La plus noble conquête de l'Homme

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Message  Yawldaec le Dim 4 Oct 2015 - 16:31

Comme prévu, Yawldaec avait quitté Poledra et Müss une fois qu'ils furent grâce à lui sortis de la forêt d'Onor. Ces deux Humaines ne lui manquaient pas vraiment, pour être honnête. En aucun cas, elles ne lui avaient donné une autre image des Humains. Elles étaient aussi présomptueuses et égocentriques que leurs semblables. Elles n'avaient eu aucune gêne à se moquer du mâle Centaure quand celui-ci avait eu une mésaventure avec une jument en chaleurs dans une écurie. Elles avaient eu un comportement irresponsable dans la forêt d'Onor et leur survie avait tenu avant tout à la chance d'être tombées sur une tribu n'ayant pas voulu les tuer à vue mais simplement leur faire peur.

Yawldaec ne savait donc toujours pas où il devait aller pour trouver sa place sur le continent. Vivre parmi les autres Centaures lui paraissait impossible, il était exilé et n'avait encore à ce jour trouvé aucune tribu acceptant de l'intégrer. Les Centaures du Royaume de Telbara se réduisaient à vivre comme des Humains, ils n'étaient à ses yeux que des ilotes, ils n'avaient plus aucune dignité, ils faisaient honte à la race des Centaures. Vivre parmi les Humains du Royaume d'Estandre restait donc la seule option, mais avec ses écueils. Il s'agissait de vivre parmi une race qu'il ne supportait pas.

Dégoûté, Yawldaec avait décidé de prendre du recul. Il voyageait pour l'instant dans la forêt de Lagisse. Ces terres forestières étaient moins densément peuplées par les tribus centaures et par les Humains. Yawldaec vivait depuis trois jours en ermite. Il n'était pas heureux ainsi, mais pour l'instant, cela lui faisait du bien de rompre temporairement avec l'univers des villes humaines. Il pouvait se rendre compte qu'il n'avait rien perdu de ses réflexes sauvages. Il vivait presque comme un animal, avec seulement une conscience approfondie de lui-même et de son environnement.

Pourtant, même dans ces conditions, il n'était pas à l'abri de ce qu'il fuyait...

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Message  Eol le Dim 4 Oct 2015 - 23:30

Je suis assis par terre. Je tiens un parchemin à bout de bras, à la verticale. Je regarde en même temps par la fenêtre. Je compare le temple d’Elasgol à mes dessins. J'ai été absent dix ans. Les artisans n'ont pas suivi mes plans à la lettre pendant cette absence. Le support du dôme est bien à pans coupés sur plan octogonal. Les architectes ont ajouté d’inutiles sculptures. Je n’aime pas ça. Mais le problème ne vient pas des ornements. Le problème, c’est les proportions des fenêtres rondes en dessous. Elles sont différentes de mes calculs.

Aliénor entre dans la salle. Je n’aime pas Aliénor. Mais c’est ma belle-sœur, alors je ne dois rien dire. Elle baisse les yeux sur moi. Elle fait une grimace. Elle s’approche. Ses jupes me touchent. Je n’aime pas ça. Elle a un parfum de fleurs écrasées et de menthe. Ça m’écœure.

- Théobald a besoin de centaures pour son armée.

Je la regarde. Puis je me concentre sur les fenêtres du temple.

- Le dôme ne va pas tenir. Il faut arrêter la construction avant de le monter.

Aliénor me donne un coup de pied. Je fronce les sourcils.

- Tu as entendu ce que je t’ai dit ?
- Oui.
- Alors dépêches-toi d’aller lui en capturer.
- Je dois aller capturer des centaures ?
- Par Kaluni, tu es sourd ?! Oui, vas-y !


***

Je marche dans la forêt de Lagisse. Je suis parti d’Estandre avec mon cheval, un lasso, mes armes, de l’argent, un sac avec de l’eau, de la nourriture, des habits de rechange et aussi de quoi me couvrir la nuit parce qu’il commence à faire froid. Aliénor m’a donné une carte. Elle m’a dit d’aller le plus loin possible avant de capturer des esclaves. Mais "le plus loin possible" c’est trop loin. Quand je lui ai dit, elle s’est énervée et a dit "par là", en bougeant son doigt sur la carte. Je n’ai pas compris. Elle n’a pas voulu m’expliquer. Elle a lancé mes affaires dehors et m’a dit de partir. Théo n’a pas pu m’expliquer parce qu’il n’était pas là ce jour là. Je pense que je suis assez loin maintenant. J’ai croisé quelques centaures déjà. J’aime bien les centaures. Ils ressemblent aux chevaux. Et j’aime bien les chevaux. Le mien s’appelle Egfroi. C’est le nom de quelqu’un que j’aime bien. Alors quand Théo me l’a donné, j’ai demandé à l’appeler comme ça. Théo était d’accord.

Egfroi lève les oreilles. Il sent des choses que je ne sens pas. Je scrute la forêt. Je fini par voir un centaure. Je caresse l’encolure d’Egfroi. Je sors mon lasso. Je me penche en avant en serrant mes jambes. Il trotte. Je me penche encore. Il se met à galoper. Egfroi me comprend grâce à mes mouvements. Je n’ai pas besoin de parler avec lui. C’est plus facile.

Je fais tourner mon lasso. Je m’apprête à le lancer sur le centaure. La forêt n’est pas le meilleur endroit pour faire ça. Mais je suis habitué aux cheveux. Les centaures c’est pareil. Théobald va être content. Ce centaure est vraiment beau.
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Message  Yawldaec le Lun 5 Oct 2015 - 14:53

Sans qu'il ne le sût, la brise apportait son odeur à un cheval monté par un Humain qui l'épiait à une quarantaine de mètres derrière lui. Yawldaec, ne se doutant de rien, ne tourna pas la tête avant d'entendre un bruit de trot. Là, ses oreilles se dressèrent. Il pensa par réflexe qu'un Centaure approchait, quoique le bruit avait quelque chose de subtilement différent. Il s'aperçut aussitôt de son erreur et prit son arc et une flèche en voyant le cavalier Humain arriver vers lui. Ce dernier mit sa monture au galop, et ce qui frappa Yawldaec de frayeur, c'est qu'il faisait tournoyer un lasso. La déduction était plus que jamais évidente : il s'agissait d'un chasseur d'esclaves estanol, et il était là pour lui. Yawldaec était sa cible.

Son sang ne fit qu'un tour en se remplissant d'adrénaline. Il décocha une première flèche et détala lui-même au galop. Il devait échapper à son poursuivrant, sinon... il n'osait encore imaginer ce qui pourrait lui arriver s'il se faisait capturer par un esclavagiste.
Il y avait vraiment deux facettes du Royaume d'Estandre. Sur l'une de ces facettes, les Humains essayaient d'entretenir des relations de paix et d'échange avec les Centaures, ils leur permettaient de déambuler en ville, profitaient des connaissances des Centaures sur la Nature, leur offraient la possibilité de s'équiper avec des armes de métal plus efficaces, et se refusaient à les asservir en esclavage. Sur l'autre facette de ce royaume, ils méprisaient les Centaures pour tout un tas de raisons alors que les Centaures avaient, eux, de bien meilleures raisons de les haïr, et faisaient des Centaures des esclaves comme n'importe quelle autre race.
Yawldaec avait déjà pu observer le contraste entre ces deux facettes du Royaume d'Estandre. Voilà qu'un Humain venait chercher à capturer un esclave dans la forêt de Lagisse, et en tombant sur Yawldaec, il s'était dit qu'un Centaure serait une bonne prise.
Cette race ne méritait aucun respect.

Yawldaec devait donc fuir, non pas pour sa vie, mais pour sa liberté. Il encocha une seconde flèche et, sans s'arrêter de galoper, tira derrière lui. Heureusement, il était dans son élément : la forêt. En plaine, il aurait sans doute plus paniqué. Là, en forêt, il espérait réussir à semer son poursuivant Humain. Cette forêt était cependant différente d'Onor. Il devait réussir, il le fallait. Ce n'était qu'un Humain sur un cheval qui le poursuivait. Normalement, le Centaure avait l'avantage.

