Jusqu'où peut-on aller...

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Jusqu'où peut-on aller...

Message  Morathi le Sam 16 Mai 2015 - 22:26

Le Centaure m'avait quitté peu après la sortie de la forêt, me laissant me débrouiller seule pour rejoindre Telbara par mes propres moyens. Je pris une journée pour me remettre des émotions vécues dans cette immense forêt et accessoirement m'assurer que mes poursuivants avaient lâchés l'affaire. Je pris aussi le temps de changer les bandelettes enserrant ma poitrine, savourant à l'avance l'heure où je pourrais ENFIN parader dans une robe sans contraintes d'aucunes sortes.
Le lendemain, je parvins à une route pavée. Selon ma courte expérience, cela signifiait que je me trouvais sur une route menant à une ville importante et selon les cartes que j'avais consulté, la seule ville d'importance dans la direction de l'Est était Telbara. Avec soulagement, je me remis en route, à pied. Le chemin fut long et il me fallut trois bons jours pour parvenir aux portes de la ville, ayant dû m'arrêter pour bander une de mes chevilles qui s'était tordue.

Je montrais page blanche à l'entrée de la ville. Mon masque me servit bien et personne ne douta que j'étais une Demi-Drow. Il me fallait à présent me refaire. J'étais une dame, tout de même. Malheureusement, il ne me restait pas grand chose dans ma bourse. Je poussais un soupir de déception en faisant mes comptes. Je n'y couperais pas. Je m'enquis, auprès de certains passants, de l'adresse du meilleur bordel de la ville, ou de l'un des meilleurs, en prenant un maximum d'information. Puis, j'allais voir un érudit et lui donnait pratiquement toutes les pièces qui me restaient, n'en conservant qu'assez pour pouvoir boire un verre dans une taverne.
Sous ma dictée, il écrivit une lettre, destinée à la mère maquerelle du bordel que j'avais en vue :

"Mère Gwynevere, je vous écris car je suis nouvelle en ville et je me trouve actuellement dans le plus grand besoin financier. J'ai ouïe parler de votre grande mansuétude et de votre générosité sans fond. Je suis prête à me mettre à votre service, pourvue que vous puissiez me trouver une place dans votre établissement. Si cette proposition vous agréé, je vous retrouverais à l'heure du loup, dans le jardin du temple d'Elasgol.
Très sincèrement, votre dévouée M.
"

Je signais d'un M cursif. Ma mère n'avait jamais jugé bon de m'apprendre à écrire, ou à lire, en fait. Je savais tout juste écrire mon nom sans trembler, ce qui ne m'avait pas empêchée de faire partie de la bonne société.
Le clerc me jeta un regard d'incompréhension. Une menace bien sentie eu tôt fait de lui clore le bec. Je pris la lettre et me dirigeais vers l'établissement dirigé par Gwynevere. Nous étions presque à la mi-journée. Les pensionnaires de l'établissement étaient endormies, mais les gardes, non. C'est à l'un d'entre eux que je remis la lettre, me présentant comme étant un messager.
Je m'en fus ensuite, visiter la ville et profiter de mes dernières heures de libertés, en attendant l'heure du loup.

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Morathi le Dim 17 Mai 2015 - 2:08

L'heure du loup, enfin. J'étais dans les Jardins d'Elasgol. Ils étaient magnifiques, que ce soit de jour ou de nuit. Les lieux reflétaient parfaitement l'état d'esprit du dieu auxquels ils étaient consacrés. Une statue représentant une limace couchée sur une feuille trônait au centre d'une fontaine. L'eau s'écoulant doucement des petites goutières de ladite fontaine produisait un son mélodieux. Autour, des bancs de pierre, des haies, des parterres de fleurs. Quelques soient les personnes qui s'occupaient de ces jardins, ils s'y prenaient posément, de façon à partager cette quiétude ambiante avec les visiteurs.
En matière de visiteurs, je devais être seule ici présente, mis à part un ou deux clochards endormis non loin et dont j'entendais les ronflements. J'étais vêtue d'une robe rouge, qui était supposée être ma plus aguichante, même si mon long voyage ne l'avait guère arrangé. Il était visible que je n'avais pu la conserver bien rangée, mais je n'en n'avais cure. Mes cheveux étaient attachés en queue de cheval et je sentais leurs pointes contre mon dos, alors que, assise sur un banc de pierre, mes affaires à mes côtés. Je respirais profondément, goûtant à ce qui pouvait être mes dernières minutes de libertés.

Au loin, je vis une lumière, dispensée par une lanterne, s'approcher de moi. Il s'agissait de Mère Gwynevere, si la description que l'on m'en avait fait était exacte. Elle était accompagnée par deux gardes, armés jusqu'aux dents. Logique, moi aussi je me ferais accompagner par des gardes, si je recevais le même genre de lettre.
Je pus la détailler à loisir. Elle était humaine devait avoir une cinquantaine d'années, à vue de nez, et les traits tirés par des années de débauches. Ses cheveux étaient cachés sous une guimpe et elle était vêtue... Ironiquement, comme une nonne, de façon très stricte. D'une certaine façon, elle avait du charme. Toutefois, ses gardes... On devait trouver difficilement pire, à moins de chercher dans les rangs de la garde royale estanole. Elle me repéra et prit la lampe à ses gardes, après leur avoir intimé de rester sur place.

"Très bien, je détestes sortir de ma demeure pour rien, surtout en pleine nuit, alors que la soirée bat son plein. Voyons ce que l'on a là."

Elle avait une voix à la fois chaude et rauque et je déglutis péniblement. Etonnamment, elle ne fit aucune remarque sur mon ascendance de sang-mêlée, qui devait être plutôt visible. Je n'étais pas fardée, ou même maquillée et je devais encore sentir la sueur et la crasse. Pourtant, elle n'en fit rien. Elle s'approcha et me prit doucement par le menton, levant sa lampe pour mieux m'observer. Mes paupières se fermèrent en partie, agressées par la lumière. La maquerelle fit tourner ma tête à gauche et à droite, murmurant quelques mots que je n'entendais pas, pour elle-même. Je sentis son pouce passer sur ma cicatrice et elle émit un petit sifflement désapprobateur. Enfin, elle me lâcha et s'éloigna à petits pas, avant de s'arrêter et de s'asseoir sur la margelle de pierre de la fontaine, m'invitant à la rejoindre.

"Très bien très bien. On a une Drow, ou plus précisément une Demi-Drow. Tu as un bon maintien mais des vêtements fatigués. Je ne pense pas que tu sois une matriarche, on ne laisse pas ça à une sang-mêlée. Tu es armée, mais pas une mercenaire. J'ai peut-être une place pour toi, j'ai des clients aux goûts particuliers qui se satisferaient de toi. Toutefois, je doute que tu resterais chez moi longtemps, juste assez pour te refaire. Cela ne me gênerais pas non plus, j'ai toujours des possibilités d'associations intéressantes pour ce genre de cas. Quelques questions. Tu t'y connais, dans le noble et exquis art de la courtisanerie ? Tu es toujours... ?"

Je m'étais mordillée les lèvres pendant son petit discours. Elle était particulièrement douée pour percer les gens à jour. Je m'assis à mon tour, à côté d'elle.

"Je suis une bâtarde, au sens strict du terme et ai été élevée dans un bordel. Quand à mon bien le plus précieux, je l'ai encore. Cela vous satisfait-il ?"

Apparemment, cela la satisfaisait.

"Cela me va. Je pense que tu souhaites conserver ton bien et ce avec un couteau au besoin. Nous allons nous arranger pour cela. Chaque nuits te rapportera 1 pièce d'argent, nous ouvrons entre la 21ème heure et la 5ème heure, tu seras nourri, logée, vêtue. A prendre ou à laisser."

Je n'avais guère le choix. Je me mis à genoux et m'inclinais devant elle. Elle me releva et me fit signe de prendre mes affaires et de la suivre. J'inspirais profondément, refoulant mes larmes qui me brûlaient les paupières, avant de prendre mes affaires et de la suivre lentement. Ma liberté venait de prendre fin.


Dernière édition par Morathi le Lun 18 Mai 2015 - 16:14, édité 3 fois

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Morathi le Lun 18 Mai 2015 - 10:39

J'étais allongée dans le lit, les draps couvrant mon corps nu. Mes yeux rouges fixaient les solives du plafond, au-dessus de moi. J'entendis le client sortir, après s'être rhabillé. Jusqu'où peut-on aller pour pouvoir vivre ? J'en avais une petite idée. "Le client propose, la fille dispose", telle était la règle officieuse des bordels.
Cela faisait bien deux semaines que j'étais dans ce bordel. Je possédais encore mon principal, mais à quel prix. Mes clients "s'occupaient de moi" comme un inverti s'occupe de son mignon. Je me relevais, en grimaçant, et portais ma main à mes côtes. Ce dernier client était brutal et ne lésinait guère sur les coups. Des rumeurs couraient qu'il avait un problème avec les Drows ou assimilés, mais je pouvais les confirmer. Avec difficultés, et des courbatures, je me levais de mon lit, avant de faire ma toilette devant le miroir de bronze que l'on m'avait fourni.
Mêre Gwynevere s'était arrangée pour que j'ai des clients qui ne soient pas de très bonne compagnie, sorte de "surprise" ou de "test" pour la nouvelle que j'étais. Je grommelais et m'étirais, grimaçant en sentant mes courbatures.

Mis à part les clients difficiles et les passes douloureuses, la vie était relativement agréable. L'on passait notre temps, en journée, à dormir, nous étions nourries, nos vêtements lavés et séchés...
Quelqu'un toqua à ma porte, me faisant sursauter. Il s'agissait de l'une de mes sœurs de peine, qui m'avertissait que l'on m'attendait dans une vingtaine de minutes en bas. J'acquiesçais et lui demandais si il était possible de faire venir quelqu'un qui puisse s'occuper de moi, au moins qui puisse soulager la douleur qui naissait dans mes côtes et se propageait dans tout mon corps. Elle me répondit que Mère Gwynevere allait faire mander quelqu'un. Je me levais et enfilais une nouvelle robe, celle avec laquelle j'étais arrivée ici. L'autre, que l'on m'avait fournie, fut mise dans un panier, que je ferais parvenir aux lavandières avant de me coucher. Je me maquillais, me fardais et sortit de la chambre, avant de descendre dans la salle commune.

Là, les clients et les filles allaient et venaient, certains couples dansaient au son d'un petit orchestre, d'autres discutaient, buvaient...
Je m'assis auprès d'une Humaine qui tournait le dos à la cohue pour allaiter son enfant. J'avais compris qu'elle était autrefois servante dans une grande maison et avait dû partir après l'annonce de sa grossesse, qui était due à une liaison avec le maitre de maison, pour éviter le scandale. Une fois qu'elle eut finit de prendre soin de son enfant, un client vint la voir. Avec un sourire, j'acceptais de prendre soin de son enfant, tandis qu'un serviteur m'amenait une coupe de vin blanc. L'Humaine monta les escaliers, tandis que je jouait avec le bambin. Il n'était pas le seul enfant visible dans cette demeure. Les autres étaient, comme moi, des bâtards et officiaient comme serviteurs.
Gwynevere leur faisait donner une éducation pour qu'ils puissent monter dans le monde, c'était le moins qu'elle puisse faire. Elle interdisait catégoriquement qu'ils fassent des passes, et les clients qui tentaient de les forcer étaient expulsés de la maison et dénoncés à la garde.

