nous avons déjà un plan et grâce à ce que tu nous as enseigné, nous avons une avance.

Niyos – Le garou a raison. On va repérer des clients à eux, puis fouiller leur repère dans cette baraque et enfin, trouver le labo. Ensuite, on va bien s’amuser.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Dim 15 Mai 2016 - 20:41

Il ne m’expliqua pas la façon dont il pouvait lire les codes, mais je me doutais bien que, vu le temps qu’il m’avait fallu pour apprendre à lire, je n’aurais pas pu apprendre à décoder ces symboles en une courte nuit. Il me dit avoir appris à les lire durant son séjour chez eux en tant qu’esclave. Il finit sa tirade sur l’absence d’information concernant Mirko avec ces mots : « Il faudrait infiltrer leur bastion ».

Je relevais les yeux des papiers pour l’observer. Pensait-il que mon ami puisse encore être en vie ? Je n’arrivais pas à deviner les pensées qui se cachaient derrière son visage. Il m’observait bizarrement et c’était un peu gênant. Peut être n’aurais-je pas dû venir m’asseoir à côté de lui, ça devait l’embêter. Ou plutôt, lui faire peur. D’ailleurs, il était étonnant qu’il m’ait laissé m’approcher si près de lui, en un seul mouvement de tête, je pouvais planter mes crocs dans son cou. Mince, ce n’était pas le moment de penser à ça. Les crocs, je les avais. Cela faisait deux jours et deux nuit que je n’avais rien bu. L’odeur de ce… Niyos était tellement… humaine. C’était enivrant…

« En attendant, le soleil va se lever dans peu de temps. Müss, tu ne pourras plus faire grand chose. Mieux vaut que tu restes ici pendant que nous opérons dehors. Nous avons déjà un plan et grâce à ce que tu nous as enseigné, nous avons une avance.»

Mes yeux papillonnèrent un instant. La voix de l’homme-loup me ramenait sur terre. Je hochais tristement la tête. Il me rappelait ma condition : je n’étais pas capable de sortir de jour avec eux. J’étais coincée ici jusqu’à la nuit prochaine. J’observais Jengolf avec une certaine jalousie. Sa malédiction ne l’empêchait pas de se montrer à la lumière du jour, lui.

Je me mordis les lèvres. Ma réaction était tellement puérile. Je me levais en essayant de voir le bon côté des choses. J’avais maintenant des alliés. Et rien ne disait que le corps de Mirko ait été découpé. Je chassais cette dernière idée en secouant la tête. Il ne fallait pas rêver trop vite.

« Le garou a raison. On va repérer des clients à eux, puis fouiller leur repère dans cette baraque et enfin, trouver le labo. Ensuite, on va bien s’amuser », dit Niyos. Je souris au jeune homme. Il était difficile à appréhender, mais il avait l’air gentil. Même si son humour me mettait mal à l’aise (puisque, personnellement, je n’en avais aucun, ma vision de la vie était trop sombre pour que je puisse un jour me mettre à rire avec légèreté). "s'amuser", disait-il… cela m'était inconcevable.

Je répondis  : « Ne faites rien de dangereux. Si vous n’arrivez pas à infiltrer la… "baraque", nous pourrons faire une autre tentative quand la nuit tombera. J’imagine que je pourrais plus facilement me fondre dans le décor et m’infiltrer là-bas que vous ». Et pour finir, je me tournais vers l'homme-loup pour lui dire en désignant Niyos : « Fais attention à lui », parce qu'il n'était qu'un humain. Ils sont tellement fragiles…

Et voilà, c’était parti pour une nouvelle journée d’enfermement.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Ven 20 Mai 2016 - 11:41

Müss - Ne faites rien de dangereux. Si vous n’arrivez pas à infiltrer la… "baraque", nous pourrons faire une autre tentative quand la nuit tombera. J’imagine que je pourrais plus facilement me fondre dans le décor et m’infiltrer là-bas que vous.

Il était vrai qu’une entré furtive dans cette maison close la nuit serait une bonne idée. Mais pour l’instant, on y était pas encore, on avait du boulot avant. La vampire se tourna vers mon compagnon.

Müss -Fais attention à lui.
Jengolf – Comme toujours.

Je fis un rire niais en entendant cela. Müss monta donc dans une chambre pour passer la journée. Jengolf et moi nous nous concertions pour savoir quel plan adopter. Nous revoyons le plan de départ, je devais me présenter à une place du marché et proposer les quelques potions que je disposais pour attirer un client des corbeaux. Vers la fin, Jengolf proposa d’aller de nuit continuer l’enquête en compagnie de Müss dans la maison close. Je ne savais pas si j’avais l’esprit mal tourné ou bien s’il n’y avait pas de sous-entendu. Toutefois, je ne disais rien et acquiesçai. Une fois terminé de discuter, je partais récupérer mes affaires dans la chambre avant d’aller à la place de la ville prévu. Plusieurs marchands étaient déjà arrivés et ils installaient leurs stands avant l’arrivée des premiers clients au petit matin. Je n’avais pas de planches pour monter tout un présentoir, mais j’avais une couverture faite à partir d’une peau de sanglier pour y exposer mes potions.

Le soleil se levait. Ses rayons percèrent l’obscurité, éclairant la ville. Je me frottais les mains pour me réchauffer et me donner un peu plus de courage pour la journée qui nous attendait. Je lançai un regard vers le toit d’une habitation de deux étages se trouvant devant moi. Au-dessus, Jengolf se tenait là, embusqué. Il servait de protecteur en veillant sur moi, mais son rôle principe était d’attendre que je lui donne le signal d’un individu pour qu’il le suive jusqu’à son repère. Les clients venaient petit à petit, un début de journée bien calme. Mais au beau milieu de la matinée, la place fut noire de monde et je n’arrêtais pas de proposer mes potions à plus de monde possible. D’un côté, je ventais les bienfaits de mes potions de soins, mais j’exagérais certaines, allant à ce que l’on peut dire, un mensonge, parlant de philtre d’amour. Jamais de mon existence, je n’avais vu de réelles potions d’amour, ce qui en fit le symbole de l’escroquerie de l’alchimie. Pourtant, le nombre de client désirant s’en procurer une ne faisait qu’augmenter.

Je vis beaucoup de monde de tous bords, venant des trois royaumes humains ainsi que de tous peuples bizarroïdes de notre continent. Malgré mes appréhensions, je jouais du charme avec les autres races, comme avec cette femme-serpent en parlant de sa beauté… De serpent. Ah au fait, pour reconnaître un client de la guilde du corbeau, il y avait un code qui se dit entre eux et ceux de la guilde, une sorte de mot de passe qui était : Comment va le corbeau ? Et l’interlocuteur devait répondre : Il attrape l’étoile noire. Mais ce ne fut pas évident de soumettre cette question à tout le monde, j’avais même peur que certains me passent sous le nez. Mais peu après midi, un homme, vêtu comme un moine me donna la bonne réponse, j’ai cru que mon cœur allé lâcher. Cet homme portant une robe bleue sembla aussi étonner et me demanda pourquoi je vendais ici, et non à un poste de vente officielle de la guilde, j’ai dû ruser.

Niyos – La guilde est encore récente ici mon seigneur, mais en attendant que nos postes de ventes soient prêt, on est sur les places ainsi pour proposer des ristournes, ou des offres spéciaux pour nos clients fidèles.
Client – Très bien, en attendant que vous ayez plus de potions intéressantes je repasserais. Je vais voir à votre centre de distribution officiel.

Puis il partit. Je fis un signe de tête à l’attention de Jengolf pour lui signaler l’homme, qu’il suivit depuis les airs. Je continuais donc de vendre normalement mes potions attendant le retour de Jengolf. Ce dernier ne donna plus le moindre signe de danse avant la tombée de la nuit. Alors que je rangeais mes affaires, il me surprit dans le noir. Je voulais savoir ce qu’il s’était passé, mais il voulait en parler à l’auberge avec Müss. Pourquoi avoir pris tant de temps, je commençais à avoir peur qu’il se soit mis en pièces par la guilde, sans lui, je me serais retrouvé seul à affronter ces monstres.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Dim 22 Mai 2016 - 15:15

Je passai la première partie de la journée enfermée dans la chambre de l’auberge, attendant que les heures défilent. Je me penchais sur les feuilles que Baron Dovamun m’avaient apportées, cherchant à en comprendre les signes inconnus. Une fois lassée, je me rendis en bas, dans la salle commune où de rares clients buvaient des bières. Aucun d’entre eux n’était assez saoul pour que je l’emmène avec moi dans ma chambre afin de le mordre. Je n’avais pas envie d’attirer l’attention sur moi, maintenant que j’avais des alliés qui pouvaient subir les conséquences de mes actes. J’attendis patiemment qu’ils boivent pour que l’un d’entre eux soit en état d’oublier, ou d’imaginer avoir halluciné, le fait que je me nourrisse sur lui. Mais cela n’arriva pas : les clients ne buvaient pas assez ou repartaient trop tôt.

Par Ezor, qu’est-ce que j’avais soif !

Pour tuer le temps, j’écoutais les conversations des gens. Je pouvais les entendre sans être à côté d’eux et sans qu’il se sache écoutés. C’était un avantage qui ne m’apporta rien aujourd’hui : personne n’évoqua quoi que ce soit qui puisse avoir un rapport avec la Guilde. Leurs habits non plus ne portaient pas les insignes du Corbeau. C’était d’un ennui mortel.

