Les chaînes de l'esclave

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Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Jeu 22 Oct 2015 - 17:57

Théobald, le baron de Mortelune


Damn ! Je m’avachissais plus profondément sur mon trône. Les papiers s’étalaient devant moi, j’essayais en vain de me concentrer. Celui que j’avais dans la main parlait d’un traité avec un baronnet au Sud du domaine. Sa carrière me fournissait en pierre. J’en avais besoin pour finir la construction du temple. Ces pensées me mettaient dans un sale état. Le temple d’Elasgol était un sujet sensible. Le dôme n’avait pas tenu, il s’était effondré dès qu’on l’avait monté. Mauvais présage ! Je n’avais pas besoin de sortir pour deviner ce que la menuaille racontait. Je regardais par les fenêtres. Ciel gris d’automne… Ah s’il n’y avait que ça ! Mais non, les malheurs s’enchaînaient. Il y avait aussi ma « tendre moitié », cette garce sans scrupule, qui avait rendu l’âme. Les morts étaient sortis de leur tombe pour exécuter leur vengeance. Enfin… ça c’était pas la version qu’on avait servi à la populace. Officiellement, mon épouse était morte bien plus noblement que dévorée par un zombie. La pauvre avait tellement pleuré sa famille qu’elle avait fini par en tomber malade. Au point d’en trépasser. Pas besoin de faire croire aux petites gens que mon domaine était maudit des dieux. J’avais déjà assez de mal à les tenir sans ajouter d’autres raisons pour qu’ils se méfient de moi.

C’était déprimant…

Et le maître d’arme qui ne rentrait pas ! Je me demandais où se trouvait l’avorton d’Eol en ce moment. Ça faisait quoi ? Au moins une huitaine qu’il était parti ! J’avais envoyé le louvetier et ses chiens pour le retrouver. N’empêche, je me faisais du mouron.

Je passais la main sur mon visage fatigué. C’était pas mon genre d’être comme ça. Fallait que je me ressaisisse.

Il y avait du bruit dehors. J’entendais… les chiens ! Je me redressais vivement et me dirigeais vers les escaliers. Je sortais rapidement pour retrouver la meute en folie. Le louvetier descendis de son cheval, le maître d’arme me jeta un regard satisfait et… Eol était là. Je m’approchais de lui pour l’insulter.

- Abrutis ! Où étais-tu passé ?! Tu crois que j’ai que ça à faire que d’envoyer mes hommes à tes trousses ?

Il prit un air dépité. Cet éternel air soumis qui n’avait jamais et ne cesserait jamais de m’agacer. Je lui balançais une claque sur la joue. Il la frotta avec la larme aux yeux. Mais ne grandirait-il jamais ? Même ma femme n’avait jamais eu ces attitudes de fillette.  

- Alors ?! T’étais où sombre crétin ?
- Je t’ai attrapé le centaure que tu voulais. Je pensais que tu serais content.

Je me tournai vers le louvetier. Il tenait un centaure en laisse. Voilà donc la raison de cette présence incongrue…

- Qui t’as dit que j’avais besoin d’un centaure ?

Je devinais la réponse alors même que je posais la question. C’est tellement évident, elle avait toujours fait ça. C’était forcément…

- Aliénor.
- Evidemment. Enfin… elle est morte maintenant.
- Quoi ?!

J’avais envie de lui mettre une paire de baffe pour faire disparaître cet air ahuri. Mais je me contentais de pousser un long soupir.

- Au moins tu as eu la chance d’éviter la préparation des obsèques. Elle a été inhumée hier. Aujourd’hui est une journée de deuil pour Mortelune.

Il se mit à… sourire. Argh ! Fais au moins semblant d’être désolé idiot ! me dis-je. Je me détournais, espérant que personne ne prendrait cet air satisfait pour autre chose que de la niaiserie. En même temps, je le comprenais. Aliénor s’était toujours comportée comme une démone avec lui. Envoyer cet idiot chercher un centaure, mais quelle idée !

Je regardais la bête. Je croise ce regard noir et intense. Ce regard si particulier… On aurait dit celui d’un cheval.

- C’est toi qui a capturé ça ? C’est impossible.
- Ah ? Je ne savais pas… Alors je l’ai fait.

Quel centaure ! Je m’imaginais monté sur une telle bête. Je souris au centaure. Un sourire menaçant. Ensuite je me tournais vers le louvetier.

- Pourquoi il a l’air si mal en point ?

Ce fut le maître d’arme qui répondit à sa place.

- Il n’a rien mangé de tout le trajet. Et presque rien bu non plus. Quand à dormir…

Ha ! Parfait. Je fis signe à un serviteur d’aller me chercher un bol d’eau. Ensuite, je me tournais vers le centaure et lui fis comprendre que je l’abreuverais s’il s’approchait. Il n’avait que quelques mètres à parcourir pour me rejoindre.

- Au pied !

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Message  Yawldaec le Ven 23 Oct 2015 - 10:08

C'est ainsi que Yawldaec dut supporter un bien long trajet de six jours jusqu'au lieu où il allait devenir esclave d'un noble seigneur Humain du nom de Théobald. Six jours de souffrance. Et encore, cela aurait pu être plus long : le groupe couvrait de plus longues distances que si les Humains étaient restés à pied, heureusement ils étaient tous à cheval, et même s'ils ne pouvaient pas galoper à cause des entraves aux pattes du Centaure, les chevaux et le Centaure marchaient au pas plus vite qu'un Humain à pied. Cela ne restait pas moins six jours de souffrance pour l'esclave renommé en Kelnozz.

Pas une seule fois, pas un seul instant, on ne lui retira son entrave aux pattes, cette corde qui reliait sa patte antérieure droite et sa patte postérieure gauche. Quant à ses bras, ils n'étaient libres qu'une fois de temps en temps, pour éviter l'ankylose. Yawldaec était démuni de son arc, de ses flèches, de son épée, de son couteau de chasse... bref de toute arme qui pouvait lui être utile pour agresser ses maîtres et couper ses liens. L'entrave à ses pattes l'empêchait de galoper et de donner des coups de sabots. Il était fait.

Le Louvetier était un homme violent, en plus d'être la personne la plus taciturne que Yawldaec avait jamais connue. C'est lui qui s'occupait le plus souvent de l'esclave. Malheureusement. Pour diminuer les forces du Centaure et sa volonté de rebellion, il le giflait à la moindre occasion et surtout, le privait de nourriture et d'eau aussi longtemps que l'organisme du Centaure pouvait le supporter. Puisqu'il s'agissait de marcher le plus vite possible, Le Louvetier n'était pas si avare que ça sur l'eau. Yawldaec n'en avait pas à volonté mais il pouvait boire à sa soif ; mais pour la nourriture, c'était autre chose. Les jours passaient, et Le Louvetier affamait le Centaure. A côté, les gifles n'étaient rien, pourtant, les joues du Centaure auraient laissé voir des traces rouges le plus clair de la journée si sa peau n'avait pas la même couleur que celle de sa robe équine.

Le groupe entrait dans le Cœur Estanol. La capitale n'était pas leur destination, ils n'y firent même pas halte. C'était dans le Cœur Estanol que se situait le domaine du Seigneur Théobald pour qui Eol avait reçu la commande de capturer un Centaure.
Eol... Bien sûr que Yawldaec lui en voulait énormément, mais... son ressentiment envers lui était modéré par l'impression qu'Eol faisait tout cela par servilité mais pas par plaisir. Eol était le seul dans le groupe à avoir pitié de Yawldaec. Il avait pitié de l'esclave qu'il avait lui-même capturé. C'était étrange... et pourtant Yawldaec le croyait sincère. Eol était quelqu'un de bien étrange et pas seulement parce qu'il était un Demi-Drow.

Six jours de trajet et le groupe arriva au château de Théobald. Le Seigneur, alerté de l'arrivée du groupe, sortit de son château et vint accueillir ses proches dans la cour, en commençant par Eol à qui il adressa des réprimandes. Apparemment, Théobald n'avait pas demandé lui-même qu'on lui capture un Centaure. C'est une certaine Aliénor qui avait raconté cela à Eol, et Aliénor avait perdu la vie entre temps.

Théobald plongea ses yeux dans les yeux de cheval de Yawldaec. Il s'étonna qu'Eol eût réussi à capturer un Centaure comme lui. Il semblait impressionné. Yawldaec ne se tenait pas très bien, à cause de la faim et de la soif. Théobald le trouvait déjà magnifique alors qu'il ne lui était pas encore donné d'admirer la prestance du mâle Centaure, sa beauté sauvage. Il pouvait toujours observer ce torse à la peau particulière, puisque beaucoup de Centaures avaient simplement les avant-bras, sinon rien, qui prenaient une teinte foncée comme un corps de cheval bai ou alezan, tandis que Yawldaec avait tout le torse et la tête, en plus d'avoir les yeux d'un cheval au lieu d'yeux humains comme un Centaure lambda.

Théobald demanda pourquoi le Centaure avait l'air si mal en point. La question était posée au Louvetier, mais comme ce dernier ne parlait presque jamais, c'est Henry qui répondit, informant son seigneur que l'esclave n'avait presque rien mangé ni bu de tout le trajet, et très peu dormi.
Yawldaec n'aimait pas ce sourire sur le visage de Théobald. Le Centaure rabattit les oreilles en arrière.
Un serviteur donna à Théobald un bol d'eau. Théobald regarda le Centaure.

THEOBALD – Au pied !

Les Humains parlaient comme ça à leurs chiens. Yawldaec n'était donc qu'un animal à dresser ? Quelle humiliation... Mais il avait trop soif et était trop affaibli pour se rebeller tout de suite. Il devait d'abord reprendre des forces. Et puis, montrer un signe d'obéissance dès le départ pourrait peut-être lui octroyer un meilleur traitement que s'il se rebellait sans cesse ? Il n'était pas convaincu de cela, il ne savait pas comment les Humains éduquaient leurs esclaves. Yawldaec découvrait un tout nouveau monde pour lui. Un monde de souffrance où il se sentait dégradé à tous les niveaux.

Toujours les oreilles en arrière, et la queue un peu agitée, le Centaure marcha vers Théobald, regardant tour à tour le visage de son vrai maître et le bol d'eau qu'il tenait.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Ven 23 Oct 2015 - 17:46

Kelnozz s’approche de Théobald. Je retiens mon souffle. Je ne sais pas trop pourquoi. Ça y est. Théo fait boire le centaure. Mon frère sourit. Un sourire de conquérant. Il est content, alors je suis heureux. Toute cette histoire a finalement une fin joyeuse.

Mais il y a quelque chose qui me dérange. Kenlnozz n'a pas l'air content du tout. Ses oreilles sont plaquées à l'arrière. Et toute son attitude montre qu'il va mal. Il avait soif. Il a bu. Mais il a encore faim. Et il est fatigué. Je me dis que c'est pour ça. Même si au fond je pense bien qu'il y a une autre raison. En vérité, Kelnozz n'a pas envie d'être à Théo. Ça me fait culpabiliser. Mais Théo est content. Je ne sais pas ce que je dois penser.

- C’est bien. Tu vois ce qu'il se passe quand tu obéis ? Ce sera toujours comme ça. Tu ne le regretteras pas. Mais dans le cas contraire…

Il ne continue pas sa phrase. Il a parlé d’une voix très douce. Je ne vois pas son visage parce qu’il est dos à moi. Je souris au centaure. Maintenant il sait qu’il sera bien traité. Il n’aura qu’à faire ce qu’on lui demande.

