Retirer le mouton noir du troupeau

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Retirer le mouton noir du troupeau

Message  Baldrisson le Ven 19 Juin 2015 - 17:12

Baldrisson était allongé dans un lit. C'était rare, pour lui, que de se reposer ainsi. Il devait tout de même l'admettre, les Trouillards des Plaines avaient le goût du confort. Cela faisait une bonne semaine qu'il était arrivé à Gota'hac. Il avait donné son arme au meilleur forgeron de la ville, un Nain, comme Roland le lui avait dit. Puis, il s'était installé dans une chambre d'auberge confortable, après avoir montré à nouveau la lettre de Roland. Ce dernier avait bien fait les choses, car le premier geste de l'aubergiste avait été d'envoyer quelqu'un prévenir la garde pour virer l'espèce de bouseux qui cherchait à lui prendre une chambre. Une fois la lettre lue, difficilement, il était devenu obséquieux au possible, accompagnant ses gestes de tant de courbettes que le Barbare s'était étonné que ses reins ne grincent pas.

Ensuite, il avait prit un bain dans une étuve, seul. L'eau était pure quand il était entré, noire et opaque quand il en sortit, à la grande surprise de Baldrisson. Ensuite, le colosse avait passé une semaine à s'entraîner et à s'occuper de sa monture. Cette dernière était un étalon pur-sang qu'il avait acheté sur la route. L'animal était rapide, puissant et ne semblait pas s'effaroucher au moindre coup de vent, autant dire que Baldrisson en était largement satisfait.

On toqua à sa porte. Il s'étonna. Une des servantes de l'établissement s'était entichée de lui et passait ses nuits auprès de lui, mais ce n'était pas encore l'heure de son service. Il prit son couteau et permit à la personne d'entrer. Il s'agissait du forgeron et d'un de ses apprentis, qui portait un coffre.

"Mon garçon, j'ai ton arme."

Il ouvrit le coffre, pour découvrir une hache, au manche moins long que la précédente de Baldrisson, mais avec le même fer.

"Ne t'en fais pas, tu pourras toujours utiliser ton arme à deux mains, mais si j'ai bien compris la lettre de Roland, ton bras droit est difficilement utilisable. Donc, elle est aussi maniable à une main qu'à deux."

Le Nain prit l'argent de Baldrisson et laissa sa hache à l'Humain. Ce dernier se rallongea dans son lit. Cinq minutes n'avaient pas passé qu'on toqua à nouveau à sa porte. En ronchonnant, il se leva en jurant entre ses dents que s'il ne s'agissait pas d'une urgence, certaines personnes allaient prochainement ramasser leurs dents au sol avec les doigts cassés. Il ouvrit la porte et vit le prêtre de Kaluni de la ville se tenir devant lui, l'air grave.

"Mon fils, bien le bonsoir. Et avant que vous ne me fassiez ramasser mes dents au sol, sachez que je sais pourquoi vous êtes ici. Sachez que la personne dont vous devez vous occuper sera sur la route menant à Gota'hac demain. Il s'agit d'une chance pour vous de vous en occuper. Bon courage, mon fils, et que Kaluni prenne soin de vous."

Avec un doux sourire, il s'en fut. Baldrisson le suivit du regard et s'allongea dans son lit pour dormir. Trois heures plus tard, la jeune servante toqua à sa porte, lui amenant son repas, prête à passer la nuit avec lui.
Le Barbare sourit. Une femme, de la bonne nourriture, de l'alcool et des adversaires à abattre, que la vie était belle.
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Re: Retirer le mouton noir du troupeau

Message  Baldrisson le Ven 19 Juin 2015 - 20:31

Baldrisson faisait trotter sa monture sur la route partant de l'est de Gota'har. On lui avait donné tous les renseignements nécéssaires. Il n'avait pas à avoir peur de la garde de sa cible, ce n'étaient que des nobliaux sans grande envergure qui se satisfaisaient aisément de terroriser des paysans et n'avaient sûrement jamais eus à se battre réellement de toute leurs vies. Autant dire qu'il lui suffirait d'en mutiler un pour les voir fuir dans les jupons de leurs mères.
On lui avait donné une description succincte mais fidèle de sa cible et de son équipage et, quand il le vit arriver au loin, son sourire s'élargit, conférant à ses traits une apparence de tête de mort fort inquiétante.