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Message  Eol le Lun 5 Oct 2015 - 18:23

Le centaure se met à courir. Je donne de légers coups de talons à Egfroi qui accélère sa course. Mon cheval avance à vive allure. Il zigzague entre les troncs. Les arbres sont encore trop nombreux pour lancer le lasso. Mon corps se tend. Mes pieds appuient plus fortement sur les étriers. Mes genoux sont à moitié fléchis. Je penche mon torse en avant tout contre Egfroi. Nous allons si vite que les branches sifflent à mes oreilles. C’est un peu dangereux. Mais je ressens du plaisir. La vitesse me plaît. Le centaure essaie de fuir. Mais on court aussi vite que lui. Peut-être plus. Je pousse Egfroi à accélérer encore. On finit par se retrouver un peu en retrait sur la gauche du centaure. Il y a encore trop d'arbres autour de nous. J’attends un peu. On arrive dans une zone où les troncs s’espacent assez. Je tire les rennes à droite. Ça y est, on est à sa hauteur. Je fais tourner le lasso. C’est un peu ardu. Et puis j’arrive au bon mouvement. Je le lance vers sa tête.
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Message  Yawldaec le Lun 5 Oct 2015 - 22:06

Non seulement le cavalier réussit à esquiver les deux flèches de l'archer – et pourtant Yawldaec ne manquait pas de précision, loin de là – mais son cheval galopait vite. Trop vite au goût du Centaure qui sentit la panique l'envahir un peu plus en constatant qu'il ne parvenait pas à mettre de la distance entre lui et son poursuivant. Et ce lasso, qui se faisait menaçant. Yawldaec n'avait plus le droit à l'erreur. A la moindre occasion, le lasso serait lancé sur lui. Il prit une troisième flèche, mais ne tira pas tout de suite. Il continua de galoper, le souffle court, la panique dans le sang. Il ne connaissait pas bien cette forêt, il ne savait pas quelle direction prendre. Il suffisait d'une clairière, et l'Humain aurait l'avantage de pouvoir lancer son lasso. Les arbres étaient les amis du Centaure.

Seulement, Yawldaec ne connaissait pas bien cette forêt.

Ne sachant pas quelle direction prendre et quelle direction éviter, il arriva malheureusement à un endroit où les arbres laissaient un peu plus d'espace. C'était tout l'espace dont avait besoin l'Humain pour faire sa tentative. Yawldaec savait qu'il était légèrement derrière lui et sur son côté gauche, mais il ne risqua pas un regard en arrière. Il aurait peut-être dû. Il vit une corde lui passer devant les yeux. L'Humain venait de viser juste du premier coup avec son lasso. Yawldaec poussa un cri, « Non ! » dans sa langue. Il pila et se cabra, tournant le torse vers l'Humain. Gêné par le lasso, il encocha malgré tout sa flèche. Cabré de toute sa hauteur, il visa l'Humain à la poitrine.
Il tira.
Cette flèche allait peut-être décider de son sort. Oui, ce tir de flèche était décisif.

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Message  Eol le Sam 10 Oct 2015 - 10:25

Le centaure pousse un cri bizarre. Je ne sais pas ce que ça veut dire. J’essaie de ne pas me laisser perturber. Il s’arrête. Egfroi se retrouve devant lui. La tension de la corde l’a poussé à faire un quart de tour. On est devant le centaure maintenant. Il se cabre. Il a encoché une flèche et la pointe droit sur moi. Elle va se ficher dans mon cœur. Je vais mourir comme ça ? Je n’en ai pas envie du tout. Je panique. Egfroi aussi. Il se cabre à son tour. Je tire sur la corde pour faire ployer le centaure. J’espère dévier sa flèche. Le centaure décoche sa flèche. Je ferme les yeux. J’entends le claquement de la corde de son arc. Je fais un vol plané. Je monte vers le ciel. Et puis ça s'arrête. Durant un infime moment, les lois de la pesanteur n’ont plus de prise sur moi. Je ne monte plus et je ne descends pas encore. J’ouvre les yeux. Je vois la scène au ralenti. Mon cheval est relevé et le centaure rabaissé par la corde. Son tir a été dévié. La flèche est fichée dans l’épaule de mon cheval. Sous la douleur, Egfroi m’a projeté en l’air. Je m’agrippe à la corde. Je suis en colère. Très en colère.

- Tu as blessé mon cheval !!!

Et le sol fonce à toute allure vers moi.

Je tombe la tête la première. Mais la corde se tend. Ma chute est ralentie. J’emporte la nuque du centaure dans ma chute. Je me retrouve au niveau de ses pattes. Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps. Je me jette entre ses pattes avant et ses pattes arrière. Je vais enrouler la corde autour de ses pattes. Comme ça il va tomber. J’espère qu’il est gêné par la corde qui le fait ployer en avant. J’espère que je suis rapide. J’espère tout ça, parce que sinon il va me piétiner.

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Message  Yawldaec le Sam 10 Oct 2015 - 22:10

Au moment où Yawldaec tira sa flèche, le cheval monté par l'Humain – à y voir de plus près, il ne paraissait pas tout à fait Humain, mais Yawldaec n'avait guère le loisir d'observer plus attentivement ces détails – se cabra, et le cavalier tira d'un coup sec sur le lasso. Ceci eut pour résultat de déstabiliser l'archer Centaure et de dévier son tir. Trois tirs au total, trois ratés. Incroyable, pour un Centaure. Il faut dire que pour les deux premiers, il avait dû viser un cavalier en mouvement en essayant de ne pas blesser le cheval ; pour le troisième, il venait d'être déstabilisé par le lasso enroulé autour de ses épaules.

Yawldaec vit avec horreur son tir se ficher dans l'épaule du cheval à la place. Non... Ce n'est pas ce qu'il avait voulu faire. C'est tout ce qu'il n'avait surtout pas voulu faire ! Ce cheval ne méritait pas d'être blessé dans l'affrontement ! De douleur, l'animal se cabra encore, projetant cette fois-ci son cavalier en l'air, vers l'arrière. Malheureusement, ce dernier resta agrippé à la corde ; dans sa chute, il tira dessus, entraînant le cou de Yawldaec. Le Centaure lâcha un cri de douleur et de surprise qui ressembla fort à un hennissement.

L'Humain lui en voulait d'avoir blessé son cheval. Mais c'est à cause de lui que Yawldaec avait commis cette maladresse ! Et pour sûr, le Centaure était bien plus désolé de voir le cheval blessé que le cavalier Humain.
A cet instant, Yawldaec avait le torse complètement plié en avant à cause de la corde tirant douloureusement sur sa nuque. Il vit l'Humain se précipiter entre ses pattes. Il lui enroulait la corde autour des pattes ! Yawldaec paniqua et se dut de réagir. Il lâcha son arc et prit son épée. Il s'en servit pour trancher la corde du lasso. Il piaffa pour compliquer l'action de l'Humain tout en se retirant rageusement la corde du cou à l'aide de sa main libre.

Il partit d'un bon en avant pour échapper à l'Humain qui essayait de lui entraver les pattes... mais quelque chose le retint. La corde avait déjà été nouée autour de l'une de ses pattes. Déséquilibré en plein bond, le Centaure chut maladroitement au sol, s'étalant sur son flanc en lâchant son épée. Il poussa de nouveau un hennissement. Ses deux armes étaient maintenant au sol. Il agita les quatre pattes furieusement, et essaya de se remettre debout. Il hennit une troisième fois, de rage et de panique, l'adrénaline à un taux élevé. Il sentait fort le cheval, très fort.

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Message  Eol le Lun 12 Oct 2015 - 0:18

Je suis très en colère. Mais je n’ai pas le temps de réfléchir. Il faut tirer la corde. L’enrouler. Le centaure piaffe. Je manque de me prendre un coup de sabot sur la tête. Je me retourne prestement pour dévier le choc. Il me frappe douloureusement l’épaule. Je passe de l’autre côté du centaure. J’ai entouré une des pattes. Je ne peux m’empêcher de chercher Egfroi des yeux. Le bruit d’une épée sortant de son fourreau me sort de ma torpeur. Je n’ai pas le droit de m’occuper de mon cheval pour le moment. Le centaure a dégainé son arme. Il tranche le lien qui lui emprisonne le cou. Il va s’enfuir. Il fait un bond sur le côté. Je tire sur la corde qui est resté attachée à sa patte. Il est déséquilibré. Il lâche son épée. Il tombe. Je récupère son arme. Je me jette sur lui. J’ai un pied de chaque côté de son dos. Mon bras droit tire sa crinière en arrière. Le gauche appuie l'épée du centaure sur la gorge de son propriétaire. Je jette un regard à la ronde. Je ne trouve pas Egfroi. Je ne sais même pas dans quelle direction il est allé. Ça m’énerve encore plus. Je veux frapper le centaure. Mais mes deux mains sont prises. Je me remets à hurler.

-  Tu as blessé mon cheval !!!

Je lui donne un violent coup de tête.

-  Quand on ne sait pas viser, on ne tire pas !

Il essaie de se relever. Je dois choisir entre le sol ou le dos du centaure. Je choisis le dos. J’ai mal à l’épaule gauche. Mais de l’autre bras je resserre ma prise sur sa crinière. C’est très inconfortable. Je suis en déséquilibre. Je ne tiens sur lui que par la traction que j’exerce sur sa crinière. Il lui suffirait d’un petit saut pour me faire tomber par terre. J’appuie faiblement le tranchant de son épée sur son cou. Ce mouvement fait très mal à mon épaule.

- Stop, stop ! Arrête. Ne bouge pas sinon je vais tomber et ça va te trancher la gorge.

S’il reste immobile, je pourrais me replacer mieux.

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Message  Yawldaec le Lun 12 Oct 2015 - 10:54

Alors qu'il essayait de se relever, le Centaure sentit le cavalier se placer à califourchon sur son corps de cheval, ce qui le rendit encore plus furieux, car en se relevant, il souleva le cavalier avec lui qui se trouva en position de le chevaucher. Heureusement, l'homme n'avait pas pu assurer une bonne assiette, ses appuis étaient bancals, Yawldaec le sentait parfaitement bien ; les Centaures ont beau avoir une sainte horreur de se faire chevaucher, ils sont aussi sensibles que les chevaux à la position et au confort de leur cavalier quand ils portent quelqu'un. Cependant, Yawldaec ne pouvait pas le projeter si facilement, car ce sale... “Humain” ?... avait récupéré son épée et la retournait contre lui en menaçant sa gorge.

