Du sang sur la route de Telbara

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Dim 4 Oct 2015 - 2:10

Le rictus qui planait sur le visage de l’arachnéen fut remplacé par de la stupéfaction. « Tu m'aimes ? » demanda-t-il effaré. Il me dévisageait avec des yeux ronds. Ça lui paraissait si aberrant… ? « Allons, tu n'as pas à être désolée » reprit-il en me prenant dans ses bras. Il affirma que je lui faisais le plus beau des cadeaux. Peut-être voulait-il adoucir ma prise de conscience et me faire comprendre ma sottise sans brusquerie. Protégée par ses bras autour de moi, j’essayais de ne pas entendre la suite, de m’immerger simplement dans ce cocon tout chaud. Mais ses mots parvenaient distinctement à mes oreilles sans que je puisse les ignorer. Il affirma que c’était inattendu et qu’il n’était pas à l’aise à l’idée d’être aimé par autre chose qu’un arachnéen. Il avait beau me tenir contre lui, j’avais l’impression de chuter. Qu’est-ce que ça signifiait ? Ses doigts glissaient entre mes cheveux et finirent par se poser au creux de mon dos. Contrairement à ses mains, la caresse de ses pattes contre mes mollets était plus rugueuse, plus animale. C’était une sensation déroutante. Et puis, il recommença à parler. Il pensait que même les monstres avaient le droit d’aimer. « Ta place est là où tu veux qu'elle soit. » affirma-t-il. Et puis il me remercia mais je ne savais pas trop pourquoi. Je sentis ensuite son souffle sur mon visage. Il déposa un baiser sur mon front avant de me lâcher et de reculer son torse.

Il s’éloigna de moi, ce qui m'angoissa. J’ébauchais un mouvement pour le retenir. Mais c’est ma main que je retins, au dernier moment.

« Ainsi donc, tu m'aimes... Tu aimes ce que je suis ? Tu aimes mon corps ? » Voulait-il me prouver le ridicule de la situation ? Sans même le regarder, je lui donnais la réponse qu’il attendait. C’étaient les mots du livre que Mirko m’avait lu dans la bibliothèque de Port Barbe : « Les arachnéens sont des drows qui ont subi la pire des malédiction possible. Pire que d’être tués, on les a transformés en créatures hideuses. Abjectes… » Je m’arrêtais là en poussant un soupir. Je levais progressivement les yeux vers ses fines et longues pattes, son corps d’araignée géante, sa taille où le changement opérait, son torse d’elfe, son visage, pour finir par croiser ses yeux. Je détournais le regard, gênée. « Je sais bien que je suis sensée être dégoûtée. Mais ce corps, c’est le tiens, alors… je n’y arrive pas. Il est magnifique. » J’avais l’impression d’être brulante. Je me convainquais que c’était à cause du sang que je venais de boire et non pas à cause de ce baiser qui continuait à irradier mon front d'une douce chaleur. Et paradoxalement, j’étais glacée par la distance qu’il avait mise entre nous en s’éloignant. J’aurais fait n’importe quoi pour qu’il se rapproche.

J’avais déjà vécu ça. J’avais aimé l'autre à en faire n’importe quoi, à me perdre et m’offrir, à me damner et me transformer en vampire. Je frissonnais.

« J'ai déjà aimé. J'ai eu peur d’être seule, j'ai laissé faire des choses que je n'aurais pas dû laisser faire et j'ai fait des choses que je n'aurais pas dû faire. Et on a transformé mon corps, on l'a salis. Je suis tellement stupide. » J’inspirais une grande bouffée d’air. « Je n'ai plus rien à offrir. »

L’effet secondaire du vampirisme revenait à l’assaut. Coup de blues et grosse déprime. Je l’observais derrière les mèches de cheveux qui cachaient mon visage. C’est vrai qu’il était beau. Le mélange drow-araignée était inhabituel mais j’avais fini par trouver ça harmonieux. J’offris un pâle sourire à Elazi en l’imaginant aux bras et aux pattes d’une stupide arachnéenne.

Je n’avais pas le droit de me plaindre. Ma situation de vampire, je l’avais provoquée et c’était tout ce que je méritais. Mais…

« J’aurais aimer t’aimer. Tu sais, tu peux tout avoir de moi. Je sais bien qu'il n'y a plus qu’un cœur déchiré, un esprit tourmenté et un corps de vampire qui ne m’appartient plus, c’est lamentable… Tu pourrais aimer une arachnéenne. Ça, ce serait de l’Amour. Alors que moi je ne peux pas t'offrir ça, mais… je ferais n’importe quoi. Dis moi ce que tu veux, je le ferais, absolument tout ce que tu veux, mais s'il te plaît… ne t'éloignes pas comme ça… » murmurais-je d'une voix brisée et suppliante.

Je posais mes mains sur ses épaules et mon front sur son torse. Je n’avais pas le droit de faire ça, mais si ça le gênait, il me repousserait, tout simplement. Je n’allais pas en mourir. Enfin, peut-être que si. De toute façon ça avait toujours été un peu compliqué entre la vie et moi.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Mer 7 Oct 2015 - 14:02

"Je suis désolé, mais je ne peux pas aller voir Müss et lui annoncer que vous allez vous suicider au lever du soleil."

Je ne savais pas quoi répondre, mais je comprenais que Jawbol ne veuille pas jouer ce rôle. C’était ma propre faiblesse, mais je ne voulais pas avoir à l’assumer devant la vampire, de peur de lui faire du mal. Peut-être aussi s’en ficherait-elle, ce qui finirait de m’achever, non je ne voulais pas aller lui dire moi-même. Tant pis, de toute façon, elle finirait par le voir… Mais au fond de lui, je voulais me raccrocher à la vie, seulement je ne savais plus à quel but me rattacher, il n’y avait plus rien qui ne me fasse envie. Aller à Telbara avec Müss, pourquoi ? Cela me paraissait vide de sens maintenant.

Nahak restait contre moi, il attendait sans bouger, il ne devait rien comprendre. Que faire vis-à-vis de Jawbol et de Müss ? je tournai mon regard vers le minotaure, qui était venu essayer de me remonter le moral malgré qu’on se connaisse à peine. C’était quelqu’un de bien, je m’en voulais d’avoir pensé qu’il était mauvais parcequ’il avait abandonné Müss.

"Jawbol, Que feriez-vous à ma place, si plus rien ne vous semblait avoir de sens ? Je ne sais pas quoi faire voyez-vous, je ne sais pas si je devrais vraiment rester avec Müss et aller jusque Telbara, ou continuer mon voyage seul… Avec Nahak."

Le kul’tak sembla répondre à son nom, et releva la tête vers moi. Je me doutais que Jawbol n’aurait aucune réponse à me fournir, mais j’avais tout de même envie de lui parler de ça.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Jawbol le Mer 7 Oct 2015 - 18:18

Jawbol se demanda comment pouvait être pris son refus d'annoncer une telle chose à Müss. Allait-ce passer pour un manque de compréhension et d'empathie ? Ou Mirko allait-il se dire qu'il ne pouvait en effet pas attendre une telle chose de Jawbol ? Même s'il ne connaissait pas Mirko, Jawbol ne pouvait pas aller voir Müss en lui disant que son ami allait se suicider et qu'il ne ferait rien de plus pour le retenir. Ca, ce serait un manque d'empathie.
Mirko était quelqu'un de perdu. Après un bref instant de silence, il tourna son regard vers le Minotaure, et lui posa une question : que ferait Jawbol à sa place, si plus rien ne lui semblait avoir de sens ? Mirko ne savait plus s'il avait envie d'aller jusqu'à Telbara avec Müss, ou de voyager de son côté avec Nahak pour seul compagnon. Le kul'tak restait accroupi sur les jambes de son maître – celui qu'il avait élu comme son maître.

Pourquoi douter d'avoir envie de rester avec Müss ? Quelque chose se passait mal entre eux ? Müss était une Vampire, donc très bien placée pour comprendre Mirko. Qu'est-ce qui n'allait pas pour que Mirko songe à se séparer d'elle ?

JAWBOL – Vous ne vous sentez pas mieux avec Müss ? C'est une Vampire, elle peut mieux vous comprendre que moi. Il faut que vous trouviez un sens à votre vie. Je l'ai trouvé en devenant membre de la Guilde des Guerriers, par exemple. Elazi importe beaucoup aussi, maintenant, j'ai l'impression qu'il est mon ami depuis longtemps. Alors je pense que c'est à vous de sentir si Müss peut redonner des couleurs à votre vie, ou si ce sera une autre personne. Je ne sais même pas depuis combien de temps vous vous connaissez, tous les deux, alors je ne peux pas vous dire.

******
Sans même réfléchir, sans même le regarder, Müss dit que les Arachnéens étaient des Drows ayant subi la pire des malédictions possible, car au lieu d'être tués, on les avait transformés en créatures hideuses et abjectes. En fait, elle semblait citer un livre. Elazi, qui aurait dû se sentir insulté par le contenu de cette citation, eut simplement un petit sourire en coin. Il ne savait que trop bien que ce qui était dit à propos des Arachnéens avait suffi à influencer les consciences collectives. Oui, Elazi était une créature hideuse et abjecte... aux yeux des autres races. C'était donc d'autant plus étonnant que Müss l'aimât.

Müss remonta lentement le regard, le long des pattes de l'Arachnéen, puis le long de son torse ; quand elle croisa son regard à lui, elle détourna le sien d'un air gêné.

MUSS – Je sais que je suis censée être dégoûtée. Mais ce corps, c'est le tien, alors... je n'y arrive pas. Il est magnifique.