Un carrosse lourdement décoré, conduit par un jouvenceau, escorté par quatre nobliaux, armés de lances et portant des armures clinquantes, mais aussi utiles qu'un caillou informe dans une forge. Baldrisson talonna sa monture et la plaça en travers du chemin. Le carrosse s'arrêta, à bonne distance du Barbare et l'un des gardes s'approcha. Le colosse fit volter sa monture pour placer son flanc gauche du côté de l'arrivant.

"Vous le... Le... Le gueux ! Ecartez-vous du chemin de son Excellence Aetherion, car elle n'a pas de temps à perdre avec une personne... D'aussi basse caste !"

Baldrisson soupira, avant de prendre sa hache et, d'un mouvement aussi puissant que négligent, sectionna la tête de son interlocuteur au niveau de la mâchoire. Ce dernier tomba au sol dans un geyser de sang, alors que sa monture s'emballait et prenait la fuite. Les autres gardes poussèrent des cris d'effroi et maîtrisèrent de leurs mieux leurs montures. L'un d'entre eux, plus téméraire, ou possédant un instinct de survie sous-développé, plaça sa lance à l'horizontale et chargea. Baldrisson fit doucement volter sa monture et envoya un violent coup de hache dans le torse de son adversaire, qui décolla littéralement de sa selle, avant de tomber au sol dans un fracas d'armure infernal. Comme celui-ci vivait encore, Baldrisson le piétina à l'aide de son cheval, avant de descendre de sa monture, intrigué.

En effet, un des deux derniers gardes s'était dirigé vers l'arrière du carrosse et tirait, à l'aide d'une chaîne, un Minotaure. A coups de fouets, l'Homme-Taureau fut envoyé s'occuper de Baldrisson, une fois libéré de ses entraves.
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Re: Retirer le mouton noir du troupeau

Message  Baldrisson le Sam 20 Juin 2015 - 13:21

Baldrisson était au sol. Le Minotaure l'avait surprit par sa vitesse et projeté à terre d'un coup d'épaule. L'Humain se releva, le souffle court. Son adversaire était déjà en position de charge et repartait à l'assaut. Mieux préparé, Baldrisson esquiva de peu l'attaque, sentant les cornes de son adversaire le frôler. C'est alors qu'une pointé métallique érafla son épaule. En jurant, le Barbare roula au sol. Les deux autres cavaliers s'étaient joints à la bataille. En jurant, Baldrisson courut ramasser sa hache en esquivant de son mieux ses assaillants. Malgré cela, son corps saignait à de multiples endroits quand il parvint à mettre la main sur son arme.

L'un des cavaliers le chargea et Baldrisson fit un simple pas de côté, avant de balancer un coup de hache de bas en haut. La tête du cheval fut à demi-tranchée et il tomba au sol dans une gerbe de sang, tandis que son cavalier effectuait un vol plané et atterrissait lourdement au sol. Le colosse s'approcha et lui planta sa hache dans la colonne vertébrale, coupant net ses hurlements de douleur. Il se retourna et fut à nouveau percuté par le Minotaure et il roula au sol après avoir chuté. En jurant, il se releva. Le second cavalier était revenu près du carrosse, en laissant l'esclave bovin s'occuper du Barbare. Ce dernier courut et fit un roulé-boulé pour attraper la lance de sa dernière victime. Il se plaça à genoux, tenant sa lance pointée en direction du Minotaure. La bête chargea et la pointe pénétra ses chairs, perçant les reins et traversant son corps de part en part. Le manche de la lance se brisa et Baldrisson parvint à esquiver le Minotaure de peu, alors que ce dernier poussait un mugissement de douleur, dérapait et tombait au sol.
Il se leva, un sourire sinistre sur les lèvres, sa hache dans les mains.

"Viens par là, mon petit, que j'attendrisse ta viande."

En boitant, il se rapprocha de la créature hybride qui tentait de retirer le tronçon de lance qui lui perforait le corps. Le Minotaure leva le regard vers lui et mugit à nouveau, alors l'Humain lui cinglait le visage à deux reprises avec le plat de sa hache. Puis, il planta profondément la lourde hache naine dans la nuque de l'esclave. Il la retira péniblement et se tourna vers le carrosse.