Théo repose le bol. Il prend la laisse. Il emmène le centaure vers le rond de longe. Je les suis. Mon maître d’arme aussi. Théo et Kelnozz entrent. Mon frère retire les cordes qui lient ses pattes. Maintenant Kelnozz peut avancer librement. Il a les mains attachées. Et Théo ne le tient que par une corde qui entoure son ventre humanoïde.

- Bon. Je ne te demande pas grand-chose pour aujourd’hui. Tu vas te contenter d’avancer au pas. Si tu fais quelques tours autour de moi, je te rentrerais à l’écurie et tu pourras manger et dormir un peu.

J’admire Théo. Il y a quelque chose d’imposant en lui. Un peu comme le louvetier. Mais pas parce qu’il est méchant. C’est plutôt son port. On voit sur son visage qu’il sait ce qu’il veut. Et il obtient toujours ce qu’il veut. Alors que moi, je n’ai jamais su ce que je faisais sur sur cette terre.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Ven 23 Oct 2015 - 18:22

Il suffisait de cela : Théobald laissa Yawldaec boire, sans lui détacher les mains. Yawldaec dut donc boire à même le bol que lui tendit Théobald. Il engloutit toute l'eau avec soif. Cela faisait tant de bien ! Ces gens n'avaient pas d'âme pour laisser le Centaure s'assoiffer et s'affamer et pour le priver d'un sommeil convenable. Yawldaec supposait que c'était le lot de la vie d'esclave. Peut-être que s'il se montrait obéissant, dans la limite du possible, il serait mieux traité à partir de maintenant.

THEOBALD – C'est bien. Tu vois ce qu'il se passe quand tu obéis ? Ce sera toujours comme ça. Tu ne le regretteras pas. Mais dans le cas contraire...

Il n'eut pas besoin de finir sa phrase, Yawldaec comprenait très bien malgré son état. C'était donc ça : il serait mieux traité tant qu'il obéirait. Il restait à estimer la « limite du possible » pour lui. Jusqu'où était-il prêt à faire des concessions sur sa dignité et sa fierté de Centaure pour avoir un bon traitement ? C'était déjà énorme pour lui de ne rien dire alors que l'Humain venait de lui ordonner « Au pied ! » comme il l'aurait fait à un chien. Son état d'affaiblissement par la fatigue et la faim jouait aussi. Il n'avait en ce moment pas la force de se courroucer à la moindre injure.

Théobald tint Yawldaec en laisse et le conduisit jusqu'à un manège que les Humains utilisaient entre autre pour longer les chevaux. Des pratiques qui restaient encore très obscures pour le Centaure sauvage. Il avait déjà vu des Humains faire cela sans jamais avoir compris à quoi cela servait. Il se doutait simplement que cela entrait dans le dressage du cheval. Au moins, faire la longe à un cheval ne lui faisait pas mal.

Théobald s'accroupit aux pattes de Yawldaec, qui baissa la tête, un peu surpris. Et surpris, il le fut encore plus quand il vit le seigneur Humain lui défaire l'entrave. Enfin, Yawldaec avait les pattes libres ! Cela faisait pratiquement une semaine qu'il n'avait pas pu une seule fois galoper ni se cabrer. Ne pas pouvoir galoper pendant tout ce temps avait été assez frustrant à supporter. Quant à se cabrer, non pas qu'un Centaure avait le besoin naturel de le faire, seulement, dans ses instincts, il arrivait souvent à Yawldaec de le faire, sous l'effet d'un sursaut par exemple, ou de la colère. En pratiquement une semaine, il y avait eu quelques fois où Yawldaec se serait cabré s'il avait pu.

Théobald le tint toujours en laisse, et lui laissa les poignets liés dans le dos. Yawldaec n'allait pas se plaindre : avoir les pattes libres était déjà un grand progrès et il l'apprécia pleinement. La laisse ne tenait Yawldaec que par le ventre humain, même pas par le cou. S'il avait été en pleine forme, il aurait pu partir d'un coup au galop, et Théobald n'aurait pas pu le retenir. Attaché par le ventre humain, le Centaure pouvait déployer sa meilleure force de traction, comme un cheval harnaché au poitrail. Seulement voilà, il n'était justement pas en pleine forme. Et même si ça avait été le cas, tous les autres Humains présents auraient tôt fait de lui tirer des flèches et de le rattraper avec leurs chevaux. Yawldaec, lui, n'avait aucune arme sur lui pour tenir tête à un cavalier armé. Il allait devoir attendre la meilleure opportunité, quitte à ce que ce ne soit pas ce premier jour.

THEOBALD – Bon. Je ne te demande pas grand-chose pour aujourd'hui. Tu vas te contenter d'avancer au pas. Si tu fais quelques tours autour de moi, je te rentrerais à l'écurie et tu pourras manger et dormir un peu.

Il voulait donc vraiment le mettre à la longe comme un cheval, et Yawldaec ne comprenait pas du tout pourquoi il voulait faire cela. Néanmoins, c'était un moindre mal. Bien sûr, c'était dégradant, car c'était le traiter comme un cheval, mais parmi toutes les choses dégradantes que Théobald pouvait faire au Centaure, celle-là était loin d'être la pire ! Yawldaec demanda quand même, ayant vraiment envie de comprendre à quoi rimait de le faire marcher dans ce manège :

YAWLDAEC – A quoi bon me faire faire cela ? Je ne suis pas un cheval à qui faire des tours de manège.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Dim 25 Oct 2015 - 7:39

Théo cherche à faire tourner Kelnozz autour de lui. Il veut surement lui dégourdir les pattes. Je continue de les contempler. Ils sont faits l’un pour l’autre. J'imagine mon frère et le centaure se battre côte-à-côte. Rien ne les arrêterait.

- A quoi bon me faire faire cela ? Je ne suis pas un cheval à qui faire des tours de manège.

Kelnozz a une obsession pour les chevaux. Il parle d’eux à chacune de ses phrases. Il a peur qu’on le confonde avec eux. Mais tout le monde voit bien qu’il n’est pas un cheval. Sinon, les gens ne lui parleraient pas. Parce que, mis-à part moi, personne ne parle avec son cheval. Ou alors juste des bruits. « Ya », « Oho », « Tout doux »… Parce qu'en fait, c'est mal de parler avec son cheval.

Théo regarde le centaure. Il est sûr de lui.

- Il y a des règles à suivre, Kelnozz. La première, c’est de toujours m’obéir, quoi qu’il arrive. La seconde, c’est de ne jamais questionner mes ordres. Je te demande d’avancer : tu avances sans poser de question. Rappelle-toi, tu veux manger ce soir ?

Ne jamais poser de question. On me le dit souvent à moi aussi. Mon maître d’arme s’approche de moi. Il me donne un coup sur l’épaule. Ça me fait un peu mal. Je n’aime pas ça. Mais c’est pour être gentil. Alors je souris.

- Prends-en de la graine Eol. Il faut savoir se faire obéir des autres. Le maître sait ce qui est bon pour l’élève, ou pour l’esclave. Ce dernier ne doit jamais questionner les ordres. Peut-être n’est-il pas capable de comprendre leurs intérêts dans l’immédiat. Mais un jour, s’il continue de faire des efforts, les choses s’éclairciront pour lui.
- Et moi, je suis votre élève ou votre esclave ?

Mon maître est étonné.

- Voyons Eol, tu le sais très bien. De moi, tu es l’élève. Et de Théo, le soldat.

Je ne vois pas la différence. Je hoche la tête. Je me concentre sur ce que font Théo et Kelnozz.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Dim 25 Oct 2015 - 15:30

THEOBALD – Il y a des règles à suivre, Kelnozz.

Tiens donc, alors Theobald l'appelait par ce nom, lui aussi ? Yawldaec ne savait pas à quel moment Eol avait dit à Theobald qu'il s'appelait Kelnozz. Il avait dû ne pas faire attention à cause de son état fébrile de fatigue et de faim. Et puis, par quel autre nom Theobald aurait-il pu l'appeler ? Ou alors, Theobald aurait pu lui inventer un nom à son tour, mais tant qu'à faire, autant qu'il reprenne le nom trouvé par Eol, puisque Yawldaec était prêt à se faire à cette nouvelle identité.
Yawldaec, c'était le Centaure libre. Kelnozz, c'était l'esclave.

THEOBALD – La première, c'est de toujours m'obéir, quoi qu'il arrive. La seconde, c'est de ne jamais questionner mes ordres. Je te demande d'avancer : tu avances sans poser de question. Rappelle-toi, tu veux manger ce soir ?

La menace d'être encore une fois privé de nourriture était insupportable pour Yawldaec. Il avait trop faim, il se sentait faible. Il avait vraiment besoin de manger. Alors, si pour avoir le droit à un repas correct ce soir, il lui fallait marcher bêtement au pas autour de Theobald comme un cheval à la longe, autant le faire. Yawldaec s'était déjà fait la réflexion que parmi toutes les choses dégradantes que l'Humain pouvait ordonner et faire au Centaure, celle-ci n'était de loin pas la pire.

Résigné, le Centaure se mit au pas et marcha en cercle tout autour de Theobald, essayant de rester à un rayon constant de lui. Ses oreilles ne semblaient pas pouvoir se décoller de ses tempes, tout comme sa queue restait agitée ; mais au moins, il ne gronda pas et obéit, juste pour avoir le droit à un repas correct le soir. Et qui sait, peut-être enfin une nuit de sommeil complète ?

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Mar 27 Oct 2015 - 23:28

Kelnozz obéit à Théo. Il ne dit rien. Il fait des tours dans le rond de longe. Et il le fait avec application. Ses cercles sont parfaits. Il reste toujours à bonne distance de Théo. Il est très obéissant. J’observe ses sabots s’enfoncer dans le sable à chacun de ses pas.

- Il faudrait le ferrer…, dis-je
- Oui, le barbu s’en occupera, répond mon maître.

Kelnozz plaque ses oreilles en arrière. Il s’agite. Sa queue fouette l’air. Il a l’air furieux. Pour une mystérieuse raison, ce que j’ai dit ne lui plaît pas. Théo l’observe en souriant. On dirait qu’il attendait le moment où Kelnozz réagirait. Il fait un signe discret à mon maître. Je sens son corps se tendre. Il est prêt à réagir s’il le faut.

- Jamais ! Jamais vous ne me mettrez des fers !

Théo attrape son épée. Il la laisse dans son fourreau. Il s’en sert pour frapper Kelnozz. Je plisse les yeux. Le bruit du coup résonne encore dans l’air. Il a frappé trop fort. J’ai peur qu’il ne l’ai blessé.

- Ne t’excite pas. Si cela venait à se reproduire, je ne me retiendrais pas comme ça. Si des choses t’inquiètent, maîtrises-toi, sinon… (il désigne le fourreau de son épée) tu auras de véritables raisons de t’affoler.

Théo continue de faire faire des tours à Kelnozz. Il parle en même temps.

- Quand nous sommes ensemble, rien d’autre n’existe que nous. (Pour être plus clair, il fait un mouvement circulaire du bras et reprend) Il n’y a que toi, la corde, le l’enclos et moi.