Je m'adossais à mon siège, jouant avec le charmant bébé dans mes bras, un léger sourire sur le visage.

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Velpar Eoc'Deokad le Jeu 11 Juin 2015 - 15:27

Vivre au jour le jour. Avoir besoin d'argent, de nourriture, sans avoir de travail, en ne se rétribuant que par le vol, si l'on peut parler d'une rétribution. Quand Velpar Eoc'Deokad mettait la main sur l'argent de poche d'un bourgeois, il avait de quoi tenir plusieurs jours en s'achetant à manger et en se payant des chambres dans des auberges. Tôt ou tard, il arrivait toujours un moment où il tombait à sec. C'était le cas aujourd'hui. Velpar Eoc'Deokad avait tout juste de quoi s'acheter un fruit ou deux, aussi ne devait-il pas attendre le lendemain pour commettre un larcin. Cela faisait plus d'une semaine qu'il n'avait volé que des gens peu fortunés. Il souhaitait flairer une bourse mieux remplie.

Il repéra sa victime : un Humain de sexe masculin dont les vêtements, de par leur matière, leur style et leurs teintures, témoignaient d'une haute classe sociale. Velpar arrivait dans son dos et les vêtements amples ne permirent pas au voleur de localiser la bourse à dérober. Le voleur Homme-lézard décida de suivre sa cible pour repérer ses allées et venues et pouvoir planifier une action. L'Humain passa devant un bâtiment imposant, trônant fièrement devant une petite place des hauts-quartiers, décoré de quelques oriflammes dont Velpar ne connaissait pas l'insigne.

La cible du voleur ne fit pas que passer devant ce bâtiment : elle y entra ! Velpar observa encore le bâtiment en hésitant : ce n'était pas une habitation, c'était certain. Alors qu'est-ce que c'était ? Mais en entrant hasardeusement là-dedans, Velpar se compromettrait sans doute : son visage serait vu et il pourrait plus difficilement filer sa cible sans se faire remarquer par cette dernière. Finalement, la curiosité l'emporta. Il ordonna à Gunoco de l'attendre ici. Habitué à cela à chaque fois que son maître entrait dans un bâtiment, le rintec grimpa sur les murs de celui dans lequel Velpar s'apprêtait à pénétrer, et se posta sur le toit pour patienter.

Insouciant, Velpar Eoc'Deokad poussa la lourde porte, qui se referma d'elle-même derrière lui. Il arriva dans une vaste salle et fut submergé par trois de ses sens.
Tout d'abord, son ouïe : il y avait beaucoup de monde là-dedans et ça parlait à ne plus s'entendre, il y avait même de la musique comme si cela ne suffisait pas. Il entendit quelques éclats de rire maniérés typiques des bourgeois trop bien élevés.
Sa vue : la décoration intérieure, essentiellement faite de tapisseries aux couleurs vives, surtout des nuances de pourpre et de rouge, était à vomir tant elle était riche. Il fallait voir aussi toutes les dorures, les lustres, les rampes d'escaliers... Tout puait ici l'opulence. L'Homme-lézard venait de mettre les pieds dans un bâtiment où il n'avait nullement sa place.
Le dernier mais non des moindres, son odorat : en plus des odeurs de sueurs dégagés par les personnes masculines et celles de parfum portées par les personnes féminines, il y avait autre chose, que Velpar Eoc'Deokad n'était pas habitué à sentir autant dans un endroit précis : l'odeur de sexe. Seul un odorat développé comme celui d'un Homme-lézard pouvait détecter cette présence sous-jacente, d'autant que les personnes évoluant ici devaient avoir le nez trop habitué pour y faire encore attention ; mais la présence de cette odeur en cette proportion n'était pas normale. Velpar se demandait vraiment dans quel genre d'endroit il venait de mettre les pieds.

Des gens de plusieurs races se réunissaient ici mais ce n'était absolument pas représentatif de la population globale de Telbara : les Humains étaient ici largement majoritaires, et parmi les autres races, l'on trouvait essentiellement des Nains et des Tigrains, quoique Velpar Eoc'Deokad put voir également deux ou trois Hommes-lézards. Sa cible s'était mêlée à tous ces gens et le voleur ne la retrouva pas de vue.

Velpar marcha, d'un pas lent, humant et regardant à droite à gauche, il voyait un bâtiment luxueux rempli de victimes potentielles. Il n'avait que l'embarras du choix, mais comment rester discret ? Pour le moment, personne ne vint l'aborder, et tant mieux. Il erra dans la grande salle et s'approcha d'un escalier.
Il repéra une femme aux cheveux blancs, sûrement une Demi-Drow, qui se dirigeait vers l'escalier. Parfait. Ses vêtements étaient moulants et le voleur sut où viser. Il marcha dans le contre-sens de cette femme, et lorsqu'ils se croisèrent, sa main effectua une manœuvre machinale pour s'emparer d'un butin doré.

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Message  Morathi le Ven 12 Juin 2015 - 2:28

Le médecin était arrivé deux bonnes minutes après le retour de la mère du petit que j'avais dans les bras. Apparemment, son client n'était guère endurant.
Je me rendis dans une petite pièce attenante, servant de cuisine secondaire et de garde-manger. Là, entre les jambons et les gousses d'ails pendant du plafond, je fis face à une nonne d'Ezor. Ouf. Au moins, il s'agissait d'une femme et non pas d'un homme. Étonnamment, j'aurais été bien plus gênée de me dévêtir pour recevoir des soins face à un homme, mais il semblait que Mère Gwynevere souhaitait offrir à ses "filles" des soins de qualités.
La nonne était une Halfeline rebondie, d'une centaine d'années, aux joues pleines et au regard pétillant. Elle me fit signe de me dévêtir et ne put retenir un sifflement en voyant les marques ressortir sur mon corps, pourtant sombre de peau.
Elle s'approcha et tâta ma peau avec des gestes doux, pour éviter de me faire plus de mal.

"On m'a mise au courant de ta situation, jeune fille, donc... Je m'en excuse par avance, j'examinerais aussi ton fondement."

Je la remerciais d'un mouvement de tête et la laissa faire, ne pouvant toutefois retenir quelques petits cris de douleurs, notamment quand elle s'intéressa, comme elle l'avait dit, à mon fessier. L'Halfeline claqua de la langue pour marquer sa désapprobation, avant de s'écarter de moi pour fouiller sa besace. Elle en sortit un pot de pommade, qu'elle ouvrit d'un geste expert, avant d'en mettre sur le bout de ses doigts. Elle étala ladite pommade sur les parties les plus douloureuses de mon corps, fessier compris, ce qui me fit sursauter, avant de bander doucement mes côtes. Elle posa quelques feuilles sur la table et m'indiqua qu'il me faudrait les mâcher toutes en moins de 24 heures pour anesthésier tout à fait la douleur. En plaisantant, je lui demandais si il m'était possible d'en consommer avant mes passes, mais la petite nonne me sourit et répondit :

"Non, ma petite, tu n'apprécierais pas du tout. Ces feuilles ont un goût très prononcé, crois-moi. Tu peux te rhabiller."

Je m'exécutais et constatais que mes mouvements étaient moins raides qu'à mon arrivée. Je la remerciais chaleureusement de ses soins quand on toqua à la porte et Mère Gwynevere, sans attendre de réponse, entra dans la pièce. Son air pincé indiquait qu'elle n'appréciait guère l'odeur qui y régnait, elle n'était pas du genre à se rendre dans les cuisines, loin de là...
La maquerelle sortit une petite bourse de sa ceinture et demanda combien devait-elle débourser pour mes soins, après m'avoir annoncé que l'on n'aurait pas besoin de moi avant une bonne heure.

"Les tarifs sont de deux pièces d'argent, une pour moi et une pour le Temple d'Ezor. Quand à la jeune femme, elle a tout intérêt à éviter de faire des passes par trop... Fatigantes pour elle, et ce durant deux jours, au moins."

Je m'inclinais une dernière fois en direction de la nonne et sortit de la pièce, emportant les feuilles médicinales avec moi. Alors que je me dirigeais vers les escaliers et donc ma chambre pour me reposer, je croisais un Séladien. Je sentis sa main toucher ma ceinture et, d'un mouvement vif, l'intercepta. J'avais vécu assez longtemps dans les bas-quartiers pour reconnaître le toucher d'un vide-gousset. J'avançais mon visage vers le sien et chuchota :

"Tu viens de tomber sur la mauvaise fille. Je devrais te dénoncer aux gardes, avec de la chance, tu pourrais te réveiller demain embarqué dans un navire à destination de quelque pays exotique. Mais je suis de bonne humeur et c'est peut-être ton jour de chance. Suis-moi."

Je fis glisser mes lèvres sur ses... Joues et déposais un rapide baiser sur ses propres lèvres, avant de monter les escaliers, toujours en le tenant par la main. Au passage, j'indiquais à une de mes consœurs que ce client paierait une fois son affaire terminée. Nous parvînmes à ma chambre, que je loquais derrière lui.
Je fit asseoir le Séladien sur le lit et fit tomber les bretelles de ma robe, dévoilant ma poitrine, avant d'enlacer l'Homme-Lézard. Je savais que Mère Gwynevere était susceptible de jeter un coup d’œil par un judas quelconque et je voulais sauver les apparences.
J'embrassais doucement mon... Mon "partenaire", tout en lui parlant par chuchotis :

"Voici ce que j'appelle "Jour de chance". Tu es assez doué pour t'infiltrer, j'ai l'impression, puisque aucun garde ne t'a rejeté. J'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi, avec l'occasion de mettre la main sur quelques pièces d'or, si le cœur t'en dit."

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Message  Velpar Eoc'Deokad le Mer 24 Juin 2015 - 11:33

Velpar Eoc'Deokad sentit son poignet être aussi vivement que fermement saisi par sa victime. Il sentit son sang se figer, car cela ne pouvait être qu'un très mauvais signe. Sans qu'il ne le voulût, il se trouva forcé de regarder la Demi-Drow dans les yeux et déglutit difficilement.

MORATHI – Tu viens de tomber sur la mauvaise fille. Je devrais te dénoncer aux gardes, avec de la chance, tu pourrais te réveiller demain embarqué dans un navire à destination de quelque pays exotique.