Magnifique ?! Etait-elle sincère, ou en faisait-elle trop ?
Müss confessa avoir déjà aimé, et en avoir tiré le sentiment de peur d'être seule, sentiment l'ayant poussé à laisser faire et à faire elle-même des choses regrettables. Elle était vague, mais Elazi crut deviner de quoi elle parlait. Elle était tombée amoureuse de l'homme qui l'avait ensuite contaminée en Vampire. C'est ce qu'Elazi crut deviner.

Müss osa recroiser le regard de l'Arachnéen qui était suspendu à ses mots pour chercher à mieux la comprendre et à être vraiment certain qu'elle l'aimait sincèrement. Müss réitéra sa déclaration d'amour, mais avec une nuance. Elle estimait que ce qu'elle avait à offrir n'était pas de l'amour, bien qu'elle l'eût désiré. Elle s'interrogea ; selon elle, Elazi pouvait être amoureux d'une Arachnéenne, mais pas d'elle. Sa voix se fit suppliante : elle était prête à tout, à ce qu'Elazi désirait, pour ressentir l'amour, et pour qu'il ne s'éloigne pas.
Elazi fut touché.
Car à n'en point douter, Müss était sincère.

ELAZI – Je ne me suis pas éloigné, j'ai juste... écarté mon torse, mais regarde, je suis là, je n'ai pas bougé, je n'ai pas fait un pas un arrière. Je ne sais juste pas comment... Enfin... comment on fait pour aimer quelqu'un. Et je ne sais pas comment tu peux aimer ce que je suis, comment tu peux aimer mon corps. Toi-même tu le dis : les Arachnéens sont des créatures hideuses et abjectes.

Elazi prit délicatement les mains de Müss dans les siennes, les retirant de ses épaules, mais sans les lâcher ensuite. Elles étaient froides. Mais il les maintint. Il leva une patte, la passant entre leurs deux corps. Cette longue patte d'araignée vint se poser sur une joue de Müss. Il lui lâcha les mains. A la place, il lui caressa le visage du bout de sa longue et fine patte d'araignée.

ELAZI – Ce contact... tu l'apprécies ? Regarde bien ce que je suis. J'ai le corps d'une araignée géante. Les gens n'aiment pas les araignées. M'aimes-tu à ce point ?

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Sam 10 Oct 2015 - 18:28

Il affirma ne pas s’être éloigné, mais le simple fait qu’il ait reculé son torse m’avait affecté.

« Je ne sais juste pas comment... Enfin... comment on fait pour aimer quelqu'un », dit-il avec une certaine gêne. Je l’observais les yeux écarquillés avant de lui sourire. « Comment on fait pour aimer quelqu’un ? Je ne sais pas très bien non plus… Il n’y a pas qu'une façon d’aimer. C’est différent pour chacun. C’est… instinctif. Je pense. » Je levais les yeux vers le plafond à la recherche de réponses plus précises. « Pour moi, aimer c’était simplement offrir mon sang sans me plaindre. »

Je baissais à nouveau les yeux vers lui. Il s'interrogea à voix haute sur les raisons qui pouvaient me faire apprécier son corps alors qu’il était une créature hideuse et abjecte. Je haussais les épaules. Je ne le savais pas moi-même.

Elazi pris mes mains dans les siennes. Il glissa ensuite une patte sur ma joue et me lâcha. La douceur de sa peau contrastait avec ce contact rugueux. Il n’était ni froid ni chaud, il avait juste la même température que l’extérieur. Je fermais les yeux pour me concentrer sur ce contact en me coupant de l’idée d’être touchée par une araignée géante. Parce que, quand même, l’idée restait troublante. « Ce contact... tu l'apprécies ? » demanda-t-il.

C’était un peu comme frotter sa joue contre le tronc d’un arbre. La comparaison n’était peut-être pas la meilleure, mais ce fut la première pensée qui me vint en tête. Je collais ma joue contre sa patte, puis mon oreille comme j’avais parfois tendance à le faire avec les arbres. Je n’entendais pas l’apaisant grincement des branches jouant avec le vent, mais le pulsement régulier de son sang coulant dans ses vaisseaux. Et bizarrement, c’était tout aussi apaisant. « Je ne sais pas trop. C’est un peu bizarre » finis-je par répondre, incertaine.

« Regarde bien ce que je suis. J'ai le corps d'une araignée géante. Les gens n'aiment pas les araignées. M'aimes-tu à ce point ? » Je rouvris les yeux pour l’observer. C’est vrai que ce n’était pas normal d’aimer ça. J’en étais bien consciente et j’étais gênée qu’il continue de me poser cette question. Ça sonnait un peu comme une accusation face à cette attirance contre-nature. « Je sais bien que ces sentiments ne sont pas normaux. Mais tu as beau chercher à me le prouver, ça ne changera pas, je n’y peux rien. C’est comme ça. »

Je tapotais sa patte du bout du doigt en me demandant ce que ça lui faisait. Est-ce qu’il sentait quelque chose ? Je glissais ensuite le doigt le long de la patte, touchant des épines, une espèce de crin ou je ne sais trop quoi, pour finir sur une griffe. Je l’avais déjà vu s’en servir pour tisser sa toile. Je testais la dureté de sa griffe du bout de l’ongle, puis, plus pour occuper mes mains qu’autre chose, je remontais mes doigts en sens inverse.

« Ça fait quoi ? » demandais-je les yeux fixés sur ce qui correspondait à son métatarse. J’imaginais qu’il ne sentait rien. Je voyais ce corps d’araignée comme une carapace, une armure insensible.

Elazi s’interrogeait beaucoup sur son corps, si bien que j’avais finis par me poser les mêmes questions. Je regardais mes membres inférieurs et, pour la première fois, je doutais d’eux. Il y avait des hommes qui me trouvaient belle sans que je n’eu rien à faire. La faute au vampirisme. Cette maladie m’avait rendue différente. J’avais hérité d’un corps froid et sensuel qui semblait plaire à d’autres que moi. Mais Elazi ne devait pas me voir de la même façon que les humains. Cette anatomie si étrangère à la sienne devait le repousser. Et ça, c’était inhabituel pour moi. Je finis par poser la question qui me taraudait : « Et des jambes, ça te dégoûte ? » Alors que je formulais mes interrogations à voix haute, j’eu peur de ses réponses. Je posais mes doigts sur sa bouche pour l’empêcher de parler. Finalement, je n’avais pas envie de savoir. « C’est pas grave, inutile de répondre. », murmurais-je en l'empêchant de parler. Je lui souris de toutes mes dents pointues. Mes yeux le fixaient et on pouvait peut-être y apercevoir une petite lueur de folie tout au fond. « Que tu m’aimes ou pas ne change rien. C’est déjà décidé, je suis à toi. »

Je n’avais rien de beau à offrir, mais je lui ferais quand même don de moi-même. C’était un bien faible prix à payer si je pouvais obtenir une once d’amour, un peu d’attention de sa part, ou juste l'illusion du reflet d'un regard un micro peu intéressé par ce que j'étais.

Je découvris sa bouche et, dans une caresse, glissais mes doigts sur sa joue. De l’autre main, j’explorais la texture de son corps d’araignée. Je finis par déplacer la patte qu’il avait posée sur ma joue pour la faire passer derrière moi, l’enroulant dans mon dos. « Serre-moi. » soufflais-je à son oreille avant d’effleurer délicatement son dos d’araignée. Mes lèvres rencontrèrent son torse et goutèrent sa peau avec avidité pour remonter le long de son cou. Je me mis sur la pointe des pieds et nos visages se retrouvèrent à la même hauteur. Je plongeais dans ses yeux. Ivre de son odeur et de sa présence.

« Je voudrais mourir avec toi, maintenant. » soufflais-je. Et ça, c'était l'inconscient qui parlait. Il savait pertinemment que, au fond, mon amour était absurde.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Mer 21 Oct 2015 - 8:32

"Vous ne vous sentez pas mieux avec Müss ? C'est une Vampire, elle peut mieux vous comprendre que moi. Il faut que vous trouviez un sens à votre vie. Je l'ai trouvé en devenant membre de la Guilde des Guerriers, par exemple. Elazi importe beaucoup aussi, maintenant, j'ai l'impression qu'il est mon ami depuis longtemps. Alors je pense que c'est à vous de sentir si Müss peut redonner des couleurs à votre vie, ou si ce sera une autre personne. Je ne sais même pas depuis combien de temps vous vous connaissez, tous les deux, alors je ne peux pas vous dire."
"C’est vrai, mais je n’ai pas la réponse à cette question, je ne sais pas si c’est vraiment avec Müss qu’est ma place… C’est un peu mon problème, mais il faudra bien que je fasse avec, je peux aussi bien retourner errer de mon côté en cherchant de nouvelles personnes… Mais je ne ferai pas ça dans son dos, il faudrait que je lui en parle…"

Je regardai l’horizon, là ou dans quelques heures se lèverait le soleil mortel. Jawbol avait raison, il fallait que je m’accroche, mais à quoi ? L’espoir, comme avant ? Müss ? Oui, il fallait bien que je lui en parle, car je ne savais pas si nos projets l’intéressaient toujours, ou si je ne préférerais pas poursuivre seul. J’étais dans le flou, la réponse ne paraissait pas du tout évidente, et ne l’était pas.