Théo le fait tourner encore un peu. Puis il s'arrête. La journée tire à sa fin.

- Si tu ne veux pas de fers, tu demandes à parler et quand je te l’accorde, tu fais ta demande. Alors, , je t’écouterais. Si tu t’affoles, je ne t’écoute pas. Et tu subis sans pouvoir rien faire. As-tu une demande à faire, Kelnozz ?
- Je refuse d'être ferré ! Je suis un Centaure !
- Bien. On verra suivant ton comportement si je t’accorderais ça ou pas.

Ensuite il le tire vers l’écurie. Il tend la corde à mon maître qui le ligote dans un box. Henry lui donne à boire. Il lui donne aussi à manger. Mais pas beaucoup. Il me demande de m’occuper de le panser. Je m’approche. Je m’apprête à le brosser.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Mer 28 Oct 2015 - 8:46

Yawldaec ne se sentait pas très bien mais il était motivé par l'idée d'avoir droit à un vrai repas chaud et à une vraie nuit de sommeil après son effort de docilisation. Théobald avait l'air satisfait en le faisant marcher tout autour de lui. Yawldaec faisait de son mieux pour décrire des cercles parfaits en restant à un rayon constant de l'Humain, marchant à une allure de pas autour de lui comme un gentil animal bien dressé. Tant qu'il suffisait de faire cela pour avoir droit à un bon traitement, c'était un moindre mal. Le sol sablonneux le ralentissait un peu, mais c'était toujours beaucoup mieux que le sol dur sur lequel les Humains avaient l'habitude de marcher et qui risquait d'abîmer les sabots du Centaure tout comme cela abîmait ceux d'un cheval.

C'est alors qu'Eol vint tout gâcher en suggérant à voix haute que le Centaure soit ferré. Yawldaec se tendit en s'arrêtant. Sa queue s'agita de plus belle, fouettant l'air et sa propre croupe avec rage. Il trépigna, foudroyant Eol du regard et observant la réaction de Théobald, mais il ne put s'empêcher de s'exclamer farouchement :

YAWLDAEC – Jamais ! Jamais vous ne me mettrez des fers !

Cette idée était réellement hors de question et il en voulait déjà à Eol de l'avoir émise. Yawldaec savait très bien ce qu'étaient les fers à cheval même s'il n'en avait – heureusement – jamais porté. Un cheval ferré, cela se reconnaissait au bruit de ses pas sur sol dur, et à ses empreintes de pas sur sol meuble. Il avait déjà vu, à Fort Hybride ou ailleurs, des Humains ferrer leurs chevaux. Il avait trouvé cela barbare : ce morceau de métal était carrément cloué sur la couronne du sabot ! Comment les chevaux pouvaient-ils supporter cela ? On ne leur laissait pas le choix, en même temps. Yawldaec savait pourquoi les Humains faisaient cela : ils faisaient souvent travailler leurs chevaux sur un sol dur, et cette semelle de fer évitait au sabot de s'abîmer dessus. Sans doute, oui, que c'était vrai ; mais étant donné que le Centaure avait exactement la même morphologie qu'un cheval au dessous de la jonction, il imaginait facilement que les fers à cheval étaient un mal pour pallier un mal. C'était abîmer le sabot, les pattes, et finalement l'appui du cheval, d'une autre manière. Une manière bien plus insidieuse, car il fallait être un Centaure et donc avoir soi-même des sabots pour s'en rendre compte. Les Humains, eux, étaient incapables de s'en rendre compte. Ils croyaient bien faire, ces imbéciles. Ils utilisaient les chevaux, les soustrayant à leur mode de vie naturel, et pour leur faire supporter de travailler sur un sol trop dur, ils mutilaient leurs sabots. Ils ne faisaient qu'empirer les choses.

Et il était question de faire pareil à un Centaure ?!
Non !

L'idée effrayait réellement Yawldaec et il était absolument hors de question qu'il se laisse ferrer. Il pouvait accepter n'importe quoi mais pas ça.

BLAM !
Yawldaec tituba en se massant la joue, qu'il venait de se faire cingler par le plat de l'épée de Théobald restée dans le fourreau – ce qui amortit le coup. Théobald le réprimanda pour s'être affolé. Il lui dit de se maîtriser si les choses venaient à l'inquiéter. Savait-il à qui il disait cela ? Yawldaec avait des instincts sauvages, et Théobald allait devoir se lever très tôt tous les matins s'il voulait lui imprimer du flegme.

Théobald refit marcher Yawldaec autour de lui. C'était reparti. Il lui dit que quand ils étaient ensemble tous les deux, rien d'autre ne devait exister. Yawldaec devait ignorer tout ce qui se trouvait hors de l'enclos. Il comprit le message : il aurait dû ignorer ce qu'Eol avait dit, faire comme s'il ne l'avait pas entendu. Sur le sujet des fers à cheval, c'était impossible.

Théobald fit s'arrêter Yawldaec. Le manège, c'était fini pour aujourd'hui.

THEOBALD – Si tu ne veux pas de fers, tu demandes à parler et quand je te l'accorde, tu fais ta demande. Alors, là, je t'écouterai. Si tu t'affoles, je ne t'écoute pas. Et tu subis sans pouvoir rien faire. As-tu une demande à faire, Kelnozz ?

Oui, il en avait une. Ce n'était même pas une demande, c'était une interdiction formelle. Yawldaec se moquait d'être esclave à cet instant. Aussi répliqua-t-il du tac au tac :

YAWLDAEC – Je refuse d'être ferré ! Je suis un Centaure !
THEOBALD – Bien. On verra suivant ton comportement si je t'accorderai ça ou pas.

Alors, même cela, Yawldaec allait devoir le mériter au comportement ? Six jours de trajet, ce n'était maintenant que son premier jour au domaine de son maître, mais Yawldaec se promit de tout faire pour s'évader à la moindre opportunité.

Yawldaec fut mené à l'écurie, comme un cheval. Henry lui donna à boire et à manger. C'était tout sauf copieux mais c'était déjà mieux que les privations que Le Louvetier lui avait fait endurer. Henry demanda ensuite à Eol de le panser. Et allez, ces sales Humains n'en avaient pas fini de le traiter comme un cheval... Panser un Centaure... Les Humains se rendaient-ils seulement compte ?

Eol s'approcha, une sorte de brosse à la main. Yawldaec lui lança un regard noir. Il lui en voulait. En même temps, il ne voulait pas s'emporter contre lui, car il avait bien vu qu'Eol serait le seul apte à le comprendre ici.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Mer 28 Oct 2015 - 10:38

Je m’avance vers Kelnozz. J’ai la tête baissée. Je m’en veux d’avoir parlé tout à l’heure de fer à cheval. Il dit tout le temps qu’il n’est pas un cheval. Alors forcément un fer "à cheval", ça ne pouvait pas lui plaire. Moi, j’avais juste pensé que ses sabots seraient abimés sans ça. Mais à cause de moi, il s’est fait frapper. Et maintenant je veux le brosser mais il me regarde avec un œil mauvais. Je ne sais pas pourquoi. Je regarde ma brosse. Dans l’autre main, j’ai un cure-pied. Mais il n'a pas l'air de vouloir que je m'approche. Je ne comprends pas ce qui l’embête à ce point. Ça m’énerve vraiment.

- Tu ne veux pas que je te brosse ? Ni que je te cure les sabots ?

Je me laisse aller contre une planche du box. Quelqu’un arrive. C’est le louvetier. Il est avec un homme à la barbe noire et à l’accent Telbaran. Il est très poilu. Il tient dans ses bras une sorte de ceinture de métal. Des chaînes de fer en sortent.

- Ah ! Voilà le centaure ! Bien attaché ? Oui, parfait. Alors voici comment ça fonctionne. On la met comme une ceinture et quand on tire sur une des chaînes, voyez, le mécanisme fait sortir des piques. Et ça, ça lui fait mal à la bête ! Haha ! On peut en attacher une à sa patte si on ne veut pas qu'il court. On la met à la bonne mesure et quand son pas s'allongera parce qu'il cherchera à avancer plus vite, il aura mal. S'il force, il se blessera. S'il galope quand même, il peut finir paralysé, tout dépend du jeu que vous laissez. Et mieux encore. Ces petites poignées se retrouvent à bonne hauteur pour les mains une fois qu’on a monté l’animal. C’est un guide, on tourne à droite et le centaure devrait tourner son buste à droite. S’il ne le fait pas, regardez ça: Aïe aïe aïe ! Et très astucieux, on a aussi cette petite tige en métal. Au tout début du dressage, on la retire. C'est un cran d'arrêt en fait. Quand elle n'est plus là et quand on tire sur les cordes, on a les pointes comme tout à l’heure, mais si l’esclave s’emballe, ça va tirer plus, et là… voilà, on a carrément des lames. Un instant, s'il vous plaît. Je le montre au centaure pour qu’il comprenne. Regarde, centaure, si tu t’agites, ça sort. Et ça fait bobo. C’est aiguisé. Si tu es encore méchant, ça sort encore plus. Et là, ce n’est plus bobo que ça fait, c’est pire : ça rentre dans les os de ton dos. Et après, tu ne pourra plus JAMAIS bouger ton corps de cheval. Hahaha !

Je regarde le mécanisme. Il est très bien fait. Le barbu me repousse. Il me prend pour un esclave.

- Pousse-toi, toi. Alors mon bon-monsieur, vous êtes convaincu ? Les colliers que vous me demandiez sont moins chers, mais les ceintures sont de meilleure qualité et n’abîment pas autant les centaures. Il y a trop de pertes avec les colliers,  on ne les utilise plus. Avec cette petite merveille, c’est devenu rare que les centaures se battent à en mourir. Même si, malheureusement, ça arrive encore. Vous connaissez ces bêtes là. Sacrément têtues...

Le louvetier ne dit pas un mot. Il tend une bourse de pièce au contrebandier à la barbe noire. L'homme s’en va ravi. Le maître chien me tend la ceinture et me fait signe la mettre à Kelnozz. J’obéis. Avec lui, pas le choix. Je rentre dans le box. Le centaure est ligoté, il ne pourra pas me faire mal. Parce que cette fois-ci, j’arrive à prévoir que ça ne lui plaira pas. Et pour une fois, je le comprends parfaitement.

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Message  Yawldaec le Mer 28 Oct 2015 - 15:51

Eol croisa le regard de Yawldaec et dévia le sien, devinant bien que le Centaure lui en voulait. Yawldaec essaya de se détendre. Il était autant en colère parce qu'il avait peur, surtout. Il espérait que Théobald tiendrait parole et ne le ferrerait pas s'il se montrait obéissant. Il ne voulait pas que son maître lui mutile les sabots avec des fers à cheval. Il n'avait encore aucune garantie, alors il avait peur. Cela se transformait en colère contre Eol. Pourtant, rien ne disait à Yawldaec que si Eol n'avait pas suggéré de le ferrer, Théobald n'aurait pas eu cette idée tout seul. Eol n'était pas quelqu'un de méchant, juste très influençable, et c'étaient des gens très mauvais, des pourritures, qui l'influençaient.

Eol tenait une brosse dans une main, mais il tenait aussi un autre outil dans l'autre main. Yawldaec examina l'étrange outil sans bouger, essayant de deviner à quoi cela pouvait servir. En fait, la réponse vint toute seule :

EOL – Tu ne veux pas que je te brosse ? Ni que je te cure les sabots ?