Yawldaec sentait encore le morceau de corde enroulé autour de sa patte antérieure gauche, mais au moins l'homme ne la tenait plus. A la place, il tenait l'épée d'une main, le tranchant contre sa gorge, et lui agrippait la crinière de l'autre main. Yawldaec avait mal à la tête. Dans la lutte, l'homme lui avait frappé le crâne pour le réprimander d'avoir blessé le cheval, « son » cheval – comme s'il était à lui. Cette espèce d'énergumène présomptueux lui avait balancé que quand on ne sait pas viser, on ne vise pas. Oubliait-il qu'il s'adressait à un Centaure, et que les Centaures comptaient les meilleurs archers de toutes les races du continent ? L'homme avait déstabilisé Yawldaec avait son lasso, c'était sa faute si le cheval avait été blessé.

Pour Yawldaec, que faire maintenant ? Certes, l'homme qui le chevauchait n'était pas encore bien installé, et pouvait être très facilement désarçonné, mais faire cela, c'était se faire trancher la gorge. Yawldaec ne se sentait pas assez capable de lui agripper le bras tenant l'épée pour le tirer à terre. Se battre à mains nues n'avait jamais été un fort de Yawldaec.

YAWLDAEC – Descends, vermine ! Descends !

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Re: La plus noble conquête de l'Homme

Message  Eol le Lun 12 Oct 2015 - 22:51

Il reste immobile. Je tire à nouveau sur sa crinière. Je déplace mon tronc un peu plus de l’autre côté. Je parfais mon assise. Ça y est, je suis confortablement positionné.

- Voilà, c’est mieux.

La robe du centaure est baie. Sa crinière est noire. Il est grand. Plus grand que les chevaux que j’ai l’habitude de monter. Plus grand qu’Egfroi. Je suis perché bien haut là.

- Descends, vermine ! Descends !

Je regarde le sol. Je referme ma main sur la crinière du centaure. Il est impatient. Ses muscles sont en tension. Il plaque ses oreilles sur sa tête. Ses narines sont dilatées. Ses yeux sont écarquillés. Il fait un bruit qui ressemble à un ronflement. C’est plutôt mauvais signe. Je veux bien descendre. Mais quand Egfroi est dans cet état, c’est qu’il va faire quelque chose d’inconsidéré.  

- Et qu’est ce que tu feras quand je serais en bas ?

J’ai mal à l’épaule mais je garde la lame appuyée sur sa gorge.

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Re: La plus noble conquête de l'Homme

Message  Yawldaec le Mar 13 Oct 2015 - 9:57

Alors qu'il s'était immobilisé, Yawldaec put sentir son cavalier prendre une meilleure position sur son dos équin. Ses muscles se crispèrent en sentant que le cavalier prenait une bonne assiette et le chevauchait désormais bel et bien comme un cheval, si bien que Yawldaec ne se doutait nullement que ce jeune homme avait l'habitude de chevaucher des chevaux plus petits – pourtant, 1m52 au garrot n'était vraiment pas grand pour un cheval, et c'était la taille du corps de Yawldaec à la jonction.
Yawldaec venait-il de commettre une erreur en s'immobilisant ? Mais avait-il seulement eu le choix ? L'homme le menaçait avec la lame de l'épée contre la gorge, et Yawldaec ne savait pas assez bien se battre à mains nues pour tenter de retirer son bras sans risquer une blessure grave.

Il piaffa de rage en sentant ainsi le cavalier s'installer parfaitement sur son corps de cheval. Sa queue fouettait l'air frénétiquement, les crins s'écrasant parfois sur sa croupe avant de voltiger derechef. Sensible comme l'était un cheval, il sentait son cavalier avoir une assiette parfaite sur lui. Il avait sur le dos un cavalier expérimenté, ce qui l'irritait encore plus, car il se sentit vulnérable, et dans sa tête, les pensées défilaient à toute allure pour trouver un moyen de se débarrasser de lui. Il échappa un long grondement à sonorité purement équine. De toute façon, Yawldaec était encore plus équin que la plupart des Centaures. Il avait même des yeux de cheval, très rare chez sa race. Son port était noble, son allure sauvage. Pour sûr, il était un magnifique Centaure, et ce cavalier avait fait l'une des plus belles prises qu'il aurait pu. Yawldaec allait tout faire pour ruiner ses efforts, mais il fallait choisir le bon moment pour agir.

EOL – Et qu'est-ce que tu feras quand je serai en bas ?

Il pose la question... Comment mentir ? Yawldaec avait une furieuse envie de lui répondre qu'il lui transpercerait la tête d'une flèche après avoir récupéré son arc.
Il tourna la tête d'ailleurs, pour regarder son arc laissé au sol.

YAWLDAEC – Comment oses-tu me prendre pour une monture ? Je ne suis pas un cheval !

Finalement, le meilleur moyen de répondre à sa question, était de ne pas y répondre.
Au-delà de la crainte d'être réduit en esclavage, le Centaure était déjà très profondément insulté d'être chevauché et traité comme un cheval.

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Re: La plus noble conquête de l'Homme

Message  Eol le Mar 13 Oct 2015 - 17:50

Henry, le maître d'arme


Pourquoi fallait que ça tombe sur moi ? Des maîtres d’arme, dans le royaume, y en avait des tas, ç’aurait pu être n’importe qui d’autre. Mais non, l’avait fallu que ce soit moi. Théobald m’avait encore une fois demandé de m’occuper du gamin. On dit jamais "non" à Théobald, ça pourrait nous faire perdre la tête. Littéralement. Alors j’avais dit "oui". Oui… Comme d’habitude. C’était toujours le même qui se retrouvait à devoir partir à sa recherche. Etais-je un maître d’arme aux yeux du baron, ou juste un baby-sitter ?

J’étais certain qu’il s’agissait encore d’un coup d’Aliénor. De tout l’Orcande, elle était la personne qui haïssait le plus Eol. Fallait dire que maintenant c’était un Mortelune, et quand la grande dame mettrait bas, ses petiots auraient à se méfier de mon apprenti. Parce que, l’Eol, il pourrait avoir des vues sur le domaine un de ces jours.

Le pire qu’elle ait fait, c’était lui faire croire que Théobald avait fait tomber son épée dans le lac aux fantômes. Les chiens avaient eu du mal à le pister. On l’avait retrouvé à moitié noyé. Il avait bien failli perdre la vie cette fois. Mais elle avait beau lui faire les pires horreurs, ce nigaud d’Eol continuait à la croire et à lui obéir. Je me demandais ce qu’elle avait bien pu lui dire cette fois-ci. Théobald l’avait fait chercher partout. Il avait fini par m’appeler, comme d’habitude. Je me retrouvais donc encore une fois avec le maître chien pour partir à la recherche du pire des apprentis du monde.

Le maître chien avait fait sentir une chemise d’Eol et on s’était lancé à sa recherche. Mais là, ça faisait des jours qu’on avançait, et les chiens ne l’avaient toujours pas trouvé. Pour me calmer, je m’imaginais en train de tordre le cou de Dame Aliénor.

L’un des braques s’immobilisa. Le maître chien fit un mouvement de main. La réaction des chiens laissait penser qu’on approchait. Enfin ! On stoppa les chevaux pour avancer doucement. Plus nous approchions, plus l’inquiétude me gagnait. J’entendais quelque chose. Et les chiens aussi, d’après leurs réactions. Il y avait… des voix ?

- Et qu'est-ce que tu feras quand je serai en bas ?

C’était sa voix ! Je poussais un soupire de soulagement. Parce que quand même, l’air de rien, j’avais eu le temps de m’inquiéter pour lui durant ces journées de pistage. Sa sale trogne tenait encore sur son corps. C’était assez incroyable qu’il ait pu survivre aussi longtemps dans ce monde…

- Comment oses-tu me prendre pour une monture ? Je ne suis pas un cheval !

Qu’est ce que c’était que ça ? Ça puire ! que j’me dis. Je jetais un regard au maître chien. Il continuait d’avancer, l’air alerte, comme ses clébards. Je le suivait. Et le spectacle qui s’offrit à moi me laissa bé. Eol était assis à califourchon sur un centaure. Il tenait une épée tout contre le cou de l’animal.

- Je sais bien que tu n’es pas un cheval. Tu es un centaure.

Je me rendais même pas compte du ridicule de ses mots. Je me demandais juste : mais qu’est ce qu’il fichtre là haut ? Le centaure devait nous avoir remarqués. Cinq chiens, deux chevaux et deux humains, même aussi silencieux que nous, ça ne pouvait pas passer inaperçu pour un centaure. Eol, lui, n’avait rien vu. Le grand gamin se contentait de regarder le sol.

- Bon, d’accord, je descend.
- NE BOUGE PAS ! que je hurlais à mon apprenti.