J’en étais à compter la recette du jour de l’aubergiste en fonction du nombre de bière consommées dans la journée quand ils apparurent enfin dans l’encadrement de la porte. Je les accueillis d’un signe de la main accompagné d’un sourire soulagé.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Lun 23 Mai 2016 - 10:38

Nous retournions à l’auberge retrouver la vampire. Elle était justement là, nous attendant au bar. Müss nous fit signe de la rejoindre et nous prîmes donc place avec elle pour faire un rapport de notre travail. La journée fut bien longue et les effets de la fatigue se firent bien sentir sur moi. Jengolf quant à lui, le sommeil semblait moins important pour lui. Pourtant, un loup avait besoin de dormir non ? À moins que son envi de se venger lui donnait une énergie supérieur, il devait ressentir encore la fatigue. Müss nous souriait de toutes ses dents pointues blanches à faire peur. Sans trop nous faire prier, nous lui faisons part de ce que nous avions trouvé.

Niyos – Commençons par le début, nous avons surveillez plusieurs clients pour retrouver ceux de la guilde. Finalement, un seul s’est révèle en être un. Notre ami Jengolf la donc filer pour savoir où il se dirigeait.
Jengolf – Il s’est bien baladé en ville, mais vers le début de soirée, il est entré dans une maison close. Probablement la même que vous avez découvert.
Niyos – Si j’ai bien compris, il s’agit seulement du bureau administratif de la guilde ici. Il existe trois infrastructures : Le bureau, les boutiques et le laboratoire servant aussi d’entrepôt. C’est ce dernier qu’il faudrait frapper. Si leur labo est détruit, ce serait une perte économique énorme qui leur serait grave. Ils mettront du temps à sen remettre.
Jengolf – Mais nous ne savons où il est. Le mieux serait de se rendre dans leur bureau et trouvé les indications. Apparemment il n’était pas marqué sur les papiers que vous aviez.
Niyos- Je pourrais déchiffrer là-bas les documents et trouver la piste de l’entrepôt.
Jengolf – Pas de suite. Tu es trop fatigué. Vas dormir avant, sinon tu serais un poids mort et donc, inefficace pour la mission.
Niyos – Mais…
Jengolf – Vas dormir !

Vexer, je me levais violemment de mon siège et partis monter me coucher. Certes, j’étais crevé, mais je n’aimais pas que le garou m’éjecte de notre tâche. Moi aussi, je voulais me venger de la guilde, moi aussi, je voulais aider des gens… Il n’avait pas plus de droit que moi d’agir comme s’il était la seule victime de l’histoire. On faisait un duo ? Tu parles, j’avais l’impression de ne pas avoir autant d’importance que ça. Content que je donne des informations, mais si vite mis de côté. J’allais donc dormir, de façon énervée. Je faisais trembler le sol en plancher comme un minotaure en colère. Limite, je faisais claquer la porte derrière moi et me mis à râler sur mon lit.



Jengolf ne m’avait quitté du regard jusqu’à ce que j’aie disparu au bout de l’escalier avant de se concentrer de nouveau sur la vampire. Le loup-garou exprima toujours son regard sombre et bestial, mais de façons plus douces, moins impressionnant. Évidement, il faisait d’avantage confiance à Müss. Il était vrai que la sangsue bipède forçait une certaine sympathie. À cause de son aura vampirique ou d’un pouvoir propre ? Je ne crois pas, mais je ne connaissais pas bien ces monstres. Il se pencha doucement vers elle pour lui parler discrètement :

Jengolf – Bon, allons y maintenant, ne perdons pas de temps.

Il voulait qu’ils y aillent tous les deux à la maison close. Une bonne idée, car ils étaient deux créatures de la nuit, entrant dans un endroit malfamé pour combattre des serviteurs du mal. De quoi écrire tout un poème épic, si j’étais barde, je l’aurais écrit et eus certainement un succès auprès des jeunes pour ce genre d’histoire. Mais je comprendrais cela et ses intentions bien plus tard.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Sam 28 Mai 2016 - 16:19

Les deux humains (ou presque) m’expliquèrent avoir trouvé la trace d’un membre de la Guilde et l’avoir filé jusqu’à ce qu’il entre dans une maison close qui serait le bureau administratif de la guilde à Telbara. Niyos affirmait qu’il nous fallait détruire leur laboratoire, mais nous ignorons sa localisation, aussi Jengolf m’expliqua que nous nous en prendrions au « bureau » pour trouver plus d’informations. Il envoya ensuite son compagnon humain se coucher. J’observais leur joute verbale avec un sourire en coin. Niyos était vexé d’être traité de la sorte par l’homme-loup qui, lui, restait intransigeant. Ses paroles et son expression ne laissait aucune place à la discussion et le gamin finit par accepter avec rancœur. Je devinais aisément que Jengolf voulait protéger celui qu’il aimait.

L’homme-loup fixait son compagnon du regard jusqu’à ce que celui-ci disparaisse dans l’escalier. Son regard était plus doux qu’avant quand il finit par me dire : « Bon, allons y maintenant, ne perdons pas de temps. »

Nous sortîmes donc tous les deux de l’auberge. J’enfonçais ma capuche sur mon visage et marchais à pas rapide. Nous nous dirigeâmes sans hésitation jusqu’à leur fameux bureau.

La maison était grande. Les rideaux rouges étaient tirés et on pouvait apercevoir de la lumière derrière eux. A l’entrée, une jolie jeune fille était adossée au mur. Elle portait une longue robe verte très décolletée et sa poitrine était compressée vers le haut afin de mettre en valeur l’arrondi de ses seins. Elle n’avait pas vingt ans. Ses lèvres étaient rouges.

« Tu demandes une fille pour nous deux ? », murmurais-je à Jengolf en espérant qu'il m'autoriserait à la boire un peu (parce que j'étais de plus en plus assoiffée à force que le temps passait).

Ma capuche dissimulait mes traits et mes habits ne dévoilaient pas mes formes. Il n’y avait rien de bien étonnant à vouloir entrer dans un tel établissement en cachant partiellement son visage. Même si la plupart des hommes n’y voyaient rien de honteux, certains préféraient ne pas y être vus. J’aurais juste l’air d’un jeune homme pudique. Si je ne parlais pas, ma voix féminine ne me trahirait pas.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Lun 30 Mai 2016 - 12:49

Je restais donc là, allongé dans mon lit, ruminant contre mes deux compagnons de voyage. Je voulais bien partir de suite, pour en finir le plus tôt possible avec cette guilde criminelle. Je râlais en marmonnant des mots incompréhensibles dans ma barbe, que je n’avais pas en fait. Aussi, je ne râlais pas uniquement pour le fait d’attendre avant d’attaquer, mais pour la manière dont Jengolf pouvait se comporter vis-à-vis de moi. J’avais bien entendu l’habitude, je le connaissais bien, mais des fois, j’en avais marre d’être constamment vue comme un enfant et qu’il en profitait pour jouer les autoritaires. On était tout les deux associés, non patron et employer. Enfin bref, je me mis à réfléchir sur les informations connues sur la présence des corbeaux ici ainsi que sur les deux ou trois feuilles de documents que j’avais subtilisés. Un peu de lecture m’aiderait à m’endormir un peu. D’après ce que je lis, ils avaient vraiment fait beaucoup de choses ici, déjà ils ont capturé beaucoup de créatures et ils avaient en vue bien d’autres. Dommages que rient ne disait où ils avaient leur laboratoire d’alchimie. En réalité, ce que j’avais ne m’avançait pas beaucoup. Je me concentrais tellement dessus, que je sentis mes paupières se fatiguaient et se fermer, me plongeant dans le noir.

Jengolf et Müss se dirigèrent pendant ce temps vers la maison close. La nuit était leur élément, ils y arrivèrent rapidement, silencieusement et de façon discrète. Mais ils n’étaient pas les seuls à se sentir dans leur élément, les gens de cet endroit eux aussi aimaient la nuit. Le bâtiment fut bien rempli, des rires en tous genre s’échappaient par la porte principale et des lumières furent allumer à l’intérieur, montrant des silhouettes qui dansaient devant les vitres. Une prostituée se tenait là, devant l’entrée comme si elle surveillé. Elle était jeune, les lèvres étaient rouges comme le sang, sa peau était blanche et délicate, sa poitrine fut fortement remontée à cause de sa robe verte très serrer. Une telle créature pouvait faire tourner des têtes, Niyos en aurait été sous le charme, quant à Jengolf, on ne serait si lui aussi, il serait sous ce charme ou aurait une envie de la dévorer… Un loup-garou à des instincts très proche du loup, ses envies pouvaient être décuplées, une belle fille peut éveiller mille désires, de la chaire ou l’odeur du sang, une envie de dévorer. Mais notre ami garou avait appris à contrôler la bête qui était en lui, il pouvait se maîtriser. Par contre, en comparant ce garou avec la plupart des humanoïdes ici, c’était à se demander qui était la vraie bête.

Müss - Tu demandes une fille pour nous deux ?

Murmura donc la jeune vampire encapuchonné à Jengolf. Ce dernier la regarda pour discerner son visage. Il avait compris que Müss, avait des besoins. En tant que vampire, elle devait survivre en buvant le précieux liquide de vie. Une contrainte pour tous ceux frappée par ce maléfice. Si elle s’empêchait trop longtemps de se nourrir ainsi, elle deviendrait bien trop faible pour faire quoi que ce soit et probablement, elle en mourra comme un humain mort de faim. Le chasseur voulu l’aider, mais il fallait agir de façon à ne pas se mettre en danger et de ne pas compromettre la mission.

Jengolf – Non, on rentre et on regarde. On doit jouer la furtivité en passant par les endroits pouvant servir de cachette. Tiens encore un peu Müss. On ne doit pas attirer l’attention sur nous, mais si on tomber sur un des agents des corbeaux là-dedans, tu peux faire ce dont tu as à faire.