Ce petit machin en métal devait donc servir à curer les sabots des chevaux et des Centaures ? Eol croyait-il vraiment qu'un Centaure avait besoin d'un Humain pour se curer les sabots ? Yawldaec tomberait bien bas s'il devenait dépendant des Humains pour s'occuper de son corps.

Il n'eut de toute façon pas le temps de dire quoi que ce soit, car quelqu'un arriva. Deux personnes. Yawldaec gronda en trépignant un peu. Ecarquillant les narines, il essaya de reconnaître l'odeur des deux personnes avant de les voir, mais elles furent bien vite devant le box de toute façon. Et là, Yawldaec eut un mouvement de recul : parmi les deux personnes, il y avait Le Louvetier.
Oh non, pas lui... Yawldaec s'apprêta à passer un sale quart d'heure. Il avait peur de cet homme, il ne pouvait pas le cacher.

L'autre homme montrait au Louvetier un étrange dispositif métallique, et une brève observation suffisait à deviner qu'il s'agissait d'un instrument de torture. Cela prenait la forme d'une ceinture avec des piques reliées à deux rênes à poignées. Si un cavalier chevauchait un Centaure harnaché de cet objet, il pouvait le contraindre à tourner à gauche ou à droite en tirant sur les poignées. Yawldaec écoutait de toute façon l'Humain barbu expliquer le fonctionnement de l'instrument au Louvetier.
C'était barbare !

Yawldaec se disait jusqu'à présent que le sort d'un Centaure ici était le même que celui d'un cheval, mais il se trompait : c'était pire. Un cheval n'était, normalement, pas torturé de la sorte. Aucun cheval n'avait jamais porté ce genre de ceintures ! Cet instrument avait été conçu pour être porté par un Centaure. C'était barbare, cruel, et... il n'y avait pas de mot, en fait.

L'Humain barbu s'en alla, et le Louvetier donna l'instrument à Eol, lui faisant signe de l'équiper sur Yawldaec. Ce dernier recula, d'un air affolé, et supplia le Louvetier :

YAWLDAEC – Je n'ai pas besoin de cela ! J'ai montré à Théobald que je peux obéir ! J'ai obéi à ce qu'il m'a demandé de faire tout à l'heure ! Ne me mettez pas cela... Vous n'avez pas besoin de le faire.

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Message  Eol le Lun 2 Nov 2015 - 21:12

Théobald, le baron de Mortelune


Cette maudite gamine m’avait ridiculisé en tuant mon épouse et en disparaissant sans laisser de trace. Bien sûr la populace n’en savait rien, mais mes hommes, eux, avaient tout vu. Je ne pouvais laisser passer un tel affront. Cependant j’avais beau l’avoir fait chercher dans toute la ville, aucune trace d’elle. Ambroise était resté un peu, laissant sa femme, sa fille et l’esclave de l’enfant-disparue rentrer seules sans lui. Il ne connaissait pas grand-chose de l'enfant, si ce n’est qu’elle détenait une naga capable d’envoûter ses invités par des danses sensuelles.

J’avais fini par laisser tomber mes recherches mettant ma rancœur de côté. Désormais, il fallait me concentrer sur l’avenir. Trouver une épouse intéressante. C’est-à-dire riche et puissante. J’étais en pleine étude des généalogies Estanoles que ces deux énergumènes vinrent m’interpeller. Eol me regardait droit dans les yeux et m’intimait de ne pas « ceinturer » le centaure. Je l’aurais envoyé paitre s’il n’y avait pas eu cette étincelle dans ses yeux. Il était animé par une puissante volonté et tenait tête à quelqu’un, ce qui était chose rare. Je ne voulais pas l’arrêter dans cette voix. Et puis il y avait autre chose : le louvetier avait le nez ensanglanté. Et ça, j’appréciais particulièrement. Eol s’était battu, avait vaincu et était venu. C’était beau ! Finalement, il allait peut-être devenir un homme…

- Kelnozz ne voulait pas qu’on lui mette la ceinture. Je lui ai demandé : « Si je ne te ceinture pas, tu ne t'enfuiras pas ? » et il a répondu non. Pourquoi le forcer ? On devrait créer une alliance avec lui. Avec les autres races, en général. Ils se battraient librement à nos côtés et on se ferait mutuellement confiance. Alors que là, on les pousse à nous haïr et nous trahir dès qu’ils le pourront. Ça nous desservira un jour.
- Ne penses-tu pas qu’il cherchait juste à te duper pour s’enfuir ?
- Il a dit mot pour mot : « Non. Ne me ceinture pas ». Il l’a dit.
- Et donc, tu es certain qui ne le fera pas ?
- Bien sûr.

Idiot un jour, idiot toujours.

- Sache que moi aussi je tiens mes promesses. S’il n’obéit pas, le maréchal ferrant aura du pain sur la planche.
- Du pain ? De quoi tu parles ?
- Laisse tomber. On ne l’attachera pas. Tu en prends la responsabilité. Et sinon, c’est quoi ce sang sur ton poing ?
- J’ai empêché le maître-chien de mettre la ceinture à Kelnozz. Et puis… quand il a voulu me frapper, j’ai cogné en premier.  Je suis désolé.

Oh non, pas cet air de chien battu !

- Ne regrette pas tes actes !
- D’accord.

Le naturel revenait au galop. Quel soumis cet Eol… C’était insupportable.

- Déguerpi !
- Oui.

Je me tournais vers le louvetier. Son nez saignait toujours et il foudroyait Eol du regard. Une fois que ce dernier eu disparu derrière la porte, je m’adressais à l’homme.

- Comment est attaché le centaure ?
- Ses mains sont déliées. Ses liens sont difficiles à retirer, mais s’il y passe une bonne partie de la nuit, je pense qu’il peut s’enfuir.
- S’il tente quoi que ce soit, laisse le faire. Une fois sorti de l’étable, tu lanceras tes chiens sur lui. Il faut le traumatiser pour qu’il n’ose plus jamais s’en aller.
- Je peux les laisser se défouler ?
- Fais-lui la peur de sa vie. Et… appelle le maréchal ferrant !

Le maître chien fit un sourire de biais. Kelnozz allait passer un sale quart d’heure.

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Message  Yawldaec le Mar 3 Nov 2015 - 9:27

Ces Humains respectaient moins leurs esclaves que leurs animaux ; et pourtant, ils ne respectaient déjà pas beaucoup leurs animaux. Ils pensaient à ferrer le Centaure, à lui mettre une ceinture qui ressemblait plus à un instrument de torture... Quelle serait leur prochaine lubie ? Pour faire souffrir un Centaure qui n'avait rien demandé, leur imagination semblait débordante. Ils pouvaient menacer Yawldaec pour qu'il obéisse, mais pourquoi tenir à le mutiler inutilement ? Yawldaec avait compris que son intérêt était de se montrer docile, jusqu'au moment où il aurait une opportunité immanquable de s'échapper. Il devait bien choisir son moment, car s'il échouait, il rendrait les choses pire que jamais. Il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation. Surtout pas.

EOL – Si je ne te ceinture pas, tu ne t'enfuiras pas ?

Voilà, Eol semblait prêt à ne pas lui mettre la ceinture de torture. Pourtant, Le Louvetier était à côté de lui et c'est lui qui tenait l'instrument. Eol n'avait aucun pouvoir de décision, mais Yawldaec répondit avec insistance et espoir :

YAWLDAEC – Non, ne me ceinture pas.

Evidemment, comme il s'y attendait, Le Louvetier ne fut pas d'avis de céder aux supplications de l'esclave. En revanche, ce à quoi Yawldaec ne s'attendait pas, c'est qu'Eol ose s'imposer contre l'avis du Louvetier alors qu'il avait l'air d'avoir aussi peur de lui. Ce qui se passa devant les yeux de Yawldaec fut presque surréaliste : alors que Le Louvetier voulut encore une fois s'en prendre physiquement au frêle Demi-Elfe, ce dernier envoya son poing en plein sur le nez de l'homme, réussissant à le sonner.

Ils laissèrent alors tous deux Yawldaec qui les entendit dire qu'ils allaient régler leur différend avec Théobald pour arbitre. Eol venait de faire quelque chose dont il n'avait jusque là pas semblé capable. Yawldaec attendit donc avec appréhension de voir si les deux hommes allaient revenir avec la ceinture ou si la rébellion d'Eol allait servir à quelque chose.

Finalement, le temps passa sans que l'on ne vienne mettre la ceinture à Yawldaec. Ce dernier avait même les mains libres. Il était tenu en laisse au fond du box, mais avec les mains libres, il pouvait essayer de se détacher. Il était cependant pas sûr que c'était le bon moment. Et surtout : il était trop fatigué pour tenter quoi que ce soit. Il allait peut-être avoir enfin droit à une nuit complète de sommeil, récompense pour avoir été sage avec Théobald dans le rond de longe.

Le Centaure s'endormit debout sans même s'en rendre compte. Entre deux cycles de sommeil, il alla s'appuyer contre le fond de son box, et dormit profondément.
Que cela faisait du bien de dormir toute une nuit sans être dérangé...

Quand il se réveilla, ce devait être le matin. Son nez s'habituait petit à petit aux odeurs de l'écurie : la paille sèche, l'urine et le crottin de cheval... Yawldaec lui-même était obligé de satisfaire ses besoins naturels dans son box. C'était indigne. Il déposait ses commissions dans un coin du box et urinait au même endroit, s'assurant ainsi de ne pas poser un sabot malencontreusement dessus. Au moins, le box lui offrait la place de se tourner. Seule la laisse le gênait.

Il passa la tête par la fenêtre du box au-dessus de la porte et respira l'air extérieur. Il attendit que l'on vienne le chercher.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Dim 8 Nov 2015 - 22:22

Théo est bien plus intelligent que le louvetier. Il sait que quand on fait souffrir les esclaves, ils sont blessés, tristes et ils font mal ce qu’on leur demande. Il sait qu’il vaut mieux bien les traiter. Comme ça ils sont heureux et ils travaillent bien. Ça fonctionne mieux. Plus besoin d’autant de garde pour les surveiller. Plus de guérisseur pour soigner les blessures qu’on leur fait. Plus de corde, ni de torture, de chaîne, d’enclos… En parlant d'esclave, je vais voir Kelnozz. J’entre dans l’écurie. Egfroi m’attend. Kelnozz est juste à côté. J’entre dans le box de mon cheval. Je lui flatte l’encolure et m’occupe de lui. En même temps, je parle au centaure.

- Bien dormi ? Dis moi, tu n’avais pas l’air de vouloir que je te brosse ni que je te cure les sabots. Mais comment tu fais ? Tu n'aimes pas qu'on te gratte le dos ? Et puis… pourquoi tu ne veux pas avoir de fers ? Je ne pensais pas que ça t’embêterais quand j’ai dit ça hier. Je suis désolé…

C'est sincère. Je grimace un peu. Parce que je suis un peu gêné de dire ça tout haut. Théo n'aime pas que je m'excuse. Il dit que je ne sais faire que ça. Les regrets, c'est pour les pucelles pleurnichardes, ça sert à rien. Nous les hommes, on apprend de nos erreurs et on avance, qu'il dit.