"Vous êtes les prochains."
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Re: Retirer le mouton noir du troupeau

Message  Baldrisson le Sam 20 Juin 2015 - 23:00

Le noble à abattre sortit de son carrosse et commença à partir en courant, non pas sur la route, mais en direction de champs au loin. Il était vêtu de vêtements coûteux et était chaussé de poulaines, qui le ralentissaient dans sa course. Baldrisson détourna le regard et le porta sur le dernier des cavaliers, qui le chargeait à son tour. Le Barbare se baissa vivement et trancha les pattes du cheval, au niveau des jarrets. La monture hennit de douleur et tomba au sol, entraînant son cavalier avec elle. Baldrisson se baissa et brisa la nuque du nobliau, avant de prendre sa hache en main et de se lancer à la poursuite de sa proie.
Le noble poussait des hurlements suraigus en direction d'un groupe de paysan occupé à prendre soin de leur champ. Ces derniers interrompirent leurs diverses tâches et levèrent les yeux en direction de l'excentrique qui accourait, puis posèrent le regard sur le colosse qui le suivait.

Ce dernier, couvert de sang, ses tatouages bleus ressortant sur sa peau pâle, ses longs cheveux blonds cendrés volant derrière lui, ses yeux de glace pointés sur sa cible, un sourire sinistre distordant ses traits en un semblant de crâne, son rire sortant tout droit des enfers, semblait être à cet instant un avatar des peurs les plus profondes des hommes.
Le noble parvint aux paysans, leur ordonnant de sacrifier leurs vies pour que lui puisse survivre, promettant des récompenses au-delà de l'imagination à la personne qui tuerait le Berserker, mais les paysans le repoussèrent violemment et lui tournèrent le dos, fuyant aussi vite qu'ils le pouvaient, avant de se cloîtrer dans la ferme. Le noble resta prostré au sol, les injuriant, les menaçant de milles morts, avant de se taire et de se retourner, lentement, en tremblant.
Derrière-lui, Baldrisson se tenait, frémissant d'excitation.

C'était étrange. Il savait qu'il était en colère, plongé dans sa rage berserk, et pourtant... Il se sentait en paix. C'était une colère si froide, une rage si intense qu'il en était... Calme, capable de réfléchir posément. Ses réflexes, ses sens même semblaient au-delà de ce qu"ils étaient d'ordinaires. En comparaison, le noble lui semblait lourd et pataud. Le colosse fronça le nez. Apparemment, le noble s'était souillé sous l'effet de la terreur. Ce dernier dégaina une dague et tenta de le poignarder, mais sa lame ripa contre le gantelet métallique droit de son bourreau. Ce dernier, sans cesser de sourire, leva le bras et l'abattit sur l'épaule directrice de sa victime, la brisant sur le coup.
Il fit un mouvement négligent et, du plat de sa hache, cassa la mâchoire de sa proie. Ce dernier fut renversé en arrière et la dernière chose qu'il vit fut la hache de Baldrisson sur le point de fendre son crâne. Baldrisson le fouilla et prit sa bourse, qu'il laissa aux paysans. Puis, il trancha le doigt où se trouvait la chevalière et revint à son cheval.

Alors qu'il s'approchait de sa monture, il sentit une immense fatigue parcourir son corps, alors que ses blessures se rappelaient à lui. En jurant et en grognant, il se mit sur un genou et s'appuya sur sa hache, alors qu'il tentait de réprimer la douleur. Ouvrant les yeux, il vit devant lui le jeune page qui conduisait le carrosse. Ce dernier était tremblant, mais parvint à se maîtriser assez pour lui demander :

"Mon... Monseigneur... Vous allez me tuer, moi aussi ?"

"Erf... Non, gamin... Je n'en vois pas l'intérêt, après tout, tu n'as pas tenté de me tuer. Sauf si tu tentes de venger ton maître, bien entendu."

Le visage du jouvenceau se marqua de mépris.

"Croyez-moi, je ne vous en veux pas pour ça. Si je puis vous aider, d'une quelconque façon, ce serait avec une grande joie. Voulez-vous que je vous mène à Gota'hac dans le carrosse ? Ce serait plus confortable que votre monture, non ?"

Baldrisson acquiesça et se leva, avant de se diriger vers le carrosse, en partie soutenu par l'enfant. Ce dernier jeta un regard triste en direction du corps du Minotaure.

"Dommage que vous ayez aussi tué Gortho. Je l'aimais bien, malgré tout..."

"Je n'ai pas eu le choix. Mais j'ai pu lui donner une mort de guerrier, au contraire des autres gardes."