Ainsi, le loup-garou invita Müss à entrer tout en gardant la tête baissée, ne faisant cas des invitations de la portière. L’intérieur fut d’un mauvais goût, tout un mélange de décoration de luxe et de luxure… De quoi donner du dégoût et une envie de vomir à la personne pieuse et respectable. Tous ces gens qui se mélangeaient entre deux, s’amusant avec des boissons enivrantes et des jeux particuliers montraient une image des plus décadente. Les odeurs qui se mélangeaient aussi entre elles déstabiliser le lycanthrope. Un mélange de parfum de fleurs et d’hormones qui pouvaient faire perdre la tête. Jengolf essaya de se frayer un chemin à travers cette mélasse de gens pour se diriger vers le premier couloir.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Mer 1 Juin 2016 - 13:02

La réponse de l’homme-loup fut sans appel : « Non, on rentre et on regarde. On doit jouer la furtivité en passant par les endroits pouvant servir de cachette ». Quel sérieux… J’avais du mal à imaginer qu’il fut l’amant d’un gringalet sans cesse en train de plaisanter, même lorsque sa vie était en danger. Comparé à son compagnon, Jengolf était la gravité incarnée. Mais il avait raison, aussi je me contentais de hocher la tête et de le suivre docilement. Cependant, ses derniers mots montraient une certaine compassion : « Tiens encore un peu Müss. On ne doit pas attirer l’attention sur nous, mais si on tombait sur un des agents des corbeaux là-dedans, tu peux faire ce que tu as à faire ». Voilà qui était un peu plus réjouissant. Non pas que j’eus besoin de son accord pour tuer un membre du Corbeau, mais il était tout ce même agréable de savoir qu’il approuvait.

La fille de la nuit qui était adossée à la porte s’approcha de nous quand nous voulûmes entrer. Jengolf refusa ses propositions et nous traversâmes alors la frontière qui séparait deux univers. Quand la rue était sombre et silencieuse, derrière les murs, c’était tout l’inverse. Nous entendions des rires et des cris de plaisirs (ou pas…), des musiques, des chants, des pas dans tous les sens… Les odeurs étaient un mélange de parfums, d’aliments et de boissons entêtantes. Quant aux décorations, elles étaient de mauvais goût. Je ne pouvais prétendre être une personne de goût, mais là, c’était simplement laid. La plupart des maisons closes devaient être un peu plus sobres que cet étalement de tapisseries, sculptures et tableaux impudiques. De façon contradictoire, je trouvais ça à la fois dégoûtant et… cela me mettait en appétit. Peut être était-ce la vision de tant de peau dénudée dans laquelle on ne pouvait que rêver de croquer. Ou les odeurs, la chaleur et la couleur des pièces, puisque absolument tout ici rappelait le sang. Du sang très chaud.

Une fille s’approcha de moi. Elle devait avoir une petite quarantaine d’années. Sa gorge blanche dévoilait ses veines bleutées. Je n’étais plus que désir. J’aurais voulu la dévorer sur place. Mais la présence de Jengolf me raccrochait à la réalité. L’homme loup était en train de se chercher un chemin vers le premier couloir. Je repoussais donc doucement la femme et me concentrais sur le but de ma visite. Je marchais à la suite de Jengolf. Son ouïe devait être également très sensible, car il semblait deviner quand une pièce était vide ou pas. En même temps, vu le tapage que leurs occupants faisaient, ce n’était pas bien difficile.

Quand nous trouvions une pièce vide, nous y entrions et fouillons rapidement. Les chambres n’avaient pas grand-chose à nous offrir. Enfin, rien qui se rapportent à notre quête en tout cas. Nous finîmes par tomber sur un bureau. Les documents qui se trouvaient sur la table concernaient les comptes de la maison close et d’autres informations sans intérêt. Je cherchais d’autres papiers mais ne trouvais rien. Nous sortîmes donc pour continuer notre recherche, mais, alors que nous avancions dans le couloir, je remarquais que la pièce qui suivait le bureau ne jouxtait pas ce dernier. Il y avait un vide entre les deux. Je retournais donc dans le bureau et soulevais la tapisserie accrochée au mur pour tomber sur une porte. Je tentais de l’ouvrir, mais elle était fermée à clé.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Jeu 2 Juin 2016 - 13:29

Je m’étais en dormi. Combien de temps, je ne serais le dire. Mais ce qui était sûr, c’était qu’il faisait encore nuit quand je me suis réveillé. Je n’avais aucun souvenir de rêve, mais je m’étais réveillé violemment, comme sortant d’un terrible cauchemar. Mon esprit venait de m’alerter de quelque chose et je manquais de crier en me lever brutalement. Il faisait bien noir, l’auberge était silencieuse, pas un bruit. Je m’asseyais sur le bord du lit, le visage entre les mains pour me remettre. Un doute terrible me torturait, créant une angoisse qui dévorait mes entrailles. Allumant une bougie, j’allais voir si Jengolf dormait, mais je ne le vis point. Descendant en toute hâte, les tables et le comptoir furent presque vide, les clients présents dormaient sur les surfaces dure en bois.

Niyos – Oh non ! Il a recommencé ce filou ! M’écriais-je.

Je récupérais donc mes affaires et allai là où je pourrais retrouver les deux complices de la nuit, à la maison close. En y réfléchissant, cela donnait une dimension assez glauque. J’avais vu où se trouvait cette baraque et me souvenait de ce qu’avait dit Müss, je ne devrais avoir trop de mal à la retrouver et faire comprendre que je n’avais aucune raison d’être tenu à l’écart. Que comptaient-ils faire une fois la planque trouver ? Voler tous les documents et me les rapporter en perdant un temps fou ? Je devrais y être aussi et déchiffrer les codes de la guilde là-bas. En tout cas, une chose était sûre, ça aller barder !




Jengolf et Müss exploraient les couloirs à la recherche de l’entrée du repère des corbeaux. Ils cherchaient une pièce calme, sortant de l’ordinaire. Pas évident, car toutes laissaient échapper les bruits que faisaient les occupants. Le loup-garou fut un peu gêné et aussi dégoûter de tout ce qu’il entendait grâce à son ouïe surdéveloppée. Au bout de quelques minutes, ils trouvèrent une chambre vide. Cela aurait pu être prometteur, mais rien de concret, aucun indice. Ils continuèrent donc à la pièce suivante qui était un bureau, tout aussi mal décoré que la pièce d’entrée. Ce ne fut pas celui de la guilde, mais celui du patron ou de la patronne des lieux avec le chiffre d’affaires et d’autres informations inutiles. Cela allait de déception en déception. Poursuivant leurs recherches, Müss crue avoir aperçu quelque chose, à la vue de son regard. Elle retourna fouiller dans le bureau et, retirant une tapisserie au mur, tomba sur une porte fermée à clef. Pourquoi un bureau cacherait une porte menant à une chambre ? Même ici ? Le loup-garou comprit que c’était à son tour de jouer. Il fit pousser une griffe au bout de son doigt et l’introduisit dans la serrure pour la crocheter. Il fit tourner et força un peu sur le mécanisme. Un déclic se fit entendre et la poignée tourna. Jengolf poussa la porte et invita Müss à entrer en première. En réalité, plus le temps passait, plus le garou l’appréciait. La pièce était bien une chambre, presque vide, privée de toute sorte de décoration, il n’y avait qu’un lit pathétique et une armoire.

Le loup examina cette dernière quelque seconde et se mit à dire à l’intention de sa compagne :

Jengolf – Le symbole des corbeaux. Il était gravé sur l’armoire. On le voit à la façon dont sont fait les courbes et les coups de ciseaux sur le bois.

Le chasseur l’ouvrit donc et trouva un levier. Un sourire mesquin se dessina sur ses lèvres. Il était persuadé qu’ils touchaient au but. Il l’actionna et ce qui se produisit lui fit d’avantage plaisir. Le lit bougea pour se redresser contre le mur. Le sol en dessous glissa aussi pour disparaitre et laissé place à un passage secret. Tout ceci se passa en toute discrétion, bien que le mouvement de la pierre et du lit se soit fait avec un sacré bruit, les joies et les jeux se trouvant à côté minimisaient le raffut. Du moins c’était à espérer, pas qu’un responsable ou quelqu’un d’autre ne leur tombe dessus. Le garou s’approcha de l’entrée pour voir où cela menait. Soudain, la porte principale derrière eux s’ouvrit et un homme d’une quarantaine d’années entra. Il fut choqué de les voir ici. Apparemment, quelqu’un avait bien remarqué le bruit fait par l’ouverture. Il portait des brassards en cuivre et une épée courte pour se défendre. Il portait également une chemise et un pantalon en laine avec le symbole des corbeaux du crépuscule sur la poitrine, en petit mais visible pour ceux qui avaient une bonne vue. L’homme dégaina son arme et les menaça :

Agent des corbeaux – Qui êtes-vous ?! Que faites-vous ici ?

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Mirko le Dim 5 Juin 2016 - 9:31

J’étais mort ce jour-là, le jour où Müss et moi nous étions faits prendre en embuscade par ce que je croyais être des bandits. Mes souvenirs de ce jour sont flous, je sais juste qu’ils ont pris Müss, la plus forte en combat de nous deux, par surprise pour la mettre hors combat. Je m’étais battu, j’avais tué, j’avais perdu, et j’étais mort. Du moins c’est ce que je pensais, avant de me réveiller attaché dans une cellule, solidement attaché, sans arme. J’étais retenu prisonnier dans un lieu secret, mes geôliers faisaient partie d’un groupuscule tout aussi secret qui, visiblement, s’intéressait aux vampires. Je ne voulais pas mourir ici, pas sans savoir ce qu’il était advenu de Müss, alors seulement, si il lui était arrivé malheur, je pourrais mourir.