Une fois mon cheval prêt, je l’emmène dans une pâture. Je le regarde se rouler dans la terre pour se gratter le dos. Il s’en va s’amuser avec les autres chevaux. Après, je retourne vers Kelnozz. C’est un peu bizarre de le voir dans ce box. J’ai l’impression qu’il n’y est pas à se place.

- Dans quel genre d’endroit est-ce que tu dormais quand tu étais en ville ?

Je lui ouvre la porte. Je prends la corde pour qu’elle ne traîne pas au sol et je lui propose de me suivre dehors. Un esclave se charge de changer la paille souillée. Théo est déjà là. Il y a quelques hommes armés aussi. Il craint peut-être encore que Kelnozz tente de s’enfuir. Le louvetier arrive à son tour. Il a les yeux cernés. On dirait qu’il n’a pas dormi de la nuit. C’est surement ma faute. Son nez est encore tout gonflé, bleu et mauve à cause de mon coup de poing. Il a l'air d'avoir mal alors je regrette un peu. Mais je ne dis rien. Je fais un sourire encourageant à Kelnozz. Je m’éloigne. Théo arrive près du centaure. Il lui fait de petites tapes sur le flanc.  

- Je suis ravi de voir que tu as profité de la nuit pour te reposer. Aujourd’hui encore j’attends de toi un comportement exemplaire, sinon tu sais ce qui t’attends.

Théo fait un signe au louvetier. L’homme tient la ceinture en métal de la veille. Il la dépose sur la barrière. Il prend ensuite une selle. Il vient la poser sur Kelnozz. Il veut le sangler.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Mer 11 Nov 2015 - 10:30

Il vit Eol arriver. Ouf, c'était mieux que Le Louvetier. Infiniment mieux. Eol était différent des Humains purs. Lui, il n'était qu'un Demi-Humain. Sa nature de Demi-Elfe y était sans doute pour quelque chose dans son comportement envers les animaux et les esclaves. Il était insouciant, il réfléchissait peu mais il avait un bon fond. Si Yawldaec devait se sortir de cette condition, ce serait avec le concours d'Eol. A moins qu'il ne trouve un jour l'occasion de partir au galop sans entrave et en étant sûr que Le Louvetier ni personne d'autre ici ne saurait le rattraper. Il attendait la moindre faute d'inattention de la part de ses maîtres.

Eol sourit au Centaure mais entra d'abord dans le box d'Egfroi, qui se trouvait être celui juste à côté du box de Yawldaec. Tout en s'occupant du cheval, il parla au Centaure :

EOL – Bien dormi ? Dis-moi, tu n'avais pas l'air de vouloir que je te brosse ni que je te cure les sabots. Mais comment tu fais ?

C'était bien une question d'Humain, ça... Dans ces moments, Eol pouvait faire oublier qu'il était Demi-Elfe. Quelle était la question, en fait ? Comment les Centaures faisaient-ils pour s'entretenir les sabots ? Les Humains se croyaient vraiment indispensables à tout, alors qu'ils n'étaient rien que des vermines sur cette terre. Il n'y avait rien de plus stupide que de penser que les Centaures étaient dépendants des Humains pour prendre soin d'eux.

EOL – Tu n'aimes pas qu'on te gratte le dos ?

Ca, c'était une drôle de question. En fait, ce n'est pas que Yawldaec n'aimait pas cela, c'est juste qu'il ne s'était jamais laissé faire.

EOL – Et puis... pourquoi tu ne veux pas avoir de fers ?

Encore une question très humaine. Yawldaec fronça les sourcils, agacé, et agita la queue.

EOL – Je ne pensais pas que ça t'embêterait quand j'ai dit ça hier. Je suis désolé...

Il était dans le box d'à côté, mais Yawldaec entendait la sincérité dans sa voix. Eol était gentil. Sa bêtise le rendait aussi insultant que Théobald et Le Louvetier, mais à la différence des autres Humains, quand il insultait un Centaure, il ne le faisait pas volontairement, et quand il en prenait conscience, il s'excusait. Comment Yawldaec pouvait-il en vouloir à la seule personne ici à avoir ce comportement ? Eol était à la fois un ennemi, car c'est lui qui l'avait capturé et était donc responsable de sa condition, mais c'était aussi son seul allié ici. Yawldaec était partagé. Il avait envie de n'éprouver que de la rancœur envers Eol, mais il n'y arrivait pas.

YAWLDAEC – Que dirais-tu si au lieu de porter des chaussures, l'on te clouait la semelle sous le pied ? Vous croyez que vous prenez soin des chevaux, mais vous leur faites mal, sans arrêt. Seulement, eux, ils sont trop bons avec vous : ils acceptent et ils s'adaptent. Mais un Centaure n'est pas un cheval. Tout ce qui vise à me traiter comme un cheval, je le refuse. Voilà pourquoi je refuse d'être ferré, mais aussi pourquoi je ne porterai jamais de selle sur moi. Et un Centaure est capable de prendre soin de ses sabots tout seul. C'est juste impossible en restant immobile dans cet espace clos où vous enfermez les chevaux, et en ne faisant que marcher sur un sol trop dur.

Il est vrai que dans ses conditions actuelles, Yawldaec ne pouvait pas s'entretenir correctement les sabots et Eol serait plus efficaces avec ses outils. Cela coûterait trop cher à la fierté du Centaure que de l'avouer.

YAWLDAEC – Et on ne m'a jamais gratté le dos. Pourquoi veux-tu me le faire ?

Yawldaec venait d'être aussi complet que possible sur toutes les questions d'Eol : la brosse, les fers à cheval, l'entretien de ses sabots. Eol était la seule personne capable de comprendre tout cela, alors autant lui apprendre autre chose que les imbécilités qu'il avait apprises des bouches de Théobald et du Louvetier.

Eol fit sortir Egfroi, et revint quelques instants plus tard pour sortir Yawldaec de son box. Le Centaure agitait toujours la queue d'un air agacé, mais en même temps il fut heureux de sentir de ce box qui puait. Un esclave Humain vint d'ailleurs se charger de changer la paille souillée. Yawldaec marcha à la suite d'Eol, se laissant tenir en laisse.

EOL – Dans quel genre d'endroits est-ce que tu dormais quand tu étais en ville ?

Cette question était intéressante, car elle montrait qu'Eol avait déjà assimilé le fait que les Centaures ne dormaient pas dans des écuries, même en ville. Cela déclencha un léger sourire sur le visage de Yawldaec.

YAWLDAEC – En bordure de la ville, généralement. Je me trouvais un abri et je dormais dehors. Les Centaures ne vivent pas en ville. Enfin, normalement...

Il pensa aux Centaures qui vivaient dans le Royaume de Telbara et s'étaient faits à la vie en ville. Yawldaec ne pouvait concevoir cela, et n'avait que très peu d'estime pour ces Centaures-là car, pour lui, ils reniaient leur nature et leurs origines, ils abandonnaient toute fierté pour vivre comme des Humains.

Yawldaec se trouva vite face à Théobald. Le Louvetier était là aussi, malheureusement, de même que plusieurs personnes armées, qui étaient sans doute là pour intervenir au cas où le Centaure déciderait de s'enfuir maintenant qu'il n'avait plus aucune entrave aux pattes ni aux bras. Le Louvetier avait le nez gonflé par un gros hématome. Yawldaec eut presque envie de sourire mais se retint, il avait trop peur. Il n'allait pas le plaindre en tout cas ! Eol encouragea Yawldaec avec un sourire, et le Centaure inspira un grand coup. Théobald s'approcha de lui et lui donna quelques tapes sur le flanc. Le Centaure agita un peu plus la queue, et fit instinctivement un petit pas sur le côté opposé, juste histoire de montrer qu'il refusait le geste et qu'il gardait sa fierté même s'il n'empêcha finalement pas Théobald de le toucher.

THEOBALD – Je suis ravi de voir que tu as profité de la nuit pour te reposer. Aujourd'hui encore j'attends de toi un comportement exemplaire, sinon tu sais ce qui t'attends.

La ceinture métallique. Le Louvetier la mit en évidence sur une barrière. La menace était là. Puis il prit une selle et s'approcha du Centaure.
Non, là non. Marcher en cercle autour de Théobald juste avec une laisse, apsse encore. Mais la selle, non, il ne fallait pas pousser trop loin.
Le Centaure se cabra légèrement et fit quelques pas en arrière en grondant.

YAWLDAEC – Non ! Si vous voulez que je vous porte, vous n'avez pas besoin de cela ! Je peux vous porter, mais je ne porterai pas de selle ! Je ne suis pas un cheval !

Il en avait pourtant le corps, les cris, les yeux, et même l'odeur. Yawldaec avait tout du noble cheval sauvage et fougueux. Il dégageait cette force, cette virilité, cette beauté sauvage et indomptable, cette odeur d'étalon musquée. C'était un Centaure magnifique. Il refusait d'être assimilé à un cheval, alors que tout, que ce soient ses yeux, son torse ou son odeur, le rapprochait encore plus d'un cheval que les autres Centaures.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Sam 21 Nov 2015 - 11:00

- Non ! Si vous voulez que je vous porte, vous n'avez pas besoin de cela ! Je peux vous porter, mais je ne porterai pas de selle ! Je ne suis pas un cheval !

Quelque chose ne va pas dans toute cette histoire, le centaure n’est pas heureux, il ne veut donc pas faire ce qu’on voudrait qu’il fasse, donc on le force à le faire. Il faudrait comprendre ce qui le rend mécontent. Après, il se sentira mieux et il obéira. Il y a eu cette histoire de fers, de ceinture, de brosse, de cure-sabot, et maintenant il y a la selle. On lui a tout cédé. Mais ça ne fonctionne pas, alors comment faire en sorte que Théo soit satisfait de lui ?

- Tu peux nous porter ? Bien, alors c’est ce que tu vas faire. Si ça se passe bien, j’accepte qu’on ne te mette pas la selle.

Demande le soleil pour obtenir les étoiles, c’est ce que Théo dit souvent. Il a réussi : Kelnozz veut bien le porter. Mais, même si mon frère est bon cavalier, il n'aime pas monter à cru. Pas autant que moi. Alors ça m’étonne.

- Eol, à toi de jouer.

D’accord, ce n’était pas pour lui. Évidemment. Je m’approche de Kelnozz. J’ai envie de le monter. C’est comme avec treize ou avec Egfroi, j’arrive à me sentir plus à l’aise avec eux sans leur parler, juste en les touchant. J’espère qu’avec Kelnozz, ça sera pareil. Parce que, comme avec les autres gens, je n’arrive pas à le comprendre et je l’insupporte.

Je m’approche mais… il ne veut pas. Toute son attitude prouve qu’il ne veut pas que je le monte. Il ne m’aime pas. Je m’arrête. On me force toujours à faire des choses. J’en ai marre d’obéir et de ne satisfaire personne. Je sens la chaleur monter en moi. C’est la colère. Des fois ça m’arrive.

- Il ne veut pas. Et moi non plus je ne veux pas.
- Eol, calme toi.

Mon maître d’arme me connaît bien. Il connaît ces colères et m’a appris à les maîtriser. Mais des fois je n’y arrive pas. Je me retourne et je cris.

- Il ne faut pas le forcer à faire ce qu’il ne veut pas faire !