Velpar Eoc'Deokad avait entendu que dans certains pays, les Hommes-lézards étaient traités en esclaves ou en animaux. Il ne tenait vraiment pas à y être expédié. Et Gunoco ? Le pauvre rintec serait malheureux de ne pas le voir revenir... et ce serait réciproque. Velpar ne supporterait pas d'être séparé de son plus fidèle compagnon. Une expression d'effroi se lut sur le visage reptilien. Quelque chose qui fut dilué par les paroles suivantes :

MORATHI – Mais je suis de bonne humeur et c'est peut-être ton jour de chance. Suis-moi.

Il s'apprêta donc à la suivre sans rien dire mais reçut un baiser sur la joue. Voilà quelque chose dont il n'avait pas l'habitude, et il se demanda bien pourquoi une femme qui l'avait pris la main dans le sac lui eut déposé un baiser. Toujours tenu par le poignet, l'Homme-lézard suivit la Demi-Drow, montant l'escalier et l'écoutant dire à une autre femme croisée au passage que « ce client » – lui ? client de quoi ? – « paierait une fois son affaire terminée ». Velpar Eoc'Deokad ne comprenait pas une miette de ce que la Demi-Drow disait et avait en tête. Il laissa faire, il n'avait pas le choix. Il n'était pas au bout de son incompréhension.

Arrivés dans une chambre, la Demi-Drow loqueta la porte, et défit sa robe. L'Homme-lézard avait assez peu de pudeur : les femelles de sa race n'avaient pas de poitrine, pas plus que n'importe quel reptile ou race reptilienne, et les organes génitaux étaient internes et invisibles au repos. Les Humains avaient donc des parties intimes que la pudeur leur commandait de voiler par des vêtements, mais ce n'était pas le cas des Hommes-lézards – ni des Nagas au demeurant. Velpar Eoc'Deokad avait tout de même une vague notion de ce que pouvait représenter la poitrine chez une femme Humaine, Naine ou Halfeline. Il ne sut s'il devait détourner le regard ; et en fait, il n'eut pas plus le temps de se poser la question.

Il écarquilla les yeux et se raidit alors que la Demi-Drow l'enlaça assez sensuellement. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il avait compris ce que les gens venaient faire dans ce bâtiment mais il n'avait rien demandé de tel ! Est-ce que c'était pour cela qu'il avait été désigné comme « client » ? Mais client de quoi ? Ca n'avait pas de sens d'être client pour... ça !

Velpar Eoc'Deokad reçut plusieurs baiser, sur la joue, le cou, la bouche même. Il voulut repousser la femme, refusan de s'exciter pour elle, mais s'arrêta pour écouter ce qu'elle lui glissa à l'oreille :

MORATHI – Voici ce que j'appelle “jour de chance”. Tu es assez doué pour t'infiltrer, j'ai l'impression, puisque aucun garde ne t'a rejeté. J'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi, avec l'occasion de mettre la main sur quelques pièces d'or, si le cœur t'en dit.

Là, il comprenait tout de suite. La Demi-Drow lui parlait maintenant de choses qu'il connaissait bien.

VELPAR – Je le ferai. Mais je ne veux pas de corps-à-corps avec vous...

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Morathi le Mer 24 Juin 2015 - 13:51

Le Séladien ne semblait guère à l'aise, et il y avait de quoi le comprendre. Il était sûrement entré dans cet établissement avec l'intention de trancher quelques cordons de bourses et le voilà dans une chambre, en ma compagnie, après que je l'ai menacé. Il me dit qu'il ferait ce que je souhaitais, tant que cela n'impliquait pas de corps-à-corps. Qu'il se rassure, cela n'était pas dans mes intentions. Toutefois, je savais que les chambres étaient munies d'un judas, que ce soit pour que Mère Gwynevere s'assure que ses filles travaille, ou pour des clients aux goûts particuliers. Et je savais que la maquerelle jetait actuellement un coup d'oeil dans ma chambre. Je l'avais entendu se glisser dans un recoin aménagé à cet effet, et je m'étais placée près de l'Homme-Lézard de façon à ce qu'elle n'ait que mon dos en point de vue, et une partie du corps de mon "client".

"Joues le jeu, si tu ne veux pas finir entre les mains des gardes." lui chuchotais-je. Je l'incitais à rendre mes caresses, à promener ses mains sur mon corps.

"J'imagine que c'est une première fois pour toi ? Tu es... Timide... Ne t'en fais pas... Je saurais te mettre à l'aise." dis-je d'une voix assez forte pour être entendue par Mère Gwynevere.

Enfin, j'entendit la maquerelle sortir du recoin. Nous étions seuls, mais, dans le cas où elle entrait dans la chambre, ou jetait juste un coup d’œil dans la serrure, je continuais à le charmer, ou du moins à faire semblant de l'aguicher. Ma bouche s'approcha de l'oreille de mon compagnon.

"Voici ce que je te demandes. Tu vas t'introduire dans la chambre de Mère Gwynevere, au fond du couloir. Elle n'est pas gardé et elle-même est au rez-de-chaussée, à divertir ses clients. Une fois entré, tu voleras le contrat que j'ai conclut avec elle. Voici la signature grâce à laquelle tu reconnaîtras le parchemin que je te demande."

Je me levais et otais totalement ma robe, pour lui montrer la rose tatouée sur ma hanche droite, avant de me diriger vers la plaque de bronze me servant de miroir. Je me mis de l'eau sur le corps, de façon à ce que cela ressemble à de la sueur. Je me drapais ensuite avec une couverture.

"Vas. Tu reviendras ici une fois ta tâche accomplie. Je m'arrangerais pour ne prendre aucun client avant ton retour."

Je fouillais ma bourse et en sortit cinq pièces d'argent, avant de sortir de la chambre, toujours drapée dans le drap. Je remis les pièces à une de mes soeurs de peine, lui enjoignant de les remettre à la maquerelle, en expliquant qu'il s'agissait du paiement reçu de la part de mon client, et que, par ordre de la nonne d'Ezor qui m'avait soigné, je devais cesser de "travailler" pour la nuit. Ma "collègue" acquiesça et me dit qu'elle mettrait Mère Gwynevere au courant. Quand je revint dans ma chambre, je constatais que le Séladien était déjà parti.

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Velpar Eoc'Deokad le Sam 27 Juin 2015 - 11:48

Au lieu de le rassurer, la Demi-Drow lui chuchota de jouer le jeu et l'incita à promener ses mains sur sa peau dont le teint trahissait une ascendance noirelfique. Velpar Eoc'Deokad ne savait pas comment il devait s'y prendre avec elle, mais pour ne pas s'attirer les foudres de celle qu'il avait, rappelons-le, essayé de déposséder mais qui avait eu une autre idée que celle de le dénoncer aux gardes, le jeune Homme-lézard obéit du mieux qu'il put, caressant cette femme dont le corps l'envahissait, évitant de la griffer. Les écailles de ses doigts glissèrent sur la nuque et sur le dos de cette femme intriguante. Lui qui répugnait les Drows, il caressait la fille de l'un d'eux. Quelle drôle de situation...

La femme éleva d'un coup la voix, devinant à sa timidité que c'était la première fois pour le jeune Homme-lézard, et lui assurant qu'elle saurait le mettre à l'aise. Velpar Eoc'Deokad n'en était pas si sûr. Enfin, après quelques minutes, trop longues pour lui, de caresses invraisemblables, la Demi-Drow mit fin à ce petit jeu et vint chuchoter de nouveau pour lui expliquer ce qu'elle voulait de lui réellement.

Voler un document. Tout simplement. Velpar Eoc'Deokad devait entrer dans la chambre de Mère Gwynevere – il n'avait aucune idée de qui était cette personne – sans se faire repérer, chambre qui se trouvait tout à l'autre bout du couloir. La chambre n'était même pas gardée, et Mère Gwynevere était occupée, il devrait donc être facile d'accomplir cette mission. La Demi-Drow se leva hors du lit et ôta sa robe pour dévoiler un dessin tatoué ; ce même dessin était imprimé sur le document qu'il devait rapporter. Le voleur examina bien le dessin pour être capable de le reconnaître sans faute. La Demi-Drow lui dit de revenir ici même avec le document, puis quitta la chambre.

Velpar Eoc'Deokad n'attendit pas plus de dix secondes avant de sortir lui aussi. Il y avait très peu d'Hommes-lézards dans l'établissement mais au moins, personne ne prêtait réellement attention à lui. Pourtant, il ne portait aucun vêtements ; en fait, en général, les Hommes-lézards vivaient totalement nus, car quel intérêt pour un reptile de porter des vêtements ? Mais ici, Velpar Eoc'Deokad avait noté que les rares Hommes-lézards présents portaient du tissu sur eux. Nul doute qu'il s'agissait de montrer son appartenance à une certaine classe sociale à laquelle cet établissement était réservé. Si Velpar Eoc'Deokad pouvait temporairement s'affubler des mêmes parures, il serait encore plus discret.

Un couple d'Humains se bécotait sur un banc. Dans leur dos, un rideau rouge faisait office de tapisserie. L'homme avait abandonné une veste sur le banc, juste à côté de lui, mais son attention était anéantie par son contact avec la pulpe buccale de sa partenaire. Velpar Eoc'Deokad se glissa derrière le rideau, et tira avantage de la situation pour s'emparer de la veste. Un vêtement d'une qualité telle qu'il n'aura jamais les moyens de s'en acheter un, quand bien même il en aurait envie. Il s'agissait de soie teintée en vert avec des brodures dentelées. Velpar Eoc'Deokad n'en revenait pas : il allait porter ça sur ses épaules. Il enfila le vêtement, restant jambes nues, mais ce serait suffisant pour donner le change, puisque la queue d'un Homme-lézard l'empêchait de porter des pantalons. Oh, il avait bien vu un Homme-lézard dans l'établissement, porter un pantalon, mais ce dernier avait été cousu sur mesure, avec une échancrure au niveau des fesses pour contourner la queue, et un élastique pour tenir le tout par-dessus la base de la queue. Un autre Homme-lézard était jambes nues, donc Velpar Eoc'Deokad ne s'en faisait pas, ça ne choquerait personne.

Il marcha le long du couloir de la façon la plus détendue possible. Pour ça, on pouvait lui faire confiance : en toutes circonstances, Velpar Eoc'Deokad savait prendre un air des plus innocents et se fondre dans la masse. Personne ne fit attention à lui, d'autant qu'à présent il portait une veste de luxe sur le torse et personne ne pouvait se douter en le voyant qu'il n'était qu'un voleur des rues et non un Homme-lézard entré dans la haute bourgeoisie.