Je ne sais combien de temps j’étais resté enfermé, des jours, des semaines, des mois peut-être, et tout ce temps je n’ai pensé qu’à Müss, à ce qui avait pu lui arriver. Chaque jour c’était la même chose, du moins je suppose que c’était chaque jour, je n’avais pas la moindre fenêtre pour repérer le passage des jours. D’abord quelqu’un venait, entaillait mon bras, et récoltait de mon sang, j’ignore pour quelle raison, il ne parlait jamais, je n’ai jamais entendu sa voix. Puis une femme qui semblait de haut rang social, donc peut-être aussi de haut rang dans ce groupe, venait avec un tortionnaire me poser des questions au sujet des grandes familles vampires, sur leur existence possible, mais je n’avais aucune réponse, alors elle me faisait torturer. Je devais sortir, à tout prix, chaque jour dans cette prison m’était de plus en plus insupportable. J’avais changé, j’avais perdu cette foi envers les humains que j’entretenais, j’essayais d’en retenir les restes tout de même, mais à cet instant, seule ma survie comptait.

J’ai dû agir, au fil du temps, j’ai peu à peu usé de mon charme vampirique pour séduire ma geolière, petit à petit, pour qu’elle ne se rende compte de rien, jusqu’à ce qu’elle cède et vienne me voir seule un jour. J’ai joué la comédie, feint de l’aimer, et elle, soumise à mon charme, accepta avec joie mes sentiments factices, elle me libéra et je bus son sang. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas eu un repas si copieux, car ils me nourrissaient qu’au strict minimum, je me sentais revivre. Je lui laissais juste assez de sang pour qu’elle soit en vie. Je n’allais pas la transformer, dans son état, elle était telle un pantin, incapable de me résister quand j’entrai dans son esprit. Elle ignorait qui était Müss, elle ne se trouvait pas ici. La femme occupait effectivement un haut rang ici, mais pas dans l’organisation, d’autres personnes étaient aux commandes, des personnes qu’elle n’avait jamais vues. Qu’importe pour l’instant, je devais sortir et trouver ce qui était arrivé à Müss. Mon esclave me conduisit à travers le dédale vers la sortie, usant de son autorité pour duper les gardes qui ne savaient pas qu’elle était sous mon emprise, me fournit même une bien belle épée pour remplacer la mienne. De mon violon, aucune trace, je devrais faire sans, tout ce qui comptait à cet instant était de sortir et retrouver Müss…

J’avais passé les semaines suivantes à chercher la seule personne qui me comprenait dans ce monde, et mes recherches m’avaient fait converger à cet endroit, dans cette maison close. Derrière une tapisserie se trouvait une porte verrouillée, la cachette étant idéale, j’en conclus que derrière se trouvait une chose importante. Je me suis caché dans la chambre miteuse et ai attendu longtemps avant qu’un homme n’ouvre. A ses riches habits, il devait tenir ce lieu et être une personne importante. Telle une ombre, je me glissais derrière lui et, le menaçant de ma lame, le fit entrer derrière la porte et fermer derrière nous. Derrière la porte se trouvait un couloir de pière sans décoration, qui faisait rapidement un angle droit vers un bureau richement fourni, et rempli de papiers en tout genre, débordant sur les étagères, faisant crouler le bureau. Il y avais nécessairement des informations utiles ici.

Puis j’ai commencé mon interrogatoire, j’avais clairement l’ascendant sur cet homme plus versé dans le business que dans le combat. Mais il n’avait rien à m’apprendre de plus, du moins c’était ce qu’il disait, je savais que je devais procéder à un interrogatoire plus poussé. Ma question principale n’était pas de trouver leur dirigeant, mais de trouver Müss. Mais avant que je puisse entreprendre d’aller plus loin, j’entendis un bruit à la porte, que l’homme avait verrouillé. Quelqu’un jouait sur la serrure, je devais agir. Un coup de pommeau de ma lame fit tomber l’homme que j’interrogeais inconscient, puis je me glissais vers l’angle, le léger souffle d’air que je sentais me confirmait que la porte avait été ouverte, j’entendis alors une voix.

« Qui êtes-vous ?! Que faites-vous ici ? »

Je passais l’angle du couloir, prêt à me battre, mais ces mots ne m’étaient pas adressés. Un homme se tenait dans l’entrée, mais il ne me regardait pas, il était tourné vers l’extérieur. Vêtu de peaux de bêtes, les cheveux noirs ébouriffés, et portant un pantalon noir. De là où je me trouvais, c’était tout ce que je voyais, mais je n’allais pas intervenir dans ce qui allait se produire, je risquais simplement de lui faire peur et qu’il m’attaque le premier. J’allais attendre de voir la tournure des événements, caché dans l’ombre.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Dim 5 Juin 2016 - 10:48

L’homme-loup fit alors apparaitre une griffe sur l’un de ses doigts. Je m’approchai, étonnée. A vrai dire, j’ignorais encore l’étendue de ses pouvoirs, je l’avais déjà vu se transformer en partie en loup, mais je ne savais pas encore qu’il était capable de maîtriser sa métamorphose aussi précisément. Les légendes disaient que les loups garous perdaient la raison quand ils n’étaient plus humains, mais le regard de Jengolf n’avait rien de fou.

L’homme-loup fini par ouvrir la porte et nous entrâmes dans la pièce secrète.

Une simple chambre.

Jengolf s’approcha de l’armoire, unique meuble de la pièce en plus d’un simple lit. « Le symbole des corbeaux. Il était gravé sur l’armoire. On le voit à la façon dont sont fait les courbes et les coups de ciseaux sur le bois », dit-il en l’analysant sous toutes ses coutures.

Je le laissais faire, trop occupée à… ressentir. Je fermais les yeux. Un ancien sens semblait se ranimer. Ou plutôt une nouvelle sensation naissait en moi. Cela me faisait penser au lien que j’avais établi avec Mirko. J’avais l’impression que cela faisait des années que je l’avais perdu. Mon cœur battait rapidement, mais je savais que je me trompais. Il ne s’agissait pas vraiment de Mirko, puisque mon ami était mort. Et puis ce n’était pas tout à fait la même chose. Je n’aurais su l’expliquer avec des mots. Et, tout à coup, la fragile sensation s’envola. Fugace mais douloureuse, cette intuition devait être la même que celle d’un membre fantôme : si je perdais un bras (comme c’était le cas actuellement), j'avais l’impression qu’il était encore là et parfois cela me faisait mal.

Je me convainquais qu’il ne s’agissait que de l’illusion venue de ma perte récente. Mirko disparu, j'avais l'impression douloureuse que le lien revenait, mais tout était dans ma tête.

Alors que j’étais perdue dans mes pensées, Jengolf actionna un mécanisme et sourit en observant l’effet qu’il venait de produire : le lit se souleva pour dévoiler un nouveau passage. Je lançais un regard admiratif et complice à l’homme-loup. Je m’apprêtais à m’avancer vers la trappe quand… « Qui êtes-vous ?! Que faites-vous ici ? »

Un homme armé se trouvait dans l’entrée de la chambre. Je crus également entendre un bruit furtif de l’autre côté. Pour le moment, je devais me contenter de faire taire le nouveau venu. Mon bras n’avait pas encore totalement repoussé (je n’avais pas bu de sang, ce qui n’aidait pas à accélérer le rythme de la repousse), mon avant-bras et mon poignet s’était reformé, mais il me manquait encore ma main. Qu’importe, même ainsi, je n’aurais pas de mal à abattre un seul homme. Assoiffée comme je l’étais, je ne pu m’empêcher de sourire avidement face à ce repas imprévu. L’homme eut un mouvement de recul, effrayé, mais il n’eut pas le temps d’hurler une seconde fois que j’étais derrière lui et plantais mes crocs dans son cou. Je plaquais mon unique main sur sa bouche pour le faire taire et aspirais le liquide avec délice. Il tenta de se débattre, mais à chacun de ses mouvements, j’étirais un peu plus son cou en arrière à l’aide de ma main et enfonçais encore plus mes dents. Il me frappa avec son épée courte et je pris deux ou trois coups dans le dos sans broncher. Cela n’était pas bien efficace, frapper un ennemi dans son propre dos est difficile, d’autant plus si l’ennemi en question ne ressens aucune douleur. Trop occupée à me rassasier, je ne voyais ni la douleur ni la peur qui transformaient les traits de l'humain. Le processus de régénération des blessures qu’il m’infligeait et de mon membre invalide s’accélérait au fur et à mesure que je me gorgeais de son sang. L’homme fini par tomber au sol. J’accompagnais sa chute, les crocs toujours plantés dans sa carotide. Il s’évanouit et je relâchais ma mâchoire pour le libérer. J’essuyais le sang d’un revers de manche.

L’homme avait les cheveux noirs. Il devait avoir une quarantaine d’années. Sur sa poitrine se trouvait le symbole de la Guilde du Corbeau du Crépuscule. Une violente colère monta en moi. Je voyais en lui l’assassin de Mirko. Trop rapidement pour que Jengolf puisse intervenir, je me mis à mordre mon propre poignet, aspirer un peu de mon sang dans ma bouche et plaquer mes lèvres sur celles de l’homme évanoui afin de lui faire boire mon sang. Je lui donnais un violent coup sur la poitrine pour qu’il avale le fluide maudit et redressais la tête vers l’homme-loup, tel un chien à l’affut. « Nous ne sommes pas seuls », lui murmurais-je. D’un mouvement de menton (ensanglanté), je désignais l’emplacement qui avait été caché par le lit avant que Jengolf ne touche au levier.