Eol redressa la tête et nous découvris. Il ne fut même pas étonné, cet écervelé, il se contenta de nous lancer un sourire niais, de toutes dents. Les chiens accoururent autour d’eux et dessinèrent un cercle dont il était le centre.

- Henry !
- Par Méphiti, tu vas m’expliquer ce qu’il se passe ?
- J’ai attrapé un centaure pour Théo. Mais Egfroi est…
- Stop ! Non, n’écarte pas les bras, garde ton épée bien sur sa gorge. Ne bouge pas !

Il me regardait avec ses yeux de chouette. Le maître chien avait attrapé une des laisses et était déjà près d’eux. Il voulait attacher les bras du centaure dans son dos. Moi, j’avais pris mon arc et encoché une flèche que je pointais droit sur la poitrine du centaure.

- Prend lui son arc et attache le bien, j'ordonnais à Eol.

"Capturer un centaure pour Théoblad" qu’il disait. J’observais le tableau et y voyait la signature d’Aliénor me narguer. Je pouvais rien faire contre cette démone, c’était l’épouse de Théobald. Et même si personne ne supportait s'te devergoigneuse, on pouvait pas la supprimer comme ça du paysage. Mais… Méphiti, j'vous supplie ! Faite qu’elle meurt ! J’en avais ma claque de ces escapades toujours plus incongrues les unes que les autres !

- Egfroi est blessé. Il faut aller le chercher.

Qu’est ce qu’il racontait ? Egfroi… ? Je réfléchis un instant avant de comprendre. C’était comme ça que ce benêt parlait de son cheval.  

- T’inquiète pas pour ta bête. Les chiens auront vite fait de la retrouver.

Je gardais ma flèche dirigée sur le centaure. Sacré animal. C’était une belle prise. Qui l’eut cru ? Je me demandais vraiment comment ce simplet avait réussi à ne pas se faire embrocher par les flèches de s'te mal beste. Parce que les centaures, ils ont en une belle, de réputation d’archer.

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Message  Yawldaec le Mar 13 Oct 2015 - 19:42

Après avoir protesté et exprimé sa rage envers cet homme qui le dégradait et l'insultait de la pire manière par la simple action de le chevaucher, Yawldaec perçut plusieurs odeurs étrangères et dilata ses larges narines presque semblables à des naseaux de cheval. Ses oreilles, plaquées en arrière, s'agitèrent. Ca sentait l'Humain, le chien et le cheval. Il tourna la tête en grondant et en piaffant.

EOL – Je sais bien que tu n'es pas un cheval. Tu es un Centaure.

Alors que faisait-il à le chevaucher ? Allait-il se raisonner, effacer son insulte ? Ce qui était fait, était fait. Il ne pouvait pas vraiment effacer l'insulte, mais au moins y mettre un terme. Déjà, il faisait la distinction, il ne traitait pas le Centaure de cheval. Il ne lui manquait plus qu'à avoir la bonne attitude. Et Yawldaec fuirait aussi vite et loin que ses pattes équines le lui permettraient.
Cependant, il y avait cette présence. Cinq chiens venaient de mener à la scène deux Humains à cheval. Eux, aucun doute, c'étaient bien des Humains, pas comme cet homme étrange qui chevauchait Yawldaec. Qui étaient-ils ? Que faisaient-ils là ? Etaient-ils des alliés de l'homme qui essayait de capturer Yawldaec ? Si oui, les choses se compliquaient gravement. Yawldaec sentit la panique remonter dans son sang.

EOL – Bon, d'accord, je descends.
HENRY – Ne bouge pas !

Diable ! Juste au moment où Yawldaec avait réussi à convaincre son cavalier de descendre de son dos, chose qui lui aurait permis de récupérer ses armes – au moins son arc – et de s'enfuir, il avait fallu que ces deux hommes et leurs chiens arrivent sur place et interfèrent. Ils gâchaient toutes les chances qu'avait Yawldaec de s'en sortir. Le Centaure gronda plus fort comme un étalon en colère, du moins ce fut exactement le même son, et l'oreille d'un Humain pouvait s'y méprendre.

Le cavalier de Yawldaec connaissait les deux Humains qui venaient d'arriver, au moins un toujours, qui s'appelait Henry, celui qui venait de lui dire de ne pas bouger. Yawldaec agita la queue plus furieusement, si cela était possible. Henry demanda à l'homme étrange ce qu'il se passait.

EOL – J'ai attrapé un Centaure pour Théo. Mais Egfroi est...
HENRY – Stop ! Non, n'écarte pas les bras, garde ton épée bien sur sa gorge. Ne bouge pas !

Yawldaec serra les poings et gronda encore.

YAWLDAEC – Misérables Humains ! Vermines ! Je vous écrase à la première occasion !

Le dénommé Henry tenait le Centaure au respect avec un arc, et l'autre Humain s'approcha avec une laisse dans les mains, et vint lier les poignets de Yawldaec dans le dos. Sous la menace, ce dernier finit par se laisser faire, non sans s'agiter, piaffant et lâchant un hennissement furieux.

Henry assura que les chiens allaient retrouver le cheval blessé, que l'homme étrange appelait Egfroi. Yawldaec cracha avec véhémence à l'attention des deux Humains, surtout Henry, celui qui parlait :

YAWLDAEC – Idiots ! Aveugles ! Je ne suis pas un cheval !

L'angoisse et la rage faisait bouillir son sang.
Il hennit plus fort encore.

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Message  Eol le Jeu 15 Oct 2015 - 9:50

– Idiots ! Aveugles ! Je ne suis pas un cheval !

Je regarde Henry étonné. Je ne comprends pas pourquoi le centaure dit que nous sommes aveugles. "Idiot" je veux bien. Ça fait longtemps que je l’ai compris. Mais aveugle… ? C’est étrange. Je m’apprête à répéter qu’il est un centaure et pas un cheval. Mais Henry parle avant moi.

- Louvetier, va-t’en avec tes chiens chercher le cheval. Je m’occupe de la créature.

Le maître chien ne parle pas. Il ne parle jamais. Il a lié les mains du centaure dans son dos avec une laisse. Il détache le carquois du centaure. Il l’accroche sur son propre dos. Il récupère l’arc au sol.

- C’est pas à toi.

Il me lance un regard qui fait peur. Je me tais. Il donne ensuite une grande claque au centaure. Je m’agrippe à sa crinière pour ne pas tomber.

- Mais pourquoi tu fais ça ?

Il ne répond pas. Il siffle ses chiens. Ils s’en vont tous ensemble pour chercher mon cheval. J’espère qu’ils vont vite le retrouver. Je me tourne vers Henry. Il vise le centaure avec son arc.

- Henry pourquoi tu…
- Fais lui une clef de bras.

J’obéis. Je prends le poignet du centaure. Ce n’est pas pratique parce qu’il est attaché à l’autre poignet. Je le tourne sa main paume vers le haut. J’appuie un peu sur le coude. Comme on m’a appris. Il devrait sentir la tension sur l’épaule. C’est pour qu’il comprenne que je peux lui faire mal. Mais je ne lui fais pas mal.

- Pourquoi je dois faire ça ?
- (soupir) Tout ce que veut ce centaure, c’est s’enfuir. Alors tu dois l’en empêcher. Ça c’est une des techniques. Compris ?
- Compris.
- Compris quoi ?

J’aime bien mon maître. Il m’explique toujours tout très clairement. Et après, il vérifie ce que j’ai compris. Parce qu’il a remarqué que souvent je ne comprends pas la même chose que ce qu’il veut dire.

- Le centaure n’a pas envie d’être capturé. Je lui fais une clé de bras pour qu’il sache que je suis plus fort que lui. Maintenant il a compris et il ne partira plus.

Le maître d’arme pousse un long soupir. Il soupire tout le temps quand il est avec moi. Il secoue la tête.

- Même si les humains sont plus forts que les centaures, ces bestiaux veulent toujours s’enfuir. Toujours. Tu auras beau le lui faire comprendre, il voudra partir. Alors la clé de bras, c’est pour l’empêcher de partir maintenant. Mais dès que tu le lâcheras, il essayera de partir. Tu dois l’en empêcher. A tout moment.
- Mais alors pourquoi on l’en empêche ?
- C’est toi qui a dit que tu voulais apporter un centaure à Théobald.
- Non. C’est Aliénor qui m’a dit de le faire.

Mon maître semble très fâché d’entendre ça. Je vois son visage devenir tout rouge. J’ai dit quelque chose de pas bien. Mais je ne sais pas quoi… Le maître s’approche du cheval et attache une seconde corde autour des pattes du centaure. Je regarde bien. Il l’attache à la patte avant droite puis la patte arrière gauche. Il laisse assez de mou pour qu’il puisse marcher, mais pas assez pour qu’il galope. Et ensuite il garde dans la main l’extrémité. J’entends les chiens qui reviennent en poussant des jappements joyeux. Leur maître arrive en tenant Egfroi par un licol. Je suis soulagé. Il marche la tête baissée. Il a l’air bien. Je vais me précipiter pour le rejoindre mais mon maître d’arme m’en empêche.

- Tu restes là Eol.

Il va voir Egfroi.