Il entra tout naturellement dans la pièce tout au bout du couloir, comme si Mère Gwynevere elle-même l'y avait envoyé.
Des documents, en fouillant dans les meubles, il n'y avait que ça. L'odeur ambiante de la pièce agressa l'odorat de l'Homme-lézard : c'était alcoolisé, du parfum, mais quand on est un Homme-lézard, cet odorat surdéveloppé devient presque un handicap. Velpar Eoc'Deokad trouva aussi des bijoux, de quoi se remplir la bourse au marché noir. Bon, il n'avait juste rien pour partir d'ici avec tout ça, mais le voleur saliva en voyant les richesses de cette Mère Gwynevere. Il trouva une cassette, sans doute rempli de pièces d'argent et d'or, mais solidement verrouillée. Il ne voulait pas perdre de temps, il devait se concentrer sur sa mission, mais... c'était trop tentant... Un coup comme ça, il n'en aurait pas d'autres à sa portée avant longtemps.

Il hésita un instant. Il céda finalement. Il sortit deux aiguilles métalliques de sa bourse, dont une à l'extrêmité crochue, et titilla le loquet. La cassette fut déverrouillée. Il rangea ses outils et ouvrit le contenu. Ses yeux brillèrent. Cette Mère Gwynevere n'était pas une démunie ! Pour éviter de trop grossir sa bourse, il ne prit que les pièces d'or. Il remit tout en place, reverrouilla la cassette et la rangea à son emplacement. Ni vu, ni connu. Sa queue s'agita sous l'excitation de ce butin. Le voleur revint ensuite à sa mission. Il essaya, du mieux possible, de ne pas mettre le désordre dans les documents, pour que son action passe inaperçue.
Enfin il le trouva. Oui, ce dessin de rose était exactement le même que celui tatoué sur la peau de la Demi-Drow. Il remit de l'ordre où il put et, le parchemin dissimulé dans sa veste, sortit de la pièce en ayant réussi à calmer l'agitation de sa queue pour n'éveiller aucun soupçon. C'est donc encore une fois d'un air tout naturel qu'il referma la porte et marcha le long du couloir en sens inverse. Marchant derrière un rideau, il retira sa veste rapidement en enroula le parchemin dans sa main droite. Il retrouva le couple sur son banc et redéposa la veste là où il l'avait prise. Ce vêtement ne lui servait plus à rien et il ne voulait pas que son propriétaire le reconnaisse sur lui.

Il rentra dans la chambre de la Demi-Drow. Mission accomplie.

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Message  Morathi le Sam 27 Juin 2015 - 22:20

Je m'affairais dans ma chambre, rassemblant mes affaires en faisant le moins de bruit possible. En très peu de temps j'empaquetais mes biens et mettais mes vêtements. Une chemise, pour ne pas irriter ma peau à cause de la cotte de maille dont je couvrait mon torse, un pantalon de cuir, des bottes du même matériau, une cape de lin de couleur rouge. Cette dernière était percée de plusieurs trous, résultats des coups de dagues que j'avais donné à l'ancien propriétaire pour obtenir cette cape.
J'étais sur le point de mettre mon masque sur mon visage quand le Séladien entra dans la chambre. Je vis, dans ses mains, le parchemin tant convoité. Je pris ma bourse, qui traînait sur la table, et comptais les pièces. J'en pris 6 en argent, que je tendis à l'Homme-Lézard, ne pouvant lui donner plus sans risquer d'avoir un peu de mal à réunir les deux bouts par la suite. Je pris le contrat et le rangeais dans ma besace, au moment où l'on toqua à la porte et je peux vous assurer qu'il ne s'agissait pas d'une personne amicale. Je pestais intérieurement. Gwynevere devait s'être rendue dans sa chambre et s'était rendue compte qu'elle avait été volée, sûrement en voyant que mon contrat n'était plus à sa place. A moins que le foutu Lézard que j'avais chargé de voler le document ne se soit laissé aller à la cupidité.

Je lui fis signe de courir vers la fenêtre et de partir au plus vite.
Au même instant, la porte s'ouvrit, défoncée par le marteau d'un des gardes. Je levais mon arbalète et pressait la détente. Le carreau fusa dans un claquement sec et vrombit dans les airs, avant de perforer la gorge de l'Humain, qui tomba à la renverse. Je dégainais ma rapière et transperçais l'épaule du garde suivant. Dans le couloir, Mère Gwynevere hurlait au scandale, au meurtre et à la garde, pas nécessairement dans cet ordre. Je rendis borgne mon adversaire et sauta par la fenêtre, d'un bond de félin. Je me réceptionnais lourdement sur le sol et me relevais en boitant, cherchant du regard l'Homme-Lézard. Par la fenêtre fracassée, j'entendais la voix perçante de Mère Gwynevere hurler à ses gens de me rattraper.
Je m'enfonçais dans les ruelles de Telbara en boitant.

.........................................

Loin derrière la Demi-Drow en fuite, les gardes qui étaient à sa poursuite rencontrèrent un obstacle de taille. Un Drow mal rasé sortit de l'ombre et se planta en travers de leur chemin. Il dégaina deux sabres de facture elfique et se porta à leur rencontre en boitant. Pourtant, il leur régla leur compte en pratiquement deux minutes, avant de nettoyer ses armes et de les ranger. Puis, il sortit sa pipe et regarda dans la direction qu'avait prit Morathi, avant d'allumer le tabac et de sourire.

"Ben tiens, si j'avais su... Comme quoi, la vie réserve de sacré tours."

Une créature s'avança, marchant de façon mécanique. Il était de taille moyenne et semblait sans tête, pourtant, une voix rauque s'éleva de son torse :

"De quoi qu'tu causes, Lames-Noires ?"

"Oh, rien. Une très vieille connaissance. Allez, tas d'argile, décarrons à notre tour, avant que la garde ne s'amène et ne nous fasse des ennuis."

Le Drow et la silhouette s'enfoncèrent à leurs tours dans les ombres d'une ruelle proche.

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Message  Velpar Eoc'Deokad le Mar 30 Juin 2015 - 17:46

La Demi-Drow était en train d'empaqueter des vêtements et autres affaires. Enfin, surtout des vêtements, apparemment. Manifestement, elle planifiait de quitter cet établissement pour un long moment, sinon définitivement. Velpar Eoc'Deokad ne savait pas du tout ce qu'était que ce document qu'il avait eu pour mission de lui rapporter, mais il se dit que cela devait avoir un rapport avec son départ, sans être capable de dire comment. En tout cas, la Demi-Drow fut satisfaite d'avoir ce document en sa possession maintenant, et rétribua le voleur de six pièces d'argent. Il avait plus du double de ce nombre en pièces d'or et se sentit presque coupable d'accepter cette rétribution compte tenu du butin sur lequel il avait mis la main. Qu'étaient six pièces d'argent quand on avait en poche quinze pièces d'or ? Velpar Eoc'Deokad n'avait jamais été aussi riche de toute sa vie. Il pensa déjà à faire une ristourne à la femme.

Il n'eut pas le temps de faire plus qu'y penser : on frappa – plus qu'on ne toqua – à la porte, et cela affola la Demi-Drow qui pressa Velpar Eoc'Deokad de sortir par la fenêtre. L'Homme-lézard appliqua cet ordre de survie, mais se retrouva bloqué un instant. Il avait l'habitude de cambrioler des maisons “moyennes”, sinon modestes. Là, il se trouvait dans un établissement de luxe des hauts-quartiers de la capitale, et forcément, les fenêtres étaient parées de verre, ce dont il n'avait pas du tout l'habitude. Qu'importe, dans l'urgence de la situation, un petit tabouret servit à fracasser le verre pour lui permettre de s'échapper. Au lieu de sauter, ses mains et ses pieds se posèrent sur le mur extérieur et l'Homme-lézard y adhéra.

Il entendit par la fenêtre dont il venait de sortir, des bruits de fracas, des cris de colère, des râles de douleur... Il n'osa pas passer la tête pour voir. Il espérait que la Demi-Drow allait s'en sortir. Et il se surprit à penser ça : il avait développé une peur et une haine si farouche des Drows, il n'en revenait toujours pas d'avoir accompli une mission pour le compte de la fille d'un Drow, même si celle-ci n'était elle-même que la moitié d'un Drow de part son autre ascendance humaine. Il faut dire que les circonstances ne lui avaient pas trop laissé le choix, et il pouvait s'estimer extrêmement chanceux d'avoir eu cette alternative, sans quoi il aurait été dénoncé à la garde, et alors, qu'en savait-il, il aurait eu les mains coupées, ou il aurait été enfermé au geôles jusqu'à mourir de faim, ou il aurait été pendu, ou peut-être lapidé au pilori.

Finalement la Demi-Drow sauta par la fenêtre, réussissant que très passablement sa réception. Elle s'éloigna en boitant vers une ruelle sombre, en jetant un œil tout autour d'elle pour chercher Velpar Eoc'Deokad. Ce dernier descendit du mur à la manière d'un vrai lézard, puis la rejoignit dans la ruelle. Maintenant qu'il était dehors, il lui manquait quelque chose. Enfin, quelqu'un. Devait-on dire “quelqu'un” ou “quelque chose” quand on parlait d'un rintec auquel on tenait si fort ?

Velpar Eoc'Deokad n'avait été repéré par personne, cela signifiat que Mère Gwynevere ou la garde pouvait tomber nez à nez avec lui sans chercher à le capturer. Il grimpa sur le mur de la maison la plus proche de lui, jusqu'au toit, où il regarda vers celui de l'établissement dont il venait de s'échappait, sur lequel Gunoco devait normalement l'attendre. Le rintec ne tarda pas à être visible, il faisait apparemment les cent pas en attendant de revoir son maître. Dès qu'il le vit, l'animal descendit le mur à toute allure, manquant parfois de perdre l'adhérence que ses propres pattes lui offraient, point commun qu'il avait avec son maître. Velpar Eoc'Deokad fléchit les jambes et écarta les bras pour accueillir sa grosse larve chérie et lui faire un gros câlin dans la ruelle, ignorant la Demi-Drow pendant ce temps.

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Message  Morathi le Lun 6 Juil 2015 - 16:22

Je m'arrêtais et m'adossais à un mur, haletante, cherchant à retrouver ma respiration. J'avais mal à la jambe et de la sueur perlait de mon front, coulait sur mes joues et tombait sur le sol. Je vis le Séladien arriver, jouant avec une grosse larve. Je n'avais cure de ce qu'il faisait avec elle. Dans mon poing serré, mon contrat. Je le regardais. Je ne comprenais rien à l'écriture, mais je voyais, en bas de la feuille, ma "marque de fabrique", la rose stylisée tatouée sur ma hanche. J'éclatais de rire, un rire nerveux mais, en même temps, si... Vivifiant. J'étais libre de Mère Gwynevere, j'avais son contrat entre les mains, elle n'avait plus aucun droit sur moi.

"Alors... On s'amuse ?"

Je sursautais et me retournais. Un homme encapuchonné, vêtu de cuir, nous fixait du regard. Sur son épaule, un... Un cerveau gluant faisait de même. L'inconnu fumait la pipe en souriant. Et puis... Je hoquetais de surprise et mon coeur fit un véritable bond dans sa poitrine. Si loin ? Ici même ? Il s'agissait d'un Drow, je le voyais à ses traits. Les miens étaient semblables, mais adoucis par mon origine humaine et ma féminité. Mais surtout... C'était un visage que je ne pouvais que reconnaitre.