Je laissais de côté l’humain en phase de transformation pour le moment. Je m’occuperais plus tard de le mettre dans la salle secrète une fois que nous l’aurions fouillée, afin qu’il accueille ses collègues convenablement quand il aurait lui-même besoin de sang. Je dégainais mon sabre et m'avançais, prête à tuer l'intrus.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Dim 5 Juin 2016 - 16:57

Je me dépêchais pour arriver le plus vite à cette maison et y régler mes comptes avec un loup mal luné. Je la vie au loin, la seule qui avait un millier d’éclairages à l’intérieur qui la distinguait des autres habitations. De plus, les personnes bien joyeuses au tour ne donnaient aucun doute sur l’identification de cette maison. J’avais un peu la boule au ventre. Les filles à l’extérieur attiraient mon regard et je pouvais deviner que je rougissais déjà. Non ! Je devais me concentrer sur mon envie d’en coller une à une personne en particulier. Je suis ici par colère, non par plaisir. Je fonçais donc d’un pas décidé vers la demeure de débauche, ne quittant des yeux l’entrée principale. Je rentre et je le retrouve… Mais attendez… Comment je le retrouve ? Et que faisait-il en ce moment ? Je n’eus le temps de trouver de réponse à ces questions que je fus tiré vers l’arrière. Un groupe insolite composait d’homme et de femme vêtue tel des bandits me coincèrent dans une ruelle. Plaqué contre un mur, une main énorme et velue sur la bouche, je fus immobilisée et désarmer en un rien de temps. Je pensais à un vol, mais ce fut bien pire.

Chef – Tiens… Qu’avons-nous la ?
Homme – On dirait celui qui était à côté des corps chef. La description correspond parfaitement.

De quoi parlaient-ils ? De corps ? Ce dans la maison sans doute. Mais ils ne sont pas de la garde. Ni même d’une milice à la vue de leurs affublements. Ils ne faisaient pas si bandits que ça, en réalité on dirait le mélange de voleur et de mercenaire… A moins que ce ne soit… Oh non !

Chef – Oui c’est vrai. Il va sûrement expliquer ce qu’il s’est passé chez nous.
Femme – Chef regardez !

La femme avait dénudé mon épaule droite et ce que je m’efforçais de cacher était à présent à la vue de tous. On pouvait y voir une marque. Fait au fer rouge, tous les membres de la seconde branche de la guilde, donc la mienne, se faisait marquer au fer le symbole des corbeaux. Cela pouvait être à l’épaule ou ailleurs. Une expérience atroce qui avait symbolisait mon esclavage. Je voulais me débattre pour m’échapper, mais j’étais coincé. Toutes mes armes furent en leur possession et mes potions et poudres furent jeter à terre, piétiner. Je ne savais pas quoi faire.

Chef – Bien. Intéressant. Pourquoi un employé de seconde zone de la guilde serait ici ? Et avec une personne suspecte ? On va devoir tirer cela au clair.


Il fit un signe de tête et ce fut le coup violent sur la tête qui rendit ma vision toute noir avant de sombrer dans l’inconscience.




Jengolf regardait Müss se nourrir. Il n’exprima ni satisfaction ni dégout en voyant cela. Il regardait la sangsue se revigorait et transformer le bonhomme en l’un de siens. Le spectacle fut bien macabre. Tout ce sang et la terreur dans les yeux de la victime, il y avait de quoi donner des cauchemars pour la vie au commun des mortels. Müss se retrouva forte contente de son repas. Elle avait récupéré assez de force pour la repousse de son membre manquant ainsi que pour les blessures causées par l’agent. Ayant fini son dîner, elle essuya le sang de sa bouche, bien régaler. Elle lui avait donner de son propre sang, et par la suite elle le frappa au ventre pour que l’homme avale et lance ainsi le processus de transformation. Jengolf n’avait pas bouger d’un poil. Il était resté là, à regarder la vampire accomplir son œuvre. Une fois finie, elle se tourna vers lui, l’air sombre et lui murmura à l’oreille :

Müss – Nous ne sommes pas seuls.


Le loup-garou fut surpris par ces paroles. Il n’avait pas senti d’autre présence. Aucune respiration, aucune chaleur, rien. La main sur le pommeau de son épée, il s’apprêtait à dégainer à tout moment. Il fit appel à tous ses sens surdéveloppés. Il avait bien l’impression de sentir quelque chose, mais de très faible un peu… Un peu comme avec Müss. Bien étrange. D’après son instinct et ses sens, quelques choses se cachaient dans l’ouverture. Il s’en approcha d’un pas prudent et demanda à Müss avec la main de s’approcher aussi de l’autre côté, pour prendre l’intrus en tenaille.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Mirko le Dim 5 Juin 2016 - 22:55

L’homme qui se tenait devant l’entrée du passage se mit en mouvement, ce devait être à lui que la personne qui avait crié s’adressait. Je devais attendre encore, ne pas me montrer trop tôt, la dernière chose dont j’avais besoin était de finir de nouveau dans une de ces geôles qui m’avait tenu prisonnier pendant si longtemps. Ce fut bref cependant, un cri étouffé se fit entendre, quelqu’un était mort. Je sentais une curieuse sensation, à la fois familière et pourtant je ne me rappelais pas de ce qu’elle était. J’avais la main sur le pommeau de ma lame, prêt à dégainer, je savais que je serais plus rapide, les humains ne savaient pas égaler un vampire en terme d’habileté et de rapidité. Je tirai la lame, au tranchant effilé. Elle était plus fine que mon ancienne lame, mais bien équilibrée. Je passai la main sur la lame, récitant mon incantation par cœur. Je sentis le froid s’installer alors que la lame dégageait de la brume légère par différence de température avec la chaleur de l’air.

J’entendis un son, certes retenu, mais qui ressemblait à celui d’une lame tirée. Je sentais aussi une odeur, le sang, certainement de la victime. Peu importe celui des deux qui avait emporté sur l’autre, je pensais pouvoir m’en défaire, si j’usais de l’effet de surprise. Pour le moment, je bénéficiais d’un avantage, car même s’il savait où j’étais, il ne me voyait pas, si je fondais suffisamment vite sur lui, j’étais à peu près sûr d’en finir avant qu’il ne puisse réagir. J’entendais les bruits de pas de la personne s’approcher, sur un côté du passage. Je ne le voyais pas, mais j’entendais suffisamment bien ses pas, et surtout son pouls, qui trahissait sa position telle une balise. Plus près… Plus près…

La distance était suffisante, je sortais en tourbillonnant de ma cachette, la lame de mon épée traçant un arc brillant dans l’air alors que mon manteau en cuir qui tombait jusqu’à mes mollets claquait derrière moi. Il y avait deux silhouettes que je distinguais mal dans mon empressement, comment avais-je pu rater la présence d’une seconde personne ? Me maudissant moi-même, je dus changer de plan, un trait d’ombre partit de ma main gauche pour désorienter celui dont j’avais entendu le pouls. Même si j’avais fait mouche, je devais en finir vite avec l’autre pour ne pas lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Continuant mon mouvement, ma lame se dirigea droit vers mon second adversaire.

Je ressentis une vague d’émotions fortes, qui ne provenaient pas de moi, je ne comprenais pas ce qui retint mon bras à cet instant. Devant moi se tenait une femme au teint très pâle, le menton ensanglanté, qui me regardait de ses deux yeux roses hypnotiques. Je parvins à peine à formuler des mots.

« Je vois un fantôme… Je t’en prie dis-moi que ce n’est pas une illusion pour me piéger… »

J’étais incapable de la frapper, alors qu’ici le danger rôdait partout, et qu’il pouvait s’agir d’un leurre. Ma lame était arrêtée à quelques centimètres de son cou. Encore un peu, et j’aurai fait tomber cette tête si chère à mes yeux de ses épaules, encore un peu, j’aurai mis fin à la vie de Müss, si c’était bien elle. Le froid intense que dégageait ma lame entraînait la création d'une très fine pellicule de givre sur son visage, même sans contact, aussi je l'éloignais un peu. Comment me verrait-elle ? Je savais que j’avais changé, mon regard portait une froideur qui n’était pas sienne avant, mes traits étaient durcis, et mes cheveux, je n’avais même pas pris le temps de les couper, ils tombaient sur mes épaules. Si la vampire que j’avais devant moi n’était pas Müss, alors j’étais mort, car je ne pourrai jamais lever la main sur elle…

Une larme roula sur ma joue.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Lun 6 Juin 2016 - 16:44

Jengolf et moi nous avançâmes doucement vers le couloir quand l’éclat d’une lame apparu, virevoltant dans l’obscurité. Une ombre s’envola droit sur l’homme-loup tandis que la lame fonça vers mon visage. Elle se déplaçait à une vitesse bien trop importante pour être maniée par un simple humain, cependant je réussi à parer le coup et le bruit que fit son épée contre mon sabre résonna lugubrement dans l’air. Mon assaillant n’avait pas frappé de toutes ses forces, il avait retenu son coup au dernier moment. J’ignorais pourquoi mais n’avais pas le temps de m’attarder sur ses intentions. Je levais les yeux pour localiser la tête que j’allais séparer du reste de son corps quand…

« Je vois un fantôme… Je t’en prie dis-moi que ce n’est pas une illusion pour me piéger… »

Quelle était cette sensation ? Je reconnaissais cette voix et j’avais l’impression qu’elle pouvait entrer dans mon esprit sous une forme bien différente.

J’étais paralysée sur place.

Son épée, à quelques centimètres de mon visage, était glacée. Je sentais la morsure du froid sur ma joue. Il l’éloigna tout en continuant à me dévorer du regard. Mais était-ce vraiment lui ? Ses yeux avaient la couleur d’une pierre, dure, froide et tranchante… Ce n'étaient pas les yeux de celui que j'avais connu.