Est-ce que je parle de moi ou du centaure ? Théo fait signe à ses hommes de me faire partir. Je sers le poing et l’envoie avec violence dans le menton du premier homme qui m’approche. Il se recule sous la douleur. J'en profite pour lever le genou. Je cogne son entre-jambe. Il s’affale au sol. Le second m’attrape les bras. Je me débats comme je peux. Un troisième me bloque. Ils se mettent à quatre pour m’emporter un peu plus loin. Mon maître d’arme est fâché. Je continue à hurler, crier, taper. L’un des hommes me frappe. Je hurle. Ils s’y mettent à plusieurs. Je reçois une pluie de coups de pieds. C'est la punition pour mon mauvais comportement. Je déteste ça. Je continue à crier jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Au bout d’un moment, ils m’abandonnent au sol. Roué de coups. J’entre ouvre un œil. Un peu plus loin, Théo se masse les tempes. Ses sourcils sont froncés. Il est exaspéré. Je lui déplais. Toujours.

- Dès qu’enfin j’imagine avoir pu fait quelque chose de lui, il me prouve le contraire. Enfin, j’espère qu’avec toi ça se passera mieux. Ça te donne au moins un exemple de ce qu’il se passe quand on ne m’obéit pas. Si tu te comportes bien, je te rend ton arc pour qu’on fasse un entraînement, je suis certain que tu aimes ça.

Le louvetier a encore l’arc du centaure. Il le porte fièrement. Théo tapote le flanc du centaure. Il monte sur son dos. Il le fait se déplacer selon sa volonté, de-ci de-là. Trot, petit galop, marche, à droite, à gauche. Il le fait même sauter un tout petit obstacle. Je ferme les yeux pour ne pas voir ça. J’en ai marre.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Dim 22 Nov 2015 - 15:01

THEOBALD – Tu peux nous porter ? Bien, alors c'est ce que tu vas faire. Si ça se passe bien, j'accepte qu'on ne te mette pas la selle. Eol, à toi de jouer.

Evidemment que Yawldaec n'avait absolument aucune envie de porter qui que ce soit, pas même Eol. Il n'était pas une monture, bon sang ! Pourquoi, quand les Humains voyaient les Centaures, fallait-il que la première chose à laquelle ils pensent, soit de les monter comme des chevaux ? Les Humains étaient trop idiots pour faire la distinction entre un Centaure et un cheval. Les porter, ce n'était qu'entretenir cette confusion. Voilà pourquoi tout Centaure se devait impérativement de refuser. Cependant, dans sa condition, Yawldaec devait faire des concessions. S'il refusait de servir de monture, des choses bien pire lui seraient destinées, il en avait pris conscience. Il n'y avait pourtant pas pire pour un Centaure que d'être chevauché et de servir de monture contre son gré.

C'est pourquoi, quand Eol s'approcha, le mâle Centaure gronda et trépigna, manifestant son désaccord. Eol s'en rendit compte. C'était le seul ici à tenir compte de l'attitude du Centaure et à le respecter. Pourquoi avait-il fallu qu'il vienne le capturer... C'était si paradoxal !

EOL – Il ne veut pas. Et moi non plus je ne veux pas.

Yawldaec sentit Eol subitement très énervé. Henry tenta de le calmer, mais Eol reprit de plus belle :

EOL – Il ne faut pas le forcer à faire ce qu'il ne veut pas faire !

Si seulement tous les Humains ici pouvaient penser de la même manière... Seulement, Théobald était le maître ici, et l'opinion d'Eol ne fut pas à son goût. Alors, aussi simplement qu'on lui en accordait le droit, il ordonna à ses hommes d'arme de faire partir Eol. Obstiné, ce dernier s'en prit physiquement à l'un d'eux. Ce ne fut pas sans rappeler à Yawldaec le coup de poing magistral envoyé en plein sur le nez du Louvetier dans l'écurie. Eol fut tout de même maîtrisé, à un contre quatre, mais il se débattit avec la vigueur qu'il était capable de déployer. Les hommes d'arme de Théobald devinrent plus sévères, le rouant le coups.

Yawldaec le regarda de haut se faire lyncher sous une pluie de coups de pieds. Il hésita à intervenir. Aider Eol maintenant n'était pas une opération suffisamment certaine pour la liberté ; or Yawldaec n'avait pas droit à l'erreur. Il n'aurait qu'une chance de s'échapper, avec ou sans le concours d'Eol, et s'il échouait, il subirait les pires traitements possibles. Alors oui, bien sûr, rien n'était pire pour un Centaure que d'être chevauché et traité comme un cheval ; mais Théobald avait fait prendre conscience à Yawldaec qu'il pouvait y ajouter la torture, en utilisant un appareil douloureux, en le privant de nourriture, d'eau et de sommeil, et peut-être avait-il d'autres idées sous le coude.
Aider Eol maintenant ? Et puis, Yawldaec ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir, toujours, de l'avoir capturé. Toute cette situation était de sa faute, à la base. C'est bien Eol qui avait capturé Yawldaec et l'avait livré à Théobald et au Louvetier. Yawldaec lui en voulait toujours pour cela.
Alors il n'intervint pas. Il détourna tout de même le regard, pour ne plus avoir à supporter la vision du pauvre Eol se tortillant de douleur au sol à quelques mètres de là.

Théobald se prend les tempes entre les mains d'un air exaspéré. Sa voix montre la lassitude.

THEOBALD – Dès qu'enfin j'imagine avoir pu fait quelque chose de lui, il me prouve le contraire. Enfin, j'espère qu'avec toi ça se passera mieux. Ca te donne au moins un exemple de ce qu'il se passe quand on ne m'obéit pas.

La différence entre le Centaure et le cheval, c'est que le Centaure n'avait pas besoin de subir plusieurs fois pour comprendre. Un avertissement pouvait suffire. Yawldaec restait sauvage, indomptable et fier. Mais jamais il n'était stupide.

THEOBALD – Si tu te comportes bien, je te rends ton arc pour qu'on fasse un entraînement, je suis certain que tu aimes ça.

De surprise, Yawldaec écarta les oreilles et haussa les sourcils. Il n'accordait aucune attache matérielle à son arc. Ce n'était pas un cadeau, il n'était pas précieux, il était dans la moyenne de ce que savait concevoir Yawldaec. Seulement, l'esclave n'avait pas pensé un instant qu'il aurait une opportunité de retrouver son arc en main. Cela pourrait devenir utile pour s'échapper.

Théobald tapota le flanc du Centaure, qui rouspéta d'un grondement. Puis, sans plus de cérémonie, il le monta enfin. Yawldaec se raidit. Non pas que Théobald n'avait pas une bonne assiette, bien au contraire, mais le simple fait de le porter rendit le Centaure nerveux. Il agita la queue et claqua plusieurs fois un sabot au sol.
Il obéit tout de même aux ordres de son maître et cavalier. Il se sentit affreusement ridicule et honteux de jouer le rôle de la monture en avançant bêtement à gauche, à droite, au pas, au trot, au galop. Théobald ajouta un peu plus de honte en le forçant à sauter un obstacle. Yawldaec serra les poings. Il en eut marre et s'arrêta. Il ne portait Théobald que depuis cinq minutes.

YAWLDAEC – Ca suffit. Je vous ai assez porté. Si vous voulez une monture, vous avez des chevaux.

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Message  Eol le Mar 8 Déc 2015 - 21:39

Théobald, le baron de Mortelune


- Ça suffit. Je vous ai assez porté. Si vous voulez une monture, vous avez des chevaux.

Comme s’il avait le choix… Je fis avancer le centaure jusqu’à la sortie. Un garde ouvrit et nous sortîmes vers une pâture. Je laissai les serviteurs installer la cible tandis que le louvetier allait chercher l’arc de Kelnozz.

- Il ne sait pas tirer à l’arc. Il a essayé de me toucher, mais il m’a raté, raté et raté ! Il a juste eu Egfroi…

Je haussais un sourcil dédaigneux vers Eol qui, étalé au sol et baignant dans son sang, trouvait encore la bêtise de m’adresser la parole sans que je ne l’y ai autorisé. Un garde donna un discret mais violent coup de pied dans son nez, ce qui le dissuada de continuer à parler. Mais cela ne suffit pas à me tranquilliser. Ses paroles me gênaient. On prétendait que les centaures étaient l’élite des tireurs, que ça soit à l’arc ou à la lance, aussi j’avais eu l’idée de me servir de cette compétence pour vanter les qualités de mon centaure. S’il s’avérait qu’il était médiocre au tir à l’arc, je n’aurais plus qu’à m’en débarrasser au premier marché noir.

Le louvetier lui tendit l’arc et je proposais à ma monture de me montrer ses talents. J’espérais qu’il ne ferait pas honte à sa race. Ma présence sur son dos le gênerait surement, mais je me refusais à descendre, il devrait faire avec. Ainsi, s’il lui prenait l’envie de se rebeller en se servant de son arc à mauvais escient, je pouvais l’arrêter avant même qu’il ne blesse mes hommes. Et je l’abattrais. Cela n’était pas pour me plaire étant donné que j’envisageais d’en faire un centaure reproducteur. Les saillis se vendaient cher quand le mâle avait belle allure et prouvait sa valeur tout en restant à sa place. Ce Kelnozz avait du potentiel. Il suffirait ensuite d’acheter quelques femelles de qualité et d’étendre ce marché… Économiquement parlant, cela pourrait s’avérer très intéressant.

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Message  Yawldaec le Dim 13 Déc 2015 - 15:16

Yawldaec en avait déjà plus qu'assez. Cela faisait tout juste quelques minutes qu'il servait de monture mais c'était déjà trop.Il était un Centaure ! Son caractère sauvage n'enlevait rien à sa fierté. Yawldaec était fier, comme tout Centaure. Il ne supportait pas de se rabaisser à servir de monture, à être utilisé comme un cheval. Il avait du respect pour les animaux, plus que n'importe quel Humain, mais il n'était pas l'un d'entre eux pour autant. Malgré sa protestation, Théobald lui talonna les flancs. Quelle humiliation. Yawldaec n'eut pas le choix. Théobald fit avancer le Centaure comme si c'était un cheval. Ils arrivèrent jusqu'au camp de tir à l'arc. Des serviteurs installèrent une cible à une quinzaine de mètres. Le Louvetier alla chercher l'arc du Centaure. C'est alors qu'on entendit Eol, qui n'eut pas peur de prendre la parole après la rouste qu'il s'était prise :

EOL – Il ne sait pas tirer à l'arc. Il a essayé de me toucher, mais il m'a raté, raté et raté ! Il a juste eu Egfroi...

Là par contre, Eol commençait à son tour à énerver Yawldaec.

YAWLDAEC – Tu m'as fait rater mon tir en me déstabilisant ! C'est à cause de toi que ma flèche a blessé Egfroi !

Eol venait d'oser remettre en doute les talents d'archerie d'un Centaure. Yawldaec ne pouvait pas laisser passer ça. Encore une fois, simple question de fierté.
Le Louvetier tendit à Yawldaec son arc. L'homme-cheval, agitant la queue à cause de Théobald qui le chevauchait toujours, prit son arme. Il reconnut la forme du bois qu'il avait lui-même taillé. C'était bien son arc. Il testa la corde : elle n'avait pas été détériorée.
Il ne tira pas cependant. Il voulait que Théobald descende de son dos. Non pas que la gêne serait très importante pour tirer, il lui suffirait de tirer de profil et non de face ; mais Théobald le chevauchait comme un cheval, c'en était trop.