"Je... Oui... C'est..."

Je ne parvenais pas à trouver mes mots. Étonnamment, une étrange coïncidence faisait qu'ici, en un continent inconnu, mon propre père se retrouvait face à moi dans une ruelle sombre. A moins que, comme moi, il ne soit devenu fugitif et ai fuit ses terres natales ? Il regarda le papier que je tenait à la main, la tête penchée sur le côté et lut à voix haute.

"Moi, Gwynevere Taillebot, dite "Mère Gwynevere", propriétaire du "Jardin des Délices", embauche Morathi comme courtisane. Ce contrat ci-établi indique qu'elle travaillera entre la 21ème heure et la 5ème, à raison d'une pièce d'argent par nuit, en échange du logement, de la protection et de la nourriture, etc, etc, etc..."

Un petit rictus méprisant se dessina sur son visage. Il me regarda et je déglutit péniblement. Etrangement, non seulement le fait de me trouver face à mon père, mais surtout en cette circonstance... Je baissais la tête et rougissais. Il prit le parchemin dans son poing serré. Des flammes apparurent, au creux de sa paume, consumant le parchemin. Il attendit que ce dernier ai complètement carbonisé pour jeter les cendres au sol.

"Pfeu. Si tu cherches de l'argent, avant de vendre ton corps, cherche au port. Il s'y trouve un fort désagréable Halfelin qui se fera un plaisir de louer les services de ta lame. Et... Tant que tu y es. Dis-lui que j'ai fais ma part. S'il tente de me retrouver, je tuerais ses hommes sans pitié."

Il s'enfonça dans les ruelles, commençant à se disputer avec l'étrange cerveau vivant perché sur son épaule, avant même que je ne puisse lui dire quoi que ce soit.
Je regardais le Séladien. Il devait être aussi surprit que moi.

"Étrange, non ? Je n'aurais jamais cru voir mon père ici..."

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Message  Velpar Eoc'Deokad le Ven 10 Juil 2015 - 11:00

Une voix d'homme fit sursauter Velpar Eoc'Deokad, mais aussi Morathi. Le câlin entre l'Homme-lézard et le rintec cessa aussitôt. Gunoco s'agita un peu et émit un petit grondement qui se voulait sans doute menaçant mais qui était plus attendrissant qu'autre chose. Velpar Eoc'Deokad se retourna pour voir l'homme qui venait de parler. Dans cette ruelle sombre, il voyait mal son visage, mais peu importe, car c'est son odorat que l'Homme-lézard utilisait pour “observer” quelqu'un. Et il reconnut tout de suite l'odeur de cet homme. Non pas son odeur individuelle, mais celle de sa race. L'odorat de l'Homme-lézard ne fut pas trompé par les vapeurs nauséabondes de tabac ni par la présence de ce granl sur l'épaule de l'homme.

Un Drow. Si Velpar Eoc'Deokad avait eu des poils, ils se seraient hérissés. A la place, un sifflement un peu strident racla son palais, sa queue se balança raidement de gauche à droite.
Etait-il originaire d'Orcande ? Venait-il du Casnall ? d'un autre continent peut-être ? Impossible de le savoir à moins de lui poser la question, mais le fait est que Velpar Eoc'Deokad n'avait plus jamais revu de Drow depuis qu'il avait posé le pied sur ce continent. Y avait-il seulement des Drows établis en Orcande ?
Velpar Eoc'Deokad pouvait dire que cette nuit était bien extraordinaire : tout d'abord il avait accompli une mission pour une Demi-Drow, et juste après, il rencontrait un vrai Drow de sang pur. S'il avait cru au destin, il se serait demandé ce que les dieux voulaient lui faire passer comme message.

Le Drow ne s'intéressa pourtant pas du tout à lui, mais eut au contraire toute son attention portée sur la Demi-sang. Cette dernière bafouilla trois mots sans réussir à commencer une seule phrase. Le choc semblait au moins aussi important pour elle que pour Velpar Eoc'Deokad. Le Drow pencha la tête vers le parchemin qu'elle tenait, et lu à voix haute ce qui était écrit dessus. Le voleur Homme-lézard put écouter l'objet de sa mission, et comme il l'avait supputé, il s'agissait d'un contrat liant la Demi-Drow, dont le nom était Morathi, à Mère Gwynevere. Son travail était celui de “courtisane”, autant dire que Velpar Eoc'Deokad ne saisissait pas tout ce que cela impliquait, bien qu'il en eût eu un petit aperçu.

Le Drow arracha le parchemin de la main de la Demi-sang, le serra dans son poing et le réduit en cendres par magie. Il lui suggéra ensuite, pour gagner de l'argent, d'aller chercher un « désagréable Halfelin » dans les quartiers du port, plutôt que de « vendre son corps ». Cet Halfelin pourrait avoir besoin de sa lame. Au passage, le Drow lui demanda de transmettre un message à ce même Halfelin. Velpar Eoc'Deokad ne comprit pas tout, sinon rien. Il fallait dire aussi qu'il était toujours sous le choc de croiser un Drow pour la première fois en Orcande. Son sifflement reptilien avait baissé de volume sans se taire complètement. C'est quand le Drow repartit dans l'obscurité, avec toujours le granl sur l'épaule, que l'Homme-lézard cessa de siffler.

Morathi, puisque c'était son nom, se retourna vers Velpar Eoc'Deokad, et ce qu'elle dit fut un tout autre chose.

VELPAR – C'était votre père ?!

Cela n'avait aucune importance pour lui mais cela ne faisait qu'ajouter au caractère improbable de ce qui venait de se passer.

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Message  Morathi le Ven 17 Juil 2015 - 12:17

Le Séladien fut choqué d'apprendre qu'il s'agissait de mon père. C'était bien normal, non ? Après tout, on a tous des parents au début de notre vie...

"En effet, il s'agit de mon père. Et je dois avouer que, si lui aussi se trouve ici, c'est qu'il a dû énerver les mauvaises personnes..."

En même temps, malgré ses compétences en médecines hors-pair, il s'agissait tout de même d'un débauché alcoolique, fumeur invétéré et raciste au dernier degré, il était donc compréhensible qu'il ai fâché quelqu'un d'important et ai dû finalement fuir, comme moi. Ce qu'il avait dit, au sujet d'un Halfelin pouvant louer les services de ma lame, m'intéressa. Il était vrai que, ne connaissant guère les us en matière de travail des femmes à Telbara, la prostitution était la première idée m'étant venue à l'esprit.
Si cet Halfelin pouvait me permettre d'amasser assez d'argent pour retrouver une vie décente... Autant essayer.
Je me tournais vers le Séladien, qui attendais ma réaction et ma décision.

"Je vais tenter ma chance auprès de cet Halfelin."

Je m'engageais dans les ruelles, me fiant à la connaissance que l'Homme-Lézard avait de la ville pour parvenir au port. D'après mes estimations, il devait rester bien trois heures avant le lever du soleil. Mais pour trouver l'Halfelin en question... Peu de dockers, plutot des ruffians... J'avançais droit devant moi, sans mon masque, bougeant doucement des hanches, juste assez pour attirer l'attention des ruffians, après avoir expliqué au Séladien de n'intervenir que si je me trouvais en mauvaise posture.
Un groupe de cinq personnes, armés de couteaux et de gourdins, s'approcha. Ils me firent quelques propositions des plus indécentes, avant de m'empoigner par le bras devant mon manque de réaction. L'un d'entre eux me plaqua contre le mur d'un hangar et m'embrassa de force. Son visage devint livide quand mon genou rencontra son entrejambe. Il s'effondra au sol, les mains crispées sur sa virilité maltraitée. Ses camarades cherchèrent à m'atteindre avec leurs armes. Je dégaina ma rapière et perça la cuisse de l'un d'entre eux, avant de cingler la joue d'un second, suivi d'un coup de pied dans son torse. Les deux autres vauriens n'eurent le temps de se joindre au combat : le Séladien usa de sa longue langue préhensible pour désarmer le premier, avant de mordre son comparse à l'avant-bras, pour ensuite revenir au premier et le rouer de coups. Ses orteils... Non, ses griffes labourèrent la chair de sa victime.
J'étendit mon bras droit. Une ombre noire en sortit, se transformant en serpent de fumée. Le reptile "sauta" à la gorge du cinquième, qui était sur le point de fuir, lui enserrant le cou, juste assez pour l'immobiliser. Je m'approchais de lui.

"Cela va être simple. Tu me dis ce que je souhaite savoir, je ne te tue pas. Hoche la tête pour accepter. Il la hocha frénétiquement. Bien... Il existe ici un Halfelin. Pas n'importe lequel, celui qui dirige toutes les opérations illégales dans le port. Je suis claire ?"

Les autres ruffians survivants n'osaient bouger. La magie les effrayaient sans doute plus que mon arme.

"Torasin... Il s'appelle Torasin... Il se trouve dans le hangar 28... S'il vous plaît, pouvez-vous lâcher mon cou, que je puisse fuir en compagnie de mes amis ?"

J'eus un sourire méprisant et relâcha la prise, avant de lui mettre un coup de pied dans le visage. Je me tournais vers le Séladien.

"Plus qu'à trouver ce fameux hangar 28..."

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Velpar Eoc'Deokad le Dim 19 Juil 2015 - 11:24

Morathi confirma qu'il s'agissait bien de son père. Non seulement Velpar Eoc'Deokad venait d'accomplir une mission pour le compte d'une fille de Drow, mais voilà qu'il venait de rencontrer son père Drow en pleine capitale, certes dans une ruelle peu fréquentée et dans l'obscurité nocturne, mais cela restait un choc pour le jeune mâle Homme-lézard qui avait un vécu particulièrement haineux avec les Drows.

Maintenant, la fille de ce Drow souhaitait suivre ses conseils en tentant sa chance auprès de l'Halfelin dont il avait parlé. Malgré la réticence, non, la répulsion que lui inspirait la race de Morathi, Velpar Eoc'Deokad était curieux, et plutôt que de reprendre une vie de voleur ou de dilapider tout le butin sur lequel il avait mis la main dans la chambre de Mère Gwynevere – en plus des six pièces d'argent payées par Morathi – il se dit qu'il pourrait plutôt suivre la Demi-Drow encore un peu pour voir s'il pouvait mettre à contribution ses talents d'une autre manière.

Avec toujours son fidèle rintec à ses côtés, Velpar Eoc'Deokad aida Morathi à s'orienter dans les rues jusqu'à arriver au port. A cette heure de la nuit, l'on n'y trouvait que des gens vraiment peu recomandables, et Velpar Eoc'Deokad allait devoir faire tout particulièrement attention à sa bourse enrichie de plusieurs pièces d'or. Il avait, heureusement, tout sauf l'allure d'un bourgeois et ne devait donc pas trop attirer l'attention des coupeurs de bourses, mais il allait tout de même veiller de main ferme sur ses possessions le temps de les dépenser. Il ressentait un peu de fatigue mais Morathi n'avait pas envie de dormir maintenant, manifestement.