Il aida le Barbare à s'allonger sur la banquette et attacha la monture de ce dernier au carrosse, avant d'inciter les chevaux d'équipage à trotter doucement en direction de Gota'hac.
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Re: Retirer le mouton noir du troupeau

Message  Baldrisson le Lun 22 Juin 2015 - 2:13

Le carrosse s'arrêta devant le temple de Kaluni et les badauds qui s'étaient inclinés en voyant les armes du propriétaire de l'équipage bondirent de surprise en voyant un colosse ensanglanté, vêtu de peaux de bêtes et de pièces d'armures hétéroclites, aux traits épuisés, en sortir, tenant une hache naine. Le jeune jouvenceau sauta du siège du cocher et aida le Barbare à entrer dans le temple. L'office religieux s'était achevé une bonne heure avant, mais de nombreuses personnes méditaient et priaient dans l'édifice. En boitant, Baldrisson remonta l'allée centrale, sous le regard surpris et surtout effrayé des priants.
Enfin, il parvint à l'autel. Cherchant dans ses effets, il prit la chevalière de sa victime, encore ensanglanté, et le posa sur la plaque de marbre avec un sourire satisfait. Puis, il s'écroula, inconscient.

...................................................

Baldrisson s'éveilla. Une des premières sensations qu'il ressentit était celle de draps doux, et propres, fraîchement changés. En grognant, il regarda alentour. Le jeune page était assit près de lui, mais se leva et sortit de la pièce avertir quelqu'un. La pièce était la chambre d'auberge qu'il avait loué. Son arme était posée contre un mur. Il était couvert de bandages. La porte s'ouvrit, et le jeune garçon entra dans la pièce, suivit par Roland. Ce dernier s'assit sur le seul tabouret de la chambre et alluma sa pipe, tandis que le jouvenceau s'asseyait précautionneusement sur le bord du lit.

"Enfin, tu sors de ton sommeil. Avant que tu ne te demande, tu as été alité pendant une bonne semaine, durant laquelle tu t'es éveillé de temps à autres, sans reprendre réellement conscience."

On lui tendit un verre d'eau, qu'il but sans protester. C'est alors qu'il se rendit compte que sa main droite était amputée de son annulaire et de son auriculaire. Roland posa doucement une main rassurante sur son épaule.

"Tes doigts étaient en trop mauvais états. Nous avons pu sauver ton épaule droite, grâce aux bons soins du prêtre de Kaluni. Mais tes doigts étaient devenus irrécupérables suite à une mauvaise chute. En attendant, je suis fier de toi. Tu as mené ta mission à bien et ta récompense est donc en conséquence. Je vais prendre le jeune Evrin sous ma tutelle, avant de le confier à quelqu'un qui pourra en prendre soin mieux qu'un vieux vagabond solitaire. Le jeune page hocha de la tête, un grand sourire aux lèvres. Il a passé toute la semaine à ton chevet et était prêt à te suivre dans la suite de tes pérégrinations, mais j'ai pu l'en dissuader, heureusement. Tu as une vie bien trop tumultueuse pour avoir un compagnon de route aussi fragile."

Baldrisson s'assit dans le lit, usant d'une partie de sa couverture comme support. Il fronça les sourcils, réfléchit un instant, avant de regarder Roland.

"Et les corps ?"

"Une fois que tu as posé la chevalière sur l'autel, le prêtre a envoyé des gens à lui, forts discrets, qui se sont chargés de brûler les corps et d'enterrer les restes. Malheureusement, ils ont aussi eu à malmener quelques paysans qui avaient pillé les corps, et ont reprit les effets les plus... Distinctifs de tes victimes. Nous allons à présent devoir partir. Je te souhaite un excellent repos, mon garçon. J'espère que nos routes se recroiseront."

Il se leva et fit un signe à Evrin. Le jeune homme se leva et déposa près de Baldrisson un petit objet empaqueté de toile et une bourse pleine de pièces, avant de déposer un baiser rapide sur les doigts du Barbare en guise de remerciements.

"Bonne route, Evrin. Bonne route à vous aussi, Roland, en espérant que nous nous revoyons prochainement."

Les deux Humains, l'ancien et le jouvenceau, passèrent la porte. Baldrisson posa le petit objet au sol, alors qu'on grattait à sa porte. La jeune servante entra et mit le loquet en place, avant de s'approcher de Baldr. Ce dernier l'accueillit avec un sourire.
Allons, sa convalescence allait mieux se dérouler qu'il ne le pensait.
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