"Vous avez raison Jawbol, je devrais chercher ma place, et continuer d’espérer. Espérer quoi ? Je n’en sais encore trop rien, peut-être trouver un remède… Mais oui, je devrais continuer. Merci…"

Je ramassai mon épée, et me levai en jetant un regard au minotaure. Je lui étais reconnaissant, même si je ne savais pas comment l’exprimer. Je me tournai vers le village qui se trouvait plus loin, il nous faudrait y retourner pour que je parle à Müss, mais j’attendis que la minotaure se lève pour venir. Après tout ce qu’il venait de faire pour moi, je n’allais pas le laisser derrière. Nahak viendrait aussi, de toute façon, je doute qu’il m’aurait laissé partir sans lui.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Jawbol le Ven 23 Oct 2015 - 15:29

Mirko doutait bel et bien que sa place soit avec Müss. En fait, ce détail n'était pas le plus important. Que ce soit auprès de Müss ou ailleurs, il fallait que Mirko trouve où était sa place. Il avait forcément quelque chose à faire dans ce monde. Il existait forcément des gens avec qui il deviendrait ami et qui lui redonneraient le goût de la vie. Müss ou quelqu'un d'autre, peu importait au final. Mirko convint qu'il ne pouvait pas se comporter lâchement envers Müss, et si jamais il venait au constat qu'il voulait s'entourer d'autres personnes, il en parlerait avec elle. Mirko replongea son regard vers l'horizon un instant. Il réfléchissait sans doute à ce que Jawbol lui avait dit.

Finalement, Jawbol avait réussi à le convaincre de vivre encore. Cela n'avait pas été une tâche facile mais Jawbol avait réussi et il pouvait être fier d'avoir redonné un peu de vie à un Vampire. Mirko le remercia, ramassa son épée et se leva. Le kul'tak se leva avec lui, et finalement Jawbol les imita. Ensemble, ils marchèrent vers la maison où ils avaient laissé Müss et Elazi.

******
Elazi ne touchait plus Müss que par sa patte d'araignée, une longue patte d'araignée géante dont le toucher n'était pas aussi doux que les autres parties de son corps. L'Arachnéen s'attendait à ce que Müss ait un mouvement de recul, mais ce fut le contraire : elle ferma les yeux, se frotta la joue contre la patte d'Elazi, sans aucune grimace. Enfin elle rouvrit les yeux. Elazi voulait être sûr qu'elle était bien amoureuse de son corps, qu'elle l'acceptait tel qu'il était, car il n'arrivait pas à le croire.

MUSS – Je ne sais pas trop. C'est un peu bizarre. Je sais bien que ces sentiments ne sont pas normaux. Mais tu as beau chercher à me le prouver, ça ne changera pas, je n'y peux rien. C'est comme ça.

Alors voilà : elle trouvait juste cela bizarre, mais cela ne suffisait pas à refouler ses sentiments. Elle l'aimait donc bien tel qu'il était. Elle avait beau le lui dire, Elazi ne voulait toujours pas à croire. C'était aussi une façon pour lui de se protéger : il ne voulait pas tomber amoureux de Müss en retour, car il n'était pas prêt à vivre de nuit et à dormir de jour comme un Vampire, même par amour. De toute façon il n'avait jamais pensé éprouver de l'amour pour quelqu'un d'autre qu'une femelle Arachnéenne. Il n'était pas amoureux de Müss et ne voulait pas le devenir.

Müss lui palpa la patte entre ses doigts, puis la caressant lentement du bout des doigts jusqu'à l'extrêmité où elle trouva une minuscule griffe. Elazi inspira longuement alors qu'il ressentit un frisson, doublé lorsque Müss refit parcourir le bout de ses doigts le long de sa patte en sens inverse.

MUSS – Ca fait quoi ?
ELAZI – C'est... agréable... mais je n'ai pas l'habitude d'être touché.

Par réflexe, il eut envie de retirer sa patte, mais quelque chose, il ne savait quoi, le fit rester inerte sous la caresse. Müss le sortit de ses pensées en lui posant une question à laquelle il ne s'était pas du tout attentu : elle lui demanda si ses jambes humaines, à elle, le dégoûtaient. C'était pourtant une question légitime puisque, d'une certaine façon, Elazi lui avait posé la même à propos de son corps. Les Vampires étaient des Humains avant tout, Elazi n'était pas dégoûté par le corps des Humains. Il n'était juste pas attiré par eux. Müss posa un doigt sur sa bouche, l'empêchant ainsi de répondre.

MUSS – Que tu m'aimes ou pas ne change rien. C'est déjà décidé, je suis à toi.

Elazi resta interdit, une patte toujours posée sur la joue de Müss. Cette dernière la déplaça pour se faire plutôt enlacer le dos par cette patte. Elazi se laissa manipuler, non sans une certaine tension. Non, il n'aimait pas être touché. C'était plus exactement une question d'habitude. Cela le surprenait. Il sursauta quand il sentit une main de Müss se poser sur son corps d'araignée géante, dans son dos.
Müss lui demanda de la serrer. Elazi ne sut pourquoi il obéit, mais il fit exprès de ne pas utiliser ses bras, comme pour rappeler à Müss ce qu'il était : il la serra entre ses deux premières pattes antérieures. Il se retrouva pris au piège dans cette position, ne pouvant empêcher Müss de lui caresser son dos d'araignée.

Il frissonna encore, autant à cause des baisers sur sa poitrine puis sur son cou, qu'à cause des caresses sur son corps d'araignée.

ELAZI – Oh Müss... Mais tu sais que... je ne peux... je ne veux pas vivre comme un Vampire... Je resterai avec Jawbol, pas avec toi...

Pourtant, il prenait déjà presque goût à se faire caresser son corps d'araignée géante. C'était inédit, et agréable, même s'il avait toujours cette petite appréhension qu'il le faisait sursauter et le tendait un peu au lieu de le relaxer.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Sam 24 Oct 2015 - 10:23

Il me serrait entre ses pattes. Il avait l’air un peu déconcerté. C’était mignon. Je souriais sans pouvoir m’en empêcher, mes expressions cachées dans son cou. « Oh Müss... » Je reculais le visage pour le contempler. Ses lèvres tremblaient un peu. J’avais envie de les croquer. Je me contentais de le regarder avec tendresse, l’encourageant à continuer.

« Mais tu sais que... je ne peux... je ne veux pas vivre comme un Vampire... »

Je penchais la tête sur le côté, interdite. Vivre comme un vampire ? Ce n’était pas ce que je lui demandais. « Je ne te demande pas de vivre comme moi. Je voudrais juste… partager un peu de temps avec toi. Au crépuscule. Ou avant que l’aube n’arrive. Et même si on ne peut pas se voir souvent, même si c'est le soleil qui éclaire ta vie alors que c'est la lune qui me guide, je t’attendrais. J’attendrais qu'elle te ramène à moi. Et quand tu dormiras, je veillerais sur toi. » Je le regardais sans trop savoir quoi faire. Ma timidité revenait déjà, attirée par la profondeur de son regard. Ses yeux là suffisaient à me faire vivre, tout mon univers y entrait : il y avait de petites étoiles qui y brillaient, la chaleur de la vie, une force bestiale et… cette douceur que j’avais eu tant de mal à découvrir.

« Je resterai avec Jawbol, pas avec toi... »

Quelque chose se brisa.

Je reposais mon visage sur son torse, les yeux grands ouverts, vides de toute expression. Le tuer. J’avais une furieuse envie de le tuer. Pour l’empêcher de partir loin de moi. On pouvait mourir tous les deux. Ensemble. Pour toujours. La tête me tournait. Je sentais ma conscience s’éloigner. Il fallait que je fasse quelque chose sinon j’allais m’évanouir. « Il faut… il faut que je sorte ». Sans le regarder, je disparu. Une fois dehors, je me mis à courir. La plupart des villageois dormaient. Et de toute façon personne n’en avait rien à faire. J’atteins les arbres. Les rougeoyantes couleurs de la forêt en automne n’existaient plus. Mon monde nocturne était peint de noir et de blanc. Mon univers serait-il à tout jamais terne ? Je frappais violemment un tronc d’arbre de mon poing. J’entendis plus que je ne sentis le craquement d’un os qui se casse. Je ne ressentais aucune douleur. Je recommençais, encore plus fort. Encore et encore, de plus en plus fort. J’avais envie d’avoir mal pour pouvoir remplacer ma peine par une douleur physique. Je finis par observer mon poing. Mon cinquième métacarpien faisait un angle anormal sur le dos de ma main. Un filet rouge glissait le long de mes doigts. Habituellement, ça me calmait de voir le sang couler. Mais là, il s’agissait de celui d’Elazi.

Que ces pensées sortent de ma tête ! Je me mis à cogner brutalement ma tête contre le tronc. Je recommençais jusqu’à ce que ma vue se brouille et que mes idées s’embrouillent. J’aurais voulu détruire ce cerveau. Arracher ce visage trop parfait pour être humain. A quoi servait cette beauté vampirique s’il ne l’aimait pas ? Je détestait tout de ce corps immortel ! Je me laissais tomber au sol. Mon dos se contractait. Mes os et mes muscles se transformaient et je me retrouvais bientôt affublée d’une paire d’aile.

Femme chiroptère…, disait-il.

« Sors de ma tête ! »

Je m’envolais vers le ciel. Un vent glacial caressait ma peau. J’étendis mes ailes et me laissais planer, cherchant les courants chauds pour remonter, puis me laissais retomber, m’enivrant de cette vertigineuse sensation.

Je finis par jeter un œil en bas. J’apercevais le village au loin. Ma vision, plus développée que celle d’un humain ordinaire, me permettait de discerner les rares villageois. Et un minotaure. Jawbol. Il suivait Mirko.

Mirko…

Je me laissais tomber en chute libre. Juste avant d’atteindre le sol, j’écartais les ailes pour atterrir en douceur.