Elle lui dit de n'intervenir que si elle se trouvait en mauvaise posture, avant d'aller aguicher cinq Humains qui ne semblaient pas être de simples dockers. Les cinq hommes montrèrent leurs armes – des gourdins et des couteaux – en faisant entendre leurs voix grinçantes et sales. Velpar Eoc'Deokad surveilla la scène de sa position en caressant Gunoco. Morathi ne tarda pas à se trouver effectivement en mauvaise posture, puisqu'elle ne fit que s'attirer les velléités des souteneurs. Il ordonna au rintec de rester sur place, et se faufila jusqu'au groupe pour aider Morathi à se défendre. La Demi-Drow était armée elle aussi, d'une rapière. Velpar Eoc'Deokad serait donc le seul dans la mêlée à se battre à mains nues, mais il avait l'effet de surprise.

Velpar Eoc'Deokad vit un homme tenant un poignard, être prêt à planter ce dernier dans le dos de Morathi. A deux mètres de lui, il détendit sa puissante langue de caméléon ; l'extrêmité se colla sur la lame du poignard, et la langue se rétracta avec l'arme collée au bout, l'homme la lâchant sous l'effet de stupeur. L'Homme-lézard cracha le poignard par terre, puis mordit au sang l'avant-bras directeur d'un autre homme sur le point de frapper Morathi, le rendant handicapé pour longtemps tant il serra les mâchoires comme un animal. Le premier, désarmé, voulut se venger à coups de poings, mais l'Homme-lézard le frappa de son pied griffu. De façon répétée. De tels coups de pieds du reptile eurent tôt fait de lacérer la chair au ventre de l'homme qui hurla de douleur alors que son sang coulait et imbibait ses vêtements déchirés.

Voilà un homme avec le ventre labouré par les griffes des pieds de l'Homme-lézard, et l'autre avec l'avant-bras droit déchiré par une profonde morsure. Ils ne risquaient pas de se battre de nouveau avant de bien longues semaines, tous les deux. De son côté, Morathi mit deux autres hommes hors combat également ; quant au cinquième, elle le tint en respect d'une manière bien particulière. En effet, sous les yeux de Velpar Eoc'Deokad, elle fit usage de la magie. Une sorte de serpent de fumée noire très épaisse mordit l'homme à la gorge. Velpar Eoc'Deokad n'aimait pas la magie, elle lui faisait peur par son caractère imprévisible et surnaturel.

Il tourna la tête et vit Gunoco les rejoindre, maintenant que le combat était terminé. Pour le féliciter de ne pas s'être mis en danger, Velpar Eoc'Deokad le gratouilla juste derrière la tête, déclenchant des petits grognements de plaisir chez sa grosse larve chérie. Pendant ce temps, il écouta Morathi arracher les informations dont elle avait besoin à l'homme qu'elle tenait à la gorge par magie.

L'Halfelin s'appelait Torasin et pouvait être trouvé à cette heure dans le hangar 28. Velpar Eoc'Deokad avait déjà entendu parler de cet endroit, sans jamais y être entré. Les gens y faisaient des paris sur des combats ou venaient se défouler après une journée de travail frustrante. Il ne savait pas exactement en quoi tout cela consistait, mais c'étaient souvent des bourrins sans intérêt qui avaient parlé de cet endroit, alors cela n'avait pas intéressé le reptile voleur.

VELPAR – J'ai déjà entendu parler du hangar 28, je sais où il se trouve. Je n'y suis jamais entré, par contre.

L'Homme-lézard regarda tout autour de lui en reniflant, museau tendu, puis s'engagea dans une direction. Quatre minutes de marche furent nécessaires pour arriver devant les portes d'un bâtiment bien peu accueillant, mais il suffisait de s'approcher de près des portes pour entendre le vacarme à l'intérieur.

VELPAR – Le voilà. Gunoco, va sur le toit.

Velpar accompagna son ordre d'un geste du doigt, et c'est ce geste qui fit comprendre au rintec la volonté de son maître. Gunoco grimpa le mur du hangar 28 grâce à ses pattes adhérentes et se posta sur le toit en fixant son maître. Une grosse mouche voleta avec grand bruit juste devant la tête de Morathi, mais Velpar Eoc'Deokad usa de sa langue pour la gober avec précision et gourmandise. Jaloux, Gunoco promena son regard autour de lui à la recherche d'un autre insecte.

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Message  Morathi le Dim 19 Juil 2015 - 19:20

Je suivis le Séladien, qui m'avait annoncé qu'il connaissait l'emplacement du hangar 28, mais sans jamais y être entré. Avant de partir, je donnais un dernier coup de pied dans le ventre du malfrat le plus proche de moi, par pure mesquinerie.
Nous parvinmes en moins de cinq minutes audit hangar. Le rintec de mon compagnon de route grimpa le long du mur. Je pouvais entendre du monde à l'intérieur et je parvenais à sentir l'odeur métallique du sang versé. On se battait, dans ce hangar, et pas qu'un peu... Une mouche voleta près de moi et la langue du Séladien jaillit et attrapa l'insecte, avant que je ne puisse la chasser d'un mouvement de main.

"Dis-moi, c'est courant pour vous autres, Hommes-Lézards, une langue comme celle-la ?"

Il me regarda, l'air étonné, au départ puis gêné. Il semblait réfléchir intensivement à la réponse, avant de me regarder. En attendant sa réponse, je replaçait mon masque et m'assurait que mes bandages m'enserraient bien la poitrine.

"Non. Il n'y a que moi. Et mon frère."

Je le regardais, un peu déroutée, puis je haussais des épaules. C'était son affaire, pas la mienne. Une porte du hangar s'ouvrit et deux dockers en sortirent, zig-zaguant et se tenant l'un à l'autre, chantant, faux, une chanson paillarde. J'en profitais pour entrer dans le hangar, suivie du Séladien qui semblait intrigué. Le hangar était grand, en effet. Il y avait foule autour d'une arène creusée dans le sol. Plusieurs tonneaux d'alcools éventrés étaient entassés dans un coin. Des catins de bas-étages tentaient d'appater un ou des clients potentiels, dont moi. De la fumée voletait au plafond, émise par les nombreuses pipes fumées par les usagers du hangar. Au centre de l'arène, un Nain et un Tigrain s'échangeaient de violents horions. A mon opposé, un Halfelin ventru, avec une tête à vendre sa famille entière pour quelques pièces, était avachi dans un trône de bric et de broc, le séant posé sur un coussin fatigué.
Autour de lui, des gros bras empêchaient qu'on l'approche. Je compris qu'il me fallait attirer son attention. Le combat sous nos yeux s'acheva par la victoire du Nain, grâce à un violent coup de boule asséné à la tête de son adversaire. Les deux combattants quittèrent l'arène par un petit couloir, le Tigrain porté par deux dockers.
J'enjambais la rambarde et atterit dans un bond gracieux et félin dans l'arène, sans laisser le temps d'annoncer le prochain combat. Je dégainais mon arbalète et tira. Le carreau se ficha près de la main de l'Halfelin. L'assistance proche se tut et des ruffians armés se préparèrent à entrer dans l'arène pour me corriger. Pendant ce temps, je rechargeais mon arbalète de poing.

"Je viens de la part de Sardionus Sombrelame."

"Ce vieux salaud n'est toujours pas claqué ?"

"Non. Il a fait sa part et n'hésitera pas à abattre les hommes que vous lui enverriez aux trousses. Il m'a dit aussi qu'une lame comme la mienne trouverait du travail auprès de vous."

L'Halfelin partit d'un rire gras, se trémoussant sur son "trône" à tel point que deux de ses hommes s'assurèrent que le fauteuil ne s'effondrerait pas sous les secousses.

"Hahaha ! Cet enfant de salaud reste le même, hein ? Arh... Enfin, il a tout de même la politesse de m'envoyer quelqu'un en échange... Tu oses affirmer que t'es une bonne lame ? Montres-le."

Il fit un geste et trois de ses hommes, armés, sautèrent dans l'arène pour me tester au combat. Enfin... Presque, car l'un d'entre eux se réceptionna mal et se cassa sans doute une jambe, comme l'attesta son hurlement de douleur, pour la plus grande joie des spectateurs. Je soupirais doucement et me prépara au combat.

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Message  Velpar Eoc'Deokad le Lun 20 Juil 2015 - 19:52

La première fois que Velpar Eoc'Deokad avait fait usage de sa langue si particulière en présence de Morathi, cette dernière n'avait pas du tout réagi à cela. Peut-être que dans l'action du combat, elle ne l'avait simplement pas vu. Maintenant, cette langue passant juste devant son nez finit par la rendre curieuse : elle demanda à Velpar Eoc'Deokad si de posséder une telle langue était courant pour les Hommes-lézards.

Parfois, on avait traité Velpar Eoc'Deokad de monstre à cause de cela et de la propriété adhérente de ses mains et de ses pieds. Lui-même ne se considérait pas comme un monstre, il n'avait pas honte de ces singularités, il ne cherchait pas du tout à les cacher, il les trouvait même des plus utiles et s'estimait chanceux par rapport à un Homme-lézard normal. Cependant, quand on les pointait du doigt, c'était souvent avec un certain dégoût ou avec moquerie. La question venant d'une Demi-Drow, ce n'était pas mieux. Velpar Eoc'Deokad se sentit un peu gêné, ne sachant pas ce que Morathi pensait de cette malformation de naissance. Il finit par répondre :

VELPAR – Non. Il n'y a que moi. Et mon frère.

Son frère aîné, Veqdil Eoc'Deokad, avait en effet ces mêmes malformations de naissance. Les deux frères ne les avaient pourtant pas héritées de leurs parents.
Puisque la discussion ne dura guère sur le sujet, Velpar Eoc'Deokad échappa au sentiment de vide à l'évocation de son frère. De toute façon, Morathi et lui furent sortis de leurs pensées par deux dockers éméchés qui sortirent bruyamment du hangar 28. Morathi saisit l'occasion de se faufiler dans l'entrebâillement des portes, et Velpar Eoc'Deokad l'imita.

Comme souvent dans ce genre d'endroits, les odeurs submergèrent l'Homme-lézard à un point presque vomitif. Il fallait ajouter à la puanteur des Humains et aux relents d'alcool, de bouffe, de marée et de flatulences, celle du sang. Car ici, on ne faisait pas que manger et boire : on se battait et on pariait. Le hangar 28 était moins une taverne qu'une sorte d'arène couverte pour gaillards en recherche d'adrénaline. L'établissement était loin de ne compter que des Humains parmi sa clientèle. Minotaures, Nains, Tigrains, Xolons, Hommes-lézards, il y avait de tout, Morathi et Velpar Eoc'Deokad purent même voir un Centaure. Dans l'arène, c'étaient un Nain et un Tigrain qui se défoulaient l'un sur l'autre, encouragés par les clameurs du public amateur.