Jengolf se jeta sur l’illusion. Au lieu de le laisser faire, je ne pu que m’interposer et dévier la trajectoire de sa lame avec mon sabre. « Ce n’est pas notre ennemi ! » lançais-je à l’adresse de Jengolf sans lâcher le vampire du regard.

Mes pensées se mélangeaient dans ma tête. Était-ce vraiment lui ou était-ce une illusion destinée à nous déstabiliser ? Son visage avait changé, lui avait-on fait quelque chose qui aurait pu le transformer en un ennemi ?

Nous n’avions pas une minute à perdre. De nouveaux membres de la guilde pouvaient apparaitre à tout instant et l’humain que j’avais transformé n’allait pas tarder à s’éveiller et dévorer le premier être vivant passant à sa portée. Nous devions nous hâter de trouver des informations et partir d’ici.

Quelque chose de brillant attira mon regard sur sa joue. Une larme. Si ces sales corbeaux tentaient de me déstabiliser, ils avaient réussi leur coup. Je sentais ma gorge se serrer et mon cœur me donnait l’impression de vouloir exploser.

« Jengolf, passe devant je m’occuperais des autres personnes qui pourraient arriver… et de lui », soufflais-je en pointant le vampire du bout de mon sabre.

La façon la plus rapide de savoir s’il s’agissait bien de Mirko et de connaître ses intentions était de plonger dans son esprit… s’il était toujours capable de lire les pensées et, surtout,… s’il acceptait de me laisser entrer en lui.

Sans fermer les yeux, toujours aux aguets, je tentais d’approcher mes pensées des siennes, lui ouvrant mon âme sans rien dissimuler de tout ce qu’il s’était passé durant son absence. Je n’imaginais pas que cela puisse représenter le moindre danger puisque, si ce vampire avait la clé de mon esprit, alors c’est qu’il s’agissait vraiment de Mirko. L’unique personne de tout Orcande à me connaître aussi profondément. Et dans ce cas, je n’avais cure de ce qu’il ferait de moi. Il pouvait manipuler mes pensées, me faire croire et faire tout ce qu’il désirait… tout, pourvu que je ne le perde pas une seconde fois.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Mer 8 Juin 2016 - 11:33

« On se réveil… Allez jeune homme, il faut se lever… Debout… »

Bam !
Je ressue un violent coup sur la tête qui me fit sortir de mon inconscience. J’entais cette voix de façon floue, mais à présent, c’était net. C’était dingue, un coup m’avait fait sombrer dans cet inconscient et un autre m’en retire. Je lâchai un gros cri sous la douleur avant d’examiner où je me trouvais. Il faisait sombre et j’étais dans une sorte de grande cage avec plusieurs personnes à l’intérieur. Certains tenaient des torches pour éclairer. Je comptais une dizaine de personnes, mais il pouvait bien en avoir d’autre à côté. Je voulais me relever, mais ce fut très dur. Je me rendais compte que j’avais les poignets et les chevilles attacher. Les personnes qui m’entouraient, et qui eux étaient debout et les pieds et les mains libres, arboraient des tenues avec le blason des corbeaux du crépuscule sur la poitrine, les manches, le pantalon, un peu partout en fait. Je n’avais plus bien entendu mon arc et mes flèches. J’étais prisonnier, à la merci de mes anciens esclavagistes. Aucun de mes kidnappeurs ne bougeait, me surveillant avec un regard à faire peur. Visiblement, le fait d’avoir ma marque sur ma peau ne m’était pas d’une grande aide. Avant je pouvais user de mon ancien rôle dans la guilde pour jouer les espions, mais pour une raison encore inconnue, mon symbole ne m’avait pas sauvé, au contraire, ils m’ont capturé à cause de ça. Je criais à leur attention pour obtenir des explications, mais rien. On resta là, à attendre pendant un moment. L’ouverture et la fermeture d’une porte se fit entendre au loin et des bruits de pas approchaient.

Niyos – Bien, voici le petit patron je suppose.

Effectivement, un homme bien maigrichon portant une toge et un bonnet, escorter par deux gardes vint jusqu’à nous. Il congédia mes gardiens et vint s’installer devant moi, à l’extérieur de la cellule. On y installa une petite table et un siège où il s’y installa. Un de ses gardes, semblable à un mercenaire monstrueux, entra dans ma cage et m’attrapa par le bras. Tous ces mouvements, ces nouvelles têtes et ce bureau ne m’inspiraient pas confiance. Je sentais bien que quelque chose de mauvais aller se passer. L’homme tout maigre reçu de la part d’un serviteur du papier et une plume avec son encrier. Écrivant quelque chose dessus, il tourna par la suite son regard vers moi.

Enquêteur – Je suis engagé par la famille pour enquête.

Niyos – Je suis de la famille tête d’œuf ! J’ai la marque !
Enquêteur – Celle de la seconde classe. Aucun des vôtres ne fut envoyer à Telbara pour le moment.
Niyos – Je suis le premier pour commencer.

L’homme qui me tenait le bras le tourna violemment, je ne pus retenir mes cris de douleur. L’enquêteur donna l’ordre d’interrompre pour poursuivre notre discussion :

Enquêteur – Maintenant que nous nous sommes mis d’accord, nous pouvons commencer. Plusieurs de nos agents sont morts, l’un est un vampire. Puis, un membre de la guilde de seconde classe arrive, correspondant au signalement fait d’un renégat avec un complice, attaquant la guilde à Tacomnal. En attendant les instructions de la maison mère, vous allez répondre à certaines questions.




Un homme avait bondi de l’ouverture dans le sol et il avait repoussé Jengolf d’une attaque. L’homme-loup fut étourdi au sol quelques secondes. Il arriva à retrouver ses sens et en se levant, aperçu l’attaquant qui menaçait Müss de sa lame. Le lycanthrope bondit sur lui en sortant sa propre arme pour défendre la jeune vampire. Mais cette dernière la para avec son sabre e, répliquant :

Müss -  Ce n’est pas notre ennemi !

Jengolf rengaina son arme, mais resta méfiant. Il voulait bien faire confiance à la vampire, mais cet inconnu ne l’inspirait pas. En y reniflant, et usant de ses sens comme avec Müss au début, il constata que cet homme avait la même aura qu’elle, non il avait senti qu’il était un vampire, et à la vue de comment ils se regardaient et ces quelques mots prononcer, Jengolf devina qu’il s’agissait de son ami disparu à cause de la guilde des corbeaux.

Müss - Jengolf, passe devant je m’occuperais des autres personnes qui pourraient arriver… et de lui.


Le loup-garou obtempéra. S’il s’agissait bien du vampire qu’elle recherchait, il valait mieux la laisser s’en occupé. Elle le connaissait et il ne voudrait pas se mettre entre eux deux. Il descendit donc dans le tunnel et partit l’explorer. Il marcha d’un pas prudent jusqu’à ce qu’il trouve la grande salle des archives. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres et il commença ses recherches. Jengolf examina toutes les feuilles qu’il trouva pour trouver l’emplacement du laboratoire. Mais il en aurait pour des jours à lire tous ceux qui se trouvaient dans cette pièce. L’aide de Niyos était nécessaire, il prit donc le plus de papier possible, en gros tas qu’il mit dans un vieux sac laissé au fond de la salle.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Mirko le Mer 8 Juin 2016 - 13:14

L’homme sur qui j’avais tiré se jetait sur moi, de ce que j’en avais compris, car moi je ne le voyais pas mais Müss lui demanda de reculer. Il s’était bien vite remis du coup, sa constitution devait donc être solide, mais ce n’était pas ce qui occupait le plus mes pensées actuellement. Müss m’avait protégé, alors ce devait bien être elle, à moins qu’on cherche encore à me piéger, j’étais embrouillé, ne sachant quoi faire ou dire, je l’avais tant cherchée, et finalement, maintenant qu’elle était devant moi, j’hésitais, je craignais que tout cela ne soit qu’un artifice de plus… Ce fut elle qui débloqua la situation, je sentis une sensation que je n’avais plus ressentie depuis des mois, les restes d’une connexion allant au-delà de la parole, notre lien psychique. Elle m’invitait à partager ses pensées, tout ce qu’elle avait vécu, je le vis en un rien de temps, bien plus vite qu’il n’aurait fallu pour tout raconter. J’appris qu’elle m’avait cherché, qu’elle aussi était remontée jusqu’à cette organisation, qu’elle avait rencontré un homme et un loup-garou, et je reconnus que le second était l’homme qui l’avait accompagnée ici. Il ne fallut qu’un instant pour tout retrouver, pour la retrouver, et à mon tour je lui ouvris mon esprit.

Mais mon esprit était bien plus en pagaille qu’autrefois, la souffrance, la douleur, le dilemme quant aux humains et à la foi que j’avais en eux, tout cela formait un tourbillon de souvenirs dans lequel je craignais qu’elle ne plonge, à moins que ce soit moi qui craigne d’y replonger. J’avais peur qu’elle ne voit ma douleur, ce que j’avais subi là-bas, j’avais peur de le revoir aussi, mais il le fallait, je ne voulais rien cacher à la seule personne qui comprenais vraiment qui j’étais. Je me rappelais aussi de ce que j’avais fait subir à cette pauvre femme, comme je m’étais servi d’elle, pour m’en sortir. La fin était floue, non, pas floue, j’avais voulu l’oublier, car je l’avais transformée avant de l’abandonner à son sort. Je lui avais infligé cela par pure vengeance, sous le coup de la colère, je lui avais transmis ce fardeau sans aucun but. Tout cela était derrière moi, mais je pense que je n’arriverais jamais à oublier ce que j’avais fait à cette femme, Ludmilla.