YAWLDAEC – J'ai dit de descendre. Descendez, vous avez des chevaux pour ça, je n'en suis pas un.
THEOBALD – Ce n'est pas toi qui décide, Centaure. Fais juste ce que je dis.

Le Centaure claqua un sabot au sol, fouettant l'air de sa queue d'un geste colérique. Il se sentait humilié devant tous ces Humains. Voyant que Yawldaec – enfin, Kelnozz – n'était pas décidé à tirer tant qu'il serait chevauché, Théobald le menaça :

THEOBALD – Tu n'as pas envie de me faire faire marche arrière, n'est-ce pas ? Ta selle et tes fers te manqueraient-ils ?

L'homme-cheval gronda, en regardant ses sabots. Théobald venait de faire mouche.

YAWLDAEC – Je n'en ai jamais porté !

Il fallait qu'il rétorque au moins cela. Mais la menace était importante. Puisque son cavalier, sur son corps de cheval, le gênerait pour tirer à l'arc de face, le Centaure se tourna de biais. Il encocha la flèche, visa la cible, et tira. Une cible comme cela, immobile, à quinze mètres, c'était un jeu d'enfant pour un Centaure. La flèche se planta en plein dans le mille.

YAWLDAEC – Vous ne pourrez pas gagner un défi contre un Centaure !

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Message  Eol le Sam 2 Jan 2016 - 9:48

Kelnozz s’énerve sur moi cette fois. Il dit que c’est ma faute si Egfroi a été blessé. Je ne dis plus rien. Je ne vois plus rien non plus. J’ai les cheveux dans les yeux. Et du sang qui y coule. Ça pique. Je ferme les yeux. Le centaure demande à mon frère de descendre de son dos. Il parle de chevaux. Encore son obsession… Mais Théo refuse. Evidemment. Kelnozz fulmine. Une corde d’arc claque. Une exclamation non retenue. Un murmure approbateur. Il doit avoir réussi son tir. Une dernière remarque, fière et arrogante. Pas de doute.

Après ça, j’entends mon frère parler. Je ne sais pas avec qui. J’ai les oreilles qui bourdonnent un peu. J’entends des bribes. C’est un joli coup. Les centaures sont des archers recherchés. Défense des murs. Un ascendant non-esclave. Mauvais caractère. Plus fort et plus vif. Sang neuf.

Ils passent devant moi et j’entends mieux.

- Nous savons tous les deux qu’il vaut mieux un géniteur sauvage. A force de croiser des esclaves, les petits deviennent de plus en plus chétifs et font de piètres combattants.
Mais ils ne sont pas obéissants…
- Voilà pourquoi il faut croiser une femelle née-esclave avec un centaure sauvage. Et vous ne trouverez pas mieux que celui-là.

Ils s’éloignent encore.

Je crois que je m’endors. Mon frère me réveille. Il me tapote du bout de la botte. Je relève la tête.

- Vas te faire soigner.
- Pourquoi tu m’as fait mal ?
- Il y avait le baron Ap Khajell. S’il voit que j’ai de la considération pour un demi-sang, ça jazzerait dans la noblesse Estanole. C’est une faiblesse, une preuve de sensibilité mal placée qu’on ne montre pas devant un homme comme lui. En tout cas, pas si on veut garder sa place dans cette maudite hiérarchie. J’ai vu ces serpents s’entre dévorer pour moins que ça… Quand à toi, c’est tout dans ton intérêt de garder la tête baissée et d’obéir ! Tu vois bien ce qu'il arrive aux gens comme toi quand ils n’y a pas de gens comme moi pour s’occuper d’eux.

J’attrape la main qu’il me tend. Je sais qu’il a raison. Mais ça m’énerve quand même. Je me laisse guider par un garde. Je jette un dernier coup d’œil derrière.

- Où est Kelnozz ?
- Le baron Ap Khallej l’a emprunté pour une ou deux journées. Ce qui me laisse le temps de faire l’acquisition de quelques... individus. Nous nous lançons dans un marché très lucratif, Eol.

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Message  Yawldaec le Dim 3 Jan 2016 - 17:10

Théobald ne répondit rien à cette remarque de Yawldaec qui ne faisait que sauver sa fierté de Centaure mise à rude épreuve. Théobald lui flatta le flanc, comme pour le féliciter de son tir, sauf que Yawldaec agita la queue en claquant un sabot au sol, n'appréciant pas ce geste qui, encore une fois, le dégradait. Théobald vanta la valeur du mâle Centaure à un autre homme, auquel Yawldaec n'avait pas prêté plus d'attention que cela, pensant que c'était l'un des hommes au service de Théobald. En réalité, il s'était trompé. Théobald traitait cet homme comme un hôte de marque.

Il descendit du Centaure et lui reprit son arc, qu'il posé négligemment sur la barrière. Il installa une laisse autour du cou de l'esclave, tout en discutant avec l'autre homme, qu'il appela Baron Ap Khajell. Ce que Yawldaec entendit lui glaça le sang : les deux hommes parlaient de reproduction d'esclaves, et d'utiliser Yawldaec comme « étalon reproducteur ». Ceci l'affola. Il était hors de question qu'il soit utilisé pour engrosser une femelle Centaure et engendrer des enfants qui naîtraient esclaves ! Sa fierté pouvait toujours hurler que jamais personne ne le forcerait à saillir une Centauresse, il savait au fond de lui que les Humains pouvaient titiller ses pulsions de mâle en utilisant les femelles aux bonnes périodes, et ainsi le pousser contre son gré à commettre cet acte normalement naturel. Et la conscience de cela l'affolait encore plus. Dans une écurie, une nuit, il n'avait pas pu résister aux phéromones d'une jument malgré toute la volonté de ne pas y céder. Ses instincts d'étalon avaient eu le dessus. Il savait très bien que les Humains pouvaient jouer là-dessus. Il ne pouvait pas se mentir.

YAWLDAEC – Non ! Je refuse ! Jamais !

Mais c'est tout comme s'il était muet. Théobald et Ap Khajell continuèrent leur discussion sans prêter la moindre attention aux protestations de l'esclave.
Il y eut une poignée de main et un échange d'argent : Ap Khajell paya Théobald pour « louer » Yawldaec pour deux jours. Ap Khajell disposait dans son domaine de femelles Centaures esclaves, et il voulait forcer Yawldaec à les inséminer. Yawldaec avait déjà subi d'énormes humiliations ici, mais ce que cet homme voulait lui faire subir dépassait son imagination.

Ap Khajell tint Yawldaec en laisse et l'emmena en direction de la sortie du domaine de Théobald, accompagné de deux de ses hommes d'arme. Yawldaec se cabra, piaffa, mais fut forcé au calme par une violente gifle et la menace des armes des deux soldats. Pourtant, si Yawldaec attendait d'être là-bas, ce serait trop tard. Son arc était toujours posé sur la barrière, à vingt mètres. Il s'en éloignait. Il vit Théobald aider Eol à se remettre debout. Ils discutaient. Eol n'était pas heureux. Il était celui qui avait capturé Yawldaec et ce dernier lui en voudrait toujours pour cela, mais Eol n'était pas responsable : Théobald était le responsable. Eol était au final le seul qui prenait en considération les protestations de Yawldaec et le seul à traiter un cheval comme un être vivant digne et non comme un outil de transport. Il avait frappé Le Louvetier et se rebellait contre Théobald.
Il était celui qui pouvait aider l'évasion de Yawldaec. Le seul ici à être susceptible de se ranger dans son camp.
Yawldaec devait agir maintenant. Tant qu'Eol était à proximité. Tant que son arc n'était qu'à vingt mètres de lui. Tant qu'il n'avait aucune entrave aux pattes. Tant qu'il avait les bras libres. Tant qu'il y avait de l'espoir. Tant qu'il n'avait pas encore commis l'irréparrable dans le haras d'Ap Khajell.

Yawldaec se calma, laissant Ap Khajell et les deux soldats relâcher leur vigilance un instant. Il observa tout autour de lui. La position de Théobald, celle d'Eol, celle de son arc, les armes d'Ap Khajell, celles des deux soldats. Le Louvetier ne devait pas être loin, mais il n'y avait aucun autre soldat en vue. Les hommes d'armes de Théobald n'arriveraient pas à temps si Yawldaec agissait vite et bien.
Il n'aurait qu'une seule chance. Il ne devait pas échouer, car il n'en aurait pas une seconde.

Il tendit le bras et s'empara de l'épée d'Ap Khajell. La plupart des Centaures “sauvages” préféraient au corps-à-corps utiliser une lance, car ils n'utilisaient pas d'armes en métal. Yawldaec avait appris à se servir d'une épée et c'était bien l'une des rares choses dont il n'était pas fier ; pourtant, à cet instant précis, savoir se battre à l'épée était un atout inconsidérable.
Prenant Ap Khajell par surprise, il l'immobilisa par derrière et l'égorgea. Il le poussa en avant pour ne pas être encombrer et bondir sur l'un des deux soldats. Comme il l'eut anticipé, l'autre soldat voulut intervenir, et le Centaure lui décocha une puissante ruade en pleine poitrine. Le soldat ne s'en relèverait pas sans secours rapide. Il bondit encore une fois, puis encore, en se battant à l'épée contre un Humain guère habitué au style de combat d'un Centaure. Yawldaec le bouscula, le fit tomber, et lui planta l'épée en plein cœur.

Sans perdre une seule seconde, alors que Théobald avait été alerté par les cris des deux soldats, Yawldaec galopa jusqu'à son arc. Il n'avait pas le temps d'enfiler son carquois, il se contenta juste d'en extraire une flèche, et l'encocha en visant Théobald. C'est à ce moment-là que Le Louvetier fit son apparition plus loin. Eol pouvait encore distraire Théobald, mais le Louvetier était une menace dangereuse.
Le Centaure visa le Louvetier en bandant bien la corde de l'arc.
Il lâcha la corde.
La flèche siffla, droit sur Le Louvetier. Le Centaure venait de viser la tête.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Ven 15 Jan 2016 - 19:15

Le garde avance à côté de moi. Je peux marcher seul. Je m’essuie les yeux. Et puis je vois Kelnozz… et le baron Ap Khalejj. Son corps. Sa tête. Et entre les deux, son cou. Déchiré par la lame de son épée. Du sang en sort. Par jet régulier. Le corps tombe aux sabots du centaure. Il a l’air désarticulé. Il bouge encore. Ses yeux sont tournés vers moi. J’ai l’impression qu’il me regarde. Je n’aime pas ça. Il meurt doucement. Et pendant ce temps, Kelnozz se bat avec un de ses hommes. Il rue. Le soldat tombe. Blessé par les sabots. Il faudrait le soigner. Ils vont tous mourir ! Pourquoi tue-t-il tout le monde ? Il plante son épée dans la poitrine du deuxième homme de main du baron. Il a visé le cœur. Je dégaine mon cimeterre. Mais je ne sais pas quoi faire avec. Je ne veux pas que mon centaure tue les hommes de mon frère. D’ailleurs, je le vois courir, mon frère. Le centaure reprend son arc. Par Silux ! Je jure. J’oublie qu’il ne faut pas dire le nom de ce dieu dans le monde de la lumière. Mais tout ça, ça n’a pas d’importance. Parce que Kelnozz est en train de viser mon frère. Je cours à mon tour. Je dois le protéger. Je dois aller plus vite. Je voudrais être entre l’arc et mon frère. Mais je ne suis pas assez rapide. Je n’y arriverais pas. C’est trop tard ! Mon monde s’écroule. Théo va mourir.