Le Nain eut raison de son adversaire félin, et l'on se chargea de tracter les deux combattants hors de l'arène pour leur prodiguer des soins bien nécessaires.

Morathi fit alors quelque chose qui déconcerta complètement Velpar Eoc'Deokad : elle bondit dans l'arène, sortit son arbalète déjà armée et tira vers l'Halfelin qui se démarqué du reste du public par sa place favorisée devant l'arène sur un fauteuil presque luxueux. Velpar Eoc'Deokad, ne s'étant pas une seconde imaginé une telle action, resta pétrifié. Morathi voulait-elle se faire embaucher ou tuer un potentiel employeur ? C'était à n'y rien comprendre. Ce devait être son sang drow qui la rendait imprévisible.

Le carreau d'arbalète manqua l'Halfelin de peu, se fichant dans le fauteuil. Les gardes du corps de l'Halfelin se mirent en bouclier devant lui tandis que d'autres contournaient l'arène pour bloquer la sortie. Morathi annonça sa venue de la part d'un certain Sardionus Sombrelame. Etait-ce le nom de son père, ce Drow rencontré dans la ruelle ? Morathi transmit oralement le message dont elle avait la charge, ajoutant qu'elle cherchait à travailler pour lui. Torasin, puisque ce devait être cet Halfelin à n'en point douter, mit en doute les talents martiaux de Morathi.

Trois hommes sautèrent dans l'arène un peu de la même manière que l'avait fait Morathi, hormis que l'un d'eux se fit une entorse en se réceptionnant mal. Il eut l'humiliation de faire rire le public.

Velpar Eoc'Deokad sursauta alors qu'on le poussa dans le dos vers l'arène.

Homme – Ce Lézard était avec elle. Il n'a qu'à se battre lui aussi.

Deux Humains taillés comme des armoires poussaient Velpar Eoc'Deokad dans le dos, le forçant dans l'arène et y entrant eux-mêmes. Il y avait donc quatre Humains en état de combattre, un qui se ramassa dans un coin en geignant de douleur, tout ça pour affronter Morathi et Velpar Eoc'Deokad. L'un des quatre Humains portait une rondache, et voyant que l'Homme-lézard n'avait aucune arme sur lui, il se rendit plus utile en affrontant Morathi qui, elle, avait une rapière.

Un Humain voulut jouer avec l'Homme-lézard en le narguant de son épée courte, et Velpar Eoc'Deokad siffla. Un autre le contourna pour attaquer Morathi dans le dos... comme si Velpar Eoc'Deokad allait le laisser faire ! L'Homme-lézard lui frappa l'arrière du genou gauche avec la queue, le déstabilisant juste à côté de la Demi-Drow.

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Message  Morathi le Mar 21 Juil 2015 - 18:44

Un homme poussa le Séladien dans l'arène en expliquant que ce dernier était avec moi. Avant que je ne puisse protester, deux autres armoires à glaces étaient arrivées. L'un des combattants, qui portait une rondache, se porta à ma rencontre. La pointe de ma rapière ripa contre son bouclier et la lame se tordit mais, les dieux soient bénis, qui que soit son ancien propriétaire, il savait en prendre soin, à moins qu'elle ne soit faite dans un alliage aussi résistant que l'acier nain ?
Quoi qu'il en soit, mon adversaire eut la surprise de voir mon arme ployer, mais ne pas se briser. J'en profitais pour le marquer au visage avec la pointe de ma lame. Un autre de nos adversaires tomba à genoux à côté de moi, suite à un coup porté par l'Homme-Lézard. J'envoyais mon propre genou dans le visage du ruffian et sourit sous mon masque alors que son nez craquait sous le choc et qu'il s'effondrait au sol dans une petite gerbe de sang.

Mon attention revint à mon adversaire qui, délaissant sa protection l'espace d'un instant, me porta un coup de glaive au flanc. Ma cotte de maille l'empêcha de me trancher en deux, mais je savais que j'aurais une marque pour un bon moment. Qui plus est, quelques anneaux de mailles avaient mordu ma chair et je sentis mon sang imbiber doucement ma chemise. Je jurais à voix basse et répliquais rapidement avec mon poing. Je l'envoyais dans le visage de mon adversaire et enchaînait avec un coup de pied dans son foie. Je me tournais et fit face à mon second adversaire, un Nain, qui avait fait évacuer l'ahuri qui s'était blessé en sautant.
J'esquivais sa hache et fit une cabriole. Au milieu de mon mouvement, mes jambes fouettèrent l'air à côté de l'Homme-Lézard et de son adversaire. Je me rétablis et me mis en garde, après avoir mis de la distance entre le Nain et moi. Je rengainais mon arme et il fit de même pour qu'on en vienne au final aux poings.
Ce dernier me chargea et nous commencèrent un violent échange d'horions.
Finalement, il me souleva et me projeta contre le mur proche. Je le heurtais dans un fracas métallique et grognais de douleur.

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Velpar Eoc'Deokad le Dim 26 Juil 2015 - 11:01

Sur les quatre hommes, deux affrontaient Morathi, dont celui avec la rondache et un Nain, un troisième était à genou à cause du coup de queue de l'Homme-lézard, le quatrième affrontait justement ce dernier. Velpar Eoc'Deokad évitait en général de se battre de front comme ça contre un ennemi, surtout que l'Humain maniait une épée tandis que Velpar Eoc'Deokad n'avait que les armes naturelles de son corps. L'Humain était une armoire de muscles, et Velpar Eoc'Deokad n'était pas un assez bon combattant pour s'en sortir à bon compte. Bref, sur le papier, la victoire de l'Humain ne faisait aucun doute, Velpar Eoc'Deokad en était bien conscient et il commençait déjà à sentir un peu de panique. De son côté, Morathi était seule contre deux ennemis, ce qui n'était pas mieux.

La Demi-Drow profita quand même de l'action de l'Homme-lézard pour écraser le nez de l'homme à genoux avec son propre genou. Au moins, ça en faisait un de mis hors combat. Velpar Eoc'Deokad n'osa pas regarder comment Morathi se démenait face à ses deux opposants, il aurait déjà suffisamment à faire avec le sien. L'homme assena un coup tranchant en diagonale, avec le sourire, comme s'il s'agissait juste pour lui de tester les réflexes de l'Homme-lézard. Il s'amusait, voyant bien que le reptile était paniqué.

Velpar Eoc'Deokad se décala d'un pas en arrière pour éviter l'entaille. Sans trouver d'ouverture pour franchir la portée de l'épée – ou alors y en avait-il une mais il n'avait pas suffisamment la science du combat pour la voir – il laissa l'homme porter plusieurs attaques, réussissant à les esquiver toutes, presque trop facilement : l'homme ne faisait que jouer, il n'attaquait même pas sérieusement. Soudain, Velpar Eoc'Deokad lança sa langue sur le plat de la lame, et tira une fois l'extrêmité bien collée dessus, dans le but de désarmer son ennemi. Seulement, l'Humain garda une poigne ferme sur son arme. Une mine de dégoût se dessina sur son visage, comme s'il était écœuré par cette langue unique pour un Homme-lézard. Il dégagea son épée, et Velpar Eoc'Deokad rentra sa langue et ferma la bouche avec seulement le goût de l'acier mais ayant échoué à désarmer son opposant.

Il siffla, puis lança son pied droit vers le visage de l'homme. Les Hommes-lézards étant peu agiles, le guerrier Humain, suffisamment expérimenté, vit le coup venir et réussit à intercepter la cheville avec sa main libre. Il maintint le pied de l'Homme-lézard en l'air, réfléchissant avec un sourire confiant à ce qu'il pourrait faire. Trancher cette jambe tendue ? Velpar Eoc'Deokad pivota sur sa gauche et claqua le visage de l'homme avec sa queue de toute sa force. Son pied fut relâché mais il tomba à quatre pattes avec l'homme dans son dos. Ce dernier s'approcha et lui envoya un coup de pied dans les fesses, puis dans le ventre. Velpar Eoc'Deokad s'écroula. Il reçut un troisième coup au museau, et siffla en se tortillant au sol de douleur. L'homme, tout sourire, se massa la joue, bien cinglé tout de même par la queue de l'Homme-lézard.

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Message  Morathi le Dim 26 Juil 2015 - 16:37

Je me relevais, un peu tremblante après ma chute. Le Nain me chargea et je l'esquivais de peu, le laissant se cogner la tête contre le mur. Le choc ne fut pas assez violent pour l'assommer sur le compte, mais il semblait un peu étourdi. Je profitais de cela pour lui envoyer un coup de pied dans le visage, lui faisant sauter deux dents. Dégainant ma rapière, je me portais à la rencontre du second ruffian. Détournant aisément son glaive, j'enfonçais ma lame dans son épaule gauche, avant de faire une vive torsion du poignet. Le sang gicla alors que je mutilais son trapèze et endommageais son deltoïde. Je ressortis ma lame sanglante et lui attrapa le bras gauche, avant de le tirer brusquement vers moi. Il hurla de douleur alors que son épaule blessée était rendue inutilisable. J'inspirais doucement et m'écarta en faisant une roue, tandis que le Nain, reprenant possession de ses moyens, chargeait. Il percuta son allié et l'envoya bouler, le mettant hors-combat.

Je me mis en garde en toisant le Nain du regard. Il ne restait plus que quatre combattants dans l'arène. Un coup d'oeil en direction du Séladien me fit comprendre que ce dernier avait des ennuis. Je soupirais. Le Nain était un peu trop proche et insistant avec sa hache pour que je puisse aider mon "compagnon d'arme" sans prendre trop de risques...
J'esquivais un autre coup de hache et répliquais avec ma rapière, sans grand résultat. Je préférais éviter d'user de ma magie devant autant de monde. Sur les quais, c'était bien plus aisé, il faisait sombre et les malandrins que j'avais abordé n'oseraient le répéter de peur de ne pas être crus. Je tournoyais sur moi-même et cingla le visage de l'assaillant de l'Homme-Lézard, lui faisant, en partie, ce que l'on appelait "un sourire angélique" dans ce genre de milieux. Je revins au Nain, qui effectuait des moulinets de hache et tentait de me repousser vers le mur. Je fis une roulade sur le côté et sentit ma cape se déchirer sous le tranchant de l'arme. Pour éviter de finir étranglée, je détachais ma cape, qui tomba au sol.
L'Halfelin parla rapidement à un de ses gros bras, qui éleva la voix au-dessus du bruit ambiant.

"Cessez le combat !"

Le Nain regarda le gros bras, fit la moue et baissa son arme, tandis que je faisais de même, plus prudemment. L'homme que je venais de mutiler à la joue s'approcha de son camarade court sur jambe, tandis que j'aidais le Séladien à se relever. L'Halfelin se dressa sur sur trône, qui fut vite soutenu par ses gens pour éviter qu'il ne s'effondre, et attendit que la foule fasse silence. Petit à petit, les conversations et le brouhaha ambiant cessèrent, alors qu'il allait rendre son verdict.