Mirko.

Je me concentrais pour faire disparaître ces ailes monstrueuses. Puis je m’élançais vers le village. D’un geste je replaçais mon épaisse chevelure de façon à cacher les blessures que je m’étais infligées au front. Je finis par les apercevoir. Ils se dirigeaient vers la maison où nous avions passé la journée. Je ne voulais absolument pas y entrer. Pas maintenant. Je les rattrapais et croisais le regard de Mirko. Il y avait un problème. Je ne savais pas vraiment quoi, mais il y avait vraiment quelque chose d’anormal dans son regard. « Mirko ? Qu’est-ce qu’il y a ? » Je lui grimaçais un sourire gêné, puis me tournais vers Jawbol. Et sans que je ne m’y attende, la haine me submergea. C’était lui qu’Elazi avait choisi et je le haïssais pour ça. Ils m'abandonneraient, encore et encore ! Je détournais le regard, dévorée par l’amertume et la jalousie.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Lun 26 Oct 2015 - 10:39

Nous marchions vers l’habitation qui nous avait été prêtée et j’espérais y retrouver Müss ainsi que Elazi, même si je ne savais pas encore ce qu’ils avaient bien pu faire en notre absence. Mais alors que nous approchions, une forme sombre se posa non loin, ailée, et je craignis d’avoir à faire à un nouvel ennemi. Mais lorsque la forme se releva, ses ailes disparaissant dans son dos, je reconnus de suite le doux visage blanc de Müss. Je ne m’attendais pas à la voir ici, et je me demandais ce qui avait bien pu l’amener à nous rejoindre en usant de ses ailes. Elle n’avait pas l’air d’aller très bien, et je m’en inquiétais un peu.

"Mirko ? Qu’est-ce qu’il y a ?"
"Ça va Müss, je voulais justement te parler de certaines choses… Je cherche toujours une place pour moi dans ce monde qui ne veut pas de nous, et ce soir, j’avais peur de faire fausse route. Pour tout te dire, je ne sais pas si ma place est avec toi, mais j’apprécie beaucoup ta compagnie…"

Je ne savais pas quoi lui dire pour qu’elle ne pense pas que je souhaitais qu’on sépare nos routes. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais, mais je m’exprimais terriblement maladroitement. En plus, elle me regardait avec attention, ce qui me mettait encore plus mal à l’aise. Je n’avais pas envie de lui parler de ce que j’avais dit à Jawbol, toutes ces choses qui me faisaient aller mal, et d’autres encore, plus profondes, qui la touchaient directement. Je détournai un peu le regard pour échapper à ses yeux roses.

Dans ma poitrine, s’il avait pu, je pense que mon cœur aurait battu plus fort.

Mais je ne comptais pas lui en parler, pas maintenant.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Jawbol le Lun 26 Oct 2015 - 12:32

Jawbol et Mirko marchaient vers la maison où, pensaient-ils, Müss et Elazi les attendaient tous deux. Le village dormait avec quiétude, cette nuit. les trois iodorions avaient été tués, et à moins de malchance énorme, personne ici n'avait plus à craindre l'attaque d'une créature hostile avant un bon moment. La vie reprenait son cours normal. Et pourtant, en chemin, une forme ailée se détacha du ciel et se posa à une certaine distance de Mirko et de Jawbol. Le Minotaure plissa les yeux, tendit le museau, naseaux écarquillés en reniflant, oreilles droites, une main se portant machinalement vers la poignée de l'une de ses deux épées dans son dos. Une Harpie peut-être ? Jawbol n'avait pas eu le temps d'examiner la silhouette.

Il comprit, non sans étonnement, ce qu'il en était quand il vit Müss se diriger vers eux en venant de l'endroit où avait atterri la créature. La créature, c'était elle. Jawbol avait presque oublié que Müss pouvait faire pousser dans son dos une paire d'ailes membraneuses, ce qui lui valait de se faire appeler “femme-chiroptère” par Elazi. L'étonnement de Jawbol était dû au fait de justement trouver Müss dehors. Elle devait avoir fini de discuter avec Elazi, mais alors où était ce dernier ?

Müss remarqua directement l'expression troublée de Mirko. Quand elle lui demanda si ça allait, Mirko commença déjà à lui déballer ce qu'il avait sur le cœur.

MIRKO – Pour tout te dire, je ne sais pas si ma place est avec toi, mais j'apprécie beaucoup ta compagnie...

Jawbol voulait demander à Müss où était Elazi, mais ce n'était pas le moment. Pire, il se sentait maintenant comme un intrus. Mirko et Müss avaient à se parler et ils préfèreraient sans doute être seuls pour cela. Jawbol décida de leur laisser de l'intimité. Sans un mot, il s'éloigna d'eux et finit de marcher vers la maison. Peut-être y trouverait-il Elazi, mais si Müss était sortie, il y avait fort à parier qu'Elazi n'était pas resté tout seul comme un idiot à l'intérieur.

******
Tu n'es qu'un lâche, Elazi. Un lâche. Au lieu d'affronter cette chose qui t'est nouvelle et qui te fait peur, tu te dérobes. Tu regrettes que les Arachnéens soient toujours considérés comme des monstres, et quand tu as une Vampire qui t'avoue être amoureuse de toi et n'a pas peur de caresser ton corps d'araignée géante, tu ne trouves rien de mieux à faire que de lui causer délibérément de la peine. Car tu savais que ça lui ferait de la peine de lui dire ce que tu viens de lui dire, au moment où elle est en train de livrer ses sentiments pour toi. Tu as choisi le pire moment, et tu le savais très bien. Tu as fait exprès. Voilà, maintenant, tu as gagné : Müss est fâchée contre toi, et elle est triste par ta faute. Peut-être que tu es réellement un monstre, en fin de compte. Non, tu sais que c'est faux, tu sais au fond de toi que tu n'es pas un monstre. Tu le sens, ce pincement au cœur ? C'est du regret. Oui, tu regrettes d'avoir peiné Müss à l'instant. Mais ça, tu ne le montreras pas. Pas par fierté, non. Car tu n'es pas fier. Tu veux garder ta carapace. Tu veux rester le méchant, ça donne l'impression que tout est dans l'ordre. Mais c'est une fausse impression. Jawbol a bien compris tout ça. Alors pourquoi ouvres-tu ta carapace à Jawbol, et pas à Müss ? C'est idiot. Jawbol ne t'a pas caressé, Jawbol ne t'a pas dit qu'il t'aime, mais Jawbol est un ami, et même ça, un ami, c'est assez nouveau pour toi. Tu l'as accepté, pourtant. Tu en as besoin, tu as besoin de cet ami. Et puis c'est réciproque : Jawbol a appris à t'apprécier et il a beaucoup d'estime pour toi, tout comme tu as beaucoup d'estime pour lui. Donc ça marche, il n'y a aucun danger à cette amitié. Mais l'amour de Müss, ça, non, ça te fait te poser des questions. Car tu n'éprouves pas encore de sentiments pour elle. Serait-il possible que ça vienne ? En as-tu seulement envie ? A quoi cela vous mènerait ? C'est tellement plus facile de repousser Müss, plutôt que de découvrir par toi-même la réponse à ces questions. Pour la première fois depuis longtemps, tu te fais honte. Tu voulais que Müss apprenne tes leçons. Maintenant, c'est à toi d'en apprendre une.

******
Pendant que Jawbol, Müss et Mirko se retrouvaient, Elazi les épiait par l'entrebâillement de la porte, à une dizaine de mètres. Il n'avait pas observé Müss s'abîmer le corps, un corps qui se régénérait trop vite de toute façon. Il n'avait même pas osé la regarder s'éloigner. Il avait tourné en rond dans la maison. Maintenant, Müss était revenue, elle avait croisé Mirko et Jawbol et s'était arrêtée pour leur parler. Elazi vit Jawbol les laisser et finir de revenir à la maison. Elazi s'écarta de la porte, et prit une longue inspiration.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Lun 26 Oct 2015 - 15:42

« Ça va Müss, je voulais justement te parler de certaines choses… Je cherche toujours une place pour moi dans ce monde qui ne veut pas de nous, et ce soir, j’avais peur de faire fausse route. » Je ne comprenais pas. De quoi parlait-il ? Ne savait-il pas qu’il avait bien plus sa place dans ce monde que nombre de "vrais vivants" ? La plupart des humains n’arrivaient pas à sa cheville (quand aux arachnéens, n’en parlons même pas !). Il rendait le monde plus beau qu’il ne l’était et ça, ça suffisait à lui donner droit à n’importe quelle place au monde.

« Pour tout te dire, je ne sais pas si ma place est avec toi, mais j’apprécie beaucoup ta compagnie… » Voilà. Il voulait m’abandonner lui aussi. Cela ne m’étonnait même pas. Il avait pris le temps de me connaître. Et maintenant qu’il savait qui j’étais, il faisait le choix le plus logique qui soit. Je répondis sans réfléchir : « Ta place est là où tu veux qu'elle soit ! »

Sombre idiote. De toutes les réponses possibles, il faut que ce soit les mots de ce stupide arachnéen qui sortent de ta bouche ! m’insurgeais-je. Je me concentrais sur ce que disait Mirko. Cherchant à le comprendre. Partant à la recherche d’une solution. Qu’est-ce que ça voulait dire, qu’il appréciait ma compagnie, mais qu’il ne savait pas si sa place était avec moi ? Ses paroles mettaient mes pensées dans un incroyable désordre. « Moi aussi j’apprécie beaucoup ta compagnie… » m’entendis-je murmurer.