Et tout à coup, le louvetier surgit. Lui aussi, il a vu ce qu’il se passait. Pour la première fois de ma vie, je suis heureux de le voir. Il arrive pour sauver Théo. Et la flèche de Kelnozz s'enfonce dans son orbite. L’homme tombe à son tour. Mort sur le coup.

Des morts partout. Et Théo qui crie. Il appelle ses hommes. Il va bientôt se faire tuer. Comme le louvetier. Parce que Kelnozz, finalement, c’est un bon tireur. Alors je me jette sur Théo. Mon frère tombe sous mon poids. Il se retrouve allongé au sol. Il ne comprend rien.

- Je ne veux pas que tu meurs !

Trois archers arrivent près de Théo. Il y en a un qui vise mon centaure. Je brise son arc d’un coup de cimeterre. Un autre se tourne vers moi. Il est surpris. J’en profite. Son arc explose. Le dernier archer tire. Il rate sa cible. Encoche une deuxième flèche. Je le pousse. Il est déstabilisé. Tombe à genou.

Je ne veux pas qu’ils tuent Kelnozz. Je ne veux pas non plus que Kelnozz les tue. Il n’y a pas de solutions. Je hurle à Kelnozz de courir. Les soldats sont un peu étonnés. Il ne reste qu'un arc. Les autres sortent leurs épées. Théo se relève. Il faut en profiter. Je cours vers les portes. Vers la sortie.

Là bas, il y a deux gardes. Rynïen et Yhv. Ils n'ont pas vu ce qu'il se passait. Ils sont quand même en alerte. Ils ont dû entendre des choses. Leurs épées sont dégainées. Mais ils ne font pas attention à moi. Ils doivent penser que je suis là pour empêcher Kelnozz de partir. Ils ne regardent que lui. J'en profite pour frapper l'épée d'Yvh avec ma lame. Un mouvement circulaire étudié pendant des mois. L'épée tombe.

Rynïen arrête de regarder Kelnozz. Il se tourne vers moi.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Dim 17 Jan 2016 - 8:22

La flèche traversa l'orbite gauche de l'homme. Le Louvetier s'écroula, mort sur le coup.
Yawldaec savait que Le Louvetier commandait à une meute de chiens. Il ne commanderait plus. Les chiens venaient de perdre leur maître, et n'auraient pas de coordination pour rattraper le Centaure. Théobald pouvait peut-être toujours leur en donner l'ordre. Peut-être que lui aussi, savait commander aux chiens. Il savait au moins commander aux soldats. Yawldaec n'était pas sorti d'affaire. Il tourna la tête vers Théobald.

Eol venait de le plaquer au sol. Parfait. Yawldaec n'en avait même pas tant espéré. Eol était de son côté, ou du moins, cherchait à empêcher qu'on lui fasse du mal. C'est ce sur quoi Yawldaec avait compté. Théobald était temporairement mis hors de combat, mais Eol allait se relever, et Théobald aussi.
Eol se releva. Théobald avait eu le temps de crier à l'aide. Trois soldats apparurent. Ils avaient tous un arc. Yawldaec se déplaça. Ses pattes martelaient le sol à un rythme irrégulier, ses sabots soulevaient la terre, formant un nuage bas autour de lui. Le Centaure était affolé, son adrénaline à son taux le plus haut. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Il ne prit même pas son carquois : priorité à esquiver les tirs des trois soldats. Mais sans pouvoir riposter.
C'est là qu'intervint Eol encore une fois. Il avait été celui qui avait capturé Yawldaec, il avait été le coupable direct de sa situation, mais à cet instant, il était un allié, un allié précieux, son seul allié.

Eol avait aussi un avantage : les soldats ne s'attendaient pas à le voir défendre l'esclave. Sous la surprise, deux des trois virent leur arc se faire détruire par le cimeterre d'Eol. Yawldaec saisit l'instant de répit pour jeter un œil aux alentours et détecter une autre menace éventuelle. Il entendait d'autres soldats arriver, plus loin. Théobald hurlait encore.

L'un des trois soldats présents récupéra l'arc encore en état, et réussit à tirer. Dans la précipitation, il rata le Centaure qui ne cessait de bondir et de se cabrer sous l'affolement. Il encocha une seconde flèche, mais se fit bousculer volontairement par Eol. Ce dernier hurla à Yawldaec de courir.

Le Centaure se précipita sur son carquois. Il devait pouvoir tirer pendant sa fuite. Eol courut vers la sortie, pendant que les deux soldats privés de leurs arcs dégainèrent leurs épées et que Théobald se releva. Yawldaec accrocha son carquois dans son dos, et galopa vers la sortie qu'Eol atteignit avant lui. Une autre flèche siffla, manquant encore le Centaure au galop. D'autres soldats arrivèrent. C'était la panique partout.

Yawldaec arriva à la sortie du camp, où se trouvaient deux gardes qui n'avaient pas quitté leur poste. Eol venait de désarmer l'un des deux. Quand Yawldaec arriva, l'autre s'apprêtait à assommer le Demi-Elfe. Le Centaure le bouscula dans son galop. Le garde tomba lourdement et reçut quelques coups de sabots au sol. Yawldaec se cabra devant le garde désarmé et le frappa en pleine poitrine avec les deux sabots antérieurs. Puis il tourna la tête vers Eol :

YAWLDAEC – Tu restes avec ton frère, ou je t'emmène avec moi ! Décide maintenant !

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Jeu 21 Jan 2016 - 18:36

Rynïen est… bizarre. Il balbutie quelque chose. Et puis il brandit son arme. Je tourne mes cimeterres vers lui. Je ne sais pas quoi faire. Lui non plus. Il finit par attaquer. Je n’ai pas le temps de riposter. Kelnozz le bouscule. Il le piétine au passage. Aïe aïe aïe. Yhv est à côté. Il n’a pas d’arme. Il attaque quand même. Le centaure se cabre. Il lui envoie les sabots dans le torse. Yhv est projeté plus loin. Il doit s’être cassé des os.

Les autres soldats arrivent déjà. Kelnozz hurle :

– Tu restes avec ton frère, ou je t'emmène avec moi ! Décide maintenant !

Mon frère… Il arrive sur nous. Son visage est tout plié par la colère. Il me hait. Il a envie de me tuer. Je le vois dans ses yeux. Je vais souffrir. Je vais peut-être même en mourir. Je ne dois pas rester là.

- Je viens avec toi !

Ils nous poursuivent. Certains ont pris d'autres arcs. Ils vont nous cribler de flèches. Mes pieds avancent tout seul. Je n'avais jamais vu mon frère aussi fâché que ça. Je n'aurais pas dû faire ça. Je regrette déjà. Il faut obéir pour ne pas avoir de problèmes. Les problèmes ça fait mal.

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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Yawldaec le Dim 24 Jan 2016 - 14:36

EOL – Je viens avec toi !

Clair, net, précis. Sage, aussi. Eol aimait peut-être son frère, parce que c'était son frère, sa seule famille, la seule personne peut-être qui pouvait tenir à lui, mais... si Théobald tanti à Eol, il avait une drôle de façon de le montrer. Même par son frère, Eol n'était pas respecté. Et aujourd'hui, il prenait une décision libre : il se sentait finalement plus proche du Centaure qu'il avait capturé et réduit à l'esclavage. Yawldaec lui en voudrait toujours pour cela, mais en même temps, il ressentait une certaine pitié pour Eol, et à cet instant, il laissait parler son cœur. La raison aurait en effet intimé à Yawldaec de laisser tomber Eol, car il était le responsable de cette situation, et le Centaure ne saurait jamais lui pardonner ce qu'il avait fait. Le cœur, lui, avait su deviner qu'Eol agissait ainsi sous l'emprise de son frère et qu'il était bon de l'aider à s'en défaire, car sans son frère, Eol était quelqu'un de bien, différent des Humains.

Théobald et plusieurs soldats couraient après Yawldaec, et Eol passerait un bien mauvais moment lui aussi s'ils lui tombaient dessus. En galopant, Yawldaec sèmerait tout ce monde sans sourciller. Eol, lui, courrait-il assez vite ?
La question finit par ne même plus se poser lorsqu'un soldat apporta un cheval à Théobald. Deux autres soldats apparurent également à cheval. Yawldaec avait de l'avance sur eux, et s'il trouvait un bosquet, il pourrait les semer. Mais il le ferait seul, et Eol serait perdu.

Sans trop réfléchir, dans l'urgence de la situation, Yawldaec revint et s'interposa dans la course d'Eol en se tournant dos à lui.

YAWLDAEC – Monte !

Tant pis...

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Yawldaec, à cheval entre deux mondes...
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Re: Les chaînes de l'esclave

Message  Eol le Mer 27 Jan 2016 - 17:30

Je cours le plus rapidement possible. Kelnozz va vite. Il est déjà loin. J’entends des sabots sur les rues pavées. Ce ne sont pas ceux du centaure. On me poursuit. Je ne me retourne pas. J’accélère encore. Les bruits de chevaux sont plus forts. Une flèche siffle. Je l’entends ricocher sur la pierre.

Théo ne veux pas que je meurs. Il va dire à ses hommes d’arrêter. Mais Kelnozz ne lui en laisse pas le temps. Il se retourne. Il galope vers moi et s’arrête juste à côté.

- Monte!

J’obéis. Je m’agrippe à ses cheveux. Ou sa crinière. Je ne sais pas comment il appelle ça. Dans mon élan, je tire dessus et je me propulse. Je passe une jambe sur le côté. Je tire sur les poils que ma main trouve et je me place bien. Je serre mes jambes autour de son torse équin. Je ne sais pas où le guider. En fait, je n’en ai pas besoin. Il se guide tout seul. Je m’accroche pour regarder derrière nous. Théo nous poursuit. Il n’a pas demandé à ses archers d’arrêter de tirer. Heureusement ils n’arrivent pas bien à viser quand ils sont au galop sur leurs chevaux. Mais quand même… Théo ne se soucie pas qu’ils nous blessent. Il ne se rend même pas compte qu’ils peuvent nous tuer.

Kelnozz continue à galoper. Et moi je reste sur lui. On finit par les semer. Mais il ne va pas pouvoir rester à Estandre. Il va devoir aller loin. Les gardes vont continuer à le chercher. Je me plaque contre le centaure pour lui parler. Il court, alors ce n’est pas facile.

- Où est-ce que tu vas ?

Il va surement retrouver sa famille-centaure. Mais moi je ne peux pas partir sans Théo. Je ne peux pas vivre sans lui. Je suis un demi-drow. Et les demi-drow, on en fait des esclaves, ou on les tue. Théo m’a expliqué ce qui m’arriverait si je restais trop longtemps sans lui. Le dehors est dangereux. Je m’en rends bien compte. Déjà quand je suis parti chercher Kelnozz, j'ai eu plein de problèmes. Je ne le referais plus. Je rentrerais, m'expliquerais, et Théo me protégera à nouveau du monde.

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