"Bon... Je vois que t'es quand même assez doué. Enfin, connaissant Sardionus, il ne m'aurait pas envoyé le dernier des bâtards non plus. Je bronchais sous mon masque. Le Séladien, en revanche... Intéressant, mais ce n'est pas le genre de personne que je recherches. Mais, toi, le guerrier masqué, tu remontes et tu me rejoins dans mon bureau. Que quelqu'un s'occupe du Séladien. Reprenez votre soirée, messieurs-dames !"

Je soupirais de soulagement. Au moins, il avait été impressionné dans le bon sens. Je remontais dans le hangar et me dirigeais vers le bureau, selon les indications d'un des gros bras, que j'entendis se poster devant la porte une fois que celle-ci se fut refermée sur moi.

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Message  Velpar Eoc'Deokad le Mer 29 Juil 2015 - 20:30

Sûr et fier de lui, l'opposant de Velpar Eoc'Deokad regarda de haut le pauvre Homme-lézard qu'il avait mis au tapis. Le combat était plié. Si les paris sur ce combat avaient été ouverts, il aurait été extrêmement risqué de miser sur une victoire de Velpar Eoc'Deokad, de toute façon. Les combats frontaux de ce genre n'étaient pas le fort du voleur : il n'avait pas la technique et l'expérience de la plupart des combattants, et un bon guerrier resterait de toute façon en moyenne plus doué dans ce genre de combats qu'un simple voleur, c'était une évidence.

L'homme perdit du temps, laissant à l'Homme-lézard du répit pour accepter la douleur. Il regarda l'opposition entre la Demi-Elfe et les deux autres. Morathi se débrouillait bien mieux que Velpar Eoc'Deokad. Elle se tailla même de tracer une griffe de la pointe de sa rapière sur la joue de l'opposant de Velpar Eoc'Deokad. Ce dernier n'en sourit même pas. Il n'avait pas de rancune envers lui. Il était opposé à lui par les circonstances. Velpar Eoc'Deokad s'estimait simplement victime des circonstances, en fait. C'était général.

Finalement, l'Halfelin mit fin au combat, il en avait assez vu pour évaluer les deux candidats.

TORASIN – Bon... Je vois que t'es quand même assez doué. Enfin, connaissant Sardionus, il ne m'aurait pas envoyé le dernier des bâtards non plus. Le Séladien, en revanche... intéressant, mais ce n'est pas le genre de personnes que je recherche.

« Séladien » ?! Tiens, voilà une marque de respect bien inattendue. Combien de gens connaissaient ce mot et sa signification ? Et sur cette minorité, combien utilisaient ce mot ? Tout Homme-lézard se sentait particulièrement respecté quand il se faisait désigner en tant que Séladien. Justement parce que presque personne ne les appelait plus par ce mot. C'était d'autant plus étonnant dans ce contexte que Torasin dirigeait des crapules et devait être le genre de personnes à ne pas se gêner d'insulter ou de dégrader les inconnus.

Torasin fixa à Morathi un entretien dans son bureau tout de suite et ordonna que l'on s'occupe de l'Homme-lézard... enfin non, du « Séladien ». Ce n'est ni plus ni moins qu'un autre Homme-lézard, en fait, qui vint passer du tissu imbibé d'alcool sur les hématomes de Velpar Eoc'Deokad, avant de le faire sortir de l'arène. Malgré la rudesse de son opposant dans l'arène, le jeune voleur n'avait rien eu de cassé. Il garderait sans doute une douleur au museau pendant quelques jours, peut-être une poignée de semaines au grand maximum. Rien de très important. Il remercia son soigneur, et vit Morathi s'éloigner à l'opposé de la taverne. Entre eux, l'arène, et toutes les tables disposées autour, plus la foule. Impossible de traverser rapidement.

N'écoutant que lui, ne voulant pas être mis à l'écart, Velpar Eoc'Deokad grimpa sur le murs de la taverne, déclenchant des hoquets de surprise en ricochets, encore plus quand il adhéra au plafond par les mains et les pieds et se déplaça de cette manière, en passant par-dessus l'arène, les tables et la foule. Les « Ooooh... » remplacèrent les conversations et les cris habituels, si bien que cela alerta Torasin qu'il se passait un événement étrange. L'Halfelin se retourna, et leva la tête pour voir le reptile se ramener vers eux par le plus inimaginable des chemins. Velpar Eoc'Deokad redescendit le long du mur et se remit debout une fois au sol à côté de Morathi. Torasin frotta son menton sans barbe.

TORASIN – Je vois... Finalement, suis-moi aussi, le Séladien !

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Message  Morathi le Ven 31 Juil 2015 - 1:28

J'étais adossée au mur du bureau, me tenant les côtes d'une main, les yeux fermés pour réprimer la douleur. A présent que l'adrénaline était retombée, je sentais la morsure infligée par les anneaux de maille sur mon flanc. A l'extérieur, j'entendis des cris de stupéfaction et de surprise. Je décidais de me concentrer sur mon environnement pour mieux ignorer la douleur. Mes muscles étaient endoloris et j'avais l'impression que mon dos risquait de se briser si je me courbais. Le bureau était une pièce de taille moyenne, sans doute grande pour un Halfelin. Une table sur laquelle s'amoncelaient bien des rouleaux de parchemins, quelques tabourets et surtout quelques bouteilles d'alcool. Je m'approchais d'elles, en prit une à demi-consommée et la déboucha. Mon nez m'indiqua qu'il s'agissait d'un alcool fort. Tant mieux. J'étais peut-être une dame, sous mes couches de crasses, de sang et de débauche, j'étais tout de même capable de tenir des alcools autrement plus fort que du vin. Je soulevais mon masque et prit une rasade. Le feu semblait parcourir mes veines et je clignais des yeux, tandis que de la sueur perlait à mon front et imbibait mon masque. Je reposais précipitamment la bouteille sur le bureau quand j'entendis la voix de l'Halfelin derrière moi.

"Tes capacités me seront très utiles, j'en suis intimement persuadé. Je vois que tu as trouvé de quoi t'occuper. Tu peux emporter la bouteille, ce n'est pas comme si il m'était difficile de m'en procurer."

L'Halfelin était entré dans le bureau en compagnie de l'Homme-Lézard. Je suppose que ce dernier avait d'autres talents cachés, outre son étrange langue et qu'il venait d'en faire une démonstration suffisamment surprenante pour intéresser le maître des bas-fonds de Telbara.
J'avais remis mon masque et hochait la tête en réponse. Je m'écartais et m'assit sur un tabouret, de façon à ne guère montrer mon visage une fois que je le soulèverais pour boire. Une nouvelle rasade. L'alcool m'aidait à supporter la douleur, mais j'avais conscience que j'aurais à voir un médecin au plus vite et je préférais m'arranger pour que ce soit une femme.

"Très bien. Toi, le guerrier masqué, en premier. Ce foutu Drow de Sardionus s'assurait que certaines personnes fassent ce qu'ils ont à faire. A priori, tu en aurais la force. Tu iras demain dans la taverne du "Rat Crevé" et tu t'assureras que le tavernier s'occupe de faire passer en contrebande une certaine marchandise dont il devait s'occuper il y a déjà trois jours."

Je hochais la tête. Pas difficile de deviner quelle était ladite marchandise. Il me fit signe de me retirer et d'aller me trouver quelqu'un pour panser mes plaies, en envoyant une boutade sur les compétences d'une fille de salle en particulier. Je me retirais, emportant avec moi la bouteille et me dirigeais vers ladite fille. Il s'agissait d'une femme d'une cinquantaine d'années, un peu rebondie, mais avec un certain charme. Je la suivis jusque chez elle.
Une fois chez elle, je la prévins de ce qu'il en était réellement quand à mon sexe. Elle me répondit qu'il n'y avait aucun problème, je n'étais ni la première, ni la dernière femme à me travestir pour survivre dans les rues de Telbara. Elle pansa mes plaies et m'aida à prendre la médication donnée par la nonne d'Ezor, avant de me laisser m'allonger dans un coin pour dormir.

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Re: Jusqu'où peut-on aller...

Message  Velpar Eoc'Deokad le Sam 1 Aoû 2015 - 11:16

Velpar Eoc'Deokad ressentit contentement et soulagement. Cela ne lui faisait pas particulièrement plaisir de cotoyer une Demi-Drow. Cependant, il avait accompli une mission pour elle, avait fui la maison close avec elle et s'était retrouvé ici, dans cette arène, avec elle. D'une manière ou d'une autre, il s'était un peu lié à elle. Un peu. L'on ne pouvait pas parler d'attache, Velpar Eoc'Deokad pouvait très bien la laisser là et refaire sa vie seul avec Gunoco, mais il voulait le décider par lui-même. Il aurait, bizarrement, mal vécu d'être séparé de Morathi sans avoir eu le temps de s'y préparer. Cela aurait en fait réveillé cette plaie dans son âme, celle de la séparation d'avec son frère. Velpar Eoc'Deokad avait une phobie de l'abandon, sans en avoir conscience. C'est ce qui venait de le pousser à marcher au plafond pour se diriger vers Morathi et le bureau de Torasin plutôt que de se laisser mettre à l'écart.

Il avait donc réussi son coup puisque Torasin le fit entrer dans le bureau. Morathi s'y trouvait déjà et avait même commencé à s'enfiler le contenu d'une bouteille d'alcool posée là parmi d'autres. Etant donné l'odeur, il s'agissait d'un alcool fort. Les Halfelins avaient en général des goûts très raffinés en matière de nourriture, mais l'alcool restait la spécialité des Nains ; Torasin ne possédait en fait que des tords-boyaux quand on aurait pu s'attendre à ce qu'un homme de sa trempe se fournît en de bien meilleurs alcools.

Morathi portait un masque sur le visage depuis qu'elle était sortie de la maison close, et Torasin la prenait pour un homme. Velpar Eoc'Deokad ne dit rien mais se demanda tout de même pourquoi Morathi acceptait que l'on se trompe sur son genre. Il ne manquerait pas de lui poser la question par curiosité.
Pour l'heure, Torasin détailla une mission qu'il voulait confier à Morathi. Il s'agissait de favoriser de la contrebande. Morathi s'en alla, et cette fois-ci, Velpar Eoc'Deokad n'eut pas d'autre choix que de rester là, pour écouter ce que Torasin avait à lui confier comme mission. Seulement, Velpar Eoc'Deokad n'avait pas envie de se retrouver attaché à une quelconque organisation, surtout une organisation de malfaiteurs. Il déclina donc l'offre d'emploi de Torasin car ce dernier lui en laissa le choix.

Voici comment, finalement, les chemins de la Demi-Drow et de l'Homme-lézard se séparèrent.

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Velpar Eoc'Deokad
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Classe : Voleur

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