Est-ce que c’était un adieu ? Il ne pouvait pas partir juste comme ça. Il avait promis de m’apprendre à lire. De voyager avec moi jusqu’aux bibliothèques de Telbara. De chercher un remède.

Il n’avait pas le droit !

« Qu’est-ce que tu veux dire par "je ne sais pas si ma place est avec toi" ? Tu voudrais qu’elle soit où ? »

N’importe où mais loin de toi, voilà ce qu’il répondrait. Je n’avais pas envie d’entendre ça. Je lui en voulais de m’abandonner à son tour. Je le regardais d’un œil accusateur. Exactement de la même façon que je venais de regarder Jawbol avant qu’il ne s’en aille. Avec toute la rancœur du monde.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Mar 27 Oct 2015 - 13:03

Sa réponse fut abrupte, sèche, comme si elle avait répondu immédiatement et naturellement.

"Ta place est là où tu veux qu'elle soit !"

En fait, cette réponse me surprit tellement que je ne savais quoi lui dire, je restais là, à la regarder, sans la moindre idée de ce que je pouvais bien répondre à cela. Ce que je craignais semblait arriver, elle avait mal saisi mes propos, mais étais-ce mes propos que étaient clairs, alors même que mon esprit ne l’était pas ? Je ne savais plus trop quoi faire, car Müss, maintenant que je la voyais, me paraissait assez désemparée, autant que moi à vrai dire. En la regardant, je savais que je ne voulais pas la laisser comme ça, alors que je lui avait promis de lui apprendre la lecture, de rester avec elle jusqu’à ce qu’on trouve un remède…

"Moi aussi j’apprécie beaucoup ta compagnie…"

Ces mots me sortirent de mes pensées aussi surement que si elle m’avait giflé, sauf que ces mots sonnaient à mon oreille comme une caresse. Je relevai les yeux vers elle, l’espace d’un moment, elle semblait confuse, mais cela laissa bien vite place à l’incompréhension et la colère.

"Qu’est-ce que tu veux dire par "je ne sais pas si ma place est avec toi" ? Tu voudrais qu’elle soit où ?"

De nouveau une réponse abrupte, mais c’est en voyant le désordre dans lequel je l’avais mise que je sus que je devais y remédier. Elle me regardait presque méchamment, je ne pouvais lui en vouloir, je lui avais promis… Et j’ai failli rompre cette promesse. Mon corps bougea, presque tout seul, et je la pris dans mes bras, la bouche près de son oreille pour lui murmurer ma réponse.

"Je suis désolé Müss… Je ne veux pas m’éloigner de toi, tu es la seule que j’ai rencontré qui soit comme moi, dans un sens. Je ne dérogerai pas à ma promesse, je ne sais pas ce qui a causé cette hésitation chez moi…"

Moi, je ne savais pas, mais mon cœur, lui, savait…

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Mer 28 Oct 2015 - 9:48

Je regardais Mirko sans pouvoir m’empêcher d’être un peu suspicieuse. Je l’étais toujours avec les gens qui pouvaient m’abandonner. Je comprenais maintenant qu’il pouvait choisir de s’en aller à n’importe quel moment. Mirko était libre. Et cette liberté m’effrayait. Je ne pouvais pas la lui accorder. Les gens n’avaient pas le droit de m’abandonner.

J’aurais voulu lui arracher sa volonté propre. En faire ma marionnette. Ou devenir la sienne. Mais notre lien n’était ni acquis, ni inébranlable. L’idée qu’il puisse s’en aller m’angoissait. Au point que j’envisageais presque de l’abandonner avant qu’il ne le fasse lui-même.

Blesser pour ne pas être blessé. Encore une de mes foutues règles de vie. Et, plus qu’aucune autre, cette règle-là était source de mon malheur. Je confondais amitié et possession, amour et domination. Et quand ceux que j’aimais ne se comportaient pas comme je l’attendais, quand ils partaient, m’abandonnaient ou mourraient, je me sentais trahie.

Occupée à chercher un moyen de l’emprisonner à moi, je ne remarquais pas qu’il s’avançait. Il m’enlaça. Sa douceur transformait "la froide étreinte du vampire" en un refuge de tendresse. J’aurais aimé dire qu’avec lui, je me sentais en sécurité. Parce qu’il était toujours tourné vers les autres. Parce qu’il était attentionné et incapable de trahir ses amis. Et pourtant… j’avais beau être protégée de ses bras, je ne me sentais pas sereine. J’avais peur qu’il disparaisse à son tour, comme tous les autres.

Ses lèvres se trouvaient tout près de mon oreille. Je frissonnais sous la caresse de son souffle, de cet air qui sortait de son corps pour glisser le long de mon cou.

« Je suis désolé Müss… Je ne veux pas m’éloigner de toi, tu es la seule que j’ai rencontré qui soit comme moi, dans un sens. Je ne dérogerai pas à ma promesse, je ne sais pas ce qui a causé cette hésitation chez moi… »

Sceller notre amitié avec des promesses. Voilà qui était rassurant. Je m’enfonçais un peu plus dans les replis de sa veste. Je redressais la tête pour la placer dans son cou. La douceur de son col de soie n’égalait pas celle de sa peau. Sa peau… glacée comme la mienne. Alors que j’aurais dû m’imprégner de cette tendresse, je ne pouvais m’empêcher d’être à nouveau envahie par la peur. Je me mis à exprimer tout haut ce que j’aurais dû garder tout bas.

« J’ai beau être un vampire comme elle, je ne pourrais jamais remplacer ta sœur. Et… mon étreinte n’a pas la chaleur qu’avait celle de ton épouse. Tu… tu sais que je ne suis pas…  elles. N’est-ce pas ? »

Évidemment qu’il ne me confondait pas avec une autre. Il m’appréciait pour ce que j’étais. Il ne se contentait pas de m’utiliser pour remplacer ses pertes. Il n’était pas comme moi. Alors, pourquoi j’avais quand même peur ?

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Mer 28 Oct 2015 - 13:52

J’étais toujours en train d’étreindre Müss avec tendresse, je la sentais se détendre, ce qui me rassurait, je n’aurai pas supporté qu’elle souffre par ma faute. Je voulais rester avec elle, et c’est dans notre contact glacé que je compris que ma place était avec elle, si elle le souhaitait aussi. Je ne savais quoi lui dire, et je prenais conscience de ce que je ressentais pour elle, une sensation que je n’avais pas ressentie depuis des années, depuis que j’étais devenu un vampire…

"J’ai beau être un vampire comme elle, je ne pourrais jamais remplacer ta sœur. Et… mon étreinte n’a pas la chaleur qu’avait celle de ton épouse. Tu… tu sais que je ne suis pas… elles. N’est-ce pas ?"

Ses mots, sa voix fébrile mais claire, parvinrent à mes oreilles pour me tirer de mes pensées. Elle s’était enfoncée dans les replis de ma veste, se pressant plus contre moi. Je me disais qu’elle devait souffrir en ce moment, même si je n’en comprenais pas la raison. Pour moi, une chose s’était faite claire, je ressentais certaines choses pour elle, que je ne parvenais pas à démêler entre amour et volonté de me lier à elle d’une façon ou d’une autre.

"Je sais que tu n’es pas elles, mais… Je ressens certaines choses pour toi. Je m’excuse si je t’ai blessée, je ne veux pas t’abandonner, jamais, je veux passer mon éternité avec toi…"

Moi-même je ne savais pas comment elle pourrait prendre ces mots, car je ne savais pas ce que je voulais lui faire comprendre exactement. Ce dont j’étais sûr, c’est que je ne voulais pas la voir souffrir, même si cela me faisait prendre tout sur moi. Je pouvais presque sentir ses pensées de surface grâce à mes pouvoirs de télépathe, mais je me refusais à les lire. Elle avait le droit de me cacher des choses, même si j’aurai aimé tout savoir. Il y avait un unique moyen, une chose que je n’avais faite qu’avec ma sœur, qui nous lierait Müss et moi dans un certain sens. Si cela pouvait la rassurer, je devais le lui proposer.

"Müss… J’ai un certain pouvoir que tu ignores, je suis un télépathe… Je voudrais établir un lien psychique entre nous, si tu es d’accord. On pourra se parler par la pensée… Et si l’autre le souhaite, on pourra aussi lire ses pensées… C’est indolore, mais c’est une sorte d’engagement important entre nous, parce qu’on sera toujours connectés mentalement tant qu’on sera proches."

Je ne voulais pas la voir partir, pas plus que je ne comptais la laisser, et dans un sens, cela réveilla en moi une émotion que je n’avais connu qu’avec ma sœur et ma fiancée, la volonté d’appartenir à Müss, et de me lier à elle pour toujours.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Jeu 29 Oct 2015 - 10:47

« Je sais que tu n’es pas elles, mais… Je ressens certaines choses pour toi. Je m’excuse si je t’ai blessée, je ne veux pas t’abandonner, jamais, je veux passer mon éternité avec toi… »

L’éternité… c’est long.

Et moi qui l’avais cru prêt à partir cette nuit. Voilà qu’il se produisait l’inverse. Il venait de rallumer les lumières de mon avenir. Dire que je venais de briser les os de ma main après avoir vu mourir un de mes rêves… Si stupide rêve… Impossible rêve. Pire : anormal, malsain et pathologique. Il ne fallait pas penser à ce genre de… perversité. Les arachnéens devaient rester avec les arachnéens. J’avais retenu la leçon.

Vraiment ?

N’y pense plus, m’intimais-je. J’arriverais forcément à l’oublier un jour.