Je regardais toujours Müss dans les yeux, c’était elle, j’en étais certain à présent. Je l’avais enfin retrouvé, après tant de temps… Que faire ? Que dire ? Je ne savais quoi faire d’autre que de m’approcher encore d’elle, posant mon front contre le sien.

« Je t’ai retrouvée, enfin… Je suis désolé… Pour tout cela... »

J’avais changé, je n’étais plus le même, peut-être même que maintenant ma philosophie s’approchait encore plus de celle de Müss, je ne saurais dire. J’espérais seulement que je ne la rebutais pas, je ne voulais plus la perdre, pas une seconde fois. Cet instant dura encore quelques secondes avant qu’il ne soit interrompu par les bruits environnant, les pas dans le couloir, les bruits d’ébats, et le son d’une respiration rauque de là où venaient Müss et son ami. Cela me ramena à la réalité, nous étions en plein cœur d’une base de cette organisation, et nous n’étions que trois, quatre en comptant l’homme que j’avais vu dans l’esprit de Müss. Quoi qu’il en fut, il nous fallait nous remettre en mouvement. Je m’éloignais doucement d’elle et repris mon épée bien en main, la lame toujours glaciale, lui faisant signe que nous devrions nous remettre en route.

« On aura le temps de parler plus tard, il faut retrouver ton ami loup-garou et l’humain qui étaient avec toi. »

Je me tournai vers le passage, par où le loup-garou était parti, et puis vers l’extérieur, soucieux que quelqu’un d’autre n’arrive. Puis je me tournai vers Müss, en souriant pour la première fois depuis longtemps.

« Je suis heureux de t’avoir enfin retrouvée. »

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Mer 8 Juin 2016 - 21:32

Fidèle à lui-même, Jengolf obtempéra sans prononcer un seul mot. L’homme-loup restait silencieux, comme à son habitude. Il ne posa aucune question et descendit dans le tunnel. J’écoutais ses pas pour vérifier qu’il ne rencontrait pas d’obstacle, mais rien d’alarmant ne se fit entendre.

Pendant ce temps, je sentais Mirko dans mon esprit. Il sut immédiatement tout ce qui m’était arrivé durant son absence. Je tentais moi aussi d’entrer dans sa psyché mais cela se révéla plus houleux que je ne le pensais. La structure de son esprit semblait avoir changé et je fus surprise par cette différence. Il ne chercha pas à me repousser, mais il avait peur de ce que je pouvais voir en lui. Une fois l’étonnement passé, je compris sa réaction. Ce que je trouvais dans son esprit me fis frissonner.

Tortures
Faim
Errances

Je découvris avec stupeur que Mirko avait transformé une femme après l’avoir séduite. Cela aurait été inconcevable pour celui qu’il avait été avant d’être capturé. Il n’y avait donc pas que son regard qui avait changé. Je ne pouvais m’empêcher d’être effrayée par cette transformation inattendue.

« Je t’ai retrouvée, enfin… Je suis désolé… Pour tout cela... », murmura-t-il. Il parlait de ce changement. Il avait été torturé au point d’avoir perdu un morceau de lui-même et il était désolé pour cela. Je retins un sanglot. Les corbeaux s’étaient acharnés sur lui. Ils l’avaient fait souffrir et avaient brisé la douceur de son regard et de son âme. Je les haïssais.

Le vampire avança dans ma direction. Plus son visage s’approchait du mien, plus les nuances de gris de ses yeux se multipliaient. Même s’il avait changé, je ne pouvais douter qu’il s’agissait bien de lui. Ses traits étaient plus durs, mais je reconnaissais chaque parcelle de son visage. Ses mouvements étaient un peu plus bestiaux. La façon dont il posa son front sur le mien était implacable. Je sentis à nouveau sa peau contre la mienne. C’était froid. Glacé. Et pourtant j’avais l’étrange impression d’être fiévreuse.

Son regard était devenu trop intense pour que je le soutienne. Je détournais les yeux.

Il me rappela à la réalité en murmurant dans un souffle : « On aura le temps de parler plus tard, il faut retrouver ton ami loup-garou et l’humain qui étaient avec toi ».

Il se tourna vers le couloir où Jengolf avait disparu avant de me lancer : « Je suis heureux de t’avoir enfin retrouvée ». Et le sourire qui accompagna ses mots contracta mon cœur d'une étrange façon. Durant une demie-seconde, j’eus l'impression qu'il s'était remis à battre. Cela faisait maintenant des années que j'avais perdu cette sensation de vivre.

Sans réussir à prononcer de réponse, je passais devant Mirko en fronçant les sourcils pour ne pas laisser mes pensées s’emmêler en tout sens. Nous devions rester concentrés, ce n’était pas le moment de perdre la tête.

Je descendis rapidement les marches menant au couloir puis avançais à grand pas jusqu’à une grande salle où Jengolf se trouvait. Il était en train d’amasser un maximum de papiers dans un sac qu’il avait trouvé sur place. « Lesquels devons nous prendre en priorité ? » lui demandais-je en désignant les innombrables documents qui se trouvaient là. Je l’aidais à enfoncer les papiers dans le sac puis récupérais moi-même le plus de parchemins possible. Une fois chargés, nous sortîmes tous trois de la salle et grimpâmes les marches de l’escalier. L’humain… ou plutôt le vampire qui se trouvait allongé au sol avait les yeux qui papillonnaient. Il se réveillait. Ses traits étaient marqués et la faim se lisait dans ses yeux. Il se redressait doucement, s’appuyant difficilement sur ses bras pour se relever. Je poussais Jengolf devant moi afin qu’il ne serve pas de repas à ce vampire nouveau-né. Une fois l'homme-loup éloigné, c’est le vampire lui-même que je poussais, mais cette fois-ci sans aucune douceur. En quelques coups de pieds, il se retrouva derrière la porte secrète que je refermais sans pitié.

J’enfonçais encore une fois ma capuche sur mon visage et remontais un bout de ma cape sur le bas de mon visage afin de cacher le sang séché. Nous eûmes la chance de ne croiser aucun membre de la guilde du Corbeau en sortant. Les filles nous laissèrent passer les couloirs sans aucune difficulté et nous atteignîmes le hall principal de la maison close. La porte de sortie était juste devant nous.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Niyos le Sam 11 Juin 2016 - 19:13

Enquêteur – Vous savez, votre sarcasme me pousse à croire que vous êtes bien le traitre. Vous feriez mieux de parler pour améliorer votre cas.

Je ne disais plus rien à ce moment-là. Toujours clouer au sol, supportant les prises douloureuses du garde, je m’efforçais de ne rien révéler.

Enquêteur – Nous pourrions user de méthode plus radicale, mais il ne serait bien vu d’empoisonner ou de blesser un membre des corbeaux du crépuscule. Au moins, jusqu’à preuve de la traitrise.

Mon cas était réglé, ils n’attendaient plus que le signal pour agir. Soit ils m’exécuter sur place, ou bien, j’étais renvoyer à Tacomnal pour subir une parodie de procès et y être sanctionné. Du moins, si jamais ils voulaient me renvoyer chez moi, je pourrais avoir une chance de m’enfuir durant le transport. Les gardes ne regarderont pas et hop ! Je m’enfuis dans la forêt sans laisser la moindre trace. Mais là, je devais attendre, supporter les coups et les prises de mon geôlier. Je le devais, tenir jusqu’au bout, je devais protéger Müss et Jengolf. La vampire n’était que nouvelle dans l’histoire, et ils voudront sans doute la capturer pour les morts qu’elle avait causées. Quant à Jengolf, après ce qu’il s’était passé il y a sept dans la forêt de la langue du diable, le chef militaire n’avait pas oublié son ancien ennemi, le loup-garou était en haut de la liste de la guilde et le capturer en était devenu l’objectif principal. Je devais donc garder leur localisation secrète. Mais, est-ce que cela sera suffisant ? Ils avaient sans doute envoyé toute leur force armée dans les rues pour les retrouver. Tant qu’ils restaient cacher, ils avaient une chance de s’en sortir. Jusqu’ici, je cherchais toujours à rester en vie, usant de ruse avec l’ennemi ou contournant si possible le danger. Mais là, j’étais prêt à donner ma vie à cause de ma haine et… Par amitié. Aïe !!!



Müss et Mirko étaient, tous les deux, descendus dans le repère des corbeaux. Ils aidèrent Jengolf à ramasser le plus possible de documents et à les mettre dans le gros sac. Une fois chose faite, ils remontèrent à l’étage, enfermant le nouveau vampire créé par Müss dans le tunnel secret. Ils s’y prirent assez violemment, mais qui le leur reprochera ? Ils avancèrent à pas presser à travers la maison pour sortir e plus vite possible. Trois personnes sortant en même temps, avec un gros sac sur le dos pour l’un, du sang au tour de la bouche pour l’autre, cela ne semblait déranger personne. Au contraire, personnes ne prenaient réellement attention à eux et les laissèrent partir. Ils franchirent la porte principale, s’apprêtant à courir s’il le fallait lorsque quelqu’un cria à leur attention :

« Ce sont les trois derniers ! Ils viennent de la chambre ! »


Jengold s’était à peine retourner pour voir qui leur parler. Des personnes armées approchaient d’eux, bien énerver.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Mirko le Dim 12 Juin 2016 - 19:00

Une fois que nous avions rejoint Jengolf, il nous fallait nous soucier des documents que nous allions emporter. Mais nous manquions de temps, c’est donc à la va-vite que nous avons mis le plus de documents possibles dans un sac avant de repartir. En sortie du passage, je vis ce qu’il s’était passé alors que je me terrais dans le couloir secret, quand Müss et Jengolf avaient combattu des hommes de cette organisation. Elle avait transformé un des hommes, mais manifestement, elle n’avait aucune envie de le prendre avec nous. Elle le bouscula dans le passage avant de refermer derrière nous. Il allait sans doute mourir de faim, mais étais-ce plus terrible que de vivre en tant que vampire ? Peu m’importait à présent, cela me rappelait seulement ma propre erreur…

Nous devions maintenant sortir, mais dans un lieu comme celui-ci, c’était l’ignorance mutuelle qui prévalait, aussi mettre simplement nos capuchons suffisait à ce qu’on ne nous pose pas de questions. Mon long manteau de cuir cachait le fourreau de ma lame qui pendait le long de ma cuisse gauche. Nous arrivions dehors, enfin, tout s’était correctement déroulé, restait à savoir si nous avions récupéré suffisamment d’informations dans le sac pour découvrir les véritables objectifs de ce groupe. J’avais retrouvé Müss, c’était tout ce qui comptait vraiment pour moi. Puis je perçus des bruits de pas précipités et une voix forte qui criait.