- Vilaine blessure… On va s’arrêter au premier village pour faire examiner ça.

Je sens les larmes monter dans mes yeux. Egfroi doit avoir très mal. Mais je ne bouge pas. Je reste campé sur le dos du centaure. C’est mon maître qui tient la corde attachée à ses pattes. Il récupère l’épée du centaure. Moi je tiens son poignet en clé de bras. Sans appuyer. Mais quand même, c’est fatiguant. Egfroi est tenu par le maître chien. Les chiens s’amusent tout autour de nous. Je m’adresse au centaure dont la tête se trouve juste devant moi.

- Le cheval que tu as blessé s’appelle Egfroi. C’est mon cheval. Le monsieur à droite, c’est mon maître d’arme. Il s’appelle Henry. Son cheval s’appelle Larme. L’autre homme c’est Le Louvetier. Et son cheval c’est Gris. Les chiens s'appellent par des numéros, il y a cinq six sept, c'est les braques qui sont frères, leur maman c'est deux et treize c'est le plus gentil, il est pas de la même race. Et toi, tu vas être le centaure de Théobald. Je vais t’appeler…

Le louvetier se retourne brusquement. Il me lance un regard très méchant. Je me tais. Mon maître se retourne aussi, et me fait signe d’arrêter de parler. Il s’excuse auprès du louvetier. Je me sens mal à l’aise. Je crois que c’est moi qui lui fais honte. Je décide de ne plus parler. Enfin, un peu moins en tout cas.

Il faut qu’on avance pour soigner Egfroi. Mon maître me dit de faire marcher le centaure. Je lui donne un petit coup sur le flanc avec mes talons. Je me penche en avant. Mais je n'y arrive pas. Mon maître dit de lui faire mal avec le poignet pour l’obliger à avancer. Je n’aime pas trop ça. Je murmure à l’oreille du centaure :

- Avance, sinon tu vas avoir mal.

Mais je pense que je vais être obligé de le faire. Je n’ai pas le choix. Le louvetier me regarde très méchamment. Alors j’appuie jusqu’à ce que je sente une forte tension dans son épaule. Outch… ça, ça fait vraiment mal…

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Message  Yawldaec le Ven 16 Oct 2015 - 10:51

L'autre Humain était donc un louvetier. Il ne disait pas un mot. Après avoir lié les mains de Yawldaec dans son dos, il lui détacha son carquois et osa se l'équiper lui-même. Il ramassa également l'arc de Yawldaec au sol. Yawldaec avait maintenant devant lui un Humain qui portait ses plus belles armes. Il serra les poings. Ce n'était cependant rien comparé à l'humiliation d'être capturé et traité comme un cheval sauvage.
Yawldaec fut surpris d'entendre son cavalier reprocher au louvetier d'avoir récupéré des armes qui n'étaient pas à lui. Dans d'autres circonstances, il aurait pu lui en être reconnaissant. Le louvetier ne dit toujours rien, sa seule réponse étant un regard noir qui suffit à intimider l'étrange cavalier de Yawldaec.

YAWLDAEC – Il a raison ! Rends-moi ces armes, c'est moi qui les ai faites !

Le louvetier plongea ses yeux dans ceux, équins, de Yawldaec, et donna une claque sèche au Centaure qui hennit en tournant la tête. Le Centaure sentit son cavalier s'agripper plus fermement à sa crinière pour ne pas tomber. L'étrange personne demanda au louvetier pourquoi il faisait cela, mais encore une fois, il n'obtint aucune réponse verbale. Le louvetier siffla ses chiens et s'en alla, pour chercher le cheval blessé. Quant à l'autre Humain, le dénommé Henry, il tenait toujours Yawldaec en joue avec son arc. Il allait bien finir par fatiguer des bras. Aucun Humain ne pouvait maintenir un arc bandé en continu plus de quelques dizaines de secondes. C'était déjà pénible pour un Centaure...

L'homme étrange voulut demander à Henry quelque chose mais se fit couper la parole : Henry lui dit de faire une clé de bras au Centaure qu'il montait. Yawldaec serra les dents car l'homme s'exécuta, ce n'était pourtant pas bien facile à faire avec les deux poignets de Yawldaec noués ensemble. L'homme fit de son mieux et ce fut douloureux. Le Centaure gémit, en espérant que l'homme étrange aurait un peu de compassion. C'était le seul ici à sembler en avoir un tout petit peu. Il demanda même à Henry pourquoi il devait faire cette clé de bras. Henry lui répondit que c'était une technique pour empêcher le Centaure de s'enfuir. L'homme qui montait Yawldaec affirma avoir compris, mais après vérification, il n'avait pas exactement compris ce qu'Henry essayait de lui enseigner. Il croyait que cette simple clé de bras suffisait à faire comprendre au Centaure qu'il était vain d'essayer de partir à l'avenir. Henry dut alors se faire plus précis :

HENRY – Même si les Humains sont plus forts que les Centaures, ces bestiaux veulent toujours s'enfuir.

Les Humains, plus forts que les Centaures ?!
Les Centaures, des bestiaux ?!
Il fallait vraiment être soi-même un Humain pour dire autant d'idioties présomptueuses et insultantes en une seule phrase ! Un nouveau grondement équin racla la gorge de Yawldaec.
Henry précisa à celui qui montait Yawldaec que la clé de bras n'empêchait le Centaure de s'enfuir qu'à l'instant, mais qu'à la moindre occasion prochaine, le Centaure essaierait de nouveau de s'enfuir, et qu'il fallait donc l'en empêcher à tout moment, pas seulement maintenant.
Pour la première fois, ce que disait l'Humain faisait sens. Bien sûr que Yawldaec ne comptait pas devenir esclave et servir de monture !

Henry s'approcha de Yawldaec avec une laisse de corde, et s'accroupit devant ses pattes. Yawldaec devina très bien ce qu'il allait faire. Il n'avait pas d'autre choix que de se laisser faire mais il manifesta son désaccord en piaffant vigoureusement, essayant même parfois de choquer la tête de l'Humain avec un sabot. Mais finalement, il se retrouva avec les pattes antérieure droite et postérieure gauche liées ensemble, de sorte de lui permettre toujours de marcher normalement mais de l'empêcher de galoper.

Le louvetier revint avec ses chiens et avec le cheval blessé. Henry examina la blessure de l'animal après avoir ordonné à Eol – le nom donc de l'homme étrange qui montait Yawldaec – de rester en place. Il avisa de s'arrêter au prochain village. Pauvre cheval... Yawldaec était vraiment désolé pour lui. Ce cheval n'avait rien demandé à personne, il était lui-même l'esclave des Humains, et voilà que Yawldaec l'avait malencontreusement blessé alors qu'il n'y était pour rien.

Yawldaec sursauta presque en entendant le dénommé Eol lui parler soudain près de l'oreille :

EOL – Le cheval que tu as blessé s'appelle Egfroi. C'est mon cheval. Le monsieur à droite, c'est mon maître d'arme. Il s'appelle Henry. Son cheval s'appelle Larme. L'autre homme c'est Le Louvetier. Et son cheval c'est Gris. Les chiens s'appellent par des numéros, il y a Cinq, Six, Sept, c'est les braques qui sont frères, leur maman c'est Deux et Treize c'est le plus gentil, il est pas de la même race. Et toi, tu vas être le Centaure de Théobald. Je vais t'appeler...

Quoi ? Il voulait lui donner un nom ?! Yawldaec secoua les oreilles et dodelina de la tête en signe de dépit. Il plaignait Larme et Gris. Quant aux chiens... quitte à leur donner des noms, ils auraient pu leur donner autre chose que des numéros. Les Humains n'avaient vraiment aucune estime pour les animaux.

Eol n'eut pas la permission de réfléchir à un nom pour Yawldaec, car Le Louvetier le fit taire d'un autre regard noir. Yawldaec sentait qu'Eol n'était apprécié par aucun des deux Humains. Il faut dire qu'il n'y avait pas que son physique qui était étrange. Ses longs cheveux blancs, sa peau d'une teinte un peu métallique, tout cela allait avec un caractère niais, comme celui d'un enfant. Eol faisait jeune, certes, mais pas à ce point-là.

Henry avait récupéré entre temps l'épée de Yawldaec. Yawldaec n'était plus tenu par Eol que par la crinière et par les poignets, mais au moins sa gorge n'était plus sous la menace d'une lame. Il n'était plus ni menacé par sa propre épée, ni par l'arc d'Henry... mais il ne pouvait s'enfuir, car sa patte antérieure gauche était attachée à sa postérieure droite et l'empêchait de galoper.

Henry ordonna à Eol de faire marcher sa monture. Le Centaure sentit son cavalier lui donner un petit coup sur les flancs avec les talons. Il écarquilla les yeux. Yawldaec avait déjà pu observer les Humains faire, avec les chevaux qu'ils utilisaient : quand ils voulaient les faire avancer, il leur donnaient une brève pression des talons sur les flancs. Eol venait donc de reproduire exactement ce même geste sur le Centaure. En dépit de ce qu'il avait affirmé, il le prenait donc bel et bien pour un cheval.

Voyant que le Centaure refusait d'obéir à l'ordre gestuel, Henry suggéra à Eol de faire pression sur la clé de bras. Yawldaec gémit, et entendit Eol lui conseiller d'avancer pour ne pas avoir mal. Curieusement, cela sonnait vraiment comme un conseil, non pas comme une menace. C'était comme si Eol n'avait pas envie de faire mal à Yawldaec. Il était vraiment singulier, cet homme.

Yawldaec avança au pas, au moins pour qu'Eol relâche la clé de bras et cesse de lui faire mal.

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Re: La plus noble conquête de l'Homme

Message  Eol le Ven 16 Oct 2015 - 13:41

Henry, le maître d'arme



Eol était une petite créature fragile et sensible. J’avais tout donné dans son éducation, mais y avait bien des trucs qui n’étaient jamais passés. Je voyais bien sa gêne quand il fit mal au centaure pour le faire avancer. Au moins, malgré sa débilité, le gosse était brave et obéissant. Je fus soulagé de voir le centaure avancer, ce qui ne donna pas de motif d’agacement supplémentaire au louvetier.

On avança dans la forêt au son des jappements joyeux des chiens. Eol avait compris qu’il devait se taire et le louvetier n’étant pas bavard, notre route se fit sans qu’aucun de nous ne prononce un seul mot. Le cheval du gosse était bien abîmé. L’idée que la flèche plantée dans son épaule était destinée à Eol m’obnubilait. L’outrecuidance de cette catin d’Aliénor ébouillantait mon sang. C’était pas digne d’un maître d’arme d’être en colère comme ça, j’savais bien, n’empêche, je jure devant Kaluni que si cette malepute s’était trouvée devant moi à cet instant je lui aurais transpercé les entrailles de ma lame.

Au bout d’un moment les arbres devinrent moins nombreux autour de nous. On finit par sortir de la forêt. Y avait une route qui se profilait devant nous. Et on pouvait apercevoir des activités humaines un peu partout autour.

- Louvetier, faudrait voir comment emmener un centaure sans que ça passe pour de l’esclavagisme.

L’homme s’en alla avec ses chiens. Eol se mit à trépigner comme une pucelle à sa nuit de noce. C’est dingue comme il se tenait bien quand le louvetier était présent, à croire que le maître chien lui faisait une frousse bleue. Le voilà parti que l’Eol tenait déjà plus en place. Je descendis de mon cheval et fit signe à Eol qu’il pouvait faire de même. Le grand gosse se précipita vers sa monture et se jeta au cou du cheval. Ridicule…

- Bon sang, cesse de te donner en spectacle !

Eol se reprit mais j’voyais bien ses lèvres qui tremblaient encore. Il se mit à cajoler son cheval comme un homme aurait cajolé une catin. Il alla jusqu’à lui murmurer des mots doux tel un jouvenceau épris. Je détournais la tête. Les agissements de mon apprenti me mettaient parfois trop mal à l’aise pour que je puisse le recarder. Dans ces moments là, je laissais tomber et j’attendais que ça lui passe.

Je me concentrais sur le centaure qu’il nous avait capturé et que je n’avais toujours pas lâché. Vraiment belle bête. Je me mis à flatter son encolure avant de retirer ma main. Belle bête mais sacré caractère !

Le louvetier fini par revenir. Il était seul. S’il avait trouvé un endroit où laisser ses chiens, c’était bon signe. On le suivi, mais cette fois-ci à pied. Autant ne pas se montrer sur le dos d’un centaure, ç’aurait pu être mal vu dans l’coin. On arriva à un village et on prit des rues détournées pour arriver devant une étable. Je laissais le louvetier s’occuper de ranger le centaure dans un box. Le bougre n’y allait pas du dos de la main morte ! Le centaure se prit une bonne branlée puis fut solidement accroché. Il utilisait bien plus de cordes que nécessaire, à croire que ça lui plaisait de molester ces bestiaux. Eol ne disait rien, mais je le sentais s’impatienter. Alors je laissais le louvetier et partis avec mon apprenti à la recherche d’un guérisseur.

L’affaire se passa à merveille. On en trouva un, on le paya, il guérit le cheval et un sourire béat se remit à planer sur le visage niais du garçon.

La journée avait été épuisante. On finit tous les trois dans une auberge devant des choppes de bières bien méritées. Eol dit vouloir se coucher assez rapidement, et je me retrouvais en tête à tête avec l’autre muet. On était de toute façon déjà pas mal éméchés et je parlais pour deux. La nuit était tombée depuis longtemps quand le louvetier me désigna l’escalier du doigt. Y avait Eol qui se faisait la malle.

- Tu t’en va foutrer la ribaude fiston !? Mouahahaha ! (ouais, l’alcool me rendait éloquent)

Il prit l’air contrit d’un sac de nœud et je me dirigeais vers lui en me rattrapant aux dossiers des chaises pour ne pas m’étaler au sol. Je lui pris le menton entre mon pouce et mon index.

- Oublie pas. N’oublie pas. Heu…

Mais j’avais oublié ce que j’avais à lui dire. Heureusement le louvetier pris la parole pour la première fois. Cet exploit prouvait qu’il était au moins aussi saoul que moi.

- Ne laisse pas fuir la proie.

Ah oui, c’est vrai, c’était ça. Fallait lui expliquer clairement par contre, parce que ça, il comprendrait pas mon petit apprenti sans cervelle.

- Ne détache pas le centaure. Jamais. Et ne lui donne aucune arme.
- Mais il n’est pas très doué avec ses armes. Il n’a réussi qu’à couper une corde et se tromper de cible quand il tirait à l’arc.
- Même. Le fais pas. Jamais. Compris ?
- Compris…
- Compris quoi ?

Et puis je m’étalais au sol.

Je crois que je m’endormis.

Au bout d’un moment, je finis par me réveiller quand même. J’avais une féroce envie de pisser. Par un effort surhumain, je sortais de l’auberge et m’adossais aux battants de l’étable pour me soulager. La voix d’Eol se mêla au bruit de cascade.

- Je suis content que tu ailles mieux Egfroi. Je suis si désolé de l’avoir laissé te blesser…

Je lançais un regard derrière moi. Y avait le centaure ligoté. Et y avait aussi treize, le chien, qui était allongé dans la paille devant la porte du box sur laquelle l’Eol était assis. Il parlait à son cheval.

Ah la la... Ce cheval... c’était bien la seule chose que j’avais trouvé pour calmer les violentes colères de mon Eol. Ben oui, c’était qu’après avoir eu sa bête que j’avais pu lui apprendre à se canaliser. Il y tenait à son bestiau. Il pouvait passer des heures allongé sur son dos, la joue collée sur son flanc, à passer et repasser ses doigts entre ses poils.

- Centaure, ça va ? Au fait, je ne t’ai toujours pas trouvé de nom. J’ai pensé à Kelnozz, c’était le nom de l’architecte qui s’est occupé de moi quand j’étais enfant. Ça te plairait ? Ou tu as d’autres idées ?

Bon sang, voilà qu’il se remettait à parler au centaure. J’aurais dû entrer dans l’étable et le remonter dans sa chambre ! Mais après tout, qu’il fasse ce qui lui plaise. On l’étouffait un peu trop s’petit Eol des fois. Bon, d'accord, je l’avoue, en vrai j’avais surtout la flemme. Alors je l'abandonnai là et remontais dormir dans l’auberge.

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Re: La plus noble conquête de l'Homme

Message  Yawldaec le Lun 19 Oct 2015 - 11:16

Les quatre personnes avancèrent donc ensemble à travers les arbres, au son des jappements excités des chiens. Ces derniers rendaient le Centaure encore plus nerveux. D'ordinaire, c'était attendrissant de voir des animaux heureux en train de jouer entre eux, mais la situation ne se prêtait pas à ce genre de sentiments pour le Centaure, et puis, le cri d'un chien n'est vraiment pas le son animal le plus agréable à l'oreille, loin de là. Eol pouvait donc sentir la nervosité du Centaure qui lui servait de monture à cet instant. Sa queue et ses oreilles étaient agitées, et parfois, il laissait un sabot claquer au sol en faisant un pas.

Les arbres se firent à un moment moins nombreux et Yawldaec put dire qu'ils étaient sortis de la forêt. La végétation restait présente mais bien moins dense, et pour cause : il y avait une activité humaine ici. Un petit village, entre cent et deux cents âmes, s'était installé ici. Henry demanda au Louvetier comment emmener un Centaure sans que cela passe pour de l'esclavagisme. Il faut dire que le Royaume d'Estandre n'avait pas un point de vue égal sur les Centaures, cela variait d'une région à l'autre : ici ils étaient vus comme des esclaves au même titre que les autres “races animales”, là ils étaient vus comme un peuple avec lequel le Roi voulait tisser des liens amicaux, créer des échanges culturels, ne faire voir aux Centaures que ce qu'ils avaient à y gagner alors que le but profond de la manœuvre était de se servir d'eux comme de chair à canon dans la guerre contre Tacomnal. C'était en tout cas ainsi qu'un Centaure comme Yawldaec voyait les choses.

En l'absence du Louvetier, Eol se détendit. Indéniablement, Le Louvetier intimidait grandement le garçon. Oui, “garçon”, car aux yeux de Yawldaec, il était en fait plus un “garçon” qu'un “homme” en dépit de son âge adulte. Ce n'était pas sa seule singularité. Quand Henry descendit de cheval et l'invita à faire de même, Eol se jeta à l'encolure du cheval qu'il appelait Egfroi. Il le papouilla et lui susurra des mots réconfortants à l'oreille. Il prenait à cœur la blessure subie par le cheval. Il lui montrait une affection sincère. Yawldaec n'avait jamais vu aucun Humain montrer autant d'affection désintéressée pour un cheval. C'était troublant... et touchant.

Henry, lui, par contre, était bien un Humain tout ce qu'il y avait de plus ordinaire et de méprisable. Il tenait toujours Yawldaec par la laisse qui attachait deux des pattes du Centaure. Il le toisa comme l'on toise une bête. Yawldaec serra un poing avec l'envie d'effacer ce sourire satisfait de son visage. Henry voulut s'approcher pour donner quelques tapes dégradantes au Centaure, de la même manière que l'on flatte l'encolure d'un cheval. Yawldaec le repoussa de ses bras en s'agitant, bien qu'il ne pût se cabrer à cause de l'entrave à ses pattes. Etonnamment, Henry n'insista pas.

Enfin, Le Louvetier informa Henry que ce village se conformait à l'esclavage des Centaures, et se chargea d'aller enfermer Yawldaec dans un box d'écurie. Le Centaure mit toute son énergie à refuser d'être enfermé dans une écurie comme un cheval, mais reçut trop de claques, et ses entraves l'empêchaient de se rebeller efficacement. Le Louvetier utilisa autant de corde qu'il put pour attacher solidement Yawldaec dans son box.

Yawldaec trépigna dans la paille pas très propre. L'écurie empestait l'urine de cheval et le crottin. Qu'est-ce que c'était dégradant pour un Centaure d'être logé dans une écurie. Yawldaec était traité comme un cheval même sur le point de son logement. Yawldaec se rappela la dernière nuit qu'il avait passée dans une écurie, et cela ne remontait pas à longtemps. Il en gardait un très mauvais souvenir, pour une raison particulière. Heureusement, cette nuit-ci, aucune jument en chaleurs ne répandait ses phéromones dans l'écurie, et le Centaure put se tenir tranquille. Il ne dormit pas bien pour autant. Le Louvetier vint tout de même s'occuper de lui en lui apportant à manger et à boire, mais aussi en voulant lui curer les pieds et le brosser. Yawldaec déclara ne pas vouloir se laisser faire en piaffant vigoureusement, et n'accepta que de manger et de boire. Il savourait un peu ces moments-là, car c'était parmi les seuls où on lui détachait les poignets et où il pouvait articuler librement ses bras pour éviter l'ankylose. Le Louvetier restait un homme effroyablement rustre qui rendait Yawldaec nerveux. Le Centaure comprenait pourquoi Eol était intimidé en sa présence.

Eol entra dans l'écurie à l'aube pour aller parler à Egfroi. Yawldaec l'observa depuis son box, les yeux un peu humides par la fatigue restant d'une mauvaise nuit de sommeil. Henry arriva quelques instants après. Le Louvetier n'était pas là, au moins. Eol parlait au cheval comme s'il parlait à un Humain. Quel Humain agissait ainsi ? Yawldaec ne pouvait pas tout pardonner à Eol : c'était lui qui était venu le capturer, qui l'avait chevauché et qui l'avait poussé dans cette situation pour en faire un esclave. Pourtant, Yawldaec ne pouvait pas le détester : Eol n'était pas un Humain, cela se voyait physiquement, et il ne se comportait pas comme un Humain. Il y avait quelque chose de différent chez lui aussi bien physiquement que mentalement.
Après avoir câliné et parlé au cheval, Eol vint voir Yawldaec dans son box.

EOL – Centaure, ça va ? Au fait, je ne t'ai toujours pas trouvé de nom. J'ai pensé à Kelnozz, c'était le nom de l'architecte qui s'est occupé de moi quand j'étais enfant. Ca te plairait ? Ou tu as d'autres idées ?

Yawldaec se retint de soupirer. Il agita la queue, plantant un regard grave sur Eol, de ses yeux de cheval. D'un côté, il ne voulait pas se laisser donner un nom comme un animal de compagnie. Ce serait se laisser dégrader ; mais d'un autre côté, il ne voulait pas que son nom, Yawldaec, son identité, soit salie par l'esclavage. En fait, laisser son nom de côté, serait comme préserver sa dignité de la situation dans laquelle il se trouvait, le temps pour lui de s'en extirper.

YAWLDAEC – Appelle-moi comme tu veux, garçon. Toi, je ne sais pas comment je dois te voir. Tu n'es pas un Humain, n'est-ce pas ?

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Message  Eol le Mar 20 Oct 2015 - 10:05

Le centaure n’est pas très exigent.

- Appelle-moi comme tu veux, garçon.

C’est étrange. Les animaux ne choisissent pas leur nom. Les centaures doivent être pareils. Du moment qu’on les y habitue. Tout leur convient.

- Va pour Kelnozz alors.
- Toi, je ne sais pas comment je dois te voir. Tu n'es pas un Humain, n'est-ce pas ?
- Je le suis. Mais seulement à un demi. Ma mère est une humaine. Une esclave de drows. Et mon père devait être un drow. Enfin, je suppose. Parce que je ne ressemble pas à un pur-sang. C’est parce que je ne suis pas humain que tu ne sais pas comment tu dois me voir ? Et toi si tu es un centaure, je dois te voir comment ?

En réalité, je n’avais pas compris sa question. Mais j’avais hoché la tête. Pour faire semblant de ne pas être stupide. Je le regarde de plus près. Il a les yeux d’un cheval. Un beau cheval. Impressionnant. Sa prestance plaira à Théo. Je suis content de l’avoir capturé. Lui et pas un autre. Il me rappelle les histoires qu’Egfroi me faisait lire. Le premier-Egfroi, l'humain. Pas mon cheval ! D'ailleurs, j’aime bien repenser à lui. Aux racines entre lesquelles on s’asseyait pour lire. C'était mon meilleur ami.

- Je vous envie un peu. Vous. Les centaures. J'ai lu dans un livre qu'avant, il y avait une tribu où les humains et les chevaux vivaient tous ensemble. Les humains se performaient à l’art de l’arc et de l’équitation. C’étaient des guerriers redoutables. Ils tiraient des flèches en galopant sur leurs chevaux. Ils étaient fiers, et ils les aimaient, leurs chevaux. Ils repoussaient les assaillants. Ils vivaient sans l'aide de personne. Ils cherchaient l’excellence. La perfection. Et chaque nouvelle naissance, les liens entre l'enfant et son cheval étaient plus grands. Tellement-tellement, qu'il y en a qui ont fini par "ne plus faire qu’un" avec leur chevaux. C'est ce qui était écrit. Le livre dit qu’ils continuent dans la voix de l’arc. Il dit que les centaures viennent de cette tribu. Je pousse un soupir. J’aurais bien aimé que ça soit pareil avec Egfroi et moi.

Inepties ! aurait-dit Théo. Mythes et légendes, balivernes et idioties, cesse de croire tout ce qu'on te dit. Rien de ce qui danse et chatonne dans ton petit cerveau n'est vrai.

Mon ventre se met à gargouiller.

- J’ai faim. Tu veux manger quelque chose ?

Kelnozz veut de la viande. Je ris. Je sors en courant. Je vais à l’auberge. Je cherche de la viande dans nos sacs. J’en trouve. J’en prends aussi un morceau pour moi. Normalement, je ne mange pas de viande le matin. Mais je veux faire pareil que Kelnozz. J’ai envie de parler avec lui. Je me redresse. Un poing fonce vers mon visage. Je dévie sur la droite. J’évite le coup. C’est le louvetier. Il attrape le morceau de viande. Il le récupère d’un mouvement sec. Il le remet dans le sac. Et il s’en va. Je suis étonné. Je ne comprends pas. Je cherche mon maître d’arme. Il dort encore. Je le réveille. Il sent l’alcool.

- Dégage…
- Henry, le louvetier ne veut pas que je prenne de la viande.
- Prend du pain.
- Non, Kelnozz veut de la viande.

Mon maître ouvre un œil rouge de fatigue. Il me fait signe de partir. Il veut dormir. Mais j’insiste.

- Kelnozz veut de la viande.
- C’est quoi Kènoz ?
- Kelnozz. Le centaure.
- Me réveille pas pour ça… Le louvetier veut l’affamer, l’assoiffer, le fatiguer, … Il se remet à ronfler.
- Pourquoi ?
- Pour le rendre docile, nom d’un chien galeux ! Pour le dresser ! Pour que ton cher Théo ne soit pas mis en difficulté. Maintenant sors d’ici ou je t’éclate la tête à coups de…

Le maître se remet à ronfler. Il est imbibé d’alcool. Je sors. Le louvetier à déjà mangé. Il va s’occuper de son cheval. Moi je sors Egfroi. J’attache son licol dehors pour qu’il broute. Il a de l’eau devant lui. Je lui ai aussi mis à manger. En attendant, je le brosse. Brosse qui gratte. Il aime bien ça. Ses yeux sont mi-clos. Comme s’il dormait à moitié. Brosse qui caresse. J’enlève le reste de saleté. Des petits nuages de fumé se forment. Je lui cure les sabots. J’aurais dû le faire hier. Mais le soignant a dit de ne pas le toucher jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre. Et tout est rentré dans l’ordre. Il n’a plus qu’une petite cicatrice. Et il n’a pas l’air d’avoir mal.

Treize, le chien, arrive en courant. Il s’assoit devant moi. Le louvetier a bien dressé ses chiens. Il utilise la carotte, comme mon maître dit. Mais il n’y a jamais eu de carotte. Il leur donne des bouts de viande quand ils obéissent bien. Il ne les frappe pas souvent. Il n’en a pas trop besoin. Parce qu’il les a eu chiots. Par contre les adultes, il les frappe beaucoup. Pour les faire plier. Et aussi parce qu’en vrai il n’aime pas les avoir adultes. Pour Kelnozz, ça va être pareil. Ça se voit. Il est déjà en train de le frapper. Il l’emmène par ici. Il le ligote de partout. Moi je ne dis rien. Il sait mieux comment dresser un centaure que moi.

Ensuite il s’en va. Il va chercher mon maître. Je suis seul avec Kelnozz. Je pose un tapis sur le dos d’Egfroi. Je mets la selle par-dessus. Je sangle le tout. Je place son mords. Je lui retire son licol. J’accroche nos affaires derrière sa selle. Je regarde à nouveau Kelnozz. Il doit avoir soif. La veille, le louvetier ne lui a pas donné grand-chose. Je cherche une gourde. Ensuite, je m’approche de lui pour lui donner à boire.

La gourde vole. Le louvetier est revenu. Il a donné un grand coup dedans et l’a fait tomber par terre. Il ne veut pas que je donne à boire à Kelnozz. Mais je pense que c’est mal. On va beaucoup marcher aujourd’hui. Et il faut boire avant de partir. Alors je récupère la gourde au sol. Je reviens vers le centaure pour l’hydrater. La gourde vole à nouveau. Et le louvetier m’envoie un grand coup de poing. J’esquive. Son visage se contracte. Il est fâché. Il frappe à nouveau. Je bloque son attaque avec mon avant bras. Il lance son deuxième bras vers mon abdomen. Je bloque encore.

- Eol ! Arrête ! crie Henry en courant vers nous.

Mes bras retombent le long de mon corps. J’obéis à mon maître. Et je vois le poing du limier foncer droit vers mon nez…

CRASH !

Je suis allongé par terre. Mon nez saigne. Mon maître d’arme se penche sur moi. Il me traite d’idiot. J’ai mal. Je ne pleure pas. Je ne dis rien. Je me redresse. Henry m’aide. J’essuie mon nez. Il me murmure d’arrêter mes bêtises. Je vais vers Egfroi. Je le monte en silence. On repart tous ensemble. Treize marche à côté d’Egfroi. Il pousse des petits cris plaintifs. Le louvetier lui lance une pierre et une insulte. Il est énervé.

J’ai mal.
Au nez.
Au cœur.

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Message  Yawldaec le Mar 20 Oct 2015 - 14:34

Eol était un Demi-Drow, et cette seule information expliquait presque tout : non seulement le physique si particulier d'Eol, mais aussi la façon dont les Humains purs le traitaient. Yawldaec se demanda même comment il avait fait pour ne pas songer tout seul à cette explication.
Eol se décida pour le nom de Kelnozz. Voilà ce que serait l'identité de Yawldaec le temps de son esclavage. Personne ne connaîtrait son vrai nom et ne saurait l'associer à un esclave dominé. Yawldaec était indomptable, c'était une force sauvage de la Nature, un Centaure libre. Kelnozz était un esclave.
Le dédoublement d'identité comme seul bouclier pour sa dignité.

EOL – C’est parce que je ne suis pas Humain que tu ne sais pas comment tu dois me voir ? Et toi si tu es un Centaure, je dois te voir comment ?

Yawldaec ne compris pas ce qu'Eol voulait dire par la première question, mais à la seconde, il avait une réponse toute faite :

YAWLDAEC – Pas comme un cheval, en tout cas.

Et encore, Eol ne traitait pas les chevaux de la même manière que les Humains. Il avait l'air de bien mieux les respecter.
Eol raconta à Yawldaec une légende à propos des Centaures. Cette légende prétendait rapporter la naissance de cette race. Les Centaures auraient été issus d'Humains cavaliers qui s'étaient unis à leurs chevaux par des liens extrêmement forts. Cette légende était une pure sottise et une insulte aux Centaures ! Il n'y avait bien que des Humains pour penser que les Centaures étaient issus de cavaliers Humains ! Il y avait là deux éléments insultants pour les Centaures : l'idée qu'ils soient issus de cavaliers, et l'idée qu'ils soient issus d'Humains. Eol ajouta qu'il aurait aimé que cette légende s'applique à Egfroi et lui : il enviait les Centaures, comme s'il rêvait d'en devenir un.

YAWLDAEC – Ta légende est une insulte ! Les Centaures ne descendent pas de cavaliers, ni d'Humains ! De toute façon, ta légende est impossible : les Centaures existent depuis plus longtemps que les Humains.

Ce qui était vrai.

Eol fut poussé par un borborygme à demander à Yawldaec, alias Kelnozz, s'il avait faim. Le Centaure réclama de la viande. Oui, il avait faim. Le Louvetier l'avait à peine nourri et abreuvé la veille au soir, cela avait été insuffisant. Eol acquiesca et s'en alla chercher à manger. Yawldaec avait du mal à comprendre quelque chose : si Eol était capable d'empathie et n'aimait pas de voir un esclave maltraité, pourquoi avait-il accepté d'aller capturer un Centaure lui-même ? Etait-il manipulable à ce point-là ?

Eol mit du temps à revenir. Tout ça pour revenir avec rien, en fait. Il avait un air... triste ? déçu ? sur le visage. Il ne donna rien à manger à Yawldaec, au lieu de quoi il alla s'occuper d'Egfroi. Il le fit sortir de son box et brouter hors de l'écurie. Même les chevaux avaient le droit de manger à leur volonté et de boire à leur soif, mais pas un Centaure. Quel était le problème de ces Humains à la fin ?

Le Louvetier arriva. Yawldaec plaqua ses oreilles en arrière en voyant que Le Louvetier se dirigeait vers lui, de son pas sec et de sa démarche inflexible. Le Centaure piaffa en grondant sous l'effet de la peur. Cet Humain lui faisait peur, oui, de toute évidence, Yawldaec ne savait le cacher.
Yawldaec ne montra pas le moindre signe de désobéissance, juste sa peur avec ses oreilles plaquées en arrière et son piaffement, pourtant Le Louvetier lui assena des claques à répétitions et le tira violemment par la laisse hors de son box. Il attacha le Centaure à côté d'Egfroi, en le ligotant plus que nécessaire.

Eol brossait le cheval. Quand il eut fini, il posa un tapis de selle, puis la selle elle-même, les mords, les étriers, et ajusta les sangles. Yawldaec priait intérieurement pour ne pas subir l'insulte ultime d'avoir à porter tout ce même équipement. Eol attrapa une gourde dans laquelle il restait de l'eau et s'approcha de Yawldaec. Lui, il voulait le faire boire et lui donner à manger.
La gourde vola soudain dans les airs, et Yawldaec hennit en sursautant. Le Louvetier venait de taper dedans pour empêcher Eol de donner à boire à l'esclave. Eol alla ramasser la gourde, et insista. Même chose : Le Louvetier envoya voler la gourde d'un geste sec, et maintenant essaya de frapper Eol. Yawldaec piaffa de rage, agitant la queue et grondant comme un étalon fou. C'est bien là tout ce qu'il pouvait faire : ligoté et attaché comme il l'était, il ne pouvait ni se déplacer, ni se cabrer, ni ruer, ni bouger les bras.
Eol réussit à se défendre jusqu'à recevoir un coup de poing en plein sur le nez alors qu'Henry, voyant la scène de loin, venait de lui dire d'arrêter de se battre. Le Louvetier était une vraie ordure, un monstre. Mais Yawldaec avait peur de lui. Henry s'accroupit auprès d'Eol, le traitant d'idiot, et l'aida à se remettre debout. Eol essuya son nez qui coulait de sang, et se mit en selle sur Egfroi.

Avec les mêmes gestes secs, Le Louvetier détacha Yawldaec et le tint en laisse. L'un des chiens émit quelques petites plaintes, et reçut un caillou de la part de son maître, qui montrait là être très énervé. Yawldaec l'était tout autant, mais il était en plus effrayé. Les oreilles plaquées en arrière, il n'osa rien dire, et s'efforça même de ne plus échapper de grondement, ce qui fut bien difficile. Mais sa queue, elle, battait sa croupe nerveusement. Yawldaec lança un regard désolé à Eol.

Yawldaec avait faim.
Il avait soif.
Il manquait de sommeil car il avait très mal dormi durant la nuit.

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