Je poussais un soupir. Mirko était de ma race. Il était normal qu'on voyage côte-à-côte. Nous trouverions un remède ou alors nous mourrions ensemble. Je n’avais pas à être triste. Il était mon frère de sang.

Il se mit à me parler d’un de ses pouvoirs. Il savait faire de la télépathie et il me proposait de me lier à lui par la pensée. Je m’éloignais pour pouvoir le regarder. Il avait pris un air sérieux. Il affirmait que c’était un engagement d’importance, insistant sur le fait que nous serions automatiquement « connectés » dès que nous serions proches. C’était étonnant. Je n’avais jamais entendu parler d’une telle chose.

Je penchais la tête sur le côté en réfléchissant aux conséquences que cela pourrait avoir. Il entendrait mes pensées les plus sombres. Que penserait-il de moi s’il découvrait que je m’imaginais souvent peupler le monde de vampires ? Voudrait-il encore m’offrir son éternité s’il savait que je venais de déclarer mon amour à une créature encore plus monstrueuse que moi ? S’enfuirait-il s’il entendait hurler mes peurs, ma violence et mes désirs de mort ? Pourrait-il être contaminé par mes pensées malades ? Et puis, il y avait mes rêves aussi. Même si je ne les écoutais jamais (sauf pour faire des idioties comme embrasser un arachnéen), j’en avais beaucoup, tous plus fous les uns que les autres. Tous un peu bizarres.

Par contre, je ne m'interrogeais pas du tout sur ce que je pourrais penser de lui. Pour moi, il ne pouvait rien y avoir de tordu ni de malsain ni d’anormal ni aucun autre mot à tournure négative qui se rapporte à lui.

« J’ai peur de ce que tu pourrais penser de moi… Je ne suis pas quelqu’un de bien. Et là, je ne pourrais plus le cacher. J’ai peur que tu t’enfuis en entendant ce que je suis. »

J’avais attrapé sa manche et jouais machinalement avec le tissu.

« Mais… peut-être vaut-il mieux que tu saches à quoi t’attendre. Tu prendrais ta décision en connaissance de cause. Je suis prête. Enfin, je crois. Comment est-ce que ça se passe ? Que dois-je faire ? »

J’avais les sourcils froncés et le corps crispé. J’étais à l’écoute de sa voix… et de ses pensées.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Ven 30 Oct 2015 - 8:57

J’attendais sa réponse en espérant qu’elle ne le prenne pas mal. Elle semblait réfléchir, c’était normal, car la décision n’était pas aisée à prendre. Au moins, elle semblait s’être calmée, et ne plus craindre quoi que ce soit quant à la possibilité que je parte. De toute façon, je n’avais pas l’intention de partir et de m’éloigner d’elle. Au bout d’un moment, elle releva les yeux vers moi et je la regardai avec attention.

"J’ai peur de ce que tu pourrais penser de moi… Je ne suis pas quelqu’un de bien. Et là, je ne pourrais plus le cacher. J’ai peur que tu t’enfuis en entendant ce que je suis."
"Tu es quelqu’un de suffisamment bien pour moi… Et de toute façon, je ne pourrai voir que ce que tu choisiras de me montrer, je ne pourrai en aucun cas ouvrir moi-même des portes dans ton esprit. On pourra se parler sans réserve par la pensée, mais pour ce qui est du partage de pensées, c’est seulement toi qui décides de ce que je verrai."

Elle ne semblait pas être d’accord, mais au moins elle ne le prenait pas mal. Je ne pouvais pas lui en vouloir de refuser, c’était tout à fait compréhensible, même si j’aurai préféré qu’il en soit autrement. Elle saisit ma manche, et je la laissai faire alors qu’elle frottait ses doigts sur le tissu, comme pour en examiner la qualité, alors qu’elle ne semblait que jouer avec. Dans mes bras, je la sentis se crisper un peu, et elle fronça les sourcils de son doux visage.

"Mais… peut-être vaut-il mieux que tu saches à quoi t’attendre. Tu prendrais ta décision en connaissance de cause. Je suis prête. Enfin, je crois. Comment est-ce que ça se passe ? Que dois-je faire ?"

Elle acceptait, j’en étais ravi, même si cela me surprenait énormément. Je posai doucement ma main sur le côté de sa tête, sentant sa peau glacée sous mes doigts, puis j’approchai mon visage du sien, jusqu’à ce que mon front rencontre le sien. Mes lèvres n’étaient qu’à quelques centimètres des siennes, et je sentais son souffle. Je la regardais dans les yeux, plongeant dans ce regard rosé terriblement attirant, presque hypnotique.

"Tu n’as rien à faire d’autre qu’à m’ouvrir ton esprit. Pas tout, seulement l’entrée. Ton esprit est un peu comme une maison, où chaque pièce renferme tes pensées. Plus on va loin dans cette maison, plus les pensées sont secrètes, et c’est la même chose pour les souvenirs… Tu as juste à m’ouvrir la porte d’entrée, la mienne est déjà ouverte…"

J’essayais doucement de me projeter dans son esprit, attendant qu’elle m’ouvre. Il y avait une chose dont j’avais peur, c’est qu’elle voit que la maison de mon esprit n’était rien de plus qu’une ruine. Mais si cela pouvait la rassurer, j’étais même prêt à lui donner le libre accès à toutes mes pensées pour qu’elle sache mes intentions, même les plus secrètes…

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Ven 30 Oct 2015 - 11:24

Avec patience, Mirko m’expliqua qu’il ne pouvait avoir accès qu’à ce que j’acceptais de partager. Je pouvais garder mes secrets et une certaine intimité. De toute façon, j’étais déjà prête à tout dévoiler. Je vis sa main se lever jusqu’à mon visage. Je me demandais un peu à quel genre de rituel j’allais avoir affaire. Il apposa délicatement ses doigts sur ma tempe et posa son front contre le mien. Je devais loucher pour voir ses yeux gris. Je fermais les yeux pour mieux me concentrer. Plongée dans le noir, je sentais d’autant plus sa présence contre moi. C’était étrange.

Et si je n’y arrivais pas ? Je ne devais pas penser à ça maintenant. J’essayais d’abord de me détendre. Je me concentrais sur son souffle régulier. C’était apaisant. Tout était calme, nous étions en sécurité dans un village et les seuls bruits que nous entendions étaient les chants d’oiseaux nocturnes. Les seuls ? Non, il y avait autre chose. Ce n’était pas vraiment un « son », mais un mélange de sensations inattendues. Comme une présence. Je n’avais encore jamais ressenti ça de toute ma vie. Je m’agrippais un peu plus à lui, plus par réflexe que par peur. Je ne savais pas si c’était normal ou pas. Mais comme Mirko restait calme, je me détendis et je le laissais aller plus en avant. Devais-je formuler mes pensées, ou avait-il accès à mon fouillis cérébral ? J’essayais de lui faciliter la tâche en m’ouvrant complètement.

Mirko… il était là, je le sentais. Je ne pouvais m’empêcher de sourire. On avait réussi. Je cherchais à lui transmettre ma joie, me demandant si ce lien nous permettait d’aller au-delà des mots. S’il pouvait ressentir ce que je lui envoyais sans que je n’aie à les formuler, ce serait… incroyable.

Ce n’était qu’un début, mais déjà emportée par cette réussite, j’essayais d’entrer en même temps dans son esprit.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Sam 31 Oct 2015 - 11:13

Elle ouvrit son esprit, et je commençais à sentir ses pensées. Je ressentais notamment sa joie, elle devait être heureuse de cette réussite, et moi aussi. De cette manière, je me sentais plus liée à elle qu’à n’importe quelle autre personne de ce monde. Je ressentais vaguement ce qu’elle ressentait, c’était une sensation que je n’avais plus connue depuis longtemps.

Je sentis qu’elle essayait de rentrer dans mon esprit, et je n’avais aucune volonté de m’opposer à elle. Je la laissais rentrer, hésitant encore à lui laisser voir tout ce qu’elle désirait. Je craignais qu’elle ne prenne mal mes sentiments, et qu’elle ne trouve une chose qui la rebute dans mon esprit. Nous étions différents elle et moi, et je craignais qu’elle ne me trouve bête de préférer me faire blesser plutôt que blesser les autres, qu’elle ne comprenne pas mes idéaux et mes principes, et qu’elle s’éloigne de moi. Je voulais la garder près de moi, ce qui allait au-delà de toute raison, j’aurai tout fait pour m’attacher à elle, j’aurai tout fait pour elle, et ça aussi, je craignais qu’elle ne le voit.

Mais je ne voulais rien lui cacher, je craignais aussi qu’elle ne s’en sente offensée. J’étais tiraillé entre ces deux sentiments, ces deux craintes vis-à-vis d’elle. Puis je finis par décider qu’elle devait savoir, qu’elle devait savoir tout ce qu’elle pourrait vouloir savoir, ainsi je pourrais être à elle, si elle le souhaitait. Moi-même je me demandais les projets qu’elle avait vis-à-vis de moi, mais cela, je ne le saurai que si elle ne fuyait pas en voyant mes pensées…

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Jawbol le Lun 2 Nov 2015 - 10:47

Contre toute attente, Jawbol trouva Elazi dans la maison. Il lui demanda ce qu'il faisait seul là, ce à quoi Elazi répondit vaguement que Müss avait voulu prendre l'air en s'envolant et qu'il n'avait ni l'envie ni la possibilité de lui coller aux semelles. C'était une explication plausible, mais Jawbol se douta tout de même qu'il y avait autre chose, sans deviner quoi. Il se jouait quelque chose entre Elazi et Müss, mais Jawbol n'arrivait pas à en capter la nature. Comme pour changer de sujet, Elazi demanda à Jawbol pourquoi il avait laissé Müss et Mirko. Jawbol lui expliqua que d'une part, il avait voulu les laisser seuls car ils avaient des choses à se dire en privé, et d'autre part, il se demandait où il était passé.

Les deux amis restèrent un petit moment dans la maison, échangeant quelques mots. La nuit était calme. Le village dormait en toute quiétude, n'ayant plus à craindre les trois iodorions. Jawbol bâilla. Que c'était difficile de suivre le rythme de vie des Vampires... Jawbol n'était pas fait pour jouer les nocturnes. Il observa Müss et Mirko à travers l'entrebâillement de la porte, et leur laissa le temps de se dire certaines choses. Puis, quand il estima qu'il ne risquait plus de les déranger, il revint vers eux. Elazi lui emboîta le pas.

Jawbol ne voyait pas que derrière lui, son ami était nerveux. Seulement, l'Arachnéen n'aimait pas le laisser paraître. Arrivé auprès de Müss et de Mirko, il fit comme si de rien n'était et prit même la parole pour demander d'un ton un peu plus sec qu'il ne l'aurait voulu :

ELAZI – Qu'attendons-nous ? Nous allons toujours à Telbara ? La route ne se fera pas toute seule.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Lun 2 Nov 2015 - 22:49

Il me laissait faire. J’avais presque l’impression qu’il me guidait. Etrange sensation. J’étais… en lui. Maintenant, il fallait chercher à se repérer dans « la maison de son esprit ». Je cherchais à comprendre. Cela venait comme des intuitions.

Si je n’étais pas entrée dans son esprit, je ne suis pas certaine que j’aurais pu comprendre ses idéaux. Ils étaient si différents des miens. Mirko préférait être blessé que de blesser. Je le laissais me découvrir en même temps que je le découvrais. Il voyait désormais ma philosophie antagoniste à la sienne : je blessais pour ne pas risquer de l’être à mon tour. Je piétinais ceux qui risquaient de me faire de la peine. Mirko voulait… me garder prêt de lui ? Je lui faisais comprendre que c’était réciproque. Mais ça allait plus loin. Je pouvais lire en lui qu’il aurait tout fait pour moi. Il me fallu un peu de temps pour y croire. Jusqu’où ? Jusqu’au bout. Enfin, c’est ce qu’il semblait penser. Je liais un peu plus son esprit au mien. Je voulais d’abord qu’il voit le lien qui m’unissait à lui. Nous étions deux vampires. Il était… un peu comme un frère. Il représentait ma seule famille. Sauf que je l’avais choisi. Je lui faisais comprendre que s’il disparaissait de ma vie, je ne serais plus qu’une orpheline. Qu’avant lui, je voulais mourir. Mais que désormais, j’avais l’espoir de trouver une solution. Que le simple fait de la chercher avec lui me suffisait. Et que cette solution… je l’avais peut-être déjà trouvée. Au final, notre cœur ne battait plus, mais avec lui, j’avais l’illusion d’être en vie. En partageant nos illusions, j’avais l’impression de leur donner de la consistance, de la réalité. Pour le moment, cela me suffisait pour avancer.

Et puis je le laissais tout voir en moi. Qu’il sache que ce à quoi il tenait n’était pas forcément ce qu’il pensait.

Je lui montrais ma cruauté. Le fait que j’avais transformé des humains en vampire. Même un bébé. Que j’avais fait des expériences sur eux. Que j’avais fini par les faire mourir. Je lui montrais ma lâcheté et ma faiblesse face au vampire qui m’avait transformée. La façon dont je l’avais aimé au point de lui offrir mon humanité. Je lui dévoilais mon second amour, tout aussi pervers que le premier, pour un monstre. Elazi. Et je lui montrais à quel point j’étais pitoyable en lui révélant toute l’histoire.

« Qu'attendons-nous ? Nous allons toujours à Telbara ? La route ne se fera pas toute seule. »

Je sursautais. N’apparaît pas comme ça… Jawbol et Elazi étaient là. Ils n’avaient pas dû se douter que j’étais momentanément absente, perdue dans nos échanges muets.

Jawbol était fidèle à lui-même. Elazi quand à lui paraissait… méchant. Comme toujours. Je pensais comprendre son empressement. Plus vite on y serait, plus vite il serait débarrassé de moi. J’avais dit lui appartenir, mais il avait décidé de me jeter. Ça faisait mal. Terriblement mal.

Je coulais un regard de biais vers l’arachnéen. Quand nos regards se croisèrent, mon cœur fit de stupides bonds dans ma poitrine. Ça donnait le vertige. Comme un genre de papillons venimeux qui voleraient dans mon ventre pour me donner la nausée. J’avais envie de me jeter dans ses bras. Au lieu de ça, je me contentais de lui lancer un regard vide. J’aurais voulu paraître belle, fière ou n’importe quel autre synonyme. Au lieu de ça, j’avançais pitoyablement vers la salle qui nous avait servi de chambre, ramassais mes affaires et les rejoignis. Nahak était de la partie. Il s’était approché de Mirko.  


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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Mirko le Dim 8 Nov 2015 - 11:56

Müss était dans mon esprit, elle l’explorait, et j’avais peur qu’elle ne découvre quelque chose, et qu’elle me rejette d’un coup. Mais je me sentais profondément heureux de la sentir dans mon esprit, et je me disais que finalement, elle comprenait mes sentiments.

Puis vint une chose à laquelle je ne m’étais pas attendu, elle raffermit encore le lien mental qui nous unissait, je pouvais capter ce qu’elle pensait à cet instant. Je ressentis des sensations mitigées, d’abord la joie de la sentir si proche, si unie à moi… Puis une pique au cœur, en comprenant qu’elle me considérait comme un frère, c’était bien vrai, nous étions en quelque sorte frères, elle était ma famille, et j’étais la sienne, et elle craignait que je m’en aille. Mais j’aurai voulu sentir qu’elle me voyait comme plus que cela. Je ne savais quoi penser de tout ceci, car d’un autre coté elle semblait heureuse avec moi, et cela me mettait dans le trouble, ne sachant pas la nature de ses véritables sentiments pour moi.

Puis je fus aspiré dans son esprit, dont elle m’ouvrait pleinement les portes. Elle m’ouvrit tout, sans exception, et me laissait tout voir de ce qu’elle était. Elle me montrait à quel point elle était cruelle et égoïste. Du moins étais-ce ce qu’elle voulait que je voie, car cette Müss que je voyais ne ressemblait en rien à celle qui était dans mes bras dans la réalité. C’était ainsi qu’elle se voyait, comme un monstre. Elle avait tenté de transformer des gens, elle voulait… peupler le monde de vampires ? Même si cette idée me rebutait de prime abord, le simple fait qu’elle vienne de Müss me faisait l’accepter. J’aurai même pu l’y aider si elle attendait cela de moi, moi-même j’avais plusieurs fois hésité à le faire avant de me raviser. Elle me montrait a quelle point elle se sentait faible à cause de celui qui l’avait changée, mais moi-même je m’étais abandonné à ma sœur, je n’aurai pu la juger pour cela. Mais c’est alors que reçu un second coup de poignard au cœur, lorsqu’elle me montra qu’elle avait des sentiments pour… Elazi. Elle se sentait honteuse, pitoyable, en me montrant cela.

J’avais envie de la laisser seule et de partir pour toujours, de nouveau l’envie de mourir me gagnais, directement dans mon esprit. Et pourtant, j’étais là à l’enlacer, prêt à la suivre pour toujours, à chercher un remède, cela même si je devais en souffrir. J’étais prêt à tout lui céder, même ma liberté, pour qu’elle me garde près d’elle. Je tentais de le lui faire comprendre, et même si je me sentais honteux de formuler de telles pensées, j’essayais de lui montrer que je voulais lui appartenir…

"… allons toujours à Telbara ? La route ne se fera pas toute seule."

La connexion se coupa butalement, Elazi et Jawbol étaient là. Müss semblait désemparée, perdue, comme si elle n’avait plus l’envie de vivre, où l’envie de lutter. Elle était dans un triste état, et je craignais que ce fut à cause des dernières sensations que je lui avais envoyées. Mais son regard vide portait sur Elazi, bien sûr, elle avait un problème avec lui. Elle se dirigea vers la chambre pour rassembler ses affaires, et je la suivais, laissant quelque distance entre nous, pour ne pas la brusquer, tant elle paraissait troublée. Nahak me suivit alors que j’allais rassembler mes maigres effets personnels de voyageur.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Jawbol le Dim 29 Nov 2015 - 15:11

Elazi fit sursauter Müss. Apparemment, l'échange entre les deux Vampires avait été intense. Aucun des deux n'avait semblé voir ni entendre venir les deux amis. Ne pas entendre un Arachnéen, cela pouvait s'imaginer facilement ; mais un Minotaure n'était pas bien doté par la Nature pour être maître en discrétion. Pourtant, Jawbol ne fut qu'à moitié surpris : Mirko en avait gros sur le cœur et la discussion entre les deux Vampires avait dû les absorber suffisamment pour être surpris par un Minotaure et un Arachnéen. S'ensuivit un échange de regard troublant entre Müss et Elazi. Jawbol trépignait intérieurement à la question de ce qui se passait entre eux deux. Il allait devoir poser la question à Elazi un jour où l'autre.

Mais le voyage lui fit provisoirement oublier cette question. Peut-être fut-ce dû à la fatigue. Il faut dire que leur route jusqu'à Telbara leur prit pratiquement trois semaines, pendant lesquelles Jawbol et Elazi durent se forcer à ne marcher que la nuit et à dormir le jour. Ils arrivèrent tous deux dans un état de fatigue assez alarmant, surtout Jawbol. Leur rythme biologique avait été chamboulé, leur horloge interne déréglée. Il allait leur falloir du temps de récupération à Telbara. Jawbol n'allait certainement pas rentrer à la Guilde des Guerriers dans cet état ! Il allait d'abord passer du temps à récupérer avant de se présenter à la Guilde des Guerriers pour une prochaine mission. Déjà que l'on se moquait de lui parce qu'il avait fait « copain-copain » avec un Gupile puis avec un Arachnéen, alors il voulait s'éparner la honte d'arriver dans la Guilde des Guerriers en étant biologiquement déboussolé et incapable de rien.

Jawbol se dit que cela aiderait peut-être Müss à se montrer compréhensive et à moins leur en vouloir de la délaisser, que de les voir au bout du rouleau comme ça.
En tout cas, ils y étaient. Enfin. Telbara. La belle et grande Telbara.
Nahak était resté auprès de Mirko pendant tout le voyage. C'était étonnant de voir comment le kul'tak s'était attaché à lui et le considérait maintenant comme son maître, d'une certaine façon. C'était un animal de compagnie maintenant, malgré son caractère bien trempé.

Alors que Jawbol, fourbu, s'approchait des portes de la capitale avec Mirko, Elazi saisit l'occasion de rester en retrait un instant le temps pour lui de dire quelque chose à Müss, car venait incessamment le moment de se séparer. L'Arachnéen n'allait pas rentrer dans la capitale, Jawbol avait besoin de retrouver son rythme normal, et tous deux laisseraient donc les Vampires suivre leur propre chemin. Elazi prit donc Müss à part afin de n'être entendu ni de Mirko, ni de Jawbol :

ELAZI – Ecoute, je sais que je t'ai rejetée. C'est parce que je ne sais pas comment faire avec les sentiments que tu as pour moi. Tu aimes mon corps, tu aimes toucher mes pattes ou mon abdomen, ou caresser mes cheveux et m'embrasser, mais je ne suis pas habitué à ça. Il faut que tu m'en laisses le temps. Si tu suis la direction dans mon dos sur environ un kilomètre, tu arriveras à un escarpement rocheux au pied duquel coule un minuscule ruisseau. Il y a une petite grotte qui nous sert souvent de point de rendez-vous à Jawbol et moi. J'y serai une nuit sur deux quand Jawbol voudra rester dans le coin. Si nous partons, je te laisserai un signe pour te faire comprendre que tu ne dois pas m'y attendre. Ca nous permettra de nous revoir... si tu en as toujours envie.

Elazi vit Jawbol se retourner vers eux en se demandant probablement pourquoi ils s'étaient arrêtés. L'Arachnéen s'écarta de Müss, l'air de rien et se rapprocha de son ami.
Vint alors le moment des adieux. Pour Jawbol, du moins, il s'agissait d'adieux, car il ne savait pas du tout qu'Elazi avait offert à Müss la possibilité de les revoir. Elazi comptait mettre son ami au courant de toute façon, mais il venait d'agir de façon précipitée, car il avait hésité pendant les trois dernières semaines.

Comme convenu, donc, le groupe se sépara en deux : d'un côté, le Minotaure et l'Arachnéen, et de l'autre côté, les deux Vampires et le kul'tak. Jawbol regarda Müss et Mirko s'éloigner. Il était soulagé de savoir qu'il allait enfin pouvoir retrouver un rythme de vie normal, mais il appréciait aussi ces deux Vampires et espérait de les revoir un jour. C'était déjà la deuxième fois qu'il rencontrait Müss. Les dieux feront peut-être croiser leurs routes une troisième fois.
Jawbol se tourna vers Elazi.

JAWBOL – Qu'est-ce qu'il se passe, entre Müss et toi ?

Elazi eut un petit sourire.

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Re: Du sang sur la route de Telbara

Message  Müss le Sam 5 Déc 2015 - 11:04

Et nous partîmes. Le voyage dura plusieurs nuits durant lesquelles le minotaure et l’arachnéen perdirent progressivement leur vitalité pour tomber dans un état de fatigue inquiétant. J'étais trop préoccupée pour m'en soucier.

Ces quelques jours me permirent de m’habituer au lien mental qui m’unissait à Mirko, à l’explorer et mieux comprendre comment il fonctionnait. Le voyage me permis également de me rapprocher de Nahak. Étrangement, le kul’tak accordait une aveugle confiance en Mirko, et comme j’étais souvent avec le vampire, l’animal avait fini par accepter ma présence. Dans ma tête, les pensées de Mirko modifiaient également bien des choses. Elles me faisaient comprendre que les animaux n'étaient pas que des bêtes de sommes ou une source alimentaire. Je finis par voir Nahak non comme un kul’tak identique à tous autres, mais comme un être avec qui il était agréable de passer du temps. Plus que de l’acceptation, je commençais à ressentir de l’affection pour lui. Un jour, il posa même son museau contre ma main, à la recherche d’une caresse. Cela ne dura qu’un instant, mais je ne pu m’empêcher de le savourer.

Je laissais à Mirko une porte ouverte sur mon univers mental. Cependant durant le voyage, cet univers restait très limité : toutes mes pensées tournaient autour d’Elazi. L’arachnéen semblait m’avoir oublié et je tentais vainement de faire de même, cherchant à m’éloigner, m’interdisant de le regarder. J’avais à la fois hâte d’arriver à Telbara pour me retrouver seule avec Mirko et Nahak, et en même temps, plus l’échéance approchait, plus je me sentais vide. J’arrivais à moins y penser quand nous partions chasser, Mirko et moi, laissant derrière nous Jawbol et l’arachnéen ainsi que Nahak. Aucune proie ne pouvait nous résister, nous étions silencieux comme des ombres et rapides. De plus, nous savions désormais l’endroit exact où se trouvait l’autre et sans avoir à prononcer un seul mot, je savais la tactique d’approche qu’utilisait Mirko, ce qu’il attendait, et je lui répondais en pensée. La télépathie présentait un autre avantage : j’apprenais à lire à une vitesse incroyable. Durant certaines pauses, nous restions assis à lire le livre que j’avais volé à Port Barbe. Je regardais les mots défiler devant mes yeux tout en les entendant résonner dans sa tête à lui. L’histoire était captivante et je vivais les aventures des personnages à travers les pensées de Mirko. Partager mes découvertes et émotions avec lui m’apaisait. Je finissais par comprendre que, même s’il m’avait toujours paru égal à lui-même, son monde intérieur était riche et parfois mouvementé. Son calme apparent venait d’une maîtrise de lui que j’essayais de décrypter. Je ne savais pas encore si le partage de nos pensées me permettrait de mieux me connaître ou si au contraire j’allais m’approprier ses pensées et me perdre en lui.

Une nuit enfin, Telbara se profila devant nous. Je partageais mon admiration avec Mirko. Cette ville jouxtait la mer, une étendue infinie d’eau sur laquelle se reflétait la lumière de la lune. La mer… on m’en avait tant parlé. Sans avoir besoin de prononcer un seul mot, Mirko savait déjà que j’avais envie d’aller la voir de plus près. Mais ce serait pour plus tard car l’heure était maintenant aux adieux. Ma poitrine se serrait un peu. Nous avancions rapidement mais Elazi trainait derrière nous. Je ne voulais plus me retrouver seule avec lui mais mon corps ne m’obéissait plus. Je ralentis l'allure pour me retrouver à sa hauteur. Une fois seuls, il se mit à me parler. Il expliqua m’avoir rejetée parce qu’il ne savait pas comment faire avec mes sentiments. Envoûté par sa voix, je regardais les milliers d’étoiles qui étincelaient le long des paresseuses vagues, loin là bas. Avec la cruelle absence de romantisme propre aux arachnéens, il décortiquait ma façon… humaine de l’aimer, pour finir par m'avouer avoir besoin de temps. Et puis… il me proposa de le revoir ! Enfin, ce n’était pas aussi clair que ça, disons plutôt qu'il me donna une méthode pour le retrouver. « Si tu en as toujours envie », précisa-t-il inutilement. Je me mordais les lèvres pour m’empêcher de sourire stupidement. Je me contentais de regarder droit devant moi et d’accélérer le pas pour rattraper les autres tout en faisant de mon mieux pour contenir mon sentiment d’euphorie.

Je ne me souviens même pas des adieux. J’étais ailleurs, sur un de ces stupides nuages roses qui empêchent de voir plus loin que le bout de son nez. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire de cette proposition ? Probablement rien. Nous ne nous reverrions sûrement jamais. Un arachnéen, ça n'aime pas un vampire. Ça, j'avais fini par l'accepter. Mais il restait plus qu'un souvenir de ce stupide amour : je pouvais chérir l'idée que, même si cela n'arriverais jamais, je saurais où le retrouver. Elazi m'avait offert un endroit sur la terre et un espoir qui m'aiderait à garder le sourire pour ce qu'il restait de ma vie éternelle.

Quand nous nous retrouvâmes seuls, Mirko, Nahak et moi, je retombais doucement sur terre et fini par relâcher les muscles de mon visage pour laisser s'épanouir un stupide sourire sur mon visage. Inutile de parler, il avait accès à toutes mes pensées. Il en savait trop sur moi pour que je me soucie de lui cacher mon air béat. Je me plaçais à ses côtés, prête à le suivre jusqu'au bout du monde.

Ou simplement à la bibliothèque !

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