« Ce sont les trois derniers ! Ils viennent de la chambre ! »

Les hommes s’approchaient de nous, au pas de course, armes tirées. Me retournant, je tendis la main vers l’un d’eux, et lorsque je serrai le poing, des épais tentacules de ténèbres saisirent les chevilles de l’un d’eux et le firent tomber, puis s’attaquèrent à lui pour le maintenir au sol. Il pourrait s’en libérer, sans doute, mais cela lui prendrait un certain temps. Savaient-ils seulement à qui ils avaient à faire ? Deux vampires et un loup-garou, même à cinq, ces hommes n’avaient aucune chance. Je me jetai sur celui qui était le plus proche de moi, en prenant néanmoins le temps de préparer un sort. Nos lames s’entrechoquèrent, mais j’étais plus rapide. Mon manteau claquait alors que je tournais autour de lui, cherchant à briser sa défense. Ce n’était pas un débutant, il était expérimenté, mais alors que je finissais mon incantation, l’air se frigorifia, en respirant, l’homme expirait de la brume de sa bouche, je passais à l’action. J’enchainais les coups, je n’y prêtais plus attention, mais j’étais certain que Müss et Jengolf avaient eux aussi entamé leur combat. Les mouvements de mon adversaire ralentissaient, il s’engourdissait à cause du froid. Bientôt je…

Une lame passe au travers de ma poitrine, manquant mon cœur de quelques centimètres, mais suffisamment près pour que je ressente la caresse de la mort toute proche. Avec un ennemi entravé, il restait quatre hommes, nous étions trois, le dernier m’avait choisi pour cible. Je tombe à genoux, je n’ai pas mal, mais je me sens faible néanmoins. Un trait de l’ombre finit d’achever mon adversaire aux lèvres bleuies par le froid, il ne cherche même pas à se défendre, il ne peut pas se défendre. Mais moi, je vais mourir, il va remonter la lame dans ma poitrine, je le sens, il va percer mon cœur. Je viens seulement de retrouver la seule personne qui me donne encore envie de vivre, et voilà que je vais mourir. Le temps semble s’écouler lentement, je regarde Müss qui combat, j’attends la fin, à genoux…

De l’eau me trempe sur le coté, mais ce n’est rien comparé à ce que subit mon assaillant, qui se fait littéralement propulser au sol, dix mètres plus loin, sonné. L’épée émerge de mon corps, la plaie se refermera, mon cœur est entier. Je tourne mon regard surpris vers l’autre côté, et je vois une forme sombre, un peu plus petite qu’un cheval, qui court vers moi. Lui non plus, je ne pensais jamais le retrouver un jour, mais visiblement, lui m’a retrouvé. Nahak entre dans la mêlée.

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Re: Le crépuscule des corbeaux

Message  Müss le Mar 14 Juin 2016 - 18:50

« Ce sont les trois derniers ! Ils viennent de la chambre ! »

Je me retournais pour faire face à un groupe d’homme accourant vers nous, armés jusqu’aux dents.

"Les trois derniers" ? Ils ignoraient qu'un nouveau quatrième venait de naître et les attendait sagement dans "la chambre" pour dévorer leurs alliés dès qu'ils y mettraient les pieds.

Ils étaient cinq et Mirko avait déjà immobilisé l’un d’entre eux avec l’un de ses sortilèges. Le vampire dégaina son épée et, avec une vitesse qui abasourdi sa victime, s’attaqua à celui qui se trouvait le plus près de lui. Je ne m’inquiétais pas pour Mirko, il ne laissait aucun répit au pauvre homme qui était déjà submergé par les attaques du vampire. L’humain était si lent par rapport à Mirko que ce dernier avait le temps de préparer une incantation en même temps qu’il se battait. Je restais dans son esprit afin de connaître chacun de ses mouvements tout en me préparant à mon propre combat.

Les trois autres humains nous avaient choisis pour cible, Jengolf et moi. Visiblement, ils avaient supposé que j’étais la plus faible de nous puisque seul le plus chétif des trois s’approcha de moi. Je posais ma main sur la garde de mon sabre dont j’avais diminué la taille de la lame. Quand l’homme fut à une distance suffisante, je dégainais d’un mouvement rapide, allongeant la lame au dernier moment pour la faire pénétrer sa chaire. Surpris, il n’eut pas le temps d’esquiver et ne pu que dévier mon sabre qui traversa son épaule au lieu de son cœur. Impressionnant pour un simple homme.

Non, pas un homme... C’était une femme au regard implacable.

L'humaine ayant été déstabilisée, je me déplaçais vivement vers Jengolf qui était en proie à deux de nos assaillants qui étaient en train de l’encercler. Je me plaçais dans son dos, ainsi nous faisions face aux trois humains, celle que j’avais blessée étant revenu à l’assaut.

J’attendais qu’ils passent à l’attaque pour bouger. Je sentais le corps de Jengolf se tendre et nous nous lançâmes vers nos adversaires en même temps. Je parais l’attaque du premier et tandis ma lame vers lui. Il eu un rictus en remarquant que je ne l’avais pas effleuré, puis ses yeux s’agrandir de terreur. Je ne tenais que la garde de mon arme dont la lame avait disparue. Les morceaux de métal avaient filé en tout sens et l’avaient transpercé par endroit. Quand ils revinrent vers moi, tout aussi rapidement qu’ils avaient explosés, ils déchirèrent une seconde fois le corps de l’homme qui tomba au sol dans un cri d’agonie. Ignorant les capacités martiales de l’homme-loup, je Vérifiais régulièrement que Jengolf n’avait pas besoin de mon aide.

Je m’attaquais ensuite à celle que j’avais déjà blessé. Elle se battait bien, malgré le fait qu’elle avait perdu du sang. De plus, elle avait compris que mon sabre pouvait changer de taille et de forme comme je le désirais et redoublait d’attention à chacune de mes attaques. Son regard était féroce, il reflétait toute la haine qu’elle avait à l’égard de ceux de ma race. Pour la seconde fois, je fis exploser ma lame pour la déchiqueter. C’est à ce moment que je compris que j’avais affaire à une femme maîtrisant la magie. Elle m’avait vu utiliser cette capacité sur son compagnon et para rapidement mon attaque en criant une incantation. Quelque chose apparu devant elle et les bouts de métal ricochèrent dessus, protégeant la magicienne de mon attaque.

C’est alors que, par le biais de notre connexion mentale, je sentis la morsure du métal au plus profond de la chaire de Mirko. La lame était passée juste à côté de son cœur et allait remonter pour détruire l’un des seuls organes vitaux des vampires. Je laissais complètement tomber ma féroce magicienne pour courir dans la direction de Mirko. J’étais trop loin. Ce cher cœur serait transpercé avant que je parvienne à lui…

Le vampire tombait à genou. La scène sembla se dérouler au ralenti… Je poussais un cri quand l’homme qui l’avait empalé contracta ses muscles pour enfoncer son épée. C’était horrible, je venais juste de le retrouver, je n’avais rien eu le temps de lui dire et voilà que…

L’humain fut projeté en avant.

Nahak avait défendu Mirko ! Je ne maîtrisais pas très bien ma course et me cognais contre le kult’hak avant de me retrouver à genou près de Mirko. Je lui attrapais le visage et fut soulagée de remarquer qu’il était toujours vivant. D’un geste, j’agrandis le trou que l’épée avait fait dans sa tunique pour jeter un coup d’œil vers sa blessure. Elle se refermait déjà. Le cœur n’avait pas été touché.

« Mirko, espèce de… ! » Je ne trouvais aucune insulte qui puisse exprimer tout l’effroi que j’avais ressenti à l’idée de le perdre. Et de toute façon, je n’en avais pas le temps. L’homme projeté s’était déjà redressé. Je me jetais sur lui et le transperçais de mon sabre d’un seul mouvement. Il tomba au sol et je continuais à planter mon sabre dans son corps encore et encore, l’ouvrant de toute part, laissant s’écouler ses organes sur le sol en lui lançant les pires insultes que je connaissais.

Je sentis alors une présence qui approchait. La magicienne n’en avait pas fini avec moi. Elle se tenait l’épaule et grimaçait de douleur. Je délaissais avec regret le cadavre mal en point de celui qui avait osé s’en prendre à Mirko pour faire face au danger.

« Tu n’as aucune chance contre nous… Abandonne plutôt que de mourir inutilement », lui dis-je froidement.

Le regard haineux qu’elle me lança me donnais envie de la dévorer.

Mais nous n’avions pas de temps à perdre. Nous nous trouvions en pleine ville et, même s’il faisait nuit, il y avait fort à parier que les bruits de combat aient alerté des gens. Les gardes pouvaient rappliquer d’un moment à l’autre.

« On y va ! » lançais-je aux deux autres afin qu’on quitte le champ de bataille avant qu’il ne soit trop